jeudi 25 juin 2009

Le Figaro - Flash actu : Obama: pas de 2nd plan de relance

Le Figaro - Flash actu : Obama: pas de 2nd plan de relance

Obama durcit le ton face à l'Iran

Obama durcit le ton face à l'Iran

LeTemps.ch | «Obama doit choisir entre le peuple iranien et ses dirigeants»

LeTemps.ch «Obama doit choisir entre le peuple iranien et ses dirigeants»

La mission de Barack Obama au Proche-Orient

Editorial : La mission de Barack Obama au Proche-Orient
En prononçant le 4 juin dernier un important discours au Caire pour proposer au monde arabe et musulman une relation nouvelle avec les Etats-Unis, le président Barack Obama a suscité, c'est le moins que l'on puisse dire, un grand espoir. Son discours, autant qu'une nette rupture avec la politique désastreuse de son prédécesseur, a constitué un nouvel appel à la paix. Qu'il ait forcé la ligne de séparation, en Israël comme au sein du monde arabe, entre extrémistes et modérés ne fait aucun doute. Il a acculé les premiers à leurs lourdes responsabilités face à l'Histoire et empli d'espoir les seconds, malmenés ces dernières années, timorés, voire inquiets. Aux Etats-Unis même, le discours du président Obama n'a laissé personne indifférent, et tout l'Establishment n'a cessé de bruisser des propos lancés du haut de l'Université du Caire sur la paix, la concorde et la fraternité des hommes. Un groupe de soutien a été créé, regroupant des hommes politiques, des parlementaires et autres, issus à la fois des partis démocrate et républicain. Toutes ces personnalités avaient remis au président américain un rapport dans lequel elles le pressaient d'agir et de s'engager personnellement dans la recherche d'une solution définitive, juste et équitable au problème du Proche-Orient. En même temps que son urgence, les signataires de ce rapport, dont, pour ne parler que de lui, l'ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, ils ont mis en exergue l'impératif d'une création et d'une reconnaissance par les Etats-Unis d'un Etat palestinien. Une telle initiative est, jusqu'à nouvel ordre, unique en son genre dans l'histoire des Etats-Unis. Elle constitue un événement sans précédent, d'autant plus qu'elle regroupe plusieurs personnalités de tendances politiques diverses, voire opposées. Elle reflète aussi l'évolution nouvelle de la classe politique américaine, tous courants confondus, et au-delà de la société civile américaine. Autant dire que c'est le renversement du courant de pensée, jusqu'ici frileux pour ne pas dire hostile à la création d'un Etat palestinien. Le président Barack Obama a parlé au Caire le langage de la raison et peu de gens peuvent lui reprocher une quelconque ambiguïté dans ses propos. Il a lancé un vibrant appel aux peuples musulmans, soulignant sa volonté de réconcilier les hommes et les femmes du monde musulman avec l'Amérique, de travailler ensemble pour la paix et la concorde, de construire enfin un monde solidaire et uni dans sa diversité. Ce sont en fait des accents homériques qui ont traversé les murs de l'Université du Caire pour retentir aux quatre coins de la planète. Le groupe de soutien américain qui s'est constitué, incarnant un poids intellectuel et traduisant surtout une volonté de changement à ce niveau, a suscité des émules en Europe, puisque un autre groupe d'anciens dirigeants et d'anciens ministres européens viennent de se constituer en force pour soutenir le groupe américain. Ni plus ni moins, ils apportent leur appui à Barack Obama dans sa nouvelle politique au Proche-Orient. « Comme le groupe américain, soulignent-ils dans une tribune libre publiée par « Le Monde », nous pensons aussi que les parties (en conflit) ne sont pas en mesure de relancer seules un processus de paix, cela a été amplement prouvé ». Et de préciser plus loin leur pensée en « mettant l'accent sur la nécessité de deux Etats délimités selon les tracés du 4 juin 1967 qui s'accorderaient sur des modifications mineures et réciproques pour prendre en compte les zones fortement peuplées d'Israéliens en Cisjordanie ». Avec le même souci d'approfondir l'examen d'une solution définitive, les signataires rappellent que « Jérusalem serait capitale des deux Etats, avec un statut spécial pour les lieux saints, donnant à chaque partie le contrôle de ses lieux sacrés respectifs sans aucune entrave d'accès ». Le texte établit une causalité évidente entre la « démilitarisation de l'Etat palestinien » et « des mécanismes de sécurité israéliens ». Tout cela, et le texte de l'appel le souligne, dans le « respect de la souveraineté palestinienne ». Les signataires européens de l'appel recommandent dans la foulée la formation d'un gouvernement palestinien uni et, là aussi signal fondamental, préconisent d'y inclure sans sourciller le Hamas avec lequel d'ailleurs le gouvernement israélien ne dédaigne pas négocier en sous-main. Le président Barack Obama n'est pas dépourvu d'arguments aujourd'hui pour prendre en mains le dossier du Proche-Orient. Son approche s'est écartée d'emblée de l'unilatéralisme de George Bush qui désignait le Hamas comme une « organisation terroriste », alors qu'une analyse plus fine, moins figée et manichéenne devrait tendre à privilégier le courant de pensée modéré au sein du Hamas. Le président américain, puisqu'il l'a affirmé et sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, réitéré, s'inscrit dans une nouvelle culture qui refonde désormais les rapports de l'Amérique avec le monde arabe et islamique et, surtout, explore les voies d'un règlement définitif et juste, sur la base d'une vision exacte et démocratique.
Par LE MATIN

mardi 23 juin 2009

Obama à la Coupe du Monde !

Obama à la Coupe du Monde !
Barack Obama se rendra en Afrique du Sud en 2010. Invité par le président de la FIFA Sepp Blatter, le président américain a accepté l’invitation, et sera donc présent à Johannesburg dans un an pour l’ouverture de la Coupe du Monde.
La cérémonie d’ouverture se déroulera dans le nouveau stade Soccer City, construit pour l’occasion et capable d’accueillir pas loin de 100.000 spectateurs. Le président américain aura l’occasion de voir jouer les tenants du titre, l’Italie, ou bien les organisateurs du Mondial, l’Afrique du Sud.

Barack Obama/Cent jours après, quel bilan ?

Abidjan.net Barack Obama/Cent jours après, quel bilan ?
Historique.
40 ans après l'assassinat de Martin Luther King, un noir américain, Barack H. Obama est devenu le 4 novembre 2008, le 44ème président des Etats-Unis après 8 années du Républicain G. W. Bush et après une élection américaine qui a tenu en haleine le monde entier. Difficile d'imaginer plus dissemblables que les dix protagonistes de ce duel présidentiel : John Mc Cain (71 ans), auréolé de son passé de vétéran du Vietnan, républicain et conservateur; Barack Obama, 46 ans, africain-américain de père Kenyan, d'ethnie Louyos, démocrate et progressiste. L'un a été confortablement désigné par son parti (le républicain). L'autre, c'est-à-dire Obama, a dû batailler pendant près de 15 mois de pré-campagne et cinq mois de primaire pour s'imposer face à Hillary Clinton. Vainqueur, Obama prend en charge un pays qui est mal en point. Parmi des dossiers les plus urgents, le conflit iranien, bien sûr, la guerre en Afghanistan, la guerre dans les zones tribales du Pakistan, le conflit israëlo-arabe, mais aussi un leadership mondial contesté, la crise des subprimes qui plongent de nombreux Américains dans la pauvreté, un système de santé coûteux et injuste. Un pays où le même américain ne fonctionne plus très bien, pays où les écarts entre riches et pauvres se creusent. Bilan : un peu plus de 100 jours de présence dans le bureau Ovale, quel est le bilan de Barack Obama ? Où vont les USA ?Cent jours au pas de course pour ObamaLe bilan des "100 jours" a beau être un exercice convenu, les comparaisons vont bon train avec, essentiellement, quatre prédécesseurs :Franklin Roosevelt, le démocrate (1933-1945) et le républicain Ronald Reagan qui avait échappé à un attentat (1981-1989), qui ont chacun, initié une phase de l'histoire contemporaine américaine. Lyndon Johnson (1963-1969) qui fut législativement le plus actif, enfin le météore John Kennedy (1961-1963) avec son expédition malheureuse dans la Baie des cochons à Cuba le 17 avril 1961, le plus iconique en termes d'image internationale. Globalement, ces comparaisons sont plutôt flatteuses pour Barack Obama, qui garde un fort soutien dans l'Opinion. Plus de 60% d'Américains approuvent son acte et les 50% jugent qu'elle a dépassé leurs attentes. Ces cent jours de Barack Obama sont dominés par les enjeux économiques et diplomatiques.
Les enjeux économiques
Une majorité voit dans la rupture radicale avec le désinvestissement de l'Etat mis en œuvre par ses prédécesseurs, la caractéristique dominante de la politique économique de M. Obama. Une minorité estime cependant qu'en accordant la priorité à la stabilisation des marchés financiers, l'équipe Obama se situe, au contraire dans la continuité. Cette minorité ne constate aucune différence essentielle entre la politique de Henry Paulson, le dernier secrétaire du Trésor de Georges Bush et celui désigné par M. Obama, Timpthy Geithner. Pourtant, le président américain a obtenu du Congrès le vote rapide d'une loi de relance de 787 milliards de dollars sur trois ans. Les déductions fiscales y sont supérieures et les investissements publics de long terme inférieurs à ce qu'il souhaitait. Le budget débattu au Congrès (3550 milliards de dollars pour l'année fiscale en cours, close en octobre) inclut un déficit monumental très discuté de 1750 milliards. Sur les 3 chantiers de long terme : la santé, l'éducation et les énergies renouvelables. Le débat sur l'instauration d'une couverture médicale collective montrera si Obama est oui ou non en mesure de promouvoir sa vision générale de la refonte économique. En attendant, l'Amérique a vu s'ajouter 2 millions de nouveaux chômeurs, près de 9% de la population active. Sans amélioration de l'emploi d'ici un an, commentent les analystes, la bonne opinion des premiers cent jours risque d'être vite oubliée.
Les marchés financiers
Là aussi, les mesures prises sont d'une ampleur inédite. Le plan d'assainissement bancaire adopté sous G. Bush a été porté à près de 1000 milliards de dollars. Une somme de 70 milliards devrait éviter les expulsions d'emprunteurs immobiliers insolvables. Mais elle ne devrait aider que 20% des 4 millions de familles menacées. Surtout, la logique de ce plan est la plus contestée par l'opinion. Malgré son talent pédagogique didactique, Barack Obama peine à convaincre les contribuables qu'ils doivent renflouer les banquiers.
La diplomatie
La réhabilitation de la crédibilité américaine est quasiment saluée par l'opinion, comme la multiplication des ouvertures vers des pays jusqu'ici boycottés de facto (Iran, Syrie, Cuba, Venezuela). Le vaste programme diplomatique de Obama bénéficie de possibilités de solution d'ensemble sans précédent. Comme il l'avait promis, les Etats-Unis se sont engagés à retirer le principal de leurs troupes d'Irak d'ici à la fin 2010. Les difficultés actuelles du pays pourraient inciter Washington à y maintenir plus de forces, alors que la présence américaine est augmentée de 21000 soldats en Afghanistan. Mais, les grands chantiers diplomatiques (Proche et Moyen-Orient, Afghanistan, désarmement, Chine) restent à l'état préliminaire. Et une inquiétude se fait jouir, résumée en termes crus : "Comment ne pas perdre en Afghanistan ? " Question concomitante, comment amener le Pakistan et ses zones tribales à s'insérer dans la stratégie de lutte contre les Talibans et Al Qaida ? A ces questions, les 100 jours n'ont encore apporté aucune réponse. Pas plus que les dossiers sur lesquels l'administration est peu diserte.Le dossier israélo-palestinien d'abord : l'idée progresse à Washington que Obama, s'il ambitionne de parvenir à une solution ne pourra éluder un conflit avec le gouvernement israélien ultranationaliste. La Chine, elle constitue un garant clé de la reprise économique américaine et un partenaire incontournable pour régler les dossiers nucléaires nord-coréen et iranien. Elle exige des contreparties. Cette négociation-là, moins ouvertement conflictuelle, pourrait être plus ardue. La preuve : Pékin a constitué l'étape-phare du premier déplacement de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton. L'Europe ensuite : Le renouveau de la relation euro-américaine est le premier test, le plus aisé de la reconstruction de son leadership. L'administration compte des membres favorables à l'Europe. Le vice-président Joseph Biden, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, le conseiller à la sécurité nationale James Jones, ancien commandant des forces en Europe et dans les pays francophones. Mais l'Europe n'était pas centrale pour Washington. Car elle n'est pas un problème. On a assisté à une " Obamalisatioon " de l'Europe. Le retour de la France dans les structures militaires de l'Otan a été apprécié. Le terme de communauté transatlantique, dont les Etats-Unis sont le fondateur et le catalyseur, s'est substitué à celui d'occident dans le discours des responsables qui tiennent les propos que les Européens, notamment les Français, souhaitent entendre sur le Proche-orient (des Etats côte-à-côte), l'Irak (solution politique), la défense européenne (encouragée). Hillary Clinton a même qualifié la construction européenne de miracle. Cela étant, les Etats-Unis suivent leur propre agenda : soutien constant et réaffirmé à l'adhésion turque pour les motifs stratégiques (renforcer l'alliance avec une puissance régionale émergente) et politiques (montrer aux autres qu'il est possible de concilier valeurs musulmanes et démocratie) ; américanisation de la guerre en Afghanistan devant le refus européen d'y engager plus de forces. Le scepticisme sur l'efficacité de l'union à stabiliser les Balkans et à augmenter ses budgets de défense demeure. Il reste donc aux Europes à bâtir des positions concertées sur la base d'intérêts. Comme pour travailler en partenaires avec une administration ouverte à la coopération, mais qui n'hésitera pas à agir seule s'il le faut. L'Afrique enfin, caractérisée par les trois I : à l'instabilité, aux incertitudes, à l'insécurité, Obama oppose les trois D : développement, défense, démocratie. Le premier président à être reçu à la maison blanche a été le président Tanzanien, Kitweté. Barack Obama effectuera un voyage au Ghana au mois de juillet comme récemment à l'université américaine al Azar du Caire. Son discours sur l'Islam, un discours d'ouverture, fondateur, discours de réconciliation, l'Afrique attend avec curiosité le discours d'Accra du président américain. Mais la politique étrangère coûte cher et les fondamentaux demeurent. Si une minute peut blesser un siècle, cent jours peuvent-ils augmenter d'un mandat de quatre ans, présager de sa force, de son élan et de son empreinte sur les hommes et sur les faits ? Le premier sprint de Barack Obama témoigne déjà d'une grande maîtrise de la fonction, alliant vitesse et précision. Mais mille précipitations. Le commencement, dit-on, est plus que la moitié de tout. Alors, dans cette arithmétique du temps, qui fait du court la promesse du long, gagne qu'Obama demeure l'homme qu'il faut, à l'Amérique comme au monde entier, que nous avions salué après sa victoire. Mais l'essentiel dans ces cent jours si attendus, sonne juste. A communier par la voix, la méthode, qui font la différence entre la fermeture de chaque jour et l'arrogance d'hier. Avec Obama, l'Amérique s'est redonnée un visage aimable et moderne, une estime de soi réaffirmée par celle des autres, une modestie affichée, propice aux engagements ambitieux, au retour de confiance. Cent jours après, " faire un à partir de plusieurs ", la devise américaine, le décor est planté. Reste à jouer la pièce. S'il veut marquer son temps autant que par son culot et sa couleur, il peut incarner une rupture à l'échelle de l'espoir qu'il soulève et qu'il n'a pas déçu, alors la voie est claire et la tâche immense pour le 44ème président des Etats-Unis. A lui d'amener son pays, et partant le reste de la planète, vers un Etat de droit mondial, vers une régulation suprême car supranationale, qui démentiraient le scepticisme aucun du général De Gaulle observent qu'au club des nations il avait vu " autant d'égoïsmes que des membres inscrits ".Pour ce faire, il faudra mettre en sourdine l'América first ", convaincu la société américaine elle-même qu'il est urgent d'assujettir la mondialisation à des règles universelles " gouverner est décevoir, les grands déceptions viennent des grands espoirs " a-t-on coutume de dire. Pour démentir cet adage, il faudra plus de cent jours au premier président afro-américain des Etats-Unis.
SEM Jean Vincent ZinsouAmbassadeur

U.S. / Middle East Project

U.S. / Middle East Project

Européens et Américains doivent soutenir, ensemble, la politique de M. Obama au Proche-Orient - Opinions - Le Monde.fr

Européens et Américains doivent soutenir, ensemble, la politique de M. Obama au Proche-Orient - Opinions - Le Monde.fr
Européens et Américains doivent soutenir, ensemble, la politique de M. Obama au Proche-Orient
LE MONDE 22.06.09 14h52 • Mis à jour le 22.06.09 14h52
ans cet appel, un groupe d'anciens dirigeants et d'anciens ministres européens apportent leur appui à une initiative d'un groupe de personnalités constitué aux Etats-Unis et appelle à des efforts parallèles en Europe pour soutenir le président Obama dans la nouvelle politique qu'il a engagée en faveur de la paix au Proche-Orient.

Le président Obama s'est engagé avec un très grand courage dans une voix nouvelle au Proche-Orient, en rompant avec la politique antérieure désastreuse et sur la base d'une vraie politique d'avenir. Son discours du 4 juin au Caire l'a démontré. Peu après son investiture, un groupe de personnalités américaines, républicaines et démocrates, avait remis au président un rapport l'appelant à s'engager personnellement et sans tarder dans la recherche d'une solution au conflit israélo-palestinien. L'importance de ce rapport tient à l'identité de ses auteurs (1), à la stratégie qu'il préconise et aux développements de la nouvelle politique étrangère américaine.
Nous soutenons le président Obama dans ses efforts et appuyons l'initiative de ce groupe américain qui s'est constitué depuis en un groupe de soutien et d'encouragement pour accompagner l'administration américaine dans ses efforts. Nous pensons que le rapport de ce groupe présente une vision exacte de la situation et propose une approche équilibrée, efficace et juste pour la solution du conflit.
Comme le groupe américain, nous pensons nous aussi que les parties ne sont pas en mesure de relancer seules un processus de paix, cela a été amplement prouvé. Les Etats-Unis et Barack Obama ont donc une responsabilité particulière, et peut-être unique à ce stade, pour engager enfin un processus de règlement selon des principes déjà acceptés par Israël et les Palestiniens.
Le groupe a raison de mettre l'accent sur la nécessité de deux Etats délimités selon les tracés du 4 juin 1967, qui s'accorderaient sur des modifications mineures et réciproques pour prendre en compte les zones fortement peuplées d'Israéliens en Cisjordanie. Nous pensons à cet égard que le tracé du "mur", et son principe même, devra être revu dans le cadre de l'accord global. La question des réfugiés trouverait sa solution dans le cadre des deux Etats et n'impliquerait donc pas un droit de retour général, mais la mise en place d'instruments reconnaissant l'injustice subie par les Palestiniens et apportant des indemnisations financières significatives ainsi qu'une aide pour leur installation définitive.
Quant à Jérusalem, la ville serait capitale des deux Etats, avec un statut spécial pour les lieux saints, donnant à chaque partie le contrôle de ses lieux sacrés respectifs sans aucune entrave d'accès.
L'Etat palestinien serait démilitarisé et, conjointement, Israël bénéficierait de mécanismes de sécurité particuliers dans le respect de la souveraineté palestinienne. Enfin et surtout, une force multinationale serait déployée pour une période intermédiaire afin d'assurer une transition pacifique. Cette force de garantie de la paix sous mandat des Nations unies pourrait être double : elle serait composée, du côté israélien, de troupes américaines et de pays européens volontaires si Israël le demandait. Et, du côté palestinien, de troupes européennes, jordaniennes, égyptiennes et autres.
Afin que les Palestiniens puissent redevenir un interlocuteur fiable, capable de conclure un accord et de le mettre en oeuvre, un gouvernement palestinien d'union nationale doit être formé, et inclure le Hamas. Israël lui-même, en négociant indirectement avec le Hamas, reconnaît que ce mouvement est trop puissant pour être ignoré.
Washington devrait donc abandonner la politique d'isolement du mouvement islamiste héritée de l'administration Bush et qui a échoué, et adopter une politique qui aiderait à l'émergence d'une vision modérée au sein du Hamas et cesserait de dissuader les tierces parties qui cherchent le dialogue avec ce mouvement dans le but de lui faire clarifier ses positions. Les Etats-Unis devraient activement encourager une réconciliation nationale palestinienne et proclamer qu'un gouvernement palestinien qui acceptera un cessez-le-feu avec Israël, reconnaîtra le président Mahmoud Abbas comme négociateur en chef et s'engagera à respecter les résultats d'un référendum national sur un accord de paix ne sera pas boycotté ni soumis à des sanctions.
Le discours de Barack Obama au Caire est un discours refondateur, inspiré et sincère, qui ne peut qu'emporter l'adhésion de tous ceux qui désespéraient de voir un jour le Proche-Orient vivre dans la paix. Il nous paraît évident que l'Europe doit aider le président américain de toutes ses forces à continuer dans cette excellente initiative, quels que soient les aléas qu'il rencontrera inévitablement en recherchant et en soutenant des initiatives européennes dans l'esprit de la démarche lancée par nos partenaires américains.
Massimo D'Allema, Jean François-Poncet, Lionel Jospin, Alain Juppé, Louis Michel, Teresa Patricio Gouveïa, Chris Patten, Romano Prodi, Mary Robinson, Michel Rocard, Jorge Sampaio, Helmut Schmidt, Clare Short, Peter Sutherland, Erkki Tuomioja, Hubert Védrine, Simone Veil, Vaira Vike-Freiberga, Lena Hjelm Wallén, Richard von Weiszäcker.

(1) Brent Scowcroft, Zbigniew Brzezinski, Chuck Hagel, Lee H. Hamilton, Carla Hills, Nancy Kassebaum-Baker, Thomas R. Pickering, Theodore C. Sorensen, Paul A. Volcker, James D. Wolfensohn.
Le texte complet du rapport "Last Chance for a Two-State Israel-Palestine Agreement" est disponible sur le site du US Middle East Project.Contact : usmep@usmep.us
Article paru dans l'édition du 23.06.09

vendredi 19 juin 2009

La gauche du Congrès soutient Barack Obama dans son effort de guerre | Mediapart

La gauche du Congrès soutient Barack Obama dans son effort de guerre Mediapart

Moubarak juge le moment propice à la paix au Proche-Orient , Proche Moyen-Orient

Moubarak juge le moment propice à la paix au Proche-Orient , Proche Moyen-Orient - Information NouvelObs.com
Par Sue Pleming
WASHINGTON (Reuters) - La "réaffirmation" du rôle moteur des Etats-Unis au Proche-Orient offre une occasion rare de sceller une paix entre Israël et les Palestiniens, estime vendredi le président égyptien Hosni Moubarak.
Le président américain Barack Obama a démontré sa volonté d'être à l'initiative de la paix dans la région et les pays arabes le suivront dans cette voie, explique Hosni Moubarak dans une tribune publiée par le Wall Street Journal.
"Un accord historique est à portée de main, qui donnerait aux Palestiniens leur Etat et les libérerait de l'occupation, tout en récompensant Israël d'une reconnaissance et de l'assurance de vivre en paix", écrit le président égyptien.
"L'Egypte se tient prête à saisir cette occasion, et j'ai confiance en la volonté du monde arabe à faire de même", ajoute-t-il.
Barack Obama avait choisi Le Caire pour prononcer, le 4 juin dernier, son discours à destination du monde arabo-musulman et avait été salué par son hôte égyptien, qui dit néanmoins attendre de nouveaux pas.
Son prédécesseur George Bush avait attendu sa dernière année de mandat pour relancer des efforts multipartites en vue de régler le conflit israélo-palestinien et avait été critiqué par plusieurs pays arabes parce qu'il faisait trop peu et trop tard.
PRIORITES AUX FRONTIERES
Depuis janvier, la Maison blanche a fait du processus de paix au Proche-Orient un dossier prioritaire et l'envoyé spécial de Barack Obama dans la région, George Mitchell, s'y est déjà rendu quatre fois pour tenter de relancer les discussions rompues après l'offensive israélienne dans la bande de Gaza de décembre et janvier.
Au retour de sa dernière visite, l'émissaire américain a déclaré mardi que des négociations directes pourraient débuter dans les prochaines semaines.
Plusieurs sujets font encore obstacle à la reprise des pourparlers, notamment la question des implantations juives en Cisjordanie, que le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu se refuse à geler malgré l'insistance de Washington.
Barack Obama considère le gel des activités de colonisation comme une condition indispensable à la reprise des pourparlers, de même que l'acceptation par Israël de la création d'un Etat palestinien.
Si Benjamin Netanyahu a évoqué la semaine dernière pour la première fois la solution à deux Etats - en y liant de strictes conditions -, il a de nouveau défendu le droit des colons à poursuivre leur "croissance naturelle".
"L'expansion acharnée des colonies israéliennes, qui a gravement nui à la perspective d'une solution à deux Etats, doit cesser, en même temps que le blocus de Gaza", juge pour sa part Hosni Moubarak.
Selon lui, les pays arabes seraient prêts à s'engager envers Israël si l'Etat juif faisait un "pas sérieux" vers la paix.
"La priorité doit être la définition de frontières permanentes d'un Etat palestinien souverain et contigu, sur la base de celles de 1967, parce que cela débloquerait la plupart des autres questions pérennes, dont les colonies, la sécurité, l'eau et Jérusalem", martèle-t-il.
Le président égyptien exhorte enfin les factions palestiniennes à opérer leur réconciliation, nécessaire selon lui à la création d'un Etat de plein droit.
Des pourparlers ont actuellement cours, sous l'égide du Caire, entre le Fatah du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et les islamistes du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza.
Version française Grégory Blachier

AFP: Iran: Obama continuera de s'exprimer sans s'ingérer, dit la Maison Blanche

AFP: Iran: Obama continuera de s'exprimer sans s'ingérer, dit la Maison Blanche
Le président américain Barack Obama continuera d'exprimer ses préoccupations sur la présidentielle iranienne sans s'immiscer dans les affaires de la République islamique, a dit la Maison Blanche mercredi après que Téhéran eut dénoncé les ingérences des Etats-Unis.
La Maison Blanche a aussi persisté à se projeter au-delà de la protestation actuelle en Iran, d'une ampleur jamais vue depuis la Révolution islamique, et a réaffirmé l'intention de M. Obama d'engager un dialogue ferme mais direct avec les dirigeants iraniens, en rupture avec l'intransigeance observée par son prédécesseur George W. Bush.
Elle a défendu le point de vue exprimé clairement la veille par M. Obama selon lequel le nom du président iranien importait peu parce que le décideur ultime, c'était le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.
"Le président a fermement déclaré qu'il existait des principes universels, comme le droit de manifester en paix sans se sentir menacé. Le président continuera à exprimer ces préoccupations en faisant en sorte de ne pas se mêler" des affaires intérieures iraniennes, a dit le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs.
Selon la télévision d'Etat iranienne, le ministère des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de Suisse, dont le pays représente les intérêts des Etats-Unis en l'absence de relations diplomatiques entre Washington et Téhéran, pour protester contre les "ingérences" américaines dans les affaires intérieures iraniennes.
M. Obama a dit mardi avoir de "profondes inquiétudes" concernant la présidentielle iranienne du 12 juin, tout en estimant qu'il ne serait "pas productif" pour les Etats-Unis de se mêler de politique intérieure iranienne.
Le porte-parole de M. Obama a tâché de minimiser les accusations d'ingérence iraniennes en faisant valoir que les Etats-Unis n'étaient pas le seul pays accusé.
Il a aussi présenté comme l'entreprise, non pas de l'administration mais d'un seul individu du département d'Etat, une intervention auprès du site de micro-blogs Twitter pour lui demander de reporter une opération de maintenance qui aurait privé les opposants iraniens de ce lien avec le monde extérieur.
Twitter, site de socialisation qui permet de communiquer de courts messages par internet, est l'un des derniers moyens pour les Iraniens qui contestent la présidentielle de faire passer l'information soumise à la censure des autorités.
Le porte-parole de M. Obama, comme Philip Crowley, secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires étrangères, ont répété que c'était aux Iraniens qu'il appartenait de résoudre la crise post-présidentielle.
"Cette administration n'a pas pour politique de choisir les dirigeants de pays tiers", a dit M. Gibbs.
M. Crowley a cependant appelé les dirigeants iraniens à tenir compte de la contestation: "C'est au gouvernement iranien de répondre aux questions et aux inquiétudes exprimées par le peuple iranien et le monde, de façon crédible, transparente et pacifique".
Cependant, les deux principales préoccupations des Etats-Unis quand il s'agit de l'Iran (le risque qu'il se dote de la bombe atomique et le soutien qu'il apporterait au terrorisme international) demeurent, que Mahmoud Ahmadinejad ou Mir Hossein Moussavi devienne président, a dit M. Gibbs.
M. Obama "a toujours l'intention d'engager le dialogue" et il voit bien que ces deux inquiétudes touchent à la politique étrangère et à la sécurité nationale iraniennes; celles-ci "sont sous le contrôle du Guide suprême, qui va probablement rester le même, indépendamment du nom du vainqueur", a dit M. Gibbs.

Obama au Caire : visionnaire et indistinct

Obama au Caire : visionnaire et indistinct - Trends.be
Est-il possible, après le discours du Caire, de mieux décoder le message complexe de Barack Obama ? Trop tôt encore, me semble-t-il. La prise de parole dans la capitale du premier des Etats arabes représente une étape importante dans la volonté du président des Etats-Unis d'améliorer l'image de son pays dans le monde musulman.
Symbolique donc que sa venue en Egypte - non pas comme d'autres visiteurs illustres à Charm el-Cheikh sur la mer Rouge - mais au c£ur du Caire (mégapole de 18 millions d'habitants), au sein de l'université, devant une assistance de plusieurs milliers d'auditeurs. Une allocution traduite et télévisée à travers le monde. Commençant son speech par « Salam aleikum », parlant du «saint Coran», mentionnant le prophète Mahomet, défendant l'idée que nul système ne peut être imposé de l'extérieur, il a rendu hommage à l'université de Al-Azhar qui a ouvert la voie à la Renaissance et aux Lumières, à l'islam qui - par ses paroles et ses actes - montre la possibilité de la tolérance religieuse et de l'égalité raciale (il constitue une part de la culture des Etats-Unis avec ses 1.200 mosquées) et a défendu le droit à garantir aux femmes de porter le hijab. Discours conceptuel brillant, certes, mais néanmoins dénué de propositions concrètes. Alors que l'Irak demeure plein d'incertitudes et que le sentiment d'enlisement prévaut en Afghanistan, on attendait surtout le président des Etats-Unis sur les fronts de la Palestine et de l'Iran.
Gel des implantations
Dans l'éternel conflit entre Israéliens et Palestiniens, l'initiative ne peut en effet venir que de Washington puisque l'Europe, d'une façon générale, peine à définir une politique étrangère et qu'elle se trouve de surcroît paralysée par un passé sanglant, singulièrement en Allemagne et en Pologne. Bien sûr, Barack Obama ne pouvait être moins-disant que G.W. Bush et devait afficher son soutien à la coexistence de deux Etats. Enfin, voici quelques jours, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton précisa la nouvelle conception américaine au sujet des implantations juives, à savoir, le démantèlement des colonies sauvages mais aussi l'opposition au développement des colonies existantes sous prétexte de croissance naturelle.
Taisons donc pour l'instant que le Hamas, vainqueur d'élections régulières, demeure sur la liste des organisations terroristes, que le mur et les check-points pèsent toujours lourdement, qu'il n'est nullement question de Jérusalem ni du sort des réfugiés. Et accrochons-nous au problème du gel des implantations.
Qu'a dit jusqu'ici précisément Barack Obama, sinon qu'il ne s'enfermera pas dans un calendrier artificiel de résolution du conflit et que, de toute évidence, M. Netanyahou doit régler ces questions au sein de son gouvernement. Logique à première vue puisque Israël n'est nullement le 51e Etat des Etats-Unis mais dispose d'un gouvernement souverain qui reflète le choix parfaitement démocratique de ses électeurs. Argument toutefois spécieux dès lors qu'il s'agit non de décider en lieu et place de Tel-Aviv mais d'opérer sur elle des pressions majeures.
Caroline Pailhe, dans une contribution toute récente au GRIP, ne vient-elle pas de rappeler «qu'Israël reçoit davantage de fonds publics américains pour s'armer que toute l'aide bilatérale destinée à l'Amérique latine et aux Caraïbes, et près du double que toute l'Afrique subsaharienne» ? On croit rêver : sept millions d'habitants encaissent deux fois plus d'argent que l'ensemble de l'Afrique noire !
Barack Obama va-t-il revenir sur la décision de l'administration Bush d'octroyer une hausse de l'aide militaire à Tel-Aviv de 25 % entre 2008 et 2018 ? Les Etats-Unis persisteront-ils à mettre systématiquement leur veto au Conseil de sécurité dès lors qu'ils estiment que les intérêts d'Israël sont lésés ? Maintiendront-ils leurs garanties à des emprunts émis par Tel-Aviv ou l'interrompront-ils comme Bush senior l'avait fait un temps ? Dans l'attente des pressions du seul pays pouvant aisément les exercer, ne préjugeons pas.
L'Iran, fracture entre l'Occident et le monde musulman
Sur l'Iran, peut-être importait-il à Obama de ne pas se montrer trop précis avant les résultats de l'élection présidentielle du 12 juin. Néanmoins, l'opposition à la Perse demeure l'autre grande fracture entre l'Occident et le monde musulman. Toutefois, la Maison- Blanche n'arrêtera pas le programme nucléaire iranien tandis que la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient est Israël.
Que fait concrètement le président américain pour annuler le programme secret, de centaines de millions de dollars, arrêté pendant le second mandat de G.W. Bush, pour déstabiliser la république islamique ?
Après 30 ans de rupture entre son pays et Téhéran, Barack Obama ne demeure-t-il pas fort loin de la démarche audacieuse qu'accomplit Nixon dans les années 1970 pour se rapprocher de la Chine ? Est-il insensé d'entamer une réorientation stratégique globale de la politique de Washington qui pourrait donner satisfaction aux Américains en plusieurs matières et laisserait l'Iran dans une situation nucléaire semblable à celle du Japon ? Plutôt que de caricaturer Téhéran dans le rôle d'un opposant fanatique, ne convient-il pas de se souvenir de la coopération que celle-ci apporta après le 11 septembre 2001 dans la lutte contre les Talibans et al-Quaïda ?
En un mot, élu il y a sept mois, le président Obama peut-il, au-delà d'une vision plus harmonieuse des relations avec le monde musulman, préparer les voies et moyens de son action, persuadé sans le moindre doute qu'un politique ne peut se cantonner dans le registre incantatoire ?

mercredi 17 juin 2009

Le Figaro - Economie : Obama prône une réforme pragmatique de la finance

Obama prône une réforme pragmatique de la finance

Obama: Sans réforme de la santé, les USA risquent le même sort que GM

Obama : Sans réforme de la santé, les USA risquent le même sort que GM: Le président Barack Obama a mené lundi une entreprise de séduction auprès des médecins américains pour vaincre leurs réticences envers une réforme du système de santé sans laquelle l'économie risque selon lui de connaître le sort de l'industrie automobile.
M. Obama est engagé dans une vaste campagne pour faire adopter une telle réforme par le Congrès avant fin 2009. Les médecins, lobby influent, disposent dans l'affaire d'un pouvoir considérable, et M. Obama s'est employé à les rallier en prenant la parole à Chicago devant l'American Medical Association, leur plus grande organisation.
M. Obama a dressé un parallèle avec General Motors, le numéro un de l'automobile qui vient de déposer son bilan, soulignant qu'une grande partie des problèmes du constructeur venait du coût de la couverture maladie payée à ses salariés.
"Si nous ne réparons pas notre système de santé, l'Amérique pourrait bien prendre le même chemin que GM: payer toujours plus, recevoir toujours moins en retour, et se retrouver fauché", a-t-il dit.
M. Obama a dénoncé un système dans lequel des millions d'Américains ne peuvent plus se permettre d'avoir une assurance maladie parce qu'elles sont hors de prix, où des entreprises sont forcées de licencier ou de fermer à cause du prix de la couverture de leurs salariés et où l'Etat, déjà confronté à des déficits records, risque de devoir bientôt payer autant pour couvrir les personnes âgées et les handicapés que pour la défense du pays.
L'explosion des coûts constitue "une bombe à retardement pour le budget fédéral", a-t-il dit.
Il veut réduire les dépenses tout en étendant la couverture santé aux 46 millions d'Américains qui en seraient dépourvus (environ 15% de la population).
Il veut améliorer la qualité d'un système privilégiant la quantité des interventions à la qualité: la réforme "réduira le nombre des erreurs médicales qui causent 100.000 morts inutiles chaque année dans nos hôpitaux", a-t-il dit.
Les parlementaires travaillent à un projet à soumettre à M. Obama. Une telle réforme est une entreprise sur laquelle l'ancien président Bill Clinton s'est cassé les dents.
L'opposition républicaine voit là une occasion d'attaquer la popularité de M. Obama et ses amis démocrates en vue des élections à mi-mandat de 2010; ils dénoncent une "socialisation" de la médecine qui va encore aggraver les déficits.
M. Obama a répliqué sèchement: "Quand vous entendez les partisans du non prétendre que j'essaie d'instaurer une médecine gérée par l'Etat, sachez ceci: ils ne disent pas la vérité".
Le système de santé américain est pour une grande part entre des mains privées. Les Américains qui ont une assurance maladie l'ont pour la plupart contractée eux-mêmes ou la tiennent de leur employeur (privé ou public). Mais des programmes gouvernementaux couvrent certaines catégories.
M. Obama a assuré que son gouvernement avait répertorié 950 milliards d'économies permettant de financer presque entièrement la réforme, communément chiffrée à 1.000 milliards.
Mais il a reconnu que si les tentatives de réforme avaient échoué par le passé, c'était aussi à cause des résistances d'autres parties que les parlementaires, comme les médecins ou l'industrie pharmaceutique.
Cette fois encore, l'American Medical Association s'oppose au projet de création d'une assurance médicale publique.
M. Obama a de nouveau défendu cette idée, mais a essayé de se concilier les faveurs de la profession en affirmant la nécessité de réduire le nombre des plaintes contre les médecins.
"Médecins, j'ai besoin de votre aide. Pour la plupart des Américains, le système de santé, c'est vous", a-t-il dit.

USA: un régulateur unique pour les grandes institutions financières

AFP: USA: un régulateur unique pour les grandes institutions financières
Le président américain Barack Obama a annoncé mardi que les plus grandes institutions financières du pays, dont la faillite mettrait en danger l'ensemble du système économique, allaient être placées sous la supervision d'un régulateur unique.
M. Obama a révélé cette proposition lors d'un entretien avec la chaîne d'informations financières CNBC, où il était interrogé sur la réforme des autorités de régulation financière qu'il doit présenter mercredi.
"Ce que nous avons, dans notre proposition, c'est que pour les institutions de premier ordre, les grandes institutions qui, si elles font faillite, exigent que nous les renflouions, ces gens-là vont être sous l'autorité d'un corps de régulation unique", a-t-il expliqué.
"Pour ce qui concerne les plus petites banques, les banques locales, la FDIC (l'agence fédérale de garantie des dépôts bancaires, ndlr) a fait un bon travail. Et nous avons confiance en elle pour continuer", a-t-il précisé.
"Donc notre conception globale n'a pas été de complètement abandonner les aspects du système qui fonctionnaient mais plutôt de nous concentrer sur ceux qui ne fonctionnaient pas, et d'essayer de combler les lacunes", a-t-il poursuivi.
Il a ajouté que pour l'exécutif, "la vitesse est importante" pour l'entrée en vigueur de cette réforme.
"Nous voulons être sûrs de mettre le meilleur schéma de régulation possible en place pour ne pas répéter les erreurs du passé", a souligné M. Obama.
"Avions-nous une autorité pour gérer la situation si une institution en particulier comme AIG s'effondre pour la mettre en quarantaine, de sorte à ne pas faire s'effondrer l'ensemble du système? Non, nous n'avions pas cette autorité", a-t-il rappelé.
L'Etat américain a dû injecter plus de 170 milliards de dollars entre septembre et mars pour sauver AIG, ex-numéro un mondial de l'assurance, d'une faillite qui aurait ébranlé l'ensemble du système financier mondial.
Le cas AIG avait révélé les graves lacunes du système de régulation financière américain, les énormes risques pris par le groupe sur les marchés financiers n'ayant jamais été détectés, et son sauvetage ayant dû être organisé par la Réserve fédérale, qui s'était révélée être la seule institution à pouvoir agir.

Finance : Obama annonce la plus grande réforme depuis les années 1930

Finance : Obama annonce la plus grande réforme depuis les années 1930 - Amériques - Le Monde.fr
Le président américain, Barack Obama, a annoncé, mercredi 17 juin, que son projet de réforme de la régulation financière était le plus vaste depuis la Grande Dépression des années 1930, selon le texte d'une déclaration publié par la Maison Blanche.
Il propose notamment la création d'une nouvelle autorité de supervision des grandes institutions financières et celle d'une autorité chargée de la protection des consommateurs, selon le texte d'une déclaration qu'il doit prononcer à 18 h 50, heure de Paris.
"Ce n'est pas nous qui avons choisi la manière dont cette crise s'est déclarée. Mais nous avons le choix quant à la postérité de cette crise", déclare le président américain. "Mon administration propose aujourd'hui une vaste réforme du système de régulation financière, une transformation d'une ampleur inédite depuis les réformes qui ont suivi la Grande Dépression", ajoute-t-il tout en assurant vouloir préserver l'équilibre entre le libre fonctionnement des marchés et la régulation.

"Les Arabes doivent prendre Obama au sérieux" selon le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki

"Les Arabes doivent prendre Obama au sérieux" - Proche-Orient - Le Monde.fr
Le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki

Les ouvertures du président des Etats-Unis, Barack Obama, à l'égard de l'Iran et du monde musulman en général peuvent-elles aboutir ?
Il a fait reculer la suspicion entre l'Occident et l'islam. Dans son discours du Caire, il a montré une grande compréhension des problèmes. Par rapport à l'ancienne administration américaine, une page se tourne. Je crois qu'il veut vraiment apaiser les tensions, entamer un vrai dialogue des civilisations. Il a commencé à donner des gages concrets, notamment sur la question israélo-palestinienne. Son engagement public à retirer toutes les forces américaines de mon pays d'ici à fin 2011 est également à mettre à son crédit. Des signaux positifs très concrets ont été envoyés. Le monde occidental doit le suivre sur cette question et le monde arabo-musulman doit le prendre au sérieux.

Mais M. Obama promet aussi de ne plus intervenir dans les affaires intérieures des pays. S'il avait été président en 2003, l'Irak n'aurait pas été envahi et Saddam Hussein serait peut-être encore au pouvoir...
Nous-mêmes, malgré nos souffrances, n'étions pas favorables à cette guerre. Je suis personnellement opposé au principe de l'ingérence armée. Quand elle s'avère inévitable, il faut qu'elle soit légale, internationalement validée par l'ONU.

Les troupes américaines se retirent dans des bases, hors des villes irakiennes à la fin du mois. Les rappellerez-vous à l'aide si, comme certains l'avancent, les groupes armés irakiens en profitent pour redoubler de violence ?
Uniquement pour des besoins logistiques. Nous ne leur demandons plus d'intervenir dans les combats ou les opérations de maintien de l'ordre. C'est terminé. C'est surtout pour transporter nos troupes que nous faisons appel à eux parce que nous n'avons plus d'avions. Voilà pourquoi nous allons acheter des hélicoptères à la France et aux Etats-Unis.
Je ne crois pas à une explosion de violence après le 30 juin. De toute façon, les rapports américains eux-mêmes disent que nos forces sont aptes à prendre le relais. Il n'y aura pas de retour en arrière, il n'est pas question de revoir l'accord de retrait américain (conclu en décembre 2008 et qui prévoit le départ définitif de tous les Américains d'Irak au 31 décembre 2011).

Obama, le pragmatique

ouest-france.fr - Obama, le pragmatique

Obama invite les Américains à déployer la bannière

Le Figaro - International : Obama invite les Américains à déployer la bannière
À l'occasion de la Semaine du drapeau, le président américain exalte l'héritage d'une nation et ses idéaux.
Au 1 221 de la 30e Rue à Georgetown, une vieille et jolie maison de briques comme il y en a tant dans ce vieux quartier historique de Washington, James White a déployé un drapeau américain au-dessus de son porche. Depuis que sa femme le lui a offert il y a un an parce qu'elle savait que cela «lui ferait vraiment plaisir», il le ressort chaque matin et le rentre chaque soir avec tendresse depuis son balcon du premier étage. «C'est l'expression de mes sentiments patriotiques, de l'attachement à mon pays», explique ce retraité flegmatique qui a toujours voté démocrate et voue une grande admiration à son nouveau président, Barack Obama. James se souvient en riant de la stupéfaction d'une jeune Néerlandaise venue en visite à Washington, qui avait été «effrayée par cette effusion patriotique qui lui paraissait impérialiste».«Nous lui avons expliqué que c'était tout naturel ici, que nous y lisions le signe de ralliement de toute la nation, de son unité. Chaque étoile ne symbolise-t-elle pas l'un des États de l'Amérique ?»
Transcender les appartenances politiques
Dans le centre de Washington et dans ses banlieues vertes, à travers tout le pays, les bannières étoilées installées au-dessus des portes cochères ou plantées au milieu des jardins sont légion tout au long de l'année et leur présence transcende les appartenances politiques. Démocrates et républicains communient dans le respect et le culte du drapeau. Sans arrière-pensées.
Dimanche dernier, le 14 juin, l'Amérique a fêté le Jour du drapeau, un rituel institué en 1949. À cette occasion tous les bâtiments officiels fédéraux sont pavoisés aux couleurs blanc bleu rouge de la nation américaine. Depuis 1966, lui a succédé une Semaine du drapeau, au cours de laquelle les citoyens sont appelés à faire flotter les couleurs à leurs fenêtres. La proclamation que le président Obama a rendue publique à cette occasion, comme tous ses prédécesseurs, est à cet égard une véritable leçon de science politique américaine. Elle révèle par contraste, les différences majeures existant avec le Vieux Continent, européen, postmoderne, sceptique, voire de plus en plus allergique au culte patriotique du drapeau ou de l'hymne national.
En termes lyriques, Barack Obama évoque le «voyage du drapeau» depuis son adoption en pleine guerre d'indépendance en 1777. Sa présence, «au-dessus des murs de Fort Sumter, en Caroline du Sud pendant la guerre civile» ou sur l'île d'Iwo Jima pendant la Seconde Guerre mondiale. La manière dont les manifestants noirs de Selma, en Alabama, déployaient ses couleurs pour revendiquer leur appartenance à la société américaine, pendant le mouvement des droits civiques. Ou encore le drapeau flottant dans les ruines du World Trade Center et du Pentagone après le 11 Septembre. Le texte présidentiel, qui appelle «le peuple des États-Unis à célébrer notre héritage et réciter publiquement le serment d'allégeance au drapeau chez lui et en tout autre lieu propice», révèle l'importance que l'Amérique attache toujours à l'histoire et à la tradition.
«La bannière étoilée incarne les idéaux les plus élevés de notre nation, sa présence nous rappelle les promesses de l'Amérique et nous guide vers un avenir plus brillant», souligne Obama, qui dit signer sa proclamation «en l'année 2009 du Seigneur». La patrie, Dieu et le drapeau. Pour les millions de jeunes Européens qui le vénèrent, «Barack» incarne l'espoir de changement, la modernité, l'ère d'Internet et du BlackBerry. Mais chez lui, cette nouvelle Amérique est indissociable de l'ancienne.

Régulation financière : Barack Obama dévoile sa réforme

Régulation financière : Barack Obama dévoile sa réforme - L'économie en crise - Le Monde.fr

Netanyahou: Obama a vu du "positif"

Netanyahou: Obama a vu du "positif" - Toute l'actu sur Lejdd.fr
"J'ai trouvé qu'il y avait un mouvement positif dans le discours du Premier ministre" Benjamin Netanyahou, a déclaré Barack Obama à la presse dans la perspective d'une relance de pourparlers de paix sérieux au Proche-Orient. Benjamin Netanyahou a accepté dimanche, sous de strictes conditions dont sa démilitarisation, le principe de création d'un Etat palestinien. Barack Obama a souligné que l'Etat juif devait se conformer aux engagements pris dans le cadre de la "feuille de route" qui prévoit l'arrêt de la colonisation.

lundi 15 juin 2009

Netanyahou: "Un pas en avant", dit Obama - Toute l'actu sur Lejdd.fr

Netanyahou: "Un pas en avant", dit Obama - Toute l'actu sur Lejdd.fr

jeudi 11 juin 2009

La guerre des mots, par Rémy Ourdan - Opinions

La guerre des mots, par Rémy Ourdan - Opinions - Le Monde.fr
Il y a les mots qu'on prononce, et les mots qu'on ne prononce pas. Au Caire, Barack Obama a su toucher le coeur des musulmans, trouvant des mots justes pour évoquer leur identité, leur culture, leur religion.
Et il y a des silences, ou des absences, parfois plus significatifs qu'un discours. M. Obama n'a pas prononcé les mots "terrorisme", "terroriste", "war on terror", les mots favoris de George W. Bush. Les mots ont un sens. Ils sont au coeur de la guerre. En 2001, dans la plaine de Shomali, peu avant l'assaut qui a libéré Kaboul des talibans, un moudjahid affirmait, souriant en regardant voler les B52 américains, que M. Bush était un "libérateur".
Huit ans plus tard, les mots ont changé. Il y a eu Guantanamo et la "torture", la guerre d'Irak, les "invasions" et les "occupations". Ces dernières années, on entendait souvent dire, dans le Sud afghan ou l'Ouest irakien, que "Bush est un terroriste".
En ce printemps incertain, en Afghanistan, dans les bases américaines, on entend encore des soldats américains affirmer que "ces putains d'Afghans sont des terroristes". Mais ce que leur président a dit au Caire, en ne prononçant pas ces mots, est qu'Afghans et Irakiens ne sont pas des terroristes. Ils n'ont pas semé la terreur dans les rues de New York.
Les mots ont un sens et Oussama Ben Laden le sait. Le chef d'Al-Qaida, avare de ses interventions sauf dans les moments historiques ou pour signaler qu'il est encore en vie, est devenu très bavard. Gaza, Somalie, Afghanistan, il est sur tous les fronts. Il a délivré son quatrième message de l'année à la veille du discours du Caire. On sent que le djihadiste ne monte en fait à l'assaut que d'un seul front, celui qui, à mots prononcés ou à mots retenus, l'oppose au président américain. Obama parle aux musulmans, Ben Laden a pris conscience du danger.
Il y a les mots qu'on ne prononce pas. Le président américain, en enterrant la "war on terror", sait qu'il sera difficile, voire impossible, pour un certain temps au moins, à certains de prononcer des mots tels que "Obama est un terroriste". Les mots sont, dans la guerre, comme le terrorisme d'ailleurs, de l'ordre du symbole. Une arme psychologique, loin des champs de bataille.
En Afghanistan, après trente années de combats, on sait que la guerre au sens militaire ne se gagne ou ne se perd pas aisément, et presque jamais définitivement. Que le vaincu d'un jour peut être le vainqueur le lendemain, que l'ennemi peut devenir l'allié. "On est toujours le terroriste de l'autre", dit un ex-moudjahid.
Au-delà de l'aspect militaire, la guerre des mots est donc cruciale. Même si le monde attend maintenant des actes, une stratégie, M. Obama a pour l'heure gagné cette première manche. On rapporte qu'à Ramallah, en Palestine, Barack Hussein Obama est surnommé ces derniers jours "Abou Hussein", titre autant affectueux qu'honorifique. Ce n'est certes qu'un mot, mais c'est le coeur de la guerre.
Courriel : ourdan@lemonde.fr.
Rémy Ourdan

Khaled Méchaal salue le langage nouveau de Barack Obama

Khaled Méchaal salue le langage nouveau de Barack Obama
Khaled Méchaal, chef du bureau politique du Hamas se félicite du langage nouveau adopté par Barack Obama, tout en l'incitant à renoncer à tout préalable avant l'ouverture d'un dialogue avec l'organisation islamiste.
Les Etats-Unis et plusieurs de leurs alliés occidentaux ont posé trois conditions à l'ouverture de discussions avec le Hamas. Ils demandent au mouvement palestinien de reconnaître Israël, de renoncer à la violence et de se conformer aux engagements pris par l'Autorité palestinienne.
"Le discours d'Obama au sujet du Hamas contient un langage nouveau. Nous espérons (...) qu'il renoncera aux conditions posées pour des relations avec le Hamas", déclare le dirigeant palestinien dans un entretien au quotidien panarabe Achark al Aousat.
"Il a déclaré qu'il ouvrait une nouvelle page avec la région. Les entretiens avec les Iraniens se feront sans préalable, de même avec les Syriens. Alors, pourquoi pose-t-il des conditions pour le Hamas?", a demandé Khaled Méchaal.
En visite à Damas, où il devait rencontrer dans la journée Khaled Méchaal, l'ancien président américain Jimmy Carter a estimé que le gouvernement américain devait "trouver un moyen" de discuter directement avec le Hamas.
"Je ne crois pas qu'il soit possible de parvenir à la paix entre les Palestiniens et Israël si le Hamas n'est pas impliqué directement, en harmonie avec le Fatah", a déclaré Carter après un entretien avec le président syrien Bachar al Assad.
"Je souhaiterais que le gouvernement américain trouve un moyen à une date très proche d'avoir des discussions directes avec la direction du Hamas", a-t-il ajouté.
George Mitchell, émissaire de Barack Obama au Proche-Orient, se trouve en Cisjordanie et est attendu dans les jours qui viennent à Damas

Les islamistes égyptiens sensibles au discours de Barack Obama - Afrique - Le Monde.fr

Les islamistes égyptiens sensibles au discours de Barack Obama - Afrique - Le Monde.fr

Le discours de Barack Obama au Caire (texte et vidéo) -

Le discours de Barack Obama au Caire (texte et vidéo) -
Le président américain a prononcé un discours à l'adresse des musulmans lors d'une visite au Caire le 4 juin 2009. En voici la vidéo en traduction simultanée (avec Public Sénat) et le texte intégral en français (traduction de la Maison Blanche).
Cliquez ici pour la vidéo (avec Public Sénat)

Obama to speak at AMA convention

Obama to speak at AMA convention ...
June 10, 2009 1:40 PM Amid the push in Washington for health-care reform,
President Barack Obama will come to Chicago Monday to address the American Medical Association, the Chicago-based national doctors group and the White House confirmed today.The AMA's policy-making House of Delegates meets in Chicago beginning this weekend through next Wednesday. The AMA represents about a quarter of a million doctors across the country, and its support of any effort to cover health expenses for the more than 46 million uninsured Americans is seen as critical.Robert Gibbs, the White House press secretary, told reporters Obama would "travel on Monday" to Chicago to give the speech.On Thursday, Obama is scheduled to appear at a town hall style event in Green Bay, where he will also push for health care reform.
Gibbs said the president would use his appearances on Thursday and Monday to make the case that health care reform cannot wait another year because the costs are "unsustainable" and "crushing families, businesses and government."It will be only the second time Obama has been to Chicago since he became president. His previous visit, a three-night stay in mid-February, included a dinner out with his wife, a basketball game at the University of Chicago Laboratory Schools, morning workouts, visits with friends and a haircut. The White House has not yet said whether the president will spend part of his weekend in the city, before the AMA appearance on Monday.While the president is in Chicago there will be restrictions on traffic in the air and on the ground.During his February visit, temporary flight restrictions were put in place for an area 60 nautical miles wide centered near Obama's home. The restrictions, typical for all presidential movements, do not affect commercial flights, but pilots of small planes who do not observe the rules can find themselves escorted from the area by fighter jets.In December, Obama told the Tribune he planned to return to Chicago every six or eight weeks. But as president, he has not come close to maintaining that schedule.Chicagoan Valerie Jarrett, a senior advisor to the president, told the paper last month that the early demands of the job have kept Obama from visiting home as often as he would like."Right now the demands are so high," she said. "We talk about Chicago a lot and he has lots of visitors from the city."--
Bruce Japsen and John McCormick

mercredi 10 juin 2009

Obama au Caire, A new beginning

Egyptoblogue: Obama au Caire, A new beginning
Voilà. Finies les commémorations du D-Day. Les "Barack est mon copain", "Nicolas aussi". Les concours d'élégance comparée de Michelle et Carla. Les débats sur le menu du dîner présidentiel à la Fontaîne de Mars...
Barack Obama est reparti.
Jeudi dernier, rappelez-vous, il était aussi au Caire, pour y prononcer un discours annoncé comme historique par la Maison-Blanche. Un discours pour un nouveau départ des relations entre l'Amérique et le monde arabo-musulman. Les égyptiens en attendaient beaucoup, comme l'indique cet article écrit pour le quotidien belge Le Soir. Regardez là aussi ce que m'en disait, avant qu'Obama arrive, le grand écrivain égyptien Alaa el-Aswany, l'auteur de l'Immeuble Yacoubian (Actes Sud).
C'est un discours, ce n'est même qu'un discours, diront certains. Et comme ce sont des mots, cela peut décevoir, forcément. Mais émouvoir, aussi. Au Caire, voilà comment il a été perçu, en particulier chez les jeunes.
Et vous, qu'en avez-vous pensé?
Voici le texte de ce (long) discours, traduit en intégralité en français sur le site de l'association La Paix Maintenant.
"Je suis honoré de me trouver dans la ville éternelle du Caire, et d’être accueilli par deux remarquables institutions. Depuis plus de mille ans, al-Azhar joue le rôle de phare de l’érudition musulmane, et depuis plus d’un siècle, l’Université du Caire est l’une des sources du progrès de l’Egypte. Ensemble, vous représentez l’harmonie entre tradition et progrès. Je vous suis reconnaissant pour votre hospitalité, et pour l’hospitalité du peuple égyptien. Je suis également fier d’apporter avec moi la bonne volonté du peuple américain et un salut de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays : assalaamou aleikoum.
Nous nous rencontrons en une période de tension entre les Etats-Unis et les musulmans partout dans le monde, une tension inscrite dans des forces historiques qui dépassent tout débat politique en cours. Dans la relation entre l’islam et l’Occident, il y a eu des siècles de coexistence et de coopération, mais aussi un conflit et des guerres religieuses. Plus récemment, cette tension a été nourrie par le colonialisme qui a privé de nombreux musulmans de leurs droits et de leurs chances, et par une guerre froide où des pays à majorité musulmane ont été trop souvent considérés comme des sous-traitants, sans égard pour leurs propres aspirations. De plus, les changements énormes provoqués par la modernisation et la mondialisation ont conduit d nombreux musulmans à considérer l’Occident comme hostile aux traditions de l’islam.
De violents extrémistes ont exploité ces tensions chez une minorité réduite mais puissante de musulmans. Les attentats du 11 septembre 2001 et les violences continuelles de ces extrémistes contre des civils ont conduit certains, dans mon pays, à percevoir l’islam comme irrémédiablement hostile, non seulement à l’Amérique et aux pays de l’Occident, mais aussi aux droits de l’homme. Cela a renforcé encore la peur et la méfiance.
Tant que notre relation sera définie par nos différences, nous renforcerons ceux qui sèment la haine et non la paix, et qui promeuvent le conflit plutôt qu’une coopération qui peut aider nos peuples à parvenir à la justice et à la prospérité. Ce cycle du soupçon et de la discorde doit cesser.
Je suis venu chercher un nouveau oommencement entre les Etats-Unis et les musulmans du monde entier, qui se fonde sur un intérêt et un respect mutuels ; qui se fonde sur le fait que l’Amérique et l’islam ne sont pas exclusifs l’un de l’autre et ne sont pas voués à se faire concurrence. Au lieu de cela, ils se chevauchent et partagent des principes communs : justice et progrès ; tolérance et dignité de tous les êtres humains.
Je fais cela en ayant conscience que le changement ne peut pas s’effectuer en un jour. Un discours seul ne peut éradiquer des années de méfiance. Et je n’ai pas non plus de réponse immédiate à toutes les questions complexes qui nous ont amenés au point où nous sommes. Mais je suis convaincu que pour avancer, nous devons dire ouvertement ce que nous avons sur le cœur et que, trop souvent, nous ne disons que derrière des portes fermées. Il doit y avoir un effort soutenu pour s’écouter, apprendre l’un de l’autre et chercher des terrains d’entente. Comme le dit le sait Coran ; « Sois conscient de Dieu et dis toujours la vérité. » C’est ce que je me propose de faire : dire la vérité du mieux que je peux, humble devant la tâche qui nous attend, et ferme dans ma croyance que les intérêts que nous partageons en tant qu’êtres humains sont beaucoup plus forts que les forces qui nous séparent.

Cette conviction est en partie liée à ma propre expérience. Je suis chrétien, mais mon père venait d’une famille kenyane qui comprend plusieurs générations de musulmans. Enfant, j’ai vécu plusieurs années en Indonésie et j’entendais l’appel du muezzin à l’aube et à la tombée du jour. Jeune homme, j’ai travaillé dans des communautés de Chicago où beaucoup ont trouvé dignité et paix dans leur foi musulmane.
Instruit en histoire, je connais aussi la dette de la civilisation envers l’islam. Ce fut l’islam - dans des endroits comme l’Université al-Azhar - qui a porté la flamme de l’étude pendant plusieurs siècles, montrant la voie en Europe à la Renaissance et aux Lumières. Ce fut l’esprit d’innovation qui soufflait sur les communautés musulmanes qui a produit l’algèbre, nos compas et outils de navigation, notre maîtrise de l’imprimerie, notre compréhension de la transmission des maladies et des moyens de la soigner. La culture musulmane nous a donné des arches majestueuses et des spirales élancées, une poésie éternelle et une musique magnifique ; une calligraphie élégante et des endroits de paisible contemplation. Dans son histoire, l’islam a fait la preuve, par les paroles comme par les actes, que la tolérance religieuse et l’égalité raciale étaient possibles.
Je sais aussi que l’islam a toujours fait partie de l’histoire américaine. Le Maroc a été le premier pays à reconnaître notre nation. En signant le Traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, avait écrit : « Les Etats-Unis n’ont aucune trace d’hostilité envers les lois, la religion et la tranquillité des musulmans. » Et depuis notre fondation, les musulmans américains ont enrichi les Etats-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi au gouvernement, lutté pour les droits civiques, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, excellé dans nos sports, été lauréats de prix Nobel, construit nos immeubles les plus hauts et allumé la torche olympique. Et lorsque le premier musulman américain a été élu au Congrès, il a fait le serment de défendre notre constitution sur le même Coran que l’un de nos pères fondateurs, Thomas Jefferson, avait conservé dans da bibliothèque personnelle.
Ainsi, j’ai connu l’islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé. Cette expérience guide ma conviction qu’un partenariat entre l’Amérique et l’Islam doit être fondé sur ce qu’est l’Islam et non sur ce qu’il n’est pas. En tant que président des Etats-Unis, je considère qu’il est de ma responsabilité de lutter contre les stéréotypes sur l’Islam, où qu’ils apparaissent.
Mais ce même principe doit s’appliquer à la manière dont les musulmans perçoivent l’Amérique. De même que les musulmans ne correspondent pas à un stéréotype grossier, l’Amérique n’est pas le stéréotype grossier de l’empire mû par ses seuls intérêts. Les Etats-Unis ont été l’une des plus grandes sources de progrès que le monde ait jamais connues. Nous sommes nés d’une révolution contre un empire. Nous avons été fondés sur un idéal selon lequel tous sont créés égaux, et nous avons versé du sang et lutté pendant des siècles pour donner un ses à ces mots - à l’intérieur de nos frontières et partout dans le monde. Nous sommes formés de toutes les cultures, attirés vers tous les bouts de la Terre et dévoués à une idée simple : « E pluribus unum. »
On a beaucoup parlé du fait qu’un Afro-américain du nom de Barack Hussein Obama pouvait être élu président. Mais mon histoire personnelle n’est pas si exceptionnelle. Le rêve des occasions pour chacun ne s’est pas réalisé pour tous en Amérique, mais cette promesse existe pour tous ceux qui viennent chez nous - et cela comprend les presque 7 millions d’Américains musulmans de notre pays qui bénéficient d’un revenu et d’une éducation qui sont au-dessus de la moyenne.
En outre, la liberté en Amérique ne peut être séparée de la liberté de pratiquer sa religion. C’est la raison pour laquelle il y a une mosquée dans chaque Etat de l’Union, et plus de 1 200 mosquées à l’intérieur de nos frontières. C’est la raison pour laquelle le gouvernement des Etats-Unis a été au tribunal défendre le droit des femmes et des filles de porter le hijab, et punir ceux qui le leur refusent.
Alors, qu’il n’y ait aucun doute : l’islam est une partie de l’Amérique. Et je crois que l’Amérique recèle la vérité qui dit que, sans égard à la race, la religion où la position sociale, nous tous partageons les mêmes aspirations : vivre en paix et en sécurité, bénéficier d’une éducation et travailler dans la dignité ; aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. Ce sont des choses que nous partageons. C’est l’espoir de toute l’humanité.
Bien sûr, le fait de reconnaître notre humanité commune n’est que le commencement de notre tâche. Les mots seuls ne peuvent répondre aux besoins de nos peuples. Ces besoins ne seront satisfaits que si nous agissons avec audace dans les années à venir, et si nous comprenons que les défis auxquels nous faisons face sont partagés et que nous ne les surmontons pas, nous en serons tous affectés.
Car l’expérience récente nous a appris que lorsqu’un système financier s’affaiblit dans un pays, la prospérité est affectée partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain, tous sont en danger. Quand une nation cherche à obtenir l’arme nucléaire, le risque d’une attaque nucléaire augmente pour toutes les nations. Quand des extrémistes violents opèrent dans une chaîne de montagnes, des gens sont en danger de l’autre côté de l’océan. Et quand des innocents en Bosnie ou au Darfour sont massacrés, c’est une tache sur notre conscience collective. Voilà ce que signifie partager dans ce monde du XXIe siècle. Là est la responsabilité que nous avons l’un envers l’autre en tant qu’êtres humains.
C’est une responsabilité difficile à comprendre. Car l’histoire humaine a souvent été une suite de nations et de tribus s’assujettissant les unes les autres pour servir leurs intérêts propres. Or, dans cette ère nouvelle, pareilles attitudes iraient à l’encontre du but recherché. Compte tenu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élèverait une nation ou un groupe au-dessus des autres échouera inévitablement. Alors, quoi que nous pension du passé, nous ne devons pas en être prisonniers. Nos problèmes doivent être résolus par le partenariat, le progrès doit être partagé.
Cela ne veut pas dire qu’il faille ignorer les sources de tension. En fait, cela signifie le contraire : il faut regarder ces tensions en face. Et c’est dans cet esprit que je vais maintenant parler, aussi clairement et simplement que possible, de certaines questions dont je pense qu’il nous faudra les affronter ensemble. La première question que nous devons affronter est celle de la violence extrémiste sous toutes ses formes. A Ankara, j’ai dit clairement que l’Amérique n’est pas et ne sera jamais en guerre contre l’Islam. Néanmoins, nous affronterons sans relâche la violence extrémiste qui menace gravement notre sécurité. Car nous rejetons ce que les hommes de toutes les fois rejettent : le meurtre d’innocents, hommes, femmes et enfants. Et mon premier devoir de président est de protéger le peuple américain.
La situation en Afghanistan met en lumière les objectifs de l’Amérique et notre besoin de coopérer. Il y a plus de sept ans, les Etats-Unis ont pourchassé al-Qaida et les taliban avec un large soutien international. Nous n’y sommes pas allés par choix mais par nécessité. Je sais que certains mettent en doute ou justifient les événements du 11 septembre. Mais soyons clairs : ce jour-là, al-Qaida a tué près de 3 000 personnes. Les victimes étaient des innocents, hommes, femmes enfants, d’Amérique ou d’autres nations, qui n’avaient fait de mal à personne. Et al-Qaida a choisi de les assassiner sans pitié, a revendiqué ces crimes et déclare même sa détermination à tuer sur une grande échelle. Il a des alliés dans de nombreux pays et tente d’augmenter son influence. Il ne s’agit pas là d’opinions dont on peut débattre, mais d’actes qu’il faut traiter.
Ne vous y trompez pas : nous ne souhaitons pas que nos troupes restent en Afghanistan. Nous ne cherchons pas à y établir des bases militaires. Il est très douloureux pour l’Amérique de perdre nos jeunes femmes et nos jeunes hommes. Il est coûteux et difficile politiquement de poursuivre ce conflit. Nous ramènerions avec plaisir chacun de nos soldats à la maison si nous pouvions avoir la certitude qu’il n’y aura pas d’extrémistes violents en Afghanistan et au Pakistan, déterminés à tuer le plus d’Américains possible. Mais ce n’est pas encore le cas.
C’est la raison pour laquelle nous sommes membres d’une coalition de 46 pays. Et malgré les coûts, l’engagement américain ne faiblira pas. Réellement, aucun d’entre nous ne doit tolérer ces extrémistes. Ils ont tué dans de nombreux pays. Ils ont tué des gens de différentes fois. Ils ont tué des musulmans plus que d’autres. Leurs actes sont inconciliables avec les droits des êtres humains, le progrès des nations, et avec l’islam. Le Coran enseigne que quiconque tue un innocent tue l’humanité tout entière, et que quiconque sauve une vie sauve toute l’humanité. La foi tenace de plus d’un milliard de gens est bien plus forte que la haine étroite de quelques-uns. L’islam ne fait pas partie du problème dans le combat contre la violence extrémiste, il a au contraire un rôle important à jouer dans la promotion de la paix.
Nous savons aussi que la force militaire ne va pas résoudre les problèmes en Afghanistan et au Pakistan. C’est pourquoi nous comptons investir chaque année pendant cinq ans 1,5 milliard de $ pour construire avec les Pakistanais des écoles, des hôpitaux, des routes et des entreprises, et des centaines de millions pour aider les personnes déplacées. Et c’est pourquoi nous dépensons plus de 2,8 milliards de $ pour aider les Afghans à développer leur économie et les services dont les gens dépendent. Parlons de l’Irak. A la différence de l’Afghanistan, l’Irak a été une guerre par choix qui a suscité de fortes oppositions dans mon pays et dans le monde. Bien que je pense que le peuple irakien se trouve en définitive bien mieux sans la tyrannie de Sassam Hussein, je pense aussi que les événements en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de la démocratie et du consensus international pour résoudre nos problèmes, chaque fois que cela est possible. Souvenons-nous des paroles de Thomas Jefferson qui a dit : « J’espère que notre sagesse grandira comme notre puissance et nous apprendra que moins nous utilisons notre force, plus grande elle sera. »
Aujourd’hui, l’Amérique a une double responsabilité : aider les Irakiens à bâtir un avenir meilleur - et laisser l’Irak aux Irakiens. J’ai dit clairement au peuple irakien que nous ne voulions aucune base, ne revendiquons aucun territoire ou ressource. La souveraineté de l’Irak lui appartient. C’est pourquoi j’ai ordonné le départ de nos brigades combattantes en août prochain. C’est pourquoi nous respecterons notre engagement auprès du gouvernement irakien démocratiquement élu et retirerons les troupes de combat des villes irakiennes dès juillet, et toutes nos troupes d’Irak en 2012. Nous aiderons l’Irak à entraîner ses forces de sécurité et à développer son économie ; mais nous soutiendrons un Irak sûr et uni en tant que partenaire, et jamais en tant que patron.
Enfin, de même que jamais l’Amérique ne pourra tolérer la violence d’extrémistes, nous ne devons jamais dévier de nos principes. Le 11 septembre a été un immense traumatisme pour notre pays. La peur et la colère qu’il a provoquées sont compréhensibles, mais dans certains cas, il nous a conduits à agir en contradiction avec nos idéaux. Nous sommes en train d’agir pour changer de direction. J’ai interdit sans équivoque l’usage de la torture par les Etats-Unis, et j’ai ordonné la fermeture de la prison de Guantanamo Bay au début de l’année prochaine.
Ainsi, l’Amérique se défendra dans le respect de la souveraineté des nations et de l’Etat de droit. Et nous le ferons en partenariat avec des communautés musulmanes, menacées elles aussi. Plus tôt les extrémistes seront isolés et mal vus dans les communautés musulmanes et plus tôt nous serons en sécurité.
La deuxième source de tension dont il nous faut parler est la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe.
Les liens solides entre l’Amérique et Israël sont bien connus. Cette relation est indestructible. Elle est fondée sur des liens culturels et historiques, et sur la conscience que l’aspiration à une patrie juive est enracinée dans une histoire tragique qui ne peut pas être niée.
Partout dans le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles, et l’antisémitisme en Europe a culminé avec une catastrophe sans précédent. Demain, je vais visiter Buchenwald, qui faisait partie d’un réseau de camps où les Juifs étaient réduits à l’état d’esclaves, torturés, tués par balles et gazés à mort par le IIIe Reich. Six millions de juifs ont été tués, plus que la totalité de la population juive d’Israël aujourd’hui. Nier ce fait est sans fondement, c’est de l’ignorance et de la haine. Menacer Israël de destruction ou répéter des stéréotypes ignobles sur les juifs est profondément mal et ne sert qu’à rappeler aux Israéliens les plus douloureux des souvenirs tout en empêchant la paix que les gens de cette région méritent.
D’un autre côté, il est aussi indéniable que le peuple palestinien - musulmans et chrétiens - a souffert dans sa quête d’une patrie. Pendant plus de 60 ans, il a enduré les douleurs du déracinement. Beaucoup attendent, dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et aux alentours, une vie de paix et de sécurité qu’ils n’ont jamais pu mener. Ils subissent les humiliations quotidiennes - grandes et petites - qui accompagnent l’occupation. Alors, qu’il n’y ait aucun doute : la situation du peuple palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens à la dignité et à un Etat à eux.
Pendant des dizaines années, il y a eu une impasse : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun avec son histoire douloureuse qui fait fuir tout compromis. Il est facile de pointer du doigt les responsabilités - pour les Palestiniens, pointer les migrations provoquées par la fondation d’Israël, pour les Israéliens de pointer la constante hostilité et les attaques qu’ils ont subies dans leur histoire, depuis l’intérieur de leurs frontières aussi bien que du dehors. Mais si nous ne considérons ce conflit que d’un côté, noue ne verrons pas la vérité : la seule solution pour répondre aux aspirations des deux côtés passe par deux Etats, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun en paix et en sécurité. Il y va de l’intérêt d’Israël, de la Palestine, de l’Amérique et du monde. C’est pourquoi j’ai l’intention de rechercher personnellement cette solution, avec toute la patience que la tâche requiert. Les obligations que les parties ont contractées dans le cadre de la feuille de route sont claires. Pour que la paix advienne, il est temps pour elles - et pour nous tous - de prendre nos responsabilités.
Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance par la violence et le meurtre est mauvaise et ne marche pas. Pendant des siècles, les Noirs d’Amérique ont subi le fouet pour les esclaves et l’humiliation de la ségrégation. Mais ce n’est pas la violence qui a conquis l’égalité et la plénitude de leurs droits. C’est par une insistance pacifique et déterminée sur les principes au centre de la fondation de l’Amérique. La même histoire peut être dite par des peuples d’Afrique du Sud et d’Asie du Sud-Est, d’Europe de l’Est ou d’Indonésie. Cette histoire a une vérité toute simple : la violence est une impasse. Ce n’est ni un signe de courage ni un signe de force que de tirer des roquettes sur des enfants endormis ou de faire sauter de vieilles femmes dans un autobus. Ce n’est pas ainsi qu’on revendique une autorité morale, c’est ainsi qu’on se dépouille de cette autorité morale.
Il est maintenant temps pour les Palestiniens de se concentrer sur ce qu’ils peuvent construire. L’Autorité palestinienne doit développer sa capacité à gouverner, avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple. Le Hamas a du soutien chez certains Palestiniens, mais il a lui aussi des responsabilités. Pour jouer un rôle et répondre aux aspirations des Palestiniens, et unifier le peuple palestinien, le Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit d’Israël à l’existence.
Dans le même temps, les Israéliens doivent reconnaître que, tout comme le droit d’Israël à exister ne peut pas être nié, celui de la Palestine ne peut pas l’être non plus. Les Etats-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation de la colonisation. Ces constructions violent les accords précédents et sapent les efforts consentis pour parvenir à la paix. Il est temps que ces colonies cessent.
Israël doit aussi respecter ses engagements et assurer aux Palestiniens la possibilité de vivre, travailler et développer leur société. Et, tout comme elle dévaste les familles palestiniennes, la crise humanitaire qui continue à Gaza ne sert pas la sécurité d’Israël, pas plus que l’absence continue de perspectives en Cisjordanie. Le progrès de la vie quotidienne des Palestiniens doit faire partie du chemin vers la paix ; et Israël doit prendre des mesures concrètes pour permettre ce progrès.
Enfin, les pays arabes doivent reconnaître que l’Initiative de paix arabe a constitué un début important, mais non la fin de leurs responsabilités. Le conflit israélo-arabe ne doit plus être utilisé pour détourner les peuples des nations arabes d’autres problèmes. Au lieu de cela, il doit être un moteur pour agir et aider le peuple palestinien à développer les institutions qui feront vivre leur Etat ; reconnaître la légitimité d’Israël ; et choisir le progrès plutôt qu’une obsession mortifère du passé.
L’Amérique accordera sa politique avec ceux qui recherchent la pais, et dira en public ce qu’elle dit en privé, aux Israéliens, aux Palestiniens et aux Arabes. Nous ne pouvons pas imposer la paix. Mais en privé, de nombreux musulmans reconnaissent qu’Israël ne disparaîtra pas. De même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d’un Etat palestinien. Il est temps pour nous d’agir sur ce que tout le monde sait être vrai. Trop de larmes et de sang ont été versés. Nous avons tous une responsabilité : celle d’œuvrer au jour où les mères israéliennes et palestiniens pourront voir leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte des trois grandes religions sera l’endroit de paix que Dieu avait pensé ; où Jérusalem verra cohabiter dans la sécurité et la durée juifs, musulmans et chrétiens et sera un endroit où tous les enfants d’Abraham se mêleront pacifiquement, comme dans l’histoire d’Isra, quand Moïse, Jésus et Mahomet (la paix soir eux) se sont joints pour prier ensemble.
La troisième source de tension relève de notre intérêt commun dans les droits et les devoirs des nations au sujet des armes nucléaires. Cette question est une source de tension entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran. Pendant des années, l’Iran s’est défini en partie par son opposition à mon pays, et il est vrai qu’il y a entre nous une histoire tumultueuse. Au milieu de la Guerre Froide, les Etats-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l’Iran a joué un rôle dans des actes de prises d’otages et de violences contre des Américains, militaires et civils. L’histoire est connue. Plutôt que de demeurer piégé dans le passé, j’ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l’avant. La question, aujourd’hui, n’est pas de savoir contre quoi est l’Iran, mais quel avenir il veut bâtir.
Il sera difficile de surmonter des décennies de méfiance, mais nous agirons avec courage, rectitude et résolution. Il y aura de nombreuses questions à discuter entre nos deux pays, et nous sommes prêts à aller de l’avant sans conditions préalables, sur la base d’un respect mutuel. Mais il est clair pour tout le monde que lorsqu’il s’agit d’armes nucléaires, nous atteignons un point décisif. Il ne s’agit plus simplement des intérêts américains, mais d’empêcher une course à l’arme nucléaire au Moyen-Orient qui pourrait mener cette région et le monde sur une voie extraordinairement dangereuse.
Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays disposent d’armes que d’autres n’ont pas. Aucune nation ne doit choisir quelles nations possèdent l’arme nucléaire. C’est pourquoi j’ai réaffirmé fortement l’engagement des Etats-Unis dans la recherche d’un monde sans armes nucléaires. Et toute nation - y compris l’Iran - doit avoir le droit d’accéder à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques sii elle respecte ses obligations dans le cadre du traité de non-prolifération. Cet engagement est au cœur du traité. Seuls ceux qui le respectent doivent y avoir droit. Et j’espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif.
Quatrième question que j’aborderai : la démocratie.
Je sais qu’il y a eu des controverses sur la promotion de la démocratie, pour une grande part en relation avec la guerre en Irak. Mais je serai très clair : aucune nation ne peut imposer à une autre un système de gouvernement. Mais cela ne minore pas mon engagement envers les gouvernements qui reflètent la volonté de leur peuple. Chaque nation fait vivre ce principe à sa manière, enracinée dans ses traditions. L’Amérique ne prétend pas savoir ce qui est bon pour tout le monde. Mais je pense, sans aucune concession possible, que les gens souhaitent certaines choses : la possibilité de donner son avis sur la façon dont on est gouverné ; la confiance en l’Etat de droit et une administration de la justice égale pour tous ; un gouvernement transparent qui ne vole pas son peuple ; la liberté de choisir son style de vie. Ce ne sont pas seulement des idées américaines mais des droits de l’homme, et c’est pourquoi nous les soutiendrons partout.
Il n’existe pas de ligne droite pour réaliser cette promesse. Mais cela au moins est certain : les gouvernements qui protègent ces droits sont finalement plus stables, plus sûrs et réussissent mieux. La répression des idées ne réussit jamais à les faire disparaître. L’Amérique respecte le droit de toutes les voix pacifiques et respectueuses de la loi à se faire entendre partout dans le monde, même si nous sommes en désaccord avec elles. Et nous ferons bon accueil à tout gouvernement élu et pacifique, s’il gouverne en respectant son peuple.
Ce dernier point est important car certains ne défendent la démocratie que lorsqu’ils n’ont pas le pouvoir. Une fois au pouvoir, ils répriment impitoyablement les droits des autres. Quel que soit l’endroit du monde, le gouvernement du peuple et par le peuple implique des règles simples pour ceux qui exercent le pouvoir : il faut l’exercer par le consentement et non par la coercition, respecter les droits des minorités, placer les intérêts du peuple et les processus légitimes du processus politique au-dessus de votre parti. Sans ces ingrédients, les seules élections ne font pas une vraie démocratie.
Cinquième question dont je parlerai : la liberté religieuse.
L’islam a une tradition de tolérance fière d’elle-même. Nous le voyons dans l’histoire de l’Andalousie et de Cordoue. Je l’ai vu moi-même enfant en Indonésie, où des prêtres chrétiens pratiquaient leur religion librement dans un pays dont l’immense majorité est musulmane. C’est l’esprit dont nous avons besoin aujourd’hui. Dans tous les pays, les gens doivent être libres de choisir et de vivre leur foi sur la base de la persuasion de l’esprit, du cœur et de l’âme. Cette tolérance est essentielle pour la religion, mais elle est menacée de différentes manières.
Chez certains musulmans, il existe une tendance inquiétante à mesurer sa foi par le rejet de celle d’autrui. La richesse de la diversité religieuse doit être préservée, que ce soit pour les maronites au Liban ou pour les coptes en Egypte. Les lignes de fracture doivent être fermées aussi chez les musulmans, car les divisions entre sunnites et chiites ont provoqué des violences tragiques, en particulier en Irak.
La liberté religieuse est capitale pour permettre aux peuples de vivre ensemble. Il nous faut toujours examiner les façons de la protéger. Pas exemple, aux Etats-Unis, les règles qui régissent les dons caritatifs ont rendu plus difficile pour les musulmans la pratique de leurs obligations religieuses. C’est pourquoi je me suis engagé à travailler avec les musulmans américains pour garantir qu’ils puissent exercer la zakat.
De même, il est important que les pays occidentaux évitent d’empêcher leurs citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils l’entendent - par exemple en dictant la manière dont une musulmane doit s’habiller. On ne peut pas déguiser l’hostilité à l’égard d’une religion sous le couvert du libéralisme.
La foi doit nous réunir. C’est pourquoi nous avons mis en route des projets d’offices communs qui réunissent chrétiens, musulmans et juifs. C’est pourquoi nous saluons des efforts comme ceux du roi Abdallah d’Arabie saoudite pour le dialogue interreligieux ou des dirigeants turcs pour l’Alliance des civilisations. Partout dans le monde, nous pouvons transformer le dialogue en offices communs, de façon que les ponts entre les peuples mènent à l’action, que ce soit pour combattre la malaria en Afrique ou pour apporter du secours après une catastrophe naturel.
Sixième question : les droits des femmes.
Je sais qu’il y a un débat sur cette question. Je rejette l’opinion de certains occidentaux pour qui une femme qui choisit de couvrir sa chevelure est d’une certaine façon moins égale, mais je crois aussi qu’une femme à qui l’on refuse l’éducation se voit dénier ses droits. Et ce n’est pas par hasard si les pays où les femmes ont accès à une éducation de haut niveau ont de bien plus grandes chances de prospérer.
Je serai clair sur ce point : la question de l’égalité des femmes n’a pas à être un problème pour l’Islam. En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire des femmes à leur tête. Dans le même temps, la lutte pour l’égalité des femmes continue dans de nombreux aspects de la société américaine, et un peu partout dans le monde.
Nos filles peuvent contribuer à la société autant que nos fils, et notre prospérité commune progressera et permettant à toute l’humanité - hommes et femmes - d’atteindre leur potentiel. Je ne pense pas que les femmes doivent nécessairement faire les mêmes choix que les hommes pour être leurs égales, et je respecte ces femmes qui choisissent de mener leur vie dans des rôles traditionnels. Mais cela doit être leur choix. C’est pourquoi les Etats-Unis coopéreront avec tout pays à majorité musulmane pour soutenir l’alphabétisation des filles et aider les jeunes femmes à chercher un emploi par le micro-crédit qui aide les gens à réaliser leurs rêves.
Enfin, je parlerai de développement économique et de perspectives.
Je sais que pour beaucoup, la mondialisation a deux visages. L’Internet et la télévision peuvent convoyer connaissances et information, mais sexualité offensante et violence illimitée. Le commerce peut apporter de nouvelles richesses et de nouvelles perspectives, mais aussi d’énormes bouleversements. Dans toutes les nations, y compris la mienne, ce changement peut s’accompagner de craintes. Crainte qu’à cause de la modernité, nous perdions le contrôle sur nos choix économiques, notre politique et, plus important encore, notre identité - les choses auxquelles nous tenons le plus, nos familles, notre tradition, notre foi.
Mais je sais aussi que le progrès humain ne se refuse pas. Il n’y a pas nécessairement de contradiction entre développement et tradition. Des pays comme le Japon et la Corée du Sud ont développé leur économie tout en maintenant une culture bien distincte. Cela est également vrai pour les progrès étonnants accomplis dans des pays à majorité musulmane, de Dubaï à Kuala Lumpur. Dans les temps anciens comme à notre époque, des communautés musulmanes ont été à l’avant-garde de l’innovation et du développement.
Cela est important parce qu’aucune stratégie de développement ne peut reposer uniquement sur ce qui vient de soi-même, et ne peut pas non plus se poursuivre quand de jeunes gens sont au chômage. De nombreux pays du Golfe ont bénéficié d’importantes richesses grâce au pétrole, et certains se concentrent aujourd’hui sur un développement plus large. Mais nous devons tous reconnaître que l’éducation et l’innovation seront la monnaie du XXIe siècle. Or, dans trop de communautés musulmanes, il y a eu sous-investissement dans ces secteurs. Je donne beaucoup d’importance à ces investissements dans mon pays. Alors que, dans le passé, l’Amérique s’est beaucoup souciée du pétrole et du gaz provenant de cette partie du monde, nous recherchons aujourd’hui un engagement plus large.
Sur l’éducation, nous développerons des programmes d’échanges et augmenterons les bourses, comme celle qui a fait venir mon père en Amérique, tout en encourageant davantage d’Américains à aller étudier dans des pays musulmans. Nous accueillerons les étudiants musulmans prometteurs dans des internats américains, investirons dans l’enseignement en ligne pour les enseignants et les enfants partout dans le monde, et créerons un nouveau réseau en ligne, de sorte qu’un adolescent du Kansas pourra communiquer instantanément avec un adolescent du Caire.
Sur le développement économique, nous créerons un nouveau corps de volontaires entrepreneurs pour monter des partenariats avec leurs homologues de pays à majorité musulmane. Et nous accueillerons cette année un sommet sur l’entreprenariat pour identifier les moyens d’approfondir les liens entre chefs d’entreprise, fondations et entrepreneurs sociaux aux Etats-Unis et dans les pays musulmans.
Sur la science et la technologie, nous lancerons un nouveau fonds de soutien au développement technologique dans les pays à majorité musulmane, et aiderons à diffuser les idées sur les marchés afin qu’elles puissent créer des emplois. Nous ouvrirons des pôles d’excellence en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Nous nommerons de nouveaux émissaires de la science qui collaboreront à des programmes destinés à développer de nouvelles sources d’énergie, créer des emplois écologiques, numériser des enregistrements, purifier l’eau et faire pousser de nouvelles récoltes. Et aujourd’hui, j’annonce un nouvel effort mondial avec l’Organisation de la Conférence islamique pour éradiquer la polio. Nous développerons également des partenariats avec des pays musulmans pour promouvoir la santé des enfants et des mères.
Tout cela doit s’effectuer en partenariat. Les Américains sont prêts à se joindre aux civils et aux gouvernements, aux organisations communautaires et aux leaders religieux dans les pays du monde entier pour aider nos peuples à bâtir une vie meilleure. Les choses que j’ai décrites ne seront pas faciles à, réaliser. Mais il est de notre responsabilité de joindre nos efforts au nom du monde que nous voulons - un monde où les extrémistes ne menacent plus nos peuples, où les soldats américains sont rentrés chez eux ; un monde où Israéliens et Palestiniens sont chacun en sécurité dans leur Etat, où l’énergie nucléaire n’est utilisée qu’à des fins pacifiques ; un monde où les gouvernements sont au service de leurs citoyens et où tous les droits des enfants de Dieu sont respectés. Ce sont des intérêts qui nous sont communs. C’est le monde que nous voulons. Mais nous ne pourrons y arriver qu’ensemble.
Je sais que beaucoup - musulmans ou non - doutent de notre capacité à mettre en œuvre ce niveau commencement. Certains veulent attiser les flammes de la division et se mettre en travers de la voie du progrès. Certains disent que l’effort n’en vaut pas la peine, que nous sommes condamnés au désaccord et que les civilisations sont condamnées à s’entrechoquer. Bien plus encore sont tout simplement sceptiques sur le fait qu’un réel changement puisse avoir lieu. Il y a tant de peur, tant de méfiance. Mais si nous choisissons d’être prisonniers du passé, nous n’avancerons jamais. Je souhaite particulièrement dire ceci aux jeunes gens de toutes les fois, dans tous les pays : vous, plus que quiconque, avez la capacité de refaire ce monde.
Chacun d’entre nous partage ce monde pour une brève période. La question est de savoir si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous divise, ou si nous nous engageons à faire un effort - un effort soutenu - pour trouver des points de convergence, pour se concentrer sur l’avenir que nous souhaitons pour nos enfants et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.
Il est plus facile de commencer des guerres que d’y mettre fin. Il est plus facile de blâmer les autres plutôt que de regarder à l’intérieur de soi, de voir ce qu’il y a de différent chez quelqu’un plutôt que de trouver ce que nous avons en commun. Mais nous devons choisir la voie juste et non la voie facile. Il y aussi au cœur de chaque religion une règle : nous agissons envers autrui comme nous souhaitons qu’il agisse envers nous. Cette vérité transcende les nations et les peuple et elle n’est pas nouvelle. Elle n’est ni noire, ni blanche ni brune, elle n’est ni chrétienne, ni musulmane ni juive. C’est une idée qui a battu au berceau de la civilisation, et qui bat toujours dans le cœur de milliards de gens. C’est la foi en l’autre, et c’est ce qui m’amène ici aujourd’hui.
Nous avons le pouvoir de faire le monde que nus voulons, mais seulement si nous avons le courage d’un nouveau commencement, en gardant à l‘esprit ce qui a été écrit.
Le Coran nous dit : « Oh, humanité ! Nous t’avons créée mâle et femelle, et nous t’avons dispersée en nations et tribus afin que vous puissiez vous connaître. »
Le Talmud nous dit : « Toute la Torah n’a pour but que de promouvoir la paix. »
La Bible nous dit : « Bénis soient les bâtisseurs de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »
Les peuples du monde peuvent vivre ensemble en paix. Nous savons que c’est la vision de Dieu. Maintenant, cela doit être notre travail, ici sur terre. Merci. Et que la paix soit sur vous."
Traduit par Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Obama l'Européen

Obama l'Européen - RELATIONS INTERNATIONALES
En comparaison du voyage de Barack Obama au Caire, où la solennité de son adresse aux musulmans exprimait la nécessité de rompre avec la croisade agressive de Bush, la relative discrétion de sa visite européenne s'explique sans doute par le fait que ce n'est pas un grand événement que de rendre visite à des amis. Certains y voient un signe supplémentaire de ce que l'Europe n'est pas pour lui une priorité, et moins encore une partie de lui-même. Ses origines, les lieux où il a grandi, les attaches de sa famille n'ont en effet rien d'européen. Cela n'empêche pas le public d'ici de l'aduler, ce qu'il reçoit évidemment avec plaisir. Mais cet homme neuf vit d'abord avec son temps. L'Asie est pour son pays le principal enjeu. Les dangers de l'islamisme, qui a durement touché son pays, émanent des foyers de l'Orient. Dans cette nouvelle donne, il faut se faire à l'idée que l'Europe est une trop vieille amie pour exciter la curiosité et une puissance pas assez forte pour inspirer la crainte.
Par une coïncidence du calendrier, c'est à la veille des élections européennes qu'Obama a débarqué en Normandie. C'est peu de dire qu'il n'y a pas fait campagne. On peut ironiser sur les efforts de Nicolas Sarkozy pour obtenir la photo, mais il faut reconnaître que son style direct répond bien à celui de son interlocuteur. On a échappé grâce à eux aux usuelles finasseries diplomatiques, et compris de quel côté de l'Europe serait Obama, s'il était des nôtres : pour la relance, il serait soutenu par les socialistes face à la prudence générale, et surtout celle d'Angela Merkel. Pour la Turquie, il soutiendrait son intégration avec les Britanniques et les Scandinaves, face à beaucoup d'Européens et d'abord à Nicolas Sarkozy ; sa « doctrine du Caire » rejoindrait assez bien le consensus européen équilibré sur la question israélo-palestinienne, mais ajouterait sans doute quelques courbatures à celles qui affectent déjà nos opinions publiques, notamment sur ce voile islamique qui serait, selon lui, pour les femmes « un signe de liberté »... Il pourrait en somme être admis dans nos disputes internes, et en cela être digne d'être européen. Mais la difficulté de l'Europe à exister, qu'illustre encore la mollesse de ces dernières élections, le confirmera dans l'idée qu'en tout état de cause l'hypothèse est de peu d'intérêt.

Pourquoi l'Obama Circus n'a gêné personne

Pourquoi l'Obama Circus n'a gêné personne
Quand Sarko pointe son nez dehors accompagné du cortège présidentiel, ça a tendance à agacer. Quand Obama traverse Paris avec son chapelet de voitures banalisées et de gardes du corps barraqués, tout le monde applaudit.
Lorsque le président des Etats-Unis se déplace à l'étranger, l'appareil qui l'accompagne est énorme, impressionnant. Sa sécurité est assurée par une équipe pléthorique, des précautions considérables sont prises. Tout est vérifié, contrôlé par les Américains qui ne font confiance qu'à eux-mêmes pour mettre en place le dispositif qui évitera le pire au président et veiller à son parfait fonctionnement. Cette efficacité, ce formidable train de mesures pourraient, tant ils entravent pendant quelque temps le cours ordinaire de la vie, être mal acceptés, susciter des critiques, voire de l'hostilité. Il suffit, pour s'en convaincre, de songer à l'irritation que suscitent chez les Français les inconvénients liés aux voyages officiels, aux blocages et aux embouteillages qu'ils créent. Le Français râle vite et aucun de nos présidents n'a été épargné, devant le pouvoir ostensible, par la fronde du révolutionnaire, de l'anarchiste qui sommeillent plus ou moins cachés dans le citoyen même le plus paisible.
Pourquoi Barack Obama a-t-il échappé, lors de son dernier séjour en Normandie et à Paris, à cette inévitable rancoeur, à cette réticence classique du résident de base devant les manifestations envahissantes du pouvoir, à cette jalousie des « petits » à l'égard des représentations de la puissance étatique ? L'état de grâce dont il a bénéficié est d'autant plus surprenant que cette vigilance des services américains s'attache aussi bien à la part officielle qu'à la sphère privée et familiale. Qu'on songe par exemple au goûteur américain chargé de vérifier, dans le restaurant où la famille Obama est allée dîner, la qualité de la nourriture, son absence de risque pour le président (le JDD, Le Parisien, Le Figaro). Il y a quelque chose des temps antiques dans cette hypertrophie de la prudence. Pourtant, on n'en rit pas, elle n'a pas été tournée en dérision. Elle a été perçue quasiment comme une évidence. D'où vient la mansuétude du sentiment collectif, presque son étrange fierté devant le spectacle d'impeccable professionnalisme qui lui a été offert ?
D'abord, évidemment, sa rareté fait son prix. Un tel déploiement, inscrit dans la banalité, lasserait rapidement, insupporterait profondément. Pour s'en persuader, qu'on évoque seulement les polémiques qui naissent lors des voyages de Nicolas Sarkozy en province, à cause du service d'ordre massif mis en place et du quadrillage opéré ! Barack Obama lui-même, s'il nous habituait aux démonstrations que sa présence a justifiées, ferait perdre à celles-ci leur lustre et les priverait de la bienveillance qu'on leur concède.

Ensuite, il y a une corrélation directe entre la première puissance du monde, les Etats-Unis, et cette surabondance qui se veut efficiente, de la stratégie de protection et de bien-être de son président. Il me semble que le citoyen non seulement ne proteste pas contre les inévitables retombées du souci de sauvegarde mais qu'au contraire il les juge naturelles, incontestables comme si elles définissaient un élément constitutif, une marque fondamentale de la domination d'un pays et de son emprise sur la vie internationale. La France, sur ce plan, n'est pas dénuée de bon sens et ne s'offusque pas de la profusion des moyens quand elle est évidemment adaptée à l'étendue des prérogatives et de la souveraineté. En revanche, elle n'hésite pas à trouver ridicules les surenchères d'un Etat qui « se gonfle » bien au-delà de son influence réelle.
Enfin, grâce à Barack Obama lui-même. Sa personnalité, son charisme, son incroyable aptitude à demeurer soi avec, dans les cérémonies officielles, une décontraction grave et sereine et, dans le privé, une désinvolture, une simplicité jamais vulgaires ni décalées représentent un formidable atout personnel qui donne à l'hégémonie américaine une légitimité et une qualité perdues depuis longtemps. Il y a une injustice du sort qui pose sur certains êtres la grâce, quoi qu'ils fassent et où qu'ils se trouvent, et, sur d'autres, la pesanteur en dépit de tout. Ce n'est pas le pouvoir qui secrète l'élégance. C'est l'allure qui fait naître le sentiment d'un pouvoir mérité. Pour Obama, cet incroyable talent qui ne le quitte jamais et le tient toujours dans la juste ligne -il ne force jamais le trait ni ne se dégrade en une familiarité affectée- paraît d'autant plus une chance pour son pays et pour le monde qu'il lui permet de faire oublier une présidence Bush très décevante et qu'il l'engage dans une politique novatrice. Aussi difficile qu'elle soit, comme je l'ai écrit déjà dans un billet, elle cherche à s'inscrire dans un espace où la pensée n'est pas occultée par l'improvisation et la morale par l'urgence. Une sorte de réalisme éthique. Il est hors de question de tomber dans une inconditionnalité qui fait en définitive plus de mal que de bien à celui en bénéficie mais on a le droit de se réjouir -et rien n'a encore démenti cette espérance- de la présence de cet homme à la bonne place et au bon moment.
J'apprécie que l'analyse politique, aujourd'hui et depuis quelques années, ait été contrainte de remettre en évidence -cela n'est pas très chic, je sais, par rapport aux concepts- le poids des personnalités et le caractère des hommes et des femmes de pouvoir. La vanité leur est étrangère ou non. Ils résistent aux fatalités ou y succombent. Ils font vivre la démocratie ou l'étouffent, ostensiblement ou subtilement. Ils sont respectables ou non. Ils sont ou ne sont pas. On comprend qu'Obama Circus n'ait gêné personne.

Le chef du Hamas salue Obama

Le Figaro - Flash actu : Le chef du Hamas salue Obama
Le chef du Hamas salue Obama
AFP 09/06/2009 Mise à jour : 21:02
Le chef en exil du Hamas palestinien, Khaled Mechaal, a reconnu aujourd'hui un changement dans le discours de l'administration américaine de Barack Obama sur le conflit au Proche-Orient, mais a dit attendre "une nouvelle politique" des Etats-Unis."Nous avons perçu une différence de ton dans le discours de l'administration de Barack Obama sur le conflit au Proche-Orient, ce que nous attendons maintenant c'est une nouvelle politique", a-t-il dit dans une conférence de presse au Caire.Interrogé sur les appels américains en faveur d'une solution de deux Etats palestinien et israélien, il a dit: "le Hamas coopèrera avec les Arabes et la communauté internationale si les efforts tendent à réaliser les intérêts palestiniens"."Les Arabes et les Palestiniens ont suffisamment offert (pour réaliser la paix). La pression doit être mise à présent sur Israël", a encore dit le dirigeant palestinien.Dans un discours au Caire le 4 mai, M. Obama a pressé l'Etat hébreu de cesser la colonisation dans les territoires palestiniens et exprimé son engagement en faveur d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël.

mardi 9 juin 2009

Barack Obama et Ban Ki-moon rendent hommage au président Bongo

Barack Obama et Ban Ki-moon rendent hommage au président Bongo

lundi 8 juin 2009

Un pasteur américain prie pour la mort d'Obama, Amériques - Information NouvelObs.com

Un pasteur américain prie pour la mort d'Obama, Amériques - Information NouvelObs.com

Obama invente la diplomatie directe

États-Unis • Obama invente la diplomatie directe Courrier international
Lors de sa récente tournée, le président américain a préféré s’adresser directement aux peuples plutôt que de s’entretenir longuement avec leurs dirigeants.
08.06.2009  Robert Marquand  The Christian Science Monitor
En visite pendant trois jours au Moyen-Orient et en Europe, Barack Obama s’est lancé dans une entreprise ambitieuse consistant à changer la politique mondiale. Ce voyage du président américain, au cours duquel il ne s’est guère appesanti avec ses homologues saoudien, égyptien, allemand et français, était une main tendue pour sortir de conflits difficiles et présenter l’Amérique sous un nouveau jour. Le président américain a fait appel à la raison, à l’histoire, aux valeurs, à la mémoire et aux aspirations universelles avec une simplicité rarement vue sur la scène internationale. “Obama est en train de court-circuiter les élites. Il se sert de sa popularité à des fins politiques”, explique Charles Kupchan, du Council on Foreign Relations, un think tank de Washington. “Ce n’est pas de la manipulation. Obama essaie sincèrement de toucher le cœur des gens, d’en appeler à leurs instincts les plus nobles et à leur raison. Son approche est révolutionnaire.”Le 4 juin, en Egypte, Barack Obama s’est efforcé de reprendre contact avec le monde musulman après les vives tensions de ces dernières années. Il s’est dit favorable à une solution à deux Etats dans le conflit israélo-palestinien et a clairement demandé à l’Etat hébreu de cesser toute implantation de colonies. Le 5 juin, en visite au camp de concentration de Buchenwald, il a rappelé que les Américains comprenaient la nature profonde de l’Holocauste en tant qu’événement fondateur de l’Etat d’Israël. Le lendemain, en Normandie, s’adressant à des vétérans du débarquement, il a rendu hommage au sacrifice de ces hommes et a rappelé le rôle des alliés dans la lutte contre le fascisme, épisode historique qui a propulsé les Etats-Unis sur le devant de la scène internationale.Selon certains diplomates, la stratégie d’Obama en matière de relations internationales est calquée sur celle qu’il a utilisée lors de sa campagne électorale et qui a suscité une fantastique vague de soutien populaire. Le passé et l’expérience personnelle du président américain semblent lui permettre de créer un lien inédit avec les gens ordinaires. Selon un récent sondage mené aux Etats-Unis et en Europe, le président américain serait le dirigeant occidental le plus populaire, avec près de 80 % d’opinions positives. Si l’opinion publique arabe lui accorde un peu moins de crédit, deux récents sondages locaux montrent néanmoins qu’elle juge plus favorablement le nouveau président américain que la politique des Etats-Unis dans son ensemble.Au Caire, le président américain a souligné l’ampleur de la tâche à accomplir et a justifié un changement d’attitude : “Nous vivons une période de crise entre les Etats-Unis et les musulmans de par le monde, or ces tensions sont enracinées dans des forces politiques dépassant le cadre de tout débat politique.” Plus tard, Barack Obama a fait preuve d’honnêteté, en déclarant que “le Coran nous dit de toujours garder Dieu à l’esprit et de dire la vérité. […] C’est ce que je m’efforce de faire aujourd’hui, dire la vérité du mieux que je le peux, humble face à la tâche qui m’incombe mais toujours aussi convaincu que les intérêts que nous partageons en tant qu’êtres humains sont plus puissants que les forces qui nous divisent.”Après le discours du Caire, certains Israéliens ont jugé qu’Obama était s’était trop avancé, tandis que certains intellectuels arabes estimaient au contraire que ses propos restaient trop vagues. Barack Obama a lui-même répété que “les discours ne suffisaient pas” et a souligné l’importance de faire avancer le processus de paix sans perdre de temps. “Je n’ai jamais rien vu de tel au Moyen-Orient”, explique un ancien haut diplomate américain. “Obama représente quelque chose de nouveau pour les musulmans, les Israéliens, l’Europe et les Etats-Unis, et ses efforts peuvent porter des fruits. Il est en train de légitimer de nouveaux échanges et nous dit que d’autres façons de penser sont possibles, que si l’on fait évoluer les mentalités, la politique suivra.”De l’avis de Charles Kupchan, la popularité d’Obama pourrait lui permettre de créer une nouvelle dynamique. “Il agit ainsi parce qu’il le peut, mais aussi parce qu’il est convaincu qu’en cette période de polarisation et de crise économique, c’est une solution qui peut marcher.” “Si nous parvenons à un accord avec l’Iran, poursuit-il, ce ne sera pas grâce à des négociations en coulisses avec Ahmadinejad, mais parce que nous aurons réussi à convaincre la majorité de la classe politique iranienne de soutenir l’émergence d’une nouvelle relation avec les Etats-Unis. Les principaux interlocuteurs du président Obama ne sont pas ses homologues, mais les peuples d’Egypte et du Moyen-Orient. C’est une sorte de populisme mondial, au sens progressiste du terme. Reste à savoir si cela marchera.”

Face au conflit palestino-israélien, Barack Obama veut agir vite, actualité Monde : Le Point

Face au conflit palestino-israélien, Barack Obama veut agir vite, actualité Monde : Le Point

Un Etat palestinien ''rapidement'' (USA)

Le Figaro - Flash actu : Un Etat palestinien ''rapidement'' (USA)

Paix: Obama veut un accord - Toute l'actu sur Lejdd.fr

Paix: Obama veut un accord - Toute l'actu sur Lejdd.fr

CHRONIQUE SUR OBAMA

ESPRIT TORDU ! PAR AMADOU DIENG - Xalima :: Le Sénégal en un seul clic !
lundi 8 juin 2009
Xalimasn.com
Depuis la convention démocrate de 2004 où il s’est révélé à l’Amérique, Barack Obama ne cesse d’émouvoir le monde par ses brillants discours. Il y a eu « Philadelphie ». Désormais, il y aura « Le Caire ».
Dans la capitale égyptienne, Barack Obama était attendu. Parler au monde musulman en ces périodes d’inquiétudes, de surcroit dans cette ville éminemment islamique, n’était pas gagné. L’exercice paraissait d’autant plus difficile, que le monde musulman voit souvent en l’Amérique le grand satan ne transportant avec elle que guerre et impérialisme. A l’opposé, l’Amérique associe aussi facilement que vulgairement -volontairement parfois- Islam et intolérance, musulmans et terroristes.
Dans ce climat, le ton, les mots et les références historiques doivent être choisis avec minutie. Barack Obama l’a réussi !
« En fin de compte, ce que l’on attend de nous, ce n’est ni plus ni moins ce que toutes les grandes religions du monde exigent —que nous nous conduisions envers les autres comme nous aimerions qu’ils se conduisent envers nous. Soyons le gardien de notre frère, nous disent les Ecritures. Soyons le gardien de notre sœur. Trouvons ensemble cet enjeu commun qui nous soude les uns aux autres, et que notre politique reflète aussi l’esprit de ce projet ».
Cette citation n’est pas extraite du discours du Caire, mais bien de celui de Philadelphie en Mars 2008 sur la question raciale. On ne change pas une méthode qui gagne semble se dire Obama.
Son « Nous » est habile, il coupe la poire en deux, met les protagonistes en face de leurs propres contradictions et les incitent à ne regarder que leur commun avenir.
Au Caire, le président américain en a usé pour mettre en évidence l’obligation que le monde a de vivre ensemble. Pour demain semble t-il nous dire reconnaissons de part et d’autre les erreurs et injustices passées. Insistons davantage sur nos points de convergences et ne léguons pas à nos enfants nos sempiternelles divergences.
« J’ai des frères, des sœurs, des nièces, des neveux des oncles et des cousins, de toute race et de toute teinte, dispersés sur trois continents, et tant que je serais en vie, je n’oublierai jamais que mon histoire est inconcevable dans aucun autre pays » Cet autre extrait, toujours tiré du discours de Philadelphie, montre si besoin en est, comment l’histoire personnelle de Barack Obama sert son propos et son idéal. Au Caire, il a évoqué son enfance en Indonésie en terre d’islam lui le catholique américain.
Son annonce face au monde musulman a été bien accueillie. Quoi de plus normal ? Appeler au dialogue et à la tolérance ; Apres Bush, on n’en demandait pas tant. De Djakarta à Kuala Lumpur, les musulmans du monde applaudissent le locataire de la maison blanche. Mais une fois l’euphorie du discours passée, ils attendent des actes.
Barack Obama ira-t-il jusqu’au bout de ses idées ? Aura-t-il les coudées franches ? On sait déjà que non et que cela lui sera difficile tant au niveau même du régime étasunien et de son allié israélien qu’au niveau du monde musulman. D’où l’interrogation de Tariq Ramadan en réaction au discours du Caire : « Obama aura t-il le courage de ses opinions et ira-t-il jusqu’au bout ? »
On ne peut-être qu’optimiste. La décision de fermer Guantanamo et l’idée émise de ne pas s’opposer à d’éventuelles poursuites judiciaires contre des responsables de l’administration précédente demandent un certain courage. L’allusion faite, à propos de respect des cultes, au débat sur le voile islamique en Europe, dénote une certaine volonté de Barack Obama. Ce n’est pas assez !
Le discours prononcé est fort, les attentes le sont encore plus. Les bons mots du président Obama ne vont pas suffire pour atténuer la souffrance du peuple palestinien, ni celle du peuple irakien encore moins des afghans ou des somaliens. En fin de compte, s’il fallait retenir une chose de ce discours pour nous autres sénégalais, ça serait le passage où le président Obama aborde les questions de démocratie. Un discours pour le global peut avoir un fort écho dans le local.
Un opposant qui en appelle à la démocratie (opposant Wade) et qui, une fois au pouvoir (président Wade), dirige le pays selon les intérêts de son clan (Viviane et Karim Wade, Touba) ou de son parti(PDS). Un chef d’Etat qui ne respecte pas les droits des minorités (opposition…) et qui n’écoute pas ceux qui l’appellent au dialogue (Assises Nationales)… Non ! Où est-ce que je vais aller chercher tout ça ? Non, c’est moi qui ai l’esprit trop tordu !

Israël en danger de paix

L'Expression Edition OnLine - Israël en danger de paix
«Tant que nos relations seront définies par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine plutôt que la paix, à ceux qui font la promotion du conflit plutôt que de la coopération», a-t-il déclaré. «La foi devrait nous rassembler.» Barack Obama (Discours du Caire)
Clémenceau disait un jour à propos de l’Amérique: C’est le seul pays qui soit passé de la barbarie à la décadence sans passer par la civilisation. Sous l’ère Bush, ces paroles auraient été d’une brulante actualité. Avec Obama, il est permis d’en douter au vu du discours sincère qu’il a tenu en Egypte. Le président américain Barack Obama était arrivé mercredi 3 juin, en Arabie Saoudite: «J’ai pensé qu’il était très important de venir à l’endroit où est né l’Islam pour chercher conseil auprès de sa Majesté et débattre avec elle de plusieurs questions auxquelles nous sommes confrontés ici au Proche-Orient», a expliqué le président américain aux côtés d’Abdallah. Après l’étape du Caire où il a prononcé un important discours, il s’est rendu à Buchenwald. «On ne peut pas séparer le discours du Caire de la visite à Buchenwald», estime Volkhard Knigge, qui dirige le mémorial du camp de concentration.«Salam aleïkoum.» La paix avec vous. C’est par ces mots que Barack Obama s’adressa au milliard et demi de musulmans. Morceaux choisis: «Les relations entre l’Islam et l’Occident se caractérisent par des siècles de coexistence et de coopération, mais aussi par des conflits et des guerres de religion. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l’Occident un élément hostile aux traditions de l’Islam. Des extrémistes violents ont exploité ces tensions auprès d’une minorité de musulmans qui, pour être réduite, n’en est pas moins puissante. La peur et la méfiance se sont ainsi accentuées. Bien au contraire, l’Amérique et l’Islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain. Comme le dit le Saint Coran, "Crains Dieu et dis toujours la vérité. C’est ce que je vais essayer de faire aujourd’hui - de dire la vérité de mon mieux, rendu humble par la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction que les intérêts que nous partageons, parce que nous sommes des êtres humains, sont beaucoup plus puissants que les forces qui nous séparent.»Qu’a dit M. Barack Obama?«Féru d’histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l’Islam. C’est l’Islam - dans des lieux tels qu’Al-Azhar -, qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au siècle des Lumières en Europe. Et tout au long de l’histoire, l’Islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l’égalité raciale. Je sais aussi que l’Islam a, de tout temps, fait partie de l’histoire de l’Amérique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l’un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle.»«J’ai donc connu l’Islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé pour la première fois. Le doute n’est pas permis: l’Islam fait bel et bien partie de l’Amérique. Vivre ensemble dans le monde, voilà ce que cela signifie au vingt-et-unième siècle: c’est la responsabilité que nous avons les uns envers les autres en tant qu’êtres humains. C’est une responsabilité difficile à assumer. À Ankara, j’ai fait clairement savoir que l’Amérique n’est pas - et ne sera jamais - en guerre contre l’Islam. En revanche, nous affronterons inlassablement les extrémistes violents qui font peser une menace grave sur notre sécurité.»«La deuxième grande source de tension que nous devons aborder concerne la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le Monde arabe. Les liens solides qui unissent l’Amérique à Israël sont bien connus. Cette relation est immuable. Elle se fonde sur des liens culturels et historiques et sur la reconnaissance du fait que l’aspiration à un territoire juif est ancrée dans un passé tragique indéniable. À travers le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles et l’antisémitisme en Europe a atteint son paroxysme avec un holocauste sans précédent. Il est profondément injuste de menacer Israël de destruction, ou répéter de vils stéréotypes sur les Juifs.»Ceci dit, il est également indéniable que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans et des chrétiens, a souffert en quête d’un territoire. Depuis plus de soixante ans, il connaît la douleur de la dislocation. Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Ghaza et dans des terres voisines de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n’ont jamais eu le droit de goûter. Ils subissent au quotidien les humiliations - grandes et petites - qui accompagnent l’occupation. Il n’est pas permis d’en douter: la situation du peuple palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos à l’aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un État à lui. La seule résolution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. C’est dans l’intérêt d’Israël, dans l’intérêt de la Palestine, dans l’intérêt de l’Amérique, dans l’intérêt du monde. Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacres n’aboutira pas. La violence ne mène nulle part. Hamas jouit du soutien de certains Palestiniens, mais il doit aussi reconnaître ses responsabilités. Il doit jouer un rôle pour réaliser les aspirations des Palestiniens et unir le peuple palestinien. Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit à l’existence d’Israël. En même temps, Israël doit reconnaître que tout comme le droit à l’existence d’Israël ne peut être nié, il en est de même pour la Palestine.Les États-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes. Le conflit israélo-arabe ne devrait plus être utilisé pour distraire les populations des États arabes des autres problèmes. Jérusalem sera un lieu de résidence sûr et permanent pour les juifs, les chrétiens et les musulmans et un lieu où tous les enfants d’Abraham pourront se côtoyer dans la paix comme dans l’histoire d’Israh, - de Moïse, de Jésus et de Mohammed (que la paix soit avec eux) unis dans la prière. Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays possèdent des armes que d’autres ne possèdent pas. Aucun État ne devrait décider et choisir qui sont les pays à avoir des armes nucléaires. C’est pourquoi je réaffirme fermement l’engagement de l’Amérique à vouloir un monde dans lequel aucun pays ne possède d’armes nucléaires. J’espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif.(1) Ce qu’il nous faut retenir c’est que Obama n’a pas prononcé une seule fois le mot terroriste. Il vient d’une façon humble avec une parole désarmée loin de: «Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous» de Bush. Il a rendu justice à l’Islam en s’en revendiquant. Ce discours obtient un écho positif de la presse internationale. L’archevêque sud-africain Desmond Tutu, de passage en Suisse, qui demande: «Si Obama ne réussit pas, qui le pourra?». Si «Obama le visionnaire a eu beaucoup de paroles justes au Caire, Obama le bâtisseur doit encore se révéler». Ce discours invite donc à l’espoir, même si les talents rhétoriques du président américain ont un désavantage énorme: ils suscitent des attentes qui seront forcément déçues.La presse égyptienne rivalisait de louanges vendredi 5 juin pour le président américain, le comparant même à un prophète «Obama, celui qui est attendu», proclame en une le quotidien indépendant Al-Masry Al-Yom, en référence à l’imam Mahdi, 12e et dernier imam des chiites dont les fidèles attendent un retour prochain sur terre pour qu’il y rétablisse paix et justice. «Ce n’était pas un discours ordinaire. Il a fourni aux Arabes et musulmans un document, une référence à laquelle il sera tenu», écrit Oussama Saraya, rédacteur en chef du quotidien officiel Al-Ahram. Bémols au Liban, où le journal As-Safir, proche du Hezbollah chiite, trouve que «le charisme de l’hégémonie, ses mots bien choisis, des extraits des livres sacrés ont trouvé le chemin du coeur de son auditoire sans atteindre son cerveau». Même s’il a dit des choses importantes à écrit M. Saâdoune, du Quotidien d’Oran, le président américain s’est livré à l’exercice factice de la symétrie des concessions que doivent faire les parties concernées par le conflit du Proche-Orient. Or, la symétrie est la seule chose qui n’existe pas entre Israël et les Palestiniens. Comment pouvoir affirmer que face à une situation coloniale vécue par les Palestiniens «la résistance par la violence et la mort est erronée et ne peut l’emporter»? Dans l’ensemble, au-delà des «grands mots», les Arabes demandent «maintenant des actes».Qu’en est-il d’Israël? On dit que le plus grand danger qui menace Israël...c’est la paix! Il est sûr que ce discours est nouveau et les Israéliens n’avaient pas l’habitude de l’entendre. Le communiqué du gouvernement reste dans une prudente expectative: «Israël veut la paix et fera tout ce qui est en son pouvoir pour élargir le cercle de la paix tout en prenant en considération son intérêt national et en premier lieu sa sécurité», affirme le gouvernement. Israël est fondamentalement favorable à l’initiative d’Obama en faveur du processus de paix dans la région» Le problème est que même en Israël il n’y a pas eu de second Begin qui disait que la Bible n’est pas un cadastre.Les politiques actuelles surfent sur les peurs et engrangent des votes. Obama a-t-il les moyens de sa politique? Fera-t-il entendre raison à Israël? John J. Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago donne des pistes qui pourraient faire avancer les choses: «Il ne fait pas de doute que l’administration Obama veut augmenter la pression sur Israël pour faire avancer le processus de paix. Je ne parle pas seulement d’arrêter la construction de colonies mais aussi de les démanteler pour créer un État palestinien en Cisjordanie et à Ghaza. Jusque-là, Barack Obama a poursuivi une politique très intelligente. Reste à voir jusqu’où il pourra aller et s’il sera de taille à affronter le lobby pro- israélien dans son pays.Depuis 1967, tous les présidents américains se sont opposés à la construction des colonies juives dans les Territoires occupés mais aucun d’entre eux n’a réussi à exercer une pression suffisante sur Israël pour l’arrêter et créer un État palestinien dans les Territoires occupés. La raison principale de cette impuissance, c’est le poids du lobby pro-israélien dans les relations entre les États-Unis et Israël. On le voit, pour le professer tout dépend du lobby pro-israélien. Pourtant des signes nouveaux apparaissent même au sein du lobby juif, qui appelle à plus de fermeté envers Israël (2).»Le style et la méthode ObamaAu Moyen-Orient, comme ailleurs, lit-on dans le Nouvel Observateur, la victoire de Barack Obama a «fait bouger les lignes». A Washington et à New York, même les plus blasés reconnaissent que la donne a changé. Le mot-clé? Popularité. Celle de Barack Obama parmi les juifs américains, qui ont massivement voté pour lui, mais aussi celle dont il jouit partout dans le monde. «Bush a tenté l’approche régionale à Annapolis en 2007, écrit Nathan Brown, professeur à la George Washington University et spécialiste de la Palestine, mais son administration n’avait ni l’expérience, ni la crédibilité d’Obama, ni son équipe, pour une telle approche.» Par le style et la méthode, Obama marque une rupture avec ses prédécesseurs. Il comprend la politique étrangère d’une façon qui est rare pour un nouveau président. (...) Les Américains feront-ils pression sur Israël? Henry Siegman, ancien directeur de l’American Jewish Congress et président du US Middle East Project, a rassemblé une dizaine de grands noms (parmi lesquels Paul Volcker, Brent Scowcroft ou Zbigniew Brzezinski), lesquels ont remis une lettre à Obama lui demandant d’«au moins explorer la possibilité» de discussions avec le Hamas. Siegman préconise la fermeté avec Israël: «Il est possible, dit-il, d’imaginer un président américain tenant un langage très fort et sans concession: "Voilà notre intérêt dans la région, les choses doivent progresser et voici le cadre dans lequel on doit discuter." La notion sur laquelle se sont fondées toutes les politiques passées, et qui a échoué, est celle d’une Amérique jouant le rôle de simple facilitateur: conduire les gens à la table, enlever leur manteau, leur demander s’ils veulent du café, mais les laisser décider.»Mais sur le terrain, les dossiers où l’on pourrait avancer ne manquent pas. «Prenez la Cisjordanie: 280.000 colons vivent au-delà des frontières d’avant 1967. Ce n’est pas énorme, et l’on peut très bien imaginer un troc de territoires sur une base égalitaire», avance David Makovsky. La question de Jérusalem-Est (200.000 colons) et du Golan resterait entière, mais cela débloquerait singulièrement le processus de paix. (...) Barack Obama se satisferait-il d’ambitions aussi limitées? Peut-être pas. Mais le verra-t-on risquer prestige et popularité pour un accord voué à l’échec? Certainement pas.(3)Pour le professeur John J. Mearsheimer, une pression sérieuse sur Israël impliquerait de couper dans l’aide financière américaine qui s’élève à plus de trois milliards de dollars par an et de refuser de soutenir systématiquement Israël au Conseil de sécurité de l’ONU en opposant le veto américain aux résolutions condamnant Israël.(2)Nul ne s’attend à ce que ce discours change la donne d’un seul coup après des décennies de conflit, des siècles de méfiance ou d’hostilité. Le problème de l’Iran peut avoir sa solution dans le cadre d’un désarmement nucléaire que Obama a évoqué et qui implique Israël. Reste la fitna des Palestiniens entre eux. Il ne sera pas difficile de réconcilier le Hamas maintenant reconnu avec le Fatah. En définitive, aux lieu et place de la «démocratie aéroportée» de George W.Bush, Obama propose de soutenir les démocraties en appelant les autocrates arabes à respecter leur peuple A «l’american way of war de Bush», Obama veut revenir à «l’american way of life». Puisse Dieu l’aider à concrétiser la paix dans cette région du monde harassée par le malheur.(*) Ecole nationale polytechnique1.Discours de Barack Obama à l’université du Caire le 4 juillet 20093.John J. Mearsheimer-Barack Obama peut-il faire avancer la paix au Proche-Orient? Recueilli par François D’Alançon La Croix 03/06/20093.Obama, Israël et les juifs. Le Nouvel Observateur Nº2325 semaine du 29 mai 2009
Pr Chems Eddine CHITOUR (*)

L'Editorial Le nucléaire prend un coup de soleil
CONFIDENTIAL
On remet çaBalfour bis?
Ecran librePourquoi Yann-Arthus Bertrand a zappé le Sahara algérien
L'Expression

M. Sarkozy doit s’adapter à la politique de M. Obama - Politique - Le Monde.fr

M. Sarkozy doit s’adapter à la politique de M. Obama - Politique - Le Monde.fr
Chaque fois que dans le monde tombe un soldat américain, je pense à ce que l'armée d'Amérique a fait pour la France." Ces mots, Nicolas Sarkozy les a prononcés en novembre 2007 devant le Congrès américain, lors d'un discours visant à sceller la fin de la brouille franco-américaine survenue en 2003 à propos de la guerre en Irak.Samedi 6 juin, la première visite bilatérale en France du président américain Barack Obama (sa venue en avril à Strasbourg était d'ordre multilatéral, pour le sommet de l'OTAN), a précisément comme toile de fond l'évocation de l'esprit de sacrifice américain, avec la commémoration du Débarquement sur les plages de Normandie, en juin 1944. Avec en filigrane, ce message lancé dès le mois de février par la nouvelle administration américaine : les Etats-Unis seront certes plus à l'écoute de leurs alliés, mais ils leur demanderont plus aussi, quitte à agir seuls si la nécessité s'en présente.Face à un président américain jeune et charismatique, qui entend rétablir le leadership de son pays, M. Sarkozy s'efforce de tirer profit du renouveau qu'il a impulsé dans la relation avec les Etats-Unis depuis 2007. Par conviction, et pour accroître les marges de manœuvre de la diplomatie française, il a multiplié les gestes : retour dans les structures militaires intégrées de l'OTAN, renforts militaires en Afghanistan, accueil d'un ex-détenu de Guantanamo, préparatifs pour d'éventuelles nouvelles sanctions contre l'Iran.M. Sarkozy sait que l'Europe n'est pas, pour M. Obama, qui a grandi en Indonésie et concentre sa politique étrangère sur les grandes zones de crise, un centre d'intérêt naturel, ni un penchant personnel.Certains, à l'Elysée, se sont rassurés de voir qu'autour de lui figuraient bon nombre d'"anciens" de l'administration Clinton, des familiers de l'Europe, avec lesquels la coopération avait été étroite dans les années 1990 dans les Balkans.Le président français a cherché, comme d'autres dirigeants européens, à capter l'attention de M. Obama, à valoriser le lien bilatéral. Parfois, cela s'est fait avec maladresse, comme lorsque l'Elysée a insisté, ces derniers mois, pour que la cérémonie au cimetière militaire de Colleville relève d'une mise en scène "coproduite" avec les Français, alors que ce lieu de mémoire est un territoire français concédé aux Etats-Unis.Côté américain comme français, chacun se félicite aujourd'hui d'une grande convergence de vues sur les dossiers importants. Jamais les relations franco-américainess n'ont été aussi bonnes, avance-t-on. A Paris comme à Berlin, la tentation existe d'interpréter les orientations prises par M. Obama, notamment sur l'Afghanistan (accent mis sur l'approche régionale, renforcement du volet civil), ou sur le Proche-Orient, comme un glissement américain vers ses propres positions nationales.REHAUSSER LE RÔLE FRANÇAIS Mais jusqu'où l'administration Obama sera-t-elle soucieuse d'accommoder les demandes de partenaires européens, qu'elle continue, dans l'ensemble, de trouver trop divisés et frileux à l'égard de la lointaine guerre afghane ? Le récent remplacement, sur décision américaine, du commandant de la force de l'OTAN en Afghanistan s'est fait sans grande consultation avec les alliés. Les frappes au Pakistan, par des drones américains, se font à titre unilatéral. Les opérations en "Afpak" sont devenues une affaire américaine avant tout. M. Sarkozy veut maintenant rehausser le rôle français en lançant des initiatives en direction du Pakistan, où il devrait se rendre en septembre."On va avoir une partie difficile à jouer avec Obama", commentent des responsables français. Des nuances existent avec Washington mais Paris évite de les exposer. Sur l'Iran, les Français ont mis en garde contre une politique américaine qui ne fixerait pas de délais à Téhéran, ou qui céderait trop sur la question de l'enrichissement d'uranium. La France a aussi des réserves sur l'ambition proclamée par M. Obama d'un "monde sans armes nucléaires" – un slogan qui ne suffira pas, juge-t-on, pour amener des pays comme l'Iran et la Corée du Nord à renoncer à leurs activités contestées.A cela s'ajoutent quelques contrariétés, comme la concurrence féroce que livrent les Américains aux Français sur les marchés d'armement dans les pays du Golfe. "Obama défend très bien les intérêts de son pays. Il est de notre devoir d'en faire autant", commentait, fin mai, un haut responsable français. L'Elysée n'a pas, non plus, remporté de soutien américain à son idée d'accueillir un jour à Paris une grande conférence de paix pour le Proche-Orient, alors que M.Sarkozy nourrissait des espoirs dans ce sens après sa tournée dans la région en janvier.Washington a eu des interrogations sur la rapidité et l'ampleur des ouvertures françaises à la Syrie en 2008. Moscou veut en outre accueillir "sa" conférence, et dans les grandes tractations autour de l'Iran, Washington pourrait juger plus utile de s'y montrer attentif. "Les Américains, constate un diplomate français, nous ont dit qu'ils prenaient les choses en main."
Natalie Nougayrède

La visite de Barack Obama, heure par heure, Amériques - Information NouvelObs.com

La visite de Barack Obama, heure par heure, Amériques - Information NouvelObs.com
Les évènements heure par heure de la visite de Barack Obama en France à l'occasion du 65ème anniversaire du débarquement allié en Normandie, du vendredi 5 au dimanche 7 juin :
DIMANCHE 7 JUIN12h30 - Orly Le président américain Barack Obama quitte la France à bord de l'avion "Air Force One" à destination de Washington. Sa femme et ses filles restent en France pour quelques jours.11h20 - Paris Le président américain Barack Obama, son épouse et leurs deux filles rentrent à la résidence de l'ambassadeur des Etats-Unis 9H15 - Paris Le couple Obama visite le centre Georges Pompidou
SAMEDI 6 JUIN21h10 - Paris Les Obama quittent Notre-Dame et partent dîner dans un restaurant, "La fontaine de mars", rue Saint-Dominique, dans le VIIe arrondissement de Paris.20h00 - Paris Barack Obama, son épouse Michelle et leurs deux filles se rendent à la cathédrale Notre-Dame. Ils sont accueillis par Mgr Patrick Jacquin, recteur et archiprêtre de Notre-Dame, qui leur fait visiter les lieux.16h55 - Colleville-sur-Mer Barack Obama quitte Colleville-sur-Mer et retourne à Paris.16h45 - Colleville-sur-Mer Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy quittent le mémorial en hélicoptère. Barack Obama souhaite rester encore un peu sur place.16h15 - Colleville-sur-Mer Barack Obama, le prince Charles, Gordon Brown, Stephen Harper et Nicolas Sarkozy déposent une gerbe au mémorial.16h10 - Colleville-sur-Mer Nicolas Sarkozy décore des vétérans de la seconde guerre mondiale de la légion d'honneur.16h00 - Colleville-sur-Mer Discours de Barack Obama, Président des Etats-Unis.15h45 - Colleville-sur-Mer Discours du Premier ministre du Royaume-Uni Gordon Brown.15h40 - Colleville-sur-Mer Discours du Premier ministre du Canada Stephen Harper. 15h20 - Colleville-sur-Mer Discours du Président de la République Nicolas Sarkozy.15h05 - Colleville-sur-Mer Le Premier ministre canadien,Stephen Harper, le premier ministre du Royaume-Uni Gordon Brown, le prince Charles, Barack Obama et Nicolas Sarkozy, arrivent côte-à-côte au Cimetière de Colleville-sur-Mer. 14h05 - Caen Barack Obama quitte la préfecture de Caen à bord de sa voiture blindée, entourée de 30 autres véhicules, pour se rendre à Colleville-sur-Mer.13h40 - Caen Le point presse se termine. 13h05 - Caen Les deux chefs d'Etat répondent aux questions des journalistes.13h00 - Caen L'entretien s'achève avec 35 minutes de retard12h15 - Caen Les deux couples présidentiels arrivent à la préfecture de Caen. Barack Obama et Nicolas Sarkozy entament un entretien-déjeuner.12h10 - Caen Le couple Obama est accueilli par Nicolas et Carla Sarkozy.12h00 - Caen Barack Obama arrive à Caen.10h40 - Orly L'avion transportant Barack Obama et son épouse décolle de l'aéroport d'Orly.
VENDREDI 5 JUIN 21h25 - Paris Michelle Obama et ses deux filles, Malia et Sasha, 10 et 7 ans, arrivent à la Tour Eiffel à Paris pour une visite privée.21h15 - Orly Le président américain Barack Obama arrive à bord de l'avion présidentiel à l'aéroport d'Orly.

Quand Gordon Brown parle d'"Obama Beach", International - Information NouvelObs.com

Quand Gordon Brown parle d'"Obama Beach", International - Information NouvelObs.com
Le Premier ministre britannique a commis ce lapsus au cours de la commémoration du Débarquement allié en Normandie. Il fait actuellement face à des difficultés politiques en Grande Bretagne, où son leadership est contesté.
Gordon Brown (Sipa). Gordon Brown, le Premier ministre britannique, a commis un lapsus samedi 6 juin, au cours de la cérémonie organisée à l'occasion du 65ème anniversaire du Débarquement, en nommant "Obama Beach" la célèbre plage d'Omaha Beach. C'est au cimetière américain de Colleville-sur-Mer, qui domine la plage d'Omaha Beach, que le Premier ministre britannique a déclaré : "Et si près d'Obama Beach, nous nous joignons au président Obama pour rendre un hommage particulier à la bravoure immense des soldats américains qui ont donné leur vie à Omaha Beach".

Barack Obama veut une Europe plus active

Barack Obama veut une Europe plus active - Monde - la-Croix.com
Sur les plages de Normandie, le président américain a évoqué ce week-end la libération de l’Europe qui lui paraît frileuse aujourd’hui face à des dossiers comme le Pakistan ou l’Afghanistan Barack Obama avec les vétérans du Débarquement, samedi 6 juin, à Colleville-Sur-Mer (Photo Mori/AP).
« Vous nous rappelez qu’en fin de compte, le destin de l’humanité n’est pas déterminée par des forces hors de notre contrôle, que notre futur n’est pas façonné par le simple hasard ou les circonstances. Notre histoire a toujours été la somme totale des choix et des actions entrepris par chaque individu, homme ou femme. Cela a toujours dépendu de nous. » Prononcés samedi 6 juin devant les 9 387 croix blanches du cimetière américain de Colleville-sur-Mer, en présence de 7 000 invités dont plusieurs centaines de vétérans et de leurs familles, ces propos de Barack Obama ont souligné le message qu’il a cherché à faire passer au cours de son voyage aussi bien au Moyen-Orient qu’en Europe : inviter ses interlocuteurs, alliés ou rivaux, à travailler maintenant au règlement des conflits dans « un monde de croyances et de revendications concurrentes quant à ce qui est vrai, un monde de religions, de cultures et de formes de gouvernement différentes ». De l’université du Caire à la plage d’Omaha, en passant par le camp de concentration de Buchenwald, le président américain avait placé cette tournée sous le signe des symboles plus que de la politique.
Rompre avec la politique du copinageAu-delà des discours, ses entretiens avec Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont reflété sa volonté de trouver un consensus avec ses partenaires européens. À l’opposé d’un George W. Bush qui prétendait « sonder l’âme » de Poutine, Barack Obama entend rompre avec la politique du copinage en « dépersonnalisant » ses relations diplomatiques. Avec la France et l’Allemagne, l’objectif du président américain est de forger une position commune sur les dossiers importants : le Proche-Orient, l’Iran, l’Afghanistan, la Corée du Nord, les relations avec la Russie, le changement climatique. Lorsqu’il se rendra début juillet à Moscou, Barack Obama pourra se prévaloir d’un certain consensus occidental.Ce constat de convergences n’empêche pas les divergences au moment où la nouvelle administration américaine commence à imprimer sa marque. Mais faute d’unité, les pays de l’Union européenne n’ont pas fait preuve d’une grande capacité de proposition depuis l’entrée en fonction du président américain. Seule exception, l’initiative prise par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel pour demander plus de régulation du système financier international avant la réunion du G20 de Londres. En revanche, sur l’Afghanistan et le Pakistan, Barack Obama semble se résigner à la frilosité européenne. Le différentiel des moyens mis en œuvre, – militaires et civils –, n’incite pas les Américains à partager les décisions, qu’il s’agisse du remplacement et de la structure du commandement de la force de l’Otan ou des frappes de drones au Pakistan.
Durcir le ton avec la Corée du NordDans le dossier israélo-palestinien, toute l’attention se concentre désormais sur la médiation de George Mitchell, l’envoyé spécial de la Maison-Blanche, qui se rend dès cette semaine dans la région. Sur la question du nucléaire iranien, les États-Unis reprennent la main, faisant passer au second plan le travail diplomatique du groupe des trois (France, Allemagne, Angleterre). Jusque-là en pointe pour rappeler l’exigence d’un gel des activités d’enrichissement d’uranium, les responsables français se contentent aujourd’hui de répéter que « le temps est compté ». De son côté, Barack Obama a signalé son intention de durcir la position américaine après le dernier test nucléaire réalisé par la Corée du Nord. Il n’y a guère que sur le dossier du changement climatique où la réticence du Congrès empêche le président américain de se montrer plus offensif sur l’adoption d’un nouveau protocole au sommet de Copenhague sur le climat de décembre prochain.L’Europe, lieu de mémoire ou acteur de l’histoire ? La question était posée à l’occasion du soixante-cinquième anniversaire du débarquement allié en Normandie et à la veille des élections européennes. Dans son discours à Colleville-sur-Mer, Barack Obama a mentionné les « réalisations » rendues possibles par la libération de l’Europe : « le plan Marshall, l’Alliance atlantique, et la prospérité et la sécurité partagée qui ont résulté de chacun ».
Les 27 guère au centre des préoccupationsDe son côté, Nicolas Sarkozy a évoqué les nouvelles menaces du réchauffement climatique, du terrorisme et des atteintes aux droits de l’homme et la nécessité de faire vivre « l’idéal des Nations unies ». Pas un mot sur l’Union européenne, comme si les vingt-sept pays européens, devenus des alliés paisibles mais un peu passifs, n’étaient pas au centre des préoccupations de la politique étrangère américaine concentrée sur les zones de crise. « Sur le continent européen, les priorités américaines sont, dans l’ordre, la Russie, la Turquie, les Balkans et l’Union européenne » explique un diplomate européen. « L’administration Obama entend forger une nouvelle relation stratégique avec Moscou et elle a relancé les négociations bilatérales sur la réduction des armements nucléaires. La Turquie reste un allié très important dans le Caucase, en Asie centrale et au Moyen-Orient. Dans les Balkans, la récente visite du vice-président Joe Biden reflète le souci d’éviter une nouvelle implosion en Bosnie. Quant à l’Union européenne, les Américains aimeraient pouvoir en attendre plus, notamment en Afghanistan et au Pakistan ».
François d’ALANÇON, à Colleville-sur-mer

La visite de Barack Obama suivie par 10,2 millions de téléspectateurs, actualité Médias 2.0 : Le Point

La visite de Barack Obama suivie par 10,2 millions de téléspectateurs, actualité Médias 2.0 : Le Point

Le président Obama au Caire : satisfaction des églises du Proche Orient

Le président Obama au Caire : satisfaction des églises du Proche Orient
Le 08 juin 2009 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Des félicitations sont parvenues des Églises du Proche-Orient pour le discours tenu jeudi au Caire par le président américain Barack Obama : "Un discours qu'il fallait depuis longtemps ; le président américain a eu le courage de le faire, en choisissant l'Égypte pour sa position et son poids au Proche-Orient et dans le monde islamique", a déclaré au Service d'Information religieuse (Sir) Mgr Giuseppe Sarraf, évêque des Chaldéens du Caire, qui était présent jeudi à l'université. "Le message fort qui en découle - a-t-il ajouté - est de travailler ensemble pour trouver une solution à tout un programme : la démocratie, le terrorisme, la liberté de religion, les droits de l'homme, la dignité de la femme, la mondialisation, qui sont au cœur des débats entre modérés et fondamentalistes dans le monde islamique. Espérons que l'islam et le monde arabe sauront saisir cette main tendue". Concernant le conflit israélo-palestinien, "les paroles d'Obama seront d'autant plus importantes que les deux parties, États-Unis et monde arabe, se montreront sincères", selon Mgr Paul Dahdah, archevêque des Latins au Liban. Dans un entretien au Sir, l'archevêque a formulé le souhait que "ce discours ne serve pas seulement à changer l'image des États-Unis mais aussi à mettre en œuvre une activité politique forte destinée à résoudre la véritable source de tous les problèmes dans la région : le conflit entre Israéliens et Palestiniens. Si l'on ne résout pas cela, tendre la main ne servira à rien". Pour le Custode de Terre Sainte, père Pierbattista Pizzaballa, "nous sommes en présence d'un changement de stratégie évident des Américains qui sera sans aucun doute accueilli positivement dans le monde arabe. C'est de bon augure pour l'avenir". Selon père Pizzaballa, "le discours du président des États-Unis a été très équilibré, en réaffirmant les liens du pays avec Israël tout en adoptant une nouvelle position à l'égard du monde arabe, marquant un nouveau départ et un changement de stratégie et de rapports qui donneront un nouvel essor à la recherche d'une solution du principal problème : le conflit israélo-palestinien". Interviewé par Radio Vatican, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, père Federico Lombardi, a observé que "le discours prononcé aujourd'hui par Obama est très significatif et peut être important pour établir de nouvelles relations entre les États-Unis et le monde musulman", précisant par ailleurs que le Vatican a beaucoup apprécié l'intervention du président américain, susceptible de relancer la cause de la paix. L'Osservatore Romano, quotidien du Saint-Siège, se montre lui aussi très enthousiaste : "Sans fermer les yeux devant les divergences et les tensions, sans éluder les préjugés et les problèmes, Barack Hussein Obama a proposé un nouveau départ dans les relations entre les États-Unis et le monde islamique".
Obama et Benoît XVI - deux discours

Barack Obama, le discours de l'espoir | Mediapart

Barack Obama, le discours de l'espoir Mediapart
Barack Obama a prononcé aujourd'hui un des discours les plus attendus de sa jeune administration. Depuis l'université du Caire, en Égypte, il a délivré une «adresse au monde musulman» qui vise à relancer les relations entre les États-Unis, les pays et la population de l'arc islamique. «Je suis venu chercher un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde», a-t-il déclaré, «un cycle de méfiance et de discorde doit s'achever». Il a aussi esquissé ce que sera la nouvelle politique américaine au Proche-Orient. «La situation des Palestiniens est insupportable», a-t-il déclaré, demandant fortement un arrêt des colonies israéliennes en Cisjordanie.

samedi 6 juin 2009

A Buchenwald, le président américain dénonce ceux qui nient la Shoah - Amériques - Le Monde.fr

A Buchenwald, le président américain dénonce ceux qui nient la Shoah - Amériques - Le Monde.fr

L'essentiel de la conférence de presse Obama-Sarkozy, Amériques - Information NouvelObs.com

L'essentiel de la conférence de presse Obama-Sarkozy, Amériques - Information NouvelObs.com

Obama: le débarquement de 1944 a "changé le cours du XXème siècle"

Obama: le débarquement de 1944 a "changé le cours du XXème siècle"
COLLEVILLE-SUR-MER (Calvados) (AFP) — Le président américain Barack Obama a salué samedi la "bravoure" des forces alliées qui ont "changé le cours du XXème siècle", à l'occasion des célébrations du 65è anniversaire du débarquement en Normandie.
M. Obama s'exprimait dans l'immense cimetière américain de Colleville-sur-mer, qui compte 9.387 tombes et domine la fameuse plage "Omaha Beach" où une partie des troupes alliées ont débarqué le 6 juin 1944.
Le 6 juin en Normandie est un passage presqu'obligé pour les présidents américains qui, depuis Jimmy Carter, ont tous participé à ces cérémonies officielles, à l'exception de George Bush père.
"Amis et vétérans, ce que nous ne pouvons oublier - et ce que nous ne devons pas oublier -, c'est que le débarquement a été un moment et un endroit où la bravoure et la générosité de quelques-uns ont permis de changer le cours du siècle entier", a déclaré M. Obama.
"Alors que le danger était maximum, dans les circonstances les plus sombres, des hommes qui se pensaient ordinaires ont trouvé en eux de quoi accomplir l'extraordinaire", a-t-il ajouté, en regardant en direction des rangées de croix blanches marquant chaque tombe.
Pour le président Obama, le débarquement des forces alliées sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944, a changé le cours de la seconde guerre mondiale et permis de libérer l'Europe occidentale du joug de l'Allemagne nazie.
"On ne pouvait savoir alors que tant des progrès qui façonneraient le XXème siècle, sur les deux rives de l'Atlantique, découleraient de cette bataille pour un bout de plage long de 9 km seulement et large de 3 km", a-t-il dit.
"Si les Alliés avaient échoué ici, l'occupation de ce continent par Hitler aurait pu se poursuivre indéfiniment", a déclaré M. Obama.
"Au lieu de cela, la victoire a permis de prendre pied en France. Elle a ouvert un chemin vers Berlin. Et elle a rendu possibles les réussites qui ont suivi la libération de l'Europe : le plan Marshall, l'Otan, et la prospérité et la sécurité partagée qui en ont découlé", a ajouté le président américain.
Assistaient à la cérémonie le président Nicolas Sarkozy, les Premiers ministres canadien et britannique, Stephen Harper et Gordon Brown, le Prince Charles, ainsi qu'environ 200 vétérans.
L'acteur américain Tom Hanks, héros du film "Il faut sauver le soldat Ryan" réalisé en 1998 par Steven Spielberg sur le Débarquement, était également présent.
Nicolas Sarkozy qui a longuement décrit le calvaire des "soldats trempés, grelottant de froid, malades" et "les morts et les blessés qui flottaient dans l'eau, portés par la marée", a rendu un hommage personnel à M. Obama "symbole de l'Amérique (...) qui se bat pour la liberté, pour la démocratie, et pour les droits de l'homme".
Plus de trois millions de soldats, principalement américains, britanniques et canadiens, ont débarqué le jour J, entré dans l'histoire sous l'appellation "le jour le plus long", et les semaines suivantes en France, occupée par l'armée allemande.

Obama: La diplomatie au rendez-vous de l'Histoire

Obama: La diplomatie au rendez-vous de l'Histoire - Obama Sarkozy, diplomatie, France Etats-Unis, D-Day, débarquement - Toute l'actu sur Lejdd.fr
Par François CLEMENCEAU, correspondant à WashingtonLe Journal du Dimanche
A l'occasion de la célébration du Débarquement en Normandie, Barack Obama, qui s'était entretenu avec Angela Merkel vendredi, a choisi de passer peu de temps avec Nicolas Sarkozy. Selon le président américain, ce n'est pas essentiel à la relation franco-américaine. A Paris, on a l'impression de s'être fait "promener".
Barack Obama a bousculé le programme du week-end normand, prévu par l'Elysée. (Reuters)

"Quand j'entends depuis Paris des réflexions du genre: "Obama, mais pour qui il se prend? Quel emmerdeur!" je ne suis pas vraiment surpris. C'est la preuve que nous n'avons pas encore réussi à percer la cuirasse d'Obama." L'homme qui fait cette confidence est un habitué des coulisses de la relation franco-américaine. Une remarque piquante en ce week-end de sommet normand aux allures de vaudeville... Hier encore, au matin de l'arrivée d'Obama, les autorités françaises avouaient ne pas maîtriser le programme de leur invité... Et un sentiment étrange flottait à Paris, de s'être fait "promener". Là où les Français auraient souhaité l'affichage d'une relation spéciale, entre "Barack" et "Nicolas", les deux amis du camp Atlantique, les Américains ont joué a minima, ne concédant que le déjeuner de Caen - avec les familles - et la cérémonie au cimetière de Colleville... De là à imaginer un Obama snobant délibérément un Sarkozy demandant trop de reconnaissance ou d'affection, il y a une marge. Obama ne snobe pas particulièrement le président français, mais il refuse d'entrer dans un jeu de familiarité avec ses pairs."C'est vrai qu'Obama s'est montré distant vis-à-vis de Nicolas Sarkozy depuis son investiture, dit Nicholas Dungan, patron à New York de la société French-American Partners, mais ce n'est pas agressif ni malsain. Obama est un homme décontracté mais il n'aime pas la familiarité pour autant. Il n'y a pas de calcul derrière tout cela, c'est juste qu'il veut avoir des relations qui soient le plus professionnelles possible." Juste professionnel donc, et pas de relation privilégiée? Même Gordon Brown, premier Européen invité à la Maison-Blanche, a été privé de "special partnership". Lors de sa visite à Washington, il n'y a pas eu de conférence de presse commune. Le président américain venait même de renvoyer aux Anglais un peu plus tôt le buste de Churchill qui trônait dans le bureau Ovale du temps de George Bush pour le remplacer par celui de Lincoln! On est bien loin de la relation fusionnelle entre Clinton et Blair, les frères jumeaux du centrisme à l'anglo-saxonne des années 1990...Obama: "Je me suis mis à mes devoirs de vacances"Avec Sarkozy, pourtant, le courant semblait être passé dès la première rencontre en juillet 2006, dans le bureau d'Obama, alors sénateur de l'Illinois... L'organisateur de l'entretien était Jean-David Levitte, à l'époque ambassadeur de France à Washington, devenu depuis sherpa du Président. Sarkozy était à l'époque en pleine campagne présidentielle, Barack Obama songeait à se présenter également. Il était amusant de voir les deux hommes évoquer leurs ressemblances: presque le même âge à six années près, fils d'immigrants tous les deux, réformateurs au sein de leur parti respectif, formés à la fac de droit... Le Français était ostensiblement tourné vers l'Amérique tandis que l'Américain était assez admiratif de la construction européenne. Ils s'étaient trouvé un sujet de convergence, le Darfour. De là se croire spécial pour l'autre... Un an plus tard, lorsqu'ils se sont retrouvés à l'Elysée, que venait de conquérir Sarkozy, le président français a présenté Obama comme son "ami".Une gaffe? Ou simplement un contresens. Comme le note Felix Rohatyn, ancien ambassadeur de Bill Clinton à Paris, "Obama est un homme qui veut garder toutes ses options à portée de main, il joue avec les cartes très près de la table, et souhaite des relations équilibrées avec ses partenaires". Pas question donc de s'emballer. "Il ne fallait pas s'attendre à voir Obama inviter Sarkozy à pêcher du côté de Cape Cod ou à siroter un verre de Coca ensemble devant les photographes", ajoute un diplomate. Conclusion de l'un de ses collègues: "Obama ne s'abîmera jamais dans une relation "people" afin de pas être banalisé dans son statut de star mondiale."Même si la nouvelle administration américaine est la plus francophile depuis la présidence Kennedy, la relation avec Sarkozy sera d'autant plus "normalisée" que des sujets de contentieux risquent de poindre dans les prochains mois; le réchauffement climatique, le protectionnisme économique ou la réduction des arsenaux nucléaires seront des enjeux entre les deux pays. "Qu'Obama veuille négocier avec les Russes pour diminuer leurs stocks d'ogives, c'est parfait, mais nous ne souhaitons pas rentrer dans ce deal", confie une source française. Quant au sommet de Copenhague de décembre, censé se conclure par un accord planétaire de réduction des émissions de carbone, tout le monde a noté la réponse faite par Barack Obama à Jean-Louis Borloo, le mois dernier à Washington: "J'ai bien compris le message de Sarkozy. Vous verrez bien assez vite que je me suis mis à mes devoirs de vacances."Pas le temps des futilitésObama ne souhaite pas qu'on le prenne de haut. Encore moins que l'on envisage en France ou en Europe de profiter du passage à vide de l'Amérique du fait de la terrible récession qu'elle traverse pour tenter de jouer sans elle ou contre elle. Pour Nicholas Dungan, "le président Sarkozy a bien fait de vouloir acheter de l'action Amérique quand elle était au plus bas", mais il devrait comprendre que cela ne suffit pas: "Il faut aider l'Amérique, y investir massivement, sans chercher à obtenir en échange de relation personnelle artificielle." L'ambassadeur Rohatyn enfonce le clou: "Avec les moments difficiles que nous traversons, on ne peut pas se permettre de perdre du temps avec des futilités, il suffit de bien s'entendre et de travailler."Et savourer, malgré tout, le fait que le président des Etats-Unis ait choisi d'emmener son épouse, pour leur première sortie washingtonienne, dans un restaurant français. Et ses deux filles, pour leurs premières vacances à l'étranger, en France. Quitte à ce que cette escale parisienne "privée" oblige Obama à décliner certaines des invitations élyséennes.

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Gilles Kepel : "Barack Obama a fait de l'islam une religion américaine" - Amériques - Le Monde.fr

Gilles Kepel : "Barack Obama a fait de l'islam une religion américaine" - Amériques - Le Monde.fr

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Gilles Kepel : "Barack Obama a fait de l'islam une religion américaine" - Amériques - Le Monde.fr

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Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

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Gilles Kepel : "Barack Obama a fait de l'islam une religion américaine" - Amériques - Le Monde.fr

Gilles Kepel : "Barack Obama a fait de l'islam une religion américaine" - Amériques - Le Monde.fr

"Barack Obama a fait de l'islam une religion américaine"

Gilles Kepel : "Barack Obama a fait de l'islam une religion américaine" - Amériques - Le Monde.fr
Dans un chat au Monde.fr, vendredi 5 juin, Gille Kepel, professeur à Sciences Po et spécialiste de l'islam, revient sur le discours du président américain à l'adresse du monde arabo-musulman, au Caire, jeudi 4 juin.
Pedro : Qu'avez-vous retenu du discours du Caire de Barack Obama ?

Gilles Kepel : C'est un discours de relations publiques fait par un expert en communication qui marque d'abord et avant tout la rupture symbolique et rhétorique avec l'ère Bush. Et qui veut lever les malentendus avec le monde musulman, car le président américain estime que le tort causé à l'image de l'Amérique par les huit années de présidence Bush, par la guerre en Irak, par Guantanamo, est considérable et qu'il lui a fallu s'engager pour la redresser.
Par ailleurs, ce discours a fait d'une certaine manière de l'islam une religion américaine. Obama, fils d'immigré d'origine musulmane, a insisté pour inscrire l'islam dans le melting-pot religieux américain. Ce qui peut surprendre une oreille européenne, habituée à ce qu'on parle beaucoup moins de religion dans l'espace public.
Aux Etats-Unis, où les références bibliques et évangéliques, juives et chrétiennes sont très fréquentes dans le discours politique, Obama a désormais adjoint, sur un pied d'égalité, l'islam, dont il a souligné le message de paix, etc. C'est un facteur important.L'autre facteur important, c'est que jamais un président américain n'était allé aussi loin dans la pression, sur Israël notamment pour ce qui concerne le gel de la colonisation et la nécessité de reconnaître la souveraineté d'un Etat palestinien, et l'insistance sur la souffrance palestinienne. Ce qui crée, bien sûr, un froid dans la relation israélo-américaine et met une pression considérable sur le gouvernement Nétanyahou.
Dernier point, qui n'est pas contenu dans son discours mais qui appartient au contexte : le discours a été prononcé au Caire, pays arabe sunnite allié des Etats-Unis, après une escale en Arabie saoudite. Obama a voulu à la fois rassurer les pays arabes alliés des Etats-Unis, qui s'inquiètent de son ouverture à l'Iran, et aussi renforcer la position de ces gouvernements face à une opinion publique qui les trouve trop peu allants sur le dossier palestinien.
dadou : Ce discours était aussi adressé, dans le contexte égyptien, aux Frères musulmans, qu'en dites-vous ? Gilles Kepel : D'une certaine manière, Obama a tendu la main à ce qu'il appelle l'islamisme modéré. Et on voit bien aujourd'hui qu'en Turquie, par exemple, l'AKP au pouvoir est bien vu par l'administration américaine. Reste à savoir quel type de réaction les islamistes auront à ce discours.
En Egypte, bien sûr, mais aussi, et c'est plus important, en Palestine où le Hamas est dans une logique de participation éventuelle à un gouvernement d'union nationale palestinienne, sous conditions.
agnes : En quoi pensez-vous que Barak Obama peut changer les choses au Moyen-Orient et peut améliorer la situation, bien que les Etats-Unis n'y soient pas toujours bien perçus ?
Gilles Kepel : Son discours avait pour objectif, d'abord et précisément, de changer la perception des Etats-Unis. Et ce qui le montre, ce sont les réactions hostiles à la fois d'Al-Qaida à travers Zawahiri et Ben Laden, et celles de l'ayatollah Khamenei en Iran. Tous trois craignent qu'une Amérique qui présente un visage plus aimable et plus attractif ne diminue la capacité de mobilisation anti-occidentale des discours radicaux dont ils sont porteurs. Mais le discours du Caire ne contenait aucune avancée concrète, aucun plan précis à mettre en œuvre dans l'immédiat, et c'est là sans doute qu'on attend les Etats-Unis, confrontés très vite au défi que représentent les talibans en Afghanistan et au Pakistan, et pour lequel la rhétorique ne suffit pas.
Ryan : N'y a-t-il pas une incompatibilité entre le monde occidental et le monde arabe, malgré les paroles de M. Obama ?
Gilles Kepel : Les paroles d'Obama s'adressaient au monde musulman dans son ensemble, par-delà le monde arabe lui-même. Et il a essayé de souligner tout ce qu'il y avait de compatible dans les valeurs. Mais peut-être, à trop vouloir exalter l'islam comme tel, en a-t-il présenté une image qui en fait la source de référence unique des populations de la région. Or l'identité politique, sociale, etc., des populations concernées ne se limite pas à la religion et, à l'intérieur de celles-ci, le rapport à l'Occident et à l'autre en général est beaucoup plus complexe que l'image finalement assez lénifiante qu'en a donnée le président américain.
Oumma : A-t-il eu raison de s'adresser au monde musulman ? Prendre les musulmans comme une entité homogène, n'est-ce pas dans un sens inverse une continuité avec la politique de Bush ?
Gilles Kepel : On pourrait dire cela, paradoxalement. L'un apparaissant comme ayant une image toute négative, et l'autre prenant simplement le contre-pied sans analyser outre mesure une situation beaucoup plus complexe. Mais je crois qu'il faut inscrire cela dans un discours politique américain qui fait de la religion, y compris sur le sol américain, une forme de participation-clé à la vie de la cité. Cela étant, pour un esprit européen, cette espèce de "tout-islam" a un côté un peu surprenant. Car il apparaît comme assez réducteur en terme d'identités.
Abu_Hamza : Prenons le cas de l'Egypte. Barack Obama peut-il conquérir la "rue arabe" en parlant de respect vis-à-vis de l'islam, de démocratie, mais sans jamais critiquer des régimes qui les écrasent depuis des décennies ?
Gilles Kepel : C'est toute l'ambiguïté de ce discours du Caire, qui a tenté de s'adresser à la société civile tout en ménageant les Etats. C'est sans doute pour cela que la référence religieuse a été tellement mise en avant, car au fond, elle est aussi une manière de ne pas poser ce problème politique. Obama ne peut pas se permettre de s'aliéner les Etats, et il s'essaie à reconquérir les sociétés. C'est la quadrature du cercle américain au Moyen-Orient.
Sosso : A votre avis, comment vont réagir la "rue arabe", les opinions publiques arabes ?
Gilles Kepel : Si l'on en juge par les réactions de l'assistance, certes triée sur le volet, un président américain qui commence par "salam aleikoum" son discours et qui cite abondamment le Coran, l'exemple du Prophète, etc., et qui de plus porte comme prénom Hussein, tout cela, bien sûr, comporte des aspects très séduisants. Mais une chose est la communication, l'autre sera la politique et la capacité d'Obama à résoudre la crise du Moyen-Orient dans ses trois aspects, au Levant, dans le Golfe et dans la zone Afghanistan-Pakistan.
Aadnane : La politique d'ouverture d'Obama envers l'Iran et de fermeté envers le développement des colonnies israéliennes n'est-elle pas à l'opposé des ambitions de Mme Clinton lors de sa campagne, aujourd'hui ministre des affaires étrangères de Barack Obama ?
Gilles Kepel : La politique est certainement l'art du possible et Mme Clinton se retrouve en effet, alors qu'elle était sénatrice de New York, dans une position qui la contraint à avoir des paroles très dures envers Israël. Mais c'est le président qui décide de la politique étrangère des Etats-Unis, et la secrétaire d'Etat la met en œuvre.
Yan : A votre avis, comment Israël va-t-il réagir ?
Gilles Kepel : Israël va sans doute faire le gros dos, tenter de gagner du temps, pensant que l'ouverture à l'Iran sera marquée par des rebuffades et que, finalement, à terme, c'est Israël qui apparaîtra comme l'allié par excellence dans la région. Mais c'est une politique assez risquée, et M. Nétanyahou est pris entre sa majorité, aujourd'hui chauffée à blanc contre Obama, et le fait que les Etats-Unis sont le seul allié effectif d'Israël, sans lequel l'Etat hébreu serait très démuni politiquement et militairement.

Etats-Unis • Au Caire, Obama ouvre un nouveau chapitre | Courrier international

Etats-Unis • Au Caire, Obama ouvre un nouveau chapitre Courrier international

Lors de son discours, le président a affiché sa volonté de pacifier les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman. Pour y parvenir, il est prêt à mettre entre parenthèses une partie des principes qui ont sous-tendu la politique étrangère américaine au cours des dernières décennies.
Les analyses les plus fines de l'administration Obama viennent toutes de Chicago. C'est là qu'ont été formés et testés les membres les plus importants de son administration. Pour eux, le pays et le reste du monde sont un ensemble de forces antagonistes qu'il faut réconcilier. Les hommes et les femmes de Chicago aiment à se présenter comme des pragmatiques et non comme des idéologues. Ils portent en eux deux tendances. A Chicago, deux forces s'opposent : ceux des bords du lac et ceux de l'intérieur des terres. Ceux du lac sont plutôt idéalistes, honnêtes et de gauche. Les autres sont intelligents, prudents et machiavéliques. A chaque moment important, l'administration Obama porte en elle ces deux tendances. Le discours prononcé au Caire par le président Obama était un exemple typique de ce mélange d'idéalisme et d'intrigue.A un premier niveau, le discours se voulait source d'inspiration pour créer un nouveau dialogue au Moyen-Orient. Obama est arrivé dans une région où les différents groupes ont leur propre vision de la situation et cherchent à l'imposer aux autres. Selon la vision d'Obama, chaque camp a été victime de l'Histoire, chaque camp a des doléances légitimes mais aussi des devoirs à accomplir. Et pour bâtir cette nouvelle vision du Moyen-Orient, Obama n'a pas hésité à mélanger vérités qui fâchent, distorsions historiques, éloquence émouvante et équivalences morales approximatives. Les critiques n'ont pas manqué de relever ces distorsions. Mais c'était de la diplomatie et non un cours d'histoire. Obama cherchait à mettre en avant sa compassion et son respect. Il demandait aux représentants des différentes communautés musulmanes d'adopter un regard neuf sur les Etats-Unis. Mais il y avait un deuxième niveau, destiné cette fois aux politiques. Obama s'est appuyé sur l'aspect prudent et machiavélique de la politique américaine. Pour pratiquement chaque sujet important, Obama a revu à la baisse les attentes et les objectifs américains. Sous Bush, les Etats-Unis parlaient de mettre fin au programme nucléaire iranien. Obama espère seulement empêcher l'Iran de militariser ses centrales nucléaires. Les Etats-Unis avaient pour objectif de mettre fin à l'islam radical. Désormais, Obama se veut tolérant envers les groupes extrémistes tant qu'ils ne tuent personne. Les Etats-Unis voulaient faire de l'Irak un modèle pour le reste de la région, le nouveau président souhaite seulement pouvoir quitter tranquillement le pays.La plus grande concession à la réalité concerne la promotion de la démocratie. L'administration Bush tentait de promouvoir la démocratie, parfois aux dépens de la stabilité. Mais cela s'est révélé infaisable. Nombre d'Américains espéraient qu'Obama allait se faire l'apôtre d'initiatives citoyennes pour construire le processus démocratique. Ce soutien se serait manifesté, pour commencer, par des projets destinés à former des policiers honnêtes et des juges indépendants afin que les simples citoyens puissent obtenir justice. Une partie du discours d'Obama a évoqué la démocratie, mais il est resté ampoulé et abstrait. Le président ne s'est pas vraiment fait l'avocat des institutions démocratiques. Il a s'est contenté de dire que les gouvernements “devaient refléter la volonté du peuple” et que les citoyens devraient avoir “leur mot à dire” sur la manière dont ils sont gouvernés. Obama n'a pas cherché à expliquer pourquoi un Irak démocratique pourrait avoir une influence positive sur la région. Il a apparemment renoncé à faire avancer la démocratie en Egypte.Larry Diamond, de l'université Stanford, a apprécié le discours du Caire, mais il rappelle qu'Obama a fait ce discours dans un pays où un dictateur vieillissant s'apprête à passer le pouvoir à son fils, dans un pays que l'autocratie et l'immobilisme menancent de ruiner. L'administration américaine semble accepter cette situation. Comme l'a souligné le Washington Post, cela revient à abandonner les militants des droits de l'homme en Egypte. Ce discours plaque une façade idéaliste sur une structure pragmatique. Et c'est bien toute la complexité de la politique étrangère d'Obama. Le président voudrait être un dirigeant charismatique qui fédère les populations. Mais il veut également être un homme pragmatique qui impose ses décisions et passe des accords au sommet. Il y a une contradiction entre ces deux aspects que même le personnage le plus aguerri de Chicago aura du mal à concilier.

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

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Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Obama au Caire - Opinions - Le Monde.fr

Le jour J d’Obama - Libération

Le jour J d’Obama - Libération
La présence de Barack Obama sur les plages de Normandie aujourd’hui pour le 65e anniversaire du Jour J est avant tout une occasion pour les Etats-Unis de revenir sur les exploits de leurs soldats pendant la Seconde Guerre mondiale. La presse relève le rapport «personnel» qu’entretient le Président avec ce pan de l’histoire de son pays. Elle relate ainsi abondamment les histoires de «Gramps» (Stanley Dunham à la ville), le grand-père maternel blanc qui a élevé Barack Obama, et qui fut des GI débarqués en juin 1944, et de Charles Payne, son grand-oncle, qui participa à la libération du camp de concentration de Buchenwald. Malgré la portée émotionnelle de l’étape française pour de nombreux vétérans américains, celle-ci a été largement éclipsée aux Etats-Unis par le discours de Barack Obama au Caire et celui de Buchenwald.
En revanche, les bisbilles qui ont entouré le flop diplomatique sur la non-invitation de la reine Elizabeth aux commémorations n’ont pas échappé, elles, aux chroniqueurs américains. Relayant l’indignation de la presse britannique sur la volonté de Nicolas Sarkozy de faire de ces célébrations un événement «franco-américain» à sa gloire à la veille des européennes, le New York Times se fait un malin plaisir de rappeler que le débarquement, le D-Day, «fut largement mené par des troupes américaines, britanniques et du Commonwealth». Le quotidien new-yorkais sous-entend aussi que l’administration américaine est intervenue pour que le prince Charles soit invité et figure sur la photo. Le Washington Post ironise, lui, sur le fait que Sarkozy s’est «assuré» son moment télégénique «sur les plages de Normandie aux côtés du président américain pour affirmer le rôle de la France - et le sien - comme un acteur majeur dans le monde».

Barack Obama par lui-même - Barack Obama par lui-même - America.gov

Barack Obama par lui-même - Barack Obama par lui-même - America.gov
Ces pages contiennent certaines des principales pensées du président Obama. On y trouvera notamment le texte intégral de son discours d'investiture et de son discours de campagne électorale sur les relations raciales, ainsi que des extraits d'autres discours importants. Si ces pages sont brèves, nous espérons que le lecteur se rendra compte, à leur lecture, que la vision qu'elles renferment est vaste.

Au Caire, Barack Obama reconnaît "la dette de la civilisation à l'islam"

Au Caire, Barack Obama reconnaît "la dette de la civilisation à l'islam" - Proche-Orient - Le Monde.fr
LE CAIRE ENVOYÉE SPÉCIALE
Une fois de plus, il faut parler d'Histoire. L'Histoire dont il s'inspire, celle qu'il écrit. Le discours au monde musulman de Barack Obama, 44e président des Etats-Unis, prononcé jeudi 4 juin au Caire - 6 000 mots, 43 000 caractères, 4 pages du Monde ! -, est déjà sous presse, ou presque, dans la collection "Obama". La couverture est sur le site Internet América.gov. : "Un nouveau départ". Le texte a déjà été traduit en treize langues. Une prouesse, quand on sait que Barack Obama y pense depuis deux ans, mais ne l'a fini qu'au tout dernier moment.
Le discours du Caire a été prononcé dans un décor qui n'avait rien d'aussi auguste que le Centre de la Constitution à Philadelphie (discours sur les relations raciales le 18 mars 2008) ou que le Château de Prague (discours pour un monde sans armes nucléaires le 5 avril). Avec son drapé rouge et or et ses balcons, l'auditorium de l'université du Caire faisait plutôt penser à une salle d'opéra. Mais il restera sans doute comme l'un des discours de la refondation entreprise par M. Obama. Et d'un lieu à l'autre revient le même fil conducteur : la paix entre les races, entre les nations, entre les religions. Les civilisations ne sont pas "condamnées à s'affronter".
Barack Hussein Obama a prononcé les mots qu'il fallait. Il sait que, pour être entendu, il faut parler aux gens leur langage. Il s'était inquiété de savoir si le ton était juste, a rapporté le New York Times. Si on entendait "une voix musulmane". Les auditeurs ont été stupéfaits de l'entendre citer le Coran - "le saint Coran" - et plus encore s'ils écoutaient en arabe. "Comme le dit le saint Coran, "Crains Dieu et dis toujours la vérité"." Ou : "Le saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l'humanité tout entière."Le président américain a cité Dieu sans relâche, sans se soucier de laïcité. "La religion devrait nous unir." La sienne est syncrétique.
Il ramasse les confessions religions juive, chrétienne et arabe, les ramène à leur commun dénominateur - "traiter les autres comme nous aimerions être traités" - et trace un horizon dans lequel chacun peut trouver son compte : un monde "où les extrémistes ne menacent plus notre pays", "où les soldats américains sont rentrés chez eux", où l'énergie nucléaire est utilisée à des fins pacifiques. Un monde "où les droits de tous les enfants de Dieu sont respectés"...
Le discours a duré 55 minutes, entrecoupé d'applaudissements exubérants dans une enceinte où se retrouvent le ministre du tourisme égyptien, un célèbre opposant au régime, Ayman Nour, des Frères musulmans en turban, l'évêque de l'Eglise arménienne d'Alexandrie, quelques étudiants triés sur le volet, et un nombre indéterminé de fonctionnaires du ministère de l'intérieur égyptien, dont une colonelle de l'immigration en foulard.
Quand il a parlé de la démocratie et des élections qui n'y suffisent pas, quelqu'un a crié : "Barack Obama, on vous aime !" Il s'est interrompu : "Je vous remercie..." Côté "news", les journalistes ont été déçus. Il n'y a pas eu de petites phrases mais des principes.
M. Obama persiste sur le monde sans nucléaire militaire. Il aimerait que le Proche-Orient tout entier soit dénucléarisé. Avec l'Iran, il entend traiter avec "courage, rectitude et fermeté" (et sans conditions préalables). A son habitude, il a eu un mot pour chacun. Il a su parler de l'Holocauste en des termes qui ont relativisé pour les Israéliens la position inflexible sur les colonies, dont l'Amérique "n'accepte pas la légitimité". Aux Palestiniens, il a décrit la "douleur de la dislocation". C'est sa méthode, telle qu'il l'a décrite à l'éditorialiste du New York Times Tom Friedman : "Tendre un miroir" et montrer leur image aux intéressés, déformée par les clichés, les hypocrisies et leur propre pusillanimité.
Avec M. Obama, chacun écope de son " homework", sa feuille de route. "Les Etats arabes doivent reconnaître (...)", "Israël doit honorer (...)". Au risque de paraître donneur de leçons, il montre la direction, parle comme un maître de morale. On avait presque pris l'habitude qu'il s'excuse pour les erreurs du passé ; au Caire, il a pris le contre-pied de son audience et a défendu l'Amérique, qui n'est pas "le stéréotype grossier d'un empire qui n'a d'autre intérêt que le sien". A elle, il n'a pas donné de devoir, mais il s'est engagé à "dire en public la même chose qu'en privé".
L'Amérique va aussi modifier ses priorités : plutôt que dans le pétrole et le gaz, elle investira dans l'éducation. Le président a même réussi à placer qu'il organiserait un "sommet sur l'entreprenariat".
APPROCHE "DIRECTE"
En 6 000 mots, il y en a un qu'il n'a pas prononcé : terrorisme (il a parlé "d'actes de violence" contre des troupes et des civils américains). A la fin, des jeunes spectateurs n'ont pas pu s'empêcher de manifester leur joie. Il y a eu trois brefs "Obama ! Obama !" et presqu'un début de "yes we can". Mais les enthousiastes se sont vite arrêtés comme surpris de leur propre audace. Vite, les ministres ont fendu la foule. Les dignitaires coptes sont remontés dans une limousine aussi noire que leur robe, ravis d'être mentionnés dans un tel discours historique alors que le nom de Hosni Moubarak, le président égyptien, n'y figure même pas.
Quelques-uns sont restés scepticiques comme Hussein Ilatar, président d'université, qui n'attendait pas un discours "aussi bien tourné" sur l'islam, mais qui réclame "plus d'action". D'autres ont été "beaucoup touchés" comme Sanou Oumar, étudiant en islamologie. En sortant, Nivine Captan-Amr, présidente de conseil d'administration d'une école privée, avait le sourire après avoir entendu un message "clair et fort" et une approche "très directe sur des sujets très controversés". Surtout, l'islam était "réhabilité". M. Obama a parlé de la "dette de la civilisation à l'islam". Il a mis en cause le colonialisme qui a "privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir", la mondialisation qui a brouillé les repères identitaires, et permis aux islamistes d'"exploiter les tensions". En aucun cas un quelconque obscurantisme de l'islam.
L'Amérique était pardonnée. Pour MmeCaptan-Amr, les Etats-Unis "ont fait un désastre. Mais grâce à Obama, ils peuvent de nouveau être fiers".
Sur le Web : le discours intégral en français sur www.america.gov/fr.
Corine Lesnes

vendredi 5 juin 2009

Obama : un "nouveau départ" avec les musulmans, Proche Moyen-Orient - Information NouvelObs.com

Obama : un "nouveau départ" avec les musulmans, Proche Moyen-Orient - Information NouvelObs.com

Le Figaro - International : Voile islamique : Obama prône la tolérance en Occident

Le Figaro - International : Voile islamique : Obama prône la tolérance en Occident

Discours d'Obama : ''vision et ouverture''

Le Figaro - Flash actu : Discours d'Obama : ''vision et ouverture''
La France a salué aujourd'hui "la vision et l'ouverture" du discours au Caire du président américain Barack Obama, y voyant une déclaration "majeure" tant du point de vue "symbolique" que "politique".Dans un bref communiqué rendant compte d'une conversation téléphonique avec le président égyptien Hosni Moubarak, l'Elysée a indiqué que le président Nicolas Sarkozy avait "salué la vision et l'ouverture du discours prononcé au Caire par le président Obama".Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier, interrogé plus tôt sur l'allocution de M. Obama, avait estimé qu'il "s'agit d'un discours qui fera date, dont la portée symbolique mais aussi politique est majeure"."Il montre des Etats-Unis d'Amérique résolument tournés vers le dialogue, la tolérance, le respect mutuel, le refus de toute perspective de tensions entre cultures, entre civilisations. Ce discours indique clairement et sans détour l'engagement des Etats-Unis en faveur de la paix --en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, dans le Moyen-Orient...--, du droit et de la justice, avec notamment la réaffirmation de la fermeture de Guantanamo, et de la démocratie", a-t-il ajouté. "Ce sont les Etats-Unis d'Amérique avec lesquels nous sommes heureux de travailler", a conclu le porte-parole.Lors de son discours, Barack Obama a indiqué "chercher" un "nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis". Il s'est prononcé en faveur de la création d'un Etat palestinien, a rappelé le "lien inébranlable" entre les Etats-Unis et Israël tout en réclamant la fin de la colonisation de Territoires palestiniens, et souligné la nécessité d'"affronter l'extrémisme violent sous toutes ses formes".Il a aussi affirmé que la confrontation avec l'Iran, soupçonné de chercher à acquérir l'arme atomique, était à un "tournant décisif".
Source : AFP -->

Bagdad: Obama dans la bonne direction

Le Figaro - Flash actu : Bagdad: Obama dans la bonne direction

Discours d'Obama : le Vatican satisfait

Le Figaro - Flash actu : Discours d'Obama : le Vatican satisfait

Obama au pied des pyramides de Gizeh

Le Figaro - Flash actu : Obama au pied des pyramides de Gizeh

L'intégralité du discours de Barack Obama à l'université du Caire

[ VIDEO ] L'intégralité du discours de Barack Obama à l'université du Caire

Bureau du Porte-parole de la Maison Blanche
Le Caire, Égypte 4 juin 2009 13h10 (heure locale)

Je vous remercie. Bonjour à tous. C’est pour moi un honneur de me trouver dans cette ville intemporelle qu’est le Caire et d’être reçu par deux institutions remarquables. Depuis plus de mille ans, Al-Azhar est un haut lieu de transmission du savoir dans le monde musulman et, depuis plus d’un siècle, l’université du Caire est une source de progrès pour l’Égypte. Ensemble, vous représentez l’harmonie entre la tradition et le progrès. Je vous suis reconnaissant de votre hospitalité et de celle du peuple égyptien. Je suis fier aussi de vous transmettre la bonne volonté du peuple américain et une salutation de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays : « Salamm aleïkoum ». (Applaudissements)Notre rencontre survient à un moment de grande tension entre les États-Unis et les musulmans du monde entier – tension ancrée dans des forces historiques qui dépassent le cadre des débats actuels de politique générale. Les relations entre l’islam et l’Occident se caractérisent par des siècles de co-existence et de coopération, mais aussi par des conflits et des guerres de religion. Dans un passé relativement plus récent, les tensions ont été nourries par le colonialisme qui a privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir, ainsi que par une guerre froide qui s’est trop souvent déroulée par acteurs interposés, dans des pays à majorité musulmane et au mépris de leurs propres aspirations. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l’Occident un élément hostile aux traditions de l’islam.Des extrémistes violents ont exploité ces tensions auprès d’une minorité de musulmans, qui pour être réduite n’en est pas moins puissante. Les attentats du 11 septembre 2001, conjugués à la poursuite des actions violentes engagées par ces extrémistes contre des civils, ont amené certains dans mon pays à juger l’islam inévitablement hostile non seulement à l’Amérique et aux pays occidentaux, mais aussi aux droits de l’homme. La peur et la méfiance se sont ainsi accentuées.Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui peut aider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité. C’est ce cycle de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé.Je suis venu ici au Caire en quête d’un nouveau départ pour les États-Unis et les musulmans du monde entier, un départ fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel, et reposant sur la proposition vraie que l’Amérique et l’islam ne s’excluent pas et qu’ils n’ont pas lieu de se faire concurrence. Bien au contraire, l’Amérique et l’islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain.Ce faisant, je reconnais que le changement ne se produira pas du jour au lendemain. Il y a eu beaucoup de publicité à propos de mon discours, mais aucun discours ne peut éradiquer des années de méfiance, et dans l’espace de cet après-midi, je n’ai pas la réponse non plus aux questions complexes qui nous ont menés au point où nous sommes maintenant. Mais je suis convaincu que pour aller de l’avant, nous devons dire ouvertement entre nous ce que nous recelons dans notre coeur et que trop souvent nous n’exprimons qu’à huis clos. Nous devons consentir un effort soutenu afin de nous mettre à l’écoute et d’apprendre les uns des autres ; de nous respecter mutuellement et de rechercher un terrain d’entente. Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». (Applaudissements) C’est ce que je vais essayer de faire aujourd’hui – de dire la vérité de mon mieux, rendu humble par la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction que les intérêts que nous partageons parce que nous sommes des êtres humains sont beaucoup plus puissants que les forces qui nous séparent.Cette conviction s’enracine en partie dans mon vécu. Je suis chrétien, mais mon père était issu d’une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j’ai passé plusieurs années en Indonésie où j’ai entendu l’appel à la prière (azan) à l’aube et au crépuscule. Jeune homme, j’ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j’ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane.Féru d’histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l’islam. C’est l’islam – dans des lieux tels qu’Al-Azhar –, qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle des Lumières en Europe. C’est de l’innovation au sein des communautés musulmanes (Applaudissements) - c’est de l’innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l’algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l’écriture et de l’imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l’élan des flèches de pierre vers le ciel, l’immortalité de la poésie et l’inspiration de la musique, l’élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l’histoire, l’islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l’égalité raciale. (Applaudissements)Je sais aussi que l’islam a de tout temps fait partie de l’histoire de l’Amérique. C’est le Maroc qui fut le premier pays à reconnaître mon pays. En signant le traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, nota ceci : « Les États-Unis n’ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans. »Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l’un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle. (Applaudissements)J’ai donc connu l’islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé pour la première fois. Cette expérience guide ma conviction que le partenariat entre l’Amérique et l’islam doit se fonder sur ce qu’est l’islam, et non sur ce qu’il n’est pas, et j’estime qu’il est de mon devoir de président des États-Unis de combattre les stéréotypes négatifs de l’islam où qu’ils se manifestent. (Applaudissements)Or ce même principe doit s’appliquer à la façon dont l’Amérique est perçue par les musulmans. Tout comme les musulmans ne se résument pas à un stéréotype grossier, l’Amérique n’est pas le stéréotype grossier d’un empire qui n’a d’autre intérêt que le sien. Les États-Unis représentent l’une des plus grandes sources de progrès que le monde ait connues. Nous sommes nés d’une révolution contre un empire ; nous sommes fondés sur l’idéal de l’égalité de tous et nous avons versé de notre sang et combattu pendant des siècles pour donner un sens à ces mots – sur notre territoire et à travers le monde. Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum: « De plusieurs peuples, un seul ».Eh bien, qu’un Américain d’origine africaine et ayant pour nom Barack Hussein Obama ait pu être élu président a fait couler beaucoup d’encre. (Applaudissements)Mais mon parcours n’est pas unique. Le rêve des chances de réussir ne s’est pas concrétisé pour tous en Amérique, mais cette promesse demeure pour tous ceux qui débarquent sur nos rivages – y compris les près de sept millions de musulmans américains qui vivent aujourd’hui dans notre pays et dont le revenu et le niveau d’éducation, disons-le, sont supérieurs à la moyenne. (Applaudissements)En outre, la liberté en Amérique est indissociable de celle de pratiquer sa religion. C’est pour cette raison que chaque État de notre union compte au moins une mosquée et qu’on en dénombre plus de mille deux cents sur notre territoire. C’est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit. (Applaudissements)Le doute n’est pas permis : l’islam fait bel et bien partie de l’Amérique. Et je suis convaincu que l’Amérique contient en elle la proposition vraie qu’indépendamment de notre race, de notre religion ou de notre condition sociale nous aspirons tous à la même chose – vivre dans la paix et la sécurité ; faire des études et travailler dans la dignité ;aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. C’est cela que nous avons en commun. C’est l’espoir de l’humanité tout entière.Certes, notre tâche commence seulement quand nous avons pris conscience de notre humanité commune. Ce n’est pas par des paroles que nous pouvons répondre aux besoins de nos peuples. Nous ne pourrons les satisfaire qu’à condition d’agir avec audace dans les années à venir et de comprendre que nous nous heurtons à des défis communs et qu’en nous abstenant d’y faire face c’est à nous tous que nous faisons tort.Car nous en avons fait récemment l’expérience : quand le système financier d’un pays particulier s’affaiblit, la prospérité est mise à mal partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain, nous courons tous un risque. Quand un pays particulier tente de se doter d’une arme nucléaire, le risque d’attaque nucléaire augmente dans toutes les nations. Quand des extrémistes violents sévissent dans une certaine région de montagnes, les populations situées par-delà l’océan sont mises en danger. Et quand des innocents en Bosnie et au Darfour sont massacrés, c’est notre conscience collective qui est souillée. (Applaudissements)Vivre ensemble dans le monde, voilà ce que cela signifie au vingt et unième siècle. C’est la responsabilité que nous avons les uns envers les autres en tant qu’êtres humains.C’est une responsabilité difficile à assumer. Car l’histoire de l’humanité est trop souvent le récit de nations et de tribus – et admettons-le, de religions - qui s’asservissent en visant leur propre intérêt. Mais dans cette ère nouvelle, une telle attitude est auto-destructrice. Au vu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élève un pays ou un groupe d’individus au détriment d’un autre est inévitablement voué à l’échec. Quelle que soit notre opinion du passé, nous ne devons pas en être prisonniers. Nous devons régler nos problèmes par le biais du partenariat et partager nos progrès. (Applaudissements)Il ne faut pas en conclure que nous devrions faire sembler d’ignorer les sources de tension. C’est l’inverse qui nous est suggéré : nous devons affronter carrément ces tensions. Dans cet esprit, permettez-moi de m’exprimer aussi clairement et aussi simplement que possible sur certaines questions précises auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble.La première est celle de l’extrémisme violent sous toutes ses formes.À Ankara, j’ai fait clairement savoir que l’Amérique n’est pas – et ne sera jamais – en guerre contre l’islam. (Applaudissements)En revanche, nous affronterons inlassablement les extrémistes violents qui font peser une menace grave sur notre sécurité. Parce que nous rejetons ce que rejettent les gens de toutes confessions : le meurtre d’hommes, de femmes et d’enfants innocents. Et il m’incombe d’abord, en tant que président, de protéger le peuple américain.La situation qui prévaut en Afghanistan illustre les objectifs de l’Amérique et la nécessité de collaborer tous ensemble. Voilà maintenant plus de sept ans, forts d’un large appui dela communauté internationale, les États-Unis ont donné la chasse à al-Qaïda et aux talibans. Nous avons agi de la sorte non par choix, mais par nécessité. Je suis conscient que d’aucuns mettent encore en question ou même justifient les événements du 11 Septembre. Mais soyons clairs : Al-Qaïda a tué près de trois mille personnes ce jour-là. Ses victimes étaient des hommes, des femmes et des enfants innocents, venus d’Amérique et de beaucoup d’autres pays, et qui n’avaient rien fait à personne. Mais al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd’hui encore sa détermination à commettre d’autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d’élargir son rayon d’action. Il ne s’agit pas là d’opinions à débattre – ce sont des faits à combattre.Eh bien, ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas laisser nos soldats en Afghanistan. Nous ne cherchons pas - nous ne cherchons pas à y établir des bases militaires. Il nous est douloureux pour l’Amérique de perdre ses jeunes gens et ses jeunes femmes. La poursuite de ce conflit s’avère coûteuse et politiquement difficile. Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu’au dernier, si nous avions l’assurance que l’Afghanistan et maintenant le Pakistan n’abritaient pas d’éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d’Américains. Mais ce n’est pas encore le cas.C’est pourquoi nous oeuvrons en partenariat avec une coalition de 46 pays. Malgré les couts en cause, la volonté de l’Amérique ne va pas fléchir. Assurément, aucun d’entre nous ne doit tolérer ces éléments extrémistes. Ils ont fait des morts dans beaucoup de pays. Ils ont tué des gens de toutes religions – et surtout des musulmans. Leurs actions sont irréconciliables avec les droits de l’homme, le progrès des nations et l’islam. Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l’humanité tout entière, (Applaudissements) et que quiconque sauve quelqu’un, sauve l’humanité tout entière. (Applaudissements) La foi enracinée de plus d’un milliard d’habitants de la planète est tellement plus vaste que la haine étroite de quelques-uns. Quand il s’agit de combattre l’extrémisme violent, l’islam ne fait pas partie du problème – il constitue une partie importante de la marche vers la paix.Nous savons en outre que la puissance militaire ne va pas à elle seule résoudre les problèmes qui se posent en Afghanistan et au Pakistan. C’est pour cette raison que nous comptons investir 1,5 milliard de dollars par an, au cours des cinq prochaines années, dans la construction d’écoles et d’hôpitaux, de routes et d’entreprises, en partenariat avec les Pakistanais, ainsi que des centaines de millions de dollars pour venir en aide aux personnes déplacées. C’est pour cette raison encore que nous fournissons plus de 2,8 milliards de dollars aux Afghans afin de les aider à développer leur économie et à prodiguer les services dont la population a besoin.Je voudrais aussi aborder le dossier de l’Irak. Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d’un choix, lequel a provoqué des différences marquées dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de recourir à ladiplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c’est possible. (Applaudissements) De fait, nous avons en mémoire les propos de Thomas Jefferson, qui disait ceci : « J’espère que notre sagesse grandira avec notre puissance et qu’elle nous enseignera que moins nous utiliserons cette dernière, plus elle fera de l’effet. »Aujourd’hui, l’Amérique possède une double responsabilité : aider l’Irak à se forger un avenir meilleur et laisser l’Irak aux Irakiens. J’ai fait clairement savoir au peuple irakien (Applaudissements) que nous ne cherchons nullement à établir des bases en Irak ni à revendiquer son territoire ou ses ressources. La souveraineté de l’Irak appartient à l’Irak. C’est pour cette raison que j’ai ordonné le retrait de nos brigades de combat d’ici au mois d’août de l’année prochaine. C’est pour cette raison que nous allons honorer l’accord que nous avons conclu avec le gouvernement irakien, élu démocratiquement, concernant le retrait de nos troupes de combat des villes irakiennes d’ici au mois de juillet et de toutes nos troupes du territoire irakien d’ici à 2012. (Applaudissements) Nous aiderons l’Irak à former ses forces de sécurité et à développer son économie. Mais c’est en tant que partenaires, et jamais en tant que protecteurs, que nous apporterons notre appui à un Irak sécurisé et uni.Enfin, tout comme l’Amérique ne tolérera jamais la violence des extrémistes, elle ne doit jamais altérer ni oublier ses principes. Les événements du 11 Septembre ont infligé un traumatisme considérable à notre pays. La peur et la colère qu’ils ont provoquées sont compréhensibles, mais dans certains cas ces sentiments nous ont conduits à agir de manière contraire à nos traditions et à nos idéaux. Nous prenons maintenant des mesures concrètes pour rectifier cette situation. J’ai interdit sans équivoque l’usage de la torture par les États-Unis et j’ai ordonné la fermeture de la prison à Guantanamo Bay d’ici au début de l’année prochaine. (Applaudissements)L’Amérique va donc se défendre, dans le respect de la souveraineté des nations et de la primauté du droit. Et nous agirons en ce sens en partenariat avec les communautés musulmanes qui sont elles aussi menacées. Plus vite les extrémistes seront isolés et malvenus dans les communautés musulmanes, plus vite nous connaîtrons tous une sécurité accrue.La deuxième grande source de tension que nous devons aborder concerne la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe.Les liens solides qui unissent l’Amérique à Israël sont bien connus. Cette relation est immuable. Elle se fonde sur des liens culturels et historiques et sur la reconnaissance du fait que l’aspiration à un territoire juif est ancré dans un passé tragique indéniable.À travers le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles et l’antisémitisme en Europe a atteint son paroxysme avec un holocauste sans précédent. Demain, je me rendrai à Buchenwald, qui faisait partie d’un réseau de camps où des Juifs étaient réduits à l’esclavage, torturés, abattus et envoyés aux chambres à gaz par le Troisième Reich.Six millions de Juifs ont été tués – soit un nombre supérieur à celui de toute la population juive d’Israël aujourd’hui. Il est injustifié, ignorant et odieux de nier ce fait. Il est profondément injuste de menacer Israël de destruction, ou répéter de vils stéréotypes sur les Juifs et cela ne sert qu’à évoquer dans l’esprit des Israéliens cette page la plus douloureuse de leur passé et à empêcher de prendre racine la paix à laquelle ont droit les habitants de cette région.Ceci dit, il est également indéniable que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans et des chrétiens, a souffert en quête d’un territoire. Depuis plus de soixante ans, il connaît la douleur de la dislocation. Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans des terres voisines de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n’ont jamais eu le droit de goûter. Ils subissent au quotidien les humiliations – grandes et petites – qui accompagnent l’occupation. Il n’est pas permis d’en douter : la situation du peuple palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos à l’aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un État à lui. (Applaudissements)Depuis des dizaines d’années, une impasse persiste : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun marqué par un passé douloureux qui rend un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer l’attention sur la dislocation consécutive à la fondation d’Israël, et les Israéliens peuvent dénoncer l’hostilité et les attaques dont le pays a de tout temps fait l’objet à l’intérieur même de ses frontières et par-delà. Mais si nous examinons ce conflit à travers le prisme de l’une ou de l’autre partie, nos oeillères nous cacheront la vérité : la seule résolution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. C’est dans l’intérêt d’Israël, dans l’intérêt de la Palestine, dans l’intérêt de l’Amérique, dans l’intérêt du monde. C’est pourquoi je compte personnellement poursuivre un tel aboutissement avec toute la patience et le dévouement qu’exige cette tâche. (Applaudissements) Les obligations qu’ont acceptées les parties en vertu de la Feuille de route sont claires. Pour que règne la paix, il est temps que les parties – et que nous tous –se montrent à la hauteur de leurs responsabilités.Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n’aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l’humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d’obtenir l’égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au coeur même de la création de l’Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l’Afrique du sud à l’Asie du sud ; de l’Europe de l’est à l’Indonésie. C’est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n’est pas un signe de courage ni de force. Ce n’est pas de cette manière que l’on revendique l’autorité morale ; c’est ainsi qu’on l’abdique.Le moment est maintenant venu pour les Palestiniens de se concentrer sur ce qu’ils peuvent bâtir. L’Autorité palestinienne doit développer ses capacités de gouverner avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple. Hamas jouit du soutien de certains Palestiniens, mais il doit aussi reconnaitre ses responsabilités. Il doit jouer un rôle pour réaliser les aspirations des Palestiniens et unir le peuple palestinien. Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit à l’existence d’Israël.En même temps, Israël doit reconnaître que tout comme le droit à l’existence d’Israël ne peut être nié, il en est de même pour la Palestine. Les États-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes. (Applaudissements) Ces constructions constituent une violation des accords passés et portent préjudice aux efforts de paix. Le moment est venu pour que ces colonies cessent. (Applaudissements)Israël doit aussi honorer ses obligations et assurer que les Palestiniens puissent vivre, travailler et développer leur société. Tout comme elle ravage les familles palestiniennes, la continuation de la crise humanitaire à Gaza ne sert pas à promouvoir la sécurité d’Israël, l’absence persistante de chances de réussite en Cisjordanie non plus. Des améliorations dans la vie de tous les jours du peuple palestinien doivent constituer une partie cruciale de la feuille de route pour la paix.Enfin, les États arabes doivent reconnaître que l’initiative arabe de paix a été un début important, mais non la fin de leurs responsabilités. Le conflit israélo-arabe ne devrait plus être utilisé pour distraire les populations des États arabes des autres problèmes. Il doit au contraire servir de raison pour aider les populations palestiniennes à développer les institutions qui permettront d’asseoir leur État ; à reconnaître la légitimité d’Israël ; et à opter pour le progrès au lieu de se polariser de manière autodestructive sur le passé.L’Amérique alignera ses politiques avec ceux qui veulent la paix. Nous dirons en public ce que nous dirons en privé aux Israéliens, aux Palestiniens et aux Arabes. (Applaudissements) Nous ne pouvons pas imposer la paix. Mais en privé, de nombreux Musulmans reconnaissent qu’Israël ne disparaitra pas ; de même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d’un État palestinien. Le moment est venu de prendre une initiative, sur ce que tous savent être vrai.Trop de larmes ont coulé. Trop de sang a été versé. Nous avons tous la responsabilité d’oeuvrer pour le jour où les mères d’Israéliens et de Palestiniens pourront voir leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte de trois grandes religions sera ce lieu de paix que Dieu avait voulu ; où Jérusalem sera un lieu de résidence sur et permanent pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans et un lieu où tous les enfants d’Abraham pourront se côtoyer dans la paix comme dans l’histoire d’Israh, (Applaudissements), - comme dans l’histoire d’Israh, de Moïse, de Jésus et de Mohammed (que la paix soit avec eux) unis dans la prière. (Applaudissements)La troisième source de tension est nos intérêts en commun à l’égard des droits et des responsabilités des États concernant les armes nucléaires.Cette question a constitué une source de tension entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran. Pendant de nombreuses années, l’Iran s’est défini en partie par son opposition à mon pays et il existe en effet un passé tumultueux entre nos deux pays. En pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l’Iran a joué un rôle dans la prise d’otages et dans des actes de violence à l’encontre des troupes et des civils américains. Cette histoire est bien connue. Plutôt que de rester emprisonné par le passé, j’ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l’avant. La question qui se pose maintenant n’est pas de savoir à quoi l’Iran s’oppose, mais plutôt quel est l’avenir qu’il souhaite bâtir.Je comprends qu’il sera difficile de surmonter des décennies de méfiance, mais nous allons procéder avec courage, rectitude et fermeté. Il y aura de nombreux problèmes à examiner entre nos deux pays et nous sommes disposés à aller de l’avant sans conditions préalables, sur la base d’un respect mutuel. Mais il est clair pour tous ceux préoccupés par les armes nucléaires que nous sommes arrivés à un tournant décisif. Ce n’est pas simplement dans l’intérêt des États-Unis, c’est pour empêcher une course aux armes nucléaires susceptible d’entraîner cette région sur une voie extrêmement dangereuse .Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays possèdent des armes que d’autres ne possèdent pas. Aucun État ne devrait décider et choisir qui sont les pays à avoir des armes nucléaires. C’est pourquoi je réaffirme fermement l’engagement de l’Amérique à vouloir un monde dans lequel aucun pays ne possède d’armes nucléaires. (Applaudissements) Et chaque pays, y compris l’Iran, devrait avoir le droit d’avoir accès à l’énergie nucléaire pacifique s’il respecte ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. Cet engagement est au coeur du Traité et il doit être pris par tous ceux qui y souscrivent pleinement. J’espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif.Le quatrième point je vais aborder est la démocratie. (Applaudissements)Je sais – je sais qu’il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu’une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre.Toutefois, cela ne diminue pas mon engagement à l’égard des gouvernements qui reflètent la volonté du peuple. Chaque nation donne naissance à ce principe de sa propre manière, en fonction des traditions de son propre peuple. L’Amérique ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour tout et chacun, tout comme nous ne voudrions pas prétendre décider des résultats d’une élection pacifique. Mais j’ai la ferme conviction que tous les peuples aspirent à certaines choses : la possibilité de s’exprimer et d’avoir une voix dans la façon dont ils sont gouvernés ; la confiance en l’État de droit etl’application équitable de la justice ; un gouvernement qui est transparent et qui ne vole pas ce qui appartient à son peuple ; la liberté de vivre selon leur choix. Il ne s’agit pas simplement d’idéaux américains, il s’agit des droits de l’homme et c’est pourquoi nous les encouragerons dans le monde entier. (Applaudissements)C’est vrai, il n’y a pas de route directe pour honorer cette promesse. Mais une chose est claire, les gouvernements qui défendent ces droits sont à terme plus stables, meilleurs et plus en sécurité. La suppression des idées ne réussit jamais à les éliminer. L’Amérique respecte la liberté d’expression de tous ceux, dans le monde entier, qui sont pacifiques et respectueux de la loi, même si nous ne sommes pas d’accord avec eux. Nous accueillerons tous les gouvernements élus pacifiques – à condition qu’ils gouvernent en respectant toutes leurs populations.Ce point est important car il y a ceux qui encouragent la démocratie uniquement lorsqu’ils ne sont pas au pouvoir ; et une fois au pouvoir ils sont sans scrupules dans la suppression des droits d’autrui. (Applaudissements) Quel que soit là où il prend forme, le gouvernement du peuple et par le peuple est le seul étalon par lequel on mesure tous ceux qui sont au pouvoir : il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition ; il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis ; il faut mettre les intérêts du peuple et le déroulement légitime du processus politique avant ceux de son parti. Sans ces ingrédients, les élections ne créent pas une vraie démocratie à elles seules.Un membre du public : Barack Obama, on vous aime !Président Obama : Je vous remercie. (Applaudissements) Le cinquième point que nous allons aborder ensemble est celui de la liberté de religion.L’Islam a une tradition de tolérance dont il est fier. Nous le constatons dans l’histoire de l’Andalousie et de Cordoue pendant l’Inquisition. Je l’ai constaté de première main pendant mon enfance en Indonésie, où des Chrétiens dévots pratiquaient ouvertement leur religion dans un pays à prépondérance musulmane. C’est cet esprit qu’il nous faut aujourd’hui. Les habitants de tous les pays doivent être libres de choisir et de vivre leur religion d’après leur conviction d’esprit, de coeur et d’âme. Cette tolérance est essentielle pour que la religion puisse s’épanouir, or elle est assaillie de plusieurs façons différentes.Parmi certains musulmans, on constate que certains ont malheureusement tendance à mesurer leur propre croyance à l’aune du rejet des croyances d’autrui. Il faut soutenir la richesse de la diversité religieuse, que ce soit pour les Maronites au Liban ou les Coptes en Égypte . (Applaudissements) Et pour être francs, il faut aussi mettre fin aux divergences entre les musulmans, car les divisions entre les sunnites et les chiites ont provoqué des violences tragiques, tout particulièrement en Irak.La liberté de religion joue un rôle crucial pour permettre aux gens de vivre en harmonie. Nous devons toujours examiner les façons dont nous la protégeons. Aux États-Unis, par exemple, les musulmans ont plus de mal à s’acquitter de l’obligation religieuse de la zakat étant donné les règles relatives aux dons de bienfaisance. C’est pour cette raison que je suis résolu à oeuvrer avec les musulmans américains pour leur permettre de s’acquitter de la zakat.De même, il importe que les pays occidentaux évitent d’empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu’une musulmane devrait porter. En un mot, nous ne pouvons pas déguiser l’hostilité envers la religion sous couvert de libéralisme.De fait, la foi devrait nous unir. C’est pour cette raison que nous sommes en train de créer de nouveaux programmes de service communautaire en Amérique qui réunissent des chrétiens, des musulmans et des juifs. C’est également pour cette raison que nous nous réjouissons des initiatives telles que le dialogue interreligieux du roi Abdallah d’Arabie Saoudite et le leadership de la Turquie dans l’Alliance des civilisations. À travers le monde, nous pouvons transformer le dialogue en un service interreligieux de sorte que les ponts entre les êtres humains mènent à des actions en faveur de notre humanité commune, que ce soit pour lutter contre le paludisme en Afrique ou pour fournir des secours après une catastrophe naturelle.La sixième question – la sixième question dont je veux parler porte sur les droits des femmes.(Applaudissements) Je sais – je sais, et vous pouvez le voir d’après ce public - que cette question suscite un sain débat. Je rejette l’opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est d’une façon ou d’une autre moins égale, mais j’ai la conviction qu’une femme que l’on prive d’éducation est privée d’égalité. (Applaudissements) Et ce n’est pas une coïncidence si les pays dans lesquels les femmes reçoivent une bonne éducation connaissent bien plus probablement la prospérité.Je tiens à préciser une chose : les questions relatives à l’égalité des femmes ne sont absolument pas un sujet qui concerne uniquement l’Islam. En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l’égalité des femmes continue dans beaucoup d’aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier.Je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une contribution à la société tout aussi importante que nos fils (Applaudissements)et que notre prospérité commune sera favorisée si nous utilisons les talents de toute l’humanité, hommes et femmes. Je ne crois pas que les femmes doivent faire les mêmes choix que les hommes pour assurer leur égalité, et je respecte celles qui choisissent de suivre un rôle traditionnel. Mais cela devrait être leur choix. C’est pour cela que les États-Unis oeuvreront en partenariat avec tout pays à majorité musulmane pour améliorer l’alphabétisation des filles. Nous aiderons aussi les jeunes femmes à faire la transition de l’école au monde du travail par l’intermédiaire du microfinancement qui permet aux gens de réaliser leurs rêves. (Applaudissements)Finalement, je veux parler de notre intérêt commun à favoriser le développement et les opportunités économiques.Je sais que pour beaucoup, la mondialisation présente des aspects contradictoires. Internet et la télévision peuvent transmettre dans les foyers des connaissances et des informations, mais également une sexualité vulgaire et une violence gratuite. Le commerce peut s’accompagner de nouvelles richesses et opportunités, mais aussi de grands bouleversements et de changements au niveau communautaire. Dans tous les pays, y compris en Amérique, ce changement provoque la peur. La peur que la modernité signifie la perte du contrôle de nos choix économiques, de nos décisions politiques et, il s’agit d’un élément encore plus important, de notre identité, c’est-à-dire des choses qui nous attachent à notre communauté, notre famille et notre foi.Mais je sais aussi qu’on ne peut pas empêcher le progrès humain. Le développement et la tradition ne sont pas nécessairement contradictoires. Des pays comme le Japon et la Corée du Sud ont connu une prodigieuse croissance économique tout en conservant leur culture distincte. Il en va de même pour les progrès remarquables au sein de pays à majorité musulmane, de Kuala Lumpur à Dubaï. Par le passé et de nos jours, les communautés musulmanes ont été à la pointe de l’innovation et de l’éducation.Ceci est important car aucune stratégie de développement ne peut se fonder uniquement sur ce que produit la terre et elle ne peut être durable si les jeunes n’ont pas de travail. De nombreux pays du Golfe se sont énormément enrichis grâce au pétrole et certains commencent à concentrer leurs ressources sur le développement plus large. Mais nous devons tous garder à l’esprit que l’éducation et l’innovation seront la monnaie d’échange du 21e siècle. (Applaudissements) Dans trop de communautés musulmanes, le sous-investissement en ces domaines persiste. J’attire l’attention sur cette réalité dans mon propre pays. Et à la différence du passé pendant lequel l’Amérique se concentrait sur le pétrole et le gaz, s’agissant de cette partie du monde, nous chercherons désormais à agir dans des domaines plus variés.Dans le domaine de l’éducation, nous allons élargir les programmes d’échange et augmenter les bourses, comme celle qui a permis à mon père de venir en Amérique, (Applaudissements) tout en encourageant davantage d’Américains à étudier dans des communautés musulmanes. Nous offrirons à des étudiants musulmans prometteurs des stages aux États-Unis ; nous investirons dans l’enseignement en ligne destiné aux enseignants et aux enfants à travers le monde ; et nous créerons un nouveau réseau informatique qui permettra à un jeune du Kansas de communiquer instantanément avec un jeune du Caire.Dans le domaine du développement économique, nous créerons un nouveau corps de volontaires des milieux d’affaires qui formeront des partenariats avec des homologues de pays à majorité musulmane. Je vais aussi accueillir un Sommet sur l’entrepreneuriat cette année pour trouver les moyens d’approfondir les liens entre les leaders du monde des affaires, les fondations et les entrepreneurs sociaux des États-Unis et des communautés musulmanes à travers le monde.Dans le domaine des sciences et des technologies, nous établirons un nouveau fonds pour appuyer le développement technologique dans les pays à majorité musulmane et pouraider à concrétiser commercialement des idées pour qu’elles créent des emplois. Nous ouvrirons des centres d’excellence scientifiques en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, et nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d’énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l’eau et produiront de nouvelles cultures. Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j’annonce aujourd’hui une nouvelle initiative avec l’Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile.Tout cela doit être accompli en partenariat. Les Américains sont prêts à se joindre aux citoyens et gouvernements, aux organisations communautaires, aux dirigeants religieux et aux entreprises dans les communautés musulmanes du monde entier afin d’aider nos populations à améliorer leur vie.Il ne sera pas facile de régler les questions dont je viens de parler. Mais nous avons la responsabilité de nous unir pour réaliser le monde auquel nous aspirons, un monde où les extrémistes ne menacent plus notre pays et où les soldats américains sont rentrés chez eux, un monde où les Palestiniens et les Israéliens vivent chacun en sécurité dans un État qui leur est propre et où l’énergie nucléaire est utilisée à des fins pacifiques, un monde où les gouvernements servent les intérêts de leurs citoyens et où les droits de tous les enfants de Dieu sont respectés. Tel est le monde auquel nous aspirons et nous n’y parviendrons qu’ensemble.Je sais qu’un grand nombre de gens – musulmans et non musulmans – se demandent si nous arriverons vraiment à prendre ce nouveau départ. Certains veulent attiser les flammes de la division et entraver le progrès. Certains suggèrent que ça ne vaut pas la peine ; ils avancent qu’il y aura fatalement des désaccords et que les civilisations finissent toujours par s’affronter. Beaucoup plus ont tout simplement des doutes. Il y a tellement de peur, tellement de méfiance qui se sont accumulées avec les ans. Mais si nous choisissons de nous laisser enchaîner par le passé, nous n’irons jamais de l’avant. Je veux particulièrement le déclarer aux jeunes de toutes les fois et de tous les pays, plus que quiconque, vous avez la possibilité de ré-imaginer le monde, de refaire le monde.Nous partageons tous cette planète pendant un court instant. À nous de décider si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous sépare ou si nous nous engageons à faire ce qu’il faut – de façon soutenue – pour trouver un terrain d’entente, pour nous concentrer sur l’avenir que nous désirons pour nos enfants, et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.Tout ceci n’est pas simple. Il est plus facile de se lancer dans une guerre que de faire la paix. Il est plus facile de blamer autrui que de s’examiner soi-même ; il est plus facile de voir ce qui nous distingue, plutôt que ce que nous avons en commun. Mais il faut choisir le bon chemin, et non le plus facile. Il y a une règle essentielle qui sous-tend toutes les religions : celle de traiter les autres comme nous aimerions être traités. Cette vérité transcende les nations et les peuples. C’est une croyance qui n’est pas nouvelle, qui n’est ni noire ni blanche ni basanée, qui n’est ni chrétienne ni musulmane ni juive. C’est unefoi qui a animé le berceau de la civilisation et qui bat encore dans le coeur de milliards d’êtres humains. C’est la foi dans autrui et c’est ce qui m’a mené ici aujourd’hui.Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage de prendre un nouveau départ, en gardant à l’esprit ce qui a été écrit.Le Saint Coran nous dit: ‘Ô hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez."Le Talmud nous dit : « Toute la Torah a pour objectif de promouvoir la paix. »La Bible nous dit : « Bienheureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C’est maintenant notre tâche sur cette Terre. Je vous remercie et que la paix de Dieu soit avec vous. Je vous remercie. Je vous remercie. (Applaudissements)

jeudi 4 juin 2009

The White House - Press Office - Remarks by the President at Cairo University, 6-04-09

The White House - Press Office - Remarks by the President at Cairo University, 6-04-09
THE WHITE HOUSE
Office of the Press Secretary(Cairo,Egypt)________________________________________________FOR IMMEDIATE RELEASE June 4, 2009
REMARKS BY THE PRESIDENT ON A NEW BEGINNING
Cairo University Cairo, Egypt
1:10 P.M. (Local)
PRESIDENT OBAMA: Thank you very much. Good afternoon. I am honored to be in the timeless city of Cairo, and to be hosted by two remarkable institutions. For over a thousand years, Al-Azhar has stood as a beacon of Islamic learning; and for over a century, Cairo University has been a source of Egypt's advancement. And together, you represent the harmony between tradition and progress. I'm grateful for your hospitality, and the hospitality of the people of Egypt. And I'm also proud to carry with me the goodwill of the American people, and a greeting of peace from Muslim communities in my country: Assalaamu alaykum. (Applause.)
We meet at a time of great tension between the United States and Muslims around the world -- tension rooted in historical forces that go beyond any current policy debate. The relationship between Islam and the West includes centuries of coexistence and cooperation, but also conflict and religious wars. More recently, tension has been fed by colonialism that denied rights and opportunities to many Muslims, and a Cold War in which Muslim-majority countries were too often treated as proxies without regard to their own aspirations. Moreover, the sweeping change brought by modernity and globalization led many Muslims to view the West as hostile to the traditions of Islam.
Violent extremists have exploited these tensions in a small but potent minority of Muslims. The attacks of September 11, 2001 and the continued efforts of these extremists to engage in violence against civilians has led some in my country to view Islam as inevitably hostile not only to America and Western countries, but also to human rights. All this has bred more fear and more mistrust.
So long as our relationship is defined by our differences, we will empower those who sow hatred rather than peace, those who promote conflict rather than the cooperation that can help all of our people achieve justice and prosperity. And this cycle of suspicion and discord must end.
I've come here to Cairo to seek a new beginning between the United States and Muslims around the world, one based on mutual interest and mutual respect, and one based upon the truth that America and Islam are not exclusive and need not be in competition. Instead, they overlap, and share common principles -- principles of justice and progress; tolerance and the dignity of all human beings.
I do so recognizing that change cannot happen overnight. I know there's been a lot of publicity about this speech, but no single speech can eradicate years of mistrust, nor can I answer in the time that I have this afternoon all the complex questions that brought us to this point. But I am convinced that in order to move forward, we must say openly to each other the things we hold in our hearts and that too often are said only behind closed doors. There must be a sustained effort to listen to each other; to learn from each other; to respect one another; and to seek common ground. As the Holy Koran tells us, "Be conscious of God and speak always the truth." (Applause.) That is what I will try to do today -- to speak the truth as best I can, humbled by the task before us, and firm in my belief that the interests we share as human beings are far more powerful than the forces that drive us apart.
Now part of this conviction is rooted in my own experience. I'm a Christian, but my father came from a Kenyan family that includes generations of Muslims. As a boy, I spent several years in Indonesia and heard the call of the azaan at the break of dawn and at the fall of dusk. As a young man, I worked in Chicago communities where many found dignity and peace in their Muslim faith.
As a student of history, I also know civilization's debt to Islam. It was Islam -- at places like Al-Azhar -- that carried the light of learning through so many centuries, paving the way for Europe's Renaissance and Enlightenment. It was innovation in Muslim communities -- (applause) -- it was innovation in Muslim communities that developed the order of algebra; our magnetic compass and tools of navigation; our mastery of pens and printing; our understanding of how disease spreads and how it can be healed. Islamic culture has given us majestic arches and soaring spires; timeless poetry and cherished music; elegant calligraphy and places of peaceful contemplation. And throughout history, Islam has demonstrated through words and deeds the possibilities of religious tolerance and racial equality. (Applause.)
I also know that Islam has always been a part of America's story. The first nation to recognize my country was Morocco. In signing the Treaty of Tripoli in 1796, our second President, John Adams, wrote, "The United States has in itself no character of enmity against the laws, religion or tranquility of Muslims." And since our founding, American Muslims have enriched the United States. They have fought in our wars, they have served in our government, they have stood for civil rights, they have started businesses, they have taught at our universities, they've excelled in our sports arenas, they've won Nobel Prizes, built our tallest building, and lit the Olympic Torch. And when the first Muslim American was recently elected to Congress, he took the oath to defend our Constitution using the same Holy Koran that one of our Founding Fathers -- Thomas Jefferson -- kept in his personal library. (Applause.)
So I have known Islam on three continents before coming to the region where it was first revealed. That experience guides my conviction that partnership between America and Islam must be based on what Islam is, not what it isn't. And I consider it part of my responsibility as President of the United States to fight against negative stereotypes of Islam wherever they appear. (Applause.)
But that same principle must apply to Muslim perceptions of America. (Applause.) Just as Muslims do not fit a crude stereotype, America is not the crude stereotype of a self-interested empire. The United States has been one of the greatest sources of progress that the world has ever known. We were born out of revolution against an empire. We were founded upon the ideal that all are created equal, and we have shed blood and struggled for centuries to give meaning to those words -- within our borders, and around the world. We are shaped by every culture, drawn from every end of the Earth, and dedicated to a simple concept: E pluribus unum -- "Out of many, one."
Now, much has been made of the fact that an African American with the name Barack Hussein Obama could be elected President. (Applause.) But my personal story is not so unique. The dream of opportunity for all people has not come true for everyone in America, but its promise exists for all who come to our shores -- and that includes nearly 7 million American Muslims in our country today who, by the way, enjoy incomes and educational levels that are higher than the American average. (Applause.)
Moreover, freedom in America is indivisible from the freedom to practice one's religion. That is why there is a mosque in every state in our union, and over 1,200 mosques within our borders. That's why the United States government has gone to court to protect the right of women and girls to wear the hijab and to punish those who would deny it. (Applause.)
So let there be no doubt: Islam is a part of America. And I believe that America holds within her the truth that regardless of race, religion, or station in life, all of us share common aspirations -- to live in peace and security; to get an education and to work with dignity; to love our families, our communities, and our God. These things we share. This is the hope of all humanity.
Of course, recognizing our common humanity is only the beginning of our task. Words alone cannot meet the needs of our people. These needs will be met only if we act boldly in the years ahead; and if we understand that the challenges we face are shared, and our failure to meet them will hurt us all.
For we have learned from recent experience that when a financial system weakens in one country, prosperity is hurt everywhere. When a new flu infects one human being, all are at risk. When one nation pursues a nuclear weapon, the risk of nuclear attack rises for all nations. When violent extremists operate in one stretch of mountains, people are endangered across an ocean. When innocents in Bosnia and Darfur are slaughtered, that is a stain on our collective conscience. (Applause.) That is what it means to share this world in the 21st century. That is the responsibility we have to one another as human beings.
And this is a difficult responsibility to embrace. For human history has often been a record of nations and tribes -- and, yes, religions -- subjugating one another in pursuit of their own interests. Yet in this new age, such attitudes are self-defeating. Given our interdependence, any world order that elevates one nation or group of people over another will inevitably fail. So whatever we think of the past, we must not be prisoners to it. Our problems must be dealt with through partnership; our progress must be shared. (Applause.)
Now, that does not mean we should ignore sources of tension. Indeed, it suggests the opposite: We must face these tensions squarely. And so in that spirit, let me speak as clearly and as plainly as I can about some specific issues that I believe we must finally confront together.
The first issue that we have to confront is violent extremism in all of its forms.
In Ankara, I made clear that America is not -- and never will be -- at war with Islam. (Applause.) We will, however, relentlessly confront violent extremists who pose a grave threat to our security -- because we reject the same thing that people of all faiths reject: the killing of innocent men, women, and children. And it is my first duty as President to protect the American people.
The situation in Afghanistan demonstrates America's goals, and our need to work together. Over seven years ago, the United States pursued al Qaeda and the Taliban with broad international support. We did not go by choice; we went because of necessity. I'm aware that there's still some who would question or even justify the events of 9/11. But let us be clear: Al Qaeda killed nearly 3,000 people on that day. The victims were innocent men, women and children from America and many other nations who had done nothing to harm anybody. And yet al Qaeda chose to ruthlessly murder these people, claimed credit for the attack, and even now states their determination to kill on a massive scale. They have affiliates in many countries and are trying to expand their reach. These are not opinions to be debated; these are facts to be dealt with.
Now, make no mistake: We do not want to keep our troops in Afghanistan. We see no military -- we seek no military bases there. It is agonizing for America to lose our young men and women. It is costly and politically difficult to continue this conflict. We would gladly bring every single one of our troops home if we could be confident that there were not violent extremists in Afghanistan and now Pakistan determined to kill as many Americans as they possibly can. But that is not yet the case.
And that's why we're partnering with a coalition of 46 countries. And despite the costs involved, America's commitment will not weaken. Indeed, none of us should tolerate these extremists. They have killed in many countries. They have killed people of different faiths -- but more than any other, they have killed Muslims. Their actions are irreconcilable with the rights of human beings, the progress of nations, and with Islam. The Holy Koran teaches that whoever kills an innocent is as -- it is as if he has killed all mankind. (Applause.) And the Holy Koran also says whoever saves a person, it is as if he has saved all mankind. (Applause.) The enduring faith of over a billion people is so much bigger than the narrow hatred of a few. Islam is not part of the problem in combating violent extremism -- it is an important part of promoting peace.
Now, we also know that military power alone is not going to solve the problems in Afghanistan and Pakistan. That's why we plan to invest $1.5 billion each year over the next five years to partner with Pakistanis to build schools and hospitals, roads and businesses, and hundreds of millions to help those who've been displaced. That's why we are providing more than $2.8 billion to help Afghans develop their economy and deliver services that people depend on.
Let me also address the issue of Iraq. Unlike Afghanistan, Iraq was a war of choice that provoked strong differences in my country and around the world. Although I believe that the Iraqi people are ultimately better off without the tyranny of Saddam Hussein, I also believe that events in Iraq have reminded America of the need to use diplomacy and build international consensus to resolve our problems whenever possible. (Applause.) Indeed, we can recall the words of Thomas Jefferson, who said: "I hope that our wisdom will grow with our power, and teach us that the less we use our power the greater it will be."
Today, America has a dual responsibility: to help Iraq forge a better future -- and to leave Iraq to Iraqis. And I have made it clear to the Iraqi people -- (applause) -- I have made it clear to the Iraqi people that we pursue no bases, and no claim on their territory or resources. Iraq's sovereignty is its own. And that's why I ordered the removal of our combat brigades by next August. That is why we will honor our agreement with Iraq's democratically elected government to remove combat troops from Iraqi cities by July, and to remove all of our troops from Iraq by 2012. (Applause.) We will help Iraq train its security forces and develop its economy. But we will support a secure and united Iraq as a partner, and never as a patron.
And finally, just as America can never tolerate violence by extremists, we must never alter or forget our principles. Nine-eleven was an enormous trauma to our country. The fear and anger that it provoked was understandable, but in some cases, it led us to act contrary to our traditions and our ideals. We are taking concrete actions to change course. I have unequivocally prohibited the use of torture by the United States, and I have ordered the prison at Guantanamo Bay closed by early next year. (Applause.)
So America will defend itself, respectful of the sovereignty of nations and the rule of law. And we will do so in partnership with Muslim communities which are also threatened. The sooner the extremists are isolated and unwelcome in Muslim communities, the sooner we will all be safer.
The second major source of tension that we need to discuss is the situation between Israelis, Palestinians and the Arab world.
America's strong bonds with Israel are well known. This bond is unbreakable. It is based upon cultural and historical ties, and the recognition that the aspiration for a Jewish homeland is rooted in a tragic history that cannot be denied.
Around the world, the Jewish people were persecuted for centuries, and anti-Semitism in Europe culminated in an unprecedented Holocaust. Tomorrow, I will visit Buchenwald, which was part of a network of camps where Jews were enslaved, tortured, shot and gassed to death by the Third Reich. Six million Jews were killed -- more than the entire Jewish population of Israel today. Denying that fact is baseless, it is ignorant, and it is hateful. Threatening Israel with destruction -- or repeating vile stereotypes about Jews -- is deeply wrong, and only serves to evoke in the minds of Israelis this most painful of memories while preventing the peace that the people of this region deserve.
On the other hand, it is also undeniable that the Palestinian people -- Muslims and Christians -- have suffered in pursuit of a homeland. For more than 60 years they've endured the pain of dislocation. Many wait in refugee camps in the West Bank, Gaza, and neighboring lands for a life of peace and security that they have never been able to lead. They endure the daily humiliations -- large and small -- that come with occupation. So let there be no doubt: The situation for the Palestinian people is intolerable. And America will not turn our backs on the legitimate Palestinian aspiration for dignity, opportunity, and a state of their own. (Applause.)
For decades then, there has been a stalemate: two peoples with legitimate aspirations, each with a painful history that makes compromise elusive. It's easy to point fingers -- for Palestinians to point to the displacement brought about by Israel's founding, and for Israelis to point to the constant hostility and attacks throughout its history from within its borders as well as beyond. But if we see this conflict only from one side or the other, then we will be blind to the truth: The only resolution is for the aspirations of both sides to be met through two states, where Israelis and Palestinians each live in peace and security. (Applause.)
That is in Israel's interest, Palestine's interest, America's interest, and the world's interest. And that is why I intend to personally pursue this outcome with all the patience and dedication that the task requires. (Applause.) The obligations -- the obligations that the parties have agreed to under the road map are clear. For peace to come, it is time for them -- and all of us -- to live up to our responsibilities.
Palestinians must abandon violence. Resistance through violence and killing is wrong and it does not succeed. For centuries, black people in America suffered the lash of the whip as slaves and the humiliation of segregation. But it was not violence that won full and equal rights. It was a peaceful and determined insistence upon the ideals at the center of America's founding. This same story can be told by people from South Africa to South Asia; from Eastern Europe to Indonesia. It's a story with a simple truth: that violence is a dead end. It is a sign neither of courage nor power to shoot rockets at sleeping children, or to blow up old women on a bus. That's not how moral authority is claimed; that's how it is surrendered.
Now is the time for Palestinians to focus on what they can build. The Palestinian Authority must develop its capacity to govern, with institutions that serve the needs of its people. Hamas does have support among some Palestinians, but they also have to recognize they have responsibilities. To play a role in fulfilling Palestinian aspirations, to unify the Palestinian people, Hamas must put an end to violence, recognize past agreements, recognize Israel's right to exist.
At the same time, Israelis must acknowledge that just as Israel's right to exist cannot be denied, neither can Palestine's. The United States does not accept the legitimacy of continued Israeli settlements. (Applause.) This construction violates previous agreements and undermines efforts to achieve peace. It is time for these settlements to stop. (Applause.)
And Israel must also live up to its obligation to ensure that Palestinians can live and work and develop their society. Just as it devastates Palestinian families, the continuing humanitarian crisis in Gaza does not serve Israel's security; neither does the continuing lack of opportunity in the West Bank. Progress in the daily lives of the Palestinian people must be a critical part of a road to peace, and Israel must take concrete steps to enable such progress.
And finally, the Arab states must recognize that the Arab Peace Initiative was an important beginning, but not the end of their responsibilities. The Arab-Israeli conflict should no longer be used to distract the people of Arab nations from other problems. Instead, it must be a cause for action to help the Palestinian people develop the institutions that will sustain their state, to recognize Israel's legitimacy, and to choose progress over a self-defeating focus on the past.
America will align our policies with those who pursue peace, and we will say in public what we say in private to Israelis and Palestinians and Arabs. (Applause.) We cannot impose peace. But privately, many Muslims recognize that Israel will not go away. Likewise, many Israelis recognize the need for a Palestinian state. It is time for us to act on what everyone knows to be true.
Too many tears have been shed. Too much blood has been shed. All of us have a responsibility to work for the day when the mothers of Israelis and Palestinians can see their children grow up without fear; when the Holy Land of the three great faiths is the place of peace that God intended it to be; when Jerusalem is a secure and lasting home for Jews and Christians and Muslims, and a place for all of the children of Abraham to mingle peacefully together as in the story of Isra -- (applause) -- as in the story of Isra, when Moses, Jesus, and Mohammed, peace be upon them, joined in prayer. (Applause.)
The third source of tension is our shared interest in the rights and responsibilities of nations on nuclear weapons.
This issue has been a source of tension between the United States and the Islamic Republic of Iran. For many years, Iran has defined itself in part by its opposition to my country, and there is in fact a tumultuous history between us. In the middle of the Cold War, the United States played a role in the overthrow of a democratically elected Iranian government. Since the Islamic Revolution, Iran has played a role in acts of hostage-taking and violence against U.S. troops and civilians. This history is well known. Rather than remain trapped in the past, I've made it clear to Iran's leaders and people that my country is prepared to move forward. The question now is not what Iran is against, but rather what future it wants to build.
I recognize it will be hard to overcome decades of mistrust, but we will proceed with courage, rectitude, and resolve. There will be many issues to discuss between our two countries, and we are willing to move forward without preconditions on the basis of mutual respect. But it is clear to all concerned that when it comes to nuclear weapons, we have reached a decisive point. This is not simply about America's interests. It's about preventing a nuclear arms race in the Middle East that could lead this region and the world down a hugely dangerous path.
I understand those who protest that some countries have weapons that others do not. No single nation should pick and choose which nation holds nuclear weapons. And that's why I strongly reaffirmed America's commitment to seek a world in which no nations hold nuclear weapons. (Applause.) And any nation -- including Iran -- should have the right to access peaceful nuclear power if it complies with its responsibilities under the nuclear Non-Proliferation Treaty. That commitment is at the core of the treaty, and it must be kept for all who fully abide by it. And I'm hopeful that all countries in the region can share in this goal.
The fourth issue that I will address is democracy. (Applause.)
I know -- I know there has been controversy about the promotion of democracy in recent years, and much of this controversy is connected to the war in Iraq. So let me be clear: No system of government can or should be imposed by one nation by any other. That does not lessen my commitment, however, to governments that reflect the will of the people. Each nation gives life to this principle in its own way, grounded in the traditions of its own people. America does not presume to know what is best for everyone, just as we would not presume to pick the outcome of a peaceful election. But I do have an unyielding belief that all people yearn for certain things: the ability to speak your mind and have a say in how you are governed; confidence in the rule of law and the equal administration of justice; government that is transparent and doesn't steal from the people; the freedom to live as you choose. These are not just American ideas; they are human rights. And that is why we will support them everywhere. (Applause.)
Now, there is no straight line to realize this promise. But this much is clear: Governments that protect these rights are ultimately more stable, successful and secure. Suppressing ideas never succeeds in making them go away. America respects the right of all peaceful and law-abiding voices to be heard around the world, even if we disagree with them. And we will welcome all elected, peaceful governments -- provided they govern with respect for all their people.
This last point is important because there are some who advocate for democracy only when they're out of power; once in power, they are ruthless in suppressing the rights of others. (Applause.) So no matter where it takes hold, government of the people and by the people sets a single standard for all who would hold power: You must maintain your power through consent, not coercion; you must respect the rights of minorities, and participate with a spirit of tolerance and compromise; you must place the interests of your people and the legitimate workings of the political process above your party. Without these ingredients, elections alone do not make true democracy.
AUDIENCE MEMBER: Barack Obama, we love you!
PRESIDENT OBAMA: Thank you. (Applause.) The fifth issue that we must address together is religious freedom.
Islam has a proud tradition of tolerance. We see it in the history of Andalusia and Cordoba during the Inquisition. I saw it firsthand as a child in Indonesia, where devout Christians worshiped freely in an overwhelmingly Muslim country. That is the spirit we need today. People in every country should be free to choose and live their faith based upon the persuasion of the mind and the heart and the soul. This tolerance is essential for religion to thrive, but it's being challenged in many different ways.
Among some Muslims, there's a disturbing tendency to measure one's own faith by the rejection of somebody else's faith. The richness of religious diversity must be upheld -- whether it is for Maronites in Lebanon or the Copts in Egypt. (Applause.) And if we are being honest, fault lines must be closed among Muslims, as well, as the divisions between Sunni and Shia have led to tragic violence, particularly in Iraq.
Freedom of religion is central to the ability of peoples to live together. We must always examine the ways in which we protect it. For instance, in the United States, rules on charitable giving have made it harder for Muslims to fulfill their religious obligation. That's why I'm committed to working with American Muslims to ensure that they can fulfill zakat.
Likewise, it is important for Western countries to avoid impeding Muslim citizens from practicing religion as they see fit -- for instance, by dictating what clothes a Muslim woman should wear. We can't disguise hostility towards any religion behind the pretence of liberalism. In fact, faith should bring us together. And that's why we're forging service projects in America to bring together Christians, Muslims, and Jews. That's why we welcome efforts like Saudi Arabian King Abdullah's interfaith dialogue and Turkey's leadership in the Alliance of Civilizations. Around the world, we can turn dialogue into interfaith service, so bridges between peoples lead to action -- whether it is combating malaria in Africa, or providing relief after a natural disaster.
The sixth issue -- the sixth issue that I want to address is women's rights. (Applause.) I know –- I know -- and you can tell from this audience, that there is a healthy debate about this issue. I reject the view of some in the West that a woman who chooses to cover her hair is somehow less equal, but I do believe that a woman who is denied an education is denied equality. (Applause.) And it is no coincidence that countries where women are well educated are far more likely to be prosperous.
Now, let me be clear: Issues of women's equality are by no means simply an issue for Islam. In Turkey, Pakistan, Bangladesh, Indonesia, we've seen Muslim-majority countries elect a woman to lead. Meanwhile, the struggle for women's equality continues in many aspects of American life, and in countries around the world.
I am convinced that our daughters can contribute just as much to society as our sons. (Applause.) Our common prosperity will be advanced by allowing all humanity -- men and women -- to reach their full potential. I do not believe that women must make the same choices as men in order to be equal, and I respect those women who choose to live their lives in traditional roles. But it should be their choice. And that is why the United States will partner with any Muslim-majority country to support expanded literacy for girls, and to help young women pursue employment through micro-financing that helps people live their dreams. (Applause.)
Finally, I want to discuss economic development and opportunity.
I know that for many, the face of globalization is contradictory. The Internet and television can bring knowledge and information, but also offensive sexuality and mindless violence into the home. Trade can bring new wealth and opportunities, but also huge disruptions and change in communities. In all nations -- including America -- this change can bring fear. Fear that because of modernity we lose control over our economic choices, our politics, and most importantly our identities -- those things we most cherish about our communities, our families, our traditions, and our faith.
But I also know that human progress cannot be denied. There need not be contradictions between development and tradition. Countries like Japan and South Korea grew their economies enormously while maintaining distinct cultures. The same is true for the astonishing progress within Muslim-majority countries from Kuala Lumpur to Dubai. In ancient times and in our times, Muslim communities have been at the forefront of innovation and education.
And this is important because no development strategy can be based only upon what comes out of the ground, nor can it be sustained while young people are out of work. Many Gulf states have enjoyed great wealth as a consequence of oil, and some are beginning to focus it on broader development. But all of us must recognize that education and innovation will be the currency of the 21st century -- (applause) -- and in too many Muslim communities, there remains underinvestment in these areas. I'm emphasizing such investment within my own country. And while America in the past has focused on oil and gas when it comes to this part of the world, we now seek a broader engagement.
On education, we will expand exchange programs, and increase scholarships, like the one that brought my father to America. (Applause.) At the same time, we will encourage more Americans to study in Muslim communities. And we will match promising Muslim students with internships in America; invest in online learning for teachers and children around the world; and create a new online network, so a young person in Kansas can communicate instantly with a young person in Cairo.
On economic development, we will create a new corps of business volunteers to partner with counterparts in Muslim-majority countries. And I will host a Summit on Entrepreneurship this year to identify how we can deepen ties between business leaders, foundations and social entrepreneurs in the United States and Muslim communities around the world.
On science and technology, we will launch a new fund to support technological development in Muslim-majority countries, and to help transfer ideas to the marketplace so they can create more jobs. We'll open centers of scientific excellence in Africa, the Middle East and Southeast Asia, and appoint new science envoys to collaborate on programs that develop new sources of energy, create green jobs, digitize records, clean water, grow new crops. Today I'm announcing a new global effort with the Organization of the Islamic Conference to eradicate polio. And we will also expand partnerships with Muslim communities to promote child and maternal health.
All these things must be done in partnership. Americans are ready to join with citizens and governments; community organizations, religious leaders, and businesses in Muslim communities around the world to help our people pursue a better life.
The issues that I have described will not be easy to address. But we have a responsibility to join together on behalf of the world that we seek -- a world where extremists no longer threaten our people, and American troops have come home; a world where Israelis and Palestinians are each secure in a state of their own, and nuclear energy is used for peaceful purposes; a world where governments serve their citizens, and the rights of all God's children are respected. Those are mutual interests. That is the world we seek. But we can only achieve it together.
I know there are many -- Muslim and non-Muslim -- who question whether we can forge this new beginning. Some are eager to stoke the flames of division, and to stand in the way of progress. Some suggest that it isn't worth the effort -- that we are fated to disagree, and civilizations are doomed to clash. Many more are simply skeptical that real change can occur. There's so much fear, so much mistrust that has built up over the years. But if we choose to be bound by the past, we will never move forward. And I want to particularly say this to young people of every faith, in every country -- you, more than anyone, have the ability to reimagine the world, to remake this world.
All of us share this world for but a brief moment in time. The question is whether we spend that time focused on what pushes us apart, or whether we commit ourselves to an effort -- a sustained effort -- to find common ground, to focus on the future we seek for our children, and to respect the dignity of all human beings.
It's easier to start wars than to end them. It's easier to blame others than to look inward. It's easier to see what is different about someone than to find the things we share. But we should choose the right path, not just the easy path. There's one rule that lies at the heart of every religion -- that we do unto others as we would have them do unto us. (Applause.) This truth transcends nations and peoples -- a belief that isn't new; that isn't black or white or brown; that isn't Christian or Muslim or Jew. It's a belief that pulsed in the cradle of civilization, and that still beats in the hearts of billions around the world. It's a faith in other people, and it's what brought me here today.
We have the power to make the world we seek, but only if we have the courage to make a new beginning, keeping in mind what has been written.
The Holy Koran tells us: "O mankind! We have created you male and a female; and we have made you into nations and tribes so that you may know one another."
The Talmud tells us: "The whole of the Torah is for the purpose of promoting peace."
The Holy Bible tells us: "Blessed are the peacemakers, for they shall be called sons of God." (Applause.)
The people of the world can live together in peace. We know that is God's vision. Now that must be our work here on Earth.
Thank you. And may God's peace be upon you. Thank you very much. Thank you. (Applause.)
END 2:05 P.M. (Local)

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Barack Obama, un espoir pour les musulmans - Libération

Barack Obama, un espoir pour les musulmans - Libération
Interview
Le président américain est attendu aujourd’hui au Caire pour prononcer un discours de réconciliation avec le monde arabo-musulman. «Libération» a demandé à cinq intellectuels de commenter cette politique de la main tendue.
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Par JEAN-PIERRE PERRIN, CLAUDE GUIBAL Le Caire, de notre correspondante, CHRISTOPHE AYAD, CÉLIA MERCIER (à Islamabad), MARC SEMO
Obama à sa descente d'avion le 4 juin 2009 au Caire. (© AFP Mandel Ngan)







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A peine Barack Obama avait-il posé les pieds hier sur le sol saoudien que le chef d’Al-Qaeda, Oussama ben Laden, sortait de son silence pour l’accuser de «suivre la même politique d’hostilité» à l’égard des musulmans que son prédécesseur, George W. Bush, et de susciter encore «plus de haine» contre l’Amérique. «Il pose ainsi les fondements à des guerres de longue durée», a-t-il ajouté dans un enregistrement audio diffusé par la télévision qatarie Al-Jezira. Une attaque similaire avait déjà été lancée la veille par son adjoint, l’Egyptien Ayman al-Zawahiri.
A l’évidence, l’arrivée du président américain dans la région et, plus encore, le discours historique portant sur la nécessaire réconciliation avec le monde arabo-musulman qu’il doit prononcer aujourd’hui au Caire, suscitent un énorme intérêt dans tout le monde musulman, y compris au sein de la nébuleuse islamiste la plus radicale. Ce discours s’adressera tout autant à «la rue», soit un milliard et demi de personnes, qu’aux gouvernements des pays concernés, pour les convaincre de travailler avec les Etats-Unis. Il sera le point d’orgue de sa mini-tournée au Proche-Orient. On s’attend dès lors à ce que Barack Obama tourne la page après huit années de tensions sous son prédécesseur, George W. Bush.
Le message doit s’adresser aussi à Israël, notamment lorsqu’il va demander aux gouvernements de la région : «Arrêtez de dire une chose derrière des portes closes et autre chose en public.» Déjà, l’Etat hébreu s’est déclaré inquiet de ce que les ouvertures d’Obama se fassent à ses dépens.
«Contrairement à Bush, il n’est pas dans le dualisme», Alaa el-Aswany écrivain
«Nul besoin d’être islamiste pour être scandalisé des propos que George Bush tenait envers l’islam et les musulmans. Il usait d’un vocabulaire inacceptable, parlait de croisades, d’islamo-fascisme, assurait que Dieu lui parlait et guidait son action. Bush était un fanatique. Aujourd’hui, la voix de l’Amérique à travers le monde est celle de Barack Obama, et sa vision du monde est autrement plus tolérante et plus humaine. Sa perception de l’Islam est totalement différente. Pas seulement parce que son père était musulman. Au contraire, son histoire familiale aurait pu provoquer l’effet inverse. Mais si Barak Obama est un homme qui a une telle profondeur d’humanité, c’est parce qu’il est le fruit d’une éducation poussée, ce qui n’était pas le cas de George Bush. Obama est un homme diplômé de prestigieuses universités, et qui en même temps sait ce que veut dire être pauvre, ce que c’est que d’être issu d’une minorité. Il est l’incarnation vivante du « yes, we can ».
C’est un homme qui a traversé des barrières qu’on pensait infranchissables. Il sait faire la distinction entre foi et terrorisme, et je suis persuadé que c’est un des points du discours qu’il va prononcer. Contrairement à Bush, il n’est pas dans le dualisme. Il ne pratique pas une dialectique du « nous contre vous, les arabo-musulmans », « nous les civilisés et vous les barbares ».
Ce genre de discours, tel que les affectionnait George Bush a eu un effet dévastateur et contre-productif. Il a renforcé les haineux et les racistes, qui se sont sentis légitimés en entendant le président des Etats-Unis partager leur rhétorique. Et dans le monde arabo-musulman, il n’a fait que nourrir l’idée que les occidentaux étaient les ennemis à combattre.Avec Obama, on est devant quelqu’un qui a fait l’Histoire, et qui est porteur d’inspiration pour tous les peuples, au-delà des Etats-Unis. Alors certes, ce n’est pas non plus le père Noël, il ne va pas faire changer les choses d’un coup de baguette magique. Malgré sa personnalité charismatique, il reste au centre d’une machine impitoyable, plus forte que lui, et sa marge de manœuvre est réduite. Ce n’est pas lui qui va remettre en ordre le monde arabo-musulman, c’est vrai. Mais ça, c’est à nous de le faire».Dernier ouvrage paru : J'aurais voulu être égyptien (actes Sud)
«Les musulmans sentent qu’Obama va respecter leur foi» Nadia Khouri-Dagher chercheuse et journaliste
«Obama suscite un énorme espoir chez les Arabes, à commencer par les musulmans américains qui ont voté à 95 % pour lui. Les Arabes ne haïssent pas l’Amérique en tant que telle mais celle de Bush, père et fils. Aucun Arabe n’a pardonné la destruction de l’Irak depuis 1991. C’est comme si on avait détruit l’Italie ou la Grèce pour un Européen, c’est-à-dire le berceau culturel d’une civilisation.
«Obama est différent des autres leaders occidentaux. Il se présente comme un chrétien profondément croyant. Il est aussi perçu comme multiculturel, car son père est musulman. Or les musulmans pensent souvent que l’Occident ne comprend pas leur attachement à leur foi. Pour eux, qu’un dirigeant occidental s’affiche comme croyant et moderne à la fois est important. Ils sentent que cet homme-là va respecter leur foi. Il a donné un signal très fort en nommant dans son Comité de conseil interreligieux Dalia Mogahed, une jeune Egyptienne diplômée et voilée. Il a compris que la majorité des musulmanes sont voilées, dans le monde arabe, ce qui ne signifie pas qu’elles sont intégristes ou opprimées : les femmes n’ont jamais été aussi présentes dans la vie active de ces sociétés qui se modernisent à toute vitesse.
«Obama est le premier leader occidental à avoir compris qu’il y a deux courants dans l’islam : l’un littéraliste, rigoriste et "pensée unique" ; et l’autre qui considère que foi et raison sont compatibles. Depuis le 11 Septembre, il y a un mouvement mondial pour un islam moderne et humaniste. Les plus grands intellectuels musulmans, et une part importante de la société civile, sont mobilisés pour défendre cet islam humaniste, qui a fait l’âge d’or arabe. Ces musulmans modernes protègent le droit à la libre croyance comme un droit de l’homme. Le monde musulman semble subir aujourd’hui le poids d’un lourd conservatisme religieux, mais les populations rusent et résistent, comme les femmes qui se voilent mais sont économiquement actives quand leurs mères restaient au foyer. Obama est le premier président américain à avoir exigé d’Israël de cesser la colonisation. Une évidence que réclame la majorité silencieuse des musulmans depuis des années.»
Dernier ouvrage paru : l’Islam moderne, des musulmans contre l’intégrisme (Hugo & Cie).
«Un homme seul ne va pas changer l’establishment» Najam Sethi éditeur du «Friday Times», hebdo pakistanais
«Obama a réalisé que le concept du clash des civilisations n’était pas pertinent. Le centre des préoccupations des Etats-Unis est la montée en puissance de l’islam politique, sa globalisation. Mais le sentiment antiaméricain est désormais partout. Il existe en Europe, même s’il ne débouche pas forcément sur des attaques suicides ou des attentats. Dans le monde musulman, en revanche, les gens réagissent avec beaucoup plus d’émotion, et cela conduit à des manifestations plus violentes. Dans le tiers-monde, il y a un ressentiment particulier contre l’Amérique qui trouve ses racines dans le passé colonialiste et dans l’instrumentalisation par les Etats-Unis d’Etats musulmans transformés dans les années 80 en ligne de front de la guerre froide, lesquels ont ensuite été abandonnés. Comme le Pakistan.
«Un livre, The Ugly American (1), publié en 1958, décrivait la manière dont les Américains étaient considérés en Asie du Sud-Est. Ils étaient perçus comme arrogants, prétentieux, froids et incapables de comprendre les autres cultures… Dans une grande partie du monde musulman, cette perception-là domine. Obama doit trouver une solution à ce problème. Il va sans doute parler des erreurs de la politique étrangère de son pays, de la bienveillance américaine qu’il souhaite à présent manifester, de la majorité silencieuse des musulmans modérés avec qui il faut renouer les liens… Mais ce n’est pas un homme seul qui va changer l’état d’esprit de l’establishment et de l’élite américaine.
«Si Obama veut vraiment changer quelque chose, ce n’est pas au monde musulman qu’il devrait parler mais à Israël. Il faut résoudre une fois pour toutes le problème de la Palestine, arrêter les colonies. La question de la Palestine reste le cœur du problème pour les musulmans, qui ont l’impression qu’il y a deux poids deux mesures dans la politique américaine, et le ressentent comme une injustice. Concernant la guerre contre le terrorisme, je crois en revanche que tout le monde musulman est à présent d’accord pour venir à bout des talibans et d’Al-Qaeda. Il n’y a pas de sympathie chez les musulmans pour ces gens-là.»
(1) Roman publié en 1958 par Eugene Burdick et William Lederer.
«Il faut que l’histoire puisse désormais s’écrire à plusieurs voix» Faranguis Habibi journaliste, responsable du service en langue persane de RFI
«Barack Obama doit reconnaître l’erreur que les Etats-Unis ont commise envers le monde musulman, qui est d’avoir ignoré les aspirations de ces peuples. Une erreur qui est peut-être la conséquence de la guerre froide, mais qui est bien réelle. Que l’on songe à ce qui s’est passé en Iran, à l’époque de Mossadegh [l’ancien Premier ministre déposé en 1953, avec l’aide de la CIA, ndlr]. En réalité, les gouvernements américains n’ont jamais été du côté des forces du progrès et de la justice, mais ils ont toujours soutenu les régimes réactionnaires et corrompus.
«Aussi, si Barack Obama veut être entendu du monde musulman, il faudra que son discours permette une relecture de l’histoire contemporaine, que celle-ci puisse se faire désormais à plusieurs voix, pas seulement la voix américaine. Chacun sera ainsi sûr d’être entendu de l’autre. La conséquence, c’est que d’autres valeurs - qui font partie également de la civilisation américaine - pourront alors être entendues dans le monde musulman et reçues comme des valeurs libératrices.
«Barack Obama doit convaincre le monde musulman qu’il est lui-même le signe de ce changement, de ce que l’arrogance et l’unilatéralisme des Etats-Unis peuvent enfin être dépassés et remplacés par le progrès, l’imagination et, évidemment, par des élans vers plus de liberté, plus d’honneurs et de bien-être matériel. C’est à ces conditions qu’un vrai dialogue pourra s’établir et une nouvelle universalité pourra s’imposer, où chacune des parties pourra ainsi trouver sa place.»
«Son message modifie la donne au Proche-Orient» Malek Chebel anthropologue
«Je n’ai d’autre légitimité pour parler en tant qu’intellectuel musulman que celle venant de la nouvelle traduction du Coran que je viens de publier. En écoutant les propos que le nouveau président des Etats-Unis a déjà tenus sur l’islam, je vois qu’il milite en faveur de cet islam des Lumières pour lequel je me bats depuis des années.
«L’islam est capable de se marier avec la modernité sous réserve qu’un certain nombre de préalables soient réglés : plus de démocratie dans les pays arabo-musulmans et plus de respect pour les droits des minorités et des femmes. Une reconnaissance du fait que l’individu en tant qu’individu a une dignité spécifique et qu’il faut une meilleure protection de celui-ci, et non pas seulement du groupe ou de la communauté.
«Ces thèmes sont au cœur du discours du président américain. Barack Obama parle d’un islam à même de prendre en compte la modernité. C’est un changement fondamental par rapport au discours que tenait l’administration Bush, pour qui l’islam représentait d’abord un danger, une religion dont on doit se protéger par une approche sécuritaire à outrance. Barack Obama dit au contraire qu’il faut reconnaître la modernité et la tolérance qu’il y a dans l’islam et les mettre en avant.
«Si le président des Etats-Unis répète ce même message au Caire, il réussira à conquérir les cœurs d’un milliard trois cent millions de musulmans de par le monde, depuis l’Indonésie jusqu’au Maroc. Le simple fait de poser ainsi les termes du débat et de souligner que tout le monde a le droit à une égale dignité change la donne, notamment au Proche et au Moyen-Orient.
«Dans la région, aussi bien les Israéliens que les Palestiniens, aussi bien les Egyptiens que les Syriens ou les Iraniens comprendront, dès lors, qu’il est préférable, dans leur propre intérêt, de préférer le dialogue à la confrontation dans leurs relations avec leurs voisins. Et je suis sûr qu’Israël ne sera pas moins bien traité que les autres.»
Derniers ouvrages parus : nouvelle traduction du Coran (Fayard), Dictionnaire encyclopédique du Coran (Fayard).

EN ÉGYPTE : Le message d'Obama au monde musulman, actualité Barack Obama : Le Point

EN ÉGYPTE : Le message d'Obama au monde musulman, actualité Barack Obama : Le Point

Obama veut réconcilier Américains et musulmans - International - 04/06/2009 - leParisien.fr

Obama veut réconcilier Américains et musulmans - International - 04/06/2009 - leParisien.fr

Barack Obama et le discours du Caire

Barack Obama et le discours du Caire

Les Arabes ont envie de croire en M. Obama. Mais il faudrait que M. Obama puisse croire en eux. Quand les Etats-Unis sont en désaccord avec un pays arabe ou musulman, ils envoient leur aviation, ou leurs chars. Ou les deux. Le pays en question est placé dans la liste des Etats terroristes et une terrible pression diplomatique s'exerce sur lui. Il est soumis à embargo, la presse se déchaîne contre lui, les organisations de droits de l'homme découvrent des charniers et des lieux de torture. Les dirigeants sont naturellement qualifiés de dictateurs, et on découvre qu'ils sont riches, qu'ils ont des comptes à l'étranger, alors que leurs peuples meurent de faim. Le Conseil de sécurité de l'ONU sert souvent de relais pour préparer l'hallali. Les Etats-Unis préparent la réunion, fournissent les preuves du crime, y compris quand il n'existe pas, ramènent des fioles de dangereux produits chimiques, mènent la charge et tentent de se faire désigner pour exécuter la sentence. Cela se termine le plus souvent dans le drame et les larmes, avec des conséquences irréparables pour le pays concerné. Egypte nassérienne, Irak, Syrie, Libye, Soudan, le Fatah pendant plusieurs décennies, le Hamas aujourd'hui: beaucoup de pays et d'organisations ont subi cette épreuve. Peu d'entre eux ont survécu. Leur chute obéit à un processus bien rodé, adapté à leur réaction. Celles-ci ne varient guère: soit le pays mis sous pression glisse vers la radicalisation jusqu'à l'affrontement et l'effondrement, soit il émet des signaux pour engager des négociations et se soumettre. Il peut enfin tenter de maintenir un statu quo dramatique, jusqu'à l'épuisement. Mais quand les Etats-Unis sont en désaccord avec Israël, la donne change. Dans ce type de situation, les dirigeants américains expriment leur «irritation». Ils peuvent même aller jusqu'à bouder Israël et gronder ses dirigeants. Ils font des déclarations pour affirmer leurs divergences avec Israël, mais soulignent que l'intérêt même d'Israël commande une autre approche, une autre démarche. Et quels que soient les griefs retenus contre les dirigeants israéliens, toute déclaration commence par les rituelles motions de soutien: disponibilité des Etats-Unis à soutenir l'allié israélien, à poursuivre l'aide militaire et financière, à tout faire pour assurer sa sécurité et maintenir sa suprématie militaire. Au Conseil de sécurité, la situation est devenue caricaturale. Le veto américain bloque toute velléité de sanctionner Israël, à un point tel que des hommes politiques occidentaux, peu enclins à supporter la cause palestinienne, ont fini par être excédés par l'alignement systématique des Etats-Unis sur la politique israélienne. Avec l'arrivée de M. Barack Obama, le ton américain envers Israël a changé. Ce n'est plus l'alignement aveugle, comme au temps de M. George Bush. Le nouveau chef de la Maison Blanche affiche deux positions sur lesquelles insiste la presse du monde entier. Il prône une solution à deux Etats, ainsi que l'arrêt de la colonisation en Palestine. Selon la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, M. Obama «veut voir un arrêt des colonies. Pas certaines colonies, pas les implantations sauvages, pas d'exceptions pour croissance naturelle», a-t-elle insisté. Quelle réponse a reçu cette déclaration américaine, énoncée sur un ton très ferme ? Elle a été balayée d'un revers de la main. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié la position américaine d'«inacceptable». Son ministre des Transports Israël Katz est dans la même ligne. «Le gouvernement israélien actuel n'acceptera en aucune façon que la colonisation soit gelée», a-t-il dit. Que va-t-il se passer maintenant ? Que fera M. Obama face à ces positions israéliennes tranchées ? Va-t-il découvrir qu'Israël possède de véritables armes de destruction massive ? Dira-t-il qu'Israël constitue une menace pour la paix internationale ? Ou bien se contentera-t-il de consoler les Palestiniens et de leur demander d'accepter une partie de leurs droits, tout en soulignant qu'Israël aura fait d'énormes sacrifices ? «Washington va gronder Israël», ironise un analyste, qui rappelle quelques antécédents relatifs aux positions, qualifiées de novatrices, affichées par M. Barack Obama. Concernant la solution à deux Etats, cet analyste rappelle qu'une promesse a été faite en ce sens par M. George Bush pour 2005. Il n'y a pas eu d'Etat, mais il y a eu Ghaza. Et l'Etat palestinien avait simplement servi à préparer la destruction de l'Irak. Quant aux colonies, le Washington Post s'est amusé à en faire un bref historique, soulignant que tous les présidents américains ont demandé à Israël d'y mettre fin, avant de fermer pudiquement les yeux. En 1980 déjà, Jimmy Carter avait qualifié les colonies d'«obstacles à la paix». Il y avait alors 61.500 colons dans les Territoires occupés. Deux ans plus tard, avec l'invasion du Liban et les drames de Sabra et Chatila, Ronald Reagan estimait que les colonies n'étaient «en rien nécessaires à la sécurité d'Israël», mais le nombre de colons avait entre-temps dépassé les cent mille, avant de grimper à 479.500 aujourd'hui. Le Golan, lui, est toujours occupé. On n'ose imaginer ce qui se passerait si un demi-million d'Irakiens s'installaient de force en Galilée ! Quel que soit le contenu du discours qu'il s'apprête à prononcer ce jeudi au Caire, M. Obama ne pourra faire l'impasse sur cette réalité, faite d'un demi-siècle d'injustices, d'accumulation de haines et de rancoeurs, avec un soutien sans faille pour Israël et des promesses creuses pour les autres. Ce qui avait permis à Israël de mener publiquement un crime anti-palestinien, en bénéficiant du soutien tout aussi public de toutes administrations américaines. Certes, la volonté de M. Obama d'établir des relations meilleures avec les Arabes, et avec les musulmans de manière plus large, est certes novatrice. Tout comme sa volonté de replacer la question palestinienne au cœur de la crise du Proche-Orient. Mais le passif est si grand qu'un discours ne suffira pas pour effacer un demi-siècle d'injustices, ni pour rétablir une confiance impossible. Même la création d'un bantoustan pour les Palestiniens ne suffira pas. Il faudra que M. Obama prouve concrètement qu'il est différent des autres, différent par exemple de M. George Bush, qui avait lui aussi annoncé en fanfare un Grand Moyen-Orient, avant de sombrer dans le crime. Et dire que M. Bush nous avait menacés de démocratiser le monde arabe !
Abed Charef

mercredi 3 juin 2009

Barack Obama en Europe pour tourner la page de l'unilatéralisme

Barack Obama en Europe pour tourner la page de l'unilatéralisme

Bonne audience pour l'interview d'Obama sur Canal+

Bonne audience pour l'interview d'Obama sur Canal+

Le président Obama loue la "sagesse" du roi Aballah d'Arabie saoudite - dépêches AFP - la-Croix.com

Le président Obama loue la "sagesse" du roi Aballah d'Arabie saoudite - dépêches AFP - la-Croix.com

VOYAGE AU PROCHE-ORIENT : Le nouveau geste de Barack Obama vers le monde musulman, actualité Barack Obama : Le Point

VOYAGE AU PROCHE-ORIENT : Le nouveau geste de Barack Obama vers le monde musulman, actualité Barack Obama : Le Point

Obama a des attentes modestes avant son discours au Caire

Obama a des attentes modestes avant son discours au Caire
Barack Obama ne s'attend pas à normaliser par son seul discours du Caire les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman, a-t-il reconnu dans un entretien diffusé mardi sur Canal+.

Barack Obama ne s'attend pas à normaliser par son seul discours du Caire les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman, a-t-il reconnu dans un entretien diffusé mardi sur Canal+. (Reuters/Jason Reed)
"Certes, il faut bien comprendre qu'un simple discours ne saurait à lui seul résoudre tous les problèmes du Moyen-Orient - nos attentes doivent donc rester modestes", a dit le président américain dans cette brève interview réalisée lundi à la Maison blanche.
Barack Obama prononcera jeudi au Caire un discours très attendu sur les relations entre son pays et le monde musulman.
"Ce que j'essaie de faire, c'est de créer un meilleur dialogue pour que le monde musulman puisse mieux comprendre comment les Etats-Unis, mais plus généralement le monde occidental, conçoivent certains problèmes difficiles tels que le terrorisme ou la démocratie", a dit Barack Obama.
"Inversement, les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l'Islam", a-t-il reconnu.
Entre les séquelles de l'aventure irakienne de George Bush, le défi posé par la recrudescence de l'insurrection des taliban en Afghanistan, le bras de fer avec l'Iran sur le dossier du nucléaire et le conflit persistant entre Israéliens et Palestiniens, le président américain aura fort à faire pour redresser la situation héritée de son prédécesseur.
"Mon voyage marque le début de ce qui sera un travail de longue haleine", a-t-il dit.
L'ancien sénateur de l'Illinois encouragera, lors de son voyage en Arabie Saoudite puis en Egypte, l'investissement dans l'éducation de "certains pays musulmans", "la reconstruction de l'extraordinaire savoir scientifique bâti au cours des siècles de culture musulmane".
Abordant le sujet de l'éducation des femmes dans ces pays, Barack Obama a ajouté : "Il ne m'appartient pas de dicter la façon de concilier cela avec les valeurs traditionnelles de l'Islam, mais cette conciliation est possible et je veux tout faire pour l'encourager."
"Je pense qu'il y a un véritable conflit actuellement entre ceux qui soutiennent que l'Islam est irréconciliable avec la vie moderne et ceux qui pensent qu'au contraire l'Islam a toujours su évoluer parallèlement au progrès", a estimé le président américain.