vendredi 29 mai 2009
Obama veut rapprocher l'Amérique des musulmans
Obama veut rapprocher l'Amérique des musulmans...
Le président Barack Obama compte utiliser son discours de la semaine prochaine en Egypte pour améliorer l'image des Etats-Unis dans le monde musulman.
Le président américain a déclaré jeudi qu'il évoquerait la perception qu'ont de son pays les musulmans du monde entier, et la contribution des musulmans aux Etats-Unis. Il reviendra sur la nécessité de la paix au Proche-Orient.
Cette nouvelle approche suppose que les deux parties reconnaissent la possibilité d'améliorer les relations, a souligné Barack Obama.
Le président américain s'exprimera jeudi prochain au Caire
Le président Barack Obama compte utiliser son discours de la semaine prochaine en Egypte pour améliorer l'image des Etats-Unis dans le monde musulman.
Le président américain a déclaré jeudi qu'il évoquerait la perception qu'ont de son pays les musulmans du monde entier, et la contribution des musulmans aux Etats-Unis. Il reviendra sur la nécessité de la paix au Proche-Orient.
Cette nouvelle approche suppose que les deux parties reconnaissent la possibilité d'améliorer les relations, a souligné Barack Obama.
Le président américain s'exprimera jeudi prochain au Caire
jeudi 28 mai 2009
Fidel Castro s'en prend à Dick Cheney
Le Figaro - Flash actu : Fidel Castro s'en prend à Dick Cheney
Le leader communiste cubain Fidel Castro a estimé hier que "rien ne pourra jamais justifier la torture", en réaction à un discours de l'ancien vice-président américain Dick Cheney qui avait estimé justifiés les interrogatoires "poussés" de terroristes présumés."Pour douloureux que furent les actes contre le peuple des Etats-Unis le 11 septembre 2001, et que tout le monde condamne avec énergie, la torture est un acte lâche et honteux qui jamais ne pourra être justifié", écrit l'ancien président cubain, 82 ans, dans une "réflexion" publiée sur le site cubadebate.cu."Dans notre pays, malgré les dangers gravissimes qui nous ont menacés pendant des décennies, jamais personne n'a été torturé pour obtenir des informations", assure Fidel Castro, fondateur de l'actuel régime cubain qui est régulièrement accusé par Washington de bafouer les droits et libertés.Les "attaques" de Cheney contre l'administration de Barack Obama "ont été vraiment dures (...) mais le terrorisme n'est pas tombé du ciel: cela a été la méthode imaginée par les Etats-Unis pour combattre la Révolution cubaine", poursuit Fidel Castro qui rappelle les tentatives de la CIA pour l'éliminer et l'embargo que les Américains imposent depuis 1962 contre Cuba."J'ai d'abord pensé que (ce discours de Cheney) pourrait être un défi ouvert lancé au nouveau président, mais quand j'ai lu sa version officielle, j'ai compris que sa réponse rapide avait été concertée au préalable", écrit le Père de la Révolution cubaine sans préciser davantage sa pensée.Dick Cheney, l'un des instigateurs des pratiques très controversées d'interrogatoires assimilées à de la torture sous la précédente administration américaine, avait affirmé jeudi que ces méthodes "poussées" à l'encontre de terroristes présumés "endurcis" avaient permis de sauver des vies américaines.Il s'exprimait juste après un grand discours du président Obama sur la sécurité nationale dans lequel il justifiait son intention de fermer la prison controversée de Guantanamo ouverte sous la précédente administration Bush.
Le leader communiste cubain Fidel Castro a estimé hier que "rien ne pourra jamais justifier la torture", en réaction à un discours de l'ancien vice-président américain Dick Cheney qui avait estimé justifiés les interrogatoires "poussés" de terroristes présumés."Pour douloureux que furent les actes contre le peuple des Etats-Unis le 11 septembre 2001, et que tout le monde condamne avec énergie, la torture est un acte lâche et honteux qui jamais ne pourra être justifié", écrit l'ancien président cubain, 82 ans, dans une "réflexion" publiée sur le site cubadebate.cu."Dans notre pays, malgré les dangers gravissimes qui nous ont menacés pendant des décennies, jamais personne n'a été torturé pour obtenir des informations", assure Fidel Castro, fondateur de l'actuel régime cubain qui est régulièrement accusé par Washington de bafouer les droits et libertés.Les "attaques" de Cheney contre l'administration de Barack Obama "ont été vraiment dures (...) mais le terrorisme n'est pas tombé du ciel: cela a été la méthode imaginée par les Etats-Unis pour combattre la Révolution cubaine", poursuit Fidel Castro qui rappelle les tentatives de la CIA pour l'éliminer et l'embargo que les Américains imposent depuis 1962 contre Cuba."J'ai d'abord pensé que (ce discours de Cheney) pourrait être un défi ouvert lancé au nouveau président, mais quand j'ai lu sa version officielle, j'ai compris que sa réponse rapide avait été concertée au préalable", écrit le Père de la Révolution cubaine sans préciser davantage sa pensée.Dick Cheney, l'un des instigateurs des pratiques très controversées d'interrogatoires assimilées à de la torture sous la précédente administration américaine, avait affirmé jeudi que ces méthodes "poussées" à l'encontre de terroristes présumés "endurcis" avaient permis de sauver des vies américaines.Il s'exprimait juste après un grand discours du président Obama sur la sécurité nationale dans lequel il justifiait son intention de fermer la prison controversée de Guantanamo ouverte sous la précédente administration Bush.
mercredi 27 mai 2009
Obama se rendra en Arabie Saoudite avant l'Egypte - Globalnet Tunisie: fournisseur d’accès Internet et ADSL : actualités et informations
mardi 26 mai 2009
Obama : la paix maintenant ! : Jeuneafrique.com
Obama : la paix maintenant ! : Jeuneafrique.com
Un document, rédigé par dix anciens responsables de l’administration américaine et communiqué à la Maison Blanche, fournit les voies et moyens pour parvenir au plus vite à un règlement du conflit israélo-palestinien. Visiblement, le président s’inspire de cette feuille de route...
Ces derniers temps, les bonnes et les mauvaises nouvelles en provenance du Moyen-Orient se bousculent inextricablement. Avec l’arrivée au pouvoir, en mars, de Benyamin Netanyahou, ce qu’on appelle improprement le « processus de paix » n’est plus à l’ordre du jour, et toute perspective de paix avec les Palestiniens devient illusoire. Le leader de la droite israélienne n’adhère même pas au principe des deux États, et la désignation d’Avigdor Lieberman, qui ne dissimule pas ses opinions racistes, à la tête de la diplomatie donne à la politique d’Israël une connotation cyniquement grotesque. Et pourtant, l’espoir de paix n’a jamais été aussi fort. L’élection de Barack Obama a sensiblement changé la donne. Le nouveau président américain n’entend pas faire « sous-traiter » les affaires du Moyen-Orient par les Israéliens ; il est visiblement décidé à s’en occuper. « Bibi », qui souhaitait être reçu à la Maison Blanche début mai, en marge de la conférence annuelle de l’Aipac, le principal lobby pro-israélien, a été prié de patienter et de préparer des propositions sur l’avenir de la région qui soient moins péremptoires.
En attendant, la nouvelle administration multiplie les mises en garde en direction de Tel-Aviv. Rahm Emanuel, le directeur du cabinet présidentiel, a ouvert le feu devant l’Aipac : « L’heure de vérité a sonné pour Israël. » Le principe des deux États, « l’unique solution », ne saurait être abandonné. La secrétaire d’État, Hillary Clinton, puis le vice-président, Joe Biden, ont martelé des propos similaires. Le général James Jones, conseiller à la Sécurité nationale, a eu ces mots : « Nous n’allons pas pousser Israël sous les roues d’un autobus, mais nous serons fermes. »
On ne tardera pas à connaître les effets des injonctions américaines lorsque Netanyahou sera reçu, le 18 mai, à la Maison Blanche. Mais il est fort probable que les dissensions et tensions entre Washington et Tel-Aviv ne vont pas s’apaiser. S’agissant du Moyen-Orient, les États-Unis ont mis au point une nouvelle stratégie centrée d’abord sur leurs intérêts et non pas sur ceux de quelque allié, fût-il Israël. Les escarmouches auxquelles on assiste ne sont ni anecdotiques ni passagères. Ce sont plutôt les prémices de la mise en œuvre de la stratégie américaine au Moyen-Orient.
« Minorités fortes et bruyantes »
Pourquoi les États-Unis se sont-ils décidés à intervenir pour résoudre le conflit israélo-palestinien ? Comment comptent-ils s’y prendre ? Quelles sont leurs priorités ? Quels obstacles risquent-ils de rencontrer ? Sur toutes ces questions, un document de 15 pages apporte de précieux éclairages. Intitulé « Israël-Palestine : la dernière chance pour la solution des deux États », il a été élaboré par une équipe « bipartisane » de dix personnalités animée par le général Brent Scowcroft. On y retrouve Zbigniew Brzezinski, Chuck Hagel, Lee H. Hamilton… (voir encadré ci-dessous). Le document, qui se décline comme une série de recommandations, a été présenté à l’administration Obama, laquelle semble en faire son vade-mecum ou sa feuille de route pour la paix au Moyen-Orient.
La couleur est annoncée d’emblée. Premier chapitre : « Paix israélo-arabe à la lumière des intérêts des États-Unis et de leurs capacités ». L’origine du conflit est évoquée en ces termes : « La création de l’État d’Israël dans le sillage de l’Holocauste a été accompagnée, pour les Palestiniens, d’immenses souffrances qui durent encore. » Depuis, le Moyen-Orient vit dans la crise et a connu plusieurs guerres. Les États-Unis ont dû s’en mêler d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui plus que jamais – sept ans après le 11 Septembre et cinq ans après l’invasion de l’Irak –, ils ont un rôle essentiel à jouer. Il y va de leurs intérêts stratégiques : « survie d’Israël, libre accès à des ressources vitales, sécurité des routes maritimes, relations avec les alliés arabes et, depuis le “9/11”, sécurité nationale ». Or ces intérêts constants, soulignent les auteurs, sont mieux défendus lorsque les États-Unis sont perçus dans la région comme une puissance qui œuvre pour la paix entre Arabes et Israéliens.
Toute autre politique profite aux ennemis de l’Amérique. L’objectif d’Oussama Ben Laden, le 11 septembre 2001, n’était pas la libération de la Palestine. Néanmoins, Al-Qaïda a beau jeu d’utiliser le sort des Palestiniens pour recruter dans le monde arabo-musulman. De son côté, l’Iran exploite la cause palestinienne pour étendre son influence dans la région. Et la « résistance » dont se réclame son allié, le Hezbollah, concerne le Liban mais aussi Jérusalem. « Il est donc essentiel que la nouvelle administration fasse de la paix arabo-israélienne, et ce dès les débuts de son mandat, une priorité de la sécurité nationale des États-Unis. »
Qu’en est-il d’Israël ? Les dix signataires du document rappellent que, grâce à son partenariat stratégique avec les États-Unis et l’aide qu’il en reçoit, l’État hébreu conserve un avantage militaire sur tous ses ennemis potentiels. Or c’est précisément au nom de ce partenariat que les Américains se doivent de jouer un rôle central dans la recherche de la paix. Certes, il existe en Israël des « minorités fortes et bruyantes qui s’opposent à la paix et pas uniquement avec des mots ». Mais la plupart des Israéliens se soucient d’abord de la sécurité de leur État, laquelle « dépend de l’amitié des États-Unis, et singulièrement du président des États-Unis ». Les Dix sont convaincus que l’opinion israélienne ne pose pas de problème. Les Israéliens savent que « c’est seulement en se tenant à l’écart, en se mettant pour ainsi dire en congé, que les États-Unis leur porteraient préjudice ». Il suffirait donc qu’un gouvernement décidé à faire ces « concessions douloureuses » dont parlait Sharon s’adresse au pays et lui dise : « Le président – et donc les États-Unis qui sont avec nous –, souhaite que nous agissions ainsi pour la paix. »
« Les américains écouteront leur président »
Possible, souhaitable, nécessaire, l’intervention américaine est également indispensable. Elle est dictée par la nature même du conflit. Sans elle, la paix est illusoire. « Au centre de ce conflit, il y a deux peuples qui, tous deux, après des années d’affrontements meurtriers, veulent et méritent la paix. Chacun des deux peuples est persuadé que c’est l’autre qui a la clé du problème et qui doit faire le premier pas. » La méfiance entre eux n’ayant jamais été aussi forte, seuls les États-Unis sont en mesure d’instaurer la confiance entre les deux parties et de leur faire admettre l’inévitable compromis qui exige des concessions douloureuses. Apparemment, c’est surtout Israël qui est visé par cette réflexion : « L’intervention des États-Unis exige de recourir à un mélange subtil de persuasion, d’encouragement, de récompense et de pression, avec toujours le même objectif : passer d’une situation où tout le monde perd à une situation qui profite à tous. »
Les Dix évoquent ensuite le mode d’intervention, la méthode. L’engagement personnel et inefficace de Bill Clinton dans les négociations de Camp David entre Ehoud Barak et Yasser Arafat en juillet 2000 a laissé un mauvais souvenir. Pas question de « faire du président des États-Unis un préposé au conflit israélo-arabe ». Il vaut mieux désigner un envoyé spécial du président qui traitera directement avec les parties et garder l’intervention du président pour les moments décisifs, lorsqu’il s’agira de faire pression sur les parties pour aboutir. Chacun doit savoir néanmoins que l’envoyé spécial a toute la confiance du président, qu’il parle en son nom et qu’il bénéficie du soutien de l’ensemble de l’administration. « La discipline est essentielle. » Sans quoi ses interlocuteurs récalcitrants essaieront de le « contourner », ce qui mettrait en péril la médiation américaine elle-même. À noter qu’en choisissant George Mitchell à ce poste Obama semble suivre à la lettre les recommandations des Dix.
Comment vont réagir les Américains eux-mêmes ? Les auteurs du document font preuve d’un certain réalisme mâtiné de fatalisme. « Quelle que soit la manière avec laquelle la nouvelle administration traitera les affaires israélo-arabes, on ne fera pas l’économie de débats politiques dans le pays. Des juifs américains et des groupes chrétiens sionistes auront tendance à exacerber les positions des politiciens israéliens hostiles au compromis. » Mais il ne faut pas dramatiser. « Le président sera écouté pour peu qu’il s’adresse au pays et lui explique que ce conflit n’a que trop duré et que l’intérêt des États-Unis leur commande d’intervenir. Tout le monde comprendra sans mal que les extrémistes et les terroristes, qui sont nos ennemis quoi que nous fassions, tablent sur la poursuite du conflit. »
En fait, c’est sur place qu’on risque de rencontrer les obstacles qui sont consubstantiels au conflit. Le document les passe en revue. D’abord, la profonde méfiance populaire des deux côtés. « Les Palestiniens écrasés et démoralisés ne croient guère que les Israéliens puissent cesser leur occupation. Pour les Israéliens, les actions violentes des Palestiniens ne sont que la continuation d’une longue histoire où les Juifs sont visés parce qu’ils sont juifs. » Deuxième obstacle : la faiblesse chronique des gouvernements israéliens. On a affaire à des coalitions de partis dont le principal souci est d’éviter les sujets qui fâchent pour se maintenir au pouvoir. « S’il se trouve un Premier ministre qui s’engage sincèrement sur le chemin de la paix, il aura besoin d’énormément d’habileté, d’un soutien constant des États-Unis [déguisé à l’occasion en pression], de la bonne volonté et de la coopération des protagonistes arabes [qui restent sceptiques sur les intentions d’Israël] et d’une considérable bonne fortune. »
Quatre millions de réfugiés
Troisième obstacle : la division des Palestiniens (Cisjordanie/Gaza, Fatah/Hamas). Depuis juin 2007, le Hamas contrôle Gaza. Mahmoud Abbas (Fatah) dirige l’Autorité palestinienne à partir de la Cisjordanie, mais il n’est pas certain que son pouvoir s’étende au-delà de Ramallah. « Il essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre entre un Premier ministre compétent et réformateur [Salam Fayyad] et une vieille garde incompétente et corrompue. » L’absence d’unité rend toute négociation aléatoire.
Après les obstacles, les « questions essentielles à résoudre ». Le document commence par le territoire. Le principe est, sans surprise, le retour aux frontières de 1967, avec des rectifications acceptées d’un commun accord et permettant à Israël d’annexer certaines colonies en échange de territoires équivalents abandonnés à la Palestine. Il faut veiller en outre à préserver la continuité territoriale à l’intérieur de la Cisjordanie et avec Gaza. « L’essentiel est d’accorder à chacun des deux États l’étendue territoriale qu’il avait en 1967. »
Deuxième question : Jérusalem. En principe, la ville devrait rester physiquement unifiée, tout en accueillant deux capitales distinctes, avec les Lieux saints juifs gérés par Israël et les Lieux saints musulmans et chrétiens gérés par la Palestine. Les quartiers arabes ne poseraient pas de problème, mais il faudrait sans doute faire preuve d’imagination créative dans certains lieux, comme ce qui est pour les Juifs le mont du Temple (le Haram al-Charif des musulmans).
Troisième point, le plus sensible entre tous, les réfugiés. Pour les Israéliens, le droit au retour des Palestiniens ne saurait être accepté sous peine de mettre en péril leur État. Pour les Palestiniens, les réfugiés, qui sont environ 4 millions, ont un droit imprescriptible à la justice et à la dignité. On devrait trouver une formule qui épargnerait à Israël un retour massif des réfugiés et permettrait à la Palestine d’en absorber autant que possible. Les camps de réfugiés seront partout fermés et leurs habitants auront à choisir entre vivre en Palestine ou ailleurs. Des fonds importants seront nécessaires pour financer cette vaste opération.
Envoi des forces de l’Otan
Mais la question la plus ardue reste la sécurité. « L’enjeu est de taille : ou bien l’État de Palestine assumera pleinement ses responsabilités vis-à-vis de ses voisins [à commencer par Israël] ou bien la solution des deux États ne résoudra pas les problèmes de sécurité et elle fera long feu. » Une période de transition est prévue, pendant laquelle des arrangements entre les deux parties seront indispensables. Divers scénarios sont envisagés : les Israéliens continuent de dominer la scène sécuritaire, tandis que les rôles seraient répartis entre eux, les Américains et les Palestiniens. Autre scénario : le rôle dirigeant revient aux Palestiniens, avec une coopération étroite avec Israël et, au besoin, le soutien des États-Unis. Quel que soit le scénario retenu, l’objectif est de créer des relations de coopération et de confiance mutuelle entre les deux États voisins. Les arrangements transitoires de sécurité, pleinement acceptés par les deux parties, devraient faire l’objet d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Et, là encore, « il revient aux États-Unis de jouer un rôle essentiel sinon décisif ».
Les Américains n’iront pas seuls. Agissant dans le cadre d’un mandat de l’ONU et sous commandement américain, des forces de l’Otan seraient envoyées sur place, auxquelles se joindraient des troupes notamment jordaniennes et égyptiennes. Le mandat des forces internationales serait de cinq ans renouvelable, avec l’objectif de permettre au bout de quinze ans à la Palestine de maîtriser totalement ses affaires de sécurité. « L’échec ici risque de substituer une forme d’occupation à une autre et mettrait en péril la mise en œuvre du principe des deux États. »
Aujourd’hui, les Palestiniens sont loin du compte, constatent les Dix. Les mesures de sécurité imposées par l’armée israélienne dans les Territoires – barrages, check points, raids… – empêchent la constitution, du côté palestinien, d’une structure de sécurité homogène, professionnelle, compétente, susceptible de coopérer avec les Israéliens. « C’est l’histoire de la poule et de l’œuf, analyse le document. L’inquiétude compréhensible suscitée par le terrorisme a entraîné l’instauration en Cisjordanie d’un régime sécuritaire qui a les pires effets sur l’Autorité palestinienne, fait vivre la population dans la détresse et exclut tout partenariat sur le plan de la sécurité entre Israéliens et Palestiniens. » Il faut tout faire pour sortir de ce cercle vicieux. Et ici encore le rôle essentiel incombe aux États-Unis. Israël va sans doute réclamer un accroissement de l’aide américaine dans ce domaine. « Dès qu’il sera sérieusement question de se retirer de la Cisjordanie, prédisent les auteurs, les émissaires de Jérusalem arriveront à Washington, avec leur shopping list [bon de commande]. Et, bien entendu, une telle demande devrait être satisfaite sans tarder. »
Les Américains vont se trouver ainsi dans l’obligation de répondre aux besoins des Israéliens et des Palestiniens « sans subordonner les uns aux autres ». À coup sûr, « leur forte présence sera longtemps nécessaire avant qu’Israël et la Palestine puissent traiter d’État à État ».
Mahmoud abbas incontournable
Revenons à l’actualité immédiate. Les Israéliens, avec le couple Bibi-Avigdor, sont dans de beaux draps, mais comment se conduisent les Arabes ? Une fois n’est pas coutume, les bonnes nouvelles venant du Caire, de Damas, d’Amman ou de Riyad l’emportent sur les mauvaises.
L’initiative de paix arabe (reconnaissance d’Israël en contrepartie de la création d’un État palestinien sur les frontières de 1967), qui remonte à 2002, trouve enfin l’accueil qu’elle mérite à Washington. La question qui polarise l’inquiétude reste l’insupportable division palestinienne. Les négociations entre le Fatah et le Hamas, menées sous l’égide de l’Égypte, n’ont pas encore abouti, et le projet de gouvernement d’union n’est plus une priorité pour les intéressés. Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, peut néanmoins se targuer d’un succès qui n’est pas négligeable : il est devenu, à force de modération raisonnée et de ténacité calculée, l’interlocuteur obligé, incontournable de tous ceux qui veulent la paix au Moyen-Orient, à commencer par Barack Obama. Un bon point également pour le Hamas. Son chef installé à Damas, Khaled Mechaal, a pris une initiative politique qui va compter dans les grandes manœuvres pour la paix.
Il a reçu début mai deux journalistes du New York Times. L’entretien s’est étalé sur deux jours et a duré cinq heures. « Je prends l’engagement auprès de l’administration américaine et de la communauté internationale, a-t-il déclaré, que nous serons définitivement partie prenante d’un règlement. » Il accepte le principe d’un État palestinien dans les frontières de 1967. S’il ne reconnaît toujours pas formellement Israël, il a proposé une trêve de dix ans. Avec d’autres mots que Yasser Arafat à propos de la charte de l’OLP, il a laissé entendre que le texte fondamental du Hamas, résolument irrédentiste et « rédigé il y a vingt ans », était devenu caduc. À vrai dire, ces déclarations ne sont pas totalement nouvelles. Mais, aujourd’hui, elles ne passent plus inaperçues.
Le titre du document reflète parfaitement la réalité. Au Moyen-Orient, la recherche d’un règlement traverse une passe difficile qui risque d’être fatale. C’est donc vraiment, pour la paix israélo-arabe, la dernière chance. On peut se montrer optimiste néanmoins, car avec Barack Obama – Israël est en train de le redécouvrir à ses dépens – tout a changé.
Le processus de paix, hier moribond, connaît une soudaine accélération. Après avoir rencontré le président américain, le roi Abdallah de Jordanie a déclaré le 11 mai au Times : « Ce sera la paix dans les six mois ou la guerre l’année prochaine. Il faut choisir. » Et de préconiser une « approche globale » avec une « solution non pas des deux États mais des 57 ! » Allusion aux États musulmans qui, sur la lancée de la Ligue arabe, sont disposés à reconnaître Israël pour peu que celui-ci se convertisse à la paix. Et il ne serait pas étonnant que « le plan Obama » en gestation reprenne une telle proposition qui, à défaut de recevoir l’adhésion enthousiaste de Netanyahou, ferait sans doute réfléchir la masse des Israéliens.
Un document, rédigé par dix anciens responsables de l’administration américaine et communiqué à la Maison Blanche, fournit les voies et moyens pour parvenir au plus vite à un règlement du conflit israélo-palestinien. Visiblement, le président s’inspire de cette feuille de route...

Ces derniers temps, les bonnes et les mauvaises nouvelles en provenance du Moyen-Orient se bousculent inextricablement. Avec l’arrivée au pouvoir, en mars, de Benyamin Netanyahou, ce qu’on appelle improprement le « processus de paix » n’est plus à l’ordre du jour, et toute perspective de paix avec les Palestiniens devient illusoire. Le leader de la droite israélienne n’adhère même pas au principe des deux États, et la désignation d’Avigdor Lieberman, qui ne dissimule pas ses opinions racistes, à la tête de la diplomatie donne à la politique d’Israël une connotation cyniquement grotesque. Et pourtant, l’espoir de paix n’a jamais été aussi fort. L’élection de Barack Obama a sensiblement changé la donne. Le nouveau président américain n’entend pas faire « sous-traiter » les affaires du Moyen-Orient par les Israéliens ; il est visiblement décidé à s’en occuper. « Bibi », qui souhaitait être reçu à la Maison Blanche début mai, en marge de la conférence annuelle de l’Aipac, le principal lobby pro-israélien, a été prié de patienter et de préparer des propositions sur l’avenir de la région qui soient moins péremptoires.
En attendant, la nouvelle administration multiplie les mises en garde en direction de Tel-Aviv. Rahm Emanuel, le directeur du cabinet présidentiel, a ouvert le feu devant l’Aipac : « L’heure de vérité a sonné pour Israël. » Le principe des deux États, « l’unique solution », ne saurait être abandonné. La secrétaire d’État, Hillary Clinton, puis le vice-président, Joe Biden, ont martelé des propos similaires. Le général James Jones, conseiller à la Sécurité nationale, a eu ces mots : « Nous n’allons pas pousser Israël sous les roues d’un autobus, mais nous serons fermes. »
On ne tardera pas à connaître les effets des injonctions américaines lorsque Netanyahou sera reçu, le 18 mai, à la Maison Blanche. Mais il est fort probable que les dissensions et tensions entre Washington et Tel-Aviv ne vont pas s’apaiser. S’agissant du Moyen-Orient, les États-Unis ont mis au point une nouvelle stratégie centrée d’abord sur leurs intérêts et non pas sur ceux de quelque allié, fût-il Israël. Les escarmouches auxquelles on assiste ne sont ni anecdotiques ni passagères. Ce sont plutôt les prémices de la mise en œuvre de la stratégie américaine au Moyen-Orient.
« Minorités fortes et bruyantes »
Pourquoi les États-Unis se sont-ils décidés à intervenir pour résoudre le conflit israélo-palestinien ? Comment comptent-ils s’y prendre ? Quelles sont leurs priorités ? Quels obstacles risquent-ils de rencontrer ? Sur toutes ces questions, un document de 15 pages apporte de précieux éclairages. Intitulé « Israël-Palestine : la dernière chance pour la solution des deux États », il a été élaboré par une équipe « bipartisane » de dix personnalités animée par le général Brent Scowcroft. On y retrouve Zbigniew Brzezinski, Chuck Hagel, Lee H. Hamilton… (voir encadré ci-dessous). Le document, qui se décline comme une série de recommandations, a été présenté à l’administration Obama, laquelle semble en faire son vade-mecum ou sa feuille de route pour la paix au Moyen-Orient.
La couleur est annoncée d’emblée. Premier chapitre : « Paix israélo-arabe à la lumière des intérêts des États-Unis et de leurs capacités ». L’origine du conflit est évoquée en ces termes : « La création de l’État d’Israël dans le sillage de l’Holocauste a été accompagnée, pour les Palestiniens, d’immenses souffrances qui durent encore. » Depuis, le Moyen-Orient vit dans la crise et a connu plusieurs guerres. Les États-Unis ont dû s’en mêler d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui plus que jamais – sept ans après le 11 Septembre et cinq ans après l’invasion de l’Irak –, ils ont un rôle essentiel à jouer. Il y va de leurs intérêts stratégiques : « survie d’Israël, libre accès à des ressources vitales, sécurité des routes maritimes, relations avec les alliés arabes et, depuis le “9/11”, sécurité nationale ». Or ces intérêts constants, soulignent les auteurs, sont mieux défendus lorsque les États-Unis sont perçus dans la région comme une puissance qui œuvre pour la paix entre Arabes et Israéliens.
Toute autre politique profite aux ennemis de l’Amérique. L’objectif d’Oussama Ben Laden, le 11 septembre 2001, n’était pas la libération de la Palestine. Néanmoins, Al-Qaïda a beau jeu d’utiliser le sort des Palestiniens pour recruter dans le monde arabo-musulman. De son côté, l’Iran exploite la cause palestinienne pour étendre son influence dans la région. Et la « résistance » dont se réclame son allié, le Hezbollah, concerne le Liban mais aussi Jérusalem. « Il est donc essentiel que la nouvelle administration fasse de la paix arabo-israélienne, et ce dès les débuts de son mandat, une priorité de la sécurité nationale des États-Unis. »
Qu’en est-il d’Israël ? Les dix signataires du document rappellent que, grâce à son partenariat stratégique avec les États-Unis et l’aide qu’il en reçoit, l’État hébreu conserve un avantage militaire sur tous ses ennemis potentiels. Or c’est précisément au nom de ce partenariat que les Américains se doivent de jouer un rôle central dans la recherche de la paix. Certes, il existe en Israël des « minorités fortes et bruyantes qui s’opposent à la paix et pas uniquement avec des mots ». Mais la plupart des Israéliens se soucient d’abord de la sécurité de leur État, laquelle « dépend de l’amitié des États-Unis, et singulièrement du président des États-Unis ». Les Dix sont convaincus que l’opinion israélienne ne pose pas de problème. Les Israéliens savent que « c’est seulement en se tenant à l’écart, en se mettant pour ainsi dire en congé, que les États-Unis leur porteraient préjudice ». Il suffirait donc qu’un gouvernement décidé à faire ces « concessions douloureuses » dont parlait Sharon s’adresse au pays et lui dise : « Le président – et donc les États-Unis qui sont avec nous –, souhaite que nous agissions ainsi pour la paix. »
« Les américains écouteront leur président »
Possible, souhaitable, nécessaire, l’intervention américaine est également indispensable. Elle est dictée par la nature même du conflit. Sans elle, la paix est illusoire. « Au centre de ce conflit, il y a deux peuples qui, tous deux, après des années d’affrontements meurtriers, veulent et méritent la paix. Chacun des deux peuples est persuadé que c’est l’autre qui a la clé du problème et qui doit faire le premier pas. » La méfiance entre eux n’ayant jamais été aussi forte, seuls les États-Unis sont en mesure d’instaurer la confiance entre les deux parties et de leur faire admettre l’inévitable compromis qui exige des concessions douloureuses. Apparemment, c’est surtout Israël qui est visé par cette réflexion : « L’intervention des États-Unis exige de recourir à un mélange subtil de persuasion, d’encouragement, de récompense et de pression, avec toujours le même objectif : passer d’une situation où tout le monde perd à une situation qui profite à tous. »
Les Dix évoquent ensuite le mode d’intervention, la méthode. L’engagement personnel et inefficace de Bill Clinton dans les négociations de Camp David entre Ehoud Barak et Yasser Arafat en juillet 2000 a laissé un mauvais souvenir. Pas question de « faire du président des États-Unis un préposé au conflit israélo-arabe ». Il vaut mieux désigner un envoyé spécial du président qui traitera directement avec les parties et garder l’intervention du président pour les moments décisifs, lorsqu’il s’agira de faire pression sur les parties pour aboutir. Chacun doit savoir néanmoins que l’envoyé spécial a toute la confiance du président, qu’il parle en son nom et qu’il bénéficie du soutien de l’ensemble de l’administration. « La discipline est essentielle. » Sans quoi ses interlocuteurs récalcitrants essaieront de le « contourner », ce qui mettrait en péril la médiation américaine elle-même. À noter qu’en choisissant George Mitchell à ce poste Obama semble suivre à la lettre les recommandations des Dix.
Comment vont réagir les Américains eux-mêmes ? Les auteurs du document font preuve d’un certain réalisme mâtiné de fatalisme. « Quelle que soit la manière avec laquelle la nouvelle administration traitera les affaires israélo-arabes, on ne fera pas l’économie de débats politiques dans le pays. Des juifs américains et des groupes chrétiens sionistes auront tendance à exacerber les positions des politiciens israéliens hostiles au compromis. » Mais il ne faut pas dramatiser. « Le président sera écouté pour peu qu’il s’adresse au pays et lui explique que ce conflit n’a que trop duré et que l’intérêt des États-Unis leur commande d’intervenir. Tout le monde comprendra sans mal que les extrémistes et les terroristes, qui sont nos ennemis quoi que nous fassions, tablent sur la poursuite du conflit. »
En fait, c’est sur place qu’on risque de rencontrer les obstacles qui sont consubstantiels au conflit. Le document les passe en revue. D’abord, la profonde méfiance populaire des deux côtés. « Les Palestiniens écrasés et démoralisés ne croient guère que les Israéliens puissent cesser leur occupation. Pour les Israéliens, les actions violentes des Palestiniens ne sont que la continuation d’une longue histoire où les Juifs sont visés parce qu’ils sont juifs. » Deuxième obstacle : la faiblesse chronique des gouvernements israéliens. On a affaire à des coalitions de partis dont le principal souci est d’éviter les sujets qui fâchent pour se maintenir au pouvoir. « S’il se trouve un Premier ministre qui s’engage sincèrement sur le chemin de la paix, il aura besoin d’énormément d’habileté, d’un soutien constant des États-Unis [déguisé à l’occasion en pression], de la bonne volonté et de la coopération des protagonistes arabes [qui restent sceptiques sur les intentions d’Israël] et d’une considérable bonne fortune. »
Quatre millions de réfugiés
Troisième obstacle : la division des Palestiniens (Cisjordanie/Gaza, Fatah/Hamas). Depuis juin 2007, le Hamas contrôle Gaza. Mahmoud Abbas (Fatah) dirige l’Autorité palestinienne à partir de la Cisjordanie, mais il n’est pas certain que son pouvoir s’étende au-delà de Ramallah. « Il essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre entre un Premier ministre compétent et réformateur [Salam Fayyad] et une vieille garde incompétente et corrompue. » L’absence d’unité rend toute négociation aléatoire.
Après les obstacles, les « questions essentielles à résoudre ». Le document commence par le territoire. Le principe est, sans surprise, le retour aux frontières de 1967, avec des rectifications acceptées d’un commun accord et permettant à Israël d’annexer certaines colonies en échange de territoires équivalents abandonnés à la Palestine. Il faut veiller en outre à préserver la continuité territoriale à l’intérieur de la Cisjordanie et avec Gaza. « L’essentiel est d’accorder à chacun des deux États l’étendue territoriale qu’il avait en 1967. »
Deuxième question : Jérusalem. En principe, la ville devrait rester physiquement unifiée, tout en accueillant deux capitales distinctes, avec les Lieux saints juifs gérés par Israël et les Lieux saints musulmans et chrétiens gérés par la Palestine. Les quartiers arabes ne poseraient pas de problème, mais il faudrait sans doute faire preuve d’imagination créative dans certains lieux, comme ce qui est pour les Juifs le mont du Temple (le Haram al-Charif des musulmans).
Troisième point, le plus sensible entre tous, les réfugiés. Pour les Israéliens, le droit au retour des Palestiniens ne saurait être accepté sous peine de mettre en péril leur État. Pour les Palestiniens, les réfugiés, qui sont environ 4 millions, ont un droit imprescriptible à la justice et à la dignité. On devrait trouver une formule qui épargnerait à Israël un retour massif des réfugiés et permettrait à la Palestine d’en absorber autant que possible. Les camps de réfugiés seront partout fermés et leurs habitants auront à choisir entre vivre en Palestine ou ailleurs. Des fonds importants seront nécessaires pour financer cette vaste opération.
Envoi des forces de l’Otan
Mais la question la plus ardue reste la sécurité. « L’enjeu est de taille : ou bien l’État de Palestine assumera pleinement ses responsabilités vis-à-vis de ses voisins [à commencer par Israël] ou bien la solution des deux États ne résoudra pas les problèmes de sécurité et elle fera long feu. » Une période de transition est prévue, pendant laquelle des arrangements entre les deux parties seront indispensables. Divers scénarios sont envisagés : les Israéliens continuent de dominer la scène sécuritaire, tandis que les rôles seraient répartis entre eux, les Américains et les Palestiniens. Autre scénario : le rôle dirigeant revient aux Palestiniens, avec une coopération étroite avec Israël et, au besoin, le soutien des États-Unis. Quel que soit le scénario retenu, l’objectif est de créer des relations de coopération et de confiance mutuelle entre les deux États voisins. Les arrangements transitoires de sécurité, pleinement acceptés par les deux parties, devraient faire l’objet d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Et, là encore, « il revient aux États-Unis de jouer un rôle essentiel sinon décisif ».
Les Américains n’iront pas seuls. Agissant dans le cadre d’un mandat de l’ONU et sous commandement américain, des forces de l’Otan seraient envoyées sur place, auxquelles se joindraient des troupes notamment jordaniennes et égyptiennes. Le mandat des forces internationales serait de cinq ans renouvelable, avec l’objectif de permettre au bout de quinze ans à la Palestine de maîtriser totalement ses affaires de sécurité. « L’échec ici risque de substituer une forme d’occupation à une autre et mettrait en péril la mise en œuvre du principe des deux États. »
Aujourd’hui, les Palestiniens sont loin du compte, constatent les Dix. Les mesures de sécurité imposées par l’armée israélienne dans les Territoires – barrages, check points, raids… – empêchent la constitution, du côté palestinien, d’une structure de sécurité homogène, professionnelle, compétente, susceptible de coopérer avec les Israéliens. « C’est l’histoire de la poule et de l’œuf, analyse le document. L’inquiétude compréhensible suscitée par le terrorisme a entraîné l’instauration en Cisjordanie d’un régime sécuritaire qui a les pires effets sur l’Autorité palestinienne, fait vivre la population dans la détresse et exclut tout partenariat sur le plan de la sécurité entre Israéliens et Palestiniens. » Il faut tout faire pour sortir de ce cercle vicieux. Et ici encore le rôle essentiel incombe aux États-Unis. Israël va sans doute réclamer un accroissement de l’aide américaine dans ce domaine. « Dès qu’il sera sérieusement question de se retirer de la Cisjordanie, prédisent les auteurs, les émissaires de Jérusalem arriveront à Washington, avec leur shopping list [bon de commande]. Et, bien entendu, une telle demande devrait être satisfaite sans tarder. »
Les Américains vont se trouver ainsi dans l’obligation de répondre aux besoins des Israéliens et des Palestiniens « sans subordonner les uns aux autres ». À coup sûr, « leur forte présence sera longtemps nécessaire avant qu’Israël et la Palestine puissent traiter d’État à État ».
Mahmoud abbas incontournable
Revenons à l’actualité immédiate. Les Israéliens, avec le couple Bibi-Avigdor, sont dans de beaux draps, mais comment se conduisent les Arabes ? Une fois n’est pas coutume, les bonnes nouvelles venant du Caire, de Damas, d’Amman ou de Riyad l’emportent sur les mauvaises.
L’initiative de paix arabe (reconnaissance d’Israël en contrepartie de la création d’un État palestinien sur les frontières de 1967), qui remonte à 2002, trouve enfin l’accueil qu’elle mérite à Washington. La question qui polarise l’inquiétude reste l’insupportable division palestinienne. Les négociations entre le Fatah et le Hamas, menées sous l’égide de l’Égypte, n’ont pas encore abouti, et le projet de gouvernement d’union n’est plus une priorité pour les intéressés. Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, peut néanmoins se targuer d’un succès qui n’est pas négligeable : il est devenu, à force de modération raisonnée et de ténacité calculée, l’interlocuteur obligé, incontournable de tous ceux qui veulent la paix au Moyen-Orient, à commencer par Barack Obama. Un bon point également pour le Hamas. Son chef installé à Damas, Khaled Mechaal, a pris une initiative politique qui va compter dans les grandes manœuvres pour la paix.
Il a reçu début mai deux journalistes du New York Times. L’entretien s’est étalé sur deux jours et a duré cinq heures. « Je prends l’engagement auprès de l’administration américaine et de la communauté internationale, a-t-il déclaré, que nous serons définitivement partie prenante d’un règlement. » Il accepte le principe d’un État palestinien dans les frontières de 1967. S’il ne reconnaît toujours pas formellement Israël, il a proposé une trêve de dix ans. Avec d’autres mots que Yasser Arafat à propos de la charte de l’OLP, il a laissé entendre que le texte fondamental du Hamas, résolument irrédentiste et « rédigé il y a vingt ans », était devenu caduc. À vrai dire, ces déclarations ne sont pas totalement nouvelles. Mais, aujourd’hui, elles ne passent plus inaperçues.
Le titre du document reflète parfaitement la réalité. Au Moyen-Orient, la recherche d’un règlement traverse une passe difficile qui risque d’être fatale. C’est donc vraiment, pour la paix israélo-arabe, la dernière chance. On peut se montrer optimiste néanmoins, car avec Barack Obama – Israël est en train de le redécouvrir à ses dépens – tout a changé.
Le processus de paix, hier moribond, connaît une soudaine accélération. Après avoir rencontré le président américain, le roi Abdallah de Jordanie a déclaré le 11 mai au Times : « Ce sera la paix dans les six mois ou la guerre l’année prochaine. Il faut choisir. » Et de préconiser une « approche globale » avec une « solution non pas des deux États mais des 57 ! » Allusion aux États musulmans qui, sur la lancée de la Ligue arabe, sont disposés à reconnaître Israël pour peu que celui-ci se convertisse à la paix. Et il ne serait pas étonnant que « le plan Obama » en gestation reprenne une telle proposition qui, à défaut de recevoir l’adhésion enthousiaste de Netanyahou, ferait sans doute réfléchir la masse des Israéliens.
"Barack Obama est notre nouveau président" | Courrier international
"Barack Obama est notre nouveau président" Courrier international
C'est à Chicago que Barack Obama a prononcé son premier discours de président élu des Etats-Unis. En éditorial, le quotidien local s'exclame : "L'élection d'Obama compte parmi ces événements qui montrent tout le trajet que notre nation a accompli. Quand il est né, en 1961, les Africains-Américains, dans certains Etats du sud du pays, risquaient leur vie pour aller s'inscrire sur les listes électorales. Et pourtant, aujourd'hui, la nation est prête à confier son avenir à un homme dont le père était noir."
C'est à Chicago que Barack Obama a prononcé son premier discours de président élu des Etats-Unis. En éditorial, le quotidien local s'exclame : "L'élection d'Obama compte parmi ces événements qui montrent tout le trajet que notre nation a accompli. Quand il est né, en 1961, les Africains-Américains, dans certains Etats du sud du pays, risquaient leur vie pour aller s'inscrire sur les listes électorales. Et pourtant, aujourd'hui, la nation est prête à confier son avenir à un homme dont le père était noir."
Barack Obama accusé d'importer le socialisme
Barack Obama accusé d'importer le socialisme
Les Républicains lancent l'offensive contre Obama en accusant ce dernier d'importer le socialisme.Le volet économique sera probablement déterminant lors des élections de 2010 ; d'où l'importance du calendrier de la reprise.Le rendez-vous de la nouvelle Administration Américaine est en trois temps :- stopper l'hémorragie d'emplois,- puis recréer des emplois,- enfin, réguler autrement l'économie post-crise.Cette troisième étape sera le véritable rendez-vous politique car elle vise à encadrer " l'économie spontanée ".Dans les discours des principaux responsables de la nouvelle Administration, le "job enrichment" effectue un retour en force.Cette notion avait été développée dans les années 60 par Frederick Hertberg, Professeur à Cleveland.Elle accorde une place nouvelle à la dimension humaine du travail en reconnaissant 5 motivateurs :- l'accomplissement,- la reconnaissance par autrui de cet accomplissement,- la qualité du travail,- la responsabilité,- la possibilité d'un progrès.C'est cette recherche de "contenu motivationnel" des tâches qui s'oppose à une forme d'organisation financière des tâches.C'est une dimension qui change les rapports au sein de l'entreprise en les rapprochant de données déjà partiellement applicables dans des marchés du travail comme les occidentaux.Cette dimension nouvelle va susciter de fortes oppositions de la part des Républicains les plus radicaux, défenseurs de la " libre entreprise " sous ses connotations les plus brutales. Des Républicains qui agitent déjà l'épouvantail du socialisme et mettent en ligne des premières vidéos de Barack Obama avec le mot "socialisme" ou parfois même le logo du "poing et de la rose"; ce qui d'ailleurs est d'une impact faible car ce graphisme n'a pas là bas une notoriété assez forte.Cette dimension, à l'exemple des nouvelles règles de relations internationales ou des actions contre le réchauffement du climat, traduit la réalité profonde de l'élection de Barack Obama : une nouvelle révolution morale.
Les Républicains lancent l'offensive contre Obama en accusant ce dernier d'importer le socialisme.Le volet économique sera probablement déterminant lors des élections de 2010 ; d'où l'importance du calendrier de la reprise.Le rendez-vous de la nouvelle Administration Américaine est en trois temps :- stopper l'hémorragie d'emplois,- puis recréer des emplois,- enfin, réguler autrement l'économie post-crise.Cette troisième étape sera le véritable rendez-vous politique car elle vise à encadrer " l'économie spontanée ".Dans les discours des principaux responsables de la nouvelle Administration, le "job enrichment" effectue un retour en force.Cette notion avait été développée dans les années 60 par Frederick Hertberg, Professeur à Cleveland.Elle accorde une place nouvelle à la dimension humaine du travail en reconnaissant 5 motivateurs :- l'accomplissement,- la reconnaissance par autrui de cet accomplissement,- la qualité du travail,- la responsabilité,- la possibilité d'un progrès.C'est cette recherche de "contenu motivationnel" des tâches qui s'oppose à une forme d'organisation financière des tâches.C'est une dimension qui change les rapports au sein de l'entreprise en les rapprochant de données déjà partiellement applicables dans des marchés du travail comme les occidentaux.Cette dimension nouvelle va susciter de fortes oppositions de la part des Républicains les plus radicaux, défenseurs de la " libre entreprise " sous ses connotations les plus brutales. Des Républicains qui agitent déjà l'épouvantail du socialisme et mettent en ligne des premières vidéos de Barack Obama avec le mot "socialisme" ou parfois même le logo du "poing et de la rose"; ce qui d'ailleurs est d'une impact faible car ce graphisme n'a pas là bas une notoriété assez forte.Cette dimension, à l'exemple des nouvelles règles de relations internationales ou des actions contre le réchauffement du climat, traduit la réalité profonde de l'élection de Barack Obama : une nouvelle révolution morale.
lundi 25 mai 2009
L'Iran, facteur central de la politique Obama au Proche-Orient , Proche Moyen-Orient - Information NouvelObs.com
samedi 23 mai 2009
Automobile : le coup de baguette magique d'Obama
Automobile : le coup de baguette magique d'Obama
Mardi 19 mai, le président des Etats-Unis, Barack Obama, a annoncé un programme national fixant des limites strictes sur l’émission de gaz d’échappement des véhicules. L’objectif est de réduire les émissions de dioxyde de carbone des véhicules de 30% d'ici 2016. L'ensemble des véhicules devra consommer en moyenne 6,7 litres au cent (6 l/100 km pour les seules voitures particulières) et émettre en moyenne 156 g de CO2/km. Une chance à saisir pour l'industrie automobile européenne qui sait déjà faire beaucoup mieux.
Si cette réglementation est la plus ambitieuse jamais mise en œuvre aux Etats-Unis, elle est encore bien loin des normes européennes fixant un objectif de 130 g de CO2/km pour 2015 (5,5 l au 100 km) avec pour ambition d’atteindre 95 g en 2020 (soit moins de 4l/100 km). « Pour la première fois dans l'histoire, nous avons mis en œuvre une politique nationale visant à diminuer la consommation et les émissions de gaz à effet de serre des véhicules vendus aux Etats-Unis » déclare Obama.
Selon le président des Etats-Unis, ces mesures équivaudraient à la fermeture de 194 usines de charbon ou 58 millions de voitures en moins sur les routes. Ces nouvelles normes doivent permettre d'économiser 1,8 milliard de barils de pétrole, soit la réduction de 900 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an. Les Etats-Unis consomment de l'ordre de 20 millions de barils de pétrole par jour dont 60% pour les transports.
Un haut fonctionnaire estime qu'un supplément de 1300 $ sera nécessaire pour produire chaque voiture. À ceci, le président Obama répond que la baisse du prix de l’essence compensera cette augmentation au bout de trois ans. L’administration Obama annonce d’ailleurs que la mise au point de cette réglementation a été menée en concertation avec les constructeurs.
Au congrès du 19 mai, les démocrates ont dû faire face aux républicains sur le projet de loi sur le changement climatique Ces derniers prévoient d’introduire plus de 400 amendements au projet qui vise à instaurer des plafonds aux émissions de CO2 et à obliger les compagnies d’électricité à produire en partie avec des énergies renouvelables.
Mardi 19 mai, le président des Etats-Unis, Barack Obama, a annoncé un programme national fixant des limites strictes sur l’émission de gaz d’échappement des véhicules. L’objectif est de réduire les émissions de dioxyde de carbone des véhicules de 30% d'ici 2016. L'ensemble des véhicules devra consommer en moyenne 6,7 litres au cent (6 l/100 km pour les seules voitures particulières) et émettre en moyenne 156 g de CO2/km. Une chance à saisir pour l'industrie automobile européenne qui sait déjà faire beaucoup mieux.
Si cette réglementation est la plus ambitieuse jamais mise en œuvre aux Etats-Unis, elle est encore bien loin des normes européennes fixant un objectif de 130 g de CO2/km pour 2015 (5,5 l au 100 km) avec pour ambition d’atteindre 95 g en 2020 (soit moins de 4l/100 km). « Pour la première fois dans l'histoire, nous avons mis en œuvre une politique nationale visant à diminuer la consommation et les émissions de gaz à effet de serre des véhicules vendus aux Etats-Unis » déclare Obama.
Selon le président des Etats-Unis, ces mesures équivaudraient à la fermeture de 194 usines de charbon ou 58 millions de voitures en moins sur les routes. Ces nouvelles normes doivent permettre d'économiser 1,8 milliard de barils de pétrole, soit la réduction de 900 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an. Les Etats-Unis consomment de l'ordre de 20 millions de barils de pétrole par jour dont 60% pour les transports.
Un haut fonctionnaire estime qu'un supplément de 1300 $ sera nécessaire pour produire chaque voiture. À ceci, le président Obama répond que la baisse du prix de l’essence compensera cette augmentation au bout de trois ans. L’administration Obama annonce d’ailleurs que la mise au point de cette réglementation a été menée en concertation avec les constructeurs.
Au congrès du 19 mai, les démocrates ont dû faire face aux républicains sur le projet de loi sur le changement climatique Ces derniers prévoient d’introduire plus de 400 amendements au projet qui vise à instaurer des plafonds aux émissions de CO2 et à obliger les compagnies d’électricité à produire en partie avec des énergies renouvelables.
Obama : un langage nouveau
ouest-france.fr - Obama : un langage nouveau
« Comment travaillons-nous à travers ces conflits que nous rencontrons ? »
Cela commence par une interrogation lancée par Barack Obama, dans son allocution aux douze mille étudiants de l'Université Notre-Dame d'Indiana. Le Président, de confession protestante, avait donc été invité par les évêques catholiques à venir s'exprimer dans l'un des plus prestigieux établissements catholiques des États-Unis. Tous les évêques romains n'avaient pas été d'accord. Soixante d'entre eux, sur les deux cent quatre-vingt-dix prélats, s'y opposaient en raison des prises de position du Président sur l'avortement.
Barack Obama est venu. Il n'a pas esquivé les questions. Il n'a pas masqué les différences. Il a simplement expliqué comment il voyait la manière d'y faire face ensemble ; comment se comporter devant un problème de fond qui touche aux principes défendus ardemment par les uns, contre d'autres principes défendus aussi ardemment par les autres. Comment se comprendre mutuellement, admettre que les oppositions ont une raison d'être et qu'il faut bien, malgré cela ou à cause de cela, trouver une solution. Solution qui ne sera peut-être pas satisfaisante pour tous, mais qui peut être le moindre mal.
C'est évidemment difficile dans nombre de conflits de nature éthique, professionnelle, sociale ou nationale. Des conflits qui opposent des classes sociales, des nations, des traditions religieuses. Mais il faut bien avancer vers des solutions acceptables au nom du respect de l'autre, sinon c'est la lutte, le combat qui surviennent.
Le président des États-Unis citait, par exemple, l'opposition radicale entre ceux qui, « enracinés dans une admirable conviction au sujet du caractère sacré de la vie », s'opposent à la recherche sur les cellules souches embryonnaires et, d'autre part, les parents d'enfants souffrant de diabète juvénile dont ils veulent atténuer les douleurs et sauver l'existence au nom de leur affection et aussi du « caractère sacré de la vie ».
Une expérienceporteuse d'espoir
Le Président a dit combien il était nécessaire d'éviter le choc entre ces conceptions si différentes et ceux qui les soutiennent : « Comment travaillons-nous à travers ces conflits ? Est-il possible de joindre nos mains dans un effort commun ?... Comment pouvons-nous rester fermes sur nos principes et combattre pour ce que nous considérons juste, sans diaboliser ceux qui ont, sur l'autre bord, des convictions toutes aussi fortes... Chaque partie continuera à plaider sa cause dans l'espace public avec passion et conviction. Mais, certainement, pouvons-nous le faire sans réduire à la caricature ceux qui ont des vues différentes » (1).
C'est un langage nouveau dans la bouche du président américain, comparé à celui du précédent président. Celui-ci fait-il preuve de naïveté juvénile ? Certainement pas. Ce sont ses convictions profondes qui sont ainsi manifestées. Celles de l'animateur social qui, pendant trois ans, oeuvra à la base, dans un quartier de Chicago. Là, il a acquis la connaissance de l'homme dans sa diversité et dans ses contradictions. C'est cette expérience qui l'a profondément marqué et qu'à travers les difficultés de l'exercice du pouvoir et ses vicissitudes, il tente de faire partager.
Une telle expérience chez un homme politique est rare. Elle est, sans doute, encore plus porteuse d'espoir que l'expérience acquise par d'autres dans une armée au combat par exemple, dans la conduite d'une administration ou dans celle des affaires.
(1) La Croix du 19 mai 2009.
« Comment travaillons-nous à travers ces conflits que nous rencontrons ? »
Cela commence par une interrogation lancée par Barack Obama, dans son allocution aux douze mille étudiants de l'Université Notre-Dame d'Indiana. Le Président, de confession protestante, avait donc été invité par les évêques catholiques à venir s'exprimer dans l'un des plus prestigieux établissements catholiques des États-Unis. Tous les évêques romains n'avaient pas été d'accord. Soixante d'entre eux, sur les deux cent quatre-vingt-dix prélats, s'y opposaient en raison des prises de position du Président sur l'avortement.
Barack Obama est venu. Il n'a pas esquivé les questions. Il n'a pas masqué les différences. Il a simplement expliqué comment il voyait la manière d'y faire face ensemble ; comment se comporter devant un problème de fond qui touche aux principes défendus ardemment par les uns, contre d'autres principes défendus aussi ardemment par les autres. Comment se comprendre mutuellement, admettre que les oppositions ont une raison d'être et qu'il faut bien, malgré cela ou à cause de cela, trouver une solution. Solution qui ne sera peut-être pas satisfaisante pour tous, mais qui peut être le moindre mal.
C'est évidemment difficile dans nombre de conflits de nature éthique, professionnelle, sociale ou nationale. Des conflits qui opposent des classes sociales, des nations, des traditions religieuses. Mais il faut bien avancer vers des solutions acceptables au nom du respect de l'autre, sinon c'est la lutte, le combat qui surviennent.
Le président des États-Unis citait, par exemple, l'opposition radicale entre ceux qui, « enracinés dans une admirable conviction au sujet du caractère sacré de la vie », s'opposent à la recherche sur les cellules souches embryonnaires et, d'autre part, les parents d'enfants souffrant de diabète juvénile dont ils veulent atténuer les douleurs et sauver l'existence au nom de leur affection et aussi du « caractère sacré de la vie ».
Une expérienceporteuse d'espoir
Le Président a dit combien il était nécessaire d'éviter le choc entre ces conceptions si différentes et ceux qui les soutiennent : « Comment travaillons-nous à travers ces conflits ? Est-il possible de joindre nos mains dans un effort commun ?... Comment pouvons-nous rester fermes sur nos principes et combattre pour ce que nous considérons juste, sans diaboliser ceux qui ont, sur l'autre bord, des convictions toutes aussi fortes... Chaque partie continuera à plaider sa cause dans l'espace public avec passion et conviction. Mais, certainement, pouvons-nous le faire sans réduire à la caricature ceux qui ont des vues différentes » (1).
C'est un langage nouveau dans la bouche du président américain, comparé à celui du précédent président. Celui-ci fait-il preuve de naïveté juvénile ? Certainement pas. Ce sont ses convictions profondes qui sont ainsi manifestées. Celles de l'animateur social qui, pendant trois ans, oeuvra à la base, dans un quartier de Chicago. Là, il a acquis la connaissance de l'homme dans sa diversité et dans ses contradictions. C'est cette expérience qui l'a profondément marqué et qu'à travers les difficultés de l'exercice du pouvoir et ses vicissitudes, il tente de faire partager.
Une telle expérience chez un homme politique est rare. Elle est, sans doute, encore plus porteuse d'espoir que l'expérience acquise par d'autres dans une armée au combat par exemple, dans la conduite d'une administration ou dans celle des affaires.
(1) La Croix du 19 mai 2009.
vendredi 22 mai 2009
mercredi 20 mai 2009
La carte arabe de Barack Obama
ouest-france.fr - La carte arabe de Barack Obama
Rompre avec le soutien inconditionnel accordé à Israël par son prédécesseur et favoriser une approche régionale : telles étaient les grandes lignes annoncées, depuis deux mois, par Barack Obama pour relancer le processus de paix au Proche-Orient. Si besoin en était, le rude tête-à-tête qu'il vient d'avoir à la Maison-Blanche, lundi, avec Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, vient de confirmer qu'un changement substantiel est en cours à Washington, sur ce dossier sensible et toujours prioritaire.La rupture, elle sautait aux yeux, avant-hier soir, au sortir du bureau ovale. Rarement les divergences avaient été si visibles entre les deux pays. Netanyahu ne veut pas entendre parler de la naissance d'un État palestinien ? Obama en fait une exigence non négociable. Olmert et Sharon l'avaient d'ailleurs acceptée.Le Premier ministre israélien considère comme une nécessité l'extension démographique des colonies installées en Cisjordanie ? Obama demande un gel total. Sur la centaine d'implantations israéliennes dites « sauvages », aucune n'a été démantelée. Les constructions y sont même en perpétuelle hausse.Enfin, les Israéliens considèrent le nucléaire iranien comme une « menace existentielle » et une priorité absolue dans l'agenda proche-oriental ? Washington ne sous-estime pas la menace, mais entend tester la carte du dialogue avec Téhéran, jusqu'à la fin de l'année, a dit le Président américain.La nouvelle ligne dictée par Barack Obama part, à la fois, d'un constat et d'un pari. Le constat, c'est celui de l'échec du projet de Grand Moyen-Orient démocratisé qui avait justifié, aux yeux de George W. Bush, le coup de Bagdad. Si nul ne se plaindra de la sortie de scène de Saddam Hussein, la guerre en Irak a donné les coudées franches à l'Iran. Et ses satellites armés que sont le Hezbollah et le Hamas n'ont pas peu contribué à renforcer les réflexes communautaires et à diffuser un sentiment d'impasse presque totale dans la région.Quant au pari diplomatique, c'est ce qu'Obama appelle une approche régionale. Le rapprochement avec la Syrie est en cours. Le dialogue avec Téhéran est ouvert et va dépendre du résultat de l'élection présidentielle iranienne du 12 juin. Washington espère, en remettant le plan saoudien de 2002 à l'ordre du jour, créer une dynamique de paix. Ce plan prévoyait la reconnaissance d'Israël par les vingt-deux pays de la Ligue arabe, en échange d'un retour d'Israël à ses frontières de 1967.Tout se tient, disent les conseillers d'Obama. Tous les dossiers sont donc sur la table pour tenter, par une action simultanée, de surmonter des écueils redoutables : l'isolement d'Israël, la fragilité des institutions au Liban, la division des Palestiniens, la méfiance de Damas, les appétits de Téhéran.Le premier appel de Barack Obama, dès son entrée à la Maison-Blanche, le 20 janvier, avait été pour Mahmoud Abbas, le leader palestinien. Son premier voyage dans la région, le 4 juin, sera au Caire, où il devrait prononcer un discours crucial, selon son entourage. Si les symboles comptent, ils parlent clair. Le Président américain joue la carte arabe. Il espère ainsi sortir le Proche-Orient d'une impasse dangereuse et l'Amérique de son rôle de cible désignée du monde musulman.
Laurent Marchand
Rompre avec le soutien inconditionnel accordé à Israël par son prédécesseur et favoriser une approche régionale : telles étaient les grandes lignes annoncées, depuis deux mois, par Barack Obama pour relancer le processus de paix au Proche-Orient. Si besoin en était, le rude tête-à-tête qu'il vient d'avoir à la Maison-Blanche, lundi, avec Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, vient de confirmer qu'un changement substantiel est en cours à Washington, sur ce dossier sensible et toujours prioritaire.La rupture, elle sautait aux yeux, avant-hier soir, au sortir du bureau ovale. Rarement les divergences avaient été si visibles entre les deux pays. Netanyahu ne veut pas entendre parler de la naissance d'un État palestinien ? Obama en fait une exigence non négociable. Olmert et Sharon l'avaient d'ailleurs acceptée.Le Premier ministre israélien considère comme une nécessité l'extension démographique des colonies installées en Cisjordanie ? Obama demande un gel total. Sur la centaine d'implantations israéliennes dites « sauvages », aucune n'a été démantelée. Les constructions y sont même en perpétuelle hausse.Enfin, les Israéliens considèrent le nucléaire iranien comme une « menace existentielle » et une priorité absolue dans l'agenda proche-oriental ? Washington ne sous-estime pas la menace, mais entend tester la carte du dialogue avec Téhéran, jusqu'à la fin de l'année, a dit le Président américain.La nouvelle ligne dictée par Barack Obama part, à la fois, d'un constat et d'un pari. Le constat, c'est celui de l'échec du projet de Grand Moyen-Orient démocratisé qui avait justifié, aux yeux de George W. Bush, le coup de Bagdad. Si nul ne se plaindra de la sortie de scène de Saddam Hussein, la guerre en Irak a donné les coudées franches à l'Iran. Et ses satellites armés que sont le Hezbollah et le Hamas n'ont pas peu contribué à renforcer les réflexes communautaires et à diffuser un sentiment d'impasse presque totale dans la région.Quant au pari diplomatique, c'est ce qu'Obama appelle une approche régionale. Le rapprochement avec la Syrie est en cours. Le dialogue avec Téhéran est ouvert et va dépendre du résultat de l'élection présidentielle iranienne du 12 juin. Washington espère, en remettant le plan saoudien de 2002 à l'ordre du jour, créer une dynamique de paix. Ce plan prévoyait la reconnaissance d'Israël par les vingt-deux pays de la Ligue arabe, en échange d'un retour d'Israël à ses frontières de 1967.Tout se tient, disent les conseillers d'Obama. Tous les dossiers sont donc sur la table pour tenter, par une action simultanée, de surmonter des écueils redoutables : l'isolement d'Israël, la fragilité des institutions au Liban, la division des Palestiniens, la méfiance de Damas, les appétits de Téhéran.Le premier appel de Barack Obama, dès son entrée à la Maison-Blanche, le 20 janvier, avait été pour Mahmoud Abbas, le leader palestinien. Son premier voyage dans la région, le 4 juin, sera au Caire, où il devrait prononcer un discours crucial, selon son entourage. Si les symboles comptent, ils parlent clair. Le Président américain joue la carte arabe. Il espère ainsi sortir le Proche-Orient d'une impasse dangereuse et l'Amérique de son rôle de cible désignée du monde musulman.
Laurent Marchand
mardi 19 mai 2009
L'ANP salue l'appel d'Obama à une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien
L'ANP salue l'appel d'Obama à une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien
L'Autorité nationale palestinienne (ANP) a salué mardi l'appel du président américain Barack Obama à la création d'un Etat palestinien.
Lundi, le président américain Barack Obama a réaffirmé l'engagement des Etats-Unis à une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien.
"Je pense qu'il est dans l'intérêt non seulement des Palestiniens, mais aussi des Israéliens, des Etats-Unis et de la communauté internationale de parvenir à une solution à deux Etats, dans laquelle Israéliens et Palestiniens vivent côte-à-côtes dans la paix et la sécurité", a déclaré à la presse M. Obama au terme de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche.
"Les remarques d'Obama ont été encourageantes", a indiqué Nabil Abu Rdineh, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.
M. Obama a également appelé M. Netanyahu à cesser la colonisation dans les territoires occupés. "La colonisation doit cesser pour que nous puissons avancer", a souligné le président américain.
En réponse, M. Netanyahu a dit qu'Israël était prêt à reprendre les négociations avec les Palestiniens, mais insistant à ce que les Palestiniens reconnaissent l'existence d'Israël.
Nabil Abu Rdineh a déploré que M. Netanyhu n'ait pas mentionné l'Etat palestinien, ce qui est "décevant" pour l'ANP.
M. Abbas est attendu aux Etats-Unis la semaine prochaine pour rencontrer le président Obama.
"Nous attendons cette rencontre pour mettre en place une politique arabe unifiée contre la politique israélienne", a noté le porte-parole.
Pour sa part, Saëb Erakat, négociateur en chef palestinien, a rejeté la demande de M. Netanyahu selon laquelle les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme Etat juif avant la reprise des négociations de paix.
L'Autorité nationale palestinienne (ANP) a salué mardi l'appel du président américain Barack Obama à la création d'un Etat palestinien.
Lundi, le président américain Barack Obama a réaffirmé l'engagement des Etats-Unis à une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien.
"Je pense qu'il est dans l'intérêt non seulement des Palestiniens, mais aussi des Israéliens, des Etats-Unis et de la communauté internationale de parvenir à une solution à deux Etats, dans laquelle Israéliens et Palestiniens vivent côte-à-côtes dans la paix et la sécurité", a déclaré à la presse M. Obama au terme de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche.
"Les remarques d'Obama ont été encourageantes", a indiqué Nabil Abu Rdineh, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.
M. Obama a également appelé M. Netanyahu à cesser la colonisation dans les territoires occupés. "La colonisation doit cesser pour que nous puissons avancer", a souligné le président américain.
En réponse, M. Netanyahu a dit qu'Israël était prêt à reprendre les négociations avec les Palestiniens, mais insistant à ce que les Palestiniens reconnaissent l'existence d'Israël.
Nabil Abu Rdineh a déploré que M. Netanyhu n'ait pas mentionné l'Etat palestinien, ce qui est "décevant" pour l'ANP.
M. Abbas est attendu aux Etats-Unis la semaine prochaine pour rencontrer le président Obama.
"Nous attendons cette rencontre pour mettre en place une politique arabe unifiée contre la politique israélienne", a noté le porte-parole.
Pour sa part, Saëb Erakat, négociateur en chef palestinien, a rejeté la demande de M. Netanyahu selon laquelle les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme Etat juif avant la reprise des négociations de paix.
lundi 18 mai 2009
Dans Newsweek : "Une conversation avec Barack Obama"
Dans Newsweek : "Une conversation avec Barack Obama"... dans le NouvelObs.com
Dans Newsweek : "Une conversation avec Barack Obama"
NOUVELOBS.COM 18.05.2009 16:37
Où en est-il aujourd’hui ? Dans un entretien à bord d'Air Force One, Barack Obama revient sur ses débuts en tant que président.
Article publié sur le site de Newsweek le 16 mai 2009.
Il l’a fait parce que c’est dans son pouvoir. Mercredi dernier, dans la fraîcheur grandissante de la fin de l’après-midi, Marine One dépose le président Barack Obama sur le tarmac de la base de l’Air Force à Andrews. Alors qu’il descend la passerelle de l’hélicoptère, retournant son salut au Marine qui l’accueille, il est prévu qu’il reparte directement sur Air Force One pour un vol en direction de la chaleur de l’Arizona. En regardant à sa droite, cependant, il remarque un petit attroupement d’écoliers et de fonctionnaires de l’armée qui se sont regroupés, arborant appareils photos et pancartes faites maison. Brusquement, mais avec élégance, le président s’élance vers les spectateurs. Le groupe de journalistes et le personnel de sécurité se lance à sa suite. Il serre chaque main et, atteignant la fin de la file, évite adroitement tout contact visuel avec le troupeau de journalistes. Alors qu’il repart vers Air Force One, la brise se met à souffler — et tout le monde se précipite pour ne pas se faire semer.C’est une journée à l’image de la présidence : Barack Obama fait ce qu’il entend, et le reste du monde se débrouille pour suivre. Quatre heures plus tard, confortablement installé dans son bureau volant, en bras de chemise rehaussé d’une cravate écarlate, ordinateur portable ouvert devant lui, blouson bleu Air Force One sur le dossier de sa chaise à pivot, comme toujours, le président contrôle (il admet avoir récemment vu le nouveau Star Trek car "tout le monde disait que j’étais Spock"). Après une série de questions sur ce qu’il avait appris dans ses premiers mois à la Maison Blanche, je lui ai demandé s’il pouvait relire un paragraphe de son livre, "L’audace d’espérer" et de réagir.Ses yeux tombant sur le passage surligné, il dit "Oui, je me rappelle de ces mots". Il marque une pause, et lit un paragraphe consacré à l’importance d’une belle vie : "C’est ce qui me satisfait aujourd’hui, je pense : être utile à ma famille et à ceux qui m’ont élu, que l’héritage que je laisserai derrière moi fasse que nos enfants puissent, plus que nous, mener une vie pleine d’espoir. Parfois, travaillant à Washington, j’ai le sentiment d’atteindre ce but. A d’autres moments, il me semble que l’objectif s’éloigne, et que toutes les activités auxquelles je me consacre — les auditions, les discours, les conférences de presse et les "position papers" (les résumés de position politique) – sont des exercices de vanité, qui ne sont d’utilité à personne".Est-il aujourd’hui, à la maison blanche, encore sujet à un tel pessimisme ? Lui arrive-t-il d’éprouver un sentiment de futilité ? En fermant le livre pour me le tendre par-dessus son bureau, il me dit : "Je confesse n’avoir pas eu le temps d’avoir ce genre de sentiment. L’un des plus extraordinaires privilèges d’être président, et surtout président à une heure de grandes difficultés, c’est que vous avez devant vous une assiette bien pleine, et que les décisions que nous prenons, et les politiques que nous entreprenons, j’en suis certain, entraîneront un changement". En d’autres mots, les frustrations qu’on peut éprouver en tant que sénateur, encore moins celles d’un "community organizer", ont laissé la place à un sentiment palpable d’autorité et d’efficacité. Ce qu’il dit, ce qu’il fait, ce qu’il décide : tout est important, et c’est ce qu’il apprécie.Ce qu’il a appris, c’est qu’il aime le pouvoir — la capacité à modeler la réalité a son image, et selon ses désirs — et qu’il considère que les crises sont des moments décisifs, revigorants, et utiles. Qu’un président se considère adapté au pouvoir n’est guère nouveau, mais que Barack Obama s’en délecte à ce point — bien que de cette façon discrète dont il se délecte de quoi que ce soit — contredit les autres perceptions populaires de sa personnalité. Parmi ses partisans, beaucoup le voient comme l’incarnation d’une sorte de façon utopique et progressiste de faire de la politique, dans laquelle l’utilisation brutale de la force est périmée, une relique des ruines de l’Ere Bush — Cheney. Ses critiques, cependant, le considèrent comme un faible, un crypto-socialiste, un mondialiste capable d’offrir thé et commisération aux états-voyous.L’expérience des premiers mois de son mandat suggère que les deux camps devront rectifier leur jugement à la lumière des faits. Dans l’univers de Barack Obama, la force et la subtilité ne s’excluent pas l’une de l’autre. Il est capable de prendre la mauvaise décision — on a vu sous sa surveillance, des situations mal tourner, aux Etats-Unis ou à l’extérieur — mais l’un des aspects les plus intéressants et le plus négligé de ce début de mandat, c’est l’aisance avec laquelle Barack Obama prend des décisions. Il savoure l’exercice du pouvoir de la présidence. Woodrow Wilson a décrit le mandat présidentiel comme "le lieu principal de l’action dans le système". Du secteur financier à l’industrie automobile en passant par le terrorisme, Obama a endossé personnellement ces caractéristiques institutionnelles. Il est l’action.Il a les vices de ses vertus. Sa parfaite connaissance de l’action politique peut le faire paraître abrupt quand il sent qu’une réunion s’attarde sur des sujets qu’il connaît déjà. Sa confiance en lui — construite au cours d’une enfance sans père — peut engendrer une impression de distance, même pour ceux qui sont dévoués à son succès. Son pragmatisme et sa disposition à changer d’avis s’il est confronté à de nouvelles informations peuvent irriter les éléments les plus progressistes de sa coalition.Pour mémoire, parler avec Barack Obama, c’est observer un déploiement d’adresse psychologique et intellectuelle — et y être intégré, du fait de la nature de l’échange. La plupart des hommes politiques tenteront instinctivement de vous désarmer en établissant une sorte de rapport personnel, généralement par une remarque aimable sur un de vos récents articles, ou un rappel de votre dernière rencontre (remarque et rappel fournis quelques instants avant par son équipe). Quel que soit le degré de conscience que vous ayez du caractère artificiel du geste, il est de la nature humaine d’être flatté à un certain degré — "Je savais qu’il s’en souviendrait", ou "Bon, il fait peut-être semblant avec les autres, mais je suis sûr qu’il a apprécié cet article".Barack Obama, du moins selon mon expérience, n’est pas comme ça. Il y a du bavardage à l’occasion, mais très peu, et jamais cette façon de séduire à coup de compliments. On travaille, le temps est compté, alors allons droit au but. Lorsqu’il répond aux questions, le regard est plus intense à deux moments : lorsqu’il répète, pour la énième fois, une réponse soigneusement élaborée, et lorsqu’il est pris d’un enthousiasme spontané pour un sujet abordé dans la conversation.A bord d’Air Force One, ses yeux ont brillé quand je l’ai interrogé sur sa volonté d’utiliser la force militaire américaine, d’abord au Pakistan, puis en Iran."Je n’écarte aucune option lorsqu’il s’agit de la sécurité des Etats-Unis, point à la ligne", m’a-t-il répondu. Puis, un instant après, il ajoutait : "Et je vous garantis que je ne suis pas naïf", en élevant très légèrement le ton, sa tête ayant très subtilement adopté un angle plus autoritaire.Je ne suis pas naïf. Non, Barack Obama ne l’est sans doute pas non plus — sinon, nous n’aurions pas cette conversation dans l’avion présidentiel, mais dans son bureau du Sénat, ou sur un vol commercial reliant Washington et O’Hare (aéroport de Chicago). C’est une série de paris, pris contre le bon sens, qui lui ont gagné cet avion. Le principal étant que les Américains étaient ouverts à plus de complexité après huit ans de pensée manichéenne. "Le peuple américain, je pense, a non seulement de la tolérance, mais également un énorme appétit pour l’explication et la complexité, et la volonté de reconnaître la gravité des problèmes" dit Barack Obama. "Je pense que la plus grosse erreur qu’on puisse commettre à Washington, c’est de penser qu’il faut diluer les choses avant de les présenter au public".Il affirme refuser de regarder les nouvelles sur le câble (à la télévision, il se cantonne au sport) et apparaît résolu à continuer d’endosser le rôle qui l’a amené jusqu’ici — Spock avec un sex-appeal tous azimuts. Parlant du poids des décisions qui lui incombent, il est réaliste : "Il est possible que leurs conséquences puissent décevoir, et qu’il y ait des moments où, revenant sur telle décision ou telle politique, je me dise que j’aurais dû prendre un autre chemin, mais je n’ai jamais l’impression de faire du surplace. Du moins, pas encore".
Par Jon Meacham
Traduction française de David Korn
Lire la version américaine de l'article
Dans Newsweek : "Une conversation avec Barack Obama"
NOUVELOBS.COM 18.05.2009 16:37
Où en est-il aujourd’hui ? Dans un entretien à bord d'Air Force One, Barack Obama revient sur ses débuts en tant que président.
Article publié sur le site de Newsweek le 16 mai 2009.
Il l’a fait parce que c’est dans son pouvoir. Mercredi dernier, dans la fraîcheur grandissante de la fin de l’après-midi, Marine One dépose le président Barack Obama sur le tarmac de la base de l’Air Force à Andrews. Alors qu’il descend la passerelle de l’hélicoptère, retournant son salut au Marine qui l’accueille, il est prévu qu’il reparte directement sur Air Force One pour un vol en direction de la chaleur de l’Arizona. En regardant à sa droite, cependant, il remarque un petit attroupement d’écoliers et de fonctionnaires de l’armée qui se sont regroupés, arborant appareils photos et pancartes faites maison. Brusquement, mais avec élégance, le président s’élance vers les spectateurs. Le groupe de journalistes et le personnel de sécurité se lance à sa suite. Il serre chaque main et, atteignant la fin de la file, évite adroitement tout contact visuel avec le troupeau de journalistes. Alors qu’il repart vers Air Force One, la brise se met à souffler — et tout le monde se précipite pour ne pas se faire semer.C’est une journée à l’image de la présidence : Barack Obama fait ce qu’il entend, et le reste du monde se débrouille pour suivre. Quatre heures plus tard, confortablement installé dans son bureau volant, en bras de chemise rehaussé d’une cravate écarlate, ordinateur portable ouvert devant lui, blouson bleu Air Force One sur le dossier de sa chaise à pivot, comme toujours, le président contrôle (il admet avoir récemment vu le nouveau Star Trek car "tout le monde disait que j’étais Spock"). Après une série de questions sur ce qu’il avait appris dans ses premiers mois à la Maison Blanche, je lui ai demandé s’il pouvait relire un paragraphe de son livre, "L’audace d’espérer" et de réagir.Ses yeux tombant sur le passage surligné, il dit "Oui, je me rappelle de ces mots". Il marque une pause, et lit un paragraphe consacré à l’importance d’une belle vie : "C’est ce qui me satisfait aujourd’hui, je pense : être utile à ma famille et à ceux qui m’ont élu, que l’héritage que je laisserai derrière moi fasse que nos enfants puissent, plus que nous, mener une vie pleine d’espoir. Parfois, travaillant à Washington, j’ai le sentiment d’atteindre ce but. A d’autres moments, il me semble que l’objectif s’éloigne, et que toutes les activités auxquelles je me consacre — les auditions, les discours, les conférences de presse et les "position papers" (les résumés de position politique) – sont des exercices de vanité, qui ne sont d’utilité à personne".Est-il aujourd’hui, à la maison blanche, encore sujet à un tel pessimisme ? Lui arrive-t-il d’éprouver un sentiment de futilité ? En fermant le livre pour me le tendre par-dessus son bureau, il me dit : "Je confesse n’avoir pas eu le temps d’avoir ce genre de sentiment. L’un des plus extraordinaires privilèges d’être président, et surtout président à une heure de grandes difficultés, c’est que vous avez devant vous une assiette bien pleine, et que les décisions que nous prenons, et les politiques que nous entreprenons, j’en suis certain, entraîneront un changement". En d’autres mots, les frustrations qu’on peut éprouver en tant que sénateur, encore moins celles d’un "community organizer", ont laissé la place à un sentiment palpable d’autorité et d’efficacité. Ce qu’il dit, ce qu’il fait, ce qu’il décide : tout est important, et c’est ce qu’il apprécie.Ce qu’il a appris, c’est qu’il aime le pouvoir — la capacité à modeler la réalité a son image, et selon ses désirs — et qu’il considère que les crises sont des moments décisifs, revigorants, et utiles. Qu’un président se considère adapté au pouvoir n’est guère nouveau, mais que Barack Obama s’en délecte à ce point — bien que de cette façon discrète dont il se délecte de quoi que ce soit — contredit les autres perceptions populaires de sa personnalité. Parmi ses partisans, beaucoup le voient comme l’incarnation d’une sorte de façon utopique et progressiste de faire de la politique, dans laquelle l’utilisation brutale de la force est périmée, une relique des ruines de l’Ere Bush — Cheney. Ses critiques, cependant, le considèrent comme un faible, un crypto-socialiste, un mondialiste capable d’offrir thé et commisération aux états-voyous.L’expérience des premiers mois de son mandat suggère que les deux camps devront rectifier leur jugement à la lumière des faits. Dans l’univers de Barack Obama, la force et la subtilité ne s’excluent pas l’une de l’autre. Il est capable de prendre la mauvaise décision — on a vu sous sa surveillance, des situations mal tourner, aux Etats-Unis ou à l’extérieur — mais l’un des aspects les plus intéressants et le plus négligé de ce début de mandat, c’est l’aisance avec laquelle Barack Obama prend des décisions. Il savoure l’exercice du pouvoir de la présidence. Woodrow Wilson a décrit le mandat présidentiel comme "le lieu principal de l’action dans le système". Du secteur financier à l’industrie automobile en passant par le terrorisme, Obama a endossé personnellement ces caractéristiques institutionnelles. Il est l’action.Il a les vices de ses vertus. Sa parfaite connaissance de l’action politique peut le faire paraître abrupt quand il sent qu’une réunion s’attarde sur des sujets qu’il connaît déjà. Sa confiance en lui — construite au cours d’une enfance sans père — peut engendrer une impression de distance, même pour ceux qui sont dévoués à son succès. Son pragmatisme et sa disposition à changer d’avis s’il est confronté à de nouvelles informations peuvent irriter les éléments les plus progressistes de sa coalition.Pour mémoire, parler avec Barack Obama, c’est observer un déploiement d’adresse psychologique et intellectuelle — et y être intégré, du fait de la nature de l’échange. La plupart des hommes politiques tenteront instinctivement de vous désarmer en établissant une sorte de rapport personnel, généralement par une remarque aimable sur un de vos récents articles, ou un rappel de votre dernière rencontre (remarque et rappel fournis quelques instants avant par son équipe). Quel que soit le degré de conscience que vous ayez du caractère artificiel du geste, il est de la nature humaine d’être flatté à un certain degré — "Je savais qu’il s’en souviendrait", ou "Bon, il fait peut-être semblant avec les autres, mais je suis sûr qu’il a apprécié cet article".Barack Obama, du moins selon mon expérience, n’est pas comme ça. Il y a du bavardage à l’occasion, mais très peu, et jamais cette façon de séduire à coup de compliments. On travaille, le temps est compté, alors allons droit au but. Lorsqu’il répond aux questions, le regard est plus intense à deux moments : lorsqu’il répète, pour la énième fois, une réponse soigneusement élaborée, et lorsqu’il est pris d’un enthousiasme spontané pour un sujet abordé dans la conversation.A bord d’Air Force One, ses yeux ont brillé quand je l’ai interrogé sur sa volonté d’utiliser la force militaire américaine, d’abord au Pakistan, puis en Iran."Je n’écarte aucune option lorsqu’il s’agit de la sécurité des Etats-Unis, point à la ligne", m’a-t-il répondu. Puis, un instant après, il ajoutait : "Et je vous garantis que je ne suis pas naïf", en élevant très légèrement le ton, sa tête ayant très subtilement adopté un angle plus autoritaire.Je ne suis pas naïf. Non, Barack Obama ne l’est sans doute pas non plus — sinon, nous n’aurions pas cette conversation dans l’avion présidentiel, mais dans son bureau du Sénat, ou sur un vol commercial reliant Washington et O’Hare (aéroport de Chicago). C’est une série de paris, pris contre le bon sens, qui lui ont gagné cet avion. Le principal étant que les Américains étaient ouverts à plus de complexité après huit ans de pensée manichéenne. "Le peuple américain, je pense, a non seulement de la tolérance, mais également un énorme appétit pour l’explication et la complexité, et la volonté de reconnaître la gravité des problèmes" dit Barack Obama. "Je pense que la plus grosse erreur qu’on puisse commettre à Washington, c’est de penser qu’il faut diluer les choses avant de les présenter au public".Il affirme refuser de regarder les nouvelles sur le câble (à la télévision, il se cantonne au sport) et apparaît résolu à continuer d’endosser le rôle qui l’a amené jusqu’ici — Spock avec un sex-appeal tous azimuts. Parlant du poids des décisions qui lui incombent, il est réaliste : "Il est possible que leurs conséquences puissent décevoir, et qu’il y ait des moments où, revenant sur telle décision ou telle politique, je me dise que j’aurais dû prendre un autre chemin, mais je n’ai jamais l’impression de faire du surplace. Du moins, pas encore".
Par Jon Meacham
Traduction française de David Korn
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jeudi 14 mai 2009
Livre : Barack Obama "Le changement, nous pouvons y croire" - Rita Mc Mahon
Livre : Barack Obama "Le changement, nous pouvons y croire" - Rita Mc Mahon
Les défis de la présidence
La première partie de ce livre est constituée du programme politique de Barack Obama, autrement dit, ce sont ses promesses électorales. Il est écrit à la troisième personne du style : « Barack Obama fera ceci…, Barack Obama fera cela… ». J’aurais préféré que Monsieur Obama s’adresse directement à ses lecteurs. Je n’ai pas senti qu’il s’était investi dans ce livre. J’ai trouvé l’ensemble un peu froid et n’ai pas retrouvé le côté si chaleureux et touchant qui m’avait charmé dans ses autres livres. Mais, il faut dire que le sujet n’est pas le même ici et le but de ce livre est de faire connaître Monsieur Obama en tant que politicien et non en tant qu’homme quoique… Il est intéressant tout de même de déceler certains traits de caractère en fonction des sujets abordés et de l’importance qui leur est accordée.
Dans la deuxième partie, nous pouvons lire sa déclaration de candidature, quelques-uns des discours que Monsieur Obama a prononcés lors de sa campagne et aussi son discours de victoire du quatre novembre 2008 à Chicago dans l’État de l’Illinois. Mon préféré est celui prononcé à Berlin au mois de juillet 2008 sur le thème d’un monde uni. Celui de la Fêtes des Pères à « Apostolic church of God » toujours à Chicago est aussi très beau et émouvant.
Dans son programme politique, Monsieur Obama passe en revue tous les thèmes qui lui tiennent à cœur soit le renforcement de la classe moyenne, la revitalisation de l’économie, la reconstruction du leadership de l’Amérique dans le monde et la promotion des valeurs américaines. J’ai noté les thèmes qui revenaient le plus souvent dans les projets de Monsieur Obama et qui semblent le préoccuper au plus haut point soit réduire la dépendance des Etats-Unis envers le pétrole importé du Moyen-Orient et du Vénézuela en se tournant vers d’autres sources d’énergie renouvelable dont le vent, le soleil et les biocarburants. Au niveau de l’éducation, engager des enseignants qualifiés et plus performants ; combattre les lobbyistes et les groupes de pression (il semble les détester ceux-là…) ; mettre fin à la guerre en Irak qu’il n’a jamais approuvée et concentrer les forces armées à combattre Ben Laden, Al-Quaïda et les talibans afin de libérer l’Afghanistan ; prendre soin des vétérans de l’armée ; ne pas offrir son soutien aux entreprises qui pratiquent la délocalisation d’emplois ; créer un monde sans armes nucléaires et convaincre le Liban de renoncer aux siennes. Ce n’est qu’un bref aperçu de tous les problèmes auxquels il devra faire face au cours de sa présidence mais je crois en lui et en sa capacité de rassembleur et je suis certaine qu’il fera du bon boulot.
Je ne suis pas d’accord avec lui cependant lorsqu’il demande au gens de délaisser leurs jeux vidéos… mais je lui pardonne !
Bref, un livre très intéressant qui nous dévoile les enjeux de la politique américaine tant intérieure qu’extérieure. Les droits d'auteur de ce livre ont fait l'objet de dons à des oeuvres caritatives.
"Mais nous avons toujours su que l'espoir, ce n'est pas l'optimisme aveugle. Ce n'est pas fermer les yeux sur l'énorme tâche qui nous attend ou sur les obstacles qui se dressent sur notre chemin. (...) L'espoir, c'est cette voix qui, au fond de nous, continue d'affirmer, en dépit de tous les indices contraires, que quelque chose de mieux nous attend si nous avons le courage d'aller le saisir, et de travailler pour l'obtenir, et de nous battre pour l'obtenir."
« Peuple de Berlin — peuples du monde —, le défi qu’il nous faut relever est immense. La route sera longue. Mais je me présente devant vous pour vous dire que nous sommes les héritiers du combat pour la liberté. Nous sommes le peuple de l’espoir. En ne perdant pas l’avenir de vue, en cultivant la résolution dans notre cœur, rappelons-nous cette histoire, respectons notre destin et refaisons le monde une fois encore. »« Merci, Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique. »
Les défis de la présidence
La première partie de ce livre est constituée du programme politique de Barack Obama, autrement dit, ce sont ses promesses électorales. Il est écrit à la troisième personne du style : « Barack Obama fera ceci…, Barack Obama fera cela… ». J’aurais préféré que Monsieur Obama s’adresse directement à ses lecteurs. Je n’ai pas senti qu’il s’était investi dans ce livre. J’ai trouvé l’ensemble un peu froid et n’ai pas retrouvé le côté si chaleureux et touchant qui m’avait charmé dans ses autres livres. Mais, il faut dire que le sujet n’est pas le même ici et le but de ce livre est de faire connaître Monsieur Obama en tant que politicien et non en tant qu’homme quoique… Il est intéressant tout de même de déceler certains traits de caractère en fonction des sujets abordés et de l’importance qui leur est accordée.
Dans la deuxième partie, nous pouvons lire sa déclaration de candidature, quelques-uns des discours que Monsieur Obama a prononcés lors de sa campagne et aussi son discours de victoire du quatre novembre 2008 à Chicago dans l’État de l’Illinois. Mon préféré est celui prononcé à Berlin au mois de juillet 2008 sur le thème d’un monde uni. Celui de la Fêtes des Pères à « Apostolic church of God » toujours à Chicago est aussi très beau et émouvant.
Dans son programme politique, Monsieur Obama passe en revue tous les thèmes qui lui tiennent à cœur soit le renforcement de la classe moyenne, la revitalisation de l’économie, la reconstruction du leadership de l’Amérique dans le monde et la promotion des valeurs américaines. J’ai noté les thèmes qui revenaient le plus souvent dans les projets de Monsieur Obama et qui semblent le préoccuper au plus haut point soit réduire la dépendance des Etats-Unis envers le pétrole importé du Moyen-Orient et du Vénézuela en se tournant vers d’autres sources d’énergie renouvelable dont le vent, le soleil et les biocarburants. Au niveau de l’éducation, engager des enseignants qualifiés et plus performants ; combattre les lobbyistes et les groupes de pression (il semble les détester ceux-là…) ; mettre fin à la guerre en Irak qu’il n’a jamais approuvée et concentrer les forces armées à combattre Ben Laden, Al-Quaïda et les talibans afin de libérer l’Afghanistan ; prendre soin des vétérans de l’armée ; ne pas offrir son soutien aux entreprises qui pratiquent la délocalisation d’emplois ; créer un monde sans armes nucléaires et convaincre le Liban de renoncer aux siennes. Ce n’est qu’un bref aperçu de tous les problèmes auxquels il devra faire face au cours de sa présidence mais je crois en lui et en sa capacité de rassembleur et je suis certaine qu’il fera du bon boulot.
Je ne suis pas d’accord avec lui cependant lorsqu’il demande au gens de délaisser leurs jeux vidéos… mais je lui pardonne !
Bref, un livre très intéressant qui nous dévoile les enjeux de la politique américaine tant intérieure qu’extérieure. Les droits d'auteur de ce livre ont fait l'objet de dons à des oeuvres caritatives.
"Mais nous avons toujours su que l'espoir, ce n'est pas l'optimisme aveugle. Ce n'est pas fermer les yeux sur l'énorme tâche qui nous attend ou sur les obstacles qui se dressent sur notre chemin. (...) L'espoir, c'est cette voix qui, au fond de nous, continue d'affirmer, en dépit de tous les indices contraires, que quelque chose de mieux nous attend si nous avons le courage d'aller le saisir, et de travailler pour l'obtenir, et de nous battre pour l'obtenir."
« Peuple de Berlin — peuples du monde —, le défi qu’il nous faut relever est immense. La route sera longue. Mais je me présente devant vous pour vous dire que nous sommes les héritiers du combat pour la liberté. Nous sommes le peuple de l’espoir. En ne perdant pas l’avenir de vue, en cultivant la résolution dans notre cœur, rappelons-nous cette histoire, respectons notre destin et refaisons le monde une fois encore. »« Merci, Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique. »
mardi 12 mai 2009
Les 100 jours d'Obama : le discours et la méthode
Les 100 jours d'Obama : le discours et la méthode : Jeuneafrique.com
11/05/2009 10:17:38 - Jeune Afrique- Par : Nicolas Michel -
Les 100 jours d'Obama : le discours et la méthode© Jeune Afrique
Cela fait tout juste cent jours que Barack Obama a pris les rênes de l’hyperpuissance américaine. Une hyperpuissance que la crise économique planétaire, dont elle est au premier chef responsable, diverses aventures militaires à l’issue très incertaine (Irak, Afghanistan, Pakistan) mais aussi la montée en régime d’un rival chinois de plus en plus sûr de lui et dominateur rend soudain bien fragile. Quel premier bilan peut-on tirer de son action ? Quelle stratégie met-il en place pour relancer une économie au bord du naufrage ? Comment fait-il face aux ennemis traditionnels de l’Amérique ? Est-il parvenu à restaurer l’image, dévastée par les calamiteuses années Bush, de son pays à l’étranger ? Esquisses de réponse.
Au commencement était le verbe. L’administration Obama le sait bien, pour qui le changement en matière de politique étrangère passe avant tout par les mots. Rien de tel pour marquer la rupture avec l’ère Bush que de rompre avec la rhétorique guerrière. Considérant qu’un euphémisme bien ajusté vaut mieux qu’une provocation martiale, Barack Obama comme sa secrétaire d’État Hillary Clinton ne parlent plus de « guerre contre le terrorisme », mais « d’opérations contingentes à l’étranger ». Plus d’« attaques terroristes », mais de « catastrophes provoquées par l’homme ». Oubliés « l’islamofascisme », la « croisade » et l’« axe du Mal ». Vive le « dialogue entre égaux » et le « respect ».
Au risque d’être taxé d’idéalisme, Barack Obama est jusqu’à présent resté peu ou prou fidèle à ses promesses de campagne. Même aux plus anciens ennemis de l’Amérique – l’Iran, Cuba –, il oppose une volonté de dialogue qu’une seule phrase résume : « Si des pays comme l’Iran sont prêts à ouvrir le poing, ils trouveront une main tendue de notre part. » Un message qui s’adresse d’abord au monde arabo-musulman.
Fin janvier, lors d’une interview à la chaîne de télévision Al-Arabiya, Obama l’a assuré : les Américains ne sont pas les ennemis des musulmans. Mieux, « les États-Unis ne sont pas, et ne seront jamais, en guerre avec l’Islam ». Plus question de confondre les djihadistes d’Al-Qaïda avec l’Islam dans son ensemble.
Ce n’est pas un hasard si le changement d’attitude de l’administration américaine concerne d’abord l’Iran, puissance régionale et acteur de premier plan du conflit israélo-palestinien puisqu’il soutient aussi bien le Hamas palestinien que le Hezbollah libanais. Naguère, George W. Bush se contentait d’évoquer le « régime iranien ». Le 19 mars, lors du nouvel an iranien, Obama s’est adressé « au peuple et aux dirigeants de la République islamique d’Iran », à qui il a proposé « un dialogue fondé sur le respect mutuel ». Il a conclu son appel par une formule rituelle en persan : « Eid-e shoma mobarak » (« joyeuses fêtes »). Pourtant, même si l’Iran n’est plus un « État voyou », Obama n’en a pas moins prolongé d’un an les sanctions contre lui et assuré qu’il ferait son possible pour l’empêcher d’acquérir l’arme nucléaire. Bref, le « grand marchandage » est engagé.
Chez le voisin afghan, aussi, le changement d’attitude est net. À en croire David Petraeus, le commandant en chef dans la région : « Nous devons être perçus comme des invités bien élevés, des amis qui viennent aider et pas comme des conquérants. » Interdiction d’employer l’expression « nation building » puisque « l’Afghanistan est une nation depuis de longues années ». Sans parler de « surge » (« sursaut »), Obama a tout de même décidé de renforcer le contingent américain en envoyant 17 000 soldats et 4 000 instructeurs militaires supplémentaires. Mais il ne s’agirait plus que de former une armée et une police afghanes capables d’assurer la stabilité du pays et de servir de débouchés aux jeunes sans emploi, qui, sans cela, iraient grossir les rangs des insurgés. En outre, l’administration souhaite renforcer les programmes civils – notamment dans l’optique d’aider les paysans afghans à se passer de la culture du pavot, qui sert à financer les talibans.
MAUVAISES SOLUTIONS
Ces intentions sont louables. Seront-elles suivies d’effets ? Au fond, Obama fait aujourd’hui ce que Bush aurait dû faire il y a sept ans. Trop tard, peut-être. Sur le terrain, la situation ne cesse de se dégrader. Corrompu, le gouvernement de Hamid Karzaï ne contrôle presque rien et n’est plus en odeur de sainteté à Washington. Indépendante, la population rejette de plus en plus la présence des Occidentaux. L’épicentre du conflit s’est de toute façon déplacé au Pakistan…
Et là, la situation est, si possible, encore pire. Obsédé par le conflit avec l’Inde, le président Asif Ali Zardari a massé sur la frontière sud du pays l’essentiel des troupes qui combattaient les talibans pakistanais et les djihadistes d’Al-Qaïda dans les zones tribales, abandonnant à ces derniers des régions entières. Une partie de la hiérarchie de l’armée et des services de renseignements continue de financer et de conseiller les djihadistes. Dans ces conditions, continuer de frapper les zones tribales pakistanaises dans l’espoir d’éliminer les responsables d’Al-Qaïda, mais sans déployer de troupes au sol – Islamabad s’y oppose –, n’est guère efficace. La promesse de porter l’aide financière à 1,5 milliard de dollars sur cinq ans pourrait néanmoins peser sur les décisions pakistanaises. Obama n’y est pour rien, mais il n’a guère le choix qu’entre de mauvaises solutions. Retirer les troupes serait une erreur. Les maintenir en est une autre. Restent les symboles…
L’existence du camp de Guantánamo et les méthodes d’interrogatoire infligées aux islamistes présumés ont, huit ans durant, scandalisé le monde. Dès son entrée en fonctions, Obama a signé un ordre de fermeture dans un délai d’un an. Une décision unanimement saluée.
Mieux : même si le centre de détention de Bagram (Afghanistan) reste ouvert, Obama a montré qu’il entendait tourner la page des années Bush en jouant la transparence sur les méthodes de torture de la CIA. Et en n’excluant pas de juger les responsables.
En Irak, l’attitude est cependant plus ambiguë. « Retrait », voilà le terme que l’opinion doit retenir. « Notre mission en Irak sera terminée au 31 août 2010 », ne cesse de répéter Obama. Sauf qu’une « force résiduelle » de 50 000 soldats restera sur place jusqu’en 2011. Sa « nouvelle mission » sera de former l’armée et la police irakiennes, d’assurer la sécurité de l’ambassade américaine et de donner la chasse aux terroristes. Là, au moins, les Américains peuvent encore espérer se sortir à peu près honorablement du bourbier.
Vis-à-vis d’Israël, en revanche, le ton s’est durci. Le 6 avril, lors de son discours prononcé devant le Parlement turc, Obama a fait connaître son point de vue : « Les États-Unis soutiennent la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. […] C’est l’objectif que je compte poursuivre comme président. Celui que les parties concernées sont convenues d’atteindre dans la “feuille de route” et à Annapolis. » Avigdor Lieberman, l’allié d’extrême droite de Benyamin Netanyahou, avait peu de temps auparavant affirmé que son pays n’était pas lié par le processus d’Annapolis…
Pour l’instant, il ne s’agit que de mots. La table des négociations n’est pas encore dressée et l’on ne sait si Obama a l’intention d’exercer des pressions sérieuses sur Israël. La nomination en tant qu’émissaire spécial pour le Proche-Orient de George Mitchell, l’architecte des accords de paix en Irlande du Nord (1998), est peut-être un signe encourageant.
BÂTISSEUR DE PAIX
Respect, coopération, amitié, écoute… Fidèle à l’image d’homme de dialogue qui a séduit le monde pendant sa campagne électorale, Obama se pose en bâtisseur de paix. À Prague, le 5 avril, il déclare : « Voici la raison pour laquelle je vous parle en ce moment, au centre d’une Europe pacifique, unie et libre : parce que des gens ordinaires ont cru que les fossés pouvaient être comblés, que les murs pouvaient s’écrouler et que la paix pouvait l’emporter. »
Ce même jour, alors que la Corée du Nord vient de tirer un missile balistique dans l’océan Pacifique, il lance un appel appuyé à la communauté internationale : « L’existence de milliers d’armes nucléaires est le legs le plus dangereux que nous a laissé la guerre froide. […] Le temps est venu de bannir définitivement les essais d’armes nucléaires. »
Utopique ? Sans doute, puisque le président a lui-même reconnu que ses objectifs ne seraient peut-être pas atteints « de son vivant ». Mais enfin, le traité Start sur les armes stratégiques sera bientôt renégocié avec la Russie, et Obama se propose de faire ratifier par le Congrès le traité d’interdiction complète des essais nucléaires, de négocier un nouvel accord sur l’interdiction de la production des matières fissiles, de renforcer le traité de non-prolifération pour éviter que de nouveaux pays acquièrent l’arme nucléaire et de créer une banque internationale d’approvisionnement en combustible pour le nucléaire civil.
Ambitieux programme, tout comme l’est celui relatif à la lutte contre le réchauffement climatique. Si les rapports avec l’incontournable partenaire chinois ne devraient guère changer – la question de Taïwan et celle du Tibet étant périphériques par rapport à la nécessité de relations économiques stables entre les deux pays –, le nouveau président américain profitera sans doute de son voyage en Chine, au cours du second semestre 2009, pour convaincre Hu Jintao de s’engager plus avant dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.
Dans tous les domaines relatifs aux affaires étrangères – de l’Amérique latine (voir ci-après) à l’Iran en passant par l’Afghanistan, de la protection de l’environnement au nucléaire –, le discours d’Obama est agréable à l’oreille. Et s’il est encore trop tôt pour parler de franc virage de la politique américaine, disons que le climat s’améliore
11/05/2009 10:17:38 - Jeune Afrique- Par : Nicolas Michel -
Les 100 jours d'Obama : le discours et la méthode© Jeune Afrique
Cela fait tout juste cent jours que Barack Obama a pris les rênes de l’hyperpuissance américaine. Une hyperpuissance que la crise économique planétaire, dont elle est au premier chef responsable, diverses aventures militaires à l’issue très incertaine (Irak, Afghanistan, Pakistan) mais aussi la montée en régime d’un rival chinois de plus en plus sûr de lui et dominateur rend soudain bien fragile. Quel premier bilan peut-on tirer de son action ? Quelle stratégie met-il en place pour relancer une économie au bord du naufrage ? Comment fait-il face aux ennemis traditionnels de l’Amérique ? Est-il parvenu à restaurer l’image, dévastée par les calamiteuses années Bush, de son pays à l’étranger ? Esquisses de réponse.
Au commencement était le verbe. L’administration Obama le sait bien, pour qui le changement en matière de politique étrangère passe avant tout par les mots. Rien de tel pour marquer la rupture avec l’ère Bush que de rompre avec la rhétorique guerrière. Considérant qu’un euphémisme bien ajusté vaut mieux qu’une provocation martiale, Barack Obama comme sa secrétaire d’État Hillary Clinton ne parlent plus de « guerre contre le terrorisme », mais « d’opérations contingentes à l’étranger ». Plus d’« attaques terroristes », mais de « catastrophes provoquées par l’homme ». Oubliés « l’islamofascisme », la « croisade » et l’« axe du Mal ». Vive le « dialogue entre égaux » et le « respect ».
Au risque d’être taxé d’idéalisme, Barack Obama est jusqu’à présent resté peu ou prou fidèle à ses promesses de campagne. Même aux plus anciens ennemis de l’Amérique – l’Iran, Cuba –, il oppose une volonté de dialogue qu’une seule phrase résume : « Si des pays comme l’Iran sont prêts à ouvrir le poing, ils trouveront une main tendue de notre part. » Un message qui s’adresse d’abord au monde arabo-musulman.
Fin janvier, lors d’une interview à la chaîne de télévision Al-Arabiya, Obama l’a assuré : les Américains ne sont pas les ennemis des musulmans. Mieux, « les États-Unis ne sont pas, et ne seront jamais, en guerre avec l’Islam ». Plus question de confondre les djihadistes d’Al-Qaïda avec l’Islam dans son ensemble.
Ce n’est pas un hasard si le changement d’attitude de l’administration américaine concerne d’abord l’Iran, puissance régionale et acteur de premier plan du conflit israélo-palestinien puisqu’il soutient aussi bien le Hamas palestinien que le Hezbollah libanais. Naguère, George W. Bush se contentait d’évoquer le « régime iranien ». Le 19 mars, lors du nouvel an iranien, Obama s’est adressé « au peuple et aux dirigeants de la République islamique d’Iran », à qui il a proposé « un dialogue fondé sur le respect mutuel ». Il a conclu son appel par une formule rituelle en persan : « Eid-e shoma mobarak » (« joyeuses fêtes »). Pourtant, même si l’Iran n’est plus un « État voyou », Obama n’en a pas moins prolongé d’un an les sanctions contre lui et assuré qu’il ferait son possible pour l’empêcher d’acquérir l’arme nucléaire. Bref, le « grand marchandage » est engagé.
Chez le voisin afghan, aussi, le changement d’attitude est net. À en croire David Petraeus, le commandant en chef dans la région : « Nous devons être perçus comme des invités bien élevés, des amis qui viennent aider et pas comme des conquérants. » Interdiction d’employer l’expression « nation building » puisque « l’Afghanistan est une nation depuis de longues années ». Sans parler de « surge » (« sursaut »), Obama a tout de même décidé de renforcer le contingent américain en envoyant 17 000 soldats et 4 000 instructeurs militaires supplémentaires. Mais il ne s’agirait plus que de former une armée et une police afghanes capables d’assurer la stabilité du pays et de servir de débouchés aux jeunes sans emploi, qui, sans cela, iraient grossir les rangs des insurgés. En outre, l’administration souhaite renforcer les programmes civils – notamment dans l’optique d’aider les paysans afghans à se passer de la culture du pavot, qui sert à financer les talibans.
MAUVAISES SOLUTIONS
Ces intentions sont louables. Seront-elles suivies d’effets ? Au fond, Obama fait aujourd’hui ce que Bush aurait dû faire il y a sept ans. Trop tard, peut-être. Sur le terrain, la situation ne cesse de se dégrader. Corrompu, le gouvernement de Hamid Karzaï ne contrôle presque rien et n’est plus en odeur de sainteté à Washington. Indépendante, la population rejette de plus en plus la présence des Occidentaux. L’épicentre du conflit s’est de toute façon déplacé au Pakistan…
Et là, la situation est, si possible, encore pire. Obsédé par le conflit avec l’Inde, le président Asif Ali Zardari a massé sur la frontière sud du pays l’essentiel des troupes qui combattaient les talibans pakistanais et les djihadistes d’Al-Qaïda dans les zones tribales, abandonnant à ces derniers des régions entières. Une partie de la hiérarchie de l’armée et des services de renseignements continue de financer et de conseiller les djihadistes. Dans ces conditions, continuer de frapper les zones tribales pakistanaises dans l’espoir d’éliminer les responsables d’Al-Qaïda, mais sans déployer de troupes au sol – Islamabad s’y oppose –, n’est guère efficace. La promesse de porter l’aide financière à 1,5 milliard de dollars sur cinq ans pourrait néanmoins peser sur les décisions pakistanaises. Obama n’y est pour rien, mais il n’a guère le choix qu’entre de mauvaises solutions. Retirer les troupes serait une erreur. Les maintenir en est une autre. Restent les symboles…
L’existence du camp de Guantánamo et les méthodes d’interrogatoire infligées aux islamistes présumés ont, huit ans durant, scandalisé le monde. Dès son entrée en fonctions, Obama a signé un ordre de fermeture dans un délai d’un an. Une décision unanimement saluée.
Mieux : même si le centre de détention de Bagram (Afghanistan) reste ouvert, Obama a montré qu’il entendait tourner la page des années Bush en jouant la transparence sur les méthodes de torture de la CIA. Et en n’excluant pas de juger les responsables.
En Irak, l’attitude est cependant plus ambiguë. « Retrait », voilà le terme que l’opinion doit retenir. « Notre mission en Irak sera terminée au 31 août 2010 », ne cesse de répéter Obama. Sauf qu’une « force résiduelle » de 50 000 soldats restera sur place jusqu’en 2011. Sa « nouvelle mission » sera de former l’armée et la police irakiennes, d’assurer la sécurité de l’ambassade américaine et de donner la chasse aux terroristes. Là, au moins, les Américains peuvent encore espérer se sortir à peu près honorablement du bourbier.
Vis-à-vis d’Israël, en revanche, le ton s’est durci. Le 6 avril, lors de son discours prononcé devant le Parlement turc, Obama a fait connaître son point de vue : « Les États-Unis soutiennent la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. […] C’est l’objectif que je compte poursuivre comme président. Celui que les parties concernées sont convenues d’atteindre dans la “feuille de route” et à Annapolis. » Avigdor Lieberman, l’allié d’extrême droite de Benyamin Netanyahou, avait peu de temps auparavant affirmé que son pays n’était pas lié par le processus d’Annapolis…
Pour l’instant, il ne s’agit que de mots. La table des négociations n’est pas encore dressée et l’on ne sait si Obama a l’intention d’exercer des pressions sérieuses sur Israël. La nomination en tant qu’émissaire spécial pour le Proche-Orient de George Mitchell, l’architecte des accords de paix en Irlande du Nord (1998), est peut-être un signe encourageant.
BÂTISSEUR DE PAIX
Respect, coopération, amitié, écoute… Fidèle à l’image d’homme de dialogue qui a séduit le monde pendant sa campagne électorale, Obama se pose en bâtisseur de paix. À Prague, le 5 avril, il déclare : « Voici la raison pour laquelle je vous parle en ce moment, au centre d’une Europe pacifique, unie et libre : parce que des gens ordinaires ont cru que les fossés pouvaient être comblés, que les murs pouvaient s’écrouler et que la paix pouvait l’emporter. »
Ce même jour, alors que la Corée du Nord vient de tirer un missile balistique dans l’océan Pacifique, il lance un appel appuyé à la communauté internationale : « L’existence de milliers d’armes nucléaires est le legs le plus dangereux que nous a laissé la guerre froide. […] Le temps est venu de bannir définitivement les essais d’armes nucléaires. »
Utopique ? Sans doute, puisque le président a lui-même reconnu que ses objectifs ne seraient peut-être pas atteints « de son vivant ». Mais enfin, le traité Start sur les armes stratégiques sera bientôt renégocié avec la Russie, et Obama se propose de faire ratifier par le Congrès le traité d’interdiction complète des essais nucléaires, de négocier un nouvel accord sur l’interdiction de la production des matières fissiles, de renforcer le traité de non-prolifération pour éviter que de nouveaux pays acquièrent l’arme nucléaire et de créer une banque internationale d’approvisionnement en combustible pour le nucléaire civil.
Ambitieux programme, tout comme l’est celui relatif à la lutte contre le réchauffement climatique. Si les rapports avec l’incontournable partenaire chinois ne devraient guère changer – la question de Taïwan et celle du Tibet étant périphériques par rapport à la nécessité de relations économiques stables entre les deux pays –, le nouveau président américain profitera sans doute de son voyage en Chine, au cours du second semestre 2009, pour convaincre Hu Jintao de s’engager plus avant dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.
Dans tous les domaines relatifs aux affaires étrangères – de l’Amérique latine (voir ci-après) à l’Iran en passant par l’Afghanistan, de la protection de l’environnement au nucléaire –, le discours d’Obama est agréable à l’oreille. Et s’il est encore trop tôt pour parler de franc virage de la politique américaine, disons que le climat s’améliore
lundi 11 mai 2009
Obama en Normandie: le vrai-faux carton d'invitation envoyé à Sarkozy - LePost.fr
Obama en Normandie: le vrai-faux carton d'invitation envoyé à Sarkozy - LePost.fr
Obama sera le 6 juin en Normandie pour la commémoration du Débarquement. Voici la lettre qu'il aurait pu envoyer à Sarkozy...
Ça y est! C'est bouclé.Alors qu'une visite du président américain avait d'abord été envisagée début avril, avant d'etre finalement annulée pour des raisons de calendrier, on vient d'apprendre que Barack Obama se rendra le 6 juin avec le président français au cimetière américain de Colleville-sur-mer (Calvados).Voici la lettre que Barack Obama aurait pu envoyer à Nicolas Sarkozy pour lui annoncer sa venue:"Cher Nicolas, Depuis notre rencontre du G20, où tu avais l'air jaloux de mes autres copains, je veux te rassurer: tu fais également partie de ma bande. Dernièrement, j'ai vu un de tes ministres, un petit brun dont je ne me souviens plus le nom [Jean-Louis Borloo, ndlr]. Je lui ai dit de te faire passer un message. J'espère que tu l'as bien reçu car tes petites phrases à mon égard sont arrivées jusqu'à Washington...Tu sais, je t'avais dit que je viendrais en Normandie un jour ou l'autre. J'ai pas trop aimé qu'un journal français annonce mon arrivée début avril, alors que rien n'avait été calé. Je n'ai pas pu, question de planning... Même si ça ne te plaît pas de l'entendre, tu sais très bien que je dois m'occuper des affaires de la planète et ça me prend un peu de temps...Et maintenant, c'est décidé: je viendrai le 6 juin sur un bout de terre où je me sentirai chez moi. Je me rendrai au cimetière de Colleville-sur-mer. Tu sais, c'est le cimetière au-dessus d'Ohama beach, où reposent des milliers d'Américains tombés au combat pour libérer votre pays. Je te rappelle que ton pays a concédé ce cimetière au mien. Ce cimetière est considéré comme une partie de mon territoire. Donc, d'une certaine manière, c'est un peu moi qui t'invite... J'arriverai en bateau, au fait. Je sais que ce n'est pas le scénario dont tu rêvais mais c'est comme ça. Si ça ne te plaît pas, pose toi cette question: entre toi et moi, c'est qui le patron?Alors, le 6 juin, n'en rajoute pas s'il te plaît, je suis déjà bien sympa de t'inviter... D'ailleurs, tu seras gentil de ne pas rester trop près de moi durant cette visite. Tu comprends: moi, ma cote de popularité est toujours très haute...Sinon, c'est quoi ce bordel? Je t'ai vu hier à la télé dire que j'allais arriver "dès le 5 au soir" en Normandie pour que l'on "partage un moment". C'est sympa de me prévenir, je n'étais même pas au courant...Et sinon, qu'est-ce que t'en dis si on invite Chirac? Si ça te dit, je peux lui renvoyer une lettre ou tu le préviens? Allez, bon samedi chez Carla !
PS: même si tu me le demandes, je ne marcherai pas sur La Manche!"
(Sources: Le Parisien.fr, lefigaro.fr)
A lire aussi :- Obama à Borloo: "Dis bien à Nicolas que je vais faire mes devoirs"- Quand Obama fait passer un message à Borloo... pour Sarkozy!- Sarkozy-Obama: et si le courant ne passait pas?
Pour en savoir plus :- Le Monde.fr: "Obama va entreprendre le voyage du souvenir à Buchenwald et en Normandie"
Obama sera le 6 juin en Normandie pour la commémoration du Débarquement. Voici la lettre qu'il aurait pu envoyer à Sarkozy...
Ça y est! C'est bouclé.Alors qu'une visite du président américain avait d'abord été envisagée début avril, avant d'etre finalement annulée pour des raisons de calendrier, on vient d'apprendre que Barack Obama se rendra le 6 juin avec le président français au cimetière américain de Colleville-sur-mer (Calvados).Voici la lettre que Barack Obama aurait pu envoyer à Nicolas Sarkozy pour lui annoncer sa venue:"Cher Nicolas, Depuis notre rencontre du G20, où tu avais l'air jaloux de mes autres copains, je veux te rassurer: tu fais également partie de ma bande. Dernièrement, j'ai vu un de tes ministres, un petit brun dont je ne me souviens plus le nom [Jean-Louis Borloo, ndlr]. Je lui ai dit de te faire passer un message. J'espère que tu l'as bien reçu car tes petites phrases à mon égard sont arrivées jusqu'à Washington...Tu sais, je t'avais dit que je viendrais en Normandie un jour ou l'autre. J'ai pas trop aimé qu'un journal français annonce mon arrivée début avril, alors que rien n'avait été calé. Je n'ai pas pu, question de planning... Même si ça ne te plaît pas de l'entendre, tu sais très bien que je dois m'occuper des affaires de la planète et ça me prend un peu de temps...Et maintenant, c'est décidé: je viendrai le 6 juin sur un bout de terre où je me sentirai chez moi. Je me rendrai au cimetière de Colleville-sur-mer. Tu sais, c'est le cimetière au-dessus d'Ohama beach, où reposent des milliers d'Américains tombés au combat pour libérer votre pays. Je te rappelle que ton pays a concédé ce cimetière au mien. Ce cimetière est considéré comme une partie de mon territoire. Donc, d'une certaine manière, c'est un peu moi qui t'invite... J'arriverai en bateau, au fait. Je sais que ce n'est pas le scénario dont tu rêvais mais c'est comme ça. Si ça ne te plaît pas, pose toi cette question: entre toi et moi, c'est qui le patron?Alors, le 6 juin, n'en rajoute pas s'il te plaît, je suis déjà bien sympa de t'inviter... D'ailleurs, tu seras gentil de ne pas rester trop près de moi durant cette visite. Tu comprends: moi, ma cote de popularité est toujours très haute...Sinon, c'est quoi ce bordel? Je t'ai vu hier à la télé dire que j'allais arriver "dès le 5 au soir" en Normandie pour que l'on "partage un moment". C'est sympa de me prévenir, je n'étais même pas au courant...Et sinon, qu'est-ce que t'en dis si on invite Chirac? Si ça te dit, je peux lui renvoyer une lettre ou tu le préviens? Allez, bon samedi chez Carla !
PS: même si tu me le demandes, je ne marcherai pas sur La Manche!"
(Sources: Le Parisien.fr, lefigaro.fr)
A lire aussi :- Obama à Borloo: "Dis bien à Nicolas que je vais faire mes devoirs"- Quand Obama fait passer un message à Borloo... pour Sarkozy!- Sarkozy-Obama: et si le courant ne passait pas?
Pour en savoir plus :- Le Monde.fr: "Obama va entreprendre le voyage du souvenir à Buchenwald et en Normandie"
Le top 5 des meilleures blagues d'Obama - LePost.fr
Le top 5 des meilleures blagues d'Obama - LePost.fr
Pour sa première prestation au dîner de l'Association des correspondants de la Maison Blanche, le président américain s'en est plutôt pas mal sorti.
Dans l'assistance, des journaliste, donc mais aussi tout le gratin de Washington et des stars d'Hollywood.Pour le président, l'exerice consiste à faire un discours drôle et décalé. Et pour sa première prestation, Barack Obama s'en est plutôt pas mal sorti.La preuve en vidéo, suivie du best-of de ses meilleures blagues....
(Source: BFM TV)
1. "Je dois dire que je n'avais pas envie de venir ici, mais j'ai dû venir. C'est un autre problème que j'ai hérité de Georges W. Bush"
2. "Pendant les 100 prochains jours, nous allons apprendre les bonnes manières à notre chien, Bo, parce que Timothy Geithner [le secrétaire au Trésor] n'a vraiment pas besoin, en plus de ses ennuis, qu'on le prenne pour un lampadaire.
"3. "Je crois que mes 100 prochains jours vont être une telle réussite que je vais les boucler en 72 jours. Et le 73ème, je me reposerai."
4. "Aujourd'hui, je ne pourrais être plus proche de mon ancienne rivale Hillary Clinton. Au point que, tout juste revenue du Mexique, elle m'a pris dans ses bras, elle m'a fait une grosse bise et m'a dit que je devrais y aller".
5. "La plupart d'entre vous avez couvert ce que j'ai fait. Vous avez tous voté pour moi. Mes excuses à la table de Fox [news]."Pour les anglophones, voici le discours en entier...
Pour sa première prestation au dîner de l'Association des correspondants de la Maison Blanche, le président américain s'en est plutôt pas mal sorti.
Dans l'assistance, des journaliste, donc mais aussi tout le gratin de Washington et des stars d'Hollywood.Pour le président, l'exerice consiste à faire un discours drôle et décalé. Et pour sa première prestation, Barack Obama s'en est plutôt pas mal sorti.La preuve en vidéo, suivie du best-of de ses meilleures blagues....
(Source: BFM TV)
1. "Je dois dire que je n'avais pas envie de venir ici, mais j'ai dû venir. C'est un autre problème que j'ai hérité de Georges W. Bush"
2. "Pendant les 100 prochains jours, nous allons apprendre les bonnes manières à notre chien, Bo, parce que Timothy Geithner [le secrétaire au Trésor] n'a vraiment pas besoin, en plus de ses ennuis, qu'on le prenne pour un lampadaire.
"3. "Je crois que mes 100 prochains jours vont être une telle réussite que je vais les boucler en 72 jours. Et le 73ème, je me reposerai."
4. "Aujourd'hui, je ne pourrais être plus proche de mon ancienne rivale Hillary Clinton. Au point que, tout juste revenue du Mexique, elle m'a pris dans ses bras, elle m'a fait une grosse bise et m'a dit que je devrais y aller".
5. "La plupart d'entre vous avez couvert ce que j'ai fait. Vous avez tous voté pour moi. Mes excuses à la table de Fox [news]."Pour les anglophones, voici le discours en entier...
vendredi 8 mai 2009
Obama et le libéralisme de mouvement
Obama et le libéralisme de mouvement
Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec contre-feux.com. La présidence de Barack Obama est ambitieuse, avec des enjeux de taille, comme inverser les tendances de la crise économique et sociale, réparer les erreurs de l’administration Bush et restaurer l’image de Washington sur la scène internationale.
Mais derrière ces objectifs se cache la volonté de mettre en place un libéralisme (au sens américain du terme, à savoir la politique des Démocrates) de mouvement, en réponse au conservatisme de mouvement qui a profondément marqué la vie politique américaine depuis vingt-cinq ans. Ou comment le retour à la Maison-Blanche des Démocrates pourrait augurer d’une nouvelle ère dans l’histoire politique américaine, à condition de tenir compte des erreurs du passé. Dépasser les réponses à la crise économique Au cours des dernières décennies, les Démocrates se sont le plus souvent positionnés sur la scène politique américaine comme des contre-pouvoirs aux idées républicaines, et leurs victoires électorales ont généralement été marquées avant tout par le rejet du bilan de politiques conservatrices par l’opinion publique. L’élection de Barack Obama en novembre dernier n’a pas fait exception, le bilan désastreux de l’administration Bush assurant une marge de manœuvre confortable au parti de l’âne. Mais avec un mandat clair : réparer les erreurs, et répondre à la crise dans laquelle la politique des Républicains a plongé l’Amérique ! Un mandat que le nouveau président s’efforcera de respecter, mais qu’il souhaite également dépasser. Pour cela, il s’appuie à la fois sur une large majorité démocrate au Congrès, mais aussi et surtout sur sa capacité à dépasser les clivages politiques.
Le New Deal de Roosevelt en héritage Dès la campagne présidentielle, Obama a souvent été comparé à Roosevelt. En fait, c’est surtout le contexte au moment de son élection qui rappelle l’Amérique de 1932, face à une crise profonde et imposant des modifications drastiques et l’incursion d’un big government dans la vie économique et sociale. Obama a conscience de la nécessité d’un nouveau "new deal", qui pourrait être qualifié de "nouvelle révolution américaine", mais il sait également que les nécessaires réformes auxquelles son administration fait face doivent s’inscrire sur le long terme, et ouvrir une nouvelle ère dans l’histoire des Etats-Unis. Dans les années 30, Roosevelt ne se contenta pas de répondre à la crise, mais il fit des Etats-Unis la première puissance mondiale, et imposa des transformations dans la société permettant de réduire les inégalités sociales. Mais il fut également en permanence raillé par les Républicains, qui s’acharnèrent ensuite sur son héritage par vengeance. Obama doit donc saisir l’opportunité de sa capacité à rassembler pour ne pas cristalliser autour de son projet de société les rancœurs d’une partie de l’Amérique, et réussir ce que Roosevelt n’est pas parvenu à faire : assurer le prolongement des idées libérales au-delà de son mandat. L’exemple du conservatisme de mouvement Obama regarde surtout du côté des conservateurs pour mettre en place son libéralisme de mouvement. La capacité des Républicains à produire de nouvelles idées, et à proposer des visions de l’Amérique sur le long terme ont ainsi contrasté avec l’atrophie trop souvent relevée chez les Démocrates. En s’inspirant de Reagan, le nouveau président voit ainsi dans l’ancien président républicain un modèle dans sa faculté à imposer de nouvelles lignes de débats politiques et à faire du conservatisme un élément incontournable de la société américaine. Mais Obama doit également tenir compte des erreurs du conservatisme de mouvement, qui à force de vouloir en permanence créer de nouvelles idées, s’est coupé des réalités de l’Amérique en générant des inégalités sans précédent, et s’est dans le même temps engagé dans des voies inquiétantes, qualifiées de néoconservatisme. Là encore, le libéralisme de mouvement ne doit pas être une réponse à son alter-ego conservateur, mais une véritable nouvelle tendance du parti démocrate. 100 jours d’une rare intensité sur la scène internationale Chose intéressante, et qui confirme ce souhait de mettre en place un libéralisme de mouvement et de grandes ambitions, les efforts de l’administration Obama ne se sont pas exclusivement portés sur les questions intérieures, là où de nombreux experts craignaient un repli sur soi de Washington, voire même une forme d’isolationnisme. Au contraire, à peine arrivé à la Maison-Blanche, le nouveau président a totalement bouleversé la politique étrangère de la première puissance mondiale. Dialogue avec l’Iran, main tendue à Cuba, mea culpa sur les pratiques de l’administration Bush… autant de véritables révolutions, en trois mois de présidence, qui contrastent avec une ligne conservatrice que l’administration Clinton n’était pas parvenue à modifier. Ou comment le libéralisme de mouvement s’impose comme un nouveau style en politique étrangère, et se sert habilement des attentes de changement pour proposer un libéralisme moins réactif, et plus entreprenant.
Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec contre-feux.com. La présidence de Barack Obama est ambitieuse, avec des enjeux de taille, comme inverser les tendances de la crise économique et sociale, réparer les erreurs de l’administration Bush et restaurer l’image de Washington sur la scène internationale.
Mais derrière ces objectifs se cache la volonté de mettre en place un libéralisme (au sens américain du terme, à savoir la politique des Démocrates) de mouvement, en réponse au conservatisme de mouvement qui a profondément marqué la vie politique américaine depuis vingt-cinq ans. Ou comment le retour à la Maison-Blanche des Démocrates pourrait augurer d’une nouvelle ère dans l’histoire politique américaine, à condition de tenir compte des erreurs du passé. Dépasser les réponses à la crise économique Au cours des dernières décennies, les Démocrates se sont le plus souvent positionnés sur la scène politique américaine comme des contre-pouvoirs aux idées républicaines, et leurs victoires électorales ont généralement été marquées avant tout par le rejet du bilan de politiques conservatrices par l’opinion publique. L’élection de Barack Obama en novembre dernier n’a pas fait exception, le bilan désastreux de l’administration Bush assurant une marge de manœuvre confortable au parti de l’âne. Mais avec un mandat clair : réparer les erreurs, et répondre à la crise dans laquelle la politique des Républicains a plongé l’Amérique ! Un mandat que le nouveau président s’efforcera de respecter, mais qu’il souhaite également dépasser. Pour cela, il s’appuie à la fois sur une large majorité démocrate au Congrès, mais aussi et surtout sur sa capacité à dépasser les clivages politiques.
Le New Deal de Roosevelt en héritage Dès la campagne présidentielle, Obama a souvent été comparé à Roosevelt. En fait, c’est surtout le contexte au moment de son élection qui rappelle l’Amérique de 1932, face à une crise profonde et imposant des modifications drastiques et l’incursion d’un big government dans la vie économique et sociale. Obama a conscience de la nécessité d’un nouveau "new deal", qui pourrait être qualifié de "nouvelle révolution américaine", mais il sait également que les nécessaires réformes auxquelles son administration fait face doivent s’inscrire sur le long terme, et ouvrir une nouvelle ère dans l’histoire des Etats-Unis. Dans les années 30, Roosevelt ne se contenta pas de répondre à la crise, mais il fit des Etats-Unis la première puissance mondiale, et imposa des transformations dans la société permettant de réduire les inégalités sociales. Mais il fut également en permanence raillé par les Républicains, qui s’acharnèrent ensuite sur son héritage par vengeance. Obama doit donc saisir l’opportunité de sa capacité à rassembler pour ne pas cristalliser autour de son projet de société les rancœurs d’une partie de l’Amérique, et réussir ce que Roosevelt n’est pas parvenu à faire : assurer le prolongement des idées libérales au-delà de son mandat. L’exemple du conservatisme de mouvement Obama regarde surtout du côté des conservateurs pour mettre en place son libéralisme de mouvement. La capacité des Républicains à produire de nouvelles idées, et à proposer des visions de l’Amérique sur le long terme ont ainsi contrasté avec l’atrophie trop souvent relevée chez les Démocrates. En s’inspirant de Reagan, le nouveau président voit ainsi dans l’ancien président républicain un modèle dans sa faculté à imposer de nouvelles lignes de débats politiques et à faire du conservatisme un élément incontournable de la société américaine. Mais Obama doit également tenir compte des erreurs du conservatisme de mouvement, qui à force de vouloir en permanence créer de nouvelles idées, s’est coupé des réalités de l’Amérique en générant des inégalités sans précédent, et s’est dans le même temps engagé dans des voies inquiétantes, qualifiées de néoconservatisme. Là encore, le libéralisme de mouvement ne doit pas être une réponse à son alter-ego conservateur, mais une véritable nouvelle tendance du parti démocrate. 100 jours d’une rare intensité sur la scène internationale Chose intéressante, et qui confirme ce souhait de mettre en place un libéralisme de mouvement et de grandes ambitions, les efforts de l’administration Obama ne se sont pas exclusivement portés sur les questions intérieures, là où de nombreux experts craignaient un repli sur soi de Washington, voire même une forme d’isolationnisme. Au contraire, à peine arrivé à la Maison-Blanche, le nouveau président a totalement bouleversé la politique étrangère de la première puissance mondiale. Dialogue avec l’Iran, main tendue à Cuba, mea culpa sur les pratiques de l’administration Bush… autant de véritables révolutions, en trois mois de présidence, qui contrastent avec une ligne conservatrice que l’administration Clinton n’était pas parvenue à modifier. Ou comment le libéralisme de mouvement s’impose comme un nouveau style en politique étrangère, et se sert habilement des attentes de changement pour proposer un libéralisme moins réactif, et plus entreprenant.
mercredi 6 mai 2009
vendredi 1 mai 2009
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