Les hommes du président, par Frédéric Lemaître - Opinions - Le Monde.fr
LE MONDE 27.02.09 13h51
Pour ceux qui, ces derniers temps, auraient été trop occupés par la vente Saint Laurent-Pierre Bergé ou par le choix d'une Rolex pour un brunch avec Jacques Séguéla, voici un rapide tour du globe. En Chine, la déflation menace. Aux Etats-Unis, le discours fondateur de Barack Obama a été salué par une baisse des marchés. En Russie, M. Medvedev et M. Poutine commencent à s'envoyer des amabilités.
Heureusement, il y a un paradis sur Terre : la France. "Qui résiste plutôt mieux que beaucoup d'autres", dixit son président. Certes le chômage y a connu une progression historique en janvier et deux fois plus importante qu'en Allemagne. Mais ne soyons pas mesquins. Grâce à notre président, la Terre tourne un peu plus rond. Même cet Obama qui surfe sur les sondages devrait l'admettre : jusqu'à l'initiative de l'Elysée, nul à Washington n'avait été assez intelligent pour comprendre que le Pas-de-Calais, en la personne de son député Jack Lang, hispanophone bien connu, devait jouer un rôle-clé dans le rapprochement avec Cuba.
Il est vrai que, lorsqu'il s'agit des hommes, M. Sarkozy voit plus loin que le commun des mortels. Prenez le groupe Caisse d'épargne-Banque populaire. Deux banques mutualistes, de détail, dont le seul malheur est d'avoir écouté les banquiers d'affaires leur expliquer qu'elles devaient, elles-mêmes, acquérir une banque d'affaires. Qui semble, a priori, le mieux à même de piloter la fusion de ces deux bijoux devenus verrues ? Un spécialiste de la banque de détail, un mutualiste, ou un banquier d'affaires ? Un banquier d'affaires, a décidé notre président. Et pas n'importe lequel : François Pérol, l'homme qui, à l'Elysée, gérait ladite fusion. Certes, des esprits chagrins pourraient faire remarquer, que cette proposition pose de menus problèmes. La Commission de déontologie de la fonction publique chargée du dossier tient en effet compte "du positionnement exact de l'agent concerné au sein du cabinet, des relations qu'il a pu y nouer avec d'autres membres qui demeureraient dans le cabinet après son départ" pour donner son avis. Et ce, compte tenu "du caractère particulier des fonctions exercées par les membres des cabinets ministériels qui n'incluent généralement pas le contrôle ou la surveillance directe d'un secteur économique ou d'une entreprise en particulier". Or, en l'occurrence, M. Pérol était aux commandes. Mais M. Sarkozy a ses raisons : "Le jour où je mets des fonds propres, je nomme les patrons." Et dire qu'en 2007, certains l'accusaient d'avoir triplé sa rémunération. Les mesquins ! C'était, en réalité, pour mieux en faire don à la France.
Et puis, ce transfert : quelle révolution ! Grâce à la jurisprudence Pérol, celui qui décide du montant d'un chèque du Trésor public peut désormais être celui qui l'encaisse. Même Jacques Attali n'avait osé émettre une telle innovation. Pour paraphraser un slogan bancaire : on n'est pas impopulaire sans raison !
Courriel : lemaitre@lemonde.fr.
Frédéric Lemaître
Article paru dans l'édition du 28.02.09
vendredi 27 février 2009
Le discours du Président Obama: changer notre regard sur la crise
Le discours du Président Obama: changer notre regard sur la crise. - Démystifier la finance - Blog LeMonde.fr
Le discours inhabituel du Président Obama au Congres et au Senat réunis peut être lu comme un optimisme de commande. Ce serait mal connaitre Barack Obama : ce n’est pas un homme qui manie l’optimisme pour rassurer.
A la lecture de son discours, il y a de nombreux signes qui démontrent que le Président américain a une vision très concrète des défis qui nous attendent et des risques de la situation. Il n’aurait pas demande un « stimulus package » de $ 800 milliards s’il n’en était pas profondément convaincu ni un budget en déficit budgétaire de $1.700 milliards Il sait aussi que les reformes urgentes doivent se faire maintenant : d’où les mesures visant à aider les emprunteurs hypothécaires et généralisant progressivement les soins de santé aux Etats-Unis.
L’homme est réaliste, mais aussi visionnaire.Son discours n’est rien de moins qu’une invitation à porter notre regard au-delà de la crise. Il ne s’agit pas de l’ignorer, mais des signaux avant-coureurs d’un changement de l’attitude des américains se font sentir des maintenant. Nous avons tous entendu les prévisions du Président de la Reserve Fédérale, Ben Bernanke, qui suggèrent que la récession devrait être terminée aux Etats-Unis a la fin de l’année. Une enquête régulière auprès des gestionnaires de fonds américains est saisissante. Il y a 3 mois, ils croyaient, à 60%, que la situation allait empirer. Ce pourcentage est descendu à 6% seulement. Ces gestionnaires vont donc recommencer a investir, la plupart d’entre eux se focalisant dès maintenant sur les actions dépréciées.
Sur les marchés financiers, la tendance s’améliore. J’en veux pour témoin le marché obligataire : qu’une Caisse d’Eparges de Catalogne puisse emprunter $ 2 milliards, et la Barclays Bank (qui n’est pas nationalisée) $ 4 milliards, cette semaine, confirme des indicateurs que ce marché de l’emprunt a taux fixe et a long terme recommence a faire confiance aux institutions financières et a avoir celle des investisseurs.
C’est en raison de ces signaux et de nombreux autres, que le moment est en effet venu de nous poser la question de notre regard. Les Cassandres sont légion, et ceux qui y ont intérêt continuent à annoncer le pire. Ce sont eux qui détériorent un climat difficile, mais absolument pas désespéré.
C’est aussi la grande force des Etats-Unis. Ce que l’on appelle la « résilience », c’est cette attitude que Barack Obama a voulu réveiller dans les foyers américains : 45% d’entre eux ont vu ce discours, et 40% d’entre eux, sur base d’un sondage Gallup, en ont retirée une vision plus confiante de l’avenir.
Par rapport à cette volonté de reconstruire, les discours européens font encore sérieusement preuve de défaitisme. Or le défaitisme ne sert qu’à aggraver la situation. Les « politiques » semblent déprimés. Nous devons (ré)apprendre á regarder avec un horizon d’un ou deux ans, et, au lieu de nous lamenter sur la situation du moment, commencer a prendre les mesures qui construiront une reprise dont on commence a voir poindre des signes avant-coureurs.
Non, Barack Obama n’est pas un indécrottable optimiste. Mais son horizon, c’est quatre ans, avec une baisse du déficit américain de 50%. C’est a partir de ces objectifs ambitieux qu’il décide, des maintenant, de prendre les mesures nécessaires pour rebâtir ce que Charles Péguy appelait « le mystère de la deuxième vertu » : l’espérance, et avec elle la confiance en soi nécessaire pour la concrétiser. Ce changement de regard, a lui seul, peut aider une reprise attendue.
Le discours inhabituel du Président Obama au Congres et au Senat réunis peut être lu comme un optimisme de commande. Ce serait mal connaitre Barack Obama : ce n’est pas un homme qui manie l’optimisme pour rassurer.
A la lecture de son discours, il y a de nombreux signes qui démontrent que le Président américain a une vision très concrète des défis qui nous attendent et des risques de la situation. Il n’aurait pas demande un « stimulus package » de $ 800 milliards s’il n’en était pas profondément convaincu ni un budget en déficit budgétaire de $1.700 milliards Il sait aussi que les reformes urgentes doivent se faire maintenant : d’où les mesures visant à aider les emprunteurs hypothécaires et généralisant progressivement les soins de santé aux Etats-Unis.
L’homme est réaliste, mais aussi visionnaire.Son discours n’est rien de moins qu’une invitation à porter notre regard au-delà de la crise. Il ne s’agit pas de l’ignorer, mais des signaux avant-coureurs d’un changement de l’attitude des américains se font sentir des maintenant. Nous avons tous entendu les prévisions du Président de la Reserve Fédérale, Ben Bernanke, qui suggèrent que la récession devrait être terminée aux Etats-Unis a la fin de l’année. Une enquête régulière auprès des gestionnaires de fonds américains est saisissante. Il y a 3 mois, ils croyaient, à 60%, que la situation allait empirer. Ce pourcentage est descendu à 6% seulement. Ces gestionnaires vont donc recommencer a investir, la plupart d’entre eux se focalisant dès maintenant sur les actions dépréciées.
Sur les marchés financiers, la tendance s’améliore. J’en veux pour témoin le marché obligataire : qu’une Caisse d’Eparges de Catalogne puisse emprunter $ 2 milliards, et la Barclays Bank (qui n’est pas nationalisée) $ 4 milliards, cette semaine, confirme des indicateurs que ce marché de l’emprunt a taux fixe et a long terme recommence a faire confiance aux institutions financières et a avoir celle des investisseurs.
C’est en raison de ces signaux et de nombreux autres, que le moment est en effet venu de nous poser la question de notre regard. Les Cassandres sont légion, et ceux qui y ont intérêt continuent à annoncer le pire. Ce sont eux qui détériorent un climat difficile, mais absolument pas désespéré.
C’est aussi la grande force des Etats-Unis. Ce que l’on appelle la « résilience », c’est cette attitude que Barack Obama a voulu réveiller dans les foyers américains : 45% d’entre eux ont vu ce discours, et 40% d’entre eux, sur base d’un sondage Gallup, en ont retirée une vision plus confiante de l’avenir.
Par rapport à cette volonté de reconstruire, les discours européens font encore sérieusement preuve de défaitisme. Or le défaitisme ne sert qu’à aggraver la situation. Les « politiques » semblent déprimés. Nous devons (ré)apprendre á regarder avec un horizon d’un ou deux ans, et, au lieu de nous lamenter sur la situation du moment, commencer a prendre les mesures qui construiront une reprise dont on commence a voir poindre des signes avant-coureurs.
Non, Barack Obama n’est pas un indécrottable optimiste. Mais son horizon, c’est quatre ans, avec une baisse du déficit américain de 50%. C’est a partir de ces objectifs ambitieux qu’il décide, des maintenant, de prendre les mesures nécessaires pour rebâtir ce que Charles Péguy appelait « le mystère de la deuxième vertu » : l’espérance, et avec elle la confiance en soi nécessaire pour la concrétiser. Ce changement de regard, a lui seul, peut aider une reprise attendue.
Obama brosse 7 principes de renforcement de la régulation financière
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Recommandations.
A l'issue d'une réunion avec le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, et plusieurs représentants du Congrès, Barack Obama a présenté, mercredi soir, ses recommandations pour un renforcement de la régulation financière en vue de la préparation du G20 de Londres. « Bien que le libre marché soit une clef du progrès, il ne doit pas nous donner carte blanche pour obtenir tout ce que l'on veut, de quelque manière que ce soit », a souligné le président américain en appelant à un « sérieux contrôle » des institutions financières pour éviter la réédition de nouvelles crises. Bien que la Maison-Blanche soit restée assez vague sur le contenu précis de ses recommandations en cours d'élaboration, elle a évoqué une série de sept grands principes : renforcement du contrôle de la Fed sur les institutions pour lesquelles elle devient le prêteur en dernier ressort, modernisation de la structure réglementaire, promotion de la transparence, supervision uniforme basée sur des données actualisées, renforcement de la responsabilité des dirigeants financiers en cas de « trahison de la confiance publique », couverture de l'ensemble des institutions financières, rôle leader des Etats-Unis dans la fixation des standards de régulation.
Les Echos
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Les Echos
jeudi 26 février 2009
La nomination de Gary Locke par Barack Obama bien accueillie à Pékin - VIE POLITIQUE RELATIONS INTERNATIONALES
Le budget d'Obama prévoit un déficit de 1.750 milliards - Monde - Challenges.fr
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Le président américain table sur une réduction du déficit à 1.171 milliards de dollars pour 2010.
Barack Obama a présenté, jeudi 26 février, un projet de budget qui prévoit un déficit de 1.171 milliards de dollars pour l'exercice 2010, contre 1.750 milliards de dollars cette année, confirmant une information du Wall Street Journal.Le projet prévoit par ailleurs des dépenses totales de 3.606 milliards de dollars pour l'exercice 2010, contre 3.724 milliards de dollars lors de l'exercice précédent."Il faudra du temps, mais nous pouvons apporter le changement à l'Amérique, nous pouvons reconstruire la confiance perdue, nous pouvons rétablir perspectives et prospérité", affirme le président américain."Des réglementations datant du 20e"Mercredi, il a promis un nouveau "code de la route" pour la finance, à l'issue d'une réunion à la Maison Blanche, lors de laquelle il a souhaité de nouvelles règles claires "non pas pour entraver les institutions financières, mais pour protéger les consommateurs et les investisseurs et, au bout du compte, faire en sorte que les institutions financières restent solides"."Nous ne pouvons plus permettre que les marchés du 21e siècle soient gérés par des réglementations datant du 20e", a-t-il expliqué, avant de détailler ses demandes. Il souhaite notamment que les institutions financières présentant des risques systémiques "graves" soient soumises à une surveillance étroite, afin d'éviter qu'elle ne doivent bénéficier en dernier recours d'une "police d'assurance signée de la main du contribuable américain". L'étendue des risques que peuvent prendre les institutions devra être contrôlée afin d'éviter que la faillite d'une ou de plusieurs grandes institutions ne mette en danger tout le système.G20 le 2 avrilPar ailleurs, le président américain réclame que "les dirigeants qui trahissent la confiance du public rendent des comptes".Ces objectifs vont se déployer sur deux terrains: la rédaction d'une législation par les parlementaires dans les prochains mois et une tentative de coordination au niveau international, car les problèmes financiers "ne sont pas seulement des problèmes américains, ce sont des problèmes mondiaux". Ces questions devaient en effet être soulevées au sommet du G20 le 2 avril à Londres, où Barack Obama fera ses grands débuts sur la scène internationale.
Le président américain table sur une réduction du déficit à 1.171 milliards de dollars pour 2010.
Barack Obama a présenté, jeudi 26 février, un projet de budget qui prévoit un déficit de 1.171 milliards de dollars pour l'exercice 2010, contre 1.750 milliards de dollars cette année, confirmant une information du Wall Street Journal.Le projet prévoit par ailleurs des dépenses totales de 3.606 milliards de dollars pour l'exercice 2010, contre 3.724 milliards de dollars lors de l'exercice précédent."Il faudra du temps, mais nous pouvons apporter le changement à l'Amérique, nous pouvons reconstruire la confiance perdue, nous pouvons rétablir perspectives et prospérité", affirme le président américain."Des réglementations datant du 20e"Mercredi, il a promis un nouveau "code de la route" pour la finance, à l'issue d'une réunion à la Maison Blanche, lors de laquelle il a souhaité de nouvelles règles claires "non pas pour entraver les institutions financières, mais pour protéger les consommateurs et les investisseurs et, au bout du compte, faire en sorte que les institutions financières restent solides"."Nous ne pouvons plus permettre que les marchés du 21e siècle soient gérés par des réglementations datant du 20e", a-t-il expliqué, avant de détailler ses demandes. Il souhaite notamment que les institutions financières présentant des risques systémiques "graves" soient soumises à une surveillance étroite, afin d'éviter qu'elle ne doivent bénéficier en dernier recours d'une "police d'assurance signée de la main du contribuable américain". L'étendue des risques que peuvent prendre les institutions devra être contrôlée afin d'éviter que la faillite d'une ou de plusieurs grandes institutions ne mette en danger tout le système.G20 le 2 avrilPar ailleurs, le président américain réclame que "les dirigeants qui trahissent la confiance du public rendent des comptes".Ces objectifs vont se déployer sur deux terrains: la rédaction d'une législation par les parlementaires dans les prochains mois et une tentative de coordination au niveau international, car les problèmes financiers "ne sont pas seulement des problèmes américains, ce sont des problèmes mondiaux". Ces questions devaient en effet être soulevées au sommet du G20 le 2 avril à Londres, où Barack Obama fera ses grands débuts sur la scène internationale.
Obama promet du sang, des larmes et le retour à la prospérité - Libération
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Etats-Unis. Ambitieux discours du président américain, mardi soir, devant le Congrès.
WASHINGTON, de notre correspondant PHILIPPE GRANGEREAU
La grave crise économique et financière que traversent les Etats-Unis ne réduit pas les ambitions de Barack Obama. Bien au contraire, il a prophétisé mardi soir une véritable refonte du capitalisme américain. «Nous avons vécu une époque où, trop souvent, les gains à court terme l’emportaient sur la prospérité sur le long terme […] les réglementations ont été rognées pour des profits rapides aux dépens d’un marché en bonne santé. […] L’heure de vérité a sonné et le moment est venu de prendre notre avenir en mains et de bâtir les fondations d’une prospérité durable.»
Pour le Président, la crise est une occasion à saisir. «C’est le moment d’agir avec audace et sagesse», a assuré Obama dans un discours solennel, prononcé devant les deux chambres du Congrès. Sous le regard admiratif de l’aile démocrate, il a été ovationné tout au long de son allocution. «Notre économie est affaiblie et notre confiance ébranlée ; nous vivons des temps difficiles et incertains ; mais ce soir je veux que tous les Américains sachent ceci : nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir, et les Etats-Unis d’Amérique en sortiront plus forts qu’auparavant.» Pour rassurer, il a tout d’abord tenu à affirmer que l’argent déposé dans les banques américaines était en sûreté. «Vous pouvez continuer à compter sur le système financier. Ce n’est pas une source d’inquiétude.»
Hercule. Sur un ton singulièrement optimiste, le Président a annoncé qu’il entreprendrait cette année une réforme du système de santé, du monde éducatif, tout en investissant massivement dans les énergies renouvelables. Signalant au passage «un nouvel effort» dans la recherche médicale pour vaincre le cancer, Obama a aussi demandé au Congrès d’adopter «une loi qui institue des quotas sur les émissions de gaz carbonique fondés sur le marché et encourageant la production d’énergies renouvelables». Des travaux d’Hercule qui, a-t-il affirmé, ne grèveront pas excessivement le budget. Le déficit, qui dépassera les 1 000 milliards de dollars à la fin de l’année (785 milliards d’euros), sera réduit de moitié à la fin de son mandat, a-t-il promis. En attendant, Obama a désigné hier un nouveau candidat au poste de secrétaire au Commerce, le troisième postulant pour cette fonction : l’ancien gouverneur Gary Locke, le premier d’origine chinoise.
«Je ne comprends vraiment pas comment il va réussir à faire tout cela en même temps», s’interroge Barry Bosworth, un expert de la politique monétaire et économique à l’Institut Brookings. «L’administration essaie de voir au-delà de la récession. C’est bien d’être optimiste. C’est bien que le président de la Réserve fédérale, comme il l’a fait cette semaine, annonce qu’on aura touché le fond cette année. Mais je pense que l’administration sous-estime les obstacles pour sortir de cette récession. En terme de pertes d’emplois, c’est la pire récession depuis la Grande Dépression [des années 30, ndlr]», ajoute Bosworth, qui fut conseiller économique du président Carter (1977-1981).
Pour réduire le déficit, Obama préconise de supprimer des «programmes gaspilleurs et inefficaces» et d’éliminer les réductions d’impôts pour les plus riches instaurées par son prédécesseur. Le Washington Post a salué le programme visionnaire d’Obama en le comparant au New Deal des années 30: «Jamais depuis le discours solennel prononcé par Franklin D. Roosevelt huit jours après son investiture, les Américains n’avaient autant eu besoin d’un leader économique. Et jamais depuis Franklin D. Roosevelt il n’y avait eu un programme aussi audacieux et ambitieux ou aussi susceptible de remodeler le capitalisme américain.»
Agenda. Des analystes un peu plus sobres doutent, toutefois, de la capacité de ce Président, qui fascine l’Amérique, à mener de front tous ses projets. A commencer par la réforme du système d’assurance santé, sur lequel Bill et Hillary Clinton s’étaient cassé les dents dans les années 90. «Je ne vois pas comment ça sera possible cette année, modère Barry Bosworth. Il n’y a aucun consensus au Congrès sur le type de système de santé envisageable, et même au sein de l’administration, il y a toujours un débat sur la manière dont ils s’y prendraient pour faire cette réforme, progressivement ou brutalement.»
L’agenda s’annonce difficile, d’autant qu’au Congrès, l’opposition républicaine paraît toujours aussi véhémente en dépit des exhortations répétées du président au «bipartisanisme». Seuls trois sénateurs de l’opposition ont voté ce mois-ci pour l’adoption de son plan de relance économique de 787 milliards de dollars (615 milliards d’euros), et aucun à la Chambre des représentants.
Juste après l’allocution de Barack Obama, le représentant républicain de Louisiane, Bobby Jindal, a fustigé le retour à un Etat fédéral fort. «Les leaders démocrates disent que le [plan de relance] va stimuler l’économie. Mais tout ce que ça va faire, c’est accroître le poids du gouvernement, augmenter nos impôts au bout du compte, et surcharger de dettes les générations futures», fulmine Jindal, 37 ans, étoile montante du Parti républicain, qui est le premier gouverneur américain originaire du sous-continent indien.
Etats-Unis. Ambitieux discours du président américain, mardi soir, devant le Congrès.
WASHINGTON, de notre correspondant PHILIPPE GRANGEREAU
La grave crise économique et financière que traversent les Etats-Unis ne réduit pas les ambitions de Barack Obama. Bien au contraire, il a prophétisé mardi soir une véritable refonte du capitalisme américain. «Nous avons vécu une époque où, trop souvent, les gains à court terme l’emportaient sur la prospérité sur le long terme […] les réglementations ont été rognées pour des profits rapides aux dépens d’un marché en bonne santé. […] L’heure de vérité a sonné et le moment est venu de prendre notre avenir en mains et de bâtir les fondations d’une prospérité durable.»
Pour le Président, la crise est une occasion à saisir. «C’est le moment d’agir avec audace et sagesse», a assuré Obama dans un discours solennel, prononcé devant les deux chambres du Congrès. Sous le regard admiratif de l’aile démocrate, il a été ovationné tout au long de son allocution. «Notre économie est affaiblie et notre confiance ébranlée ; nous vivons des temps difficiles et incertains ; mais ce soir je veux que tous les Américains sachent ceci : nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir, et les Etats-Unis d’Amérique en sortiront plus forts qu’auparavant.» Pour rassurer, il a tout d’abord tenu à affirmer que l’argent déposé dans les banques américaines était en sûreté. «Vous pouvez continuer à compter sur le système financier. Ce n’est pas une source d’inquiétude.»
Hercule. Sur un ton singulièrement optimiste, le Président a annoncé qu’il entreprendrait cette année une réforme du système de santé, du monde éducatif, tout en investissant massivement dans les énergies renouvelables. Signalant au passage «un nouvel effort» dans la recherche médicale pour vaincre le cancer, Obama a aussi demandé au Congrès d’adopter «une loi qui institue des quotas sur les émissions de gaz carbonique fondés sur le marché et encourageant la production d’énergies renouvelables». Des travaux d’Hercule qui, a-t-il affirmé, ne grèveront pas excessivement le budget. Le déficit, qui dépassera les 1 000 milliards de dollars à la fin de l’année (785 milliards d’euros), sera réduit de moitié à la fin de son mandat, a-t-il promis. En attendant, Obama a désigné hier un nouveau candidat au poste de secrétaire au Commerce, le troisième postulant pour cette fonction : l’ancien gouverneur Gary Locke, le premier d’origine chinoise.
«Je ne comprends vraiment pas comment il va réussir à faire tout cela en même temps», s’interroge Barry Bosworth, un expert de la politique monétaire et économique à l’Institut Brookings. «L’administration essaie de voir au-delà de la récession. C’est bien d’être optimiste. C’est bien que le président de la Réserve fédérale, comme il l’a fait cette semaine, annonce qu’on aura touché le fond cette année. Mais je pense que l’administration sous-estime les obstacles pour sortir de cette récession. En terme de pertes d’emplois, c’est la pire récession depuis la Grande Dépression [des années 30, ndlr]», ajoute Bosworth, qui fut conseiller économique du président Carter (1977-1981).
Pour réduire le déficit, Obama préconise de supprimer des «programmes gaspilleurs et inefficaces» et d’éliminer les réductions d’impôts pour les plus riches instaurées par son prédécesseur. Le Washington Post a salué le programme visionnaire d’Obama en le comparant au New Deal des années 30: «Jamais depuis le discours solennel prononcé par Franklin D. Roosevelt huit jours après son investiture, les Américains n’avaient autant eu besoin d’un leader économique. Et jamais depuis Franklin D. Roosevelt il n’y avait eu un programme aussi audacieux et ambitieux ou aussi susceptible de remodeler le capitalisme américain.»
Agenda. Des analystes un peu plus sobres doutent, toutefois, de la capacité de ce Président, qui fascine l’Amérique, à mener de front tous ses projets. A commencer par la réforme du système d’assurance santé, sur lequel Bill et Hillary Clinton s’étaient cassé les dents dans les années 90. «Je ne vois pas comment ça sera possible cette année, modère Barry Bosworth. Il n’y a aucun consensus au Congrès sur le type de système de santé envisageable, et même au sein de l’administration, il y a toujours un débat sur la manière dont ils s’y prendraient pour faire cette réforme, progressivement ou brutalement.»
L’agenda s’annonce difficile, d’autant qu’au Congrès, l’opposition républicaine paraît toujours aussi véhémente en dépit des exhortations répétées du président au «bipartisanisme». Seuls trois sénateurs de l’opposition ont voté ce mois-ci pour l’adoption de son plan de relance économique de 787 milliards de dollars (615 milliards d’euros), et aucun à la Chambre des représentants.
Juste après l’allocution de Barack Obama, le représentant républicain de Louisiane, Bobby Jindal, a fustigé le retour à un Etat fédéral fort. «Les leaders démocrates disent que le [plan de relance] va stimuler l’économie. Mais tout ce que ça va faire, c’est accroître le poids du gouvernement, augmenter nos impôts au bout du compte, et surcharger de dettes les générations futures», fulmine Jindal, 37 ans, étoile montante du Parti républicain, qui est le premier gouverneur américain originaire du sous-continent indien.
Barack Obama: «Nous allons nous relever»
LeTemps.ch Barack Obama: «Nous allons nous relever»
Par Luis Lema, New York
Dans son premier discours devant le Congrès réuni, le président a réussi à conquérir son auditoire.Il a insisté sur trois domaines prioritaires: l’énergie, l’assurance santé et l’éducation
Les républicains avaient déjà préparé la contre-attaque. Choisi pour donner la réplique à Barack Obama, le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal (lire ci-dessous) avait intitulé son intervention «Les Américains peuvent tout faire». Manière de montrer que le message d’espoir était désormais passé du côté des conservateurs, face à un président qui ne cesse de mettre en avant «la catastrophe» héritée des années Bush et de souligner «les sacrifices» qui seront nécessaires pour surmonter la crise économique.
Mais, une nouvelle fois, Barack Obama a pris ses adversaires de court. Mardi soir, pour sa première adresse aux deux Chambres réunies du Congrès, le président démocrate a démontré, une nouvelle fois, sa maestria. Une nouvelle fois, alliant la légèreté à la gravité, le didactisme à l’enthousiasme, le concret à l’ardeur, il a conquis son auditoire et, derrière lui, le cœur d’une vaste majorité d’Américains. Sur les 219 élus républicains présents, seuls trois renégats avaient voté il y a deux semaines en faveur du plan de relance économique de 787 milliards de dollars soutenu par la Maison-Blanche. Ils venaient au Capitole prêts à en découdre. Mais, bon gré mal gré, ils se sont levés plus de trente fois pour applaudir leur président, dépassant largement ce qu’exigeait le simple respect du rituel.
Objectifs ambitieux
Certes, Barack Obama a insisté sur l’ampleur de la crise. Mais, répondant au souci de certains démocrates dont l’ancien président Bill Clinton, il a surtout pris garde de s’en détacher, comme pour ne pas être identifié à elle à force de jouer les oiseaux de mauvais augure. «Nous allons reconstruire, nous allons nous relever et les Etats-Unis en sortiront plus forts qu’avant», lançait-il. Face à un pays qui a laissé partir à la dérive son secteur public, Barack Obama a insisté avant tout sur trois domaines – l’énergie, l’assurance santé et l’éducation – en formulant pour chacun d’eux des objectifs ambitieux: doubler, en trois ans, la production d’énergie renouvelable, entreprendre une réforme profonde du système de santé, «qui ne peut pas attendre un an de plus», et faire des Etats-Unis le pays développé qui comptera le plus haut taux de lycéens d’ici à 2020. Trois ovations du Congrès.
Par-dessus les épaules des élus, c’est pourtant directement aux Américains que s’adressait le président. Sachant que les plans de sauvetage des banques sont extrêmement impopulaires, il leur a affirmé qu’il avait compris le message et que le temps était révolu de banquiers qui pouvaient s’offrir des jets privés grâce à l’argent de la collectivité. «Il ne s’agit pas d’aider les banques mais d’aider les gens», affirmait-il en se plaçant de leur côté. Sachant également que le déficit public est l’une des grandes préoccupations de l’Amérique, il a promis de le réduire de moitié avant la fin de son mandat. Une réelle gageure étant donné les plans économiques qui s’accumulent à Washington et dont Barack Obama a laissé entendre qu’ils pourraient encore s’alourdir pour faire face aux difficultés croissantes rencontrées notamment par le secteur bancaire.
Américains plus optimistes
Le président a joué des ressorts profonds des Etats-Unis pour transformer les fatalités en défis à surmonter. Résultat: selon un sondage de CNN, 85% des Américains affirmaient au lendemain du discours que celui-ci leur avait donné des raisons d’être plus optimistes. Seuls 11% avaient vu croître leur pessimisme. Après cette prestation, la réponse préfabriquée du républicain Bobby Jindal ne pouvait faire qu’un gros «plouf». C’est ce qu’elle a fait.
Destiné donc avant tout à la consommation interne, ce discours n’a que très peu abordé les relations internationales, autrement que par une déclaration aux résonances morales («les Etats-Unis sont un pays qui ne torture pas») et par une allusion rapide à la fin de la guerre d’Irak. C’est vendredi que Barack Obama devrait dévoiler le calendrier de retrait d’Irak des troupes américaines de combat qui, selon les indiscrétions parues dans la presse, pourrait être achevé en août de l’année prochaine. Sur la question israélo-palestinienne, destinée sans doute à devenir l’une des (nombreuses) priorités de l’administration, le président s’en est tenu à la promesse vague de «soutenir» les efforts de réconciliation «entre Israël et ses voisins». Une déclaration qui aura certainement laissé les Palestiniens sur leur faim (à l’inverse de George Bush, Obama n’a pas prononcé le mot «Palestine») mais qui annonce peut-être sa volonté de lancer une plus vaste initiative régionale.
Sur la colline du Capitole, les élus démocrates paradaient après «le tour de force» accompli par leur chef. Rarement la confiance aura été aussi grande dans leurs rangs
Par Luis Lema, New York
Dans son premier discours devant le Congrès réuni, le président a réussi à conquérir son auditoire.Il a insisté sur trois domaines prioritaires: l’énergie, l’assurance santé et l’éducation
Les républicains avaient déjà préparé la contre-attaque. Choisi pour donner la réplique à Barack Obama, le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal (lire ci-dessous) avait intitulé son intervention «Les Américains peuvent tout faire». Manière de montrer que le message d’espoir était désormais passé du côté des conservateurs, face à un président qui ne cesse de mettre en avant «la catastrophe» héritée des années Bush et de souligner «les sacrifices» qui seront nécessaires pour surmonter la crise économique.
Mais, une nouvelle fois, Barack Obama a pris ses adversaires de court. Mardi soir, pour sa première adresse aux deux Chambres réunies du Congrès, le président démocrate a démontré, une nouvelle fois, sa maestria. Une nouvelle fois, alliant la légèreté à la gravité, le didactisme à l’enthousiasme, le concret à l’ardeur, il a conquis son auditoire et, derrière lui, le cœur d’une vaste majorité d’Américains. Sur les 219 élus républicains présents, seuls trois renégats avaient voté il y a deux semaines en faveur du plan de relance économique de 787 milliards de dollars soutenu par la Maison-Blanche. Ils venaient au Capitole prêts à en découdre. Mais, bon gré mal gré, ils se sont levés plus de trente fois pour applaudir leur président, dépassant largement ce qu’exigeait le simple respect du rituel.
Objectifs ambitieux
Certes, Barack Obama a insisté sur l’ampleur de la crise. Mais, répondant au souci de certains démocrates dont l’ancien président Bill Clinton, il a surtout pris garde de s’en détacher, comme pour ne pas être identifié à elle à force de jouer les oiseaux de mauvais augure. «Nous allons reconstruire, nous allons nous relever et les Etats-Unis en sortiront plus forts qu’avant», lançait-il. Face à un pays qui a laissé partir à la dérive son secteur public, Barack Obama a insisté avant tout sur trois domaines – l’énergie, l’assurance santé et l’éducation – en formulant pour chacun d’eux des objectifs ambitieux: doubler, en trois ans, la production d’énergie renouvelable, entreprendre une réforme profonde du système de santé, «qui ne peut pas attendre un an de plus», et faire des Etats-Unis le pays développé qui comptera le plus haut taux de lycéens d’ici à 2020. Trois ovations du Congrès.
Par-dessus les épaules des élus, c’est pourtant directement aux Américains que s’adressait le président. Sachant que les plans de sauvetage des banques sont extrêmement impopulaires, il leur a affirmé qu’il avait compris le message et que le temps était révolu de banquiers qui pouvaient s’offrir des jets privés grâce à l’argent de la collectivité. «Il ne s’agit pas d’aider les banques mais d’aider les gens», affirmait-il en se plaçant de leur côté. Sachant également que le déficit public est l’une des grandes préoccupations de l’Amérique, il a promis de le réduire de moitié avant la fin de son mandat. Une réelle gageure étant donné les plans économiques qui s’accumulent à Washington et dont Barack Obama a laissé entendre qu’ils pourraient encore s’alourdir pour faire face aux difficultés croissantes rencontrées notamment par le secteur bancaire.
Américains plus optimistes
Le président a joué des ressorts profonds des Etats-Unis pour transformer les fatalités en défis à surmonter. Résultat: selon un sondage de CNN, 85% des Américains affirmaient au lendemain du discours que celui-ci leur avait donné des raisons d’être plus optimistes. Seuls 11% avaient vu croître leur pessimisme. Après cette prestation, la réponse préfabriquée du républicain Bobby Jindal ne pouvait faire qu’un gros «plouf». C’est ce qu’elle a fait.
Destiné donc avant tout à la consommation interne, ce discours n’a que très peu abordé les relations internationales, autrement que par une déclaration aux résonances morales («les Etats-Unis sont un pays qui ne torture pas») et par une allusion rapide à la fin de la guerre d’Irak. C’est vendredi que Barack Obama devrait dévoiler le calendrier de retrait d’Irak des troupes américaines de combat qui, selon les indiscrétions parues dans la presse, pourrait être achevé en août de l’année prochaine. Sur la question israélo-palestinienne, destinée sans doute à devenir l’une des (nombreuses) priorités de l’administration, le président s’en est tenu à la promesse vague de «soutenir» les efforts de réconciliation «entre Israël et ses voisins». Une déclaration qui aura certainement laissé les Palestiniens sur leur faim (à l’inverse de George Bush, Obama n’a pas prononcé le mot «Palestine») mais qui annonce peut-être sa volonté de lancer une plus vaste initiative régionale.
Sur la colline du Capitole, les élus démocrates paradaient après «le tour de force» accompli par leur chef. Rarement la confiance aura été aussi grande dans leurs rangs
Obama: insuffler un nouvel espoir à l'Amérique
La Presse Canadienne: Obama: insuffler un nouvel espoir à l'Amérique
Barack Obama a tenté mardi soir d'insuffler un nouvel espoir à l'Amérique. Après avoir dressé pendant des semaines un panorama quasi apocalyptique de l'économie du pays, le président a utilisé son discours devant le Congrès pour donner une leçon d'optimisme à l'américaine.
"Nous allons nous reconstruire. Nous allons guérir et les Etats-Unis d'Amérique sortiront plus forts qu'avant", a lancé Barack Obama, faisant écho aux présidents Franklin Delano Roosevelt ou Ronald Reagan.
"Les réponses à nos problèmes ne sont pas hors de portée", a-t-il affirmé, avant d'exhorter le pays à "se rassembler, pour affronter crânement les défis qui nous font face et assumer une fois de plus la responsabilité de notre avenir".
Les thèmes de la responsabilité, et surtout de la communauté nationale, ont dominé tout son discours, ponctué de notes plus graves. Pertes d'emploi. Saisies des maisons. Crise des crédits. Hausse du coût du système de santé. Baisse de confiance dans le gouvernement. Le président américain a évoqué toutes ces données: "l'impact de cette récession est réel, et il est partout", a-t-il constaté.
Mais Barack Obama estime qu'un président doit savoir à la fois être réaliste et tirer la nation vers le haut. "J'essaye constamment de trouver le juste milieu entre paraître alarmiste, et tenir les Américains informés de la situation dans laquelle nous sommes", avait-il reconnu sur ABC News le 10 février.
De fait, le président avait déjà écrit l'essentiel de son discours à cette date, selon ses conseillers, qui avaient prédit qu'il jouerait sur un pivot rhétorique : partir des peurs pour susciter l'espoir.
Barack Obama a suivi les traces de Roosevelt qui, après avoir brièvement fermé les banques durant les premiers jours de sa présidence, en 1933, avait voulu raviver l'optimisme américain. "La confiance et le courage sont l'essence du succès pour mener à bien notre projet", avait alors déclaré Roosevelt. "Unissons-nous pour bannir la peur. Nous avons mis en place le mécanisme destiné à restaurer notre système financier. C'est à vous de le soutenir et de le faire fonctionner. C'est votre problème autant que le mien. Ensemble nous ne pouvons pas échouer".
Comme Roosevelt, Obama a demandé aux Américains de s'unir contre le pessimisme. "Nous sommes une nation qui a su voir la promesse au milieu du danger, et a tiré parti de l'épreuve", a-t-il affirmé. "Aujourd'hui nous devons redevenir cette nation".
Comme Roosevelt, il a déclaré que son gouvernement avait déjà mis en place le mécanisme destiné à créer des emplois, améliorer l'accès aux soins, débloquer les crédits et soutenir les propriétaires en difficultés.
Et comme Roosevelt, il a mis les Américains au défi de contribuer à surmonter les problèmes du pays. Il les a même mis au défi de reconnaître leur propre rôle dans l'origine de la crise. "Les gens achètent des maisons en sachant qu'il ne pourront pas les payer", a-t-il blâmé, "grâce à des banques et des organismes prêteurs qui favorisent ces mauvais emprunts".
Le président s'est montré direct, mais positif. "Ce ne sera pas facile", a-t-il expliqué. "Mais c'est l'Amérique. Nous ne faisons pas ce qui est facile. Nous faisons ce qui est nécessaire pour pousser ce pays vers l'avant".
Barack Obama a aussi repris l'habitude d'un autre président, républicain celui-là, Ronald Reagan qui, lorsqu'il s'adressait au Congrès, aimait mettre en avant un citoyen moyen ayant accompli quelque chose d'exceptionnel pour symboliser l'esprit américain.
Mardi soir, le président a ainsi invité Ty'Sheoma Bethea à rejoindre la première dame Michelle Obama dans la foule. Cette collégienne avait adressé une lettre au Congrès pour obtenir de l'aide, afin de réparer son école délabrée en Caroline du Sud. Expliquant aux parlementaires qu'elle et ses camarades allaient surmonter cette situation, elle avait écrit: "Nous ne sommes pas des dégonflés". C'est précisément le message envoyé par Obama à son pays.
Barack Obama a tenté mardi soir d'insuffler un nouvel espoir à l'Amérique. Après avoir dressé pendant des semaines un panorama quasi apocalyptique de l'économie du pays, le président a utilisé son discours devant le Congrès pour donner une leçon d'optimisme à l'américaine.
"Nous allons nous reconstruire. Nous allons guérir et les Etats-Unis d'Amérique sortiront plus forts qu'avant", a lancé Barack Obama, faisant écho aux présidents Franklin Delano Roosevelt ou Ronald Reagan.
"Les réponses à nos problèmes ne sont pas hors de portée", a-t-il affirmé, avant d'exhorter le pays à "se rassembler, pour affronter crânement les défis qui nous font face et assumer une fois de plus la responsabilité de notre avenir".
Les thèmes de la responsabilité, et surtout de la communauté nationale, ont dominé tout son discours, ponctué de notes plus graves. Pertes d'emploi. Saisies des maisons. Crise des crédits. Hausse du coût du système de santé. Baisse de confiance dans le gouvernement. Le président américain a évoqué toutes ces données: "l'impact de cette récession est réel, et il est partout", a-t-il constaté.
Mais Barack Obama estime qu'un président doit savoir à la fois être réaliste et tirer la nation vers le haut. "J'essaye constamment de trouver le juste milieu entre paraître alarmiste, et tenir les Américains informés de la situation dans laquelle nous sommes", avait-il reconnu sur ABC News le 10 février.
De fait, le président avait déjà écrit l'essentiel de son discours à cette date, selon ses conseillers, qui avaient prédit qu'il jouerait sur un pivot rhétorique : partir des peurs pour susciter l'espoir.
Barack Obama a suivi les traces de Roosevelt qui, après avoir brièvement fermé les banques durant les premiers jours de sa présidence, en 1933, avait voulu raviver l'optimisme américain. "La confiance et le courage sont l'essence du succès pour mener à bien notre projet", avait alors déclaré Roosevelt. "Unissons-nous pour bannir la peur. Nous avons mis en place le mécanisme destiné à restaurer notre système financier. C'est à vous de le soutenir et de le faire fonctionner. C'est votre problème autant que le mien. Ensemble nous ne pouvons pas échouer".
Comme Roosevelt, Obama a demandé aux Américains de s'unir contre le pessimisme. "Nous sommes une nation qui a su voir la promesse au milieu du danger, et a tiré parti de l'épreuve", a-t-il affirmé. "Aujourd'hui nous devons redevenir cette nation".
Comme Roosevelt, il a déclaré que son gouvernement avait déjà mis en place le mécanisme destiné à créer des emplois, améliorer l'accès aux soins, débloquer les crédits et soutenir les propriétaires en difficultés.
Et comme Roosevelt, il a mis les Américains au défi de contribuer à surmonter les problèmes du pays. Il les a même mis au défi de reconnaître leur propre rôle dans l'origine de la crise. "Les gens achètent des maisons en sachant qu'il ne pourront pas les payer", a-t-il blâmé, "grâce à des banques et des organismes prêteurs qui favorisent ces mauvais emprunts".
Le président s'est montré direct, mais positif. "Ce ne sera pas facile", a-t-il expliqué. "Mais c'est l'Amérique. Nous ne faisons pas ce qui est facile. Nous faisons ce qui est nécessaire pour pousser ce pays vers l'avant".
Barack Obama a aussi repris l'habitude d'un autre président, républicain celui-là, Ronald Reagan qui, lorsqu'il s'adressait au Congrès, aimait mettre en avant un citoyen moyen ayant accompli quelque chose d'exceptionnel pour symboliser l'esprit américain.
Mardi soir, le président a ainsi invité Ty'Sheoma Bethea à rejoindre la première dame Michelle Obama dans la foule. Cette collégienne avait adressé une lettre au Congrès pour obtenir de l'aide, afin de réparer son école délabrée en Caroline du Sud. Expliquant aux parlementaires qu'elle et ses camarades allaient surmonter cette situation, elle avait écrit: "Nous ne sommes pas des dégonflés". C'est précisément le message envoyé par Obama à son pays.
La presse américaine conquise par le discours d'Obama
La presse américaine conquise par le discours d'Obama - NouvelObs.com
Barack Obama semble "confiant sans toutefois minimiser les graves problèmes" souligne le New York Times tandis que le Washington le compare à Franklin D. Roosevelt.
Le président des Etats Unis, Barack Obama, durant son discours sur l'Etat de l'Union devant les membres du Congrès, au Capitole (AP) La presse américaine faisait l'éloge, mercredi 25 février, du discours solennel de Barack Obama devant les deux Chambres réunies du Congrès la veille, saluant sa promesse de "jours meilleurs", mais aussi son assurance et son optimisme alors que le pays est pris dans une grave récession.Barack Obama "semblait confiant - promettant que le pays se reconstruirait et ressortirait (de la crise) plus fort qu'il ne l'était avant - sans toutefois minimiser les graves problèmes qui doivent être surmontés avant cela", estimait le New York Times dans son éditorial."La crise économique a besoin d'une action immédiate, audacieuse et complète. Et mardi soir, M. Obama a affiché l'ambition et la large vision qui lui ont permis de remporter la Maison Blanche et que la crise réclame", ajoutait le quotidien.
Dans la même catégorie que RooseveltLe président américain "est monté sur la colline du Capitole la nuit dernière et a mis en jeu sa présidence pour sortir le pays de la crise économique", analysait le Washington Post."Jamais depuis le discours solennel prononcé par Franklin D. Roosevelt huit jours après son investiture, les Américains n'avaient autant eu besoin d'un leader économique. Et jamais depuis Franklin D. Roosevelt il n'y avait eu un programme aussi audacieux et ambitieux ou aussi susceptible de remodeler le capitalisme américain", ajoutait le journal pour qui Barack Obama "ne semble pas capable de prononcer de mauvais discours"."Ce n'était pas tellement un grand discours en fait, mais plutôt deux douzaines de petits discours, rattachés ensemble, chacun construit pour atteindre son point culminant, en général une promesse vers de jours meilleurs", jugeait le quotidien."Le président Obama a cherché à devenir 'le rassembleur en chef' mardi soir, promettant des jours meilleurs, tout en étant honnête par rapport aux difficultés auxquelles est confronté le pays", estimait le quotidien conservateur Washington Times.
Barack Obama semble "confiant sans toutefois minimiser les graves problèmes" souligne le New York Times tandis que le Washington le compare à Franklin D. Roosevelt.
Le président des Etats Unis, Barack Obama, durant son discours sur l'Etat de l'Union devant les membres du Congrès, au Capitole (AP) La presse américaine faisait l'éloge, mercredi 25 février, du discours solennel de Barack Obama devant les deux Chambres réunies du Congrès la veille, saluant sa promesse de "jours meilleurs", mais aussi son assurance et son optimisme alors que le pays est pris dans une grave récession.Barack Obama "semblait confiant - promettant que le pays se reconstruirait et ressortirait (de la crise) plus fort qu'il ne l'était avant - sans toutefois minimiser les graves problèmes qui doivent être surmontés avant cela", estimait le New York Times dans son éditorial."La crise économique a besoin d'une action immédiate, audacieuse et complète. Et mardi soir, M. Obama a affiché l'ambition et la large vision qui lui ont permis de remporter la Maison Blanche et que la crise réclame", ajoutait le quotidien.
Dans la même catégorie que RooseveltLe président américain "est monté sur la colline du Capitole la nuit dernière et a mis en jeu sa présidence pour sortir le pays de la crise économique", analysait le Washington Post."Jamais depuis le discours solennel prononcé par Franklin D. Roosevelt huit jours après son investiture, les Américains n'avaient autant eu besoin d'un leader économique. Et jamais depuis Franklin D. Roosevelt il n'y avait eu un programme aussi audacieux et ambitieux ou aussi susceptible de remodeler le capitalisme américain", ajoutait le journal pour qui Barack Obama "ne semble pas capable de prononcer de mauvais discours"."Ce n'était pas tellement un grand discours en fait, mais plutôt deux douzaines de petits discours, rattachés ensemble, chacun construit pour atteindre son point culminant, en général une promesse vers de jours meilleurs", jugeait le quotidien."Le président Obama a cherché à devenir 'le rassembleur en chef' mardi soir, promettant des jours meilleurs, tout en étant honnête par rapport aux difficultés auxquelles est confronté le pays", estimait le quotidien conservateur Washington Times.
La potion du docteur Obama
Etats-Unis. La potion du docteur Obama - Monde - Le Télégramme
Dans les premiers sondages comme dans les éditoriaux , le premier discours du président Obama devant le Congrès a été plutôt bien accueilli. Mais il faudra bien plus pour conserver la confiance des Américains.
De notre correspondant à Washington.
Selon le sondage effectué par CNN dans la foulée de la prestation du Président, 92% des téléspectateurs ont eu une réaction positive à ce premier discours de Barack Obama devant le Congrès. Une enquête parallèle de CBS indiquait que 79% des personnes interrogées étaient favorables aux mesures économiques annoncées. Comme le commentait le Washington Times aux affinités pourtant conservatrices, «Obama a cherché à devenir mardi soir le rassembleur en chef des Américains». Des débuts prometteurs Aveuglement? La réalité est plus complexe. D'abord parce que ses prédécesseurs ont réalisé exactement le même genre de performance en des moments comparables. George W.Bush en 2001 avait obtenu des indices de satisfaction autour de 80% lors de son premier discours au Congrès. Idem pour Bill Clinton en 1993, ce qui ne l'avait pas empêché de perdre les élections de mi-mandat deux ans plus tard. Ensuite parce que la magie du verbe et la rhétorique ne suffisent pas. Si le président Obama bénéficie dans les sondages d'un taux de confiance et de popularité élevés, entre 58 et 68%, une courte majorité-54% - estime que son plan de relance de l'économie a des chances d'obtenir des résultats positifs. Ces dernières semaines, il avait misé sur un effet «vérité et transparence», se refusant à cacher aux Américains l'ampleur de la crise. Les républicains avaient alors évoqué le «pessimisme» d'Obama, ce qui pour eux était un comble dans la mesure où il avait fait campagne sur le thème de «l'espoir». Comme le note l'ancien porte-parole du président Clinton, George Stephanopoulos, aujourd'hui à ABC, «la Maison Blanche avait été déçue par les critiques selon lesquelles le président jouait la carte de la peur face à la crise économique». Résultat, «le discours de mardi soir a replacé l'espérance en des jours meilleurs au coeur de l'argumentaire». Po-si-ti-ver Reconstruire, rassurer, aller de l'avant, voilà qui permet à Barack Obama de replacer le curseur sur le terrain de la confiance. En sachant que le temps joue contre lui. Comme ses conseillers le répètent chaque jour, «la situation va empirer avant qu'elle ne s'améliore», il ne faut donc pas donner de faux espoirs aux électeurs. Place donc à l'action. Le président annoncera demain les détails du retrait militaire d'Irak. Dès la semaine prochaine, il inaugurera un nouveau sommet à la Maison Blanche entre élus et professionnels du secteur de la santé pour dégager les grandes lignes de sa réforme en faveur d'une assurance-santé universelle. Po-si-ti-ver, c'est la recette du docteur Obama.
François Clemenceau
Dans les premiers sondages comme dans les éditoriaux , le premier discours du président Obama devant le Congrès a été plutôt bien accueilli. Mais il faudra bien plus pour conserver la confiance des Américains.
De notre correspondant à Washington.
Selon le sondage effectué par CNN dans la foulée de la prestation du Président, 92% des téléspectateurs ont eu une réaction positive à ce premier discours de Barack Obama devant le Congrès. Une enquête parallèle de CBS indiquait que 79% des personnes interrogées étaient favorables aux mesures économiques annoncées. Comme le commentait le Washington Times aux affinités pourtant conservatrices, «Obama a cherché à devenir mardi soir le rassembleur en chef des Américains». Des débuts prometteurs Aveuglement? La réalité est plus complexe. D'abord parce que ses prédécesseurs ont réalisé exactement le même genre de performance en des moments comparables. George W.Bush en 2001 avait obtenu des indices de satisfaction autour de 80% lors de son premier discours au Congrès. Idem pour Bill Clinton en 1993, ce qui ne l'avait pas empêché de perdre les élections de mi-mandat deux ans plus tard. Ensuite parce que la magie du verbe et la rhétorique ne suffisent pas. Si le président Obama bénéficie dans les sondages d'un taux de confiance et de popularité élevés, entre 58 et 68%, une courte majorité-54% - estime que son plan de relance de l'économie a des chances d'obtenir des résultats positifs. Ces dernières semaines, il avait misé sur un effet «vérité et transparence», se refusant à cacher aux Américains l'ampleur de la crise. Les républicains avaient alors évoqué le «pessimisme» d'Obama, ce qui pour eux était un comble dans la mesure où il avait fait campagne sur le thème de «l'espoir». Comme le note l'ancien porte-parole du président Clinton, George Stephanopoulos, aujourd'hui à ABC, «la Maison Blanche avait été déçue par les critiques selon lesquelles le président jouait la carte de la peur face à la crise économique». Résultat, «le discours de mardi soir a replacé l'espérance en des jours meilleurs au coeur de l'argumentaire». Po-si-ti-ver Reconstruire, rassurer, aller de l'avant, voilà qui permet à Barack Obama de replacer le curseur sur le terrain de la confiance. En sachant que le temps joue contre lui. Comme ses conseillers le répètent chaque jour, «la situation va empirer avant qu'elle ne s'améliore», il ne faut donc pas donner de faux espoirs aux électeurs. Place donc à l'action. Le président annoncera demain les détails du retrait militaire d'Irak. Dès la semaine prochaine, il inaugurera un nouveau sommet à la Maison Blanche entre élus et professionnels du secteur de la santé pour dégager les grandes lignes de sa réforme en faveur d'une assurance-santé universelle. Po-si-ti-ver, c'est la recette du docteur Obama.
François Clemenceau
mercredi 25 février 2009
La crise stimule Obama
Courrier international, ÉTATS-UNIS • La crise stimule Obama
Résolu à sortir son pays de la crise, le président américain s'est adressé le 24 février au Congrès américain. Au cours de cette prestation résolument optimiste, il a transformé la crise en défi stimulant. La presse américaine est partagée entre enthousiasme et inquiétude.
"Notre économie a beau être affaiblie et notre confiance ébranlée, je veux que chaque Américain sache ceci : nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir, et les Etats-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'auparavant." Mardi soir [le 24 février], lorsqu'il s'est adressé aux deux Chambres du Congrès américain, Obama le président ressemblait beaucoup à Obama le candidat, celui que l'on a connu au cours de la campagne électorale. Confiant, il a prononcé un discours empreint d'optimisme qui lui a valu une série d'ovations et semble avoir convaincu une partie de la presse américaine. "La crise économique requiert une action immédiate, audacieuse et complète, écrit The New York Times. Et, mardi soir, M. Obama a affiché l'ambition et ce côté visionnaire qui lui ont fait gagner la Maison-Blanche – et que cette crise exige." De son côté, Peter S. Canellos, du Boston Globe, considère qu'Obama "a utilisé cette étape pour révéler la manière dont il veut être perçu : un réaliste et non un idéologue, une figure de consensus et non le leader d'un mouvement, un travailleur acharné qui saisit les problèmes plutôt qu'un rêveur en quête de nouveaux horizons." Si la présentation reçoit des notes parfaites, les ambitions du nouveau président suscitent certains doutes. En prévision de son premier budget, qu'il doit présenter le jeudi 26 février, Obama a annoncé que la relance de l'économie et le sauvetage du système bancaire ne se feraient pas au détriment d'une réforme rapide de l'assurance-santé, d'un investissement important en éducation et d'une lutte active contre le réchauffement climatique. Cet interventionnisme massif et coûteux soulève plusieurs questions. "M. Obama estime clairement que la récession a créé un climat politique qui voit les Américains suffisamment apeurés pour s'ouvrir à une nouvelle ère de renforcement du rôle de l'Etat, analyse The Wall Street Journal. La question est de savoir si ses vastes ambitions permettront à l'économie privée de croître suffisamment pour commencer à payer pour tout cela." Plus modéré, The Washington Post dit comprendre le président de ne pas vouloir laisser la crise éclipser les changements fondamentaux dont le pays a besoin. "Les causes qui ont animé sa campagne sont admirables, mais on ne peut s'empêcher de se demander si […] une nouvelle administration en sous-effectif a la capacité de faire autant en si peu de temps ?" Le quotidien estime que le capital de sympathie dont bénéficie Obama ne sera pas éternel. "Espérons qu'il n'en fasse pas un usage excessif, au point de ne plus avoir les moyens d'éteindre les incendies qui font rage actuellement", conclut le journal.
Véronique Labonté
Résolu à sortir son pays de la crise, le président américain s'est adressé le 24 février au Congrès américain. Au cours de cette prestation résolument optimiste, il a transformé la crise en défi stimulant. La presse américaine est partagée entre enthousiasme et inquiétude.
"Notre économie a beau être affaiblie et notre confiance ébranlée, je veux que chaque Américain sache ceci : nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir, et les Etats-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'auparavant." Mardi soir [le 24 février], lorsqu'il s'est adressé aux deux Chambres du Congrès américain, Obama le président ressemblait beaucoup à Obama le candidat, celui que l'on a connu au cours de la campagne électorale. Confiant, il a prononcé un discours empreint d'optimisme qui lui a valu une série d'ovations et semble avoir convaincu une partie de la presse américaine. "La crise économique requiert une action immédiate, audacieuse et complète, écrit The New York Times. Et, mardi soir, M. Obama a affiché l'ambition et ce côté visionnaire qui lui ont fait gagner la Maison-Blanche – et que cette crise exige." De son côté, Peter S. Canellos, du Boston Globe, considère qu'Obama "a utilisé cette étape pour révéler la manière dont il veut être perçu : un réaliste et non un idéologue, une figure de consensus et non le leader d'un mouvement, un travailleur acharné qui saisit les problèmes plutôt qu'un rêveur en quête de nouveaux horizons." Si la présentation reçoit des notes parfaites, les ambitions du nouveau président suscitent certains doutes. En prévision de son premier budget, qu'il doit présenter le jeudi 26 février, Obama a annoncé que la relance de l'économie et le sauvetage du système bancaire ne se feraient pas au détriment d'une réforme rapide de l'assurance-santé, d'un investissement important en éducation et d'une lutte active contre le réchauffement climatique. Cet interventionnisme massif et coûteux soulève plusieurs questions. "M. Obama estime clairement que la récession a créé un climat politique qui voit les Américains suffisamment apeurés pour s'ouvrir à une nouvelle ère de renforcement du rôle de l'Etat, analyse The Wall Street Journal. La question est de savoir si ses vastes ambitions permettront à l'économie privée de croître suffisamment pour commencer à payer pour tout cela." Plus modéré, The Washington Post dit comprendre le président de ne pas vouloir laisser la crise éclipser les changements fondamentaux dont le pays a besoin. "Les causes qui ont animé sa campagne sont admirables, mais on ne peut s'empêcher de se demander si […] une nouvelle administration en sous-effectif a la capacité de faire autant en si peu de temps ?" Le quotidien estime que le capital de sympathie dont bénéficie Obama ne sera pas éternel. "Espérons qu'il n'en fasse pas un usage excessif, au point de ne plus avoir les moyens d'éteindre les incendies qui font rage actuellement", conclut le journal.
Véronique Labonté
Yes, we will
Yes, we will - Opinions - Le Monde.fr
LE MONDE 25.02.09 13h23
L'espoir contre la crise, la crise contre l'espoir. Tels étaient les deux termes de l'équation que Barack Obama devait résoudre, mardi 24 février, lors de son premier discours de politique générale, devant les deux Chambres du Congrès. Cinq semaines après son entrée en fonctions et toujours fort du soutien de plus de deux Américains sur trois, le président des Etats-Unis s'est acquitté de l'exercice en retrouvant les accents les plus inspirés de sa campagne électorale.
La crise ? Il n'en a pas gommé l'ampleur : "Notre économie est affaiblie et notre confiance ébranlée. L'impact de cette récession est réel et il est partout. Nous vivons des temps difficiles et incertains." Il n'a pas esquivé les rudes constats de l'effondrement de l'emploi, du marché immobilier dévasté ou de la crise du crédit. Il n'a pas davantage masqué l'ampleur des efforts et des sacrifices qui seront nécessaires pour la juguler : tout démontre que les sommes colossales d'argent public déjà injectées dans l'économie en général, dans les secteurs bancaire et automobile en particulier, n'ont pour l'heure restauré la confiance ni à Wall Street ni dans les profondeurs du pays.
Mais le président américain s'est gardé de réitérer les prévisions très alarmistes qu'il avait brandies, voilà quinze jours, pour convaincre le Congrès de voter son plan de soutien à l'économie. Trop de pessimisme, fût-il lucide, menaçait toute possibilité de redonner confiance à ses compatriotes. C'est donc un message d'espoir qu'il s'est employé à leur adresser : "Nous reconstruirons, nous nous relèverons, les Etats-Unis en sortiront renforcés", a-t-il lancé, retrouvant, une nouvelle fois, les accents de Roosevelt au plus profond de la Grande Dépression.
Mais cet espoir n'ira pas sans courage, les a-t-il prévenu. Refonder une "prospérité durable", reprendre en main l'avenir ne nécessite pas seulement des mesures d'urgence, mais aussi des politiques structurelles à moyen et long termes, capables de réduire de moitié l'endettement du pays, de relancer l'industrie, de réguler sérieusement le secteur financier, de régénérer l'éducation et de refonder le système de santé.
"L'heure de vérité" a donc sonné, selon ses termes. On ne saurait mieux dire. L'heure de passer de la "vision" à sa mise en oeuvre et au premier budget (présenté jeudi 26). De passer du "Yes we can" (Oui, nous pouvons) de la campagne au "Yes, we will" (Oui, nous le ferons) de l'action. Pour écarter le plus revendicatif "Yes, he must" (oui, il doit le faire) qui pourrait, demain, lui être opposé.
Article paru dans l'édition du 26.02.09
LE MONDE 25.02.09 13h23
L'espoir contre la crise, la crise contre l'espoir. Tels étaient les deux termes de l'équation que Barack Obama devait résoudre, mardi 24 février, lors de son premier discours de politique générale, devant les deux Chambres du Congrès. Cinq semaines après son entrée en fonctions et toujours fort du soutien de plus de deux Américains sur trois, le président des Etats-Unis s'est acquitté de l'exercice en retrouvant les accents les plus inspirés de sa campagne électorale.
La crise ? Il n'en a pas gommé l'ampleur : "Notre économie est affaiblie et notre confiance ébranlée. L'impact de cette récession est réel et il est partout. Nous vivons des temps difficiles et incertains." Il n'a pas esquivé les rudes constats de l'effondrement de l'emploi, du marché immobilier dévasté ou de la crise du crédit. Il n'a pas davantage masqué l'ampleur des efforts et des sacrifices qui seront nécessaires pour la juguler : tout démontre que les sommes colossales d'argent public déjà injectées dans l'économie en général, dans les secteurs bancaire et automobile en particulier, n'ont pour l'heure restauré la confiance ni à Wall Street ni dans les profondeurs du pays.
Mais le président américain s'est gardé de réitérer les prévisions très alarmistes qu'il avait brandies, voilà quinze jours, pour convaincre le Congrès de voter son plan de soutien à l'économie. Trop de pessimisme, fût-il lucide, menaçait toute possibilité de redonner confiance à ses compatriotes. C'est donc un message d'espoir qu'il s'est employé à leur adresser : "Nous reconstruirons, nous nous relèverons, les Etats-Unis en sortiront renforcés", a-t-il lancé, retrouvant, une nouvelle fois, les accents de Roosevelt au plus profond de la Grande Dépression.
Mais cet espoir n'ira pas sans courage, les a-t-il prévenu. Refonder une "prospérité durable", reprendre en main l'avenir ne nécessite pas seulement des mesures d'urgence, mais aussi des politiques structurelles à moyen et long termes, capables de réduire de moitié l'endettement du pays, de relancer l'industrie, de réguler sérieusement le secteur financier, de régénérer l'éducation et de refonder le système de santé.
"L'heure de vérité" a donc sonné, selon ses termes. On ne saurait mieux dire. L'heure de passer de la "vision" à sa mise en oeuvre et au premier budget (présenté jeudi 26). De passer du "Yes we can" (Oui, nous pouvons) de la campagne au "Yes, we will" (Oui, nous le ferons) de l'action. Pour écarter le plus revendicatif "Yes, he must" (oui, il doit le faire) qui pourrait, demain, lui être opposé.
Article paru dans l'édition du 26.02.09
Un programme aussi structuré qu'ambitieux
Un programme aussi structuré qu'ambitieux - Amériques - Le Monde.fr
LE MONDE 25.02.09 10h12 • Mis à jour le 25.02.09 10h22
Washington Correspondante
arack Obama avait été mis en demeure de présenter une vision moins sombre de l'avenir qui attend les Américains. Même Bill Clinton lui avait conseillé de terminer ses discours par le rappel que tous ceux qui ont "parié contre l'Amérique", dans l'Histoire, ont "eu tort". Le 44e président des Etats-Unis a entendu son prédécesseur démocrate. Il n'a pas évoqué, mardi 24 février au soir, le spectre de la "catastrophe" qui pourrait se profiler derrière la crise, comme il l'avait fait, il y a deux semaines, lorsque le Congrès peinait à adopter son plan de relance de 787 milliards de dollars (environ 610 milliards d'euros).
Au contraire, devant le Sénat et la chambre des représentants réunis, Barack Obama a pris soin de rendre hommage au génie de l'Amérique. "Notre économie a beau être affaiblie et notre confiance ébranlée, je veux que chaque Américain sache ceci : nous allons reconstruire, nous allons nous relever, et les Etats-Unis d'Amérique en sortiront renforcés", a-t-il déclaré, dès le début de son intervention.
UN PAYS QUI "NE TORTURE PAS"
Plus à l'aise que jamais, le nouveau président américain a présenté en une heure un programme aussi structuré qu'ambitieux, promettant non seulement de sortir de la crise, mais également de régler des problèmes "retardés depuis des années", tels que la réforme des systèmes de santé et de retraite, que ses prédécesseurs Bill Clinton et George Bush n'ont jamais réussi à mener. Une véritable refondation : "la nouvelle fondation d'une prospérité durable", a-t-il dit. Faisons quelque chose qui "sera digne de rester dans les mémoires", a-t-il proposé en reprenant la formule du sénateur Daniel Webster.Là où George Bush et d'autres avant lui faisaient défiler une liste de mesures, parfois technocratiques ou symboliques, M. Obama a placé la barre plus haut. Il a décrit le budget, qu'il doit présenter jeudi, non pas comme un "catalogue" mais comme une "vision pour l'Amérique". Un pays qui "ne torture pas", a-t-il répété, et qui guide par l'exemple. Un pays dont les enfants n'abandonnent plus le lycée avant le bac (avant 2020, les Etats-Unis auront de nouveau le taux de diplômés de l'université le plus élevé au monde, a-t-il promis). Et un pays qui regarde les difficultés en face.Alors que l'administration Bush faisait voter à part le budget alloué à la guerre en Irak, pour éviter que la commission des finances n'épluche chaque ligne de crédit, les crédits seront désormais inclus dans le budget. "Pendant sept ans, nous avons été une nation en guerre, a lancé Barack Obama. Nous n'en cacherons plus le prix." Fini aussi la pratique des contrats sans appel d'offres, qui avait tant profité à l'entreprise Halliburton du temps du premier mandat du président George Bush et du vice-président Dick Cheney.
Mais d'abord, il s'agit de contenir les effets d'une récession qui, si l'on en croit Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale (FED) – saisi lui aussi, mardi, d'un accès d'optimisme qui a relancé la Bourse –, pourrait se terminer dès la fin de l'année. En cinq semaines, M.Obama a déjà proposé un plan de relance gigantesque (787 milliards de dollars) et des mesures pour aider les petits propriétaires menacés de saisies immobilières (75milliards). Il prépare de nouvelles actions de soutien pour les banques – dont il n'a rien dévoilé – et pour l'industrie automobile qui réclame d'avantage d'aides.
"LA RÉFORME DE L'ASSURANCE-SANTÉ NE PEUT PAS ATTENDRE"Comme le montrent les sondages et les cris de la base conservatrice contre "la folie de Wall Street et de Pennsylvania Avenue" (l'adresse de la Maison Blanche) ces mesures sont très impopulaires. M.Obama les a néanmoins appuyées tout en promettant un strict contrôle des sommes allouées. "Tout le monde souffre à cause de leurs mauvaises décisions, j'ai compris, je vous le promets. [Mais] nous ne pouvons pas nous permettre de gouverner sous l'empire de la colère ou de céder à la politique du moment. Notre travail est de résoudre le problème", a insisté Barack Obama.Pour le président, la crise ne doit pas réduire les ambitions, bien au contraire. "La réforme de l'assurance-santé ne peut pas attendre, ne doit pas attendre et n'attendra pas", a-t-il dit sous les applaudissements nourris des démocrates. Une nouvelle commission – une de plus – va commencer à se pencher sur le sujet dès la semaine prochaine. Sur la réforme des retraites, sujet applaudi, cette fois, sur les bancs républicains, il a évoqué la création de comptes d'épargne privée non taxés pour tous les salariés, une proposition qui est mal acceptée par les démocrates.
Sur l'énergie, enfin, le président américain a tenté de mobiliser ses compatriotes en faisant valoir que les Etats-Unis ont pris du retard sur l'Allemagne ou le Japon, alors que le pays qui aura la clé de l'énergie propre et renouvelable sera le leader du XXIe siècle. "Je n'accepte pas un monde où les emplois et les industries de demain se créent au-delà de nos frontières", a-t-il dit.A ce vaste programme, M. Obama vient d'ajouter une nouvelle contrainte : réduire le déficit (actuellement de 1 300 milliards de dollars, soit 9,2 % du produit intérieur brut) de moitié avant la fin de son mandat. L'idée a été applaudie par les républicains ; "ah, je savais que ce sujet ferait consensus", a-t-il souri, apportant une nouvelle note de légèreté dans un exercice d'ordinaire très figé.La réduction du déficit serait financée par le non-renouvellement, dès 2010, des crédits d'impôts accordés aux foyers les plus riches par George Bush, au moyen des économies réalisées par le retrait des troupes d'Irak, et par des coupes dans des programmes du Pentagone datant de la guerre froide.
Corine Lesnes
LE MONDE 25.02.09 10h12 • Mis à jour le 25.02.09 10h22
Washington Correspondante
arack Obama avait été mis en demeure de présenter une vision moins sombre de l'avenir qui attend les Américains. Même Bill Clinton lui avait conseillé de terminer ses discours par le rappel que tous ceux qui ont "parié contre l'Amérique", dans l'Histoire, ont "eu tort". Le 44e président des Etats-Unis a entendu son prédécesseur démocrate. Il n'a pas évoqué, mardi 24 février au soir, le spectre de la "catastrophe" qui pourrait se profiler derrière la crise, comme il l'avait fait, il y a deux semaines, lorsque le Congrès peinait à adopter son plan de relance de 787 milliards de dollars (environ 610 milliards d'euros).
Au contraire, devant le Sénat et la chambre des représentants réunis, Barack Obama a pris soin de rendre hommage au génie de l'Amérique. "Notre économie a beau être affaiblie et notre confiance ébranlée, je veux que chaque Américain sache ceci : nous allons reconstruire, nous allons nous relever, et les Etats-Unis d'Amérique en sortiront renforcés", a-t-il déclaré, dès le début de son intervention.
UN PAYS QUI "NE TORTURE PAS"
Plus à l'aise que jamais, le nouveau président américain a présenté en une heure un programme aussi structuré qu'ambitieux, promettant non seulement de sortir de la crise, mais également de régler des problèmes "retardés depuis des années", tels que la réforme des systèmes de santé et de retraite, que ses prédécesseurs Bill Clinton et George Bush n'ont jamais réussi à mener. Une véritable refondation : "la nouvelle fondation d'une prospérité durable", a-t-il dit. Faisons quelque chose qui "sera digne de rester dans les mémoires", a-t-il proposé en reprenant la formule du sénateur Daniel Webster.Là où George Bush et d'autres avant lui faisaient défiler une liste de mesures, parfois technocratiques ou symboliques, M. Obama a placé la barre plus haut. Il a décrit le budget, qu'il doit présenter jeudi, non pas comme un "catalogue" mais comme une "vision pour l'Amérique". Un pays qui "ne torture pas", a-t-il répété, et qui guide par l'exemple. Un pays dont les enfants n'abandonnent plus le lycée avant le bac (avant 2020, les Etats-Unis auront de nouveau le taux de diplômés de l'université le plus élevé au monde, a-t-il promis). Et un pays qui regarde les difficultés en face.Alors que l'administration Bush faisait voter à part le budget alloué à la guerre en Irak, pour éviter que la commission des finances n'épluche chaque ligne de crédit, les crédits seront désormais inclus dans le budget. "Pendant sept ans, nous avons été une nation en guerre, a lancé Barack Obama. Nous n'en cacherons plus le prix." Fini aussi la pratique des contrats sans appel d'offres, qui avait tant profité à l'entreprise Halliburton du temps du premier mandat du président George Bush et du vice-président Dick Cheney.
Mais d'abord, il s'agit de contenir les effets d'une récession qui, si l'on en croit Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale (FED) – saisi lui aussi, mardi, d'un accès d'optimisme qui a relancé la Bourse –, pourrait se terminer dès la fin de l'année. En cinq semaines, M.Obama a déjà proposé un plan de relance gigantesque (787 milliards de dollars) et des mesures pour aider les petits propriétaires menacés de saisies immobilières (75milliards). Il prépare de nouvelles actions de soutien pour les banques – dont il n'a rien dévoilé – et pour l'industrie automobile qui réclame d'avantage d'aides.
"LA RÉFORME DE L'ASSURANCE-SANTÉ NE PEUT PAS ATTENDRE"Comme le montrent les sondages et les cris de la base conservatrice contre "la folie de Wall Street et de Pennsylvania Avenue" (l'adresse de la Maison Blanche) ces mesures sont très impopulaires. M.Obama les a néanmoins appuyées tout en promettant un strict contrôle des sommes allouées. "Tout le monde souffre à cause de leurs mauvaises décisions, j'ai compris, je vous le promets. [Mais] nous ne pouvons pas nous permettre de gouverner sous l'empire de la colère ou de céder à la politique du moment. Notre travail est de résoudre le problème", a insisté Barack Obama.Pour le président, la crise ne doit pas réduire les ambitions, bien au contraire. "La réforme de l'assurance-santé ne peut pas attendre, ne doit pas attendre et n'attendra pas", a-t-il dit sous les applaudissements nourris des démocrates. Une nouvelle commission – une de plus – va commencer à se pencher sur le sujet dès la semaine prochaine. Sur la réforme des retraites, sujet applaudi, cette fois, sur les bancs républicains, il a évoqué la création de comptes d'épargne privée non taxés pour tous les salariés, une proposition qui est mal acceptée par les démocrates.
Sur l'énergie, enfin, le président américain a tenté de mobiliser ses compatriotes en faisant valoir que les Etats-Unis ont pris du retard sur l'Allemagne ou le Japon, alors que le pays qui aura la clé de l'énergie propre et renouvelable sera le leader du XXIe siècle. "Je n'accepte pas un monde où les emplois et les industries de demain se créent au-delà de nos frontières", a-t-il dit.A ce vaste programme, M. Obama vient d'ajouter une nouvelle contrainte : réduire le déficit (actuellement de 1 300 milliards de dollars, soit 9,2 % du produit intérieur brut) de moitié avant la fin de son mandat. L'idée a été applaudie par les républicains ; "ah, je savais que ce sujet ferait consensus", a-t-il souri, apportant une nouvelle note de légèreté dans un exercice d'ordinaire très figé.La réduction du déficit serait financée par le non-renouvellement, dès 2010, des crédits d'impôts accordés aux foyers les plus riches par George Bush, au moyen des économies réalisées par le retrait des troupes d'Irak, et par des coupes dans des programmes du Pentagone datant de la guerre froide.
Corine Lesnes
Obama chante les lendemains
Obama chante les lendemains - Obama, Etats-Unis, discours, congrès, chambre des représentants, sénat, crise - Toute l'actu sur Lejdd.fr
Par Marianne ENAULTleJDD.fr
Volontarisme, optimisme et patriotisme... tel est triptyque défendu par Barack Obama mardi soir lors de son premier discours devant le Congrès. Tout en reconnaissant "une période difficile et incertaine", le 44e président des Etats-Unis a lancé un message d'espoir: "Nous allons reconstruire, nous allons nous relever." Le désormais célèbre "Yes we can" reste son leitmotiv.
Etre optimiste sans être béat, voilà le défi que s'est lancé Barack Obama à l'occasion de son premier discours devant le Sénat et la Chambre des représentants réunis en Congrès, mardi soir. Pendant plus d'une heure, le 44e président des Etats-Unis a donc jonglé entre réalisme économique et espoir. "Bien que notre économie puisse être affaiblie et notre confiance ébranlée, bien que nous traversions une période difficile et incertaine, ce soir je veux que chaque Américain sache ceci: Nous allons reconstruire, nous allons nous relever", a-t-il ainsi lancé, avant d'assurer: "Les Etats-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'avant." Le démocrate a rappelé que sa toute jeune administration avait d'ores et déjà adopté un plan de relance de 787 milliards de dollars, un plan pour le secteur immobilier et a renouvelé le programme d'aide au secteur financier. Il a toutefois prévenu que la relance de l'économie et le sauvetage des banques en difficulté pourraient nécessiter davantage d'efforts financiers. "Bien que le coût de l'action soit important, le coût de l'inaction serait plus grand encore", a-t-il ainsi prévenu. Mais en attendant ces jours meilleurs, les Etats-Unis traversent une mauvaise passe. Récession, flambée du chômage, confiance des Américains au plus bas... la liste est longue. Et Barack Obama le sait bien. S'il bénéficie toujours d'un large soutien dans la population, Wall Street reste sceptique quant à l'efficacité de sa politique. A son adresse - et à celle de ceux qui doutent - il a rappelé la "dure réalité" dont il avait hérité: un déficit public supérieur à 1000 milliards de dollars, la crise financière et une "récession coûteuse". Le démocrate doit présenter jeudi son premier budget et s'est engagé à réduire le déficit fédéral de moitié d'ici la fin de son mandat en 2013. Il a pour cela identifié quelque 2000 milliards de dollars de dépenses susceptibles d'être supprimées d'ici dix ans. La chasse aux gaspillages, fraudes et autres abus est ouverte, avec un maître mot: responsabilité fiscale. Le démocrate a toutefois assuré qu'il tiendrait ses promesses de campagne, notamment dans le domaine de l'assurance-maladie et du changement climatique. "Les Etats-Unis ne torturent pas"Barack Obama entend donc changer l'image que les Américains ont d'eux-mêmes. Et pour cela, après avoir fermé la prison de Guantanamo, il s'est une nouvelle fois démarqué des pratiques en vigueur sous l'administration Bush. "Nos valeurs ne nous affaiblissent pas, elles nous protègent et nous rendent plus forts. Et c'est pourquoi je peux me tenir ici ce soir et dire sans exception ni équivoque que les Etats-Unis d'Amérique ne torturent pas", a-t-il lancé, en référence à l'autorisation par Bush de méthodes d'interrogatoire controversées, dont celle du waterboarding (simulacre de noyade). Il a en outre promis une "justice rapide et sûre pour les terroristes détenus". En matière de politique étrangère, Barack Obama a réaffirmé que l'effort militaire se concentrerait désormais sur l'Afghanistan et a annoncé qu'il présenterait bientôt un plan pour "mettre fin de façon responsable" à la guerre en Irak. Celui-ci pourrait être dévoilé d'ici à la fin de la semaine. Selon des sources proches du dossier, un compromis aurait été trouvé entre le président démocrate et l'état-major des armées. Lui était favorable à un retrait en 16 mois, mais le général Ray Odierno, commandant en chef des forces américaines en Irak, et son prédécesseur le général David Petraeus, chef du commandement central, plaident pour un calendrier de retrait de 23 mois. Le calendrier devrait finalement être pensé sur 19 mois. Le gros des troupes américaines devrait donc avoir quitté l'Irak d'ici août 2010.
Par Marianne ENAULTleJDD.fr
Volontarisme, optimisme et patriotisme... tel est triptyque défendu par Barack Obama mardi soir lors de son premier discours devant le Congrès. Tout en reconnaissant "une période difficile et incertaine", le 44e président des Etats-Unis a lancé un message d'espoir: "Nous allons reconstruire, nous allons nous relever." Le désormais célèbre "Yes we can" reste son leitmotiv.
Etre optimiste sans être béat, voilà le défi que s'est lancé Barack Obama à l'occasion de son premier discours devant le Sénat et la Chambre des représentants réunis en Congrès, mardi soir. Pendant plus d'une heure, le 44e président des Etats-Unis a donc jonglé entre réalisme économique et espoir. "Bien que notre économie puisse être affaiblie et notre confiance ébranlée, bien que nous traversions une période difficile et incertaine, ce soir je veux que chaque Américain sache ceci: Nous allons reconstruire, nous allons nous relever", a-t-il ainsi lancé, avant d'assurer: "Les Etats-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'avant." Le démocrate a rappelé que sa toute jeune administration avait d'ores et déjà adopté un plan de relance de 787 milliards de dollars, un plan pour le secteur immobilier et a renouvelé le programme d'aide au secteur financier. Il a toutefois prévenu que la relance de l'économie et le sauvetage des banques en difficulté pourraient nécessiter davantage d'efforts financiers. "Bien que le coût de l'action soit important, le coût de l'inaction serait plus grand encore", a-t-il ainsi prévenu. Mais en attendant ces jours meilleurs, les Etats-Unis traversent une mauvaise passe. Récession, flambée du chômage, confiance des Américains au plus bas... la liste est longue. Et Barack Obama le sait bien. S'il bénéficie toujours d'un large soutien dans la population, Wall Street reste sceptique quant à l'efficacité de sa politique. A son adresse - et à celle de ceux qui doutent - il a rappelé la "dure réalité" dont il avait hérité: un déficit public supérieur à 1000 milliards de dollars, la crise financière et une "récession coûteuse". Le démocrate doit présenter jeudi son premier budget et s'est engagé à réduire le déficit fédéral de moitié d'ici la fin de son mandat en 2013. Il a pour cela identifié quelque 2000 milliards de dollars de dépenses susceptibles d'être supprimées d'ici dix ans. La chasse aux gaspillages, fraudes et autres abus est ouverte, avec un maître mot: responsabilité fiscale. Le démocrate a toutefois assuré qu'il tiendrait ses promesses de campagne, notamment dans le domaine de l'assurance-maladie et du changement climatique. "Les Etats-Unis ne torturent pas"Barack Obama entend donc changer l'image que les Américains ont d'eux-mêmes. Et pour cela, après avoir fermé la prison de Guantanamo, il s'est une nouvelle fois démarqué des pratiques en vigueur sous l'administration Bush. "Nos valeurs ne nous affaiblissent pas, elles nous protègent et nous rendent plus forts. Et c'est pourquoi je peux me tenir ici ce soir et dire sans exception ni équivoque que les Etats-Unis d'Amérique ne torturent pas", a-t-il lancé, en référence à l'autorisation par Bush de méthodes d'interrogatoire controversées, dont celle du waterboarding (simulacre de noyade). Il a en outre promis une "justice rapide et sûre pour les terroristes détenus". En matière de politique étrangère, Barack Obama a réaffirmé que l'effort militaire se concentrerait désormais sur l'Afghanistan et a annoncé qu'il présenterait bientôt un plan pour "mettre fin de façon responsable" à la guerre en Irak. Celui-ci pourrait être dévoilé d'ici à la fin de la semaine. Selon des sources proches du dossier, un compromis aurait été trouvé entre le président démocrate et l'état-major des armées. Lui était favorable à un retrait en 16 mois, mais le général Ray Odierno, commandant en chef des forces américaines en Irak, et son prédécesseur le général David Petraeus, chef du commandement central, plaident pour un calendrier de retrait de 23 mois. Le calendrier devrait finalement être pensé sur 19 mois. Le gros des troupes américaines devrait donc avoir quitté l'Irak d'ici août 2010.
«Nous allons reconstruire», dit Obama
«Nous allons reconstruire», dit Obama
Le président promet que les États-Unis sortiront plus forts de la crise
Se faire rassurant sans minimiser l'ampleur de la tâche qu'il reste à accomplir. Le président américain Barack Obama a tenté hier soir de convaincre ces concitoyens du bien-fondé de ses mesures contre la crise économique, promettant du même coup que le pays sortirait de la récession «plus fort qu'auparavant», au cours de son premier grand discours devant le Congrès. «Notre économie est affaiblie et notre confiance, ébranlée; nous vivons des temps difficiles et incertains; mais ce soir je veux que tous les Américains sachent ceci: nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir, et les États-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'auparavant», a ainsi plaidé M. Obama.
-->«Ce pays doit maintenant se rassembler, relever avec vigueur les défis qui se présentent et prendre en main son avenir une fois de plus», a également insisté le président. Ce discours, prononcé à quelques heures de la présentation de son premier budget, a d'ailleurs été l'occasion de commencer à articuler ses politiques en parlant «franchement et directement» aux Américains. Élu pour amener d'importants changements à la politique qui se pratique à Washington, il leur a dit d'entrée de jeu que le temps des achats frénétiques et extravagants, des réglementations vidées de leur contenu et des finances avec peu ou sans perspectives à long terme était révolu. Ces façons de faire ont trop souvent marqué la dernière décennie, a-t-il rappelé. Des reproches sentis à l'administration précédente. Pendant trop longtemps, a poursuivi le président, les Américains ne pensaient pas à leurs prochains paiements d'hypothèque, les hommes politiques ont laissé partir les excédents en réduisant les impôts pour les riches, et les réglementations ont été supprimées pour aider les entreprises dans leur recherche de profits rapides. Il a en outre critiqué les gens qui ont acheté des maisons sans avoir les moyens de les payer, mais aussi les banques qui leur ont accordé des prêts qu'ils ne pouvaient rembourser.Relancer l'économie et réduire le déficit Maintenant que la machine américaine a besoin d'un sérieux électrochoc, Barack Obama a annoncé la création d'un «fonds de prêts qui sera le plus important effort jamais consenti» pour les consommateurs et les petites entreprises. Du même souffle, il a promis que les dépôts bancaires étaient en sûreté et il a dit qu'il relancerait les prêts bancaires. Il entend d'ailleurs veiller à ce que les grandes banques aient assez d'argent pour prêter. Toutefois, a ajouté M. Obama, le Congrès devra se prononcer sur une loi rapide pour revoir la «règlementation dépassée» du système financier. Il a également prévenu que le sauvetage des banques pourrait coûter plus cher que prévu. «Mais bien que le coût de l'action soit important, je peux vous assurer que le coût de l'inaction serait encore plus grand parce qu'il résulterait en une économie balbutiante non pas pour des mois mais des années, peut-être une décennie», a-t-il ajouté. Le leader américain a par ailleurs indiqué que son plan permettrait de créer pas moins de 3,5 millions d'emplois en deux ans. S'adressant au secteur automobile, il a justement indiqué que les États-Unis ne pouvaient pas abandonner cette industrie: «Nous nous engageons à tenir le cap d'une industrie automobile rénovée et récréée qui peut soutenir la concurrence et gagner.» Les États-Unis investiront aussi à long terme dans les nouvelles technologies et les énergies renouvelables. Virage majeur par rapport au présidence de George W. Bush, Barack Obama a entre autre averti que son pays prenait du retard en matière énergétique et annoncé un objectif de doublement en trois ans de la production d'énergie renouvelable. Il compte en même temps demander une loi imposant des quotas d'émissions de gaz à effet de serre. Le gouvernement injectera en outre des fonds importants pour l'éducation, a soutenu le chef de la Maison-Blanche, soulignant que les États-Unis avaient «l'un des plus fort taux d'arrêt des études au lycée parmi les pays développés». «Il en va de la responsabilité de chacun de participer à l'effort [pour changer cela], a-t-il poursuivi. C'est pourquoi ce soir, je demande à tous les jeunes de s'engager à suivre pendant un an au minimum des études ou des formations professionnelles.» En matière de santé, il a indiqué vouloir «réformer» un système qui laisse des millions de citoyens de côté. Cette réforme «apportera les plus grands moyens jamais accordés aux soins préventifs, parce ce qu'il s'agit d'un des meilleurs moyens pour maintenir les gens en bonne santé et contrôler les dépenses», a dit M. Obama. La recherche pour vaincre le cancer deviendra une priorité. S'il reconnaît que les mesures proposées seront coûteuses, le nouvel homme fort de Washington a néanmoins exprimé son intention de diviser par deux le déficit américain d'ici 2013, indiquant que son administration avait identifié 2000 milliards américains d'économies sur 10 ans. Il a notamment affirmé la nécessité de tailler dans certaines dépenses publiques jugées inefficaces. M. Obama a aussi indiqué que son budget éliminerait les contrats sans appel d'offres qui ont coûté des milliards en Irak, et réformerait le budget de la Défense «pour que nous n'ayons pas à payer pour des systèmes d'armes qui datent de la Guerre froide et dont nous ne nous servons pas». Et tous les coûts liés à la guerre seront désormais comptabilisés. Il a ainsi préparé le terrain pour la présentation de son premier budget, demain. Un document qui devrait refléter la dure réalité à laquelle le pays est confronté. Il a d'ailleurs prévenu tous les parlementaires qu'ils «devront faire le sacrifice de priorités tout à fait valables pour lesquelles les dollars ne sont pas au rendez-vous». En matière de politique étrangère, M. Obama assure qu'une «nouvelle ère» de dialogue diplomatique a commencé. Il a aussi promis une justice rapide pour les terroristes malgré la fermeture de Guantánamo. Le discours prononcé hier devant les deux chambres du Congrès réunies est une déclaration politique de l'envergure du discours sur l'état de l'Union prononcé chaque année par le président. Les chefs de plusieurs autres pays devaient également être à l'écoute, inquiets qu'ils sont de voir la locomotive économique américaine tarder à redémarrer. Les adversaires républicains ont par la suite vertement critiqué le président. Le gouverneur Bobby Jindal, choisi pour prononcer le discours républicain en réponse à l'allocution de M. Obama, s'en est pris à la politique «irresponsable» du président américain en matière économique. Il a néanmoins assuré que les républicains pourraient travailler avec l'administration Obama. M. Jindal s'en est entre autres pris au plan de relance de 787 milliards de dollars de l'administration Obama, affirmant qu'il garantissait des hausses d'impôt futures et une augmentation de la dette des États-Unis pour financer des projets inutiles. Reste à savoir si les paroles de leur «Commander in chief» suffiront à rassurer des Américains traumatisés par la débâcle des derniers mois.
Le président promet que les États-Unis sortiront plus forts de la crise
Se faire rassurant sans minimiser l'ampleur de la tâche qu'il reste à accomplir. Le président américain Barack Obama a tenté hier soir de convaincre ces concitoyens du bien-fondé de ses mesures contre la crise économique, promettant du même coup que le pays sortirait de la récession «plus fort qu'auparavant», au cours de son premier grand discours devant le Congrès. «Notre économie est affaiblie et notre confiance, ébranlée; nous vivons des temps difficiles et incertains; mais ce soir je veux que tous les Américains sachent ceci: nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir, et les États-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'auparavant», a ainsi plaidé M. Obama.
-->«Ce pays doit maintenant se rassembler, relever avec vigueur les défis qui se présentent et prendre en main son avenir une fois de plus», a également insisté le président. Ce discours, prononcé à quelques heures de la présentation de son premier budget, a d'ailleurs été l'occasion de commencer à articuler ses politiques en parlant «franchement et directement» aux Américains. Élu pour amener d'importants changements à la politique qui se pratique à Washington, il leur a dit d'entrée de jeu que le temps des achats frénétiques et extravagants, des réglementations vidées de leur contenu et des finances avec peu ou sans perspectives à long terme était révolu. Ces façons de faire ont trop souvent marqué la dernière décennie, a-t-il rappelé. Des reproches sentis à l'administration précédente. Pendant trop longtemps, a poursuivi le président, les Américains ne pensaient pas à leurs prochains paiements d'hypothèque, les hommes politiques ont laissé partir les excédents en réduisant les impôts pour les riches, et les réglementations ont été supprimées pour aider les entreprises dans leur recherche de profits rapides. Il a en outre critiqué les gens qui ont acheté des maisons sans avoir les moyens de les payer, mais aussi les banques qui leur ont accordé des prêts qu'ils ne pouvaient rembourser.Relancer l'économie et réduire le déficit Maintenant que la machine américaine a besoin d'un sérieux électrochoc, Barack Obama a annoncé la création d'un «fonds de prêts qui sera le plus important effort jamais consenti» pour les consommateurs et les petites entreprises. Du même souffle, il a promis que les dépôts bancaires étaient en sûreté et il a dit qu'il relancerait les prêts bancaires. Il entend d'ailleurs veiller à ce que les grandes banques aient assez d'argent pour prêter. Toutefois, a ajouté M. Obama, le Congrès devra se prononcer sur une loi rapide pour revoir la «règlementation dépassée» du système financier. Il a également prévenu que le sauvetage des banques pourrait coûter plus cher que prévu. «Mais bien que le coût de l'action soit important, je peux vous assurer que le coût de l'inaction serait encore plus grand parce qu'il résulterait en une économie balbutiante non pas pour des mois mais des années, peut-être une décennie», a-t-il ajouté. Le leader américain a par ailleurs indiqué que son plan permettrait de créer pas moins de 3,5 millions d'emplois en deux ans. S'adressant au secteur automobile, il a justement indiqué que les États-Unis ne pouvaient pas abandonner cette industrie: «Nous nous engageons à tenir le cap d'une industrie automobile rénovée et récréée qui peut soutenir la concurrence et gagner.» Les États-Unis investiront aussi à long terme dans les nouvelles technologies et les énergies renouvelables. Virage majeur par rapport au présidence de George W. Bush, Barack Obama a entre autre averti que son pays prenait du retard en matière énergétique et annoncé un objectif de doublement en trois ans de la production d'énergie renouvelable. Il compte en même temps demander une loi imposant des quotas d'émissions de gaz à effet de serre. Le gouvernement injectera en outre des fonds importants pour l'éducation, a soutenu le chef de la Maison-Blanche, soulignant que les États-Unis avaient «l'un des plus fort taux d'arrêt des études au lycée parmi les pays développés». «Il en va de la responsabilité de chacun de participer à l'effort [pour changer cela], a-t-il poursuivi. C'est pourquoi ce soir, je demande à tous les jeunes de s'engager à suivre pendant un an au minimum des études ou des formations professionnelles.» En matière de santé, il a indiqué vouloir «réformer» un système qui laisse des millions de citoyens de côté. Cette réforme «apportera les plus grands moyens jamais accordés aux soins préventifs, parce ce qu'il s'agit d'un des meilleurs moyens pour maintenir les gens en bonne santé et contrôler les dépenses», a dit M. Obama. La recherche pour vaincre le cancer deviendra une priorité. S'il reconnaît que les mesures proposées seront coûteuses, le nouvel homme fort de Washington a néanmoins exprimé son intention de diviser par deux le déficit américain d'ici 2013, indiquant que son administration avait identifié 2000 milliards américains d'économies sur 10 ans. Il a notamment affirmé la nécessité de tailler dans certaines dépenses publiques jugées inefficaces. M. Obama a aussi indiqué que son budget éliminerait les contrats sans appel d'offres qui ont coûté des milliards en Irak, et réformerait le budget de la Défense «pour que nous n'ayons pas à payer pour des systèmes d'armes qui datent de la Guerre froide et dont nous ne nous servons pas». Et tous les coûts liés à la guerre seront désormais comptabilisés. Il a ainsi préparé le terrain pour la présentation de son premier budget, demain. Un document qui devrait refléter la dure réalité à laquelle le pays est confronté. Il a d'ailleurs prévenu tous les parlementaires qu'ils «devront faire le sacrifice de priorités tout à fait valables pour lesquelles les dollars ne sont pas au rendez-vous». En matière de politique étrangère, M. Obama assure qu'une «nouvelle ère» de dialogue diplomatique a commencé. Il a aussi promis une justice rapide pour les terroristes malgré la fermeture de Guantánamo. Le discours prononcé hier devant les deux chambres du Congrès réunies est une déclaration politique de l'envergure du discours sur l'état de l'Union prononcé chaque année par le président. Les chefs de plusieurs autres pays devaient également être à l'écoute, inquiets qu'ils sont de voir la locomotive économique américaine tarder à redémarrer. Les adversaires républicains ont par la suite vertement critiqué le président. Le gouverneur Bobby Jindal, choisi pour prononcer le discours républicain en réponse à l'allocution de M. Obama, s'en est pris à la politique «irresponsable» du président américain en matière économique. Il a néanmoins assuré que les républicains pourraient travailler avec l'administration Obama. M. Jindal s'en est entre autres pris au plan de relance de 787 milliards de dollars de l'administration Obama, affirmant qu'il garantissait des hausses d'impôt futures et une augmentation de la dette des États-Unis pour financer des projets inutiles. Reste à savoir si les paroles de leur «Commander in chief» suffiront à rassurer des Américains traumatisés par la débâcle des derniers mois.
mardi 24 février 2009
Envoyez vos lettres à la Maison Blanche, le président vous répond | France 24
France 24 Envoyez vos lettres à la Maison Blanche, le président vous répond France 24
Chaque matin, les équipes de la Maison Blanche apportent à Barack Obama un volumineux dossier violet contenant des lettres de citoyens américains qui veulent l’aider à prendre les décisions qui s’imposent.
Mardi 24 février 2009 Par Benjamin DODMAN (texte)
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Après avoir fait campagne en demandant comment le peuple américain pouvait changer Washington, Barack Obama essaie de ne pas perdre contact avec ceux qui l’ont élu président.
Le premier défi du nouveau locataire de la Maison Blanche est de sauver l’économie américaine du désastre. Dans cette perspective, il semble prendre exemple sur un autre président américain qui avait été confronté à cette difficulté : Franklin D. Roosevelt.
Un article écrit par Jake Tapper, de la chaîne ABC, révèle que le nouveau président lit chaque matin une dizaine de lettres envoyées des quatre coins du pays. Il les distribue même à ses collaborateurs avant les réunions de cabinet, en leur disant : "Voilà le genre d’individu que nous devons aider."
Les lettres, sélectionnées par le service courrier de la Maison Blanche, racontent des histoires de familles qui rencontrent des difficultés pour payer leurs prêts hypothécaires, d’hommes d’affaires qui ne parviennent pas à réduire leurs coûts de production, ou de parents divorcés tentant laborieusement d’élever leur progéniture grâce aux aides sociales. Il arrive même que des lettres d’enfants arrivent sur son bureau. Chaque jour, Obama répond directement à deux ou trois missives.
"La plus grande inquiétude d’Obama est de se laisser enfermer à la Maison Blanche, loin des préoccupations du peuple américain", confie David Axelrod, le premier conseiller du président, cité par Jake Tapper.
Comme Franklin D. Roosevelt
Le 44e président des Etats-Unis n’est cependant pas le premier chef de l’Etat américain à demander un compte-rendu quotidien des inquiétudes des Américains. Dans le "Huffington Post", l’historien Robert McElvaine rappelle que cette pratique avait beaucoup aidé le président Roosevelt pendant la Grande Dépression des années 1930. Durant la première semaine de la présidence Roosevelt, la Maison Blanche avait reçu 450 000 lettres. Le rythme avait ensuite oscillé entre 5 000 et 8 000 courriers par semaine. La situation était telle que l’équipe affectée au service courrier passa rapidement de 1 à 50 personnes. Comme Obama aujourd’hui, Roosevelt soutenait que les lettres représentaient le meilleur indicateur de l’état de l’opinion publique et de ses attentes.
A l’aune de l’expérience de Roosevelt, Robert McElvaine ajoute : "Le pays pourrait en profiter grandement, si le président Obama adoptait lui aussi cette habitude."
Chaque matin, les équipes de la Maison Blanche apportent à Barack Obama un volumineux dossier violet contenant des lettres de citoyens américains qui veulent l’aider à prendre les décisions qui s’imposent.
Mardi 24 février 2009 Par Benjamin DODMAN (texte)
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Après avoir fait campagne en demandant comment le peuple américain pouvait changer Washington, Barack Obama essaie de ne pas perdre contact avec ceux qui l’ont élu président.
Le premier défi du nouveau locataire de la Maison Blanche est de sauver l’économie américaine du désastre. Dans cette perspective, il semble prendre exemple sur un autre président américain qui avait été confronté à cette difficulté : Franklin D. Roosevelt.
Un article écrit par Jake Tapper, de la chaîne ABC, révèle que le nouveau président lit chaque matin une dizaine de lettres envoyées des quatre coins du pays. Il les distribue même à ses collaborateurs avant les réunions de cabinet, en leur disant : "Voilà le genre d’individu que nous devons aider."
Les lettres, sélectionnées par le service courrier de la Maison Blanche, racontent des histoires de familles qui rencontrent des difficultés pour payer leurs prêts hypothécaires, d’hommes d’affaires qui ne parviennent pas à réduire leurs coûts de production, ou de parents divorcés tentant laborieusement d’élever leur progéniture grâce aux aides sociales. Il arrive même que des lettres d’enfants arrivent sur son bureau. Chaque jour, Obama répond directement à deux ou trois missives.
"La plus grande inquiétude d’Obama est de se laisser enfermer à la Maison Blanche, loin des préoccupations du peuple américain", confie David Axelrod, le premier conseiller du président, cité par Jake Tapper.
Comme Franklin D. Roosevelt
Le 44e président des Etats-Unis n’est cependant pas le premier chef de l’Etat américain à demander un compte-rendu quotidien des inquiétudes des Américains. Dans le "Huffington Post", l’historien Robert McElvaine rappelle que cette pratique avait beaucoup aidé le président Roosevelt pendant la Grande Dépression des années 1930. Durant la première semaine de la présidence Roosevelt, la Maison Blanche avait reçu 450 000 lettres. Le rythme avait ensuite oscillé entre 5 000 et 8 000 courriers par semaine. La situation était telle que l’équipe affectée au service courrier passa rapidement de 1 à 50 personnes. Comme Obama aujourd’hui, Roosevelt soutenait que les lettres représentaient le meilleur indicateur de l’état de l’opinion publique et de ses attentes.
A l’aune de l’expérience de Roosevelt, Robert McElvaine ajoute : "Le pays pourrait en profiter grandement, si le président Obama adoptait lui aussi cette habitude."
Les Américains font confiance à leur président | États-Unis
Les Américains font confiance à leur président États-Unis
Les Américains sont optimistes et font confiance au leadership de leur président, ce qui devrait fournir à Barack Obama le poids nécessaire pour affronter les défis économiques du pays et l'opposition de presque tous les républicains du Congrès, selon les résultats du plus récent sondage du New York Times et de CBS.
Une majorité des personnes interviewées venant des deux partis ont indiqué que Barack Obama s'efforce de travailler de façon «bipartisane», mais que les républicains bloquent ses efforts. Le Parti républicain, disent-ils, s'objecte au plan de relance de l'économie de 787 milliards pour des raisons politiques. Le président Obama s'adressera au Congrès ce soir dans un climat fortement teinté d'inquiétude: 55% des Américains arrivent à peine à joindre les deux bouts et 6 personnes sur 10 s'inquiètent de voir une personne de leur ménage perdre son emploi. Les Américains ne se font pas d'illusion au sujet des problèmes qui les assaillent et acceptent qu'ils ne seront pas résolus rapidement. Le sondage suggère qu'ils seront patients et disposés à attendre plusieurs années avant de connaître des améliorations significatives.
Après un mois aux commandes, plus de 75% des Américains envisagent avec optimisme les quatre prochaines années avec leur président et croient qu'il apporte de véritables changements aux habitudes de faire à Washington.
Les Américains sont optimistes et font confiance au leadership de leur président, ce qui devrait fournir à Barack Obama le poids nécessaire pour affronter les défis économiques du pays et l'opposition de presque tous les républicains du Congrès, selon les résultats du plus récent sondage du New York Times et de CBS.
Une majorité des personnes interviewées venant des deux partis ont indiqué que Barack Obama s'efforce de travailler de façon «bipartisane», mais que les républicains bloquent ses efforts. Le Parti républicain, disent-ils, s'objecte au plan de relance de l'économie de 787 milliards pour des raisons politiques. Le président Obama s'adressera au Congrès ce soir dans un climat fortement teinté d'inquiétude: 55% des Américains arrivent à peine à joindre les deux bouts et 6 personnes sur 10 s'inquiètent de voir une personne de leur ménage perdre son emploi. Les Américains ne se font pas d'illusion au sujet des problèmes qui les assaillent et acceptent qu'ils ne seront pas résolus rapidement. Le sondage suggère qu'ils seront patients et disposés à attendre plusieurs années avant de connaître des améliorations significatives.
Après un mois aux commandes, plus de 75% des Américains envisagent avec optimisme les quatre prochaines années avec leur président et croient qu'il apporte de véritables changements aux habitudes de faire à Washington.
Les gauchers sur un pied d’égalité
Les gauchers sur un pied d’égalité - Libération
Minorité. Le président Obama est gaucher, comme Bush père et Reagan.
EMMANUÈLE PEYRET
Barack Obama signe sa première loi en tant que président des Etats-Unis. (REUTERS)
Noir, c’était déjà pas gagné (encore que). Voilà qu’en sus Obama est gaucher : deux minorités représentées à la Maison Blanche, si c’est pas épatant (le premier qui dit que quand même le premier président noir n’est pas homosexuel a perdu : il n’est pas non plus albinos, ni handicapé, ni rousse). Aux premières signatures de documents officiels, le beau gosse démocrate a lancé aux photographes : «Je suis gaucher, il va falloir vous y faire.» En même temps, avait-on le choix, hein, vu que la gauchitude était assurée d’emporter la présidence : McCain, candidat de droite et adversaire de Barack Obama, était lui aussi gaucher. George Bush père en était, Gerald Ford, Ronald Reagan et, Bill Clinton aussi. Du coup, toujours aux taquets, la presse américaine souligne : «La présidence a été entre les mains de gauchers pendant vingt-deux ans sur les trente-quatre années passées.»
Facéties. Ah, mais on vous voit venir, bande de petits malins gauchers, d’expliquer comme on l’entend fréquemment que les gauchers sont surreprésentés chez les artistes (Vinci, Michel-Ange) les scientifiques (Einstein), les génies en général et les sportifs en particulier, soi-disant parce qu’ils utilisent davantage l’hémisphère droit et seraient donc plus aptes à faire plusieurs trucs à la fois et à se montrer créatifs. Bullshit, comme dirait sûrement Obama, que ces facéties pseudo-scientifiques enfilant les poncifs sur ces 10 % de la population mondiale.
Ce qui est certain, c’est que les gauchers ont toujours été considérés comme une communauté à part, tantôt méprisée, tolérée ou acceptée suivant les époques. Ainsi que le rappelle brillamment Pierre-Michel Bertrand, historien de la question gauchère (1), la gauche est inférieure à la droite, partout, dans les pratiques magico-religieuses, les superstitions, les coutumes, les rites de la vie quotidienne, les références culturelles. A droite, le juste et la vertu, à gauche, les tabous et les craintes. Si le Moyen Age les laisse relativement tranquilles, la fin du XIXe les réprime durement, comme pour incarner cette culture bourgeoise qui domine la pensée et rejette tout ce qui ne contribue pas à l’ordre et à l’uniformité. Quoique l’école laïque et républicaine ait elle-même pas mal réprimé l’usage de la main gauche qu’on attachait dans le dos du contrevenant il n’y a pas cinquante ans… Les scientifiques de l’époque parlent de «dégénérés», d’«infirmes», d’«anormaux», de «monstres» et ont bien remarqué qu’il y a plus de gauchers chez les sauvages, les criminels… et bien sûr les femmes.
Reconnaissons aujourd’hui à ces «droitiers de la main gauche», dixit Pierre-Michel Bertrand, ni mieux ni moins bien que les autres, un certain sens de l’adaptation dans un monde entièrement fait pour les droitiers (sauf en Angleterre où tous les conducteurs d’auto sont obligés d’apprendre à passer les vitesses de la main gauche, et on n’en fait pas tout un gigot à la menthe, hein). Dans le désordre, les ouvre-boîtes, les ciseaux, la capsule des canettes, les portes de frigo (à l’ouvrir de la main gauche, on se retrouve derrière), les poignées de portes, les casseroles qui versent à l’envers, l’attache des stylos au guichet de la banque, les couteaux de cuisine, les clubs de golf (il y a du coup une association de golfeurs gauchers, voir www.afgg.fr), les outils de bricolage, le côté du compostage dans le métro (qui ne devrait pas trop pénaliser Obama). Evidemment, il y a des boutiques spécialisées (2) pour gauchers, mais c’est plus cher, et elles sont peu nombreuses. L’occasion pour moult gauchers de regretter le peu d’attention des producteurs et des designers à une clientèle qui représente potentiellement 10 % d’acheteurs.
Sens. Le club des Left-Handers (3), une association internationale basée en Angleterre, propose ni plus ni moins de changer le sens du monde, juste une journée, en imposant aux droitiers la vie quotidienne de cette minorité, qui doit faire face chaque jour à un monde hostile. Cela dit, amis gauchers, vous avez une journée internationale qui vous est dédiée, c’est le 13 août : les droitiers ne peuvent pas en dire autant.
(1) Histoire des gauchers, «Des gens à l’envers», Paris, 2001, éd. Imago.
L’Histoire, n° 264, d’avril 2002 : «Blâmés, moqués, contrariés…
Le martyre des gauchers». (2) www.lamaingauche.com (3) voir en France www.lesgauchers.com
Minorité. Le président Obama est gaucher, comme Bush père et Reagan.
EMMANUÈLE PEYRET
Barack Obama signe sa première loi en tant que président des Etats-Unis. (REUTERS)

Noir, c’était déjà pas gagné (encore que). Voilà qu’en sus Obama est gaucher : deux minorités représentées à la Maison Blanche, si c’est pas épatant (le premier qui dit que quand même le premier président noir n’est pas homosexuel a perdu : il n’est pas non plus albinos, ni handicapé, ni rousse). Aux premières signatures de documents officiels, le beau gosse démocrate a lancé aux photographes : «Je suis gaucher, il va falloir vous y faire.» En même temps, avait-on le choix, hein, vu que la gauchitude était assurée d’emporter la présidence : McCain, candidat de droite et adversaire de Barack Obama, était lui aussi gaucher. George Bush père en était, Gerald Ford, Ronald Reagan et, Bill Clinton aussi. Du coup, toujours aux taquets, la presse américaine souligne : «La présidence a été entre les mains de gauchers pendant vingt-deux ans sur les trente-quatre années passées.»
Facéties. Ah, mais on vous voit venir, bande de petits malins gauchers, d’expliquer comme on l’entend fréquemment que les gauchers sont surreprésentés chez les artistes (Vinci, Michel-Ange) les scientifiques (Einstein), les génies en général et les sportifs en particulier, soi-disant parce qu’ils utilisent davantage l’hémisphère droit et seraient donc plus aptes à faire plusieurs trucs à la fois et à se montrer créatifs. Bullshit, comme dirait sûrement Obama, que ces facéties pseudo-scientifiques enfilant les poncifs sur ces 10 % de la population mondiale.
Ce qui est certain, c’est que les gauchers ont toujours été considérés comme une communauté à part, tantôt méprisée, tolérée ou acceptée suivant les époques. Ainsi que le rappelle brillamment Pierre-Michel Bertrand, historien de la question gauchère (1), la gauche est inférieure à la droite, partout, dans les pratiques magico-religieuses, les superstitions, les coutumes, les rites de la vie quotidienne, les références culturelles. A droite, le juste et la vertu, à gauche, les tabous et les craintes. Si le Moyen Age les laisse relativement tranquilles, la fin du XIXe les réprime durement, comme pour incarner cette culture bourgeoise qui domine la pensée et rejette tout ce qui ne contribue pas à l’ordre et à l’uniformité. Quoique l’école laïque et républicaine ait elle-même pas mal réprimé l’usage de la main gauche qu’on attachait dans le dos du contrevenant il n’y a pas cinquante ans… Les scientifiques de l’époque parlent de «dégénérés», d’«infirmes», d’«anormaux», de «monstres» et ont bien remarqué qu’il y a plus de gauchers chez les sauvages, les criminels… et bien sûr les femmes.
Reconnaissons aujourd’hui à ces «droitiers de la main gauche», dixit Pierre-Michel Bertrand, ni mieux ni moins bien que les autres, un certain sens de l’adaptation dans un monde entièrement fait pour les droitiers (sauf en Angleterre où tous les conducteurs d’auto sont obligés d’apprendre à passer les vitesses de la main gauche, et on n’en fait pas tout un gigot à la menthe, hein). Dans le désordre, les ouvre-boîtes, les ciseaux, la capsule des canettes, les portes de frigo (à l’ouvrir de la main gauche, on se retrouve derrière), les poignées de portes, les casseroles qui versent à l’envers, l’attache des stylos au guichet de la banque, les couteaux de cuisine, les clubs de golf (il y a du coup une association de golfeurs gauchers, voir www.afgg.fr), les outils de bricolage, le côté du compostage dans le métro (qui ne devrait pas trop pénaliser Obama). Evidemment, il y a des boutiques spécialisées (2) pour gauchers, mais c’est plus cher, et elles sont peu nombreuses. L’occasion pour moult gauchers de regretter le peu d’attention des producteurs et des designers à une clientèle qui représente potentiellement 10 % d’acheteurs.
Sens. Le club des Left-Handers (3), une association internationale basée en Angleterre, propose ni plus ni moins de changer le sens du monde, juste une journée, en imposant aux droitiers la vie quotidienne de cette minorité, qui doit faire face chaque jour à un monde hostile. Cela dit, amis gauchers, vous avez une journée internationale qui vous est dédiée, c’est le 13 août : les droitiers ne peuvent pas en dire autant.
(1) Histoire des gauchers, «Des gens à l’envers», Paris, 2001, éd. Imago.
L’Histoire, n° 264, d’avril 2002 : «Blâmés, moqués, contrariés…
Le martyre des gauchers». (2) www.lamaingauche.com (3) voir en France www.lesgauchers.com
lundi 23 février 2009
vendredi 20 février 2009
L'apprentissage d'Obama
L'apprentissage d'Obama - Géopolitique
EDITO
Un mois, ce n'est pas assez pour obtenir des résultats, ou même définir une nouvelle politique, mais c'est assez pour imprimer sa marque et changer la façon de faire. Depuis qu'il est arrivé à la Maison-Blanche, Barack Obama (ici au Canada) s'est beaucoup dépensé et donne le sentiment que le pays qui reste le plus puissant de la planète est prêt à reprendre l'initiative. Reste à savoir comment.
L'urgence était évidemment de définir le cap pour traverser la tempête de la crise financière. Barack Obama y a employé l'essentiel de son énergie.
Un mois a suffi pour qu'un plan de relance de près de 800 milliards de dollars soit voté, signé et puisse entrer dans les faits. Cela n'a pas été sans mal. Pour préparer le terrain à des aides toujours plus considérables aux banques en faillite, il a fallu, au pays où le capitalisme est roi, plafonner le salaire des patrons des entreprises recevant des aides de l'État. Du jamais vu !
Barack Obama a très vite mesuré les limites de l'immense capital de sympathie qui lui vient d'être le premier Noir à la Maison-Blanche. Il fait son apprentissage et s'aperçoit que, contrairement à ses espoirs, sa popularité ne suffit pas à bouleverser les habitudes politiques de Washington. L'économie a beau être dans une situation inédite depuis les années trente, les Républicains se refusent au consensus. Ils se méfient du retour en vogue de l'interventionnisme et de la propension des Démocrates à dépenser toujours plus. Ils jugeront aux résultats.
Pour l'instant, rien n'est gagné. La crise est une crise de confiance et la confiance n'est pas revenue. S'il veut sauver l'industrie automobile américaine, Obama va aussi devoir finir d'assainir le système financier. Ce chantier-là reste inachevé.
Avec tout cela, les affaires du monde sont passées au second plan. Le nouveau président a d'emblée marqué sa différence en annonçant la fermeture de Guantanamo, symbole s'il en est des errements de son prédécesseur. Il a décidé l'envoi de renforts en Afghanistan et va accélérer le retrait d'Irak, en s'appuyant sur le succès des élections provinciales. Il s'est adressé au monde arabe dans une longue interview à la chaîne de télévision sous contrôle saoudien, al-arabiye. L'objectif était évident : se montrer à l'écoute et transformer l'image des États-Unis.
Le style a manifestement changé. Les moyens de la diplomatie aussi. On a le sentiment que l'Amérique est de retour sur la scène internationale, après avoir été engluée en Irak pendant six ans.
Hillary Clinton est en tournée en Asie tandis qu'une équipe de négociateurs de très haut vol a commencé ses travaux, avec George Mitchell pour le Proche-Orient et Richard Holbrooke pour l'Afghanistan et le Pakistan. Mais dans les deux cas, l'apprentissage n'est pas terminé. Un réexamen stratégique doit définir la mission des renforts en Afghanistan tandis qu'au Proche-Orient, tout est suspendu à la formation du gouvernement israélien. Sur l'Iran, la Chine ou les relations avec la Russie, les manœuvres d'approche sont en cours. Les choses sérieuses vont bientôt pouvoir commencer.
LE FIGARO
EDITO
Un mois, ce n'est pas assez pour obtenir des résultats, ou même définir une nouvelle politique, mais c'est assez pour imprimer sa marque et changer la façon de faire. Depuis qu'il est arrivé à la Maison-Blanche, Barack Obama (ici au Canada) s'est beaucoup dépensé et donne le sentiment que le pays qui reste le plus puissant de la planète est prêt à reprendre l'initiative. Reste à savoir comment.
L'urgence était évidemment de définir le cap pour traverser la tempête de la crise financière. Barack Obama y a employé l'essentiel de son énergie.
Un mois a suffi pour qu'un plan de relance de près de 800 milliards de dollars soit voté, signé et puisse entrer dans les faits. Cela n'a pas été sans mal. Pour préparer le terrain à des aides toujours plus considérables aux banques en faillite, il a fallu, au pays où le capitalisme est roi, plafonner le salaire des patrons des entreprises recevant des aides de l'État. Du jamais vu !
Barack Obama a très vite mesuré les limites de l'immense capital de sympathie qui lui vient d'être le premier Noir à la Maison-Blanche. Il fait son apprentissage et s'aperçoit que, contrairement à ses espoirs, sa popularité ne suffit pas à bouleverser les habitudes politiques de Washington. L'économie a beau être dans une situation inédite depuis les années trente, les Républicains se refusent au consensus. Ils se méfient du retour en vogue de l'interventionnisme et de la propension des Démocrates à dépenser toujours plus. Ils jugeront aux résultats.
Pour l'instant, rien n'est gagné. La crise est une crise de confiance et la confiance n'est pas revenue. S'il veut sauver l'industrie automobile américaine, Obama va aussi devoir finir d'assainir le système financier. Ce chantier-là reste inachevé.
Avec tout cela, les affaires du monde sont passées au second plan. Le nouveau président a d'emblée marqué sa différence en annonçant la fermeture de Guantanamo, symbole s'il en est des errements de son prédécesseur. Il a décidé l'envoi de renforts en Afghanistan et va accélérer le retrait d'Irak, en s'appuyant sur le succès des élections provinciales. Il s'est adressé au monde arabe dans une longue interview à la chaîne de télévision sous contrôle saoudien, al-arabiye. L'objectif était évident : se montrer à l'écoute et transformer l'image des États-Unis.
Le style a manifestement changé. Les moyens de la diplomatie aussi. On a le sentiment que l'Amérique est de retour sur la scène internationale, après avoir été engluée en Irak pendant six ans.
Hillary Clinton est en tournée en Asie tandis qu'une équipe de négociateurs de très haut vol a commencé ses travaux, avec George Mitchell pour le Proche-Orient et Richard Holbrooke pour l'Afghanistan et le Pakistan. Mais dans les deux cas, l'apprentissage n'est pas terminé. Un réexamen stratégique doit définir la mission des renforts en Afghanistan tandis qu'au Proche-Orient, tout est suspendu à la formation du gouvernement israélien. Sur l'Iran, la Chine ou les relations avec la Russie, les manœuvres d'approche sont en cours. Les choses sérieuses vont bientôt pouvoir commencer.
LE FIGARO
Le Figaro - International : Obama, un mois à la barre dans la tempête
Le Figaro - International : Obama, un mois à la barre dans la tempête
Laure Mandeville, correspondante à Washington 19/02/2009 Mise à jour : 21:13
Malgré la gravité de l'heure, le premier président noir de l'histoire américaine a semblé se glisser sans difficulté dans son rôle. Crédits photo : AP
Depuis qu'il est entré en fonctions, le président a déjà beaucoup accompli, se montrant à la fois hyperactif, «cool», pragmatique et prudent. Mais s'il bénéficie pour l'instant de l'état de grâce, il sait qu'il sera jugé sur ses résultats.
Le jour où il s'est rendu dans l'Illinois pour le bicentenaire d'Abraham Lincoln, Barack Obama a raconté comment ce dernier avait répondu à un villageois qui se vantait d'avoir été une voix décisive pour son élection. «Vous pensez donc que vous m'avez fait président ?», a demandé Lincoln. «Oui, a répondu l'homme, par Dieu, je le pense.» «Eh bien, a répondu Lincoln, c'est un sacré foutoir dans lequel vous m'avez plongé. Mais je vous pardonne.»
En évoquant cette histoire, sans doute le nouveau président voulait-il souligner à quel point les circonstances de son propre «baptême du feu présidentiel» sont elles aussi particulièrement chaotiques. Un mois après le début de son mandat, il est encore bien tôt pour faire un bilan et mesurer l'ampleur de la rupture à venir avec l'ère précédente, mais une chose est sûre : confronté à la situation économique la plus catastrophique depuis la grande dépression des années 1930, Obama sera un président à la fois hyperactif et prudent. Bien décidé à jouer sa partie en se libérant des dogmes anciens. Tout en étant conscient des dangers qui le guettent.
Près de 500 000 personnes se sont retrouvées au chômage au mois de janvier, chiffre qui vient s'ajouter aux millions de chômeurs enregistrés depuis le début de la débâcle, et qui devrait croître. Plus de 10 000 personnes perdent leur logement chaque jour, faute de pouvoir payer leurs emprunts immobiliers. Le système bancaire est aux abois. La guerre d'Afghanistan, dans laquelle les forces américaines sont en train de s'impliquer massivement, alors qu'elles sont toujours en charge de stabiliser une situation irakienne fragile, s'embrase, menaçant d'implosion le Pakistan voisin… Le conflit de Gaza et le résultat complexe des élections israéliennes ont compliqué la donne d'une éventuelle paix au Proche-Orient.
Pourtant, Barack Obama ne semble pas avoir la main qui tremble, depuis qu'il a prêté serment sur la Bible de Lincoln le 20 janvier dernier. Durant ses trente premiers jours, il a navigué à travers les eaux tumultueuses de cette conjoncture explosive avec le même calme et la même énergie qu'il avait déployés pendant la campagne et la transition. Affirmant clairement le caractère absolument prioritaire du dossier économique, dont dépendront tous les autres. Mettant l'accent sur la coopération en politique étrangère, tout en remettant sagement à plus tard la plupart des décisions de fond sur chaque dossier, en l'attente d'un bilan abouti de la diplomatie, qui devrait durer des semaines. Imprimant à la Maison-Blanche un style et un rythme à la fois plus intense et plus ouvert que celui de George W. Bush.
Côté forme, il y a vraiment des changements et notamment pour les journalistes, tenus beaucoup plus informés des faits et gestes du président. La «cool attitude» dont le candidat avait fait sa marque de fabrique transparaît aussi dans son comportement. Il continue d'appeler les journalistes «les gars» et de leur confier les moments où «son cœur bat plus fort», comme ce jour où il a signé la remise de médailles aux héros tombés en Irak et en Afghanistan. Tout Washington bruisse aussi de la manière ostentatoire dont Barack Obama se promène en bras de chemise dans le bureau Ovale. Cette anicroche au protocole lui a même attiré les foudres de l'ancien chef de cabinet de Bush, Andrew Card. «Il devrait y avoir une tenue de rigueur par respect pour les lieux, a-t-il dit. Je préférerais qu'il porte un costume et une cravate.» «Nous sommes en bras de chemise parce que nous devons retrousser nos manches pour nettoyer le chaos dont nous avons hérité», a rétorqué le conseiller présidentiel David Axelrod.
Les républicains renâclent
Derrière la décontraction, les journées sont en effet très longues depuis l'arrivée d'Obama à la Maison-Blanche. Se levant plus tard que son prédécesseur, le nouveau président veille en revanche beaucoup plus tard et, affirme le politologue Julian Zelizer, «travaille 24 heures sur 24 et sept jours sur sept».
C'est peut-être ce qui explique les résultats déjà obtenus sur le fond. Moins d'un mois après avoir pris ses fonctions, son équipe peut se vanter d'avoir arraché au Congrès un plan de relance de l'économie sans précédent dans l'histoire du pays. La vitesse à laquelle le projet a passé les fourches caudines du Parlement est une performance. Dans la foulée de ce succès, Barack Obama a également annoncé mercredi un plan d'aide au logement crucial pour permettre aux classes moyennes américaines de faire face à leur endettement immobilier. «Ce plan ne sauvera pas toutes les maisons, il n'est pas destiné aux irresponsables et aux personnes peu scrupuleuses…», a-t-il toutefois indiqué, pour montrer son souci de ne pas gaspiller l'argent du contribuable.
C'est qu'il y a eu déjà de nombreuses passes d'armes à l'occasion du passage du plan de relance dont Obama rêvait de faire le premier exemple d'une coopération bipartisane. Malgré sa main tendue, et de nombreuses concessions faites aux républicains sur la question des baisses d'impôts notamment, ces derniers affirment avoir été mis devant le fait accompli et s'inquiètent d'un «plan de dépenses» dont seulement 200 milliards auraient été justifiés. Une pluie de critiques s'est déversée sur le nouveau président pour vouloir faire des États-Unis un État socialiste. «Ce plan pue et le processus qui l'a accompagné pue aussi», a lancé le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham.
La virulence de la critique a pris de court Obama, qui croyait pouvoir profiter de circonstances exceptionnelles pour susciter un consensus national. Mais la déception semble avoir décuplé sa résolution. Répliquant aux républicains qu'ils n'avaient pas de leçons de rigueur à donner, après avoir doublé la dette fédérale en huit ans, c'est un Obama combatif qui a lancé : «La mission légitime d'un gouvernement est de faire pour le peuple ce qu'il ne peut faire par lui-même.»
Lors de visites dans l'Indiana, la Floride, le Kansas ou l'Arizona, loin des luttes «futiles» de Washington, il a reçu un accueil enthousiaste. «Vous me jugerez sur les faits, et si la situation ne s'améliore pas, vous élirez un nouveau président», a-t-il lancé à la foule qui l'accueillait en Floride. Obama, qui selon les sondages a le soutien de près de 60 % de la population, veut montrer qu'il garde l'œil sur le long terme. «J'ai foiré», a-t-il reconnu après que son candidat au poste de secrétaire à la Santé Tom Daschle fut obligé de renoncer pour avoir omis de payer plus de 100 000 dollars d'impôts. Le retrait du candidat républicain Judd Gregg comme secrétaire au Commerce l'a aussi secoué. Mais le président reste convaincu que ces épisodes seront rapidement oubliés, malgré les flots d'encre journalistiques les présentant comme des revers majeurs. Lors de sa première conférence de presse, il a à nouveau tendu la main aux républicains : «J'espère que le ton civil et respectueux qui a toujours été le mien finira par porter des fruits», a-t-il dit. Dans le New Yorker, Hendrik Hertzberg juge cette approche «gandhienne».
La «diplomatie intelligente»
En politique étrangère, l'approche de long terme que voudrait favoriser Obama n'est pas encore complètement arrêtée, même si la «notion de diplomatie intelligente» et de dialogue est bien accueillie sur la scène internationale. Fermeture de Guantanamo, ouverture vers l'Iran, main tendue au monde musulman, volonté de relancer le dialogue sur le désarmement avec la Russie apparaissent comme autant de démarches en rupture avec l'ère Bush. Mais, à y regarder de plus près, une certaine continuité pourrait émerger dans la lutte antiterroriste et la politique de sécurité. Le président a par exemple prudemment créé une commission pour déterminer comment devront évoluer les méthodes d'interrogatoire et le cadre législatif dans lequel opéreront les agences de sécurité. Il vient d'annoncer le renforcement du contingent en Afghanistan, signe qu'il n'est pas antiguerre a priori. Obama l'hyperactif, est un pragmatique prudent. «Certainement pas un naïf ou un doux rêveur, tout le contraire», confiait récemment Strobe Talbott, président de la Brookings, qui fut secrétaire État adjoint sous Bill Clinton.
Laure Mandeville, correspondante à Washington 19/02/2009 Mise à jour : 21:13
Malgré la gravité de l'heure, le premier président noir de l'histoire américaine a semblé se glisser sans difficulté dans son rôle. Crédits photo : AP
Depuis qu'il est entré en fonctions, le président a déjà beaucoup accompli, se montrant à la fois hyperactif, «cool», pragmatique et prudent. Mais s'il bénéficie pour l'instant de l'état de grâce, il sait qu'il sera jugé sur ses résultats.
Le jour où il s'est rendu dans l'Illinois pour le bicentenaire d'Abraham Lincoln, Barack Obama a raconté comment ce dernier avait répondu à un villageois qui se vantait d'avoir été une voix décisive pour son élection. «Vous pensez donc que vous m'avez fait président ?», a demandé Lincoln. «Oui, a répondu l'homme, par Dieu, je le pense.» «Eh bien, a répondu Lincoln, c'est un sacré foutoir dans lequel vous m'avez plongé. Mais je vous pardonne.»
En évoquant cette histoire, sans doute le nouveau président voulait-il souligner à quel point les circonstances de son propre «baptême du feu présidentiel» sont elles aussi particulièrement chaotiques. Un mois après le début de son mandat, il est encore bien tôt pour faire un bilan et mesurer l'ampleur de la rupture à venir avec l'ère précédente, mais une chose est sûre : confronté à la situation économique la plus catastrophique depuis la grande dépression des années 1930, Obama sera un président à la fois hyperactif et prudent. Bien décidé à jouer sa partie en se libérant des dogmes anciens. Tout en étant conscient des dangers qui le guettent.
Près de 500 000 personnes se sont retrouvées au chômage au mois de janvier, chiffre qui vient s'ajouter aux millions de chômeurs enregistrés depuis le début de la débâcle, et qui devrait croître. Plus de 10 000 personnes perdent leur logement chaque jour, faute de pouvoir payer leurs emprunts immobiliers. Le système bancaire est aux abois. La guerre d'Afghanistan, dans laquelle les forces américaines sont en train de s'impliquer massivement, alors qu'elles sont toujours en charge de stabiliser une situation irakienne fragile, s'embrase, menaçant d'implosion le Pakistan voisin… Le conflit de Gaza et le résultat complexe des élections israéliennes ont compliqué la donne d'une éventuelle paix au Proche-Orient.
Pourtant, Barack Obama ne semble pas avoir la main qui tremble, depuis qu'il a prêté serment sur la Bible de Lincoln le 20 janvier dernier. Durant ses trente premiers jours, il a navigué à travers les eaux tumultueuses de cette conjoncture explosive avec le même calme et la même énergie qu'il avait déployés pendant la campagne et la transition. Affirmant clairement le caractère absolument prioritaire du dossier économique, dont dépendront tous les autres. Mettant l'accent sur la coopération en politique étrangère, tout en remettant sagement à plus tard la plupart des décisions de fond sur chaque dossier, en l'attente d'un bilan abouti de la diplomatie, qui devrait durer des semaines. Imprimant à la Maison-Blanche un style et un rythme à la fois plus intense et plus ouvert que celui de George W. Bush.
Côté forme, il y a vraiment des changements et notamment pour les journalistes, tenus beaucoup plus informés des faits et gestes du président. La «cool attitude» dont le candidat avait fait sa marque de fabrique transparaît aussi dans son comportement. Il continue d'appeler les journalistes «les gars» et de leur confier les moments où «son cœur bat plus fort», comme ce jour où il a signé la remise de médailles aux héros tombés en Irak et en Afghanistan. Tout Washington bruisse aussi de la manière ostentatoire dont Barack Obama se promène en bras de chemise dans le bureau Ovale. Cette anicroche au protocole lui a même attiré les foudres de l'ancien chef de cabinet de Bush, Andrew Card. «Il devrait y avoir une tenue de rigueur par respect pour les lieux, a-t-il dit. Je préférerais qu'il porte un costume et une cravate.» «Nous sommes en bras de chemise parce que nous devons retrousser nos manches pour nettoyer le chaos dont nous avons hérité», a rétorqué le conseiller présidentiel David Axelrod.
Les républicains renâclent
Derrière la décontraction, les journées sont en effet très longues depuis l'arrivée d'Obama à la Maison-Blanche. Se levant plus tard que son prédécesseur, le nouveau président veille en revanche beaucoup plus tard et, affirme le politologue Julian Zelizer, «travaille 24 heures sur 24 et sept jours sur sept».
C'est peut-être ce qui explique les résultats déjà obtenus sur le fond. Moins d'un mois après avoir pris ses fonctions, son équipe peut se vanter d'avoir arraché au Congrès un plan de relance de l'économie sans précédent dans l'histoire du pays. La vitesse à laquelle le projet a passé les fourches caudines du Parlement est une performance. Dans la foulée de ce succès, Barack Obama a également annoncé mercredi un plan d'aide au logement crucial pour permettre aux classes moyennes américaines de faire face à leur endettement immobilier. «Ce plan ne sauvera pas toutes les maisons, il n'est pas destiné aux irresponsables et aux personnes peu scrupuleuses…», a-t-il toutefois indiqué, pour montrer son souci de ne pas gaspiller l'argent du contribuable.
C'est qu'il y a eu déjà de nombreuses passes d'armes à l'occasion du passage du plan de relance dont Obama rêvait de faire le premier exemple d'une coopération bipartisane. Malgré sa main tendue, et de nombreuses concessions faites aux républicains sur la question des baisses d'impôts notamment, ces derniers affirment avoir été mis devant le fait accompli et s'inquiètent d'un «plan de dépenses» dont seulement 200 milliards auraient été justifiés. Une pluie de critiques s'est déversée sur le nouveau président pour vouloir faire des États-Unis un État socialiste. «Ce plan pue et le processus qui l'a accompagné pue aussi», a lancé le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham.
La virulence de la critique a pris de court Obama, qui croyait pouvoir profiter de circonstances exceptionnelles pour susciter un consensus national. Mais la déception semble avoir décuplé sa résolution. Répliquant aux républicains qu'ils n'avaient pas de leçons de rigueur à donner, après avoir doublé la dette fédérale en huit ans, c'est un Obama combatif qui a lancé : «La mission légitime d'un gouvernement est de faire pour le peuple ce qu'il ne peut faire par lui-même.»
Lors de visites dans l'Indiana, la Floride, le Kansas ou l'Arizona, loin des luttes «futiles» de Washington, il a reçu un accueil enthousiaste. «Vous me jugerez sur les faits, et si la situation ne s'améliore pas, vous élirez un nouveau président», a-t-il lancé à la foule qui l'accueillait en Floride. Obama, qui selon les sondages a le soutien de près de 60 % de la population, veut montrer qu'il garde l'œil sur le long terme. «J'ai foiré», a-t-il reconnu après que son candidat au poste de secrétaire à la Santé Tom Daschle fut obligé de renoncer pour avoir omis de payer plus de 100 000 dollars d'impôts. Le retrait du candidat républicain Judd Gregg comme secrétaire au Commerce l'a aussi secoué. Mais le président reste convaincu que ces épisodes seront rapidement oubliés, malgré les flots d'encre journalistiques les présentant comme des revers majeurs. Lors de sa première conférence de presse, il a à nouveau tendu la main aux républicains : «J'espère que le ton civil et respectueux qui a toujours été le mien finira par porter des fruits», a-t-il dit. Dans le New Yorker, Hendrik Hertzberg juge cette approche «gandhienne».
La «diplomatie intelligente»
En politique étrangère, l'approche de long terme que voudrait favoriser Obama n'est pas encore complètement arrêtée, même si la «notion de diplomatie intelligente» et de dialogue est bien accueillie sur la scène internationale. Fermeture de Guantanamo, ouverture vers l'Iran, main tendue au monde musulman, volonté de relancer le dialogue sur le désarmement avec la Russie apparaissent comme autant de démarches en rupture avec l'ère Bush. Mais, à y regarder de plus près, une certaine continuité pourrait émerger dans la lutte antiterroriste et la politique de sécurité. Le président a par exemple prudemment créé une commission pour déterminer comment devront évoluer les méthodes d'interrogatoire et le cadre législatif dans lequel opéreront les agences de sécurité. Il vient d'annoncer le renforcement du contingent en Afghanistan, signe qu'il n'est pas antiguerre a priori. Obama l'hyperactif, est un pragmatique prudent. «Certainement pas un naïf ou un doux rêveur, tout le contraire», confiait récemment Strobe Talbott, président de la Brookings, qui fut secrétaire État adjoint sous Bill Clinton.
À Ottawa, Obama change d'itinéraire pour manger une "queue de castor"
AFP: À Ottawa, Obama change d'itinéraire pour manger une "queue de castor"
Le président Obama, qui effectuait jeudi à Ottawa son premier déplacement officiel à l'étranger, a modifié son itinéraire de retour vers l'aéroport pour s'arrêter dans le centre-ville de la capitale canadienne et y acheter des pâtisseries et des souvenirs pour ses fillettes.
Entouré d'une armée de gardes du corps et sous les regards ébahis des passants, le président américain s'est brièvement promené dans le marché d'Ottawa où il acheté des gants et des porte-clés pour ses deux petites filles.
"J'imagine que je vais gagner des points auprès de mes filles", a-t-il dit aux journalistes qui l'accompagnaient, expliquant que depuis la campagne présidentielle, il leur ramène des souvenirs de chacun de ses déplacements.
Le président américain s'est ensuite arrêté au "Moulin de Provence", une pâtisserie tenue par un Français, pour y acheter des "queues de castor", une sorte de gaufre allongée qui peut être assaisonnée à la cannelle ou au chocolat.
Le gérant lui a offert des gâteaux au sirop d'érable, refusant l'argent de M. Obama. Les pâtisseries "ne sont pas pour vous, mais pour vos filles!", lui a-t-il lancé.
Le président Obama, qui effectuait jeudi à Ottawa son premier déplacement officiel à l'étranger, a modifié son itinéraire de retour vers l'aéroport pour s'arrêter dans le centre-ville de la capitale canadienne et y acheter des pâtisseries et des souvenirs pour ses fillettes.
Entouré d'une armée de gardes du corps et sous les regards ébahis des passants, le président américain s'est brièvement promené dans le marché d'Ottawa où il acheté des gants et des porte-clés pour ses deux petites filles.
"J'imagine que je vais gagner des points auprès de mes filles", a-t-il dit aux journalistes qui l'accompagnaient, expliquant que depuis la campagne présidentielle, il leur ramène des souvenirs de chacun de ses déplacements.
Le président américain s'est ensuite arrêté au "Moulin de Provence", une pâtisserie tenue par un Français, pour y acheter des "queues de castor", une sorte de gaufre allongée qui peut être assaisonnée à la cannelle ou au chocolat.
Le gérant lui a offert des gâteaux au sirop d'érable, refusant l'argent de M. Obama. Les pâtisseries "ne sont pas pour vous, mais pour vos filles!", lui a-t-il lancé.
À Ottawa, Obama change d'itinéraire pour manger une "queue de castor"
AFP: À Ottawa, Obama change d'itinéraire pour manger une "queue de castor"
Le président Obama, qui effectuait jeudi à Ottawa son premier déplacement officiel à l'étranger, a modifié son itinéraire de retour vers l'aéroport pour s'arrêter dans le centre-ville de la capitale canadienne et y acheter des pâtisseries et des souvenirs pour ses fillettes.
Entouré d'une armée de gardes du corps et sous les regards ébahis des passants, le président américain s'est brièvement promené dans le marché d'Ottawa où il acheté des gants et des porte-clés pour ses deux petites filles.
"J'imagine que je vais gagner des points auprès de mes filles", a-t-il dit aux journalistes qui l'accompagnaient, expliquant que depuis la campagne présidentielle, il leur ramène des souvenirs de chacun de ses déplacements.
Le président américain s'est ensuite arrêté au "Moulin de Provence", une pâtisserie tenue par un Français, pour y acheter des "queues de castor", une sorte de gaufre allongée qui peut être assaisonnée à la cannelle ou au chocolat.
Le gérant lui a offert des gâteaux au sirop d'érable, refusant l'argent de M. Obama. Les pâtisseries "ne sont pas pour vous, mais pour vos filles!", lui a-t-il lancé.
Le président Obama, qui effectuait jeudi à Ottawa son premier déplacement officiel à l'étranger, a modifié son itinéraire de retour vers l'aéroport pour s'arrêter dans le centre-ville de la capitale canadienne et y acheter des pâtisseries et des souvenirs pour ses fillettes.
Entouré d'une armée de gardes du corps et sous les regards ébahis des passants, le président américain s'est brièvement promené dans le marché d'Ottawa où il acheté des gants et des porte-clés pour ses deux petites filles.
"J'imagine que je vais gagner des points auprès de mes filles", a-t-il dit aux journalistes qui l'accompagnaient, expliquant que depuis la campagne présidentielle, il leur ramène des souvenirs de chacun de ses déplacements.
Le président américain s'est ensuite arrêté au "Moulin de Provence", une pâtisserie tenue par un Français, pour y acheter des "queues de castor", une sorte de gaufre allongée qui peut être assaisonnée à la cannelle ou au chocolat.
Le gérant lui a offert des gâteaux au sirop d'érable, refusant l'argent de M. Obama. Les pâtisseries "ne sont pas pour vous, mais pour vos filles!", lui a-t-il lancé.
Barack Obama mobilise 75 milliards de dollars contre les saisies immobilières - Economie - Le Monde.fr
jeudi 19 février 2009
Avec l'immobilier, Obama s'attaque à la racine du mal - Actualité Internationale - Amérique du Nord - Radio Europe1
mercredi 18 février 2009
mardi 17 février 2009
L'élève Obama peut mieux faire
Courrier international, ÉTATS-UNIS • L'élève Obama peut mieux faire
Même si le bilan de ses trois premières semaines à la tête du pays est positif, la tâche qu'il doit encore accomplir exige qu'il se surpasse.
Si le président Obama et ses conseillers avaient une baguette magique plutôt qu'un Congrès hésitant et divisé, la récession n'en serait pas moins un formidable défi. Mais la présidence n'est pas livrée avec une baguette magique et, à notre connaissance, Barack Obama, si talentueux soit-il, n'est pas un magicien. Nombreux sont ceux qui disent qu'il a fait des erreurs dans l'attribution de certains postes. Mais, après tout, n'oublions pas qu'il est relativement novice dans le jeu politique national et dans l'art du compromis entre les promesses de campagne et les réalités de la gestion au jour le jour. Le brusque retrait du sénateur républicain Judd Gregg, deuxième choix du président au poste de ministre du Commerce, aura souligné les difficultés à former un gouvernement d'ouverture. La manière dont il a fait passer ses mesures de relance – de justesse et dans la précipitation – montre à quel point il a du mal à tenir ses grandioses promesses de transparence. S'il a eu tant de mal à rallier les voix des républicains pour dépenser les deniers publics, comment obtiendra-t-il le soutien de ceux-ci sur des questions encore plus controversées, comme le changement climatique ou le système de santé ? La tâche prioritaire à laquelle doit maintenant s'attaquer le nouveau gouvernement, et qui est plus difficile et plus importante encore que les mesures de relance, est la stabilisation du système bancaire du pays. A cet égard, l'action menée jusqu'à présent par Timothy F. Geithner, le ministre des Finances, est pour le moins décevante. Le président avait promis que son ministre des Finances proposerait des "mesures très claires et spécifiques", or celui-ci n'a présenté qu'un avant-projet. Chaque présidence passe par une phase d'apprentissage, et Barack Obama a eu plus que sa part de réussite par rapport à ses prédécesseurs. Dans la frénésie suscitée par le vote du projet de relance, on n'a pas suffisamment remarqué que le président démocrate avait obtenu, outre les suspects habituels, le soutien de la Chambre de commerce des Etats-Unis et de l'Association nationale des industriels. Il a déjà supervisé trois textes de loi importants : le Lilly Ledbetter Act [contre les discriminations salariales à l'égard des femmes], l'élargissement du programme d'assurance-santé des Etats destiné aux enfants et le plan de relance. Pas si mal en à peine plus de trois semaines de travail. Sa main tendue aux députés républicains n'a peut-être pas porté ses fruits immédiatement, mais elle augure bien de la coopération à venir. Malheureusement pour Barack Obama et le pays, l'actuelle situation économique n'autorise pas la marge d'erreur généralement accordée à un nouveau président. A tort ou à raison, il ne sera pas jugé à l'aune historique habituelle. Il va devoir rapidement trouver le juste milieu entre alarmisme et réconfort. Et il va lui falloir une équipe au grand complet, plus rapidement que ses prédécesseurs. Heureusement pour le pays, Barack Obama a beau manquer d'expérience, il a de la clairvoyance et de la fermeté à revendre. Résultat, s'il suscite l'optimisme de ses concitoyens, ceux-ci restent conscients de la gravité des problèmes qu'il doit résoudre et du temps qu'il va lui falloir pour atteindre ces objectifs. Même en ces temps de satisfaction immédiate, les Américains semblent avoir compris que la reprise économique allait nécessiter des mois, voire des années. La prudence dont a fait preuve Barack Obama depuis son élection, évitant tout excès d'optimisme, va contribuer à calmer le patient pendant les mois qu'il faudra pour juger de l'efficacité du traitement.
The Washington Post
Même si le bilan de ses trois premières semaines à la tête du pays est positif, la tâche qu'il doit encore accomplir exige qu'il se surpasse.
Si le président Obama et ses conseillers avaient une baguette magique plutôt qu'un Congrès hésitant et divisé, la récession n'en serait pas moins un formidable défi. Mais la présidence n'est pas livrée avec une baguette magique et, à notre connaissance, Barack Obama, si talentueux soit-il, n'est pas un magicien. Nombreux sont ceux qui disent qu'il a fait des erreurs dans l'attribution de certains postes. Mais, après tout, n'oublions pas qu'il est relativement novice dans le jeu politique national et dans l'art du compromis entre les promesses de campagne et les réalités de la gestion au jour le jour. Le brusque retrait du sénateur républicain Judd Gregg, deuxième choix du président au poste de ministre du Commerce, aura souligné les difficultés à former un gouvernement d'ouverture. La manière dont il a fait passer ses mesures de relance – de justesse et dans la précipitation – montre à quel point il a du mal à tenir ses grandioses promesses de transparence. S'il a eu tant de mal à rallier les voix des républicains pour dépenser les deniers publics, comment obtiendra-t-il le soutien de ceux-ci sur des questions encore plus controversées, comme le changement climatique ou le système de santé ? La tâche prioritaire à laquelle doit maintenant s'attaquer le nouveau gouvernement, et qui est plus difficile et plus importante encore que les mesures de relance, est la stabilisation du système bancaire du pays. A cet égard, l'action menée jusqu'à présent par Timothy F. Geithner, le ministre des Finances, est pour le moins décevante. Le président avait promis que son ministre des Finances proposerait des "mesures très claires et spécifiques", or celui-ci n'a présenté qu'un avant-projet. Chaque présidence passe par une phase d'apprentissage, et Barack Obama a eu plus que sa part de réussite par rapport à ses prédécesseurs. Dans la frénésie suscitée par le vote du projet de relance, on n'a pas suffisamment remarqué que le président démocrate avait obtenu, outre les suspects habituels, le soutien de la Chambre de commerce des Etats-Unis et de l'Association nationale des industriels. Il a déjà supervisé trois textes de loi importants : le Lilly Ledbetter Act [contre les discriminations salariales à l'égard des femmes], l'élargissement du programme d'assurance-santé des Etats destiné aux enfants et le plan de relance. Pas si mal en à peine plus de trois semaines de travail. Sa main tendue aux députés républicains n'a peut-être pas porté ses fruits immédiatement, mais elle augure bien de la coopération à venir. Malheureusement pour Barack Obama et le pays, l'actuelle situation économique n'autorise pas la marge d'erreur généralement accordée à un nouveau président. A tort ou à raison, il ne sera pas jugé à l'aune historique habituelle. Il va devoir rapidement trouver le juste milieu entre alarmisme et réconfort. Et il va lui falloir une équipe au grand complet, plus rapidement que ses prédécesseurs. Heureusement pour le pays, Barack Obama a beau manquer d'expérience, il a de la clairvoyance et de la fermeté à revendre. Résultat, s'il suscite l'optimisme de ses concitoyens, ceux-ci restent conscients de la gravité des problèmes qu'il doit résoudre et du temps qu'il va lui falloir pour atteindre ces objectifs. Même en ces temps de satisfaction immédiate, les Américains semblent avoir compris que la reprise économique allait nécessiter des mois, voire des années. La prudence dont a fait preuve Barack Obama depuis son élection, évitant tout excès d'optimisme, va contribuer à calmer le patient pendant les mois qu'il faudra pour juger de l'efficacité du traitement.
The Washington Post
lundi 16 février 2009
dimanche 15 février 2009
«Obama force les Noirs à se remettre en cause» - Libération
«Obama force les Noirs à se remettre en cause» - Libération
L’élection du premier président afro-américain bouscule en profondeur les relations raciales.
Le président Obama qui a fait du «changement» son slogan, et de l’«unité» son idéal social, compte bien bouleverser les rapports entre Noirs et Blancs. «Lorsque je serais président, […] la dynamique raciale de ce pays va changer jusqu’à un certain degré, prédisait Barack Obama en 2007 devant l’Association nationale des journalistes noirs. Cela va changer la manière dont les enfants blancs vont considérer les enfants noirs, et la manière dont les enfants noirs vont considérer les enfants blancs. En un mot, cela va changer la façon dont l’Amérique se voit.»
Wilbur Rich, professeur afro-américain de sciences politiques à Wellesley College, près de Boston, explique à quel point le premier président noir des Etats-Unis peut renouveler en profondeur le tissu social. «La question raciale a tellement été au centre de l’histoire de ce pays qu’on peut dire qu’elle imprègne toute la culture américaine. La présidence Obama est un moment capital pour asseoir les bases d’une société post-raciale.» Une fantastique opportunité pour une Amérique qui revient de loin, puisque même la Maison Blanche et le Capitole ont été principalement construits par des esclaves, et qui est loin d’être guérie de ses turpitudes raciales.
«La discrimination flagrante est sur le déclin depuis assez longtemps, mais une discrimination plus subtile perdure et perdurera sans doute encore longtemps. Elle se manifeste lorsqu’un Noir dans une entreprise n’est pas informé de la création d’un poste alors que tous les Blancs le sont… Lorsqu’un Noir, même en costume-cravate, est suivi par un vigile pour s’assurer qu’il ne vole rien dès qu’il entre dans un grand magasin. Ou lorsque je hèle un taxi et que celui-ci ne s’arrête pas…» confie l’universitaire en rapportant des vexations qu’il a lui même subies.
Celui-ci, qui s’est rendu à Washington le 20 janvier pour assister à la cérémonie d’investiture du nouveau président, dresse sans détour le portrait d’un pays dont on pourrait s’étonner qu’il ait élu un président noir : «Les Noirs et les Blancs ne vivent généralement pas dans les mêmes quartiers. Souvent, on ne laisse pas les enfants blancs jouer avec les enfants noirs. Le dimanche demeure plus que jamais le jour le plus discriminatoire car les Noirs et les Blancs ne fréquentent pas les mêmes églises. Très peu de lieux de cultes sont racialement mixtes. Il arrive souvent que de jeunes Blancs rencontrent vraiment de jeunes Noirs pour la première fois à l’université, ou sur un terrain de basket. Cette ségrégation de fait débouche sur des visions stéréotypées. Beaucoup de Blancs découvrent tardivement que les Noirs sont des êtres humains comme les autres. A la Maison Blanche, la famille Obama va contribuer à briser ces stéréotypes malsains qui empoisonnent encore notre société.»
«Pays de blancs». Le professeur de sciences politiques, auteur d’une dizaine d’ouvrages traitant des relations raciales, avoue ne pas avoir cru, jusqu’au dernier moment, qu’Obama serait élu président, le 4 novembre, face au républicain John McCain. «Je suis assez vieux pour me rappeler du mouvement pour les droits civiques, et je n’aurais jamais cru pouvoir vivre assez longtemps pour voir un moment pareil. Je m’étais dit que si Obama arrivait à devenir ne serait-ce que vice-président, ce serait une révolution.» Il ajoute : «C’est vraiment la réalisation du rêve de Martin Luther King qui avait présenté les Etats-Unis comme la terre promise.»
Pour la communauté noire, l’élection d’un président noir est une source d’immense fierté, mais c’est aussi pour beaucoup le catalyseur d’une très profonde remise en cause de leur identité. «Le sentiment de marginalisation est très présent. Je connais beaucoup de Noirs qui refusent de prêter allégeance au drapeau, ou qui ne se considèrent pas comme des citoyens américains à part entière, car ils estiment que leurs droits ne sont pas pleinement garantis. Pour eux, les Etats-Unis sont un pays de Blancs qu’il faut subir. Ils estiment que ce pays ne leur a jamais pleinement permis de réaliser leur potentiel, et ils se voient entravés par un système politique et économique destiné à les isoler, à les stéréotyper. La victoire de Barack Obama les force à remettre en cause leur attitude, et à reconnaître que les Etats-Unis sont réellement multiculturels et que c’est effectivement, bel et bien, leur pays», conclut Wilbur Rich.
«Distance». «Beaucoup de Noirs sont dans la nouvelle administration : cela va changer la perception que les gens ont des minorités, tout en leur donnant l’espoir qu’elles pourront participer désormais pleinement à la vie politique», confirme Marion Just, une universitaire de Boston. Les Noirs, surtout, voient s’éloigner cette sorte de distance méfiante que manifestent les Blancs à leur égard.»
L’élection du premier président afro-américain bouscule en profondeur les relations raciales.
Le président Obama qui a fait du «changement» son slogan, et de l’«unité» son idéal social, compte bien bouleverser les rapports entre Noirs et Blancs. «Lorsque je serais président, […] la dynamique raciale de ce pays va changer jusqu’à un certain degré, prédisait Barack Obama en 2007 devant l’Association nationale des journalistes noirs. Cela va changer la manière dont les enfants blancs vont considérer les enfants noirs, et la manière dont les enfants noirs vont considérer les enfants blancs. En un mot, cela va changer la façon dont l’Amérique se voit.»
Wilbur Rich, professeur afro-américain de sciences politiques à Wellesley College, près de Boston, explique à quel point le premier président noir des Etats-Unis peut renouveler en profondeur le tissu social. «La question raciale a tellement été au centre de l’histoire de ce pays qu’on peut dire qu’elle imprègne toute la culture américaine. La présidence Obama est un moment capital pour asseoir les bases d’une société post-raciale.» Une fantastique opportunité pour une Amérique qui revient de loin, puisque même la Maison Blanche et le Capitole ont été principalement construits par des esclaves, et qui est loin d’être guérie de ses turpitudes raciales.
«La discrimination flagrante est sur le déclin depuis assez longtemps, mais une discrimination plus subtile perdure et perdurera sans doute encore longtemps. Elle se manifeste lorsqu’un Noir dans une entreprise n’est pas informé de la création d’un poste alors que tous les Blancs le sont… Lorsqu’un Noir, même en costume-cravate, est suivi par un vigile pour s’assurer qu’il ne vole rien dès qu’il entre dans un grand magasin. Ou lorsque je hèle un taxi et que celui-ci ne s’arrête pas…» confie l’universitaire en rapportant des vexations qu’il a lui même subies.
Celui-ci, qui s’est rendu à Washington le 20 janvier pour assister à la cérémonie d’investiture du nouveau président, dresse sans détour le portrait d’un pays dont on pourrait s’étonner qu’il ait élu un président noir : «Les Noirs et les Blancs ne vivent généralement pas dans les mêmes quartiers. Souvent, on ne laisse pas les enfants blancs jouer avec les enfants noirs. Le dimanche demeure plus que jamais le jour le plus discriminatoire car les Noirs et les Blancs ne fréquentent pas les mêmes églises. Très peu de lieux de cultes sont racialement mixtes. Il arrive souvent que de jeunes Blancs rencontrent vraiment de jeunes Noirs pour la première fois à l’université, ou sur un terrain de basket. Cette ségrégation de fait débouche sur des visions stéréotypées. Beaucoup de Blancs découvrent tardivement que les Noirs sont des êtres humains comme les autres. A la Maison Blanche, la famille Obama va contribuer à briser ces stéréotypes malsains qui empoisonnent encore notre société.»
«Pays de blancs». Le professeur de sciences politiques, auteur d’une dizaine d’ouvrages traitant des relations raciales, avoue ne pas avoir cru, jusqu’au dernier moment, qu’Obama serait élu président, le 4 novembre, face au républicain John McCain. «Je suis assez vieux pour me rappeler du mouvement pour les droits civiques, et je n’aurais jamais cru pouvoir vivre assez longtemps pour voir un moment pareil. Je m’étais dit que si Obama arrivait à devenir ne serait-ce que vice-président, ce serait une révolution.» Il ajoute : «C’est vraiment la réalisation du rêve de Martin Luther King qui avait présenté les Etats-Unis comme la terre promise.»
Pour la communauté noire, l’élection d’un président noir est une source d’immense fierté, mais c’est aussi pour beaucoup le catalyseur d’une très profonde remise en cause de leur identité. «Le sentiment de marginalisation est très présent. Je connais beaucoup de Noirs qui refusent de prêter allégeance au drapeau, ou qui ne se considèrent pas comme des citoyens américains à part entière, car ils estiment que leurs droits ne sont pas pleinement garantis. Pour eux, les Etats-Unis sont un pays de Blancs qu’il faut subir. Ils estiment que ce pays ne leur a jamais pleinement permis de réaliser leur potentiel, et ils se voient entravés par un système politique et économique destiné à les isoler, à les stéréotyper. La victoire de Barack Obama les force à remettre en cause leur attitude, et à reconnaître que les Etats-Unis sont réellement multiculturels et que c’est effectivement, bel et bien, leur pays», conclut Wilbur Rich.
«Distance». «Beaucoup de Noirs sont dans la nouvelle administration : cela va changer la perception que les gens ont des minorités, tout en leur donnant l’espoir qu’elles pourront participer désormais pleinement à la vie politique», confirme Marion Just, une universitaire de Boston. Les Noirs, surtout, voient s’éloigner cette sorte de distance méfiante que manifestent les Blancs à leur égard.»
Première grande victoire d'Obama au Congrès avec l'adoption du plan de relance , Amériques - NouvelObs.com
Première grande victoire d'Obama au Congrès avec l'adoption du plan de relance , Amériques - NouvelObs.com
Première grande victoire d'Obama au Congrès avec l'adoption du plan de relance
La Presse Canadienne: Première grande victoire d'Obama au Congrès avec l'adoption du plan de relance
WASHINGTON — Barack Obama doit signer mardi, selon des responsables de son administration, le plan de relance de 787 milliards de dollars (610,6 milliards d'euros) qui vise à contrer la plus grave crise économique aux Etats-Unis depuis la Grande Dépression.
Moins d'un mois après son accession à la Maison Blanche, le président américain a remporté sa première grande victoire au Congrès avec l'adoption du texte vendredi, même s'il n'a pas levé l'opposition de la majorité des républicains.
Le Sénat a approuvé le texte par 60 voix contre 38, trois républicains modérés apportant un soutien décisif. Quelques heures plus tôt, la Chambre des Représentants avait donné son feu vert par 246 voix contre 183: tous les républicains se sont opposés au paquet de réductions fiscales et de dépenses fédérales que le président américain a placé au centre de son dispositif pour redresser l'économie et renouer avec la croissance.
Barack Obama a décrit le passage du texte comme une "étape" importante sur la route du rétablissement économique. Dans son allocution hebdomadaire de samedi à la radio et sur Internet, il a précisé qu'il le promulguerait "sous peu". "Nous commencerons à faire les investissements nécessaires immédiats" pour ramener les gens au travail et effectuer "le travail dont l'Amérique a besoin", a-t-il ajouté. Dans le même temps, a prévenu Barack Obama, "les problèmes qui nous ont menés à cette crise sont profonds" et "notre réponse doit être à la hauteur de la tâche".
En dépit des objectifs affichés par le président américain d'obtenir un soutien dépassant les clivages partisans, l'opposition républicaine au plan de renflouement a été quasiment unanime.
Tant au Sénat qu'à la Chambre des représentants, les conservateurs n'ont pas ménagé leurs critiques, arguant que le plan était porteur de dépenses relevant d'une véritable gabegie et que de plus grandes baisses d'impôts seraient plus efficaces pour favoriser les créations d'emplois.
En apprenant qu'aucun républicain à la Chambre des représentants n'avait soutenu le plan vendredi, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a cité un autre chiffre: "3,5 millions d'emplois" sont dans la balance, à créer ou à sauvegarder, a-t-il dit.
Barack Obama a quant à lui levé un pouce en vainqueur, après le passage du plan à la Chambre des représentants. Il a salué le texte et les débats "vifs" qui ont accompagné son examen, tout en avertissant: ce n'est que le "début de ce que nous devons faire" pour redresser l'économie.
Pour le président américain, il va ainsi falloir entre autres mettre en oeuvre le programme de renflouement de 700 milliards (543,1 milliards d'euros) de l'industrie bancaire et financière, juguler les saisies des biens hypothéqués, réformer les régulations du secteur financier et élaborer un budget fédéral "responsable".
"Nous avons une chance, qui ne se produit qu'une fois par génération, d'agir avec audace, de transformer l'adversité en opportunité, et de nous servir de cette crise comme une occasion pour adapter notre économie au XXIe siècle", a jugé Barack Obama vendredi dans un discours à des hommes d'affaires à la Maison Blanche.
Le vote au Sénat avait été retardé, le temps de permettre au parlementaire démocrate Sherrod Brown de rentrer de l'Ohio, où sa mère est décédée cette semaine. Son vote en faveur du texte, a été le 60e, une voix décisive dans un Sénat composé de 100 membres.
Le plan de relance, qui a fait l'objet d'un compromis, comprend notamment des dépenses en infrastructures, une aide aux petites entreprises et des milliards pour venir en aide à des Etats en proie aux difficultés financières. Les baisses d'impôts pour la classe moyenne voulues par Obama ont été maintenues mais réduites. Pour resserrer les coûts, plusieurs dispositions fiscales ont été abandonnées ou fortement revues à la baisse
WASHINGTON — Barack Obama doit signer mardi, selon des responsables de son administration, le plan de relance de 787 milliards de dollars (610,6 milliards d'euros) qui vise à contrer la plus grave crise économique aux Etats-Unis depuis la Grande Dépression.
Moins d'un mois après son accession à la Maison Blanche, le président américain a remporté sa première grande victoire au Congrès avec l'adoption du texte vendredi, même s'il n'a pas levé l'opposition de la majorité des républicains.
Le Sénat a approuvé le texte par 60 voix contre 38, trois républicains modérés apportant un soutien décisif. Quelques heures plus tôt, la Chambre des Représentants avait donné son feu vert par 246 voix contre 183: tous les républicains se sont opposés au paquet de réductions fiscales et de dépenses fédérales que le président américain a placé au centre de son dispositif pour redresser l'économie et renouer avec la croissance.
Barack Obama a décrit le passage du texte comme une "étape" importante sur la route du rétablissement économique. Dans son allocution hebdomadaire de samedi à la radio et sur Internet, il a précisé qu'il le promulguerait "sous peu". "Nous commencerons à faire les investissements nécessaires immédiats" pour ramener les gens au travail et effectuer "le travail dont l'Amérique a besoin", a-t-il ajouté. Dans le même temps, a prévenu Barack Obama, "les problèmes qui nous ont menés à cette crise sont profonds" et "notre réponse doit être à la hauteur de la tâche".
En dépit des objectifs affichés par le président américain d'obtenir un soutien dépassant les clivages partisans, l'opposition républicaine au plan de renflouement a été quasiment unanime.
Tant au Sénat qu'à la Chambre des représentants, les conservateurs n'ont pas ménagé leurs critiques, arguant que le plan était porteur de dépenses relevant d'une véritable gabegie et que de plus grandes baisses d'impôts seraient plus efficaces pour favoriser les créations d'emplois.
En apprenant qu'aucun républicain à la Chambre des représentants n'avait soutenu le plan vendredi, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a cité un autre chiffre: "3,5 millions d'emplois" sont dans la balance, à créer ou à sauvegarder, a-t-il dit.
Barack Obama a quant à lui levé un pouce en vainqueur, après le passage du plan à la Chambre des représentants. Il a salué le texte et les débats "vifs" qui ont accompagné son examen, tout en avertissant: ce n'est que le "début de ce que nous devons faire" pour redresser l'économie.
Pour le président américain, il va ainsi falloir entre autres mettre en oeuvre le programme de renflouement de 700 milliards (543,1 milliards d'euros) de l'industrie bancaire et financière, juguler les saisies des biens hypothéqués, réformer les régulations du secteur financier et élaborer un budget fédéral "responsable".
"Nous avons une chance, qui ne se produit qu'une fois par génération, d'agir avec audace, de transformer l'adversité en opportunité, et de nous servir de cette crise comme une occasion pour adapter notre économie au XXIe siècle", a jugé Barack Obama vendredi dans un discours à des hommes d'affaires à la Maison Blanche.
Le vote au Sénat avait été retardé, le temps de permettre au parlementaire démocrate Sherrod Brown de rentrer de l'Ohio, où sa mère est décédée cette semaine. Son vote en faveur du texte, a été le 60e, une voix décisive dans un Sénat composé de 100 membres.
Le plan de relance, qui a fait l'objet d'un compromis, comprend notamment des dépenses en infrastructures, une aide aux petites entreprises et des milliards pour venir en aide à des Etats en proie aux difficultés financières. Les baisses d'impôts pour la classe moyenne voulues par Obama ont été maintenues mais réduites. Pour resserrer les coûts, plusieurs dispositions fiscales ont été abandonnées ou fortement revues à la baisse
vendredi 13 février 2009
L’Afrique, Obama et les rêves de son père - Libération
L’Afrique, Obama et les rêves de son père - Libération
Il est noir, son père était kényan, donc il ne peut qu’être sensible et attentif aux problèmes de l’Afrique. Pour le moins sommaire, ce raisonnement sera-t-il confirmé par les actes du nouveau locataire de la Maison Blanche ? Le continent noir sera-t-il l’une de ses top priorities ? Du Sénégal au Kenya, du Zimbabwe au Tchad en passant par le Congo, les Africains le souhaitent ardemment.
Le premier président noir des Etats-Unis symbolise pour beaucoup une forme de revanche sur les injustices de l’Histoire : traite des esclaves, colonisation, barbouzeries en tous genres, pillage des ressources naturelles par les multinationales… Mais, premier constat, en forme de paradoxe, Barack Obama connaît peu l’Afrique. En 1987, déjà âgé de 26 ans, il s’est rendu pour la première fois au Kenya, la patrie de son père, décédé six ans auparavant dans un accident. Ce voyage initiatique où il fait la connaissance de sa famille africaine, de ses racines et des problèmes dans lesquels se débat le continent, tel que le tribalisme, il l’a raconté avec émotion dans un livre (1).
Il y est retourné deux fois, notamment en 2006 en tant que sénateur de l’Illinois. Même si l’Afrique est loin de l’indifférer le 44e président des Etats-Unis a, d’emblée, été happé par d’autres dossiers, à commencer par ceux du Proche-Orient, de l’Afghanistan et de l’Iran. Et l’Afrique ? Jusqu’ici, il s’est contenté d’appeler son homologue sud-africain, Kgalema Motlanthe. Dès lors, il est un peu tôt pour savoir s’il va rompre avec la politique suivie par son prédécesseur. Le 13 janvier, lors de son audition au Congrès en vue de sa nomination au poste de secrétaire d’Etat, Hillary Clinton en a toute de même livrée une première ébauche. Elle a évoqué à propos de l’Afrique les «failed states», ces Etats moribonds qui «constituent un terrain propice, non seulement aux pires abus, qu’il s’agisse de massacres, de viols, de l’indifférence aux maladies et d’autres calamités, mais aussi une invitation pour les terroristes à trouver refuge dans le chaos». Un discours que n’aurait pas renié George W. Bush. Car, durant ses deux mandats, ce dernier a abordé le continent principalement sous deux angles : médico-humanitaire et antiterroriste. Il a mis en place un ambitieux programme de lutte contre le sida, salué par les experts, et que son successeur, selon toute vraisemblance, va perpétuer.
Pour le reste, sous la direction de Bush, les Etats-Unis se sont surtout employés à surveiller de près un continent susceptible d’abriter des groupes affiliés à Al-Qaeda. Ils n’ont pas oublié que le réseau de Ben Laden avait signé son entrée sur la scène terroriste par les attentats en 1998 au Kenya et en Tanzanie. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont lancé un programme de surveillance et d’assistance dans la bande du Sahel, soupçonnée d’être infiltrée par des réseaux islamistes. Ils ont également installé une base militaire à Djibouti, dans la corne de l’Afrique, l’une des régions les plus instables du continent.
Par ailleurs, Washington veille à sécuriser son approvisionnement en pétrole en provenance du golfe de Guinée et d’Angola. Les Etats-Unis, qui importent d’Afrique actuellement 10 % de leur brut, espèrent atteindre le seuil des 25 % d’ici à 2015. Ce qui leur permettrait de réduire leur dépendance vis-à-vis d’un Proche-Orient imprévisible.
Traumatisés par leur échec en Somalie au début des années 90, ils hésitent, depuis, à s’impliquer sur le sol africain. A Mogadiscio, ce sont les Ethiopiens qui se sont chargés de chasser, en 2006, les Tribunaux islamiques, tandis que les Américains, à l’aide de drones, surveillent au jour le jour la zone. Au Liberia, ils sont parvenus, par l’entremise du Nigeria, à chasser du pouvoir Charles Taylor en 2003.
Le seul véritable conflit pour lequel l’administration Bush s’est vraiment mobilisée est celui du Soudan. Au prix d’intenses efforts diplomatiques, elle est parvenue à mettre fin à une guerre de vingt ans entre le Nord et le Sud. Problème : au même moment, le Darfour était le théâtre d’une campagne de répression sanglante contre des populations civiles soupçonnées de soutenir les rebelles. Mais Washington a sciemment décidé de l’ignorer pour conclure les négociations. Par la suite, les responsables de l’administration Bush n’ont cessé de dénoncer le «génocide» commis par Khartoum contre les communautés négro-africaines.
Durant la campagne, Barack Obama, qui s’est rendu il y a deux ans dans des camps de réfugiés dans l’est du Tchad, a réitéré son engagement à multiplier les pressions sur le régime d’Omar El-Béchir pour tenter de mettre fin au bain de sang au Darfour. Comment compte-t-il y parvenir ? La nomination comme ambassadeur aux Nations-Unies de Susan Rice fournit une première indication. Ancienne du Conseil de sécurité nationale de Bill Clinton, où elle était chargée des affaires africaines, cette diplomate de 44 ans devrait mettre en œuvre une approche multilatérale des conflits. Le soutien de la Chine est en effet déterminant pour trouver une solution au Soudan, comme au Zimbabwe de Robert Mugabe.
Le premier effet tangible de la victoire d’Obama aux Etats-Unis est finalement d’avoir donné des idées aux Africains. Ces derniers espèrent voir émerger leurs propres Obama : une nouvelle génération de dirigeants capables de mettre fin à la corruption qui ronge nombre de pays et de transcender les clivages politico-ethniques pour servir l’intérêt général. Ce n’est pas gagné, si l’on en croit l’écrivain mozambicain Mia Couto, cité par Courrier international : «Si Obama avait été africain, un de ses concurrents, au pouvoir, aurait inventé une révision constitutionnelle pour prolonger son mandat…» Il conclut : «La joie que les 5 millions d’Africains ont ressentie le 5 novembre est née parce qu’ils ont vu en Obama exactement le contraire de ce qu’ils connaissent avec leurs dirigeants.»
(1) Les Rêves de mon père, Presses de la Cité, 2008.
Il est noir, son père était kényan, donc il ne peut qu’être sensible et attentif aux problèmes de l’Afrique. Pour le moins sommaire, ce raisonnement sera-t-il confirmé par les actes du nouveau locataire de la Maison Blanche ? Le continent noir sera-t-il l’une de ses top priorities ? Du Sénégal au Kenya, du Zimbabwe au Tchad en passant par le Congo, les Africains le souhaitent ardemment.
Le premier président noir des Etats-Unis symbolise pour beaucoup une forme de revanche sur les injustices de l’Histoire : traite des esclaves, colonisation, barbouzeries en tous genres, pillage des ressources naturelles par les multinationales… Mais, premier constat, en forme de paradoxe, Barack Obama connaît peu l’Afrique. En 1987, déjà âgé de 26 ans, il s’est rendu pour la première fois au Kenya, la patrie de son père, décédé six ans auparavant dans un accident. Ce voyage initiatique où il fait la connaissance de sa famille africaine, de ses racines et des problèmes dans lesquels se débat le continent, tel que le tribalisme, il l’a raconté avec émotion dans un livre (1).
Il y est retourné deux fois, notamment en 2006 en tant que sénateur de l’Illinois. Même si l’Afrique est loin de l’indifférer le 44e président des Etats-Unis a, d’emblée, été happé par d’autres dossiers, à commencer par ceux du Proche-Orient, de l’Afghanistan et de l’Iran. Et l’Afrique ? Jusqu’ici, il s’est contenté d’appeler son homologue sud-africain, Kgalema Motlanthe. Dès lors, il est un peu tôt pour savoir s’il va rompre avec la politique suivie par son prédécesseur. Le 13 janvier, lors de son audition au Congrès en vue de sa nomination au poste de secrétaire d’Etat, Hillary Clinton en a toute de même livrée une première ébauche. Elle a évoqué à propos de l’Afrique les «failed states», ces Etats moribonds qui «constituent un terrain propice, non seulement aux pires abus, qu’il s’agisse de massacres, de viols, de l’indifférence aux maladies et d’autres calamités, mais aussi une invitation pour les terroristes à trouver refuge dans le chaos». Un discours que n’aurait pas renié George W. Bush. Car, durant ses deux mandats, ce dernier a abordé le continent principalement sous deux angles : médico-humanitaire et antiterroriste. Il a mis en place un ambitieux programme de lutte contre le sida, salué par les experts, et que son successeur, selon toute vraisemblance, va perpétuer.
Pour le reste, sous la direction de Bush, les Etats-Unis se sont surtout employés à surveiller de près un continent susceptible d’abriter des groupes affiliés à Al-Qaeda. Ils n’ont pas oublié que le réseau de Ben Laden avait signé son entrée sur la scène terroriste par les attentats en 1998 au Kenya et en Tanzanie. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont lancé un programme de surveillance et d’assistance dans la bande du Sahel, soupçonnée d’être infiltrée par des réseaux islamistes. Ils ont également installé une base militaire à Djibouti, dans la corne de l’Afrique, l’une des régions les plus instables du continent.
Par ailleurs, Washington veille à sécuriser son approvisionnement en pétrole en provenance du golfe de Guinée et d’Angola. Les Etats-Unis, qui importent d’Afrique actuellement 10 % de leur brut, espèrent atteindre le seuil des 25 % d’ici à 2015. Ce qui leur permettrait de réduire leur dépendance vis-à-vis d’un Proche-Orient imprévisible.
Traumatisés par leur échec en Somalie au début des années 90, ils hésitent, depuis, à s’impliquer sur le sol africain. A Mogadiscio, ce sont les Ethiopiens qui se sont chargés de chasser, en 2006, les Tribunaux islamiques, tandis que les Américains, à l’aide de drones, surveillent au jour le jour la zone. Au Liberia, ils sont parvenus, par l’entremise du Nigeria, à chasser du pouvoir Charles Taylor en 2003.
Le seul véritable conflit pour lequel l’administration Bush s’est vraiment mobilisée est celui du Soudan. Au prix d’intenses efforts diplomatiques, elle est parvenue à mettre fin à une guerre de vingt ans entre le Nord et le Sud. Problème : au même moment, le Darfour était le théâtre d’une campagne de répression sanglante contre des populations civiles soupçonnées de soutenir les rebelles. Mais Washington a sciemment décidé de l’ignorer pour conclure les négociations. Par la suite, les responsables de l’administration Bush n’ont cessé de dénoncer le «génocide» commis par Khartoum contre les communautés négro-africaines.
Durant la campagne, Barack Obama, qui s’est rendu il y a deux ans dans des camps de réfugiés dans l’est du Tchad, a réitéré son engagement à multiplier les pressions sur le régime d’Omar El-Béchir pour tenter de mettre fin au bain de sang au Darfour. Comment compte-t-il y parvenir ? La nomination comme ambassadeur aux Nations-Unies de Susan Rice fournit une première indication. Ancienne du Conseil de sécurité nationale de Bill Clinton, où elle était chargée des affaires africaines, cette diplomate de 44 ans devrait mettre en œuvre une approche multilatérale des conflits. Le soutien de la Chine est en effet déterminant pour trouver une solution au Soudan, comme au Zimbabwe de Robert Mugabe.
Le premier effet tangible de la victoire d’Obama aux Etats-Unis est finalement d’avoir donné des idées aux Africains. Ces derniers espèrent voir émerger leurs propres Obama : une nouvelle génération de dirigeants capables de mettre fin à la corruption qui ronge nombre de pays et de transcender les clivages politico-ethniques pour servir l’intérêt général. Ce n’est pas gagné, si l’on en croit l’écrivain mozambicain Mia Couto, cité par Courrier international : «Si Obama avait été africain, un de ses concurrents, au pouvoir, aurait inventé une révision constitutionnelle pour prolonger son mandat…» Il conclut : «La joie que les 5 millions d’Africains ont ressentie le 5 novembre est née parce qu’ils ont vu en Obama exactement le contraire de ce qu’ils connaissent avec leurs dirigeants.»
(1) Les Rêves de mon père, Presses de la Cité, 2008.
jeudi 12 février 2009
mercredi 11 février 2009
mardi 10 février 2009
Barack Obama détaille son plan anti-crise dans sa première conférence de presse - Amériques - Le Monde.fr
Obama prédit une "catastrophe" en l'absence de plan de relance cette semaine, actualité Actualités : Le Point
Afrique-Présidence libyenne de l’UA : Cheikh T. Gadio loue les qualités de Khadafi.
Afrique-Présidence libyenne de l’UA : Cheikh T. Gadio loue les qualités de Khadafi.
La nomination de Mouammar Kadhafi à la tête de l’Union africaine semble être une grande satisfaction pour le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio. Il a chaleureusement loué les qualités du guide libyen lors du point de presse sur le 12eme sommet de l’Union africaine (2 au 4 février 2009 à Addis Abéba) tenu ce lundi 9 février à Dakar.
Au cours de son face à face avec la presse, le ministre d’Etat sénégalais Cheikh Tidiane Gadio a commencé par l’élection de Mouammar Kadhafi à la tête de l’Union Africaine. Le guide de la Jamahiriya libyenne est, selon lui, très engagé dans le processus de construction des Etats-Unis d’Afrique. Le chef de la diplomatie sénégalaise a affirmé avec conviction que «sous sa présidence, Kadhafi mobilisera tous les moyens de la Libye pour faire avancer les grands dossiers de l’Union africaine». Car a-t-il insisté «s’il y a un pays africain dont les ressources ont été mises à la disposition de l’Union africaine, c’est la Libye». Tout en reconnaissant que Kadhafi a une manière de faire qui peut irriter certains, Gadio a soutenu que «son style ne nous gène pas». Il s’est plutôt appesanti sur les démarches de Khadafi. «Le lendemain de son élection, Kadhafi a posé des actes qui montrent qu’il a à cœur de bien accomplir sa mission. Le lendemain de la clôture du sommet après que tout le monde est parti il est resté à Addis-Abeba pour visiter les installations de l’Union africaine et s’enquérir de la situation des fonctionnaires et de leurs éventuels problèmes. A ma connaissance seul un président de l’OUA (Organisation de l’Union africaine) a eu à faire ce geste symbolique» a indiqué le ministre d’Etat sénégalais. Par ailleurs, il a mis en garde contre ce qu’il considère comme une propension des médias à diaboliser le président Kadhafi. «Quoi qu’on puisse lui reprocher c’est un grand panafricaniste qui a bien assimilé les idées de Nkrumah» a-t-il affirmé. Cheikh Tidiane Gadio a aussi donné quelques informations sur les prochaines actions du guide libyen dans le cadre de l’Union africaine. «Il va organiser des tournées en Afrique durant son mandat pour promouvoir l’intégration africaine. L’Afrique a tout à gagner avec lui» a révélé le ministre des affaires étrangères.
Mame Coumba Diop le Mardi 10 Février 2009 - 11:38
La nomination de Mouammar Kadhafi à la tête de l’Union africaine semble être une grande satisfaction pour le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio. Il a chaleureusement loué les qualités du guide libyen lors du point de presse sur le 12eme sommet de l’Union africaine (2 au 4 février 2009 à Addis Abéba) tenu ce lundi 9 février à Dakar.
Au cours de son face à face avec la presse, le ministre d’Etat sénégalais Cheikh Tidiane Gadio a commencé par l’élection de Mouammar Kadhafi à la tête de l’Union Africaine. Le guide de la Jamahiriya libyenne est, selon lui, très engagé dans le processus de construction des Etats-Unis d’Afrique. Le chef de la diplomatie sénégalaise a affirmé avec conviction que «sous sa présidence, Kadhafi mobilisera tous les moyens de la Libye pour faire avancer les grands dossiers de l’Union africaine». Car a-t-il insisté «s’il y a un pays africain dont les ressources ont été mises à la disposition de l’Union africaine, c’est la Libye». Tout en reconnaissant que Kadhafi a une manière de faire qui peut irriter certains, Gadio a soutenu que «son style ne nous gène pas». Il s’est plutôt appesanti sur les démarches de Khadafi. «Le lendemain de son élection, Kadhafi a posé des actes qui montrent qu’il a à cœur de bien accomplir sa mission. Le lendemain de la clôture du sommet après que tout le monde est parti il est resté à Addis-Abeba pour visiter les installations de l’Union africaine et s’enquérir de la situation des fonctionnaires et de leurs éventuels problèmes. A ma connaissance seul un président de l’OUA (Organisation de l’Union africaine) a eu à faire ce geste symbolique» a indiqué le ministre d’Etat sénégalais. Par ailleurs, il a mis en garde contre ce qu’il considère comme une propension des médias à diaboliser le président Kadhafi. «Quoi qu’on puisse lui reprocher c’est un grand panafricaniste qui a bien assimilé les idées de Nkrumah» a-t-il affirmé. Cheikh Tidiane Gadio a aussi donné quelques informations sur les prochaines actions du guide libyen dans le cadre de l’Union africaine. «Il va organiser des tournées en Afrique durant son mandat pour promouvoir l’intégration africaine. L’Afrique a tout à gagner avec lui» a révélé le ministre des affaires étrangères.
Mame Coumba Diop le Mardi 10 Février 2009 - 11:38
Dailymotion - Discours de Barack Obama, une vidéo de publicsenat. discours, barack, obama, public, cain
lundi 9 février 2009
Le président d'Oracle conseillera Barack Obama pour son plan de relance - Actualités Société - Le Monde Informatique
Barack Obama vu par un Yankee parisien - VIE POLITIQUE
Barack Obama vu par un Yankee parisien - VIE POLITIQUE
Le propos. Qui n'a pas eu envie d'écrire à Obama ? C'est à travers une longue lettre que Ted Stanger, auteur de « Sacrés Français » et « Sacrés Américains », adresse sa liste de voeux à Washington et explique à son lecteur français les mécanismes politiques américains. Pour ce journaliste américain vivant à Paris, l'arrivée d'Obama est un soulagement après huit années passées à affronter les attaques contre l'Amérique de Bush. Les conseils au nouveau président pleuvent et l'auteur n'épargne pas non plus ses critiques, comme celle du choix comme secrétaire d'Etat de Hillary Clinton ou au Trésor de Timothy Geithner.
L'intérêt. Sous la forme pamphlétaire, l'auteur utilise sa connaissance à la fois de l'Amérique et de la France pour faire d'utiles rappels sur les deux nations. L'Amérique vous a choisi Mister President, écrit-il, pour « sauver le capitalisme et non pour le «refonder» comme l'a proposé le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy ». Une façon de bien mettre en parallèle les deux mentalités. Avec 27.000 euros par mois, Obama sera en tout cas mieux payé que Sarkozy.
J. H.-R.
« Mister President », par Ted Stanger, Editions Michalon, 144 pages, 13,50 euros.
Le propos. Qui n'a pas eu envie d'écrire à Obama ? C'est à travers une longue lettre que Ted Stanger, auteur de « Sacrés Français » et « Sacrés Américains », adresse sa liste de voeux à Washington et explique à son lecteur français les mécanismes politiques américains. Pour ce journaliste américain vivant à Paris, l'arrivée d'Obama est un soulagement après huit années passées à affronter les attaques contre l'Amérique de Bush. Les conseils au nouveau président pleuvent et l'auteur n'épargne pas non plus ses critiques, comme celle du choix comme secrétaire d'Etat de Hillary Clinton ou au Trésor de Timothy Geithner.
L'intérêt. Sous la forme pamphlétaire, l'auteur utilise sa connaissance à la fois de l'Amérique et de la France pour faire d'utiles rappels sur les deux nations. L'Amérique vous a choisi Mister President, écrit-il, pour « sauver le capitalisme et non pour le «refonder» comme l'a proposé le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy ». Une façon de bien mettre en parallèle les deux mentalités. Avec 27.000 euros par mois, Obama sera en tout cas mieux payé que Sarkozy.
J. H.-R.
« Mister President », par Ted Stanger, Editions Michalon, 144 pages, 13,50 euros.
dimanche 8 février 2009
Compromis au Sénat sur le plan de relance d'Obama - Actualité Internationale - Amérique du Nord - Radio Europe1
Tony Blair brûle la politesseà Gordon Brown à Washington
Le Figaro - International : Tony Blair brûle la politesseà Gordon Brown à Washington
L'ancien premier ministre britannique est le premier à s'afficher aux côtés de Barack Obama dans la capitale américaine. En dépit de sa grande amitié pour George W. Bush.
Depuis quelques semaines, la course était ouverte entre Londres, Paris et Berlin pour savoir lequel des grands chefs d'État européen aurait la chance d'être le premier à s'afficher au côté de la nouvelle coqueluche mondiale, le président Obama. Il y a dix jours, l'équipe du 10 Downing Street avait fait savoir avec fierté que Gordon Brown était le premier dirigeant européen à recevoir un coup de téléphone de Barack Obama après sa prestation de serment. Deux jours plus tard, l'Élysée a tenté de reprendre l'ascendant en expliquant que Sarkozy avait parlé une bonne demi-heure avec le président américain, plus que les quinze minutes de Brown, et que leur échange avait été «chaleureux».
Mais pour la première photo souvenir à Washington, c'est Tony Blair qui a grillé la politesse à Brown, Merkel et Sarkozy en s'exposant tout sourire avec «son bon ami» Barack Obama.
Bronzé et en grande forme, l'ancien premier ministre britannique était l'invité d'honneur du National Prayer Breakfast, un «petit déjeuner de prière nationale» qui est en fait un prestigieux événement religieux organisé tous les ans dans la capitale américaine par les membres du Congrès américain.
Malgré la forte et franche amitié qui liait Blair à George W. Bush et le soutien inconditionnel qu'il avait donné à l'invasion de l'Irak en 2003, Obama n'a pas tari de louanges sur l'invité du jour. «Je veux remercier mon bon ami Tony Blair d'être venu aujourd'hui, a commencé le président américain. Il a été un exemple pour beaucoup de gens dans le monde en montrant ce qu'un leadership déterminé pouvait accomplir.»
Les similitudes dans leurs discours, avec des citations presque identiques de la Bible, de la Torah et du Coran, montrent que leur vision de la religion les rapproche. Tous deux sont devenus chrétiens assez tard, et ne cachent pas l'importance de la foi chrétienne dans leur vie. Blair prévoit d'ailleurs d'ouvrir une branche américaine de sa fondation pour la foi, une organisation qui prône l'entente entre religions.
Apparition remarquée
Grâce à son charisme et ses déplacements réguliers aux États-Unis, Blair est un visage familier pour les Américains, bien plus que Gordon Brown, même s'il a laissé sa place de premier ministre depuis plus d'un an et demi. Sa position d'envoyé pour la paix au Moyen-Orient au nom du Quartette lui donne toujours accès à des relations diplomatiques de très haut niveau. C'est à ce titre qu'il a rencontré mercredi Hillary Clinton et le général Jim Jones, conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche. Son apparition remarquée au côté de Barack Obama va relancer les rumeurs sur ses projets d'avenir, car personne ne l'imagine se résigner aussi tôt à une retraite forcée.
L'ancien premier ministre britannique est le premier à s'afficher aux côtés de Barack Obama dans la capitale américaine. En dépit de sa grande amitié pour George W. Bush.
Depuis quelques semaines, la course était ouverte entre Londres, Paris et Berlin pour savoir lequel des grands chefs d'État européen aurait la chance d'être le premier à s'afficher au côté de la nouvelle coqueluche mondiale, le président Obama. Il y a dix jours, l'équipe du 10 Downing Street avait fait savoir avec fierté que Gordon Brown était le premier dirigeant européen à recevoir un coup de téléphone de Barack Obama après sa prestation de serment. Deux jours plus tard, l'Élysée a tenté de reprendre l'ascendant en expliquant que Sarkozy avait parlé une bonne demi-heure avec le président américain, plus que les quinze minutes de Brown, et que leur échange avait été «chaleureux».
Mais pour la première photo souvenir à Washington, c'est Tony Blair qui a grillé la politesse à Brown, Merkel et Sarkozy en s'exposant tout sourire avec «son bon ami» Barack Obama.
Bronzé et en grande forme, l'ancien premier ministre britannique était l'invité d'honneur du National Prayer Breakfast, un «petit déjeuner de prière nationale» qui est en fait un prestigieux événement religieux organisé tous les ans dans la capitale américaine par les membres du Congrès américain.
Malgré la forte et franche amitié qui liait Blair à George W. Bush et le soutien inconditionnel qu'il avait donné à l'invasion de l'Irak en 2003, Obama n'a pas tari de louanges sur l'invité du jour. «Je veux remercier mon bon ami Tony Blair d'être venu aujourd'hui, a commencé le président américain. Il a été un exemple pour beaucoup de gens dans le monde en montrant ce qu'un leadership déterminé pouvait accomplir.»
Les similitudes dans leurs discours, avec des citations presque identiques de la Bible, de la Torah et du Coran, montrent que leur vision de la religion les rapproche. Tous deux sont devenus chrétiens assez tard, et ne cachent pas l'importance de la foi chrétienne dans leur vie. Blair prévoit d'ailleurs d'ouvrir une branche américaine de sa fondation pour la foi, une organisation qui prône l'entente entre religions.
Apparition remarquée
Grâce à son charisme et ses déplacements réguliers aux États-Unis, Blair est un visage familier pour les Américains, bien plus que Gordon Brown, même s'il a laissé sa place de premier ministre depuis plus d'un an et demi. Sa position d'envoyé pour la paix au Moyen-Orient au nom du Quartette lui donne toujours accès à des relations diplomatiques de très haut niveau. C'est à ce titre qu'il a rencontré mercredi Hillary Clinton et le général Jim Jones, conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche. Son apparition remarquée au côté de Barack Obama va relancer les rumeurs sur ses projets d'avenir, car personne ne l'imagine se résigner aussi tôt à une retraite forcée.
vendredi 6 février 2009
Obama serait prêt à négocier avec Moscou un désarment nucléaire massif - International - Le Monde.fr
Obama entend redéfinir le rôle de l'église et de l'Etat - Actualité Internationale - Amérique du Nord - Radio Europe1
mercredi 4 février 2009
Barack Obama limiterait à 500 000 dollars les salaires des chefs d'entreprises aidées - L'économie en crise - Le Monde.fr
Susan Rice, l'arme d'Obamaà l'ONU
Le Figaro - International : Susan Rice, l'arme d'Obamaà l'ONU
a nouvelle ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, à la fois «charmante» et «intraitable», est accueillie avec optimisme au siège de l'organisation à New York, pour sa connaissance des dossiers et son
opposition passionnée à l'unilatéralisme des années Bush.
Il y a comme un vent d'espoir à l'ONU depuis que Susan Rice a présenté, fin janvier, ses lettres de créances au secrétaire général Ban Ki-moon. «Nous attendons de grandes choses d'elle », admet un diplomate européen. Dès sa première déclaration, la nouvelle ambassadrice, une amie personnelle de Barack Obama et la première femme noire américaine à ce poste, a promis d'«écouter» ses partenaires et affirmé que les «intérêts» de l'Amérique sont souvent «mieux servis» lorsque ses diplomates travaillent «main dans la main avec les autres». Ses commentaires sur cette institution «indispensable», quoique «imparfaite», ont sonné comme une douce musique aux oreilles de ses confrères, souvent exaspérés par le peu de considération de George Bush pour l'ONU. Son prédécesseur, Zalmay Khalilzad, avait fait des efforts pour réparer les dommages causés par le précédent ambassadeur, John Bolton, mais son action resta empreinte d'unilatéralisme néoconservateur. John Bolton avait notoirement déclaré que «les Nations unies n'existent pas».
Si la nouvelle ambassadrice doit être jugée sur ses actes, elle affiche pour le moment le même esprit d'ouverture que son mentor, courtoise avec la presse, se déplaçant personnellement auprès de ses collègues pour se présenter. Ce bout de femme d'à peine 1,60 mètre, peu expansive en public, se réjouit de l'accueil «chaleureux» de la famille onusienne et promet «des changements». Elle est décrite comme une diplomate à la fois «charmante» et «intraitable», «dynamique» et «impatiente». Un ambassadeur qui l'a côtoyée dit la trouver très «polie», tout en se demandant si elle a «le compromis dans l'âme». Mais chacun voit en cette femme de tête, mère de deux enfants et mariée à un journaliste de la chaîne ABC, une «brillante» diplomate, connaissant parfaitement ses dossiers.
Protégée de Madeleine Albright, elle fut, à 32 ans, la plus jeune sous-secrétaire d'État aux Affaires africaines en 1997. Elle a passé quatre ans à la Maison-Blanche sous Bill Clinton, d'abord en charge des organisations internationales et des missions de maintien de la paix au Conseil national de sécurité, puis en tant que conseillère spéciale du président sur les questions africaines. L'arrivée d'une spécialiste de l'Afrique à l'ONU est un plus dans une institution où «les deux tiers des débats sont consacrés à l'Afrique». Mais c'est aussi sur ce sujet que son expérience est la plus contestée. En plein génocide au Rwanda, en 1994, elle n'avait rien fait, comme ses collègues, pour pousser Bill Clinton à intervenir. En 2001, elle fera amende honorable dans une longue interview à la revue The Atlantic Monthly, dans laquelle elle raconte sa vision horrifiée des «milliers de cadavres décomposés» lors d'un voyage sur place. Elle se promet alors de ne plus jamais laisser une telle chose se produire, quitte «à être dévorée par les flammes». Cette expérience a contribué à en faire une libérale interventionniste, favorable par exemple à l'utilisation de la force pour arrêter le génocide au Darfour. Lors de sa première rencontre avec Ban Ki-moon, elle a tenu un langage plus réservé, affirmant prendre très au sérieux le droit humanitaire international.
Elle est aussi créditée d'une connaissance exceptionnelle des terrains propices au terrorisme, même si un éditorial du Washington Post lui a reproché en 2002 d'avoir été parmi ceux qui laissèrent filer Oussama Ben Laden lorsque le Soudan l'offrait sur un plateau à Washington. Ses premières déclarations, reprenant le credo d'Obama en faveur d'une «diplomatie directe» vis-à-vis de l'Iran et pour une collaboration intensive avec les autres membres du Conseil de sécurité (plus l'Allemagne), sont jugées bienvenues, même si tout le monde attend d'en savoir plus.
Elle a beau porter le même nom qu'une autre Noire américaine influente, Susan n'a rien à voir avec Condoleezza Rice, l'ex-secrétaire d'État, qu'elle ne porte pas dans son cœur. La démocrate est une critique passionnée de l'unilatéralisme de George Bush. Chercheuse à la Brookings Institution de Washington, elle a exposé sa vision du multilatéralisme dans un rapport de l'initiative de Phoenix en 2007. Le groupe de réflexion démocrate créé deux ans plus tôt avait pour objectif de mettre en pièces les fondements néoconservateurs de la politique étrangère de Bush. Ces experts, dont certains ont aussi intégré l'équipe d'Obama et forgé sa vision de la politique étrangère (James Steinberg, Michael McFaul), défendent l'idée selon laquelle le XXIe siècle est celui d'un pouvoir diffus entre États et acteurs non étatiques, et où la puissance de l'Amérique en tant qu'acteur indépendant est limitée.
Atout important pour l'avenir de cette femme très ambitieuse, sa loyauté envers Barack Obama, dont elle est une alliée de la première heure. Elle n'a pas hésité à faire faux bond à l'équipe Clinton pour rejoindre sa campagne en tant que conseillère en politique étrangère lorsqu'il n'était encore qu'un outsider, en 2006. Ses relations avec Hillary Clinton en auraient quelque peu souffert. Elle est la seule membre du «cabinet de guerre» d'Obama à s'être opposée comme lui à l'invasion de l'Irak. Celle qui portait le surnom de «Sport» à la National Cathedral School, une école privée pour jeunes filles à Washington, partage aussi sa passion pour le basket. La diplômée de Stanford et d'Oxford, qui se fait appeler Dr Rice, vient d'obtenir bien plus que le rôle de représentant permanent des États-Unis à l'ONU. Le président Obama a élevé sa fonction au rang ministériel, une pratique oubliée depuis les années Clinton.
a nouvelle ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, à la fois «charmante» et «intraitable», est accueillie avec optimisme au siège de l'organisation à New York, pour sa connaissance des dossiers et son
opposition passionnée à l'unilatéralisme des années Bush.Il y a comme un vent d'espoir à l'ONU depuis que Susan Rice a présenté, fin janvier, ses lettres de créances au secrétaire général Ban Ki-moon. «Nous attendons de grandes choses d'elle », admet un diplomate européen. Dès sa première déclaration, la nouvelle ambassadrice, une amie personnelle de Barack Obama et la première femme noire américaine à ce poste, a promis d'«écouter» ses partenaires et affirmé que les «intérêts» de l'Amérique sont souvent «mieux servis» lorsque ses diplomates travaillent «main dans la main avec les autres». Ses commentaires sur cette institution «indispensable», quoique «imparfaite», ont sonné comme une douce musique aux oreilles de ses confrères, souvent exaspérés par le peu de considération de George Bush pour l'ONU. Son prédécesseur, Zalmay Khalilzad, avait fait des efforts pour réparer les dommages causés par le précédent ambassadeur, John Bolton, mais son action resta empreinte d'unilatéralisme néoconservateur. John Bolton avait notoirement déclaré que «les Nations unies n'existent pas».
Si la nouvelle ambassadrice doit être jugée sur ses actes, elle affiche pour le moment le même esprit d'ouverture que son mentor, courtoise avec la presse, se déplaçant personnellement auprès de ses collègues pour se présenter. Ce bout de femme d'à peine 1,60 mètre, peu expansive en public, se réjouit de l'accueil «chaleureux» de la famille onusienne et promet «des changements». Elle est décrite comme une diplomate à la fois «charmante» et «intraitable», «dynamique» et «impatiente». Un ambassadeur qui l'a côtoyée dit la trouver très «polie», tout en se demandant si elle a «le compromis dans l'âme». Mais chacun voit en cette femme de tête, mère de deux enfants et mariée à un journaliste de la chaîne ABC, une «brillante» diplomate, connaissant parfaitement ses dossiers.
Protégée de Madeleine Albright, elle fut, à 32 ans, la plus jeune sous-secrétaire d'État aux Affaires africaines en 1997. Elle a passé quatre ans à la Maison-Blanche sous Bill Clinton, d'abord en charge des organisations internationales et des missions de maintien de la paix au Conseil national de sécurité, puis en tant que conseillère spéciale du président sur les questions africaines. L'arrivée d'une spécialiste de l'Afrique à l'ONU est un plus dans une institution où «les deux tiers des débats sont consacrés à l'Afrique». Mais c'est aussi sur ce sujet que son expérience est la plus contestée. En plein génocide au Rwanda, en 1994, elle n'avait rien fait, comme ses collègues, pour pousser Bill Clinton à intervenir. En 2001, elle fera amende honorable dans une longue interview à la revue The Atlantic Monthly, dans laquelle elle raconte sa vision horrifiée des «milliers de cadavres décomposés» lors d'un voyage sur place. Elle se promet alors de ne plus jamais laisser une telle chose se produire, quitte «à être dévorée par les flammes». Cette expérience a contribué à en faire une libérale interventionniste, favorable par exemple à l'utilisation de la force pour arrêter le génocide au Darfour. Lors de sa première rencontre avec Ban Ki-moon, elle a tenu un langage plus réservé, affirmant prendre très au sérieux le droit humanitaire international.
Elle est aussi créditée d'une connaissance exceptionnelle des terrains propices au terrorisme, même si un éditorial du Washington Post lui a reproché en 2002 d'avoir été parmi ceux qui laissèrent filer Oussama Ben Laden lorsque le Soudan l'offrait sur un plateau à Washington. Ses premières déclarations, reprenant le credo d'Obama en faveur d'une «diplomatie directe» vis-à-vis de l'Iran et pour une collaboration intensive avec les autres membres du Conseil de sécurité (plus l'Allemagne), sont jugées bienvenues, même si tout le monde attend d'en savoir plus.
Elle a beau porter le même nom qu'une autre Noire américaine influente, Susan n'a rien à voir avec Condoleezza Rice, l'ex-secrétaire d'État, qu'elle ne porte pas dans son cœur. La démocrate est une critique passionnée de l'unilatéralisme de George Bush. Chercheuse à la Brookings Institution de Washington, elle a exposé sa vision du multilatéralisme dans un rapport de l'initiative de Phoenix en 2007. Le groupe de réflexion démocrate créé deux ans plus tôt avait pour objectif de mettre en pièces les fondements néoconservateurs de la politique étrangère de Bush. Ces experts, dont certains ont aussi intégré l'équipe d'Obama et forgé sa vision de la politique étrangère (James Steinberg, Michael McFaul), défendent l'idée selon laquelle le XXIe siècle est celui d'un pouvoir diffus entre États et acteurs non étatiques, et où la puissance de l'Amérique en tant qu'acteur indépendant est limitée.
Atout important pour l'avenir de cette femme très ambitieuse, sa loyauté envers Barack Obama, dont elle est une alliée de la première heure. Elle n'a pas hésité à faire faux bond à l'équipe Clinton pour rejoindre sa campagne en tant que conseillère en politique étrangère lorsqu'il n'était encore qu'un outsider, en 2006. Ses relations avec Hillary Clinton en auraient quelque peu souffert. Elle est la seule membre du «cabinet de guerre» d'Obama à s'être opposée comme lui à l'invasion de l'Irak. Celle qui portait le surnom de «Sport» à la National Cathedral School, une école privée pour jeunes filles à Washington, partage aussi sa passion pour le basket. La diplômée de Stanford et d'Oxford, qui se fait appeler Dr Rice, vient d'obtenir bien plus que le rôle de représentant permanent des États-Unis à l'ONU. Le président Obama a élevé sa fonction au rang ministériel, une pratique oubliée depuis les années Clinton.
Forfait de Tom Daschle: Barack Obama fait son mea culpa
Forfait de Tom Daschle: Barack Obama fait son mea culpa - NouvelObs.com
AP 04.02.2009 02:47
Le président américain fait son mea culpa. "Je me suis planté": Barack Obama a reconnu mardi des erreurs dans la gestion de la controverse sur les problèmes fiscaux de Tom Daschle qui a dû renoncer dans la journée au poste de secrétaire à la Santé.
Sur NBC, le président s'est dit "frustré vis-à-vis de lui-même et de son équipe", pour avoir, sans le vouloir, laissé entendre qu'il y avait "deux sortes de règles" pour payer ses impôts, "l'une pour les gens importants et l'autres pour les citoyens ordinaires". Il a assuré "essayer de ne jamais les répéter". "J'assume la responsabilité de cette erreur", a-t-il dit sur la chaîne Fox News.
Le président américain, qui inspire habituellement le calme et la confiance, a donné une série d'interviews télévisées, dominées par les deux forfaits essuyés dans la journée par son administration, les abandons de Tom Daschle et de Nancy Killefer, qui devait prendre le poste de responsable de la performance, pour cause de problèmes fiscaux.
Barack Obama a reconnu, devant les caméras invitées dans son Bureau Ovale, avoir été lent à reconnaître son erreur. Son mea culpa est du jamais vu par rapport à son prédécesseur George W. Bush. AP
AP 04.02.2009 02:47
Le président américain fait son mea culpa. "Je me suis planté": Barack Obama a reconnu mardi des erreurs dans la gestion de la controverse sur les problèmes fiscaux de Tom Daschle qui a dû renoncer dans la journée au poste de secrétaire à la Santé.
Sur NBC, le président s'est dit "frustré vis-à-vis de lui-même et de son équipe", pour avoir, sans le vouloir, laissé entendre qu'il y avait "deux sortes de règles" pour payer ses impôts, "l'une pour les gens importants et l'autres pour les citoyens ordinaires". Il a assuré "essayer de ne jamais les répéter". "J'assume la responsabilité de cette erreur", a-t-il dit sur la chaîne Fox News.
Le président américain, qui inspire habituellement le calme et la confiance, a donné une série d'interviews télévisées, dominées par les deux forfaits essuyés dans la journée par son administration, les abandons de Tom Daschle et de Nancy Killefer, qui devait prendre le poste de responsable de la performance, pour cause de problèmes fiscaux.
Barack Obama a reconnu, devant les caméras invitées dans son Bureau Ovale, avoir été lent à reconnaître son erreur. Son mea culpa est du jamais vu par rapport à son prédécesseur George W. Bush. AP
mardi 3 février 2009
lundi 2 février 2009
"Le discours d'Obama, moment de communion nationale"
DE WASHINGTON - "Le discours d'Obama, moment de communion nationale", actualité Barack Obama : Le Point
La course à la Maison-Blanche s'est achevée par une victoire éclatante du candidat démocrate Barack Obama. Lepoint.fr vous propose de retrouver les analyses de notre correspondant à Washington, Patrick Sabatier, contacté tout au long de la nuit. À peine élu président, Barack Obama a fait un discours qui met une nouvelle fois l'accent sur le changement , tout en s'inscrivant dans la continuité de l'histoire de l'Amérique, explique Patrick Sabatier, notre correspondant à Washington. Cliquez ci-dessous pour l'écouter :
L'élection de Barack Obama comme 44e président des États-Unis tourne une page dans les relations entre "races" aux États-Unis. Cliquez ci-dessous pour écouter l'analyse de Patrick Sabatier enregistrée à 6 heures, heure française (minuit sur la côte est des États-Unis) :
Les victoires de Barack Obama sont telles dans de nombreux États que les chances du candidat républicain d'inverser la tendance étaient de plus en plus réduites, selon notre correspondant à Washington Patrick Sabatier. Cliquez ci-dessous pour écouter son analyse enregistrée peu après 3 h 15 (21 h 15 sur la côte est américaine) :
Même si John McCain se déclare "confiant", vers 2 h 15, heure française (20 h 15, sur la côte est des États-Unis), une tendance favorable à Barack Obama se profile, selon notre correspondant à Washington, Patrick Sabatier. Cliquez ci-dessous pour écouter son analyse enregistrée à 2 h 15 :
Les premiers résultats dans l'Indiana, État traditionnellement républicain, commencent à arriver. Après seulement 1 % de bulletins dépouillés, Barack Obama pointe en tête, mais les tendances peuvent évoluer. Cliquez ci-dessous pour écouter l'analyse de notre correspondant à Washington, Patrick Sabatier, enregistrée à 0 h 45 :
Avant la fermeture des bureaux de vote dans l'Indiana et en Virginie, notre correspondant à Washington, Patrick Sabatier explique pourquoi le basculement de ces deux États dans l'escarcelle démocrate pourrait sceller la victoire de Barack Obama. D'autant que la participation électorale s'annonce très élevée et profite au candidat démocrate. Cliquez ci-dessous pour écouter le son enregistré à 23 h 15 :
Lire aussi : PORTRAIT - Barack Obama, l'histoire d'une ambition
Quand Sarkozy félicite Obama ÉCOUTEZ-
Un Français depuis Grant Park : "C'est énormissime" Les démocrates s'assurent la majorité au Congrès
PORTRAIT- Joe Biden, le vétéran du Capitole
Obama fera son entrée à la Maison-Blanche seulement en janvier
Le programme de Barack Obama
Michelle Obama, cette First Lady authentique
VOTRE AVIS - Que pensez-vous du nouveau président américain ?
Les démocrates s'assurent la majorité au Congrès
Les quatre erreurs de McCain
Une campagne en or massif
Les quatre leçons d'une campagne historique
Le bilan des années Bush EN IMAGES -
Les présidents américains depuis 1933
REGARDEZ - Les candidats ont voté Irak : pour qui votent les GI ?
La course à la Maison-Blanche s'est achevée par une victoire éclatante du candidat démocrate Barack Obama. Lepoint.fr vous propose de retrouver les analyses de notre correspondant à Washington, Patrick Sabatier, contacté tout au long de la nuit. À peine élu président, Barack Obama a fait un discours qui met une nouvelle fois l'accent sur le changement , tout en s'inscrivant dans la continuité de l'histoire de l'Amérique, explique Patrick Sabatier, notre correspondant à Washington. Cliquez ci-dessous pour l'écouter :
L'élection de Barack Obama comme 44e président des États-Unis tourne une page dans les relations entre "races" aux États-Unis. Cliquez ci-dessous pour écouter l'analyse de Patrick Sabatier enregistrée à 6 heures, heure française (minuit sur la côte est des États-Unis) :
Les victoires de Barack Obama sont telles dans de nombreux États que les chances du candidat républicain d'inverser la tendance étaient de plus en plus réduites, selon notre correspondant à Washington Patrick Sabatier. Cliquez ci-dessous pour écouter son analyse enregistrée peu après 3 h 15 (21 h 15 sur la côte est américaine) :
Même si John McCain se déclare "confiant", vers 2 h 15, heure française (20 h 15, sur la côte est des États-Unis), une tendance favorable à Barack Obama se profile, selon notre correspondant à Washington, Patrick Sabatier. Cliquez ci-dessous pour écouter son analyse enregistrée à 2 h 15 :
Les premiers résultats dans l'Indiana, État traditionnellement républicain, commencent à arriver. Après seulement 1 % de bulletins dépouillés, Barack Obama pointe en tête, mais les tendances peuvent évoluer. Cliquez ci-dessous pour écouter l'analyse de notre correspondant à Washington, Patrick Sabatier, enregistrée à 0 h 45 :
Avant la fermeture des bureaux de vote dans l'Indiana et en Virginie, notre correspondant à Washington, Patrick Sabatier explique pourquoi le basculement de ces deux États dans l'escarcelle démocrate pourrait sceller la victoire de Barack Obama. D'autant que la participation électorale s'annonce très élevée et profite au candidat démocrate. Cliquez ci-dessous pour écouter le son enregistré à 23 h 15 :
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