vendredi 30 janvier 2009
Un habitant du Colorado inculpé pour avoir menacé de mort Barack Obama
Un habitant du Colorado inculpé pour avoir menacé de mort Barack Obama - NouvelObs.com
Un habitant du Colorado inculpé pour avoir menacé de mort Barack Obama
AP 29.01.2009 23:06
Un habitant de Cortez (Colorado, ouest des Etats-Unis) a été inculpé pour avoir menacé de mort le président Barack Obama, a annoncé jeudi le parquet fédéral à Denver.
Selon le parquet, Timothy Rian Gutierrez, 20 ans, a envoyé le 12 janvier, huit jours avant l'investiture du président américain, un courriel au bureau de la police fédérale américaine (FBI) à Washington. "Je vais assassiner le nouveau président des Etats-Unis. PS: vous avez 48 heures pour empêcher que cela se produise", a-t-il affirmé selon l'acte d'accusation.
Gutierrez, a ajouté le parquet, est également soupçonné d'avoir envoyé un autre message électronique menaçant de faire sauter une charge de 20kg d'explosifs dans un des plus grands centres commerciaux américains, The Mall of America, situé à Bloomington dans la banlieue de Minneapolis (nord des Etats-Unis).
D'autres hommes sont passibles de poursuites, en Floride, à Hawaï, dans le Mississippi et le Nebraska pour des menaces contre M. Obama, premier président noir de l'histoire des Etats-Unis. AP
Un habitant du Colorado inculpé pour avoir menacé de mort Barack Obama
AP 29.01.2009 23:06
Un habitant de Cortez (Colorado, ouest des Etats-Unis) a été inculpé pour avoir menacé de mort le président Barack Obama, a annoncé jeudi le parquet fédéral à Denver.
Selon le parquet, Timothy Rian Gutierrez, 20 ans, a envoyé le 12 janvier, huit jours avant l'investiture du président américain, un courriel au bureau de la police fédérale américaine (FBI) à Washington. "Je vais assassiner le nouveau président des Etats-Unis. PS: vous avez 48 heures pour empêcher que cela se produise", a-t-il affirmé selon l'acte d'accusation.
Gutierrez, a ajouté le parquet, est également soupçonné d'avoir envoyé un autre message électronique menaçant de faire sauter une charge de 20kg d'explosifs dans un des plus grands centres commerciaux américains, The Mall of America, situé à Bloomington dans la banlieue de Minneapolis (nord des Etats-Unis).
D'autres hommes sont passibles de poursuites, en Floride, à Hawaï, dans le Mississippi et le Nebraska pour des menaces contre M. Obama, premier président noir de l'histoire des Etats-Unis. AP
Obama signe la première loi en tant que président américain
Obama signe la première loi en tant que président américain
Barack Obama a signé jeudi la première loi en tant que président américain, loi concernant l'égalité salariale entre hommes et femmes, a annoncé la Maison Blanche.
Le projet de loi a été élaboré après qu'une habitante de l'Alabama, Lilly Ledbetter, eut découvert que son employeur Goodyear l'avait moins payée que ses collègues masculins pendant des années, mais des limitations légales ont empêché cette femme de porter plainte contre son employeur, selon un communiqué de presse de la Maison Blanche.
La nouvelle loi supprimera effectivement les limitations légales et facilitera aux employés de pouvoir porter plainte contre leurs employeurs en raison de paiement discriminatoire.
"Il est bien que la première loi que je signe, l'Acte de rétablissement du paiement équitable Lilly Ledbetter, s'inscrive dans l'un des principes fondamentaux de cette nation : nous sommes tous créés de la même façon, et chacun mérite une chance de poursuivre sa propre version de bonheur", a déclaré M. Obama lors de la cérémonie de signature de la loi, en présence de Mme Ledbetter, du vice-président Joe Biden, de la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton et d'un groupe de parlementaires.
M. Obama a souvent parlé de l'égalité salariale entre hommes et femmes durant sa campagne électorale, comme l'a fait son ancienne rivale Mme Clinton.
Malgré tout, la nouvelle loi ne signifie pas une demande obligatoire pour l'égalité salariale entre hommes et femmes.
En général, le salaire d'une Américaine n'équivaut qu'à 78% de celui d'un homme
Barack Obama a signé jeudi la première loi en tant que président américain, loi concernant l'égalité salariale entre hommes et femmes, a annoncé la Maison Blanche.
Le projet de loi a été élaboré après qu'une habitante de l'Alabama, Lilly Ledbetter, eut découvert que son employeur Goodyear l'avait moins payée que ses collègues masculins pendant des années, mais des limitations légales ont empêché cette femme de porter plainte contre son employeur, selon un communiqué de presse de la Maison Blanche.
La nouvelle loi supprimera effectivement les limitations légales et facilitera aux employés de pouvoir porter plainte contre leurs employeurs en raison de paiement discriminatoire.
"Il est bien que la première loi que je signe, l'Acte de rétablissement du paiement équitable Lilly Ledbetter, s'inscrive dans l'un des principes fondamentaux de cette nation : nous sommes tous créés de la même façon, et chacun mérite une chance de poursuivre sa propre version de bonheur", a déclaré M. Obama lors de la cérémonie de signature de la loi, en présence de Mme Ledbetter, du vice-président Joe Biden, de la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton et d'un groupe de parlementaires.
M. Obama a souvent parlé de l'égalité salariale entre hommes et femmes durant sa campagne électorale, comme l'a fait son ancienne rivale Mme Clinton.
Malgré tout, la nouvelle loi ne signifie pas une demande obligatoire pour l'égalité salariale entre hommes et femmes.
En général, le salaire d'une Américaine n'équivaut qu'à 78% de celui d'un homme
Barack Obama fait tomber la veste sur 20minutes.fr
Barack Obama fait tomber la veste sur 20minutes.fr
ETATS-UNIS - Le nouveau président avait promis du changement. Après une semaine à la présidence, il en a déjà apporté, pas seulement sur le fond mais aussi la
forme. A la Maison Blanche, c'est température tropicale, tenues professionnelles relaxs et cuisine bio.
De notre correspondante à New YorkMercredi soir, c’était open bar à la Maison Blanche. Le président Obama a reçu des membres du Congrès aussi bien des républicains que des démocrates pour une soirée de cocktails. L’initiative était probablement une tentative de «briser la glace» avec les républicains frileux devant son plan de relance de l’économie. Mais il s’agissait aussi de se désaltérer car il fait chaud à la Maison Blanche: Obama a monté le thermostat, indique le «New York Times». «Il est d’Hawaï, d’accord», a dit David Axelrod, le conseiller principal du président Obama, rapporte le journal. « Il aime quand il fait chaud. Vous pourriez faire pousser des orchidées ici.»Les spécialistes de l’environnement n’ont pas tardé à monter au créneau: «Les jours où il fait frisquet, monter le chauffage à des températures "propices aux orchidées" semble être à l’opposé des économies d’énergie que le Président prône dans son plan de relance», écrit Kate Galbraith, une journaliste spécialisée dans les énergies renouvelables pour le «New York Times», sur le blog Green Inc. Changements en cuisineEn cuisine aussi, il y a du changement, cette fois de manière respectueuse de l’environnement. Tandis que l’horizon culinaire de George Bush était réputé limité à la cuisine tex mex, ce sera désormais cuisine saine, des ingrédients locaux et du développement durable. C’est en tout cas ce que prône Sam Kass, 28 ans, qui vient de rejoindre les fourneaux du palais. L’homme qui concoctait les petits plats pour les Obama à Chicago, tient aussi un blog. Préparera-t-il pour la famille une soupe d’asperges à l’ail et aux oignons de printemps? La recette est sur le blog et les paris sont lancés. Sur les photos prises au lendemain de l’investiture, Obama était en chemise, les manches retroussées. C’est n’était qu’un début de la petite révolution vestimentaire: le Président a décrété que le week-end, ce serait désormais tenue professionnelle relax. Il s’est lui-même montré en pull gris à une réunion samedi dernier. Nouvelles prioritésMais le tournant est avant tout au niveau de la communication. Il y a eu le feuilleton du BlackBerry qu’il a finalement allumé jeudi, tandis qu’il marchait sous les colonnes de «l’aile ouest». Obama entend bien désormais importer l’arsenal de nouveaux médias utilisés pendant la campagne à la Maison Blanche. L’adresse hebdomadaire à la nation traditionnellement enregistrée et radiodiffusée sous les autres présidents est désormais mise en ligne sur le site rénové de la Maison Blanche et sur YouTube. Samedi dernier, Obama expliquait sur la vidéo son plan de relance de 825 milliards de dollars (640 milliards d’euros). Macon Phillips, le directeur des nouveaux médias explique les nouvelles priorités sur le blog de la Maison Blanche: transparence et participation. A quand la télé réalité de la présidence? Jeudi, le couple présidentiel est sorti de la Maison Blanche vers 8h15 du matin pour visiter l'école de leur fille Sasha. La veille, Obama avait publiquement charrié l’administration de l’école, celle-ci ayant décidé d’annuler les cours pour cause de «temps hivernal»: «Nous allons appliquer la rigueur impitoyable de Chicago à cette ville», dixit celui qui se promène en bras de chemise dans la chaleur de la Maison Blanche.
Laura Desjardins
forme. A la Maison Blanche, c'est température tropicale, tenues professionnelles relaxs et cuisine bio.De notre correspondante à New YorkMercredi soir, c’était open bar à la Maison Blanche. Le président Obama a reçu des membres du Congrès aussi bien des républicains que des démocrates pour une soirée de cocktails. L’initiative était probablement une tentative de «briser la glace» avec les républicains frileux devant son plan de relance de l’économie. Mais il s’agissait aussi de se désaltérer car il fait chaud à la Maison Blanche: Obama a monté le thermostat, indique le «New York Times». «Il est d’Hawaï, d’accord», a dit David Axelrod, le conseiller principal du président Obama, rapporte le journal. « Il aime quand il fait chaud. Vous pourriez faire pousser des orchidées ici.»Les spécialistes de l’environnement n’ont pas tardé à monter au créneau: «Les jours où il fait frisquet, monter le chauffage à des températures "propices aux orchidées" semble être à l’opposé des économies d’énergie que le Président prône dans son plan de relance», écrit Kate Galbraith, une journaliste spécialisée dans les énergies renouvelables pour le «New York Times», sur le blog Green Inc. Changements en cuisineEn cuisine aussi, il y a du changement, cette fois de manière respectueuse de l’environnement. Tandis que l’horizon culinaire de George Bush était réputé limité à la cuisine tex mex, ce sera désormais cuisine saine, des ingrédients locaux et du développement durable. C’est en tout cas ce que prône Sam Kass, 28 ans, qui vient de rejoindre les fourneaux du palais. L’homme qui concoctait les petits plats pour les Obama à Chicago, tient aussi un blog. Préparera-t-il pour la famille une soupe d’asperges à l’ail et aux oignons de printemps? La recette est sur le blog et les paris sont lancés. Sur les photos prises au lendemain de l’investiture, Obama était en chemise, les manches retroussées. C’est n’était qu’un début de la petite révolution vestimentaire: le Président a décrété que le week-end, ce serait désormais tenue professionnelle relax. Il s’est lui-même montré en pull gris à une réunion samedi dernier. Nouvelles prioritésMais le tournant est avant tout au niveau de la communication. Il y a eu le feuilleton du BlackBerry qu’il a finalement allumé jeudi, tandis qu’il marchait sous les colonnes de «l’aile ouest». Obama entend bien désormais importer l’arsenal de nouveaux médias utilisés pendant la campagne à la Maison Blanche. L’adresse hebdomadaire à la nation traditionnellement enregistrée et radiodiffusée sous les autres présidents est désormais mise en ligne sur le site rénové de la Maison Blanche et sur YouTube. Samedi dernier, Obama expliquait sur la vidéo son plan de relance de 825 milliards de dollars (640 milliards d’euros). Macon Phillips, le directeur des nouveaux médias explique les nouvelles priorités sur le blog de la Maison Blanche: transparence et participation. A quand la télé réalité de la présidence? Jeudi, le couple présidentiel est sorti de la Maison Blanche vers 8h15 du matin pour visiter l'école de leur fille Sasha. La veille, Obama avait publiquement charrié l’administration de l’école, celle-ci ayant décidé d’annuler les cours pour cause de «temps hivernal»: «Nous allons appliquer la rigueur impitoyable de Chicago à cette ville», dixit celui qui se promène en bras de chemise dans la chaleur de la Maison Blanche.
Laura Desjardins
jeudi 29 janvier 2009
Obama, président et prof d’anglais
Courrier international, Obama, président et prof d’anglais
Apprendre l’anglais avec Obama ? Yes, we can ! Les discours du président avec traduction en nippon et en CD font un tabac au Japon, rapporte le site du Mainichi Daily News. En deux mois, The Speeches of Barack Obama se sont vendus à plus de 400 000 exemplaires. L’ouvrage caracole en tête des ventes sur le site japonais d’Amazon, indique Reuters. “[…] Les discours d’Obama sont tellement émouvants, et il utilise des mots comme “yes, we can”, “change” et “hope” que même les Japonais peuvent mémoriser”, s’enthousiasme Yuzo Yamamoto, d’Asahi Press, qui édite ce best-seller.
Apprendre l’anglais avec Obama ? Yes, we can ! Les discours du président avec traduction en nippon et en CD font un tabac au Japon, rapporte le site du Mainichi Daily News. En deux mois, The Speeches of Barack Obama se sont vendus à plus de 400 000 exemplaires. L’ouvrage caracole en tête des ventes sur le site japonais d’Amazon, indique Reuters. “[…] Les discours d’Obama sont tellement émouvants, et il utilise des mots comme “yes, we can”, “change” et “hope” que même les Japonais peuvent mémoriser”, s’enthousiasme Yuzo Yamamoto, d’Asahi Press, qui édite ce best-seller.
Barack Obama président courage
Barack Obama président courage ... lobservateur.ma
Abdallah Stouky Le : 2009-01-28
Barack Obama veut emprunter un sentier plein de symboles. Sur les pas de John Kennedy, sur ceux d’Abraham Lincoln principalement. L’un démocrate d’il n’y a pas finalement si longtemps, l’autre est un président républicain aux convictions anti-esclavagistes de légende. Il ne voudrait surtout pas de jaloux : un coup pour son camp, un autre pour le camp adverse. C’est une politique de l’équilibrisme, de la prudence et du centrisme. Il est de bon ton de saluer ce pragmatisme, avec de profonds airs de componction à peine retenue. Les gens qui partout dans le monde, non pas seulement en Amérique, affectent les airs qu’arborent ceux à qui on ne la fait pas, murmurent que l’homme Barack Obama, le quarante-quatrième Président des Etats-Unis d’Amérique est un homme habile, roué même. Un calculateur hors pair, qui en plus sait se faire entourer et est très économe de ses promesses - ces choses qui ne font vraiment plaisir qu’à ceux qui les donnent.Entre début novembre dernier et cette semaine au cours de laquelle le nouveau président américain entre solennement dans sa nouvelle demeure toute blanche à Washington D.C., où il disposera de l’immense pouvoir que lui confère sa position à la tête du pays le plus puissant du monde, il aura fait une transition de qualité. L’industrie, l’agriculture, le commerce, la technologie, l’intellect, la recherche scientifique et tout le reste sont les atouts majeurs d’une nation toute tournée vers l’avenir et qui montre, sur beaucoup de plans, le sens de l’avenir du monde. L’Amérique du Nord que prend en charge désormais le noir (ou le métis, comme on souhaite le qualifier), est, bien sûr, loin d’être le royaume de la félicité et des performances. On sait que les Américains ont l’exaspérante habitude de se parer de toutes les vertus, avec souvent une propension à l’auto-adulation. Cette image d’eux-mêmes (les yankees) sur fond de contentement de soi - jusqu’à la puérilité des fois - a vite fait de se transformer en attraits irrésistibles sur une partie du monde, qui voyait en les neveux de l’Oncle Sam le parangon de toutes les qualités. La fascination qui a opéré depuis un siècle et demi pratiquement a fait chavirer une partie de l’humanité dans une américano-mania excessive, qui ne voulait pas ou ne pouvait pas se regarder vraiment telle qu’elle est. Une autre partie de cette même humanité ne voulait voir que l’envers cruel du décor chez ce peuple, né il y a peu de siècles, paraissant porter, allègrement et avec satisfaction, l’épithète de «peuple neuf». Par rapport à quoi et à qui ? A tous les autres de la planète, ceux des civilisations de la Méditerranée, de l’Asie et bien sûr de la Vieille Europe. Il est symptomatique que jamais la comparaison ne se fait avec ces peuples américains que le rouleau compresseur post-colombien a fait passer du stade épars et grégaire à celui d’une situation précaire et résiduelle. On en sait beaucoup sur les Indiens peaux-rouges et sur toutes leurs douloureuses pérégrinations (confinés dans des réserves, parqués en marge de la société américaine, etc.), pour qu’il soit nécessaire de s’étendre ici sur cet aspect des choses. L’affrontement des WASP avec tous les autres passe aujourd’hui par la prolifération remarquable de ceux qu’on appelle «les latinos», devenus la deuxième communauté des USA, avant même les noirs. L’édification du mur de séparation entre les Etats-Unis d’Amérique et le Mexique, grosso modo le long du Rio Grande, n’endiguera pas ce flux du sud d’ici à demain. Le quarante-quatrième président trouve un pays, qui par sa population et par son étendue, est sûrement prêt non seulement à relever tous les défis auquel il est confronté en cette première décennie du siècle nouveau, celui du vingt et unième, mais également d’affronter le péril du renversement positif des valeurs. En tout cas, il nous semble que sous la conduite de Barack Obama, épaulé par une équipe gouvernementale multicolore politiquement, soutenu par un congrès où les démocrates sont assez nombreux pour servir concrètement le chef de l’Etat, des choses importantes se produiront et auront des échos au-delà même de l’attente. Mais, s’il est permis de penser que le nouveau patron de l’exécutif s’occupera activement du volet extérieur de la politique américaine, ne serait-ce qu’en raison du legs désastreux de son prédécesseur républicain, il ne voudra pas, avant plusieurs mois, s’occuper d’autre chose que tout ce qui concerne le domestique. Mettre de l’ordre dans la maison ébranlée, dans ses fondements mêmes, par un Georges Walker Bush irraisonnable jusqu’au suicide. Il faudra à Barack Obama une bonne moitié de mandat -au moins- pour faire sortir l’Amérique des affres dans lesquelles elle se débat. Peut-être que le Président pourra avoir, lui aussi, des rêves d’imperium à son tour, mais gageons que cela n’atteindra jamais les délires de celui qui quitte, sous les huées, le bureau ovale. Des guerres à répétitions interventionnistes et criminelles, des manquements gravissimes aux droits humains, une politique aberrante dans l’esprit bien compris du nécessaire équilibre écologique de la planète, et j’en passe, font que Barack Obama aura assurément un bon délai de grâce. Assez facilement, mais il devra néanmoins s’armer de beaucoup de courage, d’audace… Jusqu’à présent, il aura fait un «sans faute» remarquable. Mettra-t-il ses pas dans ceux du grand Luther King tout simplement. C'est-à-dire d’une démocratie véritable pour l’Amérique qui gommerait les clivages pour instaurer, pour installer ad ?ternam, l’égalitarisme dans la patrie de Georges Washington - qui en a bien besoin, malgré qu’elle a pu terrasser l’ogre soviétique, d’une manière soft, depuis les années surprenantes de Ronald Reagan. Pour devenir sans conteste le chef de file du monde, les USA doivent commencer à faire le ménage, en premier, chez eux. Avant de s’occuper des affaires du monde. Espérons que le locataire actuel s’y attellera en priorité, fort sérieusement …
Abdallah Stouky Le : 2009-01-28
Barack Obama veut emprunter un sentier plein de symboles. Sur les pas de John Kennedy, sur ceux d’Abraham Lincoln principalement. L’un démocrate d’il n’y a pas finalement si longtemps, l’autre est un président républicain aux convictions anti-esclavagistes de légende. Il ne voudrait surtout pas de jaloux : un coup pour son camp, un autre pour le camp adverse. C’est une politique de l’équilibrisme, de la prudence et du centrisme. Il est de bon ton de saluer ce pragmatisme, avec de profonds airs de componction à peine retenue. Les gens qui partout dans le monde, non pas seulement en Amérique, affectent les airs qu’arborent ceux à qui on ne la fait pas, murmurent que l’homme Barack Obama, le quarante-quatrième Président des Etats-Unis d’Amérique est un homme habile, roué même. Un calculateur hors pair, qui en plus sait se faire entourer et est très économe de ses promesses - ces choses qui ne font vraiment plaisir qu’à ceux qui les donnent.Entre début novembre dernier et cette semaine au cours de laquelle le nouveau président américain entre solennement dans sa nouvelle demeure toute blanche à Washington D.C., où il disposera de l’immense pouvoir que lui confère sa position à la tête du pays le plus puissant du monde, il aura fait une transition de qualité. L’industrie, l’agriculture, le commerce, la technologie, l’intellect, la recherche scientifique et tout le reste sont les atouts majeurs d’une nation toute tournée vers l’avenir et qui montre, sur beaucoup de plans, le sens de l’avenir du monde. L’Amérique du Nord que prend en charge désormais le noir (ou le métis, comme on souhaite le qualifier), est, bien sûr, loin d’être le royaume de la félicité et des performances. On sait que les Américains ont l’exaspérante habitude de se parer de toutes les vertus, avec souvent une propension à l’auto-adulation. Cette image d’eux-mêmes (les yankees) sur fond de contentement de soi - jusqu’à la puérilité des fois - a vite fait de se transformer en attraits irrésistibles sur une partie du monde, qui voyait en les neveux de l’Oncle Sam le parangon de toutes les qualités. La fascination qui a opéré depuis un siècle et demi pratiquement a fait chavirer une partie de l’humanité dans une américano-mania excessive, qui ne voulait pas ou ne pouvait pas se regarder vraiment telle qu’elle est. Une autre partie de cette même humanité ne voulait voir que l’envers cruel du décor chez ce peuple, né il y a peu de siècles, paraissant porter, allègrement et avec satisfaction, l’épithète de «peuple neuf». Par rapport à quoi et à qui ? A tous les autres de la planète, ceux des civilisations de la Méditerranée, de l’Asie et bien sûr de la Vieille Europe. Il est symptomatique que jamais la comparaison ne se fait avec ces peuples américains que le rouleau compresseur post-colombien a fait passer du stade épars et grégaire à celui d’une situation précaire et résiduelle. On en sait beaucoup sur les Indiens peaux-rouges et sur toutes leurs douloureuses pérégrinations (confinés dans des réserves, parqués en marge de la société américaine, etc.), pour qu’il soit nécessaire de s’étendre ici sur cet aspect des choses. L’affrontement des WASP avec tous les autres passe aujourd’hui par la prolifération remarquable de ceux qu’on appelle «les latinos», devenus la deuxième communauté des USA, avant même les noirs. L’édification du mur de séparation entre les Etats-Unis d’Amérique et le Mexique, grosso modo le long du Rio Grande, n’endiguera pas ce flux du sud d’ici à demain. Le quarante-quatrième président trouve un pays, qui par sa population et par son étendue, est sûrement prêt non seulement à relever tous les défis auquel il est confronté en cette première décennie du siècle nouveau, celui du vingt et unième, mais également d’affronter le péril du renversement positif des valeurs. En tout cas, il nous semble que sous la conduite de Barack Obama, épaulé par une équipe gouvernementale multicolore politiquement, soutenu par un congrès où les démocrates sont assez nombreux pour servir concrètement le chef de l’Etat, des choses importantes se produiront et auront des échos au-delà même de l’attente. Mais, s’il est permis de penser que le nouveau patron de l’exécutif s’occupera activement du volet extérieur de la politique américaine, ne serait-ce qu’en raison du legs désastreux de son prédécesseur républicain, il ne voudra pas, avant plusieurs mois, s’occuper d’autre chose que tout ce qui concerne le domestique. Mettre de l’ordre dans la maison ébranlée, dans ses fondements mêmes, par un Georges Walker Bush irraisonnable jusqu’au suicide. Il faudra à Barack Obama une bonne moitié de mandat -au moins- pour faire sortir l’Amérique des affres dans lesquelles elle se débat. Peut-être que le Président pourra avoir, lui aussi, des rêves d’imperium à son tour, mais gageons que cela n’atteindra jamais les délires de celui qui quitte, sous les huées, le bureau ovale. Des guerres à répétitions interventionnistes et criminelles, des manquements gravissimes aux droits humains, une politique aberrante dans l’esprit bien compris du nécessaire équilibre écologique de la planète, et j’en passe, font que Barack Obama aura assurément un bon délai de grâce. Assez facilement, mais il devra néanmoins s’armer de beaucoup de courage, d’audace… Jusqu’à présent, il aura fait un «sans faute» remarquable. Mettra-t-il ses pas dans ceux du grand Luther King tout simplement. C'est-à-dire d’une démocratie véritable pour l’Amérique qui gommerait les clivages pour instaurer, pour installer ad ?ternam, l’égalitarisme dans la patrie de Georges Washington - qui en a bien besoin, malgré qu’elle a pu terrasser l’ogre soviétique, d’une manière soft, depuis les années surprenantes de Ronald Reagan. Pour devenir sans conteste le chef de file du monde, les USA doivent commencer à faire le ménage, en premier, chez eux. Avant de s’occuper des affaires du monde. Espérons que le locataire actuel s’y attellera en priorité, fort sérieusement …
mercredi 28 janvier 2009
Barack Obama prend ses premières mesures pour réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis
Barack Obama prend ses premières mesures pour réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis
Actu-Environnement.com - 28/01/2009
Une semaine après son investiture, le nouveau Président des Eta
ts-Unis Barack Obama a présenté de nombreuses mesures en faveur des économies d'énergies et des énergies renouvelables. Une politique radicalement opposée à l'administration précédente.
À l'occasion d'une intervention à la Maison Blanche, le 26 janvier, le président américain Barack Obama a confirmé sa volonté de réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis surtout vis-à-vis du pétrole. À une époque de grands défis pour l'Amérique, pas une seule question est aussi fondamentale pour notre avenir que l'énergie. La dépendance à l'égard du pétrole est l'une des graves menaces auxquelles notre nation doit faire face, a-t-il déclaré. Le Président a par conséquent demandé à son département des transports d'établir des niveaux d'efficacité énergétique plus élevés pour les constructeurs automobiles américains afin de réduire la consommation des nouveaux modèles d'ici 2011. Cela permettra de stimuler l'innovation nécessaire pour faire en sorte que notre industrie de l'automobile évolue au rythme des concurrents dans le monde entier, justifie Barack Obama. Le Congrès a déjà adopté une loi pour réduire les normes de consommation à 7 litres aux 100 km d'ici à 2020 soit 40% de moins qu'à l'heure actuelle.
Pour le bien de notre sécurité, notre économie et de notre planète, nous devons avoir le courage et la volonté de changement - Barack Obama
Le nouveau Président appelle également l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) à accéder à la demande de la Californie et d'une douzaine d'autres Etats de renforcer les normes d'émission de gaz à effet de serre au-delà de la norme nationale. La Californie avait voté en 2002 une loi imposant aux constructeurs automobiles de réduire de 30% entre 2009 et 2016 les émissions polluantes des voitures. Mais l'EPA n'avait pas accordé cette dérogation. La Californie a démontré un leadership audacieux par le biais de ses efforts visant à forger des normes du 21ème siècle, et plus d'une douzaine d'États ont suivi son exemple. Mais au lieu de servir de partenaire, Washington s'est mis sur sa route, a rappelé le Président américain. Mais les jours où Washington traîne les talons ne sont plus. Pour le bien de notre sécurité, notre économie et de notre planète, nous devons avoir le courage et la volonté de changement, a-t-il ajouté. À cette annonce, le Gouverneur de la Californie Arnold Schwarzenegger a fait part de sa satisfaction : avec cette annonce du Président Obama moins d'une semaine après son investiture, il est clair que la Californie et l'environnement ont maintenant un allié fort dans la Maison Blanche.La lutte contre les changements climatiques fait en effet partie du programme du nouveau président. Un plan d'action présenté sur le site de la Maison Blanche prévoit d'aider à créer cinq millions de nouveaux emplois en investissant 150 milliards de dollars au cours des dix prochaines années afin de catalyser les efforts privés pour construire un avenir énergétique propre. Le plan prévoit également de mettre 1 million de voitures hybrides sur les routes d'ici à 2015 et de créer un nouveau crédit d'impôt de 7.000 dollars pour l'achat de véhicules propres. Côté production d'énergie, le pays prévoit d'augmenter la part d'électricité provenant de sources renouvelables à 10% d'ici 2012 et 25% d'ici 2025 et de développer et déployer la technologie du charbon propre. Enfin, les Etats-Unis envisagent de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% d'ici 2050 et de devenir le chef de file sur les changements climatiques.Mais je ne peux pas promettre une solution rapide, prévient Barack Obama. Aucune technologie unique ou ensemble de règlements n'assurera que le travail sera fait, ajoute-t-il. Pour l'aider dans sa tâche, le nouveau Président s'est entouré d'experts : il a notamment nommé Steven Chu, partisan des énergies renouvelables, au poste de Secrétaire à l'Energie et sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, vient de nommer Todd Stern, avocat et expert des questions de l'environnement du centre de recherche de Washington Center for American Progress, au poste d'émissaire chargé du réchauffement climatique.
F.ROUSSEL
Actu-Environnement.com - 28/01/2009
Une semaine après son investiture, le nouveau Président des Eta
ts-Unis Barack Obama a présenté de nombreuses mesures en faveur des économies d'énergies et des énergies renouvelables. Une politique radicalement opposée à l'administration précédente.À l'occasion d'une intervention à la Maison Blanche, le 26 janvier, le président américain Barack Obama a confirmé sa volonté de réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis surtout vis-à-vis du pétrole. À une époque de grands défis pour l'Amérique, pas une seule question est aussi fondamentale pour notre avenir que l'énergie. La dépendance à l'égard du pétrole est l'une des graves menaces auxquelles notre nation doit faire face, a-t-il déclaré. Le Président a par conséquent demandé à son département des transports d'établir des niveaux d'efficacité énergétique plus élevés pour les constructeurs automobiles américains afin de réduire la consommation des nouveaux modèles d'ici 2011. Cela permettra de stimuler l'innovation nécessaire pour faire en sorte que notre industrie de l'automobile évolue au rythme des concurrents dans le monde entier, justifie Barack Obama. Le Congrès a déjà adopté une loi pour réduire les normes de consommation à 7 litres aux 100 km d'ici à 2020 soit 40% de moins qu'à l'heure actuelle.
Pour le bien de notre sécurité, notre économie et de notre planète, nous devons avoir le courage et la volonté de changement - Barack Obama
Le nouveau Président appelle également l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) à accéder à la demande de la Californie et d'une douzaine d'autres Etats de renforcer les normes d'émission de gaz à effet de serre au-delà de la norme nationale. La Californie avait voté en 2002 une loi imposant aux constructeurs automobiles de réduire de 30% entre 2009 et 2016 les émissions polluantes des voitures. Mais l'EPA n'avait pas accordé cette dérogation. La Californie a démontré un leadership audacieux par le biais de ses efforts visant à forger des normes du 21ème siècle, et plus d'une douzaine d'États ont suivi son exemple. Mais au lieu de servir de partenaire, Washington s'est mis sur sa route, a rappelé le Président américain. Mais les jours où Washington traîne les talons ne sont plus. Pour le bien de notre sécurité, notre économie et de notre planète, nous devons avoir le courage et la volonté de changement, a-t-il ajouté. À cette annonce, le Gouverneur de la Californie Arnold Schwarzenegger a fait part de sa satisfaction : avec cette annonce du Président Obama moins d'une semaine après son investiture, il est clair que la Californie et l'environnement ont maintenant un allié fort dans la Maison Blanche.La lutte contre les changements climatiques fait en effet partie du programme du nouveau président. Un plan d'action présenté sur le site de la Maison Blanche prévoit d'aider à créer cinq millions de nouveaux emplois en investissant 150 milliards de dollars au cours des dix prochaines années afin de catalyser les efforts privés pour construire un avenir énergétique propre. Le plan prévoit également de mettre 1 million de voitures hybrides sur les routes d'ici à 2015 et de créer un nouveau crédit d'impôt de 7.000 dollars pour l'achat de véhicules propres. Côté production d'énergie, le pays prévoit d'augmenter la part d'électricité provenant de sources renouvelables à 10% d'ici 2012 et 25% d'ici 2025 et de développer et déployer la technologie du charbon propre. Enfin, les Etats-Unis envisagent de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% d'ici 2050 et de devenir le chef de file sur les changements climatiques.Mais je ne peux pas promettre une solution rapide, prévient Barack Obama. Aucune technologie unique ou ensemble de règlements n'assurera que le travail sera fait, ajoute-t-il. Pour l'aider dans sa tâche, le nouveau Président s'est entouré d'experts : il a notamment nommé Steven Chu, partisan des énergies renouvelables, au poste de Secrétaire à l'Energie et sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, vient de nommer Todd Stern, avocat et expert des questions de l'environnement du centre de recherche de Washington Center for American Progress, au poste d'émissaire chargé du réchauffement climatique.
F.ROUSSEL
L'Iran répond aux propositions de Barack Obama - Amériques - Le Monde.fr
L'Iran répond aux propositions de Barack Obama - Amériques - Le Monde.fr
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, demande, mercredi 28 janvier, à Barack Obama de s'excuser pour les "crimes" commis selon lui par les Etats-Unis contre l'Iran. Dans un discours dans la ville de Kermanshah, le président iranien a énuméré toute une liste de griefs contre les Etats-Unis remontant jusqu'à leur organisation d'un coup d'Etat en 1953 pour renverser le premier ministre de l'époque, Mohammad Mossadegh. Il a aussi mentionné l'opposition de Washington à la révolution islamique de 1970 ou son soutien à l'Irak dans la guerre engagée par Bagdad contre l'Iran.
M. Ahmadinejad appelle Washington à "respecter les peuples", à "ne plus s'ingérer dans les affaires des autres peuples", à "mettre un terme au soutien aux sionistes sans racines, illégaux et fantoches", et enfin à permettre au peuple américain "de décider de son propre sort". L'Iran "accueille favorablement le changement à condition qu'il soit en profondeur", dit le président iranien. Il avertit que si "quelqu'un veut parler avec le peuple iranien avec le même état d'esprit que [l'ex-président George W.] Bush (...) mais avec des mots nouveaux, la réponse de l'Iran sera la même que celle donnée ces dernières années à Bush et ses valets".
M. Obama, qui a pris ses fonctions le 20 janvier, s'est dit prêt à engager un dialogue avec l'Iran si ce dernier "desserre le poing". Sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton a réitéré ce message. Les Etats-Unis et l'Iran n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980. M. Obama s'est dit par le passé favorable à un dialogue sans condition avec l'Iran, mais l'objectif ultime de son administration est le même que celui de la précédente : la nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a indiqué lundi que le but des pressions internationales contre la République islamique était d'"obtenir la fin du programme nucléaire de l'Iran".
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, demande, mercredi 28 janvier, à Barack Obama de s'excuser pour les "crimes" commis selon lui par les Etats-Unis contre l'Iran. Dans un discours dans la ville de Kermanshah, le président iranien a énuméré toute une liste de griefs contre les Etats-Unis remontant jusqu'à leur organisation d'un coup d'Etat en 1953 pour renverser le premier ministre de l'époque, Mohammad Mossadegh. Il a aussi mentionné l'opposition de Washington à la révolution islamique de 1970 ou son soutien à l'Irak dans la guerre engagée par Bagdad contre l'Iran.
M. Ahmadinejad appelle Washington à "respecter les peuples", à "ne plus s'ingérer dans les affaires des autres peuples", à "mettre un terme au soutien aux sionistes sans racines, illégaux et fantoches", et enfin à permettre au peuple américain "de décider de son propre sort". L'Iran "accueille favorablement le changement à condition qu'il soit en profondeur", dit le président iranien. Il avertit que si "quelqu'un veut parler avec le peuple iranien avec le même état d'esprit que [l'ex-président George W.] Bush (...) mais avec des mots nouveaux, la réponse de l'Iran sera la même que celle donnée ces dernières années à Bush et ses valets".
M. Obama, qui a pris ses fonctions le 20 janvier, s'est dit prêt à engager un dialogue avec l'Iran si ce dernier "desserre le poing". Sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton a réitéré ce message. Les Etats-Unis et l'Iran n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980. M. Obama s'est dit par le passé favorable à un dialogue sans condition avec l'Iran, mais l'objectif ultime de son administration est le même que celui de la précédente : la nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a indiqué lundi que le but des pressions internationales contre la République islamique était d'"obtenir la fin du programme nucléaire de l'Iran".
Énergie et climat : le président Obama pose de nouveaux principes audacieux - Médiaterre Amérique du Nord
Un pompier suspendu pour avoir salué Obama pendant le défilé d'investiture
Un pompier suspendu pour avoir salué Obama pendant le défilé d'investiture - Insolite - BUZZ - Men's Up : L'homme au Quotidien
Un pompier américain membre d'une fanfare de l'Ohio (nord) a été ému aux larmes mardi, en apprenant qu'il était suspendu pour six mois de la formation pour avoir salué le président américain Barack Obama pendant le défilé d'investiture à Washington, il y a une semaine.
"Six mois, c'est plutôt sévère, je trouve", a déclaré le pompier John Coleman, tambour dans la fanfare, sur Newsnet 5.
Mais le meneur de la fanfare des pompiers de Cleveland a indiqué que même un simple coup d'oeil en direction du nouveau président aurait été déplacé pour les formations participant aux cérémonies d'investiture.
"Nous avions vu et revu avec les membres de la fanfare le fait qu'il s'agissait d'un défilé militaire. Le protocole et les convenances devaient être respectés à tout moment", a déclaré le chef de la fanfare Mike Engle au journal local Cleveland Plain Dealer.
"Malheureusement, John a choisi d'ignorer ce fait", a-t-il ajouté.
D'autres fanfares se sont plaintes du geste du pompier de l'Ohio, et ce dernier -membre de la formation musicale depuis 17 ans- s'est vu notifier sa suspension dans le bus qui le ramenait de Washington.
Malgré tout, John Coleman a indiqué qu'il ne changerait rien si c'était à refaire.
"Il se trouve que j'ai jeté un oeil et eu un contact visuel avec le président, et j'ai juste fait un signe de la tête et un petit salut de la main", a dit le pompier.
"C'est le président, je ne pouvais tout simplement pas l'ignorer", a-t-il ajouté.
Un pompier américain membre d'une fanfare de l'Ohio (nord) a été ému aux larmes mardi, en apprenant qu'il était suspendu pour six mois de la formation pour avoir salué le président américain Barack Obama pendant le défilé d'investiture à Washington, il y a une semaine.
"Six mois, c'est plutôt sévère, je trouve", a déclaré le pompier John Coleman, tambour dans la fanfare, sur Newsnet 5.
Mais le meneur de la fanfare des pompiers de Cleveland a indiqué que même un simple coup d'oeil en direction du nouveau président aurait été déplacé pour les formations participant aux cérémonies d'investiture.
"Nous avions vu et revu avec les membres de la fanfare le fait qu'il s'agissait d'un défilé militaire. Le protocole et les convenances devaient être respectés à tout moment", a déclaré le chef de la fanfare Mike Engle au journal local Cleveland Plain Dealer.
"Malheureusement, John a choisi d'ignorer ce fait", a-t-il ajouté.
D'autres fanfares se sont plaintes du geste du pompier de l'Ohio, et ce dernier -membre de la formation musicale depuis 17 ans- s'est vu notifier sa suspension dans le bus qui le ramenait de Washington.
Malgré tout, John Coleman a indiqué qu'il ne changerait rien si c'était à refaire.
"Il se trouve que j'ai jeté un oeil et eu un contact visuel avec le président, et j'ai juste fait un signe de la tête et un petit salut de la main", a dit le pompier.
"C'est le président, je ne pouvais tout simplement pas l'ignorer", a-t-il ajouté.
mardi 27 janvier 2009
Obamania et racisme
Obamania et racisme - Opinions - Le Monde.fr
par Pascale P., Historienne
Devant l’« Obamania » qui se joue actuellement sur nos écrans télévisés, il est nécessaire de s’interroger : en quoi son élection est-elle historique ?
N’est-il pas issu du sérail des grandes universités dont provient la majorité des politiques américains ? Est-il de nationalité étrangère ? Est-il issu de l’immigration ? Certes, il a vécu plusieurs années à l’étranger mais n’a-t-il pas été éduqué par sa mère et ses grands parents américains ? En quoi est-il différent des présidents qui l’ont précédé ?
Si l’on s’en tient uniquement aux propos tenus par M. Obama, ses idées ne sont en rien libérales. Selon lui, "la religion constitue un rempart, c'est un fondement quand toutes les autres choses ne vont pas". Il est favorable au droit à l'avortement mais "ceux qui sont opposés à l'avortement devraient pouvoir continuer à contester légalement la loi et essayer de la changer". N’a-t-il pas affirmé, à propos du sida, que l'abstinence sexuelle était une "composante importante" pour prévenir cette maladie ?
Dans le domaine économique, il a non seulement soutenu l’administration Bush dans son plan de relance de l’économie en septembre dernier mais une de ses premières propositions est celle traditionnellement apparentée au parti Républicain comme la baisse des impôts.
Sur le plan diplomatique, il prône la fermeture de la prison de Guantanamo et le retrait des forces américaines d’Irak. Il se positionne ainsi en rupture avec l’administration de son prédécesseur mais ces deux événements étaient de toute manière inéluctables : Si Georges W. Bush ne s’était enferré dans ses propres mensonges, il en aurait fait de même tant le casse-tête juridique posé par l’incarcération de prétendus « terroristes » et le coût exorbitant (en termes humains et financiers) de la guerre en Irak sont importants.
Comme le montre la visite officielle ce mois-ci du vice-président élu à Kaboul et l’annonce de l’envoi de 20.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, M. Obama ne fait que perpétuer la « guerre contre le terrorisme » inaugurée par Georges W. Bush il y a sept ans, déjà. Combien de temps durera-t-elle encore avant que les troupes étrangères ne se retirent ? Que se passera-t-il si le Pakistan ne réussit pas sa transition démocratique ? Que fera-t-on si un nouveau conflit se déclare avec l’Inde ?
Si l’idéologie de M. Barack Obama ainsi que ses projets ne se distinguent en rien de son prédécesseur, pourquoi son élection suscite-t-elle alors un tel enthousiasme ?
Serait-ce en raison de sa couleur de peau ? Le problème est qu’il n’existe pas, d’un point de vue scientifique, de sous-groupes dans l’espèce humaine comme l’ont prouvé la génétique et l’anthropologie physique. Au risque de décevoir certains esprits chagrins, il n’existe qu’une seule et unique race humaine.
M. Obama est un homme. Ce qui le distingue de ses semblables est, non seulement son intelligence, son parcours personnel et professionnel mais aussi –et surtout- son charisme. Parler de son élection comme historique en raison de sa couleur de peau relève tout simplement du racisme.
Quand apprendrons-nous de nos erreurs ? Il est temps d’aller au-delà des questions de couleur de peau et de ne juger une personne qu’en fonction de ses compétences et non de son aspect extérieur.
par Pascale P., Historienne
Devant l’« Obamania » qui se joue actuellement sur nos écrans télévisés, il est nécessaire de s’interroger : en quoi son élection est-elle historique ?
N’est-il pas issu du sérail des grandes universités dont provient la majorité des politiques américains ? Est-il de nationalité étrangère ? Est-il issu de l’immigration ? Certes, il a vécu plusieurs années à l’étranger mais n’a-t-il pas été éduqué par sa mère et ses grands parents américains ? En quoi est-il différent des présidents qui l’ont précédé ?
Si l’on s’en tient uniquement aux propos tenus par M. Obama, ses idées ne sont en rien libérales. Selon lui, "la religion constitue un rempart, c'est un fondement quand toutes les autres choses ne vont pas". Il est favorable au droit à l'avortement mais "ceux qui sont opposés à l'avortement devraient pouvoir continuer à contester légalement la loi et essayer de la changer". N’a-t-il pas affirmé, à propos du sida, que l'abstinence sexuelle était une "composante importante" pour prévenir cette maladie ?
Dans le domaine économique, il a non seulement soutenu l’administration Bush dans son plan de relance de l’économie en septembre dernier mais une de ses premières propositions est celle traditionnellement apparentée au parti Républicain comme la baisse des impôts.
Sur le plan diplomatique, il prône la fermeture de la prison de Guantanamo et le retrait des forces américaines d’Irak. Il se positionne ainsi en rupture avec l’administration de son prédécesseur mais ces deux événements étaient de toute manière inéluctables : Si Georges W. Bush ne s’était enferré dans ses propres mensonges, il en aurait fait de même tant le casse-tête juridique posé par l’incarcération de prétendus « terroristes » et le coût exorbitant (en termes humains et financiers) de la guerre en Irak sont importants.
Comme le montre la visite officielle ce mois-ci du vice-président élu à Kaboul et l’annonce de l’envoi de 20.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, M. Obama ne fait que perpétuer la « guerre contre le terrorisme » inaugurée par Georges W. Bush il y a sept ans, déjà. Combien de temps durera-t-elle encore avant que les troupes étrangères ne se retirent ? Que se passera-t-il si le Pakistan ne réussit pas sa transition démocratique ? Que fera-t-on si un nouveau conflit se déclare avec l’Inde ?
Si l’idéologie de M. Barack Obama ainsi que ses projets ne se distinguent en rien de son prédécesseur, pourquoi son élection suscite-t-elle alors un tel enthousiasme ?
Serait-ce en raison de sa couleur de peau ? Le problème est qu’il n’existe pas, d’un point de vue scientifique, de sous-groupes dans l’espèce humaine comme l’ont prouvé la génétique et l’anthropologie physique. Au risque de décevoir certains esprits chagrins, il n’existe qu’une seule et unique race humaine.
M. Obama est un homme. Ce qui le distingue de ses semblables est, non seulement son intelligence, son parcours personnel et professionnel mais aussi –et surtout- son charisme. Parler de son élection comme historique en raison de sa couleur de peau relève tout simplement du racisme.
Quand apprendrons-nous de nos erreurs ? Il est temps d’aller au-delà des questions de couleur de peau et de ne juger une personne qu’en fonction de ses compétences et non de son aspect extérieur.
La Presse Canadienne: Barack Obama: au Proche-Orient, "trop souvent, les Etats-Unis commencent par dicter les choses"
Clinton: avec Obama, le monde pousse un "soupir de soulagement" - Le Monde.fr
Clinton: avec Obama, le monde pousse un "soupir de soulagement" - Le Monde.fr
La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a estimé mardi que "le monde pousse un grand soupir de soulagement" depuis l'arrivée au pouvoir du président américain Barack Obama, après les "dégâts" provoqués par l'administration Bush.
Qualifiant d'"immense privilège personnel" le fait de diriger la diplomatie américaine en cette période, Mme Clinton a indiqué au cours d'une conférence de presse improvisée que "l'attitude à l'égard du reste du monde" de la nouvelle administration du président Barack Obama avait été reçue très positivement à l'étranger.
"Le monde pousse un grand soupir de soulagement et les gens expriment leur satisfaction au vu de la nouvelle direction qui est donnée" à la politique américaine, a-t-elle déclaré.
"Nous avons beaucoup de dégâts à réparer", a-t-elle ajouté.
La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a estimé mardi que "le monde pousse un grand soupir de soulagement" depuis l'arrivée au pouvoir du président américain Barack Obama, après les "dégâts" provoqués par l'administration Bush.
Qualifiant d'"immense privilège personnel" le fait de diriger la diplomatie américaine en cette période, Mme Clinton a indiqué au cours d'une conférence de presse improvisée que "l'attitude à l'égard du reste du monde" de la nouvelle administration du président Barack Obama avait été reçue très positivement à l'étranger.
"Le monde pousse un grand soupir de soulagement et les gens expriment leur satisfaction au vu de la nouvelle direction qui est donnée" à la politique américaine, a-t-elle déclaré.
"Nous avons beaucoup de dégâts à réparer", a-t-elle ajouté.
lundi 26 janvier 2009
vendredi 23 janvier 2009
Investiture d'Obama - Le jour de gloire est arrivé | France Soir, votre grand Quotidien national
Investiture d'Obama - Le jour de gloire est arrivé France Soir, votre grand Quotidien national
Le moment tant attendu s’est déroulé, hier à midi, sur le marches du Capitole. Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis. Le plus dur commence.
La foule, immense, deux millions d’âmes réunies sur le National Mall. Joie et fierté. Venus du pays tout entier, ils veulent apercevoir de leurs yeux le 44e président prêtant serment, et pouvoir dire, plus tard, qu’ils ont, eux aussi, fait partie de ce jour historique. Le froid n’altère en rien leur courage, la voix d’Aretha Franklin se chargera de réchauffer les cœurs.
La page se tourne. Hail to The Chief résonne une dernière fois pour George W. Bush. Et les clameurs s’élèvent. Barack Obama apparaît enfin, arrivé directement de la Maison-Blanche. Un peu plus tôt, son prédécesseur l’avait accueilli avec sa femme. Les voilà réunis sur les marches du Capitole. Derrière eux, Michelle et Laura, nouvelle et ancienne premières dames. Dans les tribunes, les visages souriants appartiennent aux gouverneurs, sénateurs, membres de la Cour suprême, et figures emblématiques d’un ancien pouvoir, Bush père, Bill Clinton, Al Gore… Le pasteur Rick Warren donne l’invocation religieuse et les visages se ferment, les paumes se tournent vers le ciel. Des prières.
Sauvegarder, protéger, défendre
L’histoire commence véritablement à midi, heure locale. Obama avance comme le monde observe, pose sa main sur la même bible qu’Abraham Lincoln en 1861, non pas tenue par le premier juge de la Cour suprême, John G. Roberts Jr., mais par Michelle Obama elle-même. Le serment débute, le démocrate écorche quelques mots : « Je, Barack Hussein Obama, jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des Etats-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis. So help me God. » L’image fera le tour du monde, puisque c’est désormais officiel : Barack Obama est président.
Son discours, tant attendu, se veut lui aussi solennel. La bannière étoilée brille au revers de son manteau ; le soleil éclaire Washington, il luit aux quatre coins des Etats-Unis, de Harlem à Los Angeles en passant par Chicago, son ancienne ville, ou Memphis. Mais Obama veut tempérer les esprits, comme il l’a fait depuis son élection en novembre. L’excitation entourant son investiture est trop exceptionnelle, les attentes sont trop importantes. La retombée sera forcément difficile et il convient d’insister auprès des cœurs américains : la tâche sera longue, ardue. « Je vous dis aujourd’hui que les défis auxquels nous sommes confrontés sont réels, ils sont graves et nombreux, lance-t-il à la foule. Ils ne seront pas relevés facilement ni rapidement. Mais sache, Amérique, qu’ils le seront. »
Bon voyage
Et le voilà d’établir la liste des défis à relever par sa nation en guerre, sa nation en crise. Il s’engage à faire preuve de responsabilité dans le rapatriement des forces déployées en Irak comme il promet de ramener la paix en Afghanistan. Le travail l’attend, mais Obama refuse de voir son « voyage », ce parcours qui devrait bouleverser la société américaine, s’achever ici. L’histoire débute sur les marches du Capitole et se poursuit dans les rues de Washington, où le nouveau président salue les admirateurs. Sa parade n’est pas un tour d’honneur. George W. Bush, désormais désigné comme l’ancien président, s’envole direction le Texas. L’un reste, l’autre part. Un voyage débute comme un autre se termine. Tout ira mieux, Barack Obama l’assure.
Discours
« Aujourd’hui, nous sommes rassemblés car nous avons choisi l’espoir plutôt que la peur, la volonté d’agir en commun plutôt que le conflit et la discorde. »« Je remercie le président Bush pour avoir servi notre nation, pour sa générosité et sa coopération tout au long de la période de transition. »« Un pays ne peut prospérer longtemps en ne favorisant que les plus prospères. »« Nous allons commencer à laisser l’Irak à son peuple de façon responsable et forger une paix durement gagnée en Afghanistan. »« Au monde musulman, (je propose) d’aller de l’avant, afin d’établir une nouvelle relation fondée sur l’intérêt et le respect mutuel. »« En réaffirmant la magnificence de notre nation, nous comprenons que cette magnificence n’est jamais acquise. Elle doit être gagnée. »« Sachez que l’Amérique est un ami pour chaque pays (…) qui tend vers un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à prendre la tête, une fois encore. »« Les Etats-Unis vont travailler sans relâche pour faire reculer le spectre du réchauffement de la planète. »
Le moment tant attendu s’est déroulé, hier à midi, sur le marches du Capitole. Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis. Le plus dur commence.
La foule, immense, deux millions d’âmes réunies sur le National Mall. Joie et fierté. Venus du pays tout entier, ils veulent apercevoir de leurs yeux le 44e président prêtant serment, et pouvoir dire, plus tard, qu’ils ont, eux aussi, fait partie de ce jour historique. Le froid n’altère en rien leur courage, la voix d’Aretha Franklin se chargera de réchauffer les cœurs.
La page se tourne. Hail to The Chief résonne une dernière fois pour George W. Bush. Et les clameurs s’élèvent. Barack Obama apparaît enfin, arrivé directement de la Maison-Blanche. Un peu plus tôt, son prédécesseur l’avait accueilli avec sa femme. Les voilà réunis sur les marches du Capitole. Derrière eux, Michelle et Laura, nouvelle et ancienne premières dames. Dans les tribunes, les visages souriants appartiennent aux gouverneurs, sénateurs, membres de la Cour suprême, et figures emblématiques d’un ancien pouvoir, Bush père, Bill Clinton, Al Gore… Le pasteur Rick Warren donne l’invocation religieuse et les visages se ferment, les paumes se tournent vers le ciel. Des prières.
Sauvegarder, protéger, défendre
L’histoire commence véritablement à midi, heure locale. Obama avance comme le monde observe, pose sa main sur la même bible qu’Abraham Lincoln en 1861, non pas tenue par le premier juge de la Cour suprême, John G. Roberts Jr., mais par Michelle Obama elle-même. Le serment débute, le démocrate écorche quelques mots : « Je, Barack Hussein Obama, jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des Etats-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis. So help me God. » L’image fera le tour du monde, puisque c’est désormais officiel : Barack Obama est président.
Son discours, tant attendu, se veut lui aussi solennel. La bannière étoilée brille au revers de son manteau ; le soleil éclaire Washington, il luit aux quatre coins des Etats-Unis, de Harlem à Los Angeles en passant par Chicago, son ancienne ville, ou Memphis. Mais Obama veut tempérer les esprits, comme il l’a fait depuis son élection en novembre. L’excitation entourant son investiture est trop exceptionnelle, les attentes sont trop importantes. La retombée sera forcément difficile et il convient d’insister auprès des cœurs américains : la tâche sera longue, ardue. « Je vous dis aujourd’hui que les défis auxquels nous sommes confrontés sont réels, ils sont graves et nombreux, lance-t-il à la foule. Ils ne seront pas relevés facilement ni rapidement. Mais sache, Amérique, qu’ils le seront. »
Bon voyage
Et le voilà d’établir la liste des défis à relever par sa nation en guerre, sa nation en crise. Il s’engage à faire preuve de responsabilité dans le rapatriement des forces déployées en Irak comme il promet de ramener la paix en Afghanistan. Le travail l’attend, mais Obama refuse de voir son « voyage », ce parcours qui devrait bouleverser la société américaine, s’achever ici. L’histoire débute sur les marches du Capitole et se poursuit dans les rues de Washington, où le nouveau président salue les admirateurs. Sa parade n’est pas un tour d’honneur. George W. Bush, désormais désigné comme l’ancien président, s’envole direction le Texas. L’un reste, l’autre part. Un voyage débute comme un autre se termine. Tout ira mieux, Barack Obama l’assure.
Discours
« Aujourd’hui, nous sommes rassemblés car nous avons choisi l’espoir plutôt que la peur, la volonté d’agir en commun plutôt que le conflit et la discorde. »« Je remercie le président Bush pour avoir servi notre nation, pour sa générosité et sa coopération tout au long de la période de transition. »« Un pays ne peut prospérer longtemps en ne favorisant que les plus prospères. »« Nous allons commencer à laisser l’Irak à son peuple de façon responsable et forger une paix durement gagnée en Afghanistan. »« Au monde musulman, (je propose) d’aller de l’avant, afin d’établir une nouvelle relation fondée sur l’intérêt et le respect mutuel. »« En réaffirmant la magnificence de notre nation, nous comprenons que cette magnificence n’est jamais acquise. Elle doit être gagnée. »« Sachez que l’Amérique est un ami pour chaque pays (…) qui tend vers un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à prendre la tête, une fois encore. »« Les Etats-Unis vont travailler sans relâche pour faire reculer le spectre du réchauffement de la planète. »
Le poème de l'investiture d'Obama: «Praise song for the day...» - En vidéo, en VO, en VF
Le poème de l'investiture d'Obama: «Praise song for the day...» - En vidéo, en VO, en VF
Chant d'éloge du jour
Chaque jour nous vaquons à nos activités, marchant les uns devant les autres, croisant ou non les regards des autres, sur le point de parler ou parlant. Tout de nous est bruit. Tout de nous est bruit et ronce, épine et vacarme, chacun de nos ancêtres sur nos langues. Quelqu'un répare un filet, reprise un uniforme, regonfle un pneu, répare les choses qui en ont besoin.
Quelqu'un quelque part essaie de faire de la musique avec des cuillères en bois sur un bidon de pétrole avec violoncelle, radiocassette, harmonica, voix.
Une femme et son fils attendent le bus.
Un fermier regarde le ciel changeant; un professeur dit «Prenez vos stylos. Commencez.»
Nous nous rencontrons dans les mots, des mots épineux ou lisses, murmurés ou déclamés; des mots à considérer, à reconsidérer.
Nous traversons des chemins de terre battue et des autoroutes qui marquent la volonté de quelqu'un, puis d'autres ensuite qui ont dit «J'ai besoin de voir ce qu'il y a de l'autre côté, je sais qu'il y a mieux en bas de la route».
Nous avons besoin de trouver un endroit où nous sommes en sécurité; nous y marchons sans le voir encore.
Beaucoup sont mort pour ce jour. Chantez les noms des morts qui nous ont amené ici, ceux qui ont posé les voies ferrées, élevé les ponts, construit brique par brique les édifices scintillants qu'ils ont ensuite gardés propre pour y travailler.
Chanson d'éloge pour la lutte, chanson d'éloge du jour. Chanson d'éloge pour chaque signe manuscrit; leur résolution sur des tables de cuisine.
Certains vivent de «Aime ton prochain comme toi-même»
D'autres de «Le premier ne nuit pas» ou «Ne prends pas plus que ce dont tu as besoin»
Et si le mot le plus puissant était l'amour, l'amour au-delà du matériel, filial, national? L'amour qui jette un basin de lumière. L'amour sans besoin de préempter les torts.
Dans les paillettes aiguisées de ce jour, cet air hivernal, tout peut être fait, toute phrase peut commencer
Sur le gouffre, sur le bord, sur le sommet - Chanson d'éloge pour avancer dans cette lumière.
Chant d'éloge du jour
Chaque jour nous vaquons à nos activités, marchant les uns devant les autres, croisant ou non les regards des autres, sur le point de parler ou parlant. Tout de nous est bruit. Tout de nous est bruit et ronce, épine et vacarme, chacun de nos ancêtres sur nos langues. Quelqu'un répare un filet, reprise un uniforme, regonfle un pneu, répare les choses qui en ont besoin.
Quelqu'un quelque part essaie de faire de la musique avec des cuillères en bois sur un bidon de pétrole avec violoncelle, radiocassette, harmonica, voix.
Une femme et son fils attendent le bus.
Un fermier regarde le ciel changeant; un professeur dit «Prenez vos stylos. Commencez.»
Nous nous rencontrons dans les mots, des mots épineux ou lisses, murmurés ou déclamés; des mots à considérer, à reconsidérer.
Nous traversons des chemins de terre battue et des autoroutes qui marquent la volonté de quelqu'un, puis d'autres ensuite qui ont dit «J'ai besoin de voir ce qu'il y a de l'autre côté, je sais qu'il y a mieux en bas de la route».
Nous avons besoin de trouver un endroit où nous sommes en sécurité; nous y marchons sans le voir encore.
Beaucoup sont mort pour ce jour. Chantez les noms des morts qui nous ont amené ici, ceux qui ont posé les voies ferrées, élevé les ponts, construit brique par brique les édifices scintillants qu'ils ont ensuite gardés propre pour y travailler.
Chanson d'éloge pour la lutte, chanson d'éloge du jour. Chanson d'éloge pour chaque signe manuscrit; leur résolution sur des tables de cuisine.
Certains vivent de «Aime ton prochain comme toi-même»
D'autres de «Le premier ne nuit pas» ou «Ne prends pas plus que ce dont tu as besoin»
Et si le mot le plus puissant était l'amour, l'amour au-delà du matériel, filial, national? L'amour qui jette un basin de lumière. L'amour sans besoin de préempter les torts.
Dans les paillettes aiguisées de ce jour, cet air hivernal, tout peut être fait, toute phrase peut commencer
Sur le gouffre, sur le bord, sur le sommet - Chanson d'éloge pour avancer dans cette lumière.
Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy : Obama, sans angélisme, actualité Débats : Le Point
Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy : Obama, sans angélisme, actualité Débats : Le Point
La principale information de la semaine c'est que Barack Obama n'est plus noir. Eh oui. Ainsi vont les Etats-Unis. Ils ont voté pour lui parce qu'il était noir et que son élection allait être le couronnement de la longue marche inaugurée, deux ans après sa naissance, par un « rêve » de Martin Luther King. D'aucuns ont voté contre lui parce qu'il était noir et qu'il restait aux Etats-Unis, malgré la révolution culturelle sans pareille accomplie en un demi-siècle, des réserves de ségrégationnisme et de racisme. Aujourd'hui, la bataille est gagnée. L'âge de la ségrégation d'Etat a basculé dans le passé. Et Barack Obama est juste-conformément, d'ailleurs, au slogan qui l'a lancé, il y a quatre ans, à Boston, lors de son tout premier « grand » discours-le 44e président, non de l'Amérique ceci, ou de l'Amérique cela, mais des Etats-Unis d'Amérique. Restructuration du champ du visible. Fin de la politique conçue comme région de la pigmentologie. Ni black, ni blanc, ni même métis-Obama.
La seconde chose qu'il faudra que nous autres Européens nous mettions, vite, dans la tête, c'est que Barack Obama n'est pas « de gauche ». Il existe, contrairement à la légende, une gauche américaine. Il existe une frange gauche du Parti démocrate qui ne s'est, d'ailleurs, pas ralliée sans réticences ni résistances à celui qui n'était alors que le très charismatique jeune sénateur de l'Illinois. Barack Obama n'en est pas. Barack Obama en est si peu qu'il a nommé aux postes clés des républicains (Robert Gates, maintenu au poste de secrétaire à la Défense ; Ray LaHood, propulsé aux Transports) ou des technocrates ultrapragmatiques (Timothy Geithner au Trésor ; Lawrence Summers, à la tête du Conseil économique ; Peter Orszag, directeur du Bureau de la gestion et du budget) qui n'ont franchement pas grand-chose à voir avec ce que nous appelons, en Europe, la gauche. Barack Obama n'est pas Che Guevara. Barack Obama n'est pas membre d'honneur du Parti socialiste français. Barack Obama-et c'est déjà énorme !-est la rencontre dans un même corps, sur la table à dissection de l'iconologie américaine, de la double âme du King et de JFK.
Troisième niaiserie dont on ose espérer qu'elle nous sera évitée dans l'avalanche des commentaires qui vont, maintenant, déferler : Barack Obama n'est pas, ne sera pas, le président du « déclin de l'empire américain ». Il fermera Guantanamo, naturellement. Il sortira de l'Irak avant la fin de 2011-il s'y est engagé. Il rompra avec l'idéologie d'exportation « messianique » et « forcée » des idéaux démocratiques-c'est probable. Et sans doute usera-t-il même, dans ses relations avec ses alliés, d'une rhétorique empreinte de ce multilatéralisme qui faisait si cruellement défaut à George Bush. Mais que l'on ne compte sur lui, en revanche, ni pour voir l'Amérique battre sa coulpe, ni pour lui faire baisser pavillon face à Chavez ou Ahmadinejad, ni même pour hâter l'avènement de ce monde multipolaire dont rêvent Russes ou Chinois. Les Etats-Unis resteront les Etats-Unis. Les Etats-Unis ne donneront pas de nouvelles verges pour se faire battre par l'antiaméricanisme planétaire. Les Etats-Unis, que cela plaise ou non, feront ce qui est en leur pouvoir pour demeurer, sous Obama, la première puissance économique, politique, militaire, du monde.
Le changement, alors ? En politique intérieure, il se déploiera sur trois terrains principaux. La refonte d'un système d'assurance-santé qui exclut 46 millions d'Américains pauvres et dont se sont accommodés, jusqu'à lui, tous les présidents des Etats-Unis (y compris, hélas, Bill Clinton). Un New Deal néokeynésien visant à reconstruire un réseau d'infrastructures (routes, ponts, digues de La Nouvelle-Orléans, quartiers détruits de Detroit, Cleveland, Buffalo ou même Los Angeles) dont l'état est parfois digne du plus laissé pour compte des pays du tiers-monde. Et puis la réforme d'un système financier dont les observateurs les plus avisés (Nouriel Roubini, Harry Markopolos ou encore le prémonitoire auteur du « Cygne noir », Nassim Nicholas Taleb) hurlaient qu'il menait le monde à la catastrophe mais sans que l'idéologie dérégulatrice ambiante permît qu'ils fussent entendus. Qu'Obama s'attelle à ces trois tâches, qu'il ouvre, sans tarder, ce triple chantier-ce sera, dans l'Amérique d'aujourd'hui, mieux qu'un changement de cap, une révolution.
Et quant à la politique étrangère, enfin, ce que l'on sait des convictions, des déclarations, voire des arrière-pensées du nouveau président incline à croire qu'elle connaîtra, outre l'Irak, deux points d'infléchissement majeurs. Le dossier du Proche-Orient : il n'attendra pas la fin de son second mandat pour, comme Clinton et Bush encore, s'aviser de l'urgence et se lancer dans un sprint final et pathétique pour obtenir, à l'arraché, un impossible accord entre Palestiniens et Israéliens. La question des relations avec le Pakistan : il maintiendra l'alliance ; peut-être même la renforcera-t-il ; mais il rompra avec l'inconditionnalité qui fut de mise sous les trois dernières administrations et fit du « pays des Purs » le pays le plus dangereux de la planète ; il posera des conditions, autrement dit, quant à la sincérité de la lutte contre les éléments d'Al-Qaeda infiltrés dans les services secrets du pays et quant au contrôle d'un arsenal nucléaire dont nul, aujourd'hui, ne peut garantir qu'il ne tombe, du jour au lendemain, aux mains des djihadistes ; et, pour ces deux raisons aussi, l'élection de Barack Obama est une chance pour le monde
La principale information de la semaine c'est que Barack Obama n'est plus noir. Eh oui. Ainsi vont les Etats-Unis. Ils ont voté pour lui parce qu'il était noir et que son élection allait être le couronnement de la longue marche inaugurée, deux ans après sa naissance, par un « rêve » de Martin Luther King. D'aucuns ont voté contre lui parce qu'il était noir et qu'il restait aux Etats-Unis, malgré la révolution culturelle sans pareille accomplie en un demi-siècle, des réserves de ségrégationnisme et de racisme. Aujourd'hui, la bataille est gagnée. L'âge de la ségrégation d'Etat a basculé dans le passé. Et Barack Obama est juste-conformément, d'ailleurs, au slogan qui l'a lancé, il y a quatre ans, à Boston, lors de son tout premier « grand » discours-le 44e président, non de l'Amérique ceci, ou de l'Amérique cela, mais des Etats-Unis d'Amérique. Restructuration du champ du visible. Fin de la politique conçue comme région de la pigmentologie. Ni black, ni blanc, ni même métis-Obama.
La seconde chose qu'il faudra que nous autres Européens nous mettions, vite, dans la tête, c'est que Barack Obama n'est pas « de gauche ». Il existe, contrairement à la légende, une gauche américaine. Il existe une frange gauche du Parti démocrate qui ne s'est, d'ailleurs, pas ralliée sans réticences ni résistances à celui qui n'était alors que le très charismatique jeune sénateur de l'Illinois. Barack Obama n'en est pas. Barack Obama en est si peu qu'il a nommé aux postes clés des républicains (Robert Gates, maintenu au poste de secrétaire à la Défense ; Ray LaHood, propulsé aux Transports) ou des technocrates ultrapragmatiques (Timothy Geithner au Trésor ; Lawrence Summers, à la tête du Conseil économique ; Peter Orszag, directeur du Bureau de la gestion et du budget) qui n'ont franchement pas grand-chose à voir avec ce que nous appelons, en Europe, la gauche. Barack Obama n'est pas Che Guevara. Barack Obama n'est pas membre d'honneur du Parti socialiste français. Barack Obama-et c'est déjà énorme !-est la rencontre dans un même corps, sur la table à dissection de l'iconologie américaine, de la double âme du King et de JFK.
Troisième niaiserie dont on ose espérer qu'elle nous sera évitée dans l'avalanche des commentaires qui vont, maintenant, déferler : Barack Obama n'est pas, ne sera pas, le président du « déclin de l'empire américain ». Il fermera Guantanamo, naturellement. Il sortira de l'Irak avant la fin de 2011-il s'y est engagé. Il rompra avec l'idéologie d'exportation « messianique » et « forcée » des idéaux démocratiques-c'est probable. Et sans doute usera-t-il même, dans ses relations avec ses alliés, d'une rhétorique empreinte de ce multilatéralisme qui faisait si cruellement défaut à George Bush. Mais que l'on ne compte sur lui, en revanche, ni pour voir l'Amérique battre sa coulpe, ni pour lui faire baisser pavillon face à Chavez ou Ahmadinejad, ni même pour hâter l'avènement de ce monde multipolaire dont rêvent Russes ou Chinois. Les Etats-Unis resteront les Etats-Unis. Les Etats-Unis ne donneront pas de nouvelles verges pour se faire battre par l'antiaméricanisme planétaire. Les Etats-Unis, que cela plaise ou non, feront ce qui est en leur pouvoir pour demeurer, sous Obama, la première puissance économique, politique, militaire, du monde.
Le changement, alors ? En politique intérieure, il se déploiera sur trois terrains principaux. La refonte d'un système d'assurance-santé qui exclut 46 millions d'Américains pauvres et dont se sont accommodés, jusqu'à lui, tous les présidents des Etats-Unis (y compris, hélas, Bill Clinton). Un New Deal néokeynésien visant à reconstruire un réseau d'infrastructures (routes, ponts, digues de La Nouvelle-Orléans, quartiers détruits de Detroit, Cleveland, Buffalo ou même Los Angeles) dont l'état est parfois digne du plus laissé pour compte des pays du tiers-monde. Et puis la réforme d'un système financier dont les observateurs les plus avisés (Nouriel Roubini, Harry Markopolos ou encore le prémonitoire auteur du « Cygne noir », Nassim Nicholas Taleb) hurlaient qu'il menait le monde à la catastrophe mais sans que l'idéologie dérégulatrice ambiante permît qu'ils fussent entendus. Qu'Obama s'attelle à ces trois tâches, qu'il ouvre, sans tarder, ce triple chantier-ce sera, dans l'Amérique d'aujourd'hui, mieux qu'un changement de cap, une révolution.
Et quant à la politique étrangère, enfin, ce que l'on sait des convictions, des déclarations, voire des arrière-pensées du nouveau président incline à croire qu'elle connaîtra, outre l'Irak, deux points d'infléchissement majeurs. Le dossier du Proche-Orient : il n'attendra pas la fin de son second mandat pour, comme Clinton et Bush encore, s'aviser de l'urgence et se lancer dans un sprint final et pathétique pour obtenir, à l'arraché, un impossible accord entre Palestiniens et Israéliens. La question des relations avec le Pakistan : il maintiendra l'alliance ; peut-être même la renforcera-t-il ; mais il rompra avec l'inconditionnalité qui fut de mise sous les trois dernières administrations et fit du « pays des Purs » le pays le plus dangereux de la planète ; il posera des conditions, autrement dit, quant à la sincérité de la lutte contre les éléments d'Al-Qaeda infiltrés dans les services secrets du pays et quant au contrôle d'un arsenal nucléaire dont nul, aujourd'hui, ne peut garantir qu'il ne tombe, du jour au lendemain, aux mains des djihadistes ; et, pour ces deux raisons aussi, l'élection de Barack Obama est une chance pour le monde
Obama et le monde : un ton nouveau
ouest-france.fr - Obama et le monde : un ton nouveau
Avec Barack Obama, « l'Amérique est de retour ». Mais elle l'est d'une tout autre façon que celle de Ronald Reagan, qui usa, naguère, de ce slogan pour célébrer l'avènement d'une longue ère conservatrice. Le nouvel hôte de la Maison Blanche ne s'attache pas seulement à reconstruire un pays dévasté par la plus grave crise financière et économique des soixante dernières années. Il entend aussi restaurer, vis-à-vis du reste du monde, le crédit moral des États-Unis, ruiné par huit années de pouvoir de George W. Bush.Guantánamo symbolisait ce discrédit. La base où des suspects de terrorisme islamique furent détenus par centaines dans des conditions humaines et juridiques inacceptables sera fermée.Dès le lendemain de son investiture, le Président a donné un autre bon signal en appelant les protagonistes du conflit israélo-arabe, à commencer par Mahmoud Abbas, chef très affaibli de l'Autorité palestinienne. Obama était loin de placer la question du Proche-Orient en tête de ses priorités. Trop risqué, trop compliqué, moins urgent que l'Irak, l'Afghanistan, l'Iran. Les vingt-deux jours d'offensive israélienne à Gaza et l'ampleur du désastre l'ont fait changer d'avis.Sans doute le Président a-t-il tiré la leçon des échecs de ses prédécesseurs. Leurs initiatives de paix avaient tourné court, faute de temps. Ce n'est pas en s'y mettant au dernier moment, comme George Bush à Annapolis, que l'on peut réussir.Le choix de George Mitchell, confirmé cette nuit, comme émissaire spécial au Proche-Orient est de bon augure. L'ancien sénateur, qui fut l'un des artisans de la paix en Irlande du Nord, est aussi l'auteur d'un rapport équilibré sur la manière de résoudre le conflit israélo-palestinien.Barack Obama bénéficie, dans toute cette région, d'un préjugé favorable, qui peut lui donner des marges de manoeuvre. Sa volonté de fonder sur le respect de nouvelles relations avec le monde arabe est appréciée. Sa main tendue à ceux qui acceptent de « desserrer le poing » confirme sa volonté d'engager le dialogue avec « d'anciens ennemis ». L'Iran et la Syrie, par exemple. Mais l'oeuvre est de longue haleine.On ne doit pas, non plus, se faire d'illusions : la nouvelle administration emploiera un ton nouveau, plus respectueux de ses partenaires ; pour autant, elle ne fera pas preuve de faiblesse. Et Washington sera sans doute plus exigeant à l'égard de ses alliés.S'ils veulent éviter d'être marginalisés, les Européens devront serrer les rangs. Ce n'est pas acquis d'avance. Ils ne sont pas enthousiastes à l'idée d'accueillir chez eux d'anciens détenus de Guantánamo. Mais ils l'accepteront sans doute, pour encourager Obama. Ils seront plus réservés si ce dernier leur demande des renforts pour épauler les troupes américaines, lorsqu'elles seront redéployées d'Irak en Afghanistan.Début avril sera le moment de vérité, avec, à Londres, la seconde réunion du G20 sur la réforme du capitalisme, puis, à Strasbourg-Kehl, le sommet de l'Alliance atlantique. Le premier contact direct du nouveau Président avec le Vieux Continent risque de surprendre ceux qui n'auraient pas compris que, sur la scène du monde, l'Amérique d'Obama est décidée à jouer, de nouveau, le premier rôle.
Joseph Limagne
Avec Barack Obama, « l'Amérique est de retour ». Mais elle l'est d'une tout autre façon que celle de Ronald Reagan, qui usa, naguère, de ce slogan pour célébrer l'avènement d'une longue ère conservatrice. Le nouvel hôte de la Maison Blanche ne s'attache pas seulement à reconstruire un pays dévasté par la plus grave crise financière et économique des soixante dernières années. Il entend aussi restaurer, vis-à-vis du reste du monde, le crédit moral des États-Unis, ruiné par huit années de pouvoir de George W. Bush.Guantánamo symbolisait ce discrédit. La base où des suspects de terrorisme islamique furent détenus par centaines dans des conditions humaines et juridiques inacceptables sera fermée.Dès le lendemain de son investiture, le Président a donné un autre bon signal en appelant les protagonistes du conflit israélo-arabe, à commencer par Mahmoud Abbas, chef très affaibli de l'Autorité palestinienne. Obama était loin de placer la question du Proche-Orient en tête de ses priorités. Trop risqué, trop compliqué, moins urgent que l'Irak, l'Afghanistan, l'Iran. Les vingt-deux jours d'offensive israélienne à Gaza et l'ampleur du désastre l'ont fait changer d'avis.Sans doute le Président a-t-il tiré la leçon des échecs de ses prédécesseurs. Leurs initiatives de paix avaient tourné court, faute de temps. Ce n'est pas en s'y mettant au dernier moment, comme George Bush à Annapolis, que l'on peut réussir.Le choix de George Mitchell, confirmé cette nuit, comme émissaire spécial au Proche-Orient est de bon augure. L'ancien sénateur, qui fut l'un des artisans de la paix en Irlande du Nord, est aussi l'auteur d'un rapport équilibré sur la manière de résoudre le conflit israélo-palestinien.Barack Obama bénéficie, dans toute cette région, d'un préjugé favorable, qui peut lui donner des marges de manoeuvre. Sa volonté de fonder sur le respect de nouvelles relations avec le monde arabe est appréciée. Sa main tendue à ceux qui acceptent de « desserrer le poing » confirme sa volonté d'engager le dialogue avec « d'anciens ennemis ». L'Iran et la Syrie, par exemple. Mais l'oeuvre est de longue haleine.On ne doit pas, non plus, se faire d'illusions : la nouvelle administration emploiera un ton nouveau, plus respectueux de ses partenaires ; pour autant, elle ne fera pas preuve de faiblesse. Et Washington sera sans doute plus exigeant à l'égard de ses alliés.S'ils veulent éviter d'être marginalisés, les Européens devront serrer les rangs. Ce n'est pas acquis d'avance. Ils ne sont pas enthousiastes à l'idée d'accueillir chez eux d'anciens détenus de Guantánamo. Mais ils l'accepteront sans doute, pour encourager Obama. Ils seront plus réservés si ce dernier leur demande des renforts pour épauler les troupes américaines, lorsqu'elles seront redéployées d'Irak en Afghanistan.Début avril sera le moment de vérité, avec, à Londres, la seconde réunion du G20 sur la réforme du capitalisme, puis, à Strasbourg-Kehl, le sommet de l'Alliance atlantique. Le premier contact direct du nouveau Président avec le Vieux Continent risque de surprendre ceux qui n'auraient pas compris que, sur la scène du monde, l'Amérique d'Obama est décidée à jouer, de nouveau, le premier rôle.
Joseph Limagne
Le président américain Barack Obama appelle Israël et le Hamas à garantir le cessez-le-feu dans Gaza
«Un discours mobilisateur, un peu churchillien»
Le Figaro - USA 2009 : «Un discours mobilisateur, un peu churchillien»
Propos recueillis par Julie Connan 20/01/2009 Mise à jour : 22:36
ANALYSE VIDÉO - Pour Pierre Rousselin, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Barack Obama a livré un discours très grave, pour faire prendre conscience aux Américains des difficultés à venir.
Propos recueillis par Julie Connan 20/01/2009 Mise à jour : 22:36
ANALYSE VIDÉO - Pour Pierre Rousselin, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Barack Obama a livré un discours très grave, pour faire prendre conscience aux Américains des difficultés à venir.
jeudi 22 janvier 2009
Si Obama échoue..., actualité Monde : Le Point
Si Obama échoue..., actualité Monde : Le Point
Contre-pied. L'écrivain américain libéral de gauche Richard Ford analyse chances et risques de la présidence Obama.
Richard Ford
Il n'est pas inutile de réfléchir aux conséquences inexprimées de la présidence de Barack Obama. Par exemple, si l'on se place d'un point de vue éthique, il semble intéressant de remarquer que la montée en puissance de M. Obama ne résulte pas seulement de son action personnelle mais plus largement de ce que nous avons réalisé, nous électeurs et citoyens. Cette nouvelle présidence n'est pas seulement le fruit d'un hasard extraordinaire, mais celui d'une action civique collective, concertée, sinon désespérée.
Pendant au moins les huit dernières années, les démocrates comme les républicains ont eu tendance à voir en notre gouvernement l'aboutissement d'une inexplicable malchance avec des effets malsains dont nous avons préféré ignorer les causes et dont nous ne voulions pas nous sentir responsables.
En général, les Américains n'aiment guère leur gouvernement et se méfient de son interventionnisme. Notre méfiance s'exprime par de l'indifférence, sauf en de rares circonstances : lorsque nous nous sentons personnellement en danger ou en situation de perdre de l'argent. Nous reprochons alors à notre gouvernement de ne pas faire assez pour nous. Fait symptomatique : tous ceux avec lesquels j'ai parlé au cours de ces deux dernières années refusaient d'assumer le choix de George Bush. Notamment les élus représentant les électeurs qui ont voté pour lui. J'ai tenté de le faire admettre à quelques amis républicains. J'ai même écrit un long roman dont une partie du thème politique était, cette fois, de blâmer les démocrates pour être restés indifférents et ne pas avoir saisi leur chance en 2000. Tous mes efforts ont été infructueux. Il y a un problème lorsque personne ne revendique le choix du gouvernement en place. Surtout quand, dans le même temps, nous prétendons à travers le monde avoir une société participative, démocratique dont les autres devraient s'inspirer. Cette fuite des responsabilités nuit à l'esprit américain.
La romancière anglaise George Eliot a écrit un jour que la vie publique conditionne la vie privée. Et lorsque le gouvernement est mauvais et que personne ne se sent concerné, c'est l'ensemble de la société qui est en danger. Nous prenons alors l'habitude de penser sans but. Une démarche susceptible de générer le totalitarisme et la démagogie. Où de simples évidences se transforment en mensonges. C'est ce qui est arrivé à notre pays. Pensez à notre économie. Pensez à notre action sur l'environnement. Pensez aux armes de destruction massive qui n'ont jamais existé. On pourrait étrangement dire qu'une période soviétique a dominé la vie politique américaine. Or la meilleure façon de maintenir un minimum de contact avec la vérité consisterait à préserver ce sens des responsabilités.
Il est tout aussi étrange de croire que l'Amérique avance dans l'inconnu Obama avec une conscience claire de son destin. Cette présidence nous offre au moins l'occasion d'une introspection. Ce en quoi nous n'avons pas été très bons jusqu'à présent.
Voici quelques autres effets de l'élection d'Obama, fondés sur mon intuition d'écrivain et mes observations personnelles.
D'abord, quelque chose sonne faux chez tous ces républicains qui m'ont avoué avoir changé de camp. L'homme de gauche que je suis veut croire qu'ils ont eu la révélation Obama, qu'ils se sont fatigués de tout ce que Bush représentait et que, par patriotisme et bon sens et aussi parce qu'ils ont eu le courage de reconnaître la vacuité de leurs convictions, ils ont basculé pour accomplir l'impensable : voter démocrate. Voter pour un homme noir. Sauf que ce sont les mêmes qui ont déjà voté pour Bush. Et pas seulement une fois. Et ces républicains sont les mêmes qui n'avaient pas envie de parler avec moi quand je leur demandais de m'expliquer les raisons pour lesquelles ils se montraient partisans de Bush. Franchement, je ne leur fais pas confiance. Je ne fais pas confiance à leur jugement bancal pour l'avenir de mon pays. Un avenir qui promet d'être douloureux, coûteux et rempli d'incertitudes et qui nécessite un gouvernement stable, capable de reposer sur un électorat lui aussi stable, pragmatique et clairvoyant.
Je ne dis pas que je souhaite forcément un second mandat d'Obama. Après tout, il pourrait échouer. Mais la nature particulière de son mandat et l'importance qu'il revêt pour l'avenir de l'Amérique vont pourtant apporter quelque chose de fondamental et de nouveau. Et vont aussi exiger de la vigilance.
Deuxièmement : la réussite grandiose d'Obama lui a assurément donné un statut protecteur aux yeux du public. Mais cette singularité pourrait voler en éclats dans le tourbillon de la gouvernance et il pourrait alors devenir plus vulnérable que tout autre président. Voilà la double contrainte de la « donnée raciale », une caractéristique de l'esprit américain et qui n'est pas près de disparaître au motif qu'un Noir est devenu président. Dans la mesure où un candidat noir peut être jugé indigne de se présenter, il suscite, une fois élu, une attente disproportionnée de la part de l'opinion. Certes, il est encourageant de voir que l'élection d'Obama a asséné un coup au racisme en Amérique. Certes, il ne fait pas de doute que ce succès représente un pas en avant formidable pour anéantir le fait de penser en termes de race dans notre pays. Mais il est fort probable que cette conscience raciale progressera malgré tout dans les rangs républicains de façon souterraine. Si Obama échoue, ce sera pire. Son statut extraordinaire de « président à part » capable de tout changer deviendra rapidement son fardeau. Et celui de tout le pays puisque la donnée raciale reprendra de la vigueur. C'est le risque de la présidence Obama. Mais un risque calculé.
Après l'élection, j'ai écrit à un ami d'enfance originaire du Mississippi. Et je lui ai demandé son sentiment sur Obama car j'imaginais qu'il ne l'avait pas soutenu. Mon ami est blanc, conservateur, évangéliste et républicain. « Je n'ai pas voté pour Obama, c'est vrai, m'a répondu mon ami. Mais j'ai prié pour lui. Je m'en suis remis à Dieu. Je pense que beaucoup de gens de mon bord ont ressenti ça. Que tout se passe pour le mieux pour lui et pour nous. » En essayant de rester positif dans ma réponse, j'ai écrit que « je ne pouvais espérer une meilleure réaction ». Je veux dire par là que ce soutien d'un authentique républicain me confirme que l'Amérique ne peut plus être coupée en deux comme à l'époque où Bush a volé l'élection de 2000. Mais l'état d'esprit des opposants à Obama (48 % des électeurs après tout), qui préféraient l'alternative John McCain-Sarah Palin, ne conditionnera pas seulement le pragmatisme du président, mais aussi sa capacité à unifier le pays. Ces opposants loyaux, connus pour leur sens élevé du civisme, pèseront beaucoup plus que prévu au cours des quatre, voire des huit prochaines années.
Durant ces deux dernières années de campagne interminable et paralysante, nombre d'entre nous s'étaient engagés à quitter le pays pour toujours si les républicains remportaient l'élection. Beaucoup sont d'ailleurs partis après les deux victoires de Bush. Et même si c'est plus facile à dire qu'à faire, je pense que je serais parti aussi, convaincu de ne plus reconnaître le pays dans lequel j'étais né.
S'exiler n'a jamais représenté en soi un acte noble. Protester ou se résigner non plus. Ceux qui franchissent le pas apparaissent comme inconsistants, impulsifs, irréfléchis. Après tout, quel autre meilleur endroit que celui où vous êtes né et auquel vous avez toujours appartenu ? Ne serait-il pas prématuré de partir maintenant ? Pourquoi laisser votre pays dans les mains des citoyens les moins capables ? Il y a de multiples arguments. En outre, j'ai 64 ans. Qu'est-ce que mon départ aurait changé pour les autres ? Et pour moi ?
Or voilà qu'avec la victoire d'Obama toutes ces questions ont disparu. En un instant, la notion de lieu de vie est devenue une qualité profonde de l'Amérique. J'ai réalisé que je VIVRAIS ici. Et seulement ici, probablement jusqu'à ma mort. Je n'avais jamais réellement songé à cette idée. Les Européens l'admettent plus facilement, habitués à la stabilité géographique. Mais ce n'est pas le cas chez nous. Nous venons tous d'endroits différents et sommes toujours appelés à bouger. J'appartiens, en outre, à une génération qui a toujours gardé cette option de l'exil ouverte.
La surprenante élection d'Obama a scellé la conviction de beaucoup d'Américains. De tous ceux qui commençaient à désespérer de la vie. C'est ici que nous voulons vivre et mourir. Même en ces temps de guerre, de lugubres perspectives économiques et de lassitude spirituelle. Finalement, nous souffrons pour le meilleur.
Si la vie publique détermine la vie privée, comme le souligne George Eliot, alors, grâce à cette élection, notre attachement et notre sens de la responsabilité vis-à-vis de notre pays nous ont rendus plus lucides.
Contre-pied. L'écrivain américain libéral de gauche Richard Ford analyse chances et risques de la présidence Obama.
Richard Ford
Il n'est pas inutile de réfléchir aux conséquences inexprimées de la présidence de Barack Obama. Par exemple, si l'on se place d'un point de vue éthique, il semble intéressant de remarquer que la montée en puissance de M. Obama ne résulte pas seulement de son action personnelle mais plus largement de ce que nous avons réalisé, nous électeurs et citoyens. Cette nouvelle présidence n'est pas seulement le fruit d'un hasard extraordinaire, mais celui d'une action civique collective, concertée, sinon désespérée.
Pendant au moins les huit dernières années, les démocrates comme les républicains ont eu tendance à voir en notre gouvernement l'aboutissement d'une inexplicable malchance avec des effets malsains dont nous avons préféré ignorer les causes et dont nous ne voulions pas nous sentir responsables.
En général, les Américains n'aiment guère leur gouvernement et se méfient de son interventionnisme. Notre méfiance s'exprime par de l'indifférence, sauf en de rares circonstances : lorsque nous nous sentons personnellement en danger ou en situation de perdre de l'argent. Nous reprochons alors à notre gouvernement de ne pas faire assez pour nous. Fait symptomatique : tous ceux avec lesquels j'ai parlé au cours de ces deux dernières années refusaient d'assumer le choix de George Bush. Notamment les élus représentant les électeurs qui ont voté pour lui. J'ai tenté de le faire admettre à quelques amis républicains. J'ai même écrit un long roman dont une partie du thème politique était, cette fois, de blâmer les démocrates pour être restés indifférents et ne pas avoir saisi leur chance en 2000. Tous mes efforts ont été infructueux. Il y a un problème lorsque personne ne revendique le choix du gouvernement en place. Surtout quand, dans le même temps, nous prétendons à travers le monde avoir une société participative, démocratique dont les autres devraient s'inspirer. Cette fuite des responsabilités nuit à l'esprit américain.
La romancière anglaise George Eliot a écrit un jour que la vie publique conditionne la vie privée. Et lorsque le gouvernement est mauvais et que personne ne se sent concerné, c'est l'ensemble de la société qui est en danger. Nous prenons alors l'habitude de penser sans but. Une démarche susceptible de générer le totalitarisme et la démagogie. Où de simples évidences se transforment en mensonges. C'est ce qui est arrivé à notre pays. Pensez à notre économie. Pensez à notre action sur l'environnement. Pensez aux armes de destruction massive qui n'ont jamais existé. On pourrait étrangement dire qu'une période soviétique a dominé la vie politique américaine. Or la meilleure façon de maintenir un minimum de contact avec la vérité consisterait à préserver ce sens des responsabilités.
Il est tout aussi étrange de croire que l'Amérique avance dans l'inconnu Obama avec une conscience claire de son destin. Cette présidence nous offre au moins l'occasion d'une introspection. Ce en quoi nous n'avons pas été très bons jusqu'à présent.
Voici quelques autres effets de l'élection d'Obama, fondés sur mon intuition d'écrivain et mes observations personnelles.
D'abord, quelque chose sonne faux chez tous ces républicains qui m'ont avoué avoir changé de camp. L'homme de gauche que je suis veut croire qu'ils ont eu la révélation Obama, qu'ils se sont fatigués de tout ce que Bush représentait et que, par patriotisme et bon sens et aussi parce qu'ils ont eu le courage de reconnaître la vacuité de leurs convictions, ils ont basculé pour accomplir l'impensable : voter démocrate. Voter pour un homme noir. Sauf que ce sont les mêmes qui ont déjà voté pour Bush. Et pas seulement une fois. Et ces républicains sont les mêmes qui n'avaient pas envie de parler avec moi quand je leur demandais de m'expliquer les raisons pour lesquelles ils se montraient partisans de Bush. Franchement, je ne leur fais pas confiance. Je ne fais pas confiance à leur jugement bancal pour l'avenir de mon pays. Un avenir qui promet d'être douloureux, coûteux et rempli d'incertitudes et qui nécessite un gouvernement stable, capable de reposer sur un électorat lui aussi stable, pragmatique et clairvoyant.
Je ne dis pas que je souhaite forcément un second mandat d'Obama. Après tout, il pourrait échouer. Mais la nature particulière de son mandat et l'importance qu'il revêt pour l'avenir de l'Amérique vont pourtant apporter quelque chose de fondamental et de nouveau. Et vont aussi exiger de la vigilance.
Deuxièmement : la réussite grandiose d'Obama lui a assurément donné un statut protecteur aux yeux du public. Mais cette singularité pourrait voler en éclats dans le tourbillon de la gouvernance et il pourrait alors devenir plus vulnérable que tout autre président. Voilà la double contrainte de la « donnée raciale », une caractéristique de l'esprit américain et qui n'est pas près de disparaître au motif qu'un Noir est devenu président. Dans la mesure où un candidat noir peut être jugé indigne de se présenter, il suscite, une fois élu, une attente disproportionnée de la part de l'opinion. Certes, il est encourageant de voir que l'élection d'Obama a asséné un coup au racisme en Amérique. Certes, il ne fait pas de doute que ce succès représente un pas en avant formidable pour anéantir le fait de penser en termes de race dans notre pays. Mais il est fort probable que cette conscience raciale progressera malgré tout dans les rangs républicains de façon souterraine. Si Obama échoue, ce sera pire. Son statut extraordinaire de « président à part » capable de tout changer deviendra rapidement son fardeau. Et celui de tout le pays puisque la donnée raciale reprendra de la vigueur. C'est le risque de la présidence Obama. Mais un risque calculé.
Après l'élection, j'ai écrit à un ami d'enfance originaire du Mississippi. Et je lui ai demandé son sentiment sur Obama car j'imaginais qu'il ne l'avait pas soutenu. Mon ami est blanc, conservateur, évangéliste et républicain. « Je n'ai pas voté pour Obama, c'est vrai, m'a répondu mon ami. Mais j'ai prié pour lui. Je m'en suis remis à Dieu. Je pense que beaucoup de gens de mon bord ont ressenti ça. Que tout se passe pour le mieux pour lui et pour nous. » En essayant de rester positif dans ma réponse, j'ai écrit que « je ne pouvais espérer une meilleure réaction ». Je veux dire par là que ce soutien d'un authentique républicain me confirme que l'Amérique ne peut plus être coupée en deux comme à l'époque où Bush a volé l'élection de 2000. Mais l'état d'esprit des opposants à Obama (48 % des électeurs après tout), qui préféraient l'alternative John McCain-Sarah Palin, ne conditionnera pas seulement le pragmatisme du président, mais aussi sa capacité à unifier le pays. Ces opposants loyaux, connus pour leur sens élevé du civisme, pèseront beaucoup plus que prévu au cours des quatre, voire des huit prochaines années.
Durant ces deux dernières années de campagne interminable et paralysante, nombre d'entre nous s'étaient engagés à quitter le pays pour toujours si les républicains remportaient l'élection. Beaucoup sont d'ailleurs partis après les deux victoires de Bush. Et même si c'est plus facile à dire qu'à faire, je pense que je serais parti aussi, convaincu de ne plus reconnaître le pays dans lequel j'étais né.
S'exiler n'a jamais représenté en soi un acte noble. Protester ou se résigner non plus. Ceux qui franchissent le pas apparaissent comme inconsistants, impulsifs, irréfléchis. Après tout, quel autre meilleur endroit que celui où vous êtes né et auquel vous avez toujours appartenu ? Ne serait-il pas prématuré de partir maintenant ? Pourquoi laisser votre pays dans les mains des citoyens les moins capables ? Il y a de multiples arguments. En outre, j'ai 64 ans. Qu'est-ce que mon départ aurait changé pour les autres ? Et pour moi ?
Or voilà qu'avec la victoire d'Obama toutes ces questions ont disparu. En un instant, la notion de lieu de vie est devenue une qualité profonde de l'Amérique. J'ai réalisé que je VIVRAIS ici. Et seulement ici, probablement jusqu'à ma mort. Je n'avais jamais réellement songé à cette idée. Les Européens l'admettent plus facilement, habitués à la stabilité géographique. Mais ce n'est pas le cas chez nous. Nous venons tous d'endroits différents et sommes toujours appelés à bouger. J'appartiens, en outre, à une génération qui a toujours gardé cette option de l'exil ouverte.
La surprenante élection d'Obama a scellé la conviction de beaucoup d'Américains. De tous ceux qui commençaient à désespérer de la vie. C'est ici que nous voulons vivre et mourir. Même en ces temps de guerre, de lugubres perspectives économiques et de lassitude spirituelle. Finalement, nous souffrons pour le meilleur.
Si la vie publique détermine la vie privée, comme le souligne George Eliot, alors, grâce à cette élection, notre attachement et notre sens de la responsabilité vis-à-vis de notre pays nous ont rendus plus lucides.
Le discours d'investiture de Barack Obama - Amériques - Le Monde.fr
Le discours d'investiture de Barack Obama - Amériques - Le Monde.fr
LE MONDE 21.01.09 11h58 • Mis à jour le 21.01.09 11h58
Chers compatriotes, je me tiens aujourd'hui devant vous avec un sentiment d'humilité, devant la tâche qui nous attend, de reconnaissance pour la confiance que vous m'avez manifestée, gardant à l'esprit les sacrifices consentis par nos ancêtres. Je remercie le président Bush pour les services qu'il a rendus à notre nation, ainsi que pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de cette transition. Quarante-quatre Américains ont, avant moi, prêté serment pour la présidence. Leurs paroles ont été prononcées pendant des vagues de prospérité et alors que nous vivions dans les eaux calmes de la paix. Cependant, en d'autres temps, ce serment a été prêté alors que les nuages s'amoncelaient et que les tempêtes faisaient rage. Dans ces moments-là, l'Amérique a poursuivi son chemin. Pas seulement en raison de la compétence ou de la vision de ceux qui étaient au gouvernement, mais parce que nous, le peuple, nous sommes restés fidèles aux idéaux de nos pairs et respectueux de nos actes fondateurs.
C'est ainsi que cela s'est passé. Et c'est ce qui doit se passer avec cette génération d'Américains.
Nous savons maintenant fort bien que nous sommes en crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine.
Notre économie est fortement affaiblie, conséquence de la rapacité et de l'irresponsabilité dont ont fait preuve certains, à cause également de notre incapacité collective à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère. Des maisons ont été perdues; des emplois ont été détruits; des entreprises ont fait faillite. Notre système de santé est trop onéreux; nos écoles laissent trop de jeunes au bord de la route; et chaque jour, nous constatons que la façon dont nous consommons l'énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.
Voilà les indicateurs de la crise que l'on peut exprimer en données et statistiques. Ce qui est moins mesurable, mais tout aussi grave, c'est la manière dont nous avons perdu notre confiance en nous-même – une peur lancinante que le déclin de l'Amérique est inévitable et que la génération suivante doit viser moins haut.
Aujourd'hui, je voudrais vous dire que nous sommes confrontés à de véritables défis. Ils sont graves et ils sont nombreux. Nous ne pourrons pas les relever facilement ou rapidement. Mais je veux dire ceci à l'Amérique : ces défis seront relevés.
En ce jour, nous sommes réunis parce que nous avons préféré l'espoir à la crainte, l'union au conflit et à la dissension.
En ce jour, nous sommes venus proclamer la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes usés qui, pendant beaucoup trop longtemps, ont étouffé notre politique.
Nous restons une nation jeune, mais, selon les paroles des Ecritures, le temps est venu de laisser de côté les enfantillages. Le moment est venu de faire preuve à nouveau de ténacité; de choisir ce qu'il y a de mieux dans notre histoire; de continuer à faire passer ce don précieux, cette noble idée transmise de génération en génération. La promesse divine selon laquelle nous sommes tous égaux, nous sommes tous libres, et nous avons tous le droit de chercher le bonheur qui nous revient.
En proclamant à nouveau la grandeur de notre nation, nous savons que la grandeur n'est jamais un dû. Elle doit se mériter. Au cours de notre voyage, nous n'avons jamais choisi de raccourcis ou rabattu nos prétentions. Ce chemin n'était pas fait pour les timorés – pour ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ceux qui ne recherchent que les plaisirs de la richesse et de la célébrité. Au contraire, ce sont ceux qui prennent des risques, ceux qui passent à l'action, ceux qui construisent – dont certains ont été célébrés, mais plus souvent des hommes et des femmes qui sont restés obscurs dans leur labeur – qui nous ont portés sur ce long chemin escarpé vers la prospérité et la liberté.
C'est pour nous qu'ils ont emporté les quelques biens qu'ils possédaient sur terre et traversé les océans en quête d'une nouvelle vie.
C'est pour nous qu'ils ont travaillé dur dans des conditions difficiles et se sont installés dans l'ouest du pays; qu'ils ont supporté les coups de fouet et qu'ils ont péniblement labouré la terre.
C'est pour nous qu'ils ont combattu et qu'ils sont morts à Concord et Gettysburg; en Normandie et à Khe Sahn.
D'innombrables fois, ces hommes et ces femmes ont lutté, fait des sacrifices et travaillé jusqu'à ce que leurs mains soient à vif, afin que nous puissions avoir une vie meilleure. Ils voyaient l'Amérique comme plus vaste que la somme de nos ambitions individuelles; allant au-delà des différences de naissance, de richesse ou d'opinion.
C'est ce voyage que nous poursuivons aujourd'hui. Nous sommes toujours la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu'avant la crise. Nos esprits ne sont pas moins inventifs. Nos biens et nos services ne sont pas moins nécessaires que la semaine dernière, le mois dernier ou l'année dernière. Nos capacités demeurent intactes. Le temps où nous étions passifs, où nous protégions nos intérêts étriqués et où nous remettions à plus tard les décisions difficiles – ce temps-là est certainement révolu. A partir d'aujourd'hui, nous devons nous relever, nous secouer et commencer à refonder l'Amérique.
En effet, où que nous regardions, nous devons nous atteler à la tâche.
L'état de notre économie nécessite des mesures audacieuses et rapides, et nous allons les prendre – pas seulement pour créer de nouveaux endroits, mais pour poser des jalons en vue de faire redémarrer la croissance. Nous allons construire les routes, les ponts et les liens numériques dont notre secteur marchand a besoin et qui nous relient les uns aux autres. Nous allons rendre à la science la place qui lui revient, et nous servir des merveilles de la technologie pour améliorer la qualité de nos soins et abaisser leurs coûts. Nous allons exploiter l'énergie du soleil, du vent et du sol pour faire marcher nos voitures et nos usines.
Et nous allons transformer nos écoles et nos universités pour être à la hauteur des exigences d'une nouvelle ère. Tout cela, nous pouvons le faire. Et tout cela, nous allons le faire.
Eh bien, d'aucuns vont remettre en cause l'ampleur de nos ambitions – vont affirmer que notre système ne peut pas supporter un trop grand nombre de programmes d'envergure. Leur mémoire est courte. En effet, ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli; ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser lorsqu'ils utilisent leur imagination pour atteindre un objectif commun, et lorsqu'ils font preuve de courage en cas de nécessité.
Ce que les cyniques ne comprennent pas, c'est que le sol s'est dérobé sous leurs pieds – c'est que les arguments politiques dépassés qui nous ont détruits pendant si longtemps ne sont plus valables. La question que nous posons aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop interventionniste ou pas assez, mais s'il fonctionne – s'il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire correct, à bénéficier de soins abordables, d'une retraite décente. A chaque fois que la réponse sera oui, nous irons de l'avant.
A chaque fois que la réponse sera non, nous mettrons fin aux programmes. Et ceux d'entre nous qui gèrent les deniers publics devront rendre des comptes – dépenser de manière judicieuse, changer les mauvaises habitudes et faire notre travail en toute transparence – car c'est la seule façon pour rétablir les liens de confiance cruciaux entre un peuple et son gouvernement.
La question qui se pose à nous n'est pas, non plus, de savoir si le marché est une force qui œuvre pour le bien ou pour le mal. Sa capacité à produire de la richesse et à propager la liberté est sans égale, mais cette crise nous a rappelé que si nous ne sommes pas vigilants, le marché peut devenir incontrôlé. Une nation ne peut pas prospérer pendant longtemps lorsqu'elle ne favorise que les nantis. Notre réussite économique n'a pas été dépendante uniquement du montant de notre produit intérieur brut, mais également de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à offrir des opportunités à chaque homme ou femme de bonne volonté. Non pas par charité, mais parce que c'est la voie la plus sûre au bien-être commun.
En ce qui concerne notre défense commune, nous refusons de faire le choix erroné entre notre sécurité, d'une part, et nos idéaux, de l'autre.
Nos Pères fondateurs, confrontés à des dangers inimaginables, ont rédigé une charte afin de garantir l'Etat de droit et les droits de l'homme, une charte que le sang des générations suivantes n'a fait que renforcer. Ces idéaux éclairent le monde encore maintenant, et nous n'allons pas y renoncer par commodité. (Applaudissements.) C'est ainsi que je souhaite dire à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd'hui, depuis les capitales les plus prestigieuses jusqu'au petit village où mon père est né : sachez que l'Amérique est l'amie de toutes les nations et de tous les hommes, femmes et enfants qui aspirent à la paix et à la dignité, et sachez que nous sommes prêts à être une fois encore ceux qui montrent la voie.
Rappelez-vous que les générations précédentes ont combattu le fascisme et le communisme non seulement avec des missiles et des chars, mais également grâce à la solidité de leurs alliances et la ténacité de leurs convictions. Elles ont compris que notre puissance seule ne peut pas nous protéger, et qu'elle ne nous donne pas le droit d'agir à notre guise. Au contraire, elles savaient que notre puissance augmente lorsqu'elle est utilisée de manière prudente, que notre sécurité émane de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et les qualités modératrices que sont l'humilité et la retenue.
Nous sommes les gardiens de cet héritage. Guidés une fois de plus par ces principes, nous pouvons faire face à ces menaces qui exigent davantage d'efforts, davantage de coopération et de compréhension entre les nations. Nous allons prendre nos responsabilités en Irak en laissant ce pays à son peuple. Nous allons établir une paix durement acquise en Afghanistan. Nous allons travailler sans relâche avec nos anciens amis et nos ennemis pour atténuer la menace nucléaire et pour lutter contre ce fléau qu'est le réchauffement de la planète. Nous n'allons pas nous excuser pour notre mode de vie, nous le défendrons sans relâche, et à ceux qui essaient de réaliser leurs objectifs en propageant la terreur et en massacrant les innocents, nous disons : à présent, notre résolution est plus forte et ne peut pas être altérée.Vous ne pourrez pas nous survivre, et nous allons gagner.
Car nous savons que notre patrimoine bigarré est une force, et non une faiblesse. Nous sommes une nation de chrétiens et de musulmans, de juifs, d'hindous et d'athées. Nous sommes façonnés par toutes sortes de langues et de cultures venant de tous les coins du monde. Et parce que nous avons goûté le brouet amer de la guerre civile et de la ségrégation, et parce que, de ce chapitre sombre de notre histoire, nous sommes sortis plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas ne pas croire que les vieilles haines cesseront un jour, que les sentiments d'appartenance disparaîtront, que le monde deviendra plus petit, que notre humanité commune va se révéler et que l'Amérique doit jouer le rôle qui lui revient en inaugurant une nouvelle ère de paix.
Au monde musulman, nous disons que nous cherchons une nouvelle voie, fondée sur les intérêts réciproques et le respect mutuel. Aux dirigeants dans le monde qui cherchent à semer la discorde ou qui font porter à l'Occident la responsabilité des maux de leur société : sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous pouvez construire, et non pas sur ce que vous détruisez. A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption, la tromperie, en faisant taire l'opposition, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'Histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer le poing. Au peuple des nations pauvres, nous nous engageons à coopérer avec vous pour rendre vos fermes prospères et vous apporter de l'eau potable, pour nourrir les corps de ceux qui ont faim et nourrir les esprits affamés. Et à ceux des pays qui, comme le nôtre, bénéficient d'une relative opulence, nous disons : nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances hors de nos frontières, nous ne pouvons pas non plus consommer sans réfléchir les ressources du monde. Car le monde a changé, et nous devons changer avec lui.
Alors que nous regardons la route devant nous, nous avons une pensée pleine de reconnaissance et d'humilité pour ces Américains courageux qui, en ce moment même, sont en patrouille dans des déserts lointains et des montagnes éloignées. Nous les entendons nous dire quelque chose aujourd'hui, exactement comme nous entendons les héros morts, enterrés à Arlington, murmurer à travers les siècles. Nous leur rendons hommage pas seulement parce qu'ils sont les gardiens de notre liberté, mais également parce qu'ils incarnent l'esprit de service, une volonté de trouver un sens dans quelque chose qui nous dépasse. Et justement, en ce moment, moment qui va marquer une génération, c'est précisément cet état d'esprit qui doit nous habiter.
En effet, le gouvernement peut et doit agir, mais, en fin de compte, c'est la foi et la détermination du peuple américain dont la nation dépend. C'est la gentillesse de ceux qui accueillent un étranger lorsque les digues se sont rompues, c'est l'altruisme des travailleurs qui préfèrent réduire leurs heures de travail plutôt que de voir un ami perdre son emploi qui nous aident à traverser les heures les plus sombres. C'est le courage manifesté par un pompier qui se lance à l'assaut d'un escalier rempli de fumée, et également la capacité d'un parent à s'occuper d'un enfant qui décident de notre destin en fin de compte.
Nos défis sont peut-être nouveaux. Les instruments utilisés pour les relever sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont dépend notre réussite – travail acharné et honnêteté, courage et fair-play, tolérance et curiosité, loyauté et patriotisme –, ces valeurs sont anciennes. Elles sont vraies. Elles ont constitué la force tranquille du progrès tout au long de notre histoire. Il est donc nécessaire de revenir à ces vérités. Ce que nous devons faire à présent, c'est entrer dans une nouvelle ère de responsabilité – c'est de reconnaître, et chaque Américain doit le faire, que nous avons des devoirs envers nous-mêmes, envers notre nation et envers le monde. Des devoirs que nous n'acceptons pas à contrecœur, mais que nous sommes contents d'assumer, sachant pertinemment que rien n'est aussi satisfaisant pour l'esprit, aussi marquant pour notre caractère, que de nous consacrer tous à une tâche difficile.
C'est là le prix et la promesse de la citoyenneté.
C'est là la source de notre confiance, le fait de savoir que Dieu nous appelle pour façonner un destin incertain.
C'est le sens de notre liberté et de notre croyance – la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes races et de toutes croyances peuvent se rassembler dans une célébration sur cette magnifique esplanade du Mall, et pourquoi un homme dont le père, il y a moins de soixante ans, risquait de ne pas être servi ici dans un restaurant peut maintenant se trouver devant vous pour prêter le serment suprême.
C'est pourquoi ce jour doit nous rappeler qui nous sommes et le chemin que nous avons parcouru. L'année de la naissance de l'Amérique, pendant les mois les plus froids, un petit groupe de patriotes se blottissait autour de feux de camp presque éteints sur les rives d'une rivière glacée. La capitale était abandonnée. L'ennemi avançait. La neige était tachée de sang. Au moment où l'issue de notre révolution était la plus incertaine, le Père de notre nation a demandé que ces mots fussent lus devant le peuple : "Que l'on proclame au monde futur… qu'au cœur de l'hiver, alors que rien d'autre ne pouvait survivre que l'espoir et la vertu… que la ville et le pays, alertés par un danger commun, se sont avancés pour y faire face." Je lance un appel à l'Amérique. Confrontés à des dangers communs, pendant cet hiver d'épreuves, rappelons-nous ces paroles intemporelles.
Avec espoir et vertu, bravons une fois de plus les courants glacials et endurons les tempêtes à venir. Que les enfants de nos enfants proclament que, lorsque nous avons été mis à l'épreuve, nous avons refusé de mettre fin à ce voyage, nous ne nous sommes pas détournés et nous n'avons pas faibli. Et que, les yeux fixés sur l'horizon, et avec la grâce que Dieu nous accorde, nous avons transmis ce don merveilleux qu'est la liberté pour le remettre intact aux générations futures.
Merci. Que Dieu vous bénisse et bénisse les Etats-Unis d'Amérique.
Traduit de l'anglais par Ariane Corbin-Favier
LE MONDE 21.01.09 11h58 • Mis à jour le 21.01.09 11h58
Chers compatriotes, je me tiens aujourd'hui devant vous avec un sentiment d'humilité, devant la tâche qui nous attend, de reconnaissance pour la confiance que vous m'avez manifestée, gardant à l'esprit les sacrifices consentis par nos ancêtres. Je remercie le président Bush pour les services qu'il a rendus à notre nation, ainsi que pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de cette transition. Quarante-quatre Américains ont, avant moi, prêté serment pour la présidence. Leurs paroles ont été prononcées pendant des vagues de prospérité et alors que nous vivions dans les eaux calmes de la paix. Cependant, en d'autres temps, ce serment a été prêté alors que les nuages s'amoncelaient et que les tempêtes faisaient rage. Dans ces moments-là, l'Amérique a poursuivi son chemin. Pas seulement en raison de la compétence ou de la vision de ceux qui étaient au gouvernement, mais parce que nous, le peuple, nous sommes restés fidèles aux idéaux de nos pairs et respectueux de nos actes fondateurs.
C'est ainsi que cela s'est passé. Et c'est ce qui doit se passer avec cette génération d'Américains.
Nous savons maintenant fort bien que nous sommes en crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine.
Notre économie est fortement affaiblie, conséquence de la rapacité et de l'irresponsabilité dont ont fait preuve certains, à cause également de notre incapacité collective à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère. Des maisons ont été perdues; des emplois ont été détruits; des entreprises ont fait faillite. Notre système de santé est trop onéreux; nos écoles laissent trop de jeunes au bord de la route; et chaque jour, nous constatons que la façon dont nous consommons l'énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.
Voilà les indicateurs de la crise que l'on peut exprimer en données et statistiques. Ce qui est moins mesurable, mais tout aussi grave, c'est la manière dont nous avons perdu notre confiance en nous-même – une peur lancinante que le déclin de l'Amérique est inévitable et que la génération suivante doit viser moins haut.
Aujourd'hui, je voudrais vous dire que nous sommes confrontés à de véritables défis. Ils sont graves et ils sont nombreux. Nous ne pourrons pas les relever facilement ou rapidement. Mais je veux dire ceci à l'Amérique : ces défis seront relevés.
En ce jour, nous sommes réunis parce que nous avons préféré l'espoir à la crainte, l'union au conflit et à la dissension.
En ce jour, nous sommes venus proclamer la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes usés qui, pendant beaucoup trop longtemps, ont étouffé notre politique.
Nous restons une nation jeune, mais, selon les paroles des Ecritures, le temps est venu de laisser de côté les enfantillages. Le moment est venu de faire preuve à nouveau de ténacité; de choisir ce qu'il y a de mieux dans notre histoire; de continuer à faire passer ce don précieux, cette noble idée transmise de génération en génération. La promesse divine selon laquelle nous sommes tous égaux, nous sommes tous libres, et nous avons tous le droit de chercher le bonheur qui nous revient.
En proclamant à nouveau la grandeur de notre nation, nous savons que la grandeur n'est jamais un dû. Elle doit se mériter. Au cours de notre voyage, nous n'avons jamais choisi de raccourcis ou rabattu nos prétentions. Ce chemin n'était pas fait pour les timorés – pour ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ceux qui ne recherchent que les plaisirs de la richesse et de la célébrité. Au contraire, ce sont ceux qui prennent des risques, ceux qui passent à l'action, ceux qui construisent – dont certains ont été célébrés, mais plus souvent des hommes et des femmes qui sont restés obscurs dans leur labeur – qui nous ont portés sur ce long chemin escarpé vers la prospérité et la liberté.
C'est pour nous qu'ils ont emporté les quelques biens qu'ils possédaient sur terre et traversé les océans en quête d'une nouvelle vie.
C'est pour nous qu'ils ont travaillé dur dans des conditions difficiles et se sont installés dans l'ouest du pays; qu'ils ont supporté les coups de fouet et qu'ils ont péniblement labouré la terre.
C'est pour nous qu'ils ont combattu et qu'ils sont morts à Concord et Gettysburg; en Normandie et à Khe Sahn.
D'innombrables fois, ces hommes et ces femmes ont lutté, fait des sacrifices et travaillé jusqu'à ce que leurs mains soient à vif, afin que nous puissions avoir une vie meilleure. Ils voyaient l'Amérique comme plus vaste que la somme de nos ambitions individuelles; allant au-delà des différences de naissance, de richesse ou d'opinion.
C'est ce voyage que nous poursuivons aujourd'hui. Nous sommes toujours la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu'avant la crise. Nos esprits ne sont pas moins inventifs. Nos biens et nos services ne sont pas moins nécessaires que la semaine dernière, le mois dernier ou l'année dernière. Nos capacités demeurent intactes. Le temps où nous étions passifs, où nous protégions nos intérêts étriqués et où nous remettions à plus tard les décisions difficiles – ce temps-là est certainement révolu. A partir d'aujourd'hui, nous devons nous relever, nous secouer et commencer à refonder l'Amérique.
En effet, où que nous regardions, nous devons nous atteler à la tâche.
L'état de notre économie nécessite des mesures audacieuses et rapides, et nous allons les prendre – pas seulement pour créer de nouveaux endroits, mais pour poser des jalons en vue de faire redémarrer la croissance. Nous allons construire les routes, les ponts et les liens numériques dont notre secteur marchand a besoin et qui nous relient les uns aux autres. Nous allons rendre à la science la place qui lui revient, et nous servir des merveilles de la technologie pour améliorer la qualité de nos soins et abaisser leurs coûts. Nous allons exploiter l'énergie du soleil, du vent et du sol pour faire marcher nos voitures et nos usines.
Et nous allons transformer nos écoles et nos universités pour être à la hauteur des exigences d'une nouvelle ère. Tout cela, nous pouvons le faire. Et tout cela, nous allons le faire.
Eh bien, d'aucuns vont remettre en cause l'ampleur de nos ambitions – vont affirmer que notre système ne peut pas supporter un trop grand nombre de programmes d'envergure. Leur mémoire est courte. En effet, ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli; ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser lorsqu'ils utilisent leur imagination pour atteindre un objectif commun, et lorsqu'ils font preuve de courage en cas de nécessité.
Ce que les cyniques ne comprennent pas, c'est que le sol s'est dérobé sous leurs pieds – c'est que les arguments politiques dépassés qui nous ont détruits pendant si longtemps ne sont plus valables. La question que nous posons aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop interventionniste ou pas assez, mais s'il fonctionne – s'il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire correct, à bénéficier de soins abordables, d'une retraite décente. A chaque fois que la réponse sera oui, nous irons de l'avant.
A chaque fois que la réponse sera non, nous mettrons fin aux programmes. Et ceux d'entre nous qui gèrent les deniers publics devront rendre des comptes – dépenser de manière judicieuse, changer les mauvaises habitudes et faire notre travail en toute transparence – car c'est la seule façon pour rétablir les liens de confiance cruciaux entre un peuple et son gouvernement.
La question qui se pose à nous n'est pas, non plus, de savoir si le marché est une force qui œuvre pour le bien ou pour le mal. Sa capacité à produire de la richesse et à propager la liberté est sans égale, mais cette crise nous a rappelé que si nous ne sommes pas vigilants, le marché peut devenir incontrôlé. Une nation ne peut pas prospérer pendant longtemps lorsqu'elle ne favorise que les nantis. Notre réussite économique n'a pas été dépendante uniquement du montant de notre produit intérieur brut, mais également de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à offrir des opportunités à chaque homme ou femme de bonne volonté. Non pas par charité, mais parce que c'est la voie la plus sûre au bien-être commun.
En ce qui concerne notre défense commune, nous refusons de faire le choix erroné entre notre sécurité, d'une part, et nos idéaux, de l'autre.
Nos Pères fondateurs, confrontés à des dangers inimaginables, ont rédigé une charte afin de garantir l'Etat de droit et les droits de l'homme, une charte que le sang des générations suivantes n'a fait que renforcer. Ces idéaux éclairent le monde encore maintenant, et nous n'allons pas y renoncer par commodité. (Applaudissements.) C'est ainsi que je souhaite dire à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd'hui, depuis les capitales les plus prestigieuses jusqu'au petit village où mon père est né : sachez que l'Amérique est l'amie de toutes les nations et de tous les hommes, femmes et enfants qui aspirent à la paix et à la dignité, et sachez que nous sommes prêts à être une fois encore ceux qui montrent la voie.
Rappelez-vous que les générations précédentes ont combattu le fascisme et le communisme non seulement avec des missiles et des chars, mais également grâce à la solidité de leurs alliances et la ténacité de leurs convictions. Elles ont compris que notre puissance seule ne peut pas nous protéger, et qu'elle ne nous donne pas le droit d'agir à notre guise. Au contraire, elles savaient que notre puissance augmente lorsqu'elle est utilisée de manière prudente, que notre sécurité émane de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et les qualités modératrices que sont l'humilité et la retenue.
Nous sommes les gardiens de cet héritage. Guidés une fois de plus par ces principes, nous pouvons faire face à ces menaces qui exigent davantage d'efforts, davantage de coopération et de compréhension entre les nations. Nous allons prendre nos responsabilités en Irak en laissant ce pays à son peuple. Nous allons établir une paix durement acquise en Afghanistan. Nous allons travailler sans relâche avec nos anciens amis et nos ennemis pour atténuer la menace nucléaire et pour lutter contre ce fléau qu'est le réchauffement de la planète. Nous n'allons pas nous excuser pour notre mode de vie, nous le défendrons sans relâche, et à ceux qui essaient de réaliser leurs objectifs en propageant la terreur et en massacrant les innocents, nous disons : à présent, notre résolution est plus forte et ne peut pas être altérée.Vous ne pourrez pas nous survivre, et nous allons gagner.
Car nous savons que notre patrimoine bigarré est une force, et non une faiblesse. Nous sommes une nation de chrétiens et de musulmans, de juifs, d'hindous et d'athées. Nous sommes façonnés par toutes sortes de langues et de cultures venant de tous les coins du monde. Et parce que nous avons goûté le brouet amer de la guerre civile et de la ségrégation, et parce que, de ce chapitre sombre de notre histoire, nous sommes sortis plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas ne pas croire que les vieilles haines cesseront un jour, que les sentiments d'appartenance disparaîtront, que le monde deviendra plus petit, que notre humanité commune va se révéler et que l'Amérique doit jouer le rôle qui lui revient en inaugurant une nouvelle ère de paix.
Au monde musulman, nous disons que nous cherchons une nouvelle voie, fondée sur les intérêts réciproques et le respect mutuel. Aux dirigeants dans le monde qui cherchent à semer la discorde ou qui font porter à l'Occident la responsabilité des maux de leur société : sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous pouvez construire, et non pas sur ce que vous détruisez. A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption, la tromperie, en faisant taire l'opposition, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'Histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer le poing. Au peuple des nations pauvres, nous nous engageons à coopérer avec vous pour rendre vos fermes prospères et vous apporter de l'eau potable, pour nourrir les corps de ceux qui ont faim et nourrir les esprits affamés. Et à ceux des pays qui, comme le nôtre, bénéficient d'une relative opulence, nous disons : nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances hors de nos frontières, nous ne pouvons pas non plus consommer sans réfléchir les ressources du monde. Car le monde a changé, et nous devons changer avec lui.
Alors que nous regardons la route devant nous, nous avons une pensée pleine de reconnaissance et d'humilité pour ces Américains courageux qui, en ce moment même, sont en patrouille dans des déserts lointains et des montagnes éloignées. Nous les entendons nous dire quelque chose aujourd'hui, exactement comme nous entendons les héros morts, enterrés à Arlington, murmurer à travers les siècles. Nous leur rendons hommage pas seulement parce qu'ils sont les gardiens de notre liberté, mais également parce qu'ils incarnent l'esprit de service, une volonté de trouver un sens dans quelque chose qui nous dépasse. Et justement, en ce moment, moment qui va marquer une génération, c'est précisément cet état d'esprit qui doit nous habiter.
En effet, le gouvernement peut et doit agir, mais, en fin de compte, c'est la foi et la détermination du peuple américain dont la nation dépend. C'est la gentillesse de ceux qui accueillent un étranger lorsque les digues se sont rompues, c'est l'altruisme des travailleurs qui préfèrent réduire leurs heures de travail plutôt que de voir un ami perdre son emploi qui nous aident à traverser les heures les plus sombres. C'est le courage manifesté par un pompier qui se lance à l'assaut d'un escalier rempli de fumée, et également la capacité d'un parent à s'occuper d'un enfant qui décident de notre destin en fin de compte.
Nos défis sont peut-être nouveaux. Les instruments utilisés pour les relever sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont dépend notre réussite – travail acharné et honnêteté, courage et fair-play, tolérance et curiosité, loyauté et patriotisme –, ces valeurs sont anciennes. Elles sont vraies. Elles ont constitué la force tranquille du progrès tout au long de notre histoire. Il est donc nécessaire de revenir à ces vérités. Ce que nous devons faire à présent, c'est entrer dans une nouvelle ère de responsabilité – c'est de reconnaître, et chaque Américain doit le faire, que nous avons des devoirs envers nous-mêmes, envers notre nation et envers le monde. Des devoirs que nous n'acceptons pas à contrecœur, mais que nous sommes contents d'assumer, sachant pertinemment que rien n'est aussi satisfaisant pour l'esprit, aussi marquant pour notre caractère, que de nous consacrer tous à une tâche difficile.
C'est là le prix et la promesse de la citoyenneté.
C'est là la source de notre confiance, le fait de savoir que Dieu nous appelle pour façonner un destin incertain.
C'est le sens de notre liberté et de notre croyance – la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes races et de toutes croyances peuvent se rassembler dans une célébration sur cette magnifique esplanade du Mall, et pourquoi un homme dont le père, il y a moins de soixante ans, risquait de ne pas être servi ici dans un restaurant peut maintenant se trouver devant vous pour prêter le serment suprême.
C'est pourquoi ce jour doit nous rappeler qui nous sommes et le chemin que nous avons parcouru. L'année de la naissance de l'Amérique, pendant les mois les plus froids, un petit groupe de patriotes se blottissait autour de feux de camp presque éteints sur les rives d'une rivière glacée. La capitale était abandonnée. L'ennemi avançait. La neige était tachée de sang. Au moment où l'issue de notre révolution était la plus incertaine, le Père de notre nation a demandé que ces mots fussent lus devant le peuple : "Que l'on proclame au monde futur… qu'au cœur de l'hiver, alors que rien d'autre ne pouvait survivre que l'espoir et la vertu… que la ville et le pays, alertés par un danger commun, se sont avancés pour y faire face." Je lance un appel à l'Amérique. Confrontés à des dangers communs, pendant cet hiver d'épreuves, rappelons-nous ces paroles intemporelles.
Avec espoir et vertu, bravons une fois de plus les courants glacials et endurons les tempêtes à venir. Que les enfants de nos enfants proclament que, lorsque nous avons été mis à l'épreuve, nous avons refusé de mettre fin à ce voyage, nous ne nous sommes pas détournés et nous n'avons pas faibli. Et que, les yeux fixés sur l'horizon, et avec la grâce que Dieu nous accorde, nous avons transmis ce don merveilleux qu'est la liberté pour le remettre intact aux générations futures.
Merci. Que Dieu vous bénisse et bénisse les Etats-Unis d'Amérique.
Traduit de l'anglais par Ariane Corbin-Favier
Les discours d'Obama allient puissance du verbe et force du symbole - Culture - la-Croix.com
Les discours d'Obama allient puissance du verbe et force du symbole - Culture - la-Croix.com
En s’appuyant sur l’Histoire, en y ajoutant sa propre esthétique et son charisme, le 44e président des États-Unis rend sa noblesse au discours politique
Des premières heures de sa campagne électorale à sa prestation de serment comme 44e président des États-Unis, Barack Obama a utilisé les symboles de l’Amérique, avec une sincérité et un sens de l’esthétique propres à frapper l’imaginaire de son peuple et celui du monde entier qui les connaît par la littérature, la musique et le cinéma. « Voyez la foule incroyable, jamais vue lors d’une investiture, rassemblée devant le Capitole, souligne l’historien Marc Ferro qui a beaucoup travaillé sur les représentations en politique. Une assistance bariolée de manière tout à fait novatrice, une toile multicolore inédite qui, désormais, se déploie du haut en bas de la pyramide sociale. » Une foule qui, selon Pierre de Charentenay, jésuite, rédacteur en chef de la revue Études et spécialiste des États-Unis, témoigne de la naissance d’un nouveau monde. « Cette investiture figure un moment charnière : il y aura eu le monde d’avant, une Amérique blanche et protestante, et un monde d’après, une Amérique diverse et ouverte au monde. »
"La troisième étape de la démocratie"Même enthousiasme chez le cinéaste Bertrand Tavernier qui vient de publier Amis américains (1). « Ce qui me frappe, c’est l’ampleur du propos, la hauteur de ton, la noblesse de vue, la beauté de la forme. Certains de ses discours m’ont procuré la même émotion que cette scène de L’Extravagant Mr. Ruggles, de Leo Mc Carey. On y voit Charles Laughton, qui joue un domestique britannique, en apparence coupé de la culture américaine. Lors d’une discussion dans un bar, les participants cherchent ce qu’Abraham Lincoln a bien pu dire lors de son fameux discours de Gettysburg. Personne ne s’en souvient vraiment. Soudain, ce domestique, anglais de surcroît, récite L’Adresse à Gettysburg avec une solennité et une dignité magnifiques. Je revis la même impression quand j’écoute Obama. »
« Ce métis que rien ne destinait à gravir les échelons vient rappeler la grandeur du passé de son pays, poursuit le réalisateur français. L’Amérique retrouve ce qu’elle avait perdu depuis les grands discours de Roosevelt. Comme dit le documentariste Ken Burnes (The War), il donne l’impression de franchir la troisième étape de la démocratie. Après Jefferson qui disait : tous les hommes sont égaux (sous-entendu, les Blancs qui peuvent payer l’impôt), après Lincoln qui pensait qu’ils le seraient dans deux cents ans, Obama affirme : maintenant, nous pouvons faire que tous les hommes le deviennent. »
"Avec lui, on a l’impression que le passé a un poids"Au nom de l’Histoire… « Avec lui, soutient Bertrand Tavernier, on a l’impression que le passé existe, qu’il a un poids, qu’il conditionne les actes du présent. Sa façon d’utiliser les symboles américains est un message à son peuple : l’Histoire s’écrit ensemble et le présent se forge avec le passé. » Le nouveau président ne balaie pas la tradition, jusqu’au rituel des parades et des trompettes, des poèmes et des bals.Son hommage appuyé à Lincoln se décline, fond et forme, dans son attitude et son discours politiques. Anecdotiques, le train de Lincoln emprunté pour rallier Washington, le menu « à la Lincoln » servi pour le repas officiel au Capitole ou la prestation de serment sur l’exemplaire de la Bible du 16e président des États-Unis ? « Peut-être, reconnaît Pierre de Charentenay, mais pas seulement. Barack Obama sait très bien user de ces symboles sans excès : c’est implicite – plutôt qu’appuyé – dans ses discours, mais incarné dans son comportement. »
"La présence du religieux est assumée avec calme"Comme la référence à Martin Luther King et cette image d’une extraordinaire puissance évocatrice : quarante-cinq ans après le discours du leader noir sur les marches du Lincoln Memorial, à quelques heures de devenir président, Barack Obama a remis ses pas dans ceux de l’un de ses modèles.Si Marc Ferro constate un « climat religieux évident dans la foule, quelles que soient ses croyances, qui baisse unanimement la tête lors de la prise de parole par le révérend évangélique Rick Warren », Pierre de Charentenay décèle en Barack Obama un « Américain ordinaire pour lequel la présence du religieux est assumée avec calme, modération et sincérité ».« Enfin, insiste Bertrand Tavernier, dans une civilisation que l’on dit assujettie à l’empire des images, Barack Obama, par le verbe, prouve que le mot existe et détient une vraie puissance. On l’écoute et l’on comprend qu’un discours intelligent, raisonné, argumenté, peut retentir avec force et faire son chemin dans l’imaginaire collectif, ouvrant la possibilité d’un espoir. »
Emmanuelle GIULIANI et Jean-Claude RASPIENGEAS(1) éd. Actes Sud-Institut Lumière.
En s’appuyant sur l’Histoire, en y ajoutant sa propre esthétique et son charisme, le 44e président des États-Unis rend sa noblesse au discours politique
Des premières heures de sa campagne électorale à sa prestation de serment comme 44e président des États-Unis, Barack Obama a utilisé les symboles de l’Amérique, avec une sincérité et un sens de l’esthétique propres à frapper l’imaginaire de son peuple et celui du monde entier qui les connaît par la littérature, la musique et le cinéma. « Voyez la foule incroyable, jamais vue lors d’une investiture, rassemblée devant le Capitole, souligne l’historien Marc Ferro qui a beaucoup travaillé sur les représentations en politique. Une assistance bariolée de manière tout à fait novatrice, une toile multicolore inédite qui, désormais, se déploie du haut en bas de la pyramide sociale. » Une foule qui, selon Pierre de Charentenay, jésuite, rédacteur en chef de la revue Études et spécialiste des États-Unis, témoigne de la naissance d’un nouveau monde. « Cette investiture figure un moment charnière : il y aura eu le monde d’avant, une Amérique blanche et protestante, et un monde d’après, une Amérique diverse et ouverte au monde. »
"La troisième étape de la démocratie"Même enthousiasme chez le cinéaste Bertrand Tavernier qui vient de publier Amis américains (1). « Ce qui me frappe, c’est l’ampleur du propos, la hauteur de ton, la noblesse de vue, la beauté de la forme. Certains de ses discours m’ont procuré la même émotion que cette scène de L’Extravagant Mr. Ruggles, de Leo Mc Carey. On y voit Charles Laughton, qui joue un domestique britannique, en apparence coupé de la culture américaine. Lors d’une discussion dans un bar, les participants cherchent ce qu’Abraham Lincoln a bien pu dire lors de son fameux discours de Gettysburg. Personne ne s’en souvient vraiment. Soudain, ce domestique, anglais de surcroît, récite L’Adresse à Gettysburg avec une solennité et une dignité magnifiques. Je revis la même impression quand j’écoute Obama. »
« Ce métis que rien ne destinait à gravir les échelons vient rappeler la grandeur du passé de son pays, poursuit le réalisateur français. L’Amérique retrouve ce qu’elle avait perdu depuis les grands discours de Roosevelt. Comme dit le documentariste Ken Burnes (The War), il donne l’impression de franchir la troisième étape de la démocratie. Après Jefferson qui disait : tous les hommes sont égaux (sous-entendu, les Blancs qui peuvent payer l’impôt), après Lincoln qui pensait qu’ils le seraient dans deux cents ans, Obama affirme : maintenant, nous pouvons faire que tous les hommes le deviennent. »
"Avec lui, on a l’impression que le passé a un poids"Au nom de l’Histoire… « Avec lui, soutient Bertrand Tavernier, on a l’impression que le passé existe, qu’il a un poids, qu’il conditionne les actes du présent. Sa façon d’utiliser les symboles américains est un message à son peuple : l’Histoire s’écrit ensemble et le présent se forge avec le passé. » Le nouveau président ne balaie pas la tradition, jusqu’au rituel des parades et des trompettes, des poèmes et des bals.Son hommage appuyé à Lincoln se décline, fond et forme, dans son attitude et son discours politiques. Anecdotiques, le train de Lincoln emprunté pour rallier Washington, le menu « à la Lincoln » servi pour le repas officiel au Capitole ou la prestation de serment sur l’exemplaire de la Bible du 16e président des États-Unis ? « Peut-être, reconnaît Pierre de Charentenay, mais pas seulement. Barack Obama sait très bien user de ces symboles sans excès : c’est implicite – plutôt qu’appuyé – dans ses discours, mais incarné dans son comportement. »
"La présence du religieux est assumée avec calme"Comme la référence à Martin Luther King et cette image d’une extraordinaire puissance évocatrice : quarante-cinq ans après le discours du leader noir sur les marches du Lincoln Memorial, à quelques heures de devenir président, Barack Obama a remis ses pas dans ceux de l’un de ses modèles.Si Marc Ferro constate un « climat religieux évident dans la foule, quelles que soient ses croyances, qui baisse unanimement la tête lors de la prise de parole par le révérend évangélique Rick Warren », Pierre de Charentenay décèle en Barack Obama un « Américain ordinaire pour lequel la présence du religieux est assumée avec calme, modération et sincérité ».« Enfin, insiste Bertrand Tavernier, dans une civilisation que l’on dit assujettie à l’empire des images, Barack Obama, par le verbe, prouve que le mot existe et détient une vraie puissance. On l’écoute et l’on comprend qu’un discours intelligent, raisonné, argumenté, peut retentir avec force et faire son chemin dans l’imaginaire collectif, ouvrant la possibilité d’un espoir. »
Emmanuelle GIULIANI et Jean-Claude RASPIENGEAS(1) éd. Actes Sud-Institut Lumière.
Quand Obama écrit son Histoire
Quand Obama écrit son Histoire - Influences, confluences et circonvolutions - Blog LeMonde.fr
Chez le nouveau président, la référence à l’Histoire est systématique. Il se positionne en digne héritier des pères fondateurs ou des figures mythiques américaines, laissant de côté ses illustres prédécesseurs fussent-ils démocrates. Ceci sert avant tout un projet politique : créer un cercle civique vertueux « espérance / unité / mobilisation » afin de susciter chez ses concitoyens un sentiment de responsabilité individuelle. Il sait qu’il en a besoin pour « surmonter les défis », autrement dit les problèmes de l’Amérique. Tentative de décryptage des références « obamiennes » à travers ses discours clés*.
Dès l’introduction de son discours d’investiture, le 44ème président invoque le passé pour souligner le fait que l’Amérique a toujours avancé dans le respect de son Histoire : « l’Amérique a tenu parce que nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution. ». Par ailleurs, un concentré de ses thèmes et obsessions se trouve dans cet extrait issu de son discours de Philadelphie sur les races : « … je crois profondément que nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble, que nous ne pourrons parfaire l’union que si nous comprenons que nous avons tous une histoire différente mais que nous partageons de mêmes espoirs». Barack Obama insiste sur l’espoir comme ressort citoyen, l’importance de l’unité comme préalable à l’action publique, sur la nécessité de parachever la démocratie américaine. Ses références sont des figures du Panthéon de l’Histoire américaine. Est convoqué, Abraham Lincoln premier président républicain pour avoir plaidé inlassablement en faveur de la concorde nationale. Martin Luther King pour avoir fait vivre le rêve émancipateur. Thomas Jefferson pour avoir posé les bases de la démocratie. Sont absents tous les présidents démocrates.
L’unité contre la division, l’argument de Lincoln.Dans sa façon d’aborder la question noire, Obama cherche à surmonter les divisions et les affrontements du passé. Sans nier la colère ou les ressentiments des noirs comme des blancs, il déplace systématiquement les enjeux sur le terrain économique et social rappelant que « ces problèmes ne sont ni noirs, ni blancs, ni asiatiques, ni hispaniques, ils nous concernent tous ». A ce titre, Abraham Lincoln est sa référence. Parce qu’il est resté dans l’Histoire américaine comme l’avocat passionné de la cause abolitionniste. Mais Lincoln ne dénonçait pas seulement l’esclavage au nom de l’injustice, il le faisait au nom de la division inacceptable qu’elle engendrait dans le pays. En grand pourfendeur des anti-abolitionnistes, il déclara dans son célèbre discours du 16 juin 1858 : « a house divided against itself cannot stand. ». Obama l’a transformé en position de principe : « Nous ne pouvons accepter une politique qui alimente la division ou le conflit ». Une affirmation dans la lignée du bipartisme à l’américaine qui annonce sa volonté de gouverner au centre.
L’Union politique à parfaire, la référence à Jefferson et aux pères fondateurs.Obama présente son pays comme « une Union à parfaire ». Une phrase qu’il reprend textuellement du préambule de la Constitution américaine (1887) : « Nous le peuple, dans le but de former une union plus parfaite… ». La déclaration d’indépendance (1776), signée par 13 Etats, rédigée par Thomas Jefferson posait les bases d’une Union destinée à s’entendre. Elle énonçait les droits naturels et fondamentaux : « tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. ». Dans son discours d’investiture, Obama réaffirme les « nobles idées américaines » réaffirmant dans une analogie revendiquée : « les promesses de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous de prétendre à la pleine mesure du bonheur ». Lorsque Barack Obama invoque les pères fondateurs, c’est pour signifier que son dessein est de parachever l’œuvre de Jefferson. Le thème de la « refondation » lui permet de souligner, en creux, les dysfonctionnements de l’Amérique actuelle et de situer ses projets non en rupture, mais dans la continuité par rapport à « un passé qui ne passe pas, sinon ce ne serait pas le passé » (Faulkner).
L’espoir contre la fatalité, l’inspiration de Martin Luther King.Obama reprend de Martin Luther King, la conviction que la volonté l’emporte sur la fatalité, l’espoir sur le cynisme. Au soir de son élection, le 4 novembre dernier, il présentait sa victoire comme « une réponse à ceux qui avaient instillé le cynisme ». A l’incantation « I have a dream » de Luther King rythmant son discours du 28 août 1963, répond le refrain « Yes we can » de Barack Obama dans son discours de victoire. Au rêve du Dr King de voir les blancs et les noirs vivre ensemble : « je fais le rêve qu’un jour…les fils des esclaves et les fils des propriétaires d’esclaves puissent s’asseoir ensemble à la table de la fraternité », répond le réalisme d’Obama : « ma conviction profonde, ancrée dans ma foi en Dieu et ma foi dans le peuple américain, est qu’en travaillant ensemble nous arriverons à panser nos vieilles blessures raciales». Obama entend faire vivre cet espoir et l’utiliser comme un outil au service de son action politique.
Obama a prononcé son discours de pré-investiture, dimanche 18 janvier, devant le Lincoln Memorial. A l’endroit même où Martin Luther King prononça son célèbre « I have a dream ». Dans ce lieu, Luther King cita Jefferson pour souligner que l’égalité formelle inscrite dans la déclaration d’indépendance n’avait pas de traduction concrète pour les noirs américains. Obama, au soir du 4 novembre 2008 citait textuellement Lincoln « nous ne sommes pas des ennemis, mais des amis ». Grâce à ce cercle de références politiques, Obama se place lui-même dans la lignée et au niveau des plus grands. Dans son Panthéon, aucun ancien illustre président démocrate n’est convoqué. Ni Lyndon B. Johnson, figure de la lutte pour les droits civiques, promoteur du « Civil Rights Act » et du « Voting Rights Act ». Ni Franklin Delanoe Roosevelt, l’inventeur du New Deal. Ni John Fitzgerald Kennedy jeune et premier président catholique du pays. Toute Histoire s’accompagne d’une part de mythologie, mais aussi d’habilité politique. Obama n’échappe pas à la règle.
* Sources : discours d’investiture du 20 janvier 2009, discours sur les races à Philadelphie du 4 mars 2008, discours de victoire du 4 novembre 2008, discours d’acceptation de nomination à la Convention démocrate.
Chez le nouveau président, la référence à l’Histoire est systématique. Il se positionne en digne héritier des pères fondateurs ou des figures mythiques américaines, laissant de côté ses illustres prédécesseurs fussent-ils démocrates. Ceci sert avant tout un projet politique : créer un cercle civique vertueux « espérance / unité / mobilisation » afin de susciter chez ses concitoyens un sentiment de responsabilité individuelle. Il sait qu’il en a besoin pour « surmonter les défis », autrement dit les problèmes de l’Amérique. Tentative de décryptage des références « obamiennes » à travers ses discours clés*.
Dès l’introduction de son discours d’investiture, le 44ème président invoque le passé pour souligner le fait que l’Amérique a toujours avancé dans le respect de son Histoire : « l’Amérique a tenu parce que nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution. ». Par ailleurs, un concentré de ses thèmes et obsessions se trouve dans cet extrait issu de son discours de Philadelphie sur les races : « … je crois profondément que nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble, que nous ne pourrons parfaire l’union que si nous comprenons que nous avons tous une histoire différente mais que nous partageons de mêmes espoirs». Barack Obama insiste sur l’espoir comme ressort citoyen, l’importance de l’unité comme préalable à l’action publique, sur la nécessité de parachever la démocratie américaine. Ses références sont des figures du Panthéon de l’Histoire américaine. Est convoqué, Abraham Lincoln premier président républicain pour avoir plaidé inlassablement en faveur de la concorde nationale. Martin Luther King pour avoir fait vivre le rêve émancipateur. Thomas Jefferson pour avoir posé les bases de la démocratie. Sont absents tous les présidents démocrates.
L’unité contre la division, l’argument de Lincoln.Dans sa façon d’aborder la question noire, Obama cherche à surmonter les divisions et les affrontements du passé. Sans nier la colère ou les ressentiments des noirs comme des blancs, il déplace systématiquement les enjeux sur le terrain économique et social rappelant que « ces problèmes ne sont ni noirs, ni blancs, ni asiatiques, ni hispaniques, ils nous concernent tous ». A ce titre, Abraham Lincoln est sa référence. Parce qu’il est resté dans l’Histoire américaine comme l’avocat passionné de la cause abolitionniste. Mais Lincoln ne dénonçait pas seulement l’esclavage au nom de l’injustice, il le faisait au nom de la division inacceptable qu’elle engendrait dans le pays. En grand pourfendeur des anti-abolitionnistes, il déclara dans son célèbre discours du 16 juin 1858 : « a house divided against itself cannot stand. ». Obama l’a transformé en position de principe : « Nous ne pouvons accepter une politique qui alimente la division ou le conflit ». Une affirmation dans la lignée du bipartisme à l’américaine qui annonce sa volonté de gouverner au centre.
L’Union politique à parfaire, la référence à Jefferson et aux pères fondateurs.Obama présente son pays comme « une Union à parfaire ». Une phrase qu’il reprend textuellement du préambule de la Constitution américaine (1887) : « Nous le peuple, dans le but de former une union plus parfaite… ». La déclaration d’indépendance (1776), signée par 13 Etats, rédigée par Thomas Jefferson posait les bases d’une Union destinée à s’entendre. Elle énonçait les droits naturels et fondamentaux : « tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. ». Dans son discours d’investiture, Obama réaffirme les « nobles idées américaines » réaffirmant dans une analogie revendiquée : « les promesses de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous de prétendre à la pleine mesure du bonheur ». Lorsque Barack Obama invoque les pères fondateurs, c’est pour signifier que son dessein est de parachever l’œuvre de Jefferson. Le thème de la « refondation » lui permet de souligner, en creux, les dysfonctionnements de l’Amérique actuelle et de situer ses projets non en rupture, mais dans la continuité par rapport à « un passé qui ne passe pas, sinon ce ne serait pas le passé » (Faulkner).
L’espoir contre la fatalité, l’inspiration de Martin Luther King.Obama reprend de Martin Luther King, la conviction que la volonté l’emporte sur la fatalité, l’espoir sur le cynisme. Au soir de son élection, le 4 novembre dernier, il présentait sa victoire comme « une réponse à ceux qui avaient instillé le cynisme ». A l’incantation « I have a dream » de Luther King rythmant son discours du 28 août 1963, répond le refrain « Yes we can » de Barack Obama dans son discours de victoire. Au rêve du Dr King de voir les blancs et les noirs vivre ensemble : « je fais le rêve qu’un jour…les fils des esclaves et les fils des propriétaires d’esclaves puissent s’asseoir ensemble à la table de la fraternité », répond le réalisme d’Obama : « ma conviction profonde, ancrée dans ma foi en Dieu et ma foi dans le peuple américain, est qu’en travaillant ensemble nous arriverons à panser nos vieilles blessures raciales». Obama entend faire vivre cet espoir et l’utiliser comme un outil au service de son action politique.
Obama a prononcé son discours de pré-investiture, dimanche 18 janvier, devant le Lincoln Memorial. A l’endroit même où Martin Luther King prononça son célèbre « I have a dream ». Dans ce lieu, Luther King cita Jefferson pour souligner que l’égalité formelle inscrite dans la déclaration d’indépendance n’avait pas de traduction concrète pour les noirs américains. Obama, au soir du 4 novembre 2008 citait textuellement Lincoln « nous ne sommes pas des ennemis, mais des amis ». Grâce à ce cercle de références politiques, Obama se place lui-même dans la lignée et au niveau des plus grands. Dans son Panthéon, aucun ancien illustre président démocrate n’est convoqué. Ni Lyndon B. Johnson, figure de la lutte pour les droits civiques, promoteur du « Civil Rights Act » et du « Voting Rights Act ». Ni Franklin Delanoe Roosevelt, l’inventeur du New Deal. Ni John Fitzgerald Kennedy jeune et premier président catholique du pays. Toute Histoire s’accompagne d’une part de mythologie, mais aussi d’habilité politique. Obama n’échappe pas à la règle.
* Sources : discours d’investiture du 20 janvier 2009, discours sur les races à Philadelphie du 4 mars 2008, discours de victoire du 4 novembre 2008, discours d’acceptation de nomination à la Convention démocrate.
mercredi 21 janvier 2009
Obama à l'aise dans son nouveau costume
Courrier international, ÉTATS-UNIS • Obama à l'aise dans son nouveau costume
En tant que président des Etats-Unis, la tâche du nouvel hôte de la Maison-Blanche est immense. En dépit des difficultés qui s'annoncent, il a le désir d'avancer et de sortir son pays de l'ère Bush. Pour y parvenir, il aura besoin d'un soutien continu de l'opinion publique.
Barack Obama, fils d'un Africain et d'une Américaine blanche, devient, ce 20 janvier, le 44e président des Etats-Unis. La conception qu'il a de ses fonctions remplit d'enthousiasme les Etats-Unis et le monde. Cela parce que c'est un homme exceptionnel, qui possède toutes les qualités d'un grand président. Mieux, parce que le nouveau dirigeant du pays le plus puissant du monde incarne un principe essentiel et ô combien américain, à savoir que tous les hommes sont nés égaux. Des années durant, les Noirs américains ont vu le serment de Thomas Jefferson dans la Déclaration d'indépendance bafoué par des obstacles juridiques et des préjugés persistants. Comme l'a souvent souligné le nouveau président, son élection n'a pas permis de bâtir la société indifférente à la couleur de peau telle qu'elle avait été rêvée par Martin Luther King, encore moins de perfectionner l'Union que les Pères fondateurs avaient imaginée. Elle n'en a pas moins représenté une immense avancée historique. Elle lance un défi aux autres pays pour qu'ils soient à la hauteur des principes qu'ils ont adoptés. Autant que les Etats-Unis, le monde n'est pas seulement impressionné par cette investiture, il est ému – et il a raison de l'être. On aurait aimé que le sourd sentiment de crise pèse moins sur ces cérémonies d'investiture. Mais l'Histoire en a décidé autrement. Le président Obama remplace un prédécesseur marqué par l'échec et il doit faire face aux pires épreuves qui soient depuis Franklin Roosevelt et la crise de 1929, et ce sur de multiples fronts. L'économie est plongée dans une profonde récession et, comme dans les années 1930, il ne s'agit pas d'une récession ordinaire. Le gouvernement a consacré des centaines de milliards de dollars à un plan de sauvetage, mais le système financier américain est loin d'être sorti d'affaire. Le danger d'une crise prolongée reste réel. Le nouveau président doit se pencher sur des dossiers comme l'Irak et l'Afghanistan, la situation explosive au Moyen-Orient et au Pakistan, les tensions avec la Russie et les problèmes posés par une Chine et une Inde en pleine ascension. Il doit prendre la tête d'une réponse mondiale à une possible accélération du changement climatique, avant que la situation n'échappe à tout contrôle. Sur le plan intérieur, Obama doit réaffirmer l'Etat de droit et restaurer l'équilibre constitutionnel garanti par une séparation des pouvoirs, tout en faisant face aux sérieuses menaces contre la sécurité nationale. Comme si cela ne suffisait pas, il a promis une refonte du système de santé – une entreprise depuis trop longtemps nécessaire et dont l'ampleur de la tâche suffirait à accaparer toute présidence normale. Peut-il réussir ? Le nouveau président semble avoir le caractère et le tempérament exigés par les circonstances, et le pays exprime une grande confiance dans son nouveau dirigeant. Mais tout président est à la merci des événements, et il est encadré par un Congrès très en pointe dans le domaine de la politique intérieure. Pour avoir les coudées franches, y compris vis-à-vis de son propre parti, Obama aura besoin du soutien inébranlable de l'opinion. S'il parvient à l'obtenir, en sachant mener ses politiques et définir ses priorités, nous pensons qu'il est capable d'accélérer le redressement du pays et de le ramener à la place qui lui revient dans l'estime du monde.
EditorialFinancial Times
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Barack Obama se met au travail
En tant que président des Etats-Unis, la tâche du nouvel hôte de la Maison-Blanche est immense. En dépit des difficultés qui s'annoncent, il a le désir d'avancer et de sortir son pays de l'ère Bush. Pour y parvenir, il aura besoin d'un soutien continu de l'opinion publique.
Barack Obama, fils d'un Africain et d'une Américaine blanche, devient, ce 20 janvier, le 44e président des Etats-Unis. La conception qu'il a de ses fonctions remplit d'enthousiasme les Etats-Unis et le monde. Cela parce que c'est un homme exceptionnel, qui possède toutes les qualités d'un grand président. Mieux, parce que le nouveau dirigeant du pays le plus puissant du monde incarne un principe essentiel et ô combien américain, à savoir que tous les hommes sont nés égaux. Des années durant, les Noirs américains ont vu le serment de Thomas Jefferson dans la Déclaration d'indépendance bafoué par des obstacles juridiques et des préjugés persistants. Comme l'a souvent souligné le nouveau président, son élection n'a pas permis de bâtir la société indifférente à la couleur de peau telle qu'elle avait été rêvée par Martin Luther King, encore moins de perfectionner l'Union que les Pères fondateurs avaient imaginée. Elle n'en a pas moins représenté une immense avancée historique. Elle lance un défi aux autres pays pour qu'ils soient à la hauteur des principes qu'ils ont adoptés. Autant que les Etats-Unis, le monde n'est pas seulement impressionné par cette investiture, il est ému – et il a raison de l'être. On aurait aimé que le sourd sentiment de crise pèse moins sur ces cérémonies d'investiture. Mais l'Histoire en a décidé autrement. Le président Obama remplace un prédécesseur marqué par l'échec et il doit faire face aux pires épreuves qui soient depuis Franklin Roosevelt et la crise de 1929, et ce sur de multiples fronts. L'économie est plongée dans une profonde récession et, comme dans les années 1930, il ne s'agit pas d'une récession ordinaire. Le gouvernement a consacré des centaines de milliards de dollars à un plan de sauvetage, mais le système financier américain est loin d'être sorti d'affaire. Le danger d'une crise prolongée reste réel. Le nouveau président doit se pencher sur des dossiers comme l'Irak et l'Afghanistan, la situation explosive au Moyen-Orient et au Pakistan, les tensions avec la Russie et les problèmes posés par une Chine et une Inde en pleine ascension. Il doit prendre la tête d'une réponse mondiale à une possible accélération du changement climatique, avant que la situation n'échappe à tout contrôle. Sur le plan intérieur, Obama doit réaffirmer l'Etat de droit et restaurer l'équilibre constitutionnel garanti par une séparation des pouvoirs, tout en faisant face aux sérieuses menaces contre la sécurité nationale. Comme si cela ne suffisait pas, il a promis une refonte du système de santé – une entreprise depuis trop longtemps nécessaire et dont l'ampleur de la tâche suffirait à accaparer toute présidence normale. Peut-il réussir ? Le nouveau président semble avoir le caractère et le tempérament exigés par les circonstances, et le pays exprime une grande confiance dans son nouveau dirigeant. Mais tout président est à la merci des événements, et il est encadré par un Congrès très en pointe dans le domaine de la politique intérieure. Pour avoir les coudées franches, y compris vis-à-vis de son propre parti, Obama aura besoin du soutien inébranlable de l'opinion. S'il parvient à l'obtenir, en sachant mener ses politiques et définir ses priorités, nous pensons qu'il est capable d'accélérer le redressement du pays et de le ramener à la place qui lui revient dans l'estime du monde.
EditorialFinancial Times
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L'investiture d'Obama
Le programme de la cérémonie du 20 janvier 2009
dossiers
Barack Obama se met au travail
Editorial - President Obama - NYTimes.com
Editorial - President Obama - NYTimes.com
There was no shortage of powerful imagery on Barack Obama’s Inauguration Day, starting with the confident man who defied all political conventions — that he was too young, too inexperienced, too black or not black enough — to stand on the steps of the Capitol and take the oath of office in a city and a country that are still racially divided in many shameful ways.
And there was the crowd that for a day, and we hope much longer, defied those divisions. By the hundreds of thousands they came from every part of a nation that has rarely been in such peril and yet is so optimistic about its new leader.
In his Inaugural Address, President Obama gave them the clarity and the respect for which all Americans have hungered. In about 20 minutes, he swept away eight years of President George Bush’s false choices and failed policies and promised to recommit to America’s most cherished ideals.
With Mr. Bush looking on (and we’d like to think feeling some remorse), President Obama declared: “On this day, we gather because we have chosen hope over fear, unity of purpose over conflict and discord. On this day, we come to proclaim an end to the petty grievances and false promises, the recriminations and worn- out dogmas that for far too long have strangled our politics.”
The speech was not programmatic, nor was it filled with as much soaring language as F.D.R.’s first Inaugural Address or John Kennedy’s only one. But it left no doubt how Mr. Obama sees the nation’s problems and how he intends to fix them and, unlike Mr. Bush, the necessary sacrifices he will ask of all Americans.
The American story “has not been the path for the faint-hearted, for those who prefer leisure over work, or seek only the pleasures of riches and fame,” he said.
Just as he reshaped the Democratic Party to win its nomination, and the American electorate to defeat John McCain, Mr. Obama said he intended to reshape government so it will truly serve its citizens.
“The question we ask today is not whether our government is too big or too small, but whether it works, whether it helps families find jobs at a decent wage, care they can afford, a retirement that is dignified,” he said.
Mr. Obama was unsparing in condemning the failed ideology of uncontrolled markets. He said the current economic crisis showed how “without a watchful eye, the market can spin out of control” and that the nation has to extend the reach of prosperity to “every willing heart, not out of charity, but because it is the surest route to our common good.”
Mr. Obama also did not shrink from the early criticism of his ambitious economic recovery plan. Rather, he said the “state of our economy calls for action, bold and swift,” to build roads and bridges and electrical power and digital networks, to transform schools, and “harness the sun and the winds and the soil to fuel our cars and run our factories.”
After more than seven years of Mr. Bush’s using fear and xenophobia to justify a disastrous and unnecessary war, and undermine the most fundamental American rights, it was exhilarating to hear Mr. Obama reject “as false the choice between our safety and our ideals.”
Instead of Mr. Bush’s unilateralism, Mr. Obama said the United States is “ready to lead once more,” by making itself a “friend of each nation and every man, woman and child who seeks a future of peace and dignity.” He said “our power alone cannot protect us, nor does it entitle us to do as we please.” Mr. Obama told the Muslim world that he wants “a new way forward, based on mutual interest and mutual respect.”
Mr. Obama was steely toward those “who seek to advance their aims by inducing terror and slaughtering innocents.” He warned them that “our spirit is stronger and cannot be broken; you cannot outlast us, and we will defeat you.” But where Mr. Bush painted this as an epochal, almost biblical battle between America and those who hate us and “who hate freedom,” Mr. Obama also offered to “extend a hand if you are willing to unclench your fist.”
As the day continued with a parade and parties and balls, the image that stayed with us was the way the 44th president managed to embrace the symbolism and rise above it. It filled us with hope that with Mr. Obama’s help, this battered nation will be able to draw together and mend itself.
There was no shortage of powerful imagery on Barack Obama’s Inauguration Day, starting with the confident man who defied all political conventions — that he was too young, too inexperienced, too black or not black enough — to stand on the steps of the Capitol and take the oath of office in a city and a country that are still racially divided in many shameful ways.
And there was the crowd that for a day, and we hope much longer, defied those divisions. By the hundreds of thousands they came from every part of a nation that has rarely been in such peril and yet is so optimistic about its new leader.
In his Inaugural Address, President Obama gave them the clarity and the respect for which all Americans have hungered. In about 20 minutes, he swept away eight years of President George Bush’s false choices and failed policies and promised to recommit to America’s most cherished ideals.
With Mr. Bush looking on (and we’d like to think feeling some remorse), President Obama declared: “On this day, we gather because we have chosen hope over fear, unity of purpose over conflict and discord. On this day, we come to proclaim an end to the petty grievances and false promises, the recriminations and worn- out dogmas that for far too long have strangled our politics.”
The speech was not programmatic, nor was it filled with as much soaring language as F.D.R.’s first Inaugural Address or John Kennedy’s only one. But it left no doubt how Mr. Obama sees the nation’s problems and how he intends to fix them and, unlike Mr. Bush, the necessary sacrifices he will ask of all Americans.
The American story “has not been the path for the faint-hearted, for those who prefer leisure over work, or seek only the pleasures of riches and fame,” he said.
Just as he reshaped the Democratic Party to win its nomination, and the American electorate to defeat John McCain, Mr. Obama said he intended to reshape government so it will truly serve its citizens.
“The question we ask today is not whether our government is too big or too small, but whether it works, whether it helps families find jobs at a decent wage, care they can afford, a retirement that is dignified,” he said.
Mr. Obama was unsparing in condemning the failed ideology of uncontrolled markets. He said the current economic crisis showed how “without a watchful eye, the market can spin out of control” and that the nation has to extend the reach of prosperity to “every willing heart, not out of charity, but because it is the surest route to our common good.”
Mr. Obama also did not shrink from the early criticism of his ambitious economic recovery plan. Rather, he said the “state of our economy calls for action, bold and swift,” to build roads and bridges and electrical power and digital networks, to transform schools, and “harness the sun and the winds and the soil to fuel our cars and run our factories.”
After more than seven years of Mr. Bush’s using fear and xenophobia to justify a disastrous and unnecessary war, and undermine the most fundamental American rights, it was exhilarating to hear Mr. Obama reject “as false the choice between our safety and our ideals.”
Instead of Mr. Bush’s unilateralism, Mr. Obama said the United States is “ready to lead once more,” by making itself a “friend of each nation and every man, woman and child who seeks a future of peace and dignity.” He said “our power alone cannot protect us, nor does it entitle us to do as we please.” Mr. Obama told the Muslim world that he wants “a new way forward, based on mutual interest and mutual respect.”
Mr. Obama was steely toward those “who seek to advance their aims by inducing terror and slaughtering innocents.” He warned them that “our spirit is stronger and cannot be broken; you cannot outlast us, and we will defeat you.” But where Mr. Bush painted this as an epochal, almost biblical battle between America and those who hate us and “who hate freedom,” Mr. Obama also offered to “extend a hand if you are willing to unclench your fist.”
As the day continued with a parade and parties and balls, the image that stayed with us was the way the 44th president managed to embrace the symbolism and rise above it. It filled us with hope that with Mr. Obama’s help, this battered nation will be able to draw together and mend itself.
Les mots justes du président Obama
Courrier international, ÉTATS-UNIS • Les mots justes du président Obama
"Avec son discours d'investiture, le président Obama a donné à tous les Américains la clarté et le respect dont ils ont cruellement besoin. En dix-huit minutes trente, il a balayé les huit années de mauvais choix et de politiques ratées du président George W. Bush et il a promis de renouer avec les espérances les plus chères de l'Amérique", analyse The New York Times. "Son discours n'a pas été programmatique et n'a pas été une accumulation de propos ronflants, contrairement au premier discours d'investiture de Franklin Roosevelt ou bien à celui prononcé par John Kennedy. Mais il a clairement montré la manière dont Obama perçoit les problèmes de la nation et comment il entend les résoudre. Et, à la différence de Bush, il a mentionné les sacrifices qu'il s'apprête à demander aux Américains." L'intégralité de ce discours est disponible en français sur le site du quotidien Le Temps.
"Avec son discours d'investiture, le président Obama a donné à tous les Américains la clarté et le respect dont ils ont cruellement besoin. En dix-huit minutes trente, il a balayé les huit années de mauvais choix et de politiques ratées du président George W. Bush et il a promis de renouer avec les espérances les plus chères de l'Amérique", analyse The New York Times. "Son discours n'a pas été programmatique et n'a pas été une accumulation de propos ronflants, contrairement au premier discours d'investiture de Franklin Roosevelt ou bien à celui prononcé par John Kennedy. Mais il a clairement montré la manière dont Obama perçoit les problèmes de la nation et comment il entend les résoudre. Et, à la différence de Bush, il a mentionné les sacrifices qu'il s'apprête à demander aux Américains." L'intégralité de ce discours est disponible en français sur le site du quotidien Le Temps.
Les ravages de l'obamania
Courrier international, MON AMÉRIQUE À MOI • Les ravages de l'obamania
MON AMÉRIQUE À MOI • Les ravages de l'obamania
Pour le dessinateur et chroniqueur Jeff Danziger, le culte de la personnalité et la frénésie mercantile entourant le 44e président américain confinent au ridicule. Sur la 42e Rue, près de chez moi, il y a eu, tout au long de la campagne électorale, une rangée de tables où l'on vendait des articles à l'effigie d'Obama. Casquettes, foulards, badges, bijoux, calendriers, fanions, ours en peluche portant un tee-shirt Obama, etc. Tout, sauf ce qui pouvait avoir un usage pratique. Aujourd'hui, l'accent est mis sur la commémoration de sa victoire. On trouve des montres ornées d'un portrait d'Obama, serties de strass et de faux rubis. J'ai acheté plusieurs badges pour des amis et un petit drapeau américain à l'effigie du nouveau président. Sur la plupart de ces gadgets, Obama arbore son sourire à la fois éclatant et déconcerté qui est sa marque de fabrique et qui s'explique sans doute par la navrante vision de la flatulence commerciale dont s'accompagne la vie politique américaine. Mais on ne peut blâmer les marchands de rue new-yorkais d'essayer de tirer un peu d'argent de toute cette effervescence. Leur meilleur argument de vente, c'est le fait que vous, les Américains moyens, avez assisté à quelque chose d'héroïque. Vous vous devez de chérir ce moment. Et si vous éprouvez quelques difficultés à le faire de vous-même, le fait d'avoir tout ce bric-à-brac commémoratif chez vous vous y aidera. D'autres ont vécu un événement important : l'effondrement de l'Union soviétique ou l'invention du téléphone portable avec GPS incorporé. Mais vous, vous avez assisté à l'élection d'un Africain-Américain à la Maison-Blanche. Alors pourquoi ne voudriez-vous pas d'une tasse ou d'une assiette commémorative ? Depuis plusieurs semaines, un spot télévisé vend une assiette Obama sur laquelle un drapeau américain et la Maison-Blanche flottent dans une sorte d'auréole entourant la tête du nouveau président. L'annonceur vous assure que vous chérirez l'assiette pendant des années et que vous vous souviendrez de la bouffée d'orgueil qui vous a envahi quand votre pays a écrit l'Histoire. Si vous passez commande tout de suite, vous pouvez aussi avoir un petit support en plastique qui vous permettra de l'exposer. Et vous n'aurez aucun supplément à payer. Quelle bonne affaire ! Mais ce n'est pas fini, il y a aussi un "certificat d'authenticité" garantissant que vous avez vraiment acheté ce bidule et qu'ils vous l'ont vendu. Lorsqu'elle sera attablée, votre famille pourra, en jetant un coup d'œil rapide au buffet, éprouver un sentiment d'unité spirituelle, une élévation de l'âme à l'idée d'avoir dépensé de l'argent en pleine dépression pour acheter ce truc débile. Le sacrifice paraîtra d'autant plus grand que, selon toute vraisemblance, la promesse d'Obama ne sera pas tenue. Mais cela n'arrivera pas avant des années. D'accord, des mois. Bon, des semaines. Vous pouvez aussi acheter une petite statuette d'Obama sur un piédestal gravé ou une sérigraphie représentant toute la famille du président – à l'exception de sa belle-mère – dans des couleurs fluo sur fond de velours noir. Il y a aussi des cravates et des baskets Obama. Ainsi que divers attirails de sport, des serviettes de plage, des boîtes à goûter, des sacs à dos, des casquettes de base-ball et des cartes de téléphone prépayées. Tout cela aussi, vous le garderez précieusement. Et pour ceux qui seraient complètement perdus entre patriotisme et crétinisme, Steuben Glass, une entreprise mondialement connue, s'est surpassée, du moins en matière de prix. Son showroom new-yorkais se trouve en plein cœur de Manhattan. Il mérite le déplacement, même si vous n'avez pas besoin de sculptures en cristal en ce moment. Leurs coupes et leurs sculptures sont merveilleusement lumineuses, originales et remarquables. Et, à présent, il y a la dernière création : une assiette commémorant l'élection d'Obama. Elle se vend 7 500 dollars et elle n'a été produite qu'en 44 exemplaires. Ce prix donne un nouveau sens au mot "chérir". Je suis un vieil admirateur de Steuben et, chaque fois que je me trouve dans le quartier, j'y passe pour voir les dernières fleurs, pommes et animaux en verre. J'espère y être à temps pour voir l'assiette Obama avant que les 44 exemplaires n'aient été écoulés. Mais le bruit court que les Chinois ont fidèlement reproduit l'assiette en PVC pour seulement 19,99 dollars [15,50 euros] et qu'elle est vendue avec un petit support, lui-même gratuit. Comme ils doivent en fabriquer 2 millions d'exemplaires, nous pourrons tous les chérir jusqu'à la Saint-Glinglin.
Jeff Danziger
ÉTATS-UNIS • Obama prône une rupture nette avec le passé
MON AMÉRIQUE À MOI • Les ravages de l'obamania
Pour le dessinateur et chroniqueur Jeff Danziger, le culte de la personnalité et la frénésie mercantile entourant le 44e président américain confinent au ridicule. Sur la 42e Rue, près de chez moi, il y a eu, tout au long de la campagne électorale, une rangée de tables où l'on vendait des articles à l'effigie d'Obama. Casquettes, foulards, badges, bijoux, calendriers, fanions, ours en peluche portant un tee-shirt Obama, etc. Tout, sauf ce qui pouvait avoir un usage pratique. Aujourd'hui, l'accent est mis sur la commémoration de sa victoire. On trouve des montres ornées d'un portrait d'Obama, serties de strass et de faux rubis. J'ai acheté plusieurs badges pour des amis et un petit drapeau américain à l'effigie du nouveau président. Sur la plupart de ces gadgets, Obama arbore son sourire à la fois éclatant et déconcerté qui est sa marque de fabrique et qui s'explique sans doute par la navrante vision de la flatulence commerciale dont s'accompagne la vie politique américaine. Mais on ne peut blâmer les marchands de rue new-yorkais d'essayer de tirer un peu d'argent de toute cette effervescence. Leur meilleur argument de vente, c'est le fait que vous, les Américains moyens, avez assisté à quelque chose d'héroïque. Vous vous devez de chérir ce moment. Et si vous éprouvez quelques difficultés à le faire de vous-même, le fait d'avoir tout ce bric-à-brac commémoratif chez vous vous y aidera. D'autres ont vécu un événement important : l'effondrement de l'Union soviétique ou l'invention du téléphone portable avec GPS incorporé. Mais vous, vous avez assisté à l'élection d'un Africain-Américain à la Maison-Blanche. Alors pourquoi ne voudriez-vous pas d'une tasse ou d'une assiette commémorative ? Depuis plusieurs semaines, un spot télévisé vend une assiette Obama sur laquelle un drapeau américain et la Maison-Blanche flottent dans une sorte d'auréole entourant la tête du nouveau président. L'annonceur vous assure que vous chérirez l'assiette pendant des années et que vous vous souviendrez de la bouffée d'orgueil qui vous a envahi quand votre pays a écrit l'Histoire. Si vous passez commande tout de suite, vous pouvez aussi avoir un petit support en plastique qui vous permettra de l'exposer. Et vous n'aurez aucun supplément à payer. Quelle bonne affaire ! Mais ce n'est pas fini, il y a aussi un "certificat d'authenticité" garantissant que vous avez vraiment acheté ce bidule et qu'ils vous l'ont vendu. Lorsqu'elle sera attablée, votre famille pourra, en jetant un coup d'œil rapide au buffet, éprouver un sentiment d'unité spirituelle, une élévation de l'âme à l'idée d'avoir dépensé de l'argent en pleine dépression pour acheter ce truc débile. Le sacrifice paraîtra d'autant plus grand que, selon toute vraisemblance, la promesse d'Obama ne sera pas tenue. Mais cela n'arrivera pas avant des années. D'accord, des mois. Bon, des semaines. Vous pouvez aussi acheter une petite statuette d'Obama sur un piédestal gravé ou une sérigraphie représentant toute la famille du président – à l'exception de sa belle-mère – dans des couleurs fluo sur fond de velours noir. Il y a aussi des cravates et des baskets Obama. Ainsi que divers attirails de sport, des serviettes de plage, des boîtes à goûter, des sacs à dos, des casquettes de base-ball et des cartes de téléphone prépayées. Tout cela aussi, vous le garderez précieusement. Et pour ceux qui seraient complètement perdus entre patriotisme et crétinisme, Steuben Glass, une entreprise mondialement connue, s'est surpassée, du moins en matière de prix. Son showroom new-yorkais se trouve en plein cœur de Manhattan. Il mérite le déplacement, même si vous n'avez pas besoin de sculptures en cristal en ce moment. Leurs coupes et leurs sculptures sont merveilleusement lumineuses, originales et remarquables. Et, à présent, il y a la dernière création : une assiette commémorant l'élection d'Obama. Elle se vend 7 500 dollars et elle n'a été produite qu'en 44 exemplaires. Ce prix donne un nouveau sens au mot "chérir". Je suis un vieil admirateur de Steuben et, chaque fois que je me trouve dans le quartier, j'y passe pour voir les dernières fleurs, pommes et animaux en verre. J'espère y être à temps pour voir l'assiette Obama avant que les 44 exemplaires n'aient été écoulés. Mais le bruit court que les Chinois ont fidèlement reproduit l'assiette en PVC pour seulement 19,99 dollars [15,50 euros] et qu'elle est vendue avec un petit support, lui-même gratuit. Comme ils doivent en fabriquer 2 millions d'exemplaires, nous pourrons tous les chérir jusqu'à la Saint-Glinglin.
Jeff Danziger
ÉTATS-UNIS • Obama prône une rupture nette avec le passé
Barack Obama se met au travail, après une investiture historique
AFP: Barack Obama se met au travail, après une investiture historique
WASHINGTON (AFP) — Sitôt entré en fonction lors d'une investiture historique, le président Barack Obama s'est mis au travail et sa première décision a visé la prison de Guantanamo, symbole des excès de la présidence Bush qu'il a promis de fermer dès que possible.
Porté par une énorme liesse populaire, Barack Obama, 47 ans, premier président noir des Etats-Unis, avait pris possession mardi de la Maison Blanche, saluant le triomphe de "l'espoir" sur "la peur" à l'heure où les Etats-Unis sont confrontés à deux guerres et une crise économique majeure.
Parmi ses promesses de campagne, il avait annoncé que la fermeture de la prison de Guantanamo, à Cuba, serait l'une de ses toutes premières décisions.
Avant même de donner l'ordre de fermeture, il a choisi de suspendre pendant 120 jours les procédures judiciaires d'exception devant les tribunaux de Guantanamo, portant un premier coup à ce système controversé créé en 2006 par le gouvernement de George W. Bush pour juger les suspects de terrorisme.
Tôt mercredi matin, quelques heures après avoir achevé en compagnie de son épouse Michelle la tournée des bals en son honneur, il devait assister à une traditionnelle prière en la cathédrale de Washington, puis rejoindre le Bureau ovale pour ses premiers rendez-vous de travail.
Parmi les premiers attendus à la Maison Blanche, les conseillers économiques et les responsables militaires du pays. Car deux tâches majeures attendent Barack Obama: trouver des réponses à la crise économique et désengager les soldats américains d'Irak pour concentrer la lutte antiterroriste sur le front afghan.
Tout au long de la journée de mardi, une ferveur populaire sans précédent et les félicitations des dirigeants du monde entier avaient porté le jeune président démocrate jusqu'à la Maison Blanche, accompagné de son épouse et de leurs deux filles, Sasha et Malia.
Plus de deux millions de personnes, beaucoup les larmes aux yeux, ont assisté à la prestation de serment de Barack Obama sur le Mall, l'immense esplanade du coeur de Washington.
Comme le veut la tradition, le président a levé la main droite et posé la gauche sur la Bible d'Abraham Lincoln, son modèle en politique.
"Moi, Barack Hussein Obama, je jure solennellement de remplir les fonctions de président des États-Unis fidèlement, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis", a-t-il déclaré, avant de prononcer son discours d'investiture.
M. Obama a félicité ses compatriotes d'avoir "préféré l'espoir à la peur" en l'élisant président.
A l'adresse du monde, il a assuré que les Etats-Unis étaient "prêts à nouveau à jouer (leur) rôle dirigeant".
Dans la foule, l'émotion était particulièrement forte chez les nombreux Américains d'origine africaine venus acclamer leur héros malgré le froid.
Barack Obama, fils d'un Kényan venu étudier aux Etats-Unis, a évoqué la question raciale en soulignant qu'il y a moins de 60 ans, son père "n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier", alors que lui-même pouvait aujourd'hui "prêter le serment le plus sacré".
Face à la menace du terrorisme, Barack Obama a prévenu les extrémistes du monde entier qu'ils ne réussiraient pas à affaiblir les Etats-Unis. "Nous vous vaincrons", a-t-il lancé. Il a promis que les troupes américaines allaient "commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable", près de six ans après l'invasion de ce pays sur ordre de M. Bush.
Il a proposé au monde musulman "une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels".
A propos de la récession qui frappe les Etats-Unis, M. Obama a estimé que l'économie américaine, "gravement affaiblie", avait été victime de "la cupidité et de l'irresponsabilité de certains".
Prenant le contre-pied de la politique de l'administration sortante, il a assuré que les Etats-Unis travailleraient "inlassablement" pour "faire reculer le spectre du réchauffement de la planète".
Le couple Obama, lui en smoking noir et noeud papillon blanc, elle en longue robe blanche, a terminé la journée sur une note plus légère, en participant aux dix bals officiels donnés pour l'investiture.
WASHINGTON (AFP) — Sitôt entré en fonction lors d'une investiture historique, le président Barack Obama s'est mis au travail et sa première décision a visé la prison de Guantanamo, symbole des excès de la présidence Bush qu'il a promis de fermer dès que possible.
Porté par une énorme liesse populaire, Barack Obama, 47 ans, premier président noir des Etats-Unis, avait pris possession mardi de la Maison Blanche, saluant le triomphe de "l'espoir" sur "la peur" à l'heure où les Etats-Unis sont confrontés à deux guerres et une crise économique majeure.
Parmi ses promesses de campagne, il avait annoncé que la fermeture de la prison de Guantanamo, à Cuba, serait l'une de ses toutes premières décisions.
Avant même de donner l'ordre de fermeture, il a choisi de suspendre pendant 120 jours les procédures judiciaires d'exception devant les tribunaux de Guantanamo, portant un premier coup à ce système controversé créé en 2006 par le gouvernement de George W. Bush pour juger les suspects de terrorisme.
Tôt mercredi matin, quelques heures après avoir achevé en compagnie de son épouse Michelle la tournée des bals en son honneur, il devait assister à une traditionnelle prière en la cathédrale de Washington, puis rejoindre le Bureau ovale pour ses premiers rendez-vous de travail.
Parmi les premiers attendus à la Maison Blanche, les conseillers économiques et les responsables militaires du pays. Car deux tâches majeures attendent Barack Obama: trouver des réponses à la crise économique et désengager les soldats américains d'Irak pour concentrer la lutte antiterroriste sur le front afghan.
Tout au long de la journée de mardi, une ferveur populaire sans précédent et les félicitations des dirigeants du monde entier avaient porté le jeune président démocrate jusqu'à la Maison Blanche, accompagné de son épouse et de leurs deux filles, Sasha et Malia.
Plus de deux millions de personnes, beaucoup les larmes aux yeux, ont assisté à la prestation de serment de Barack Obama sur le Mall, l'immense esplanade du coeur de Washington.
Comme le veut la tradition, le président a levé la main droite et posé la gauche sur la Bible d'Abraham Lincoln, son modèle en politique.
"Moi, Barack Hussein Obama, je jure solennellement de remplir les fonctions de président des États-Unis fidèlement, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis", a-t-il déclaré, avant de prononcer son discours d'investiture.
M. Obama a félicité ses compatriotes d'avoir "préféré l'espoir à la peur" en l'élisant président.
A l'adresse du monde, il a assuré que les Etats-Unis étaient "prêts à nouveau à jouer (leur) rôle dirigeant".
Dans la foule, l'émotion était particulièrement forte chez les nombreux Américains d'origine africaine venus acclamer leur héros malgré le froid.
Barack Obama, fils d'un Kényan venu étudier aux Etats-Unis, a évoqué la question raciale en soulignant qu'il y a moins de 60 ans, son père "n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier", alors que lui-même pouvait aujourd'hui "prêter le serment le plus sacré".
Face à la menace du terrorisme, Barack Obama a prévenu les extrémistes du monde entier qu'ils ne réussiraient pas à affaiblir les Etats-Unis. "Nous vous vaincrons", a-t-il lancé. Il a promis que les troupes américaines allaient "commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable", près de six ans après l'invasion de ce pays sur ordre de M. Bush.
Il a proposé au monde musulman "une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels".
A propos de la récession qui frappe les Etats-Unis, M. Obama a estimé que l'économie américaine, "gravement affaiblie", avait été victime de "la cupidité et de l'irresponsabilité de certains".
Prenant le contre-pied de la politique de l'administration sortante, il a assuré que les Etats-Unis travailleraient "inlassablement" pour "faire reculer le spectre du réchauffement de la planète".
Le couple Obama, lui en smoking noir et noeud papillon blanc, elle en longue robe blanche, a terminé la journée sur une note plus légère, en participant aux dix bals officiels donnés pour l'investiture.
Barack Obama se met au travail, après une investiture historique
AFP: Barack Obama se met au travail, après une investiture historique
WASHINGTON (AFP) — Sitôt entré en fonction lors d'une investiture historique, le président Barack Obama s'est mis au travail et sa première décision a visé la prison de Guantanamo, symbole des excès de la présidence Bush qu'il a promis de fermer dès que possible.
Porté par une énorme liesse populaire, Barack Obama, 47 ans, premier président noir des Etats-Unis, avait pris possession mardi de la Maison Blanche, saluant le triomphe de "l'espoir" sur "la peur" à l'heure où les Etats-Unis sont confrontés à deux guerres et une crise économique majeure.
Parmi ses promesses de campagne, il avait annoncé que la fermeture de la prison de Guantanamo, à Cuba, serait l'une de ses toutes premières décisions.
Avant même de donner l'ordre de fermeture, il a choisi de suspendre pendant 120 jours les procédures judiciaires d'exception devant les tribunaux de Guantanamo, portant un premier coup à ce système controversé créé en 2006 par le gouvernement de George W. Bush pour juger les suspects de terrorisme.
Tôt mercredi matin, quelques heures après avoir achevé en compagnie de son épouse Michelle la tournée des bals en son honneur, il devait assister à une traditionnelle prière en la cathédrale de Washington, puis rejoindre le Bureau ovale pour ses premiers rendez-vous de travail.
Parmi les premiers attendus à la Maison Blanche, les conseillers économiques et les responsables militaires du pays. Car deux tâches majeures attendent Barack Obama: trouver des réponses à la crise économique et désengager les soldats américains d'Irak pour concentrer la lutte antiterroriste sur le front afghan.
Tout au long de la journée de mardi, une ferveur populaire sans précédent et les félicitations des dirigeants du monde entier avaient porté le jeune président démocrate jusqu'à la Maison Blanche, accompagné de son épouse et de leurs deux filles, Sasha et Malia.
Plus de deux millions de personnes, beaucoup les larmes aux yeux, ont assisté à la prestation de serment de Barack Obama sur le Mall, l'immense esplanade du coeur de Washington.
Comme le veut la tradition, le président a levé la main droite et posé la gauche sur la Bible d'Abraham Lincoln, son modèle en politique.
"Moi, Barack Hussein Obama, je jure solennellement de remplir les fonctions de président des États-Unis fidèlement, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis", a-t-il déclaré, avant de prononcer son discours d'investiture.
M. Obama a félicité ses compatriotes d'avoir "préféré l'espoir à la peur" en l'élisant président.
A l'adresse du monde, il a assuré que les Etats-Unis étaient "prêts à nouveau à jouer (leur) rôle dirigeant".
Dans la foule, l'émotion était particulièrement forte chez les nombreux Américains d'origine africaine venus acclamer leur héros malgré le froid.
Barack Obama, fils d'un Kényan venu étudier aux Etats-Unis, a évoqué la question raciale en soulignant qu'il y a moins de 60 ans, son père "n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier", alors que lui-même pouvait aujourd'hui "prêter le serment le plus sacré".
Face à la menace du terrorisme, Barack Obama a prévenu les extrémistes du monde entier qu'ils ne réussiraient pas à affaiblir les Etats-Unis. "Nous vous vaincrons", a-t-il lancé. Il a promis que les troupes américaines allaient "commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable", près de six ans après l'invasion de ce pays sur ordre de M. Bush.
Il a proposé au monde musulman "une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels".
A propos de la récession qui frappe les Etats-Unis, M. Obama a estimé que l'économie américaine, "gravement affaiblie", avait été victime de "la cupidité et de l'irresponsabilité de certains".
Prenant le contre-pied de la politique de l'administration sortante, il a assuré que les Etats-Unis travailleraient "inlassablement" pour "faire reculer le spectre du réchauffement de la planète".
Le couple Obama, lui en smoking noir et noeud papillon blanc, elle en longue robe blanche, a terminé la journée sur une note plus légère, en participant aux dix bals officiels donnés pour l'investiture.
WASHINGTON (AFP) — Sitôt entré en fonction lors d'une investiture historique, le président Barack Obama s'est mis au travail et sa première décision a visé la prison de Guantanamo, symbole des excès de la présidence Bush qu'il a promis de fermer dès que possible.
Porté par une énorme liesse populaire, Barack Obama, 47 ans, premier président noir des Etats-Unis, avait pris possession mardi de la Maison Blanche, saluant le triomphe de "l'espoir" sur "la peur" à l'heure où les Etats-Unis sont confrontés à deux guerres et une crise économique majeure.
Parmi ses promesses de campagne, il avait annoncé que la fermeture de la prison de Guantanamo, à Cuba, serait l'une de ses toutes premières décisions.
Avant même de donner l'ordre de fermeture, il a choisi de suspendre pendant 120 jours les procédures judiciaires d'exception devant les tribunaux de Guantanamo, portant un premier coup à ce système controversé créé en 2006 par le gouvernement de George W. Bush pour juger les suspects de terrorisme.
Tôt mercredi matin, quelques heures après avoir achevé en compagnie de son épouse Michelle la tournée des bals en son honneur, il devait assister à une traditionnelle prière en la cathédrale de Washington, puis rejoindre le Bureau ovale pour ses premiers rendez-vous de travail.
Parmi les premiers attendus à la Maison Blanche, les conseillers économiques et les responsables militaires du pays. Car deux tâches majeures attendent Barack Obama: trouver des réponses à la crise économique et désengager les soldats américains d'Irak pour concentrer la lutte antiterroriste sur le front afghan.
Tout au long de la journée de mardi, une ferveur populaire sans précédent et les félicitations des dirigeants du monde entier avaient porté le jeune président démocrate jusqu'à la Maison Blanche, accompagné de son épouse et de leurs deux filles, Sasha et Malia.
Plus de deux millions de personnes, beaucoup les larmes aux yeux, ont assisté à la prestation de serment de Barack Obama sur le Mall, l'immense esplanade du coeur de Washington.
Comme le veut la tradition, le président a levé la main droite et posé la gauche sur la Bible d'Abraham Lincoln, son modèle en politique.
"Moi, Barack Hussein Obama, je jure solennellement de remplir les fonctions de président des États-Unis fidèlement, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis", a-t-il déclaré, avant de prononcer son discours d'investiture.
M. Obama a félicité ses compatriotes d'avoir "préféré l'espoir à la peur" en l'élisant président.
A l'adresse du monde, il a assuré que les Etats-Unis étaient "prêts à nouveau à jouer (leur) rôle dirigeant".
Dans la foule, l'émotion était particulièrement forte chez les nombreux Américains d'origine africaine venus acclamer leur héros malgré le froid.
Barack Obama, fils d'un Kényan venu étudier aux Etats-Unis, a évoqué la question raciale en soulignant qu'il y a moins de 60 ans, son père "n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier", alors que lui-même pouvait aujourd'hui "prêter le serment le plus sacré".
Face à la menace du terrorisme, Barack Obama a prévenu les extrémistes du monde entier qu'ils ne réussiraient pas à affaiblir les Etats-Unis. "Nous vous vaincrons", a-t-il lancé. Il a promis que les troupes américaines allaient "commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable", près de six ans après l'invasion de ce pays sur ordre de M. Bush.
Il a proposé au monde musulman "une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels".
A propos de la récession qui frappe les Etats-Unis, M. Obama a estimé que l'économie américaine, "gravement affaiblie", avait été victime de "la cupidité et de l'irresponsabilité de certains".
Prenant le contre-pied de la politique de l'administration sortante, il a assuré que les Etats-Unis travailleraient "inlassablement" pour "faire reculer le spectre du réchauffement de la planète".
Le couple Obama, lui en smoking noir et noeud papillon blanc, elle en longue robe blanche, a terminé la journée sur une note plus légère, en participant aux dix bals officiels donnés pour l'investiture.
Le film d’une investiture pas comme les autres
Le film d’une investiture pas comme les autres - Blogs Elections Américaines
Le film d’une investiture pas comme les autres 21/01/2009 - 09h36 ]
L’investiture de Barack Obama a été conçue comme une collection de moments dont on gardera les images en mémoire pour longtemps.
L’arrivée en train à Washington, la prestation de serment sur la bible d’Abraham Lincoln, la parade, la robe de bal de Michelle Obama, les photos de la nouvelle First Family - proche des Kennedy par sa jeunesse et historique par sa couleur de peau - sont des images heureuses et, somme toute, un peu convenues. Mais le discours de Barack Obama, par exemple, était attendu avec ferveur par des Américains ayant le sentiment de tourner pour de bon une page de l’histoire de leur pays. Il y a eu, aussi, beaucoup de musique.Aretha Franklin, la reine de la soul, a chanté pour le nouveau président. Dans un registre plus classique, John Williams a composé un morceau pour l’investiture, interprété hier par le violoncelliste Yo-Yo Ma, le violoniste Itzhak Perlman, le clarinettiste Anthony McGill et la pianiste Gabriela Montero. Deux jours plus tôt, un formidable concert « We are One » (« Nous sommes Un »), donné sur les marches du Lincoln Memorial, avait enthousiasmé les spectateurs, avec Bono, Beyoncé et bien d’autres. La photo d’un Bruce Springsteen emmitouflé jouant de la guitare au milieu d’une chorale, a fait la une des journaux.L’imprévu, comme souvent, a été au rendez-vous. Les sénateurs Ted Kennedy et Robert Byrd ont ainsi été victimes d’un malaise lors du déjeuner d’investiture. De son côté, devant les caméras de la présentatrice star Oprah Winfrey, Jill Biden, l’épouse du vice-président, a assuré lundi que son mari avait eu le choix entre la vice-présidence et le portefeuille des Affaires étrangères (confié à Hillary Clinton). Une gaffe qui a provoqué un démenti rapide mais qui a fait les délices des commentateurs.Service communautaireD’habitude tranquille et un peu provinciale, Washington a été, ces derniers jours, transformée par la foule et la très forte présence des forces de l’ordre. Une immense mer de bonnets colorés et de manteaux, serrés dans le froid sur le Mall, la grande pelouse qui s’étend du Capitole au Lincoln Memorial, a été partie prenante de « l’inauguration », comme on l’appelle ici. Les enfants et les adolescents étaient en grand nombre, profitant lundi du jour de congé du Martin Luther King Day pour participer, eux aussi, à la fête. Cette journée, dédiée au service communautaire, a permis de montrer sur toutes les télévisions un président élu, en jean gris, repeignant le mur d’un foyer pour adolescents à Washington tandis que Michelle Obama participait à une distribution dans un refuge.Venus de toute l’Amérique, les participants, souvent sans ticket pour assister aux événements de l’inauguration, ne cachaient ni leur joie ni leur émotion. Comme ce Noir américain centenaire venu de la Nouvelle-Orléans qui expliquait, les larmes aux yeux, qu’il était assez vieux pour avoir ramassé le coton, qu’il avait échappé à l’ouragan Katrina et vu de ses yeux, à son profond étonnement, ce jour inouï où Barack Obama a prêté serment.
V. R.
Le film d’une investiture pas comme les autres 21/01/2009 - 09h36 ]
L’investiture de Barack Obama a été conçue comme une collection de moments dont on gardera les images en mémoire pour longtemps.
L’arrivée en train à Washington, la prestation de serment sur la bible d’Abraham Lincoln, la parade, la robe de bal de Michelle Obama, les photos de la nouvelle First Family - proche des Kennedy par sa jeunesse et historique par sa couleur de peau - sont des images heureuses et, somme toute, un peu convenues. Mais le discours de Barack Obama, par exemple, était attendu avec ferveur par des Américains ayant le sentiment de tourner pour de bon une page de l’histoire de leur pays. Il y a eu, aussi, beaucoup de musique.Aretha Franklin, la reine de la soul, a chanté pour le nouveau président. Dans un registre plus classique, John Williams a composé un morceau pour l’investiture, interprété hier par le violoncelliste Yo-Yo Ma, le violoniste Itzhak Perlman, le clarinettiste Anthony McGill et la pianiste Gabriela Montero. Deux jours plus tôt, un formidable concert « We are One » (« Nous sommes Un »), donné sur les marches du Lincoln Memorial, avait enthousiasmé les spectateurs, avec Bono, Beyoncé et bien d’autres. La photo d’un Bruce Springsteen emmitouflé jouant de la guitare au milieu d’une chorale, a fait la une des journaux.L’imprévu, comme souvent, a été au rendez-vous. Les sénateurs Ted Kennedy et Robert Byrd ont ainsi été victimes d’un malaise lors du déjeuner d’investiture. De son côté, devant les caméras de la présentatrice star Oprah Winfrey, Jill Biden, l’épouse du vice-président, a assuré lundi que son mari avait eu le choix entre la vice-présidence et le portefeuille des Affaires étrangères (confié à Hillary Clinton). Une gaffe qui a provoqué un démenti rapide mais qui a fait les délices des commentateurs.Service communautaireD’habitude tranquille et un peu provinciale, Washington a été, ces derniers jours, transformée par la foule et la très forte présence des forces de l’ordre. Une immense mer de bonnets colorés et de manteaux, serrés dans le froid sur le Mall, la grande pelouse qui s’étend du Capitole au Lincoln Memorial, a été partie prenante de « l’inauguration », comme on l’appelle ici. Les enfants et les adolescents étaient en grand nombre, profitant lundi du jour de congé du Martin Luther King Day pour participer, eux aussi, à la fête. Cette journée, dédiée au service communautaire, a permis de montrer sur toutes les télévisions un président élu, en jean gris, repeignant le mur d’un foyer pour adolescents à Washington tandis que Michelle Obama participait à une distribution dans un refuge.Venus de toute l’Amérique, les participants, souvent sans ticket pour assister aux événements de l’inauguration, ne cachaient ni leur joie ni leur émotion. Comme ce Noir américain centenaire venu de la Nouvelle-Orléans qui expliquait, les larmes aux yeux, qu’il était assez vieux pour avoir ramassé le coton, qu’il avait échappé à l’ouragan Katrina et vu de ses yeux, à son profond étonnement, ce jour inouï où Barack Obama a prêté serment.V. R.
Après la fête, le travail pour Barack Obama - Actualité Internationale - Amérique du Nord - Radio Europe1
Le discours d'Obama, l'intégrale - Tout savoir sur les dernières actualités politiques, monde, société, sports, écologie avec le journal en ligne Libération
La communauté internationale a hâte de travailler avec Obama
Le Figaro - USA 2009 : La communauté internationale a hâte de travailler avec Obama
Nelson Mandela, premier président noir d'Afrique du Sud. «Aujourd'hui nous reviennent en mémoire, d'une certaine façon, l'excitation et l'enthousiasme que notre pays a connus lors de sa transition vers la démocratie». «M. le président, vous symbolisez une voix nouvelle porteuse d'espoir afin que l'injustice puisse être réglée et que vous puissiez en fait changer la planète pour en faire un monde meilleur».
Nelson Mandela, premier président noir d'Afrique du Sud. «Aujourd'hui nous reviennent en mémoire, d'une certaine façon, l'excitation et l'enthousiasme que notre pays a connus lors de sa transition vers la démocratie». «M. le président, vous symbolisez une voix nouvelle porteuse d'espoir afin que l'injustice puisse être réglée et que vous puissiez en fait changer la planète pour en faire un monde meilleur».
Investiture d'Obama: à "homme exceptionnel", "tâches exceptionnelles", selon Bernard Kouchner , Europe - NouvelObs.com
France 24 | Les Américains attendent le discours d'investiture | France 24
France 24 Les Américains attendent le discours d'investiture France 24
Les Américains attendent le discours d'investiture
Mardi 20 janvier 2009
Des millions d'Américains attendent de Barack Obama, orateur hors pair, un discours d'investiture qui restera dans les annales. Au même titre que ceux prononcés, en leur temps, par Franklin D. Roosevelt et John F. Kennedy.
Jusqu'à la dernière minute, les plumes de l’ex-sénateur de l’Illinois doivent travailler d’arrache-pied pour trouver la formule choc qui saura tirer les larmes des centaines de milliers d’Américains qui se sont rendus à Washington pour écouter le discours tant attendu.
Et si le futur chef de l’Etat américain vient à manquer d’inspiration, il peut toujours compter sur la magie d’Internet.
Le site Inaugural Address propose aux internautes d’écrire, d’éditer et d’échanger leurs propositions qui donneront naissance, au final, à un "discours d’investiture populaire". Un autre site propose des mots-croisés, d'où les participants peuvent extraire un panel de mots tirés des quatre discours d’investiture et les relier aux présidents qui les ont prononcés.
Pour aller plus loin : reportages, analyses, carnet de route, photos...
» Dossier : l'investiture d'Obama
» Le discours d'investiture en intégralité
» Comment Obama a préparé son discours d'investiture
» Le rêve de Martin Luther King ?
» Carnet de route de Leela Jacinto à Washington
» Observateurs : Lisez le témoignage de sept Américains et leurs attentes vis-à-vis d'Obama
"Une forme de couronnement"
La cérémonie d’investiture du 44e – et premier Noir – président des Etats-Unis promet d’être l’une des plus fêtés de l’histoire américaine. Les célébrations du 20 janvier prochain prévoient des bals officiels et non-officiels, des déjeuners, des concerts et des soirées improvisées dans les rues de Washington.
Mais à côté de ces festivités fastueuses, le discours d’investiture reste le véritable enjeu de cette journée.
Face à l’imposant bâtiment du Capitole, depuis son pupitre, Obama s’adressera à la nation et tentera d’émouvoir les millions d’Américains, présents à Washington DC ou scotchés devant leur téléviseur. L’exercice est un vrai challenge qu’aucun président n’a osé prendre à la légère.
"Pour les Américains, ces cérémonies ressemblent à une forme de couronnement, souligne Richard Norton Smith, une plume renommée du monde politique et historien à l’université George-Mason de Washington. Les discours d’investiture sont regardés de près pour un certain nombre de raisons. Son contenu politique est décortiqué, mais le style est également important."
Un héritage présidentiel de 220 ans
Depuis le premier discours de George Washington il y a 220 ans, tous les présidents américains se sont pliés à l’exercice. Quelques-uns des discours qui ont été prononcés sont restés dans les mémoires. Et d’autres pas.
Certains présidents sont passés à la postérité grâce, notamment, à leur discours d’investiture. En 1933, confronté à la Grande Dépression, le président Franklin D. Roosevelt avait lancé à la foule : "La seule chose dont nous devons avoir peur c’est de la peur elle-même". En 1961, John F. Kennedy captiva la nation et le monde entier par ces quelques mots : "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays".
"Les discours les plus mémorables ont été prononcés par les présidents les plus célèbres", indique Richard Norton Smith. Si on se souvient encore de Kennedy, c’est aussi grâce à son discours inaugural. Les propos de Roosevelt sur la peur sont toujours d’actualité aujourd’hui. Les discours d’investiture peuvent être un élément de la mémoire collective nationale."
La victoire de la rhétorique
Nul doute que, cette année, l’espoir constituera le thème majeur du discours d’investiture. Le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis est un écrivain accompli et un auteur à succès. Ses capacités oratoires, qui lui ont permis de gravir tous les échelons menant à la Maison Blanche, sont reconnues de tous les experts.
Lors de la convention nationale démocrate de 2004, Obama, encore inconnu du public, soulève les foules avec son discours sur "l’audace d’espérer". En 2005, il est élu sénateur de l’Illinois, avant de remporter quatre ans plus tard – seulement ! - l’élection présidentielle.
“ C’est un écrivain bien sûr, il a ce don, souligne Douglas Wilson, professeur de littérature à l’université Knox, dans l’Illinois. Obama a le don de rendre les choses transparentes et claires."
Pour ce professeur spécialiste des écrits d’Abraham Lincoln, et auteur de l’ouvrage "Lincoln's Sword", Obama ne manquera pas de rejeter un œil sur le discours d’investiture du 16e président des Etats-Unis, dont il est l’un des plus fervents admirateurs.
Il n’est pas rare que les plumes du président relisent les discours d’investiture de leurs prédécesseurs. Parfois à tort. Wilson raconte d’ailleurs qu’Abraham Lincoln avait refusé de "prendre en compte les suggestions des personnes censées écrire son discours".
Bien lui en a pris. Son discours de Gettysburg en 1863 est considéré comme l’un des plus célèbres de l’histoire américaine.
Une plume précoce et surdouée
Mais les temps ont changé. Et les hommes politiques ne peuvent plus se lancer dans des textes sans qu’ils ne soient préalablement vérifiés. Ce qui n’empêche pas Obama de rester très impliqué dans la rédaction de ses discours.
Lors d’interviews données durant la campagne présidentielle de 2008, ses conseillers ont plusieurs fois confié que le candidat démocrate écrivait ses plus importants discours tard le soir, après sa journée de travail.
Des longues nuits de travail qui donnent lieu, selon le magazine Time, à des textes denses, immédiatement retravaillés par quelques conseillers, comme Jon Favreau, la plume surdouée d’Obama âgée de seulement… 28 ans. Las, le comité de rédaction a reçu l’ordre de rester muet sur le contenu du discours que le 44e président des Etats-Unis entend prononcer ce 20 janvier.
Certains analystes se risquent toutefois à émettre des hypothèses. "Je pense qu’il l’écrit lui-même", croit savoir Richard Norton Smith.
La teneur du discours fait également l’objet de toutes les spéculations. "Après avoir entendu un discours inaugural, vous devez repartir en vous disant ‘j’ai davantage appris sur le personnage, que sur ce qu’il propose’, ajoute Richard Norton Smith. Le discours d’investiture doit être plus poétique, plus conceptuel."
Un conseil que les participants du site Inaugural Address semblent suivre. Un internaute du nom de "Nick" a débuté son texte par un hommage appuyé au discours de Lincoln à Gettysburg ("Il y a plus de 220 ans…"), avant de reprendre les thèmes de JFK sur le service public ("Dans ce pays, nous élisons nos dirigeants non pour gouverner, mais pour servir. Mais nous devons tous servir").
Au dernier décompte, plus de 370 plumes potentielles ont visité le site, apportant leur pierre à cette œuvre
Les Américains attendent le discours d'investiture
Mardi 20 janvier 2009
Des millions d'Américains attendent de Barack Obama, orateur hors pair, un discours d'investiture qui restera dans les annales. Au même titre que ceux prononcés, en leur temps, par Franklin D. Roosevelt et John F. Kennedy.
Jusqu'à la dernière minute, les plumes de l’ex-sénateur de l’Illinois doivent travailler d’arrache-pied pour trouver la formule choc qui saura tirer les larmes des centaines de milliers d’Américains qui se sont rendus à Washington pour écouter le discours tant attendu.
Et si le futur chef de l’Etat américain vient à manquer d’inspiration, il peut toujours compter sur la magie d’Internet.
Le site Inaugural Address propose aux internautes d’écrire, d’éditer et d’échanger leurs propositions qui donneront naissance, au final, à un "discours d’investiture populaire". Un autre site propose des mots-croisés, d'où les participants peuvent extraire un panel de mots tirés des quatre discours d’investiture et les relier aux présidents qui les ont prononcés.
Pour aller plus loin : reportages, analyses, carnet de route, photos...
» Dossier : l'investiture d'Obama
» Le discours d'investiture en intégralité
» Comment Obama a préparé son discours d'investiture
» Le rêve de Martin Luther King ?
» Carnet de route de Leela Jacinto à Washington
» Observateurs : Lisez le témoignage de sept Américains et leurs attentes vis-à-vis d'Obama
"Une forme de couronnement"
La cérémonie d’investiture du 44e – et premier Noir – président des Etats-Unis promet d’être l’une des plus fêtés de l’histoire américaine. Les célébrations du 20 janvier prochain prévoient des bals officiels et non-officiels, des déjeuners, des concerts et des soirées improvisées dans les rues de Washington.
Mais à côté de ces festivités fastueuses, le discours d’investiture reste le véritable enjeu de cette journée.
Face à l’imposant bâtiment du Capitole, depuis son pupitre, Obama s’adressera à la nation et tentera d’émouvoir les millions d’Américains, présents à Washington DC ou scotchés devant leur téléviseur. L’exercice est un vrai challenge qu’aucun président n’a osé prendre à la légère.
"Pour les Américains, ces cérémonies ressemblent à une forme de couronnement, souligne Richard Norton Smith, une plume renommée du monde politique et historien à l’université George-Mason de Washington. Les discours d’investiture sont regardés de près pour un certain nombre de raisons. Son contenu politique est décortiqué, mais le style est également important."
Un héritage présidentiel de 220 ans
Depuis le premier discours de George Washington il y a 220 ans, tous les présidents américains se sont pliés à l’exercice. Quelques-uns des discours qui ont été prononcés sont restés dans les mémoires. Et d’autres pas.
Certains présidents sont passés à la postérité grâce, notamment, à leur discours d’investiture. En 1933, confronté à la Grande Dépression, le président Franklin D. Roosevelt avait lancé à la foule : "La seule chose dont nous devons avoir peur c’est de la peur elle-même". En 1961, John F. Kennedy captiva la nation et le monde entier par ces quelques mots : "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays".
"Les discours les plus mémorables ont été prononcés par les présidents les plus célèbres", indique Richard Norton Smith. Si on se souvient encore de Kennedy, c’est aussi grâce à son discours inaugural. Les propos de Roosevelt sur la peur sont toujours d’actualité aujourd’hui. Les discours d’investiture peuvent être un élément de la mémoire collective nationale."
La victoire de la rhétorique
Nul doute que, cette année, l’espoir constituera le thème majeur du discours d’investiture. Le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis est un écrivain accompli et un auteur à succès. Ses capacités oratoires, qui lui ont permis de gravir tous les échelons menant à la Maison Blanche, sont reconnues de tous les experts.
Lors de la convention nationale démocrate de 2004, Obama, encore inconnu du public, soulève les foules avec son discours sur "l’audace d’espérer". En 2005, il est élu sénateur de l’Illinois, avant de remporter quatre ans plus tard – seulement ! - l’élection présidentielle.
“ C’est un écrivain bien sûr, il a ce don, souligne Douglas Wilson, professeur de littérature à l’université Knox, dans l’Illinois. Obama a le don de rendre les choses transparentes et claires."
Pour ce professeur spécialiste des écrits d’Abraham Lincoln, et auteur de l’ouvrage "Lincoln's Sword", Obama ne manquera pas de rejeter un œil sur le discours d’investiture du 16e président des Etats-Unis, dont il est l’un des plus fervents admirateurs.
Il n’est pas rare que les plumes du président relisent les discours d’investiture de leurs prédécesseurs. Parfois à tort. Wilson raconte d’ailleurs qu’Abraham Lincoln avait refusé de "prendre en compte les suggestions des personnes censées écrire son discours".
Bien lui en a pris. Son discours de Gettysburg en 1863 est considéré comme l’un des plus célèbres de l’histoire américaine.
Une plume précoce et surdouée
Mais les temps ont changé. Et les hommes politiques ne peuvent plus se lancer dans des textes sans qu’ils ne soient préalablement vérifiés. Ce qui n’empêche pas Obama de rester très impliqué dans la rédaction de ses discours.
Lors d’interviews données durant la campagne présidentielle de 2008, ses conseillers ont plusieurs fois confié que le candidat démocrate écrivait ses plus importants discours tard le soir, après sa journée de travail.
Des longues nuits de travail qui donnent lieu, selon le magazine Time, à des textes denses, immédiatement retravaillés par quelques conseillers, comme Jon Favreau, la plume surdouée d’Obama âgée de seulement… 28 ans. Las, le comité de rédaction a reçu l’ordre de rester muet sur le contenu du discours que le 44e président des Etats-Unis entend prononcer ce 20 janvier.
Certains analystes se risquent toutefois à émettre des hypothèses. "Je pense qu’il l’écrit lui-même", croit savoir Richard Norton Smith.
La teneur du discours fait également l’objet de toutes les spéculations. "Après avoir entendu un discours inaugural, vous devez repartir en vous disant ‘j’ai davantage appris sur le personnage, que sur ce qu’il propose’, ajoute Richard Norton Smith. Le discours d’investiture doit être plus poétique, plus conceptuel."
Un conseil que les participants du site Inaugural Address semblent suivre. Un internaute du nom de "Nick" a débuté son texte par un hommage appuyé au discours de Lincoln à Gettysburg ("Il y a plus de 220 ans…"), avant de reprendre les thèmes de JFK sur le service public ("Dans ce pays, nous élisons nos dirigeants non pour gouverner, mais pour servir. Mais nous devons tous servir").
Au dernier décompte, plus de 370 plumes potentielles ont visité le site, apportant leur pierre à cette œuvre
Investiture de Barack Obama
Investiture de Barack Obama
Le sacre SIDWAYA
Devant près de 3 millions de ses compatriotes et des milliards de télespectateurs du monde entier, Barack Hussein Obama, 44e président des Etats-Unis D’Amérique a officiellement prêté serment, hier mardi 20 janvier 2009. Le rêve du 4 novembre 2008 est désormais en marche et l’humanité croise les doigts pour qu’il ne tourne au cauchemar au regard de l’immense espoir suscité par l’élection de ce candidat atypique.
Moment symbolique, historique, unique, les mots n’ont pas manqué pour qualifier la prise de pouvoir de Barack Hussein Obama, 44e président élu des Etats-Unis d’Amérique. Des mots forts, à la dimension d’un homme au parcours fulgurant et fascinant et qui a su réveiller l’espoir de millions d’hommes à travers un discours novateur et synthétiseur des attentes d’une humanité déçue et meurtrie par huit années de “bushisme”.
De nombreux défis attendent le président Barack Obama.
Celui qui se veut le continuateur de l’œuvre de Abraham Lincoln, le père de cette mosaïque de peuple qui a payé de sa vie l’audace de l’abolition de l’esclavage en 1863, a de quoi séduire tant son charisme, son intelligence et son analyse fine et pointue des problèmes du monde contemporain font de lui un chef d’Etat américain à part parmi tous ceux qui se sont succédé à “White House” depuis 1950 à l’exception peut-être de John Fitzgerald Kennedy, cet autre apôtre de la paix et défenseur des causes justes. Dès son premier discours prononcé après sa victoire à la présidentielle américaine, le 4 novembre 2008 à Chicago, il s’inscrit dans la rupture avec la politique menée par son prédécesseur George Walker Bush. A l’endroit des Américains d’abord, il indique “qu’il y a de nouvelles énergies à maîtriser, de nouveaux emplois à créer, de nouvelles écoles à construire, des menaces à affronter et des alliances à renouer”. Puis s’adressant au reste de l’humanité, il souligne que “nous partageons notre destin, et une nouvelle aube du leadership américain est là”. Puis d’ajouter que “ceux qui voudraient déchirer le monde, nous vaincrons et à ceux qui cherchent la paix et la sécurité, nous vous soutenons”. Des paroles fortes et un message d’espoir qu’il a repris en ce moment solennel de prestation de serment. De la solennité donc et point de médiocrité pour dire avec sérénité que “les défis sont réels, graves et nombreux mais qu’ils seront relevés”. C’est “la fin des dogmes éculés”, et nous ne devons plus rechercher le plaisir sur le travail. A travers cette phrase, Obama enterre ainsi le capitalisme de spéculation qui a fait tant de mal à l’économie mondiale. C’est la fin aussi de la politique va-t-en guerre lorsqu’il clame que l’Amérique doit vaincre “le mal grâce à des alliances fortes et non avec des missiles”. En cela, il faut, dit-il, “laisser la responsabilité de l’Irak à sa population”. Et, si Obama prône cette modestie et cette retenue, c’est parce qu’il rejette le choix entre la sécurité de l’Amérique et ses idéaux fondateurs (Liberté-Justice-Egalité). L’Amérique est l’amie de tous les pays et de tous ceux qui aspirent à la paix et à la dignité, poursuit-il.
Jeanine Jackson, après 3 ans passés au Burkina Faso, a annoncé la fin de sa mission.
Plusieurs personnalités sont venues témoigner leur amitié aux Américains de Ouagadougou.
Une nouvelle ère de paix donc, où le respect mutuel sera le credo avec une aide aux populations pauvres notamment par le biais du soutien à leurs exploitations agricoles. L’Afrique que l’on pensait oubliée dans le programme de Barack Obama se voit ainsi tendre une perche pour relever les défis de la lutte contre la pauvreté avec un de ses fils devenu premier dirigeant le plus puissant du monde. L’imagination est conjuguée avec un objectif commun et la confiance vitale entre un peuple et son Etat ainsi rétablie comme il l’a lui-même souligné. Le pays ne peut plus prospérer en privilégiant les nantis, terminera Obama qui a appelé ses compatriotes à se respecter, à s’aimer pour une Amérique encore plus forte. Le changement arrive donc en Amérique et avec lui l’espoir d’une humanité plus apaisée. Bien sûr, il aura à affronter la pire crise financière que connaît le monde depuis 1929, il devra démanteler Guantanamo, régler équitablement le conflit israëlo-palestinien qui engendre tous les autres conflits et ses actes de terrorisme inqualifiables. La route est longue et raide mais l’espoir est entretenu par sa flamme et son aura.“Yes we can and we shall over can”. Martin Luther King, repose en paix !
Boubakar SYBachirou NAN
Le rêve d’un monde meilleur
A l’occasion de l’investiture du président Barack Obama, le 20 janvier 2009, l’ambassade des Etats-Unis au Burkina Faso a invité le public ouagalais à vivre ce moment historique au Centre culturel américain à Ouagadougou.
“Moi, Barack Obama, je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des Etats-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis”. Ainsi s’est exprimé le 44e président des USA, ce mardi 20 janvier 2009, aux environs de 17h 05 mn. L’événement a été suivi par de nombreuses personnalités et une foule importante au Centre culturel américain de Ouagadougou sur invitation de la représentation diplomatique américaine. Pour l’ambassadeur Jeanine Jackson, le 20 janvier marque la fin de la transition politique pacifique aux Etats-Unis. “L’investiture du président Obama démontre aussi le progrès significatif dans la lutte des Américains pour l’égalité entre les peuples”, a-t-elle indiqué. Selon Mme Jackson, le peuple américain s’est attelé pendant 232 ans à pérenniser la bonne gouvernance et les droits humains, valeurs fondamentales de la Déclaration d’indépendance de 1776. “Au cours des années, nous avons tiré de bonnes leçons parce que (...) la démocratie n’est pas facile, elle n’est pas parfaite et elle requiert beaucoup de travail”, a précisé Mme l’ambassadeur. C’est en cultivant la tolérance, l’égalité et la diversité d’opinions que les USA sont parvenus à ce stade. Alors, Mme Jeanine Jackson voit en la victoire du président Obama la capacité de l’Amérique à s’élever au-dessus de tous les siècles de tensions raciales : “Aujourd’hui, nous allons être témoins de l’histoire qui s’écrit”, a affirmé Mme Jackson avant d’ajouter : “j’espère aussi que le message du président Obama sera un rêve, du renouveau et du changement pour le peuple américain”. Pour Mme Jackson, Obama hérite d’une période de transition douce, assurée par le président Bush, mais devrait faire face à de nombreux défis. Des hommes et des femmes de tous bords politiques travaillent déjà à garantir une alternance pacifique, ce qui est, de l’avis de la diplomate, le reflet d’une longue période de réussite et de dynamisme d’un gouvernement démocratique aux Etats-Unis. Mme Jackson est consciente que les USA ne peuvent à eux seuls accomplir le rêve d’un monde meilleur. Aussi, apprécie-t-elle le rôle constructif que des pays comme le Burkina Faso jouent dans les organisations internationales et régionales pour apporter la paix, la sécurité et la démocratie en Afrique et ailleurs. Avec une voix pleine d’émotion, Mme Jeanine Jackson a annoncé officiellement la fin de sa mission de 3 ans en tant qu’ambassadeur des Etats-Unis au Burkina Faso. Elle a exprimé tout son plaisir d’avoir servi les USA “dans ce pays dynamique et riche des hommes intègres. En tant que partenaires, nous avons accompli de grandes choses ensemble”. Alors, elle encourage les Burkinabè à travailler à améliorer la gouvernance, les droits humains, la liberté économique, le développement et la stabilité régionale.
Assetou BADOHbadohassetou@yahoo.fr
Fierté et attentes de Burkinabè
Le premier président noir des Etats-Unis d’Amérique Barack Obama a été investi, hier mardi 20 janvier 2009. Quelques heures avant l’événement, des Burkinabè de divers secteurs d’activités ont donné leurs avis sur ce que représente, pour eux, cette première dans l’histoire ainsi que leurs attentes du nouveau président.
* Yacouba Jacob Barry, journaliste : L’investiture de Barack Obama est une fierté légitime pour nous. Parce que c’est le 44e président des Etats-Unis et il a fallu attendre tout ce temps pour qu’un Noir y soit président. Cela représente également pour nous autres Africains une chance de voir le racisme diminuer.Ce n’est peut-être pas un grand espoir au point de vue économique ou une mise en avant des intérêts africains. Après tout, c’est le président des Américains. Nous pensons quand-même qu’il y aura un grand changement concernant la lutte contre les grandes endémies et pour l’écologie. J’espère aussi que c’est l’avènement d’une nouvelle civilisation américaine, d’une nouvelle forme de domination qui ne soit pas la guerre toujours mais sur d’autres fronts du développement.Les Africains ne doivent pas particulièrement attendre grand-chose. Néanmoins je pense que Barack Obama va beaucoup agir pour que la démocratie réelle soit vécue par les pays africains.
* Mme Adama Ouédraogo, vendeuse de fruits : Nous sommes très contents de l’investiture de Barack Obama. Que Dieu le bénisse encore pour qu’il puisse réaliser ce qu’il pense de bien pour les Africains. L’élection et l’investiture d’un président noir aux Etats-Unis c’est la volonté divine. C’est également une volonté divine si un Blanc venait à être président d’un pays africain.
* Emmanuel Ouoba, éducateur permanent : L’investiture d’un Noir à la Maison-Blanche est le signe que notre monde est en train d’évoluer. Il y a quelques années, c’était chose impensable. Aujourd’hui, nous les Noirs sommes réjouis. Je pense aussi que les Blancs doivent également être fiers car c’est la preuve qu’ils acceptent la différence, surtout aux Etats-Unis.Nous Africains, attendons beaucoup de lui, car même s’il est noir mais élu non pas pour les Noirs mais pour les Américains, il se doit de porter un regard sur l’Afrique. En particulier, attirer les investisseurs sur le continent africain et augmenter l’aide publique au développement.
* Salif Caboré, agent de poste: C’est un événement jamais vécu, simplement parce que c’est le premier Noir américain qui accède à cette fonction. C’est une très bonne chose qui nous réjouit tous même si d’une façon approfondie on peut se rendre compte que le rapport entre les Etats-Unis et les autres pays du monde ne va pas changer fondamentalement. Il y aura certainement la touche particulière de l’homme. Un auteur a dit que : “le style c’est l’homme”. Donc Barack Obama vient avec son style et c’est peut-être cette touche particulière qui fera la différence.Personnellement, ce que j’attends de Barack Obama, c’est qu’il impulse une dynamique nouvelle au Proche-Orient pour que cette guerre cesse. Si on a traduit des gens au Tribunal pénal international pour génocide, on doit également considérer ce conflit comme un génocide. Tuer plus de mille personnes en raison seulement d’une particularité, est un génocide. A ce niveau, Barack Obama peut faire quelque chose. Même s’il est vrai qu’il y a des forces centrifuges qui vont le ramener au constat habituel. C’est l’une des plus grandes attentes. Il faut aussi qu’il se rende compte que le libéralisme sauvage est un modèle économique qui n’a pas réussi. C’est évident, la crise économique actuelle a débuté aux Etats-Unis. Si Barack Obama en prend conscience et s’il y a une impulsion au niveau des Institutions internationales où les Américains sont très influents, cela permettra à nos Etats d’avoir un autre regard sur la façon de conduire nos économies. Et cela sera bénéfique pour nous.
* Mme Zénabo Kouraogo, secrétaire : C’est la première fois qu’un Noir accède à la Maison-Blanche; ce qui ne peut que réjouir nous les Africains. C’était impensable parce que les Noirs ont pendant longtemps été victimes du racisme aux Etats-Unis. C’est un jour pas comme les autres. Son prédécesseur George Bush lui a légué surtout des conflits, ce qui ne va pas lui rendre la tâche facile. Barack Obama peut aussi œuvrer à améliorer les conditions de vie des Africains. Il peut intervenir dans les domaines comme l’aide au développement et la lutte contre le Sida et le paludisme.
* Edmond Sawadogo, technicien en bâtiment: L’investiture de Barack Obama à la Maison-Blanche est un grand succès pour l’Afrique. C’est comme une surprise et je pense que son investiture va contribuer à changer des mentalités. Parce qu’il y a des pays africains où dans la course au pouvoir, des candidats sont écartés sous le prétexte de ne pas être originaires du pays.Notre souhait est que Obama fasse cesser les guerres comme celles en Irak ou en Afghanistan. Il peut aussi aider l’Afrique parce qu’il est avant tout un Africain. Pour cela, il ne peut pas nous oublier. Son continent est pauvre et il doit faire quelque chose.
* Sayouba Sankara, vendeur de cartes téléphoniques : C’est grâce à Dieu qu’un Noir a pu être président des Etats-Unis, le pays le plus puissant du monde. Je suis très content parce que des gens disent que Barack Obama est un Peulh. J’ai du sang peulh et j’en suis fier parce que je sais maintenant que Noir et Blanc c’est la même chose, mise à part la couleur de la peau. Je serais encore plus content si Barack Obama aidait les jeunes africains en favorisant la création d’emplois dans leurs pays. Je sais que si j’avais un diplôme comme le BEPC, je pourrais passer des concours de la Fonction publique pour avoir un emploi. Si Barack Obama aide l’Afrique par la création d’emplois même dans l’artisanat, le continent pourra se développer.
Mme Madeleine Sawadogo, attaché de santé: Nous sommes très contents de l’investiture de Barack Obama parce que c’est notre fils, c’est le premier président africain au poste de président des Etats-Unis. Les Africains ont les yeux et les oreilles tournés vers la Maison-Blanche. Nous sommes même allés les uns à la messe, les autres à la mosquée, prier pour Barack Obama. Nous attendons beaucoup de lui, qu’il se penche sur l’Afrique, son continent d’origine. Obama peut changer beaucoup de choses. Par exemple, aider l’Afrique à sortir de la pauvreté.
Gabriel Karanga, agent de banque : Nous avons positivement accueilli l’accession de Barack Obama à la plus haute marche de l’Administration américaine. Il a du sang africain et nous le soutenons. De par le passé, c’était difficilement imaginable, un Noir à la Maison-Blanche. Mais, l’Amérique a pris du recul, faire fi des questions raciales et voir quelles sont les compétences qui peuvent gérer ce pays aujourd’hui.Nous souhaitons qu’il y ait une Amérique qui donne une autre image de l’Amérique que celle que nous avons connue de par le passé, notamment avec son prédécesseur George Bush. Nous espérons que son investiture sera un plus, d’abord pour les Américains, parce qu’il a été élu par eux. Et que les relations avec l’Afrique évoluent positivement. Cependant, il faut que l’Afrique prenne conscience qu’elle a des défis à relever et ne pas trop attendre de l’apport immédiat de l’Amérique de Barack Obama.
Interviews ExpressRéalisées par Bachirou NANA
Le sacre SIDWAYA
Devant près de 3 millions de ses compatriotes et des milliards de télespectateurs du monde entier, Barack Hussein Obama, 44e président des Etats-Unis D’Amérique a officiellement prêté serment, hier mardi 20 janvier 2009. Le rêve du 4 novembre 2008 est désormais en marche et l’humanité croise les doigts pour qu’il ne tourne au cauchemar au regard de l’immense espoir suscité par l’élection de ce candidat atypique.
Moment symbolique, historique, unique, les mots n’ont pas manqué pour qualifier la prise de pouvoir de Barack Hussein Obama, 44e président élu des Etats-Unis d’Amérique. Des mots forts, à la dimension d’un homme au parcours fulgurant et fascinant et qui a su réveiller l’espoir de millions d’hommes à travers un discours novateur et synthétiseur des attentes d’une humanité déçue et meurtrie par huit années de “bushisme”.
De nombreux défis attendent le président Barack Obama.
Celui qui se veut le continuateur de l’œuvre de Abraham Lincoln, le père de cette mosaïque de peuple qui a payé de sa vie l’audace de l’abolition de l’esclavage en 1863, a de quoi séduire tant son charisme, son intelligence et son analyse fine et pointue des problèmes du monde contemporain font de lui un chef d’Etat américain à part parmi tous ceux qui se sont succédé à “White House” depuis 1950 à l’exception peut-être de John Fitzgerald Kennedy, cet autre apôtre de la paix et défenseur des causes justes. Dès son premier discours prononcé après sa victoire à la présidentielle américaine, le 4 novembre 2008 à Chicago, il s’inscrit dans la rupture avec la politique menée par son prédécesseur George Walker Bush. A l’endroit des Américains d’abord, il indique “qu’il y a de nouvelles énergies à maîtriser, de nouveaux emplois à créer, de nouvelles écoles à construire, des menaces à affronter et des alliances à renouer”. Puis s’adressant au reste de l’humanité, il souligne que “nous partageons notre destin, et une nouvelle aube du leadership américain est là”. Puis d’ajouter que “ceux qui voudraient déchirer le monde, nous vaincrons et à ceux qui cherchent la paix et la sécurité, nous vous soutenons”. Des paroles fortes et un message d’espoir qu’il a repris en ce moment solennel de prestation de serment. De la solennité donc et point de médiocrité pour dire avec sérénité que “les défis sont réels, graves et nombreux mais qu’ils seront relevés”. C’est “la fin des dogmes éculés”, et nous ne devons plus rechercher le plaisir sur le travail. A travers cette phrase, Obama enterre ainsi le capitalisme de spéculation qui a fait tant de mal à l’économie mondiale. C’est la fin aussi de la politique va-t-en guerre lorsqu’il clame que l’Amérique doit vaincre “le mal grâce à des alliances fortes et non avec des missiles”. En cela, il faut, dit-il, “laisser la responsabilité de l’Irak à sa population”. Et, si Obama prône cette modestie et cette retenue, c’est parce qu’il rejette le choix entre la sécurité de l’Amérique et ses idéaux fondateurs (Liberté-Justice-Egalité). L’Amérique est l’amie de tous les pays et de tous ceux qui aspirent à la paix et à la dignité, poursuit-il.
Jeanine Jackson, après 3 ans passés au Burkina Faso, a annoncé la fin de sa mission.
Plusieurs personnalités sont venues témoigner leur amitié aux Américains de Ouagadougou.
Une nouvelle ère de paix donc, où le respect mutuel sera le credo avec une aide aux populations pauvres notamment par le biais du soutien à leurs exploitations agricoles. L’Afrique que l’on pensait oubliée dans le programme de Barack Obama se voit ainsi tendre une perche pour relever les défis de la lutte contre la pauvreté avec un de ses fils devenu premier dirigeant le plus puissant du monde. L’imagination est conjuguée avec un objectif commun et la confiance vitale entre un peuple et son Etat ainsi rétablie comme il l’a lui-même souligné. Le pays ne peut plus prospérer en privilégiant les nantis, terminera Obama qui a appelé ses compatriotes à se respecter, à s’aimer pour une Amérique encore plus forte. Le changement arrive donc en Amérique et avec lui l’espoir d’une humanité plus apaisée. Bien sûr, il aura à affronter la pire crise financière que connaît le monde depuis 1929, il devra démanteler Guantanamo, régler équitablement le conflit israëlo-palestinien qui engendre tous les autres conflits et ses actes de terrorisme inqualifiables. La route est longue et raide mais l’espoir est entretenu par sa flamme et son aura.“Yes we can and we shall over can”. Martin Luther King, repose en paix !
Boubakar SYBachirou NAN
Le rêve d’un monde meilleur
A l’occasion de l’investiture du président Barack Obama, le 20 janvier 2009, l’ambassade des Etats-Unis au Burkina Faso a invité le public ouagalais à vivre ce moment historique au Centre culturel américain à Ouagadougou.
“Moi, Barack Obama, je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des Etats-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis”. Ainsi s’est exprimé le 44e président des USA, ce mardi 20 janvier 2009, aux environs de 17h 05 mn. L’événement a été suivi par de nombreuses personnalités et une foule importante au Centre culturel américain de Ouagadougou sur invitation de la représentation diplomatique américaine. Pour l’ambassadeur Jeanine Jackson, le 20 janvier marque la fin de la transition politique pacifique aux Etats-Unis. “L’investiture du président Obama démontre aussi le progrès significatif dans la lutte des Américains pour l’égalité entre les peuples”, a-t-elle indiqué. Selon Mme Jackson, le peuple américain s’est attelé pendant 232 ans à pérenniser la bonne gouvernance et les droits humains, valeurs fondamentales de la Déclaration d’indépendance de 1776. “Au cours des années, nous avons tiré de bonnes leçons parce que (...) la démocratie n’est pas facile, elle n’est pas parfaite et elle requiert beaucoup de travail”, a précisé Mme l’ambassadeur. C’est en cultivant la tolérance, l’égalité et la diversité d’opinions que les USA sont parvenus à ce stade. Alors, Mme Jeanine Jackson voit en la victoire du président Obama la capacité de l’Amérique à s’élever au-dessus de tous les siècles de tensions raciales : “Aujourd’hui, nous allons être témoins de l’histoire qui s’écrit”, a affirmé Mme Jackson avant d’ajouter : “j’espère aussi que le message du président Obama sera un rêve, du renouveau et du changement pour le peuple américain”. Pour Mme Jackson, Obama hérite d’une période de transition douce, assurée par le président Bush, mais devrait faire face à de nombreux défis. Des hommes et des femmes de tous bords politiques travaillent déjà à garantir une alternance pacifique, ce qui est, de l’avis de la diplomate, le reflet d’une longue période de réussite et de dynamisme d’un gouvernement démocratique aux Etats-Unis. Mme Jackson est consciente que les USA ne peuvent à eux seuls accomplir le rêve d’un monde meilleur. Aussi, apprécie-t-elle le rôle constructif que des pays comme le Burkina Faso jouent dans les organisations internationales et régionales pour apporter la paix, la sécurité et la démocratie en Afrique et ailleurs. Avec une voix pleine d’émotion, Mme Jeanine Jackson a annoncé officiellement la fin de sa mission de 3 ans en tant qu’ambassadeur des Etats-Unis au Burkina Faso. Elle a exprimé tout son plaisir d’avoir servi les USA “dans ce pays dynamique et riche des hommes intègres. En tant que partenaires, nous avons accompli de grandes choses ensemble”. Alors, elle encourage les Burkinabè à travailler à améliorer la gouvernance, les droits humains, la liberté économique, le développement et la stabilité régionale.
Assetou BADOHbadohassetou@yahoo.fr
Fierté et attentes de Burkinabè
Le premier président noir des Etats-Unis d’Amérique Barack Obama a été investi, hier mardi 20 janvier 2009. Quelques heures avant l’événement, des Burkinabè de divers secteurs d’activités ont donné leurs avis sur ce que représente, pour eux, cette première dans l’histoire ainsi que leurs attentes du nouveau président.
* Yacouba Jacob Barry, journaliste : L’investiture de Barack Obama est une fierté légitime pour nous. Parce que c’est le 44e président des Etats-Unis et il a fallu attendre tout ce temps pour qu’un Noir y soit président. Cela représente également pour nous autres Africains une chance de voir le racisme diminuer.Ce n’est peut-être pas un grand espoir au point de vue économique ou une mise en avant des intérêts africains. Après tout, c’est le président des Américains. Nous pensons quand-même qu’il y aura un grand changement concernant la lutte contre les grandes endémies et pour l’écologie. J’espère aussi que c’est l’avènement d’une nouvelle civilisation américaine, d’une nouvelle forme de domination qui ne soit pas la guerre toujours mais sur d’autres fronts du développement.Les Africains ne doivent pas particulièrement attendre grand-chose. Néanmoins je pense que Barack Obama va beaucoup agir pour que la démocratie réelle soit vécue par les pays africains.
* Mme Adama Ouédraogo, vendeuse de fruits : Nous sommes très contents de l’investiture de Barack Obama. Que Dieu le bénisse encore pour qu’il puisse réaliser ce qu’il pense de bien pour les Africains. L’élection et l’investiture d’un président noir aux Etats-Unis c’est la volonté divine. C’est également une volonté divine si un Blanc venait à être président d’un pays africain.
* Emmanuel Ouoba, éducateur permanent : L’investiture d’un Noir à la Maison-Blanche est le signe que notre monde est en train d’évoluer. Il y a quelques années, c’était chose impensable. Aujourd’hui, nous les Noirs sommes réjouis. Je pense aussi que les Blancs doivent également être fiers car c’est la preuve qu’ils acceptent la différence, surtout aux Etats-Unis.Nous Africains, attendons beaucoup de lui, car même s’il est noir mais élu non pas pour les Noirs mais pour les Américains, il se doit de porter un regard sur l’Afrique. En particulier, attirer les investisseurs sur le continent africain et augmenter l’aide publique au développement.
* Salif Caboré, agent de poste: C’est un événement jamais vécu, simplement parce que c’est le premier Noir américain qui accède à cette fonction. C’est une très bonne chose qui nous réjouit tous même si d’une façon approfondie on peut se rendre compte que le rapport entre les Etats-Unis et les autres pays du monde ne va pas changer fondamentalement. Il y aura certainement la touche particulière de l’homme. Un auteur a dit que : “le style c’est l’homme”. Donc Barack Obama vient avec son style et c’est peut-être cette touche particulière qui fera la différence.Personnellement, ce que j’attends de Barack Obama, c’est qu’il impulse une dynamique nouvelle au Proche-Orient pour que cette guerre cesse. Si on a traduit des gens au Tribunal pénal international pour génocide, on doit également considérer ce conflit comme un génocide. Tuer plus de mille personnes en raison seulement d’une particularité, est un génocide. A ce niveau, Barack Obama peut faire quelque chose. Même s’il est vrai qu’il y a des forces centrifuges qui vont le ramener au constat habituel. C’est l’une des plus grandes attentes. Il faut aussi qu’il se rende compte que le libéralisme sauvage est un modèle économique qui n’a pas réussi. C’est évident, la crise économique actuelle a débuté aux Etats-Unis. Si Barack Obama en prend conscience et s’il y a une impulsion au niveau des Institutions internationales où les Américains sont très influents, cela permettra à nos Etats d’avoir un autre regard sur la façon de conduire nos économies. Et cela sera bénéfique pour nous.
* Mme Zénabo Kouraogo, secrétaire : C’est la première fois qu’un Noir accède à la Maison-Blanche; ce qui ne peut que réjouir nous les Africains. C’était impensable parce que les Noirs ont pendant longtemps été victimes du racisme aux Etats-Unis. C’est un jour pas comme les autres. Son prédécesseur George Bush lui a légué surtout des conflits, ce qui ne va pas lui rendre la tâche facile. Barack Obama peut aussi œuvrer à améliorer les conditions de vie des Africains. Il peut intervenir dans les domaines comme l’aide au développement et la lutte contre le Sida et le paludisme.
* Edmond Sawadogo, technicien en bâtiment: L’investiture de Barack Obama à la Maison-Blanche est un grand succès pour l’Afrique. C’est comme une surprise et je pense que son investiture va contribuer à changer des mentalités. Parce qu’il y a des pays africains où dans la course au pouvoir, des candidats sont écartés sous le prétexte de ne pas être originaires du pays.Notre souhait est que Obama fasse cesser les guerres comme celles en Irak ou en Afghanistan. Il peut aussi aider l’Afrique parce qu’il est avant tout un Africain. Pour cela, il ne peut pas nous oublier. Son continent est pauvre et il doit faire quelque chose.
* Sayouba Sankara, vendeur de cartes téléphoniques : C’est grâce à Dieu qu’un Noir a pu être président des Etats-Unis, le pays le plus puissant du monde. Je suis très content parce que des gens disent que Barack Obama est un Peulh. J’ai du sang peulh et j’en suis fier parce que je sais maintenant que Noir et Blanc c’est la même chose, mise à part la couleur de la peau. Je serais encore plus content si Barack Obama aidait les jeunes africains en favorisant la création d’emplois dans leurs pays. Je sais que si j’avais un diplôme comme le BEPC, je pourrais passer des concours de la Fonction publique pour avoir un emploi. Si Barack Obama aide l’Afrique par la création d’emplois même dans l’artisanat, le continent pourra se développer.
Mme Madeleine Sawadogo, attaché de santé: Nous sommes très contents de l’investiture de Barack Obama parce que c’est notre fils, c’est le premier président africain au poste de président des Etats-Unis. Les Africains ont les yeux et les oreilles tournés vers la Maison-Blanche. Nous sommes même allés les uns à la messe, les autres à la mosquée, prier pour Barack Obama. Nous attendons beaucoup de lui, qu’il se penche sur l’Afrique, son continent d’origine. Obama peut changer beaucoup de choses. Par exemple, aider l’Afrique à sortir de la pauvreté.
Gabriel Karanga, agent de banque : Nous avons positivement accueilli l’accession de Barack Obama à la plus haute marche de l’Administration américaine. Il a du sang africain et nous le soutenons. De par le passé, c’était difficilement imaginable, un Noir à la Maison-Blanche. Mais, l’Amérique a pris du recul, faire fi des questions raciales et voir quelles sont les compétences qui peuvent gérer ce pays aujourd’hui.Nous souhaitons qu’il y ait une Amérique qui donne une autre image de l’Amérique que celle que nous avons connue de par le passé, notamment avec son prédécesseur George Bush. Nous espérons que son investiture sera un plus, d’abord pour les Américains, parce qu’il a été élu par eux. Et que les relations avec l’Afrique évoluent positivement. Cependant, il faut que l’Afrique prenne conscience qu’elle a des défis à relever et ne pas trop attendre de l’apport immédiat de l’Amérique de Barack Obama.
Interviews ExpressRéalisées par Bachirou NANA
Texte du Discours d'investiture du président Barack Obama | France 24
France 24 Discours d'investiture du président Barack Obama France 24
Voici le texte intégral du discours d'investiture du président Barack Obama traduit par l'AFP.
"Chers compatriotes
Je suis ici devant vous aujourd'hui empli d'un sentiment d'humilité face à la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m'avez témoignée et conscient des sacrifices consentis par nos ancêtres.Je remercie le président Bush pour ses services rendus à la nation ainsi que pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de cette passation de pouvoirs.Quarante-quatre Américains ont maintenant prêté le serment présidentiel. Ils l'ont fait alors que gonflait la houle de la prospérité sur les eaux calmes de la paix. Mais il arrive de temps à autre que ce serment soit prononcé alors que s'accumulent les nuages et que gronde la tempête.Dans ces moments, l'Amérique a gardé le cap, non seulement en raison de l'habileté ou de la vision de ses dirigeants, mais aussi parce que Nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution.Ainsi en a-t-il toujours été. Ainsi doit-il en être pour la présente génération d'Américains.
Nul n'ignore que nous sommes au beau milieu d'une crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de l'irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère. Des gens ont perdu leur maison ou leur emploi, des entreprises ont dû fermer leurs portes. Notre système de santé coûte trop cher. Nos écoles laissent tomber trop d'enfants et chaque jour apporte de nouvelles preuves que la façon dont nous utilisons l'énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.Ce sont les signes de la crise en termes statistiques. Mais, si elle n'est pas aussi tangible, la perte de confiance dans tout le pays n'en est pas moins profonde, nourrie de la crainte tenace que le déclin de l'Amérique soit inévitable et que la prochaine génération doive diminuer ses ambitions.Je vous dis aujourd'hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels. Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni rapidement. Mais, sache le, Amérique, nous le relèverons.En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l'espoir à la peur, la volonté d'agir en commun au conflit et à la discorde.En ce jour nous proclamons la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes éculés qui ont pendant trop longtemps étouffé notre vie politique.Nous demeurons une jeune nation. Mais pour reprendre les mots de la Bible, le temps est venu de se défaire des enfantillages. Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur.Nous réaffirmons la grandeur de notre nation en sachant que la grandeur n'est jamais donnée mais se mérite. Dans notre périple nous n'avons jamais emprunté de raccourcis et ne nous sommes jamais contentés de peu. Cela n'a jamais été un parcours pour les craintifs, ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ne recherchent que la richesse ou la célébrité.Au contraire, ce sont plutôt ceux qui ont pris des risques, qui ont agi et réalisé des choses - certains connus, mais le plus souvent des hommes et des femmes anonymes - qui nous ont permis de gravir le long et rude chemin vers la prospérité et la liberté.Pour nous, ils ont rassemblé leurs maigres possessions et traversé des océans en quête d'une vie nouvelle.Pour nous, ils ont trimé dans des ateliers de misère et colonisé l'Ouest. Ils ont connu la morsure du fouet et la dureté du labeur de la terre.Pour nous, ils se sont battus et sont morts dans des lieux comme Concord et Gettysburg, en Normandie ou à Khe-Sanh (Vietnam, ndlr).A maintes reprises ces hommes et ces femmes se sont battus, se sont sacrifiés, ont travaillé à s'en user les mains afin que nous puissions mener une vie meilleure. Ils voyaient en l'Amérique quelque chose de plus grand que la somme de leurs ambitions personnelles, que toutes les différences dues à la naissance, la richesse ou l'appartenance à une faction.C'est la voie que nous poursuivons aujourd'hui. Nous demeurons la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu'au début de la crise. Nos esprits ne sont pas moins inventifs, nos biens et services pas moins demandés que la semaine dernière, le mois dernier ou l'an dernier. Nos capacités demeurent intactes. Mais il est bien fini le temps de l'immobilisme, de la protection d'intérêts étroits et du report des décisions désagréables.A partir d'aujourd'hui, nous devons nous relever, nous épousseter et reprendre la tâche de la refondation de l'Amérique.Où que nous regardions, il y a du travail. L'état de l'économie réclame des gestes audacieux et rapides. Et nous agirons - non seulement pour créer de nouveaux emplois mais pour jeter les fondations d'une nouvelle croissance. Nous allons construire les routes et les ponts, les réseaux électriques et numériques qui alimentent notre commerce et nous unissent.Nous redonnerons à la science la place qu'elle mérite et utiliserons les merveilles de la technologie pour accroître la qualité des soins de santé et diminuer leur coût. Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire avancer nos automobiles et tourner nos usines. Nous transformerons nos écoles et nos universités pour répondre aux exigences d'une ère nouvelle. Nous pouvons faire tout cela et nous le ferons.Cela dit, il y a des gens pour s'interroger sur l'ampleur de nos ambitions, et suggérer que notre système n'est pas capable de faire face à trop de grands projets à la fois. Ils ont la mémoire courte. Ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli, ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser quand l'imagination sert un objectif commun et que le courage s'allie à la nécessité.Ce que les cyniques ne peuvent pas comprendre, c'est que le sol s'est dérobé sous leurs pieds et que les arguments politiques rancis auxquels nous avons eu droit depuis si longtemps, ne valent plus rien. La question aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop gros ou trop petit, mais s'il fonctionne - s'il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire décent, à accéder à des soins qu'ils peuvent se permettre et à une retraite digne. Là où la réponse à cette question est oui, nous continuerons. Là où la réponse est non, nous mettrons un terme à des programmes. Et ceux d'entre nous qui gèrent les deniers publics seront tenus de dépenser avec sagesse, de changer les mauvaises habitudes, de gérer en pleine lumière - c'est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l'indispensable confiance entre un peuple et son gouvernement.La question n'est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n'est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c'est la meilleure voie vers le bien commun.En ce qui concerne notre défense à tous, nous rejettons l'idée qu'il faille faire un choix entre notre sécurité et nos idéaux. Nos Pères fondateurs, face à des périls que nous ne pouvons que difficilement imaginer, ont mis au point une charte pour assurer la prééminence de la loi et les droits de l'Homme, une charte prolongée par le sang de générations. Ces idéaux éclairent toujours le monde, et nous ne les abandonnerons pas par commodité.A tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd'hui, depuis les plus grandes capitales jusqu'au petit village où mon père est né (au Kenya, ndlr): sachez que l'Amérique est l'amie de chaque pays et de chaque homme, femme et enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle dirigeant.Rappelez-vous que les précédentes générations ont fait face au fascisme et au communisme pas seulement avec des missiles et des chars, mais avec des alliances solides et des convictions durables. Elles ont compris que notre puissance ne suffit pas à elle seule à nous protéger et qu'elle ne nous permet pas d'agir à notre guise. Au lieu de cela, elles ont compris que notre puissance croît lorsqu'on en use prudemment; que notre sécurité découle de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et des qualités modératrices de l'humilité et de la retenue.Nous sommes les gardiens de cet héritage. Une fois de plus guidés par ces principes, nous pouvons répondre à ces nouvelles menaces qui demandent un effort encore plus grand, une coopération et une compréhension plus grande entre les pays.Nous allons commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable et forger une paix durement gagnée en Afghanistan. Avec de vieux amis et d'anciens ennemis, nous allons travailler inlassablement pour réduire la menace nucléaire et faire reculer le spectre du réchauffement de la planète.Nous n'allons pas nous excuser pour notre façon de vivre, ni hésiter à la défendre, et pour ceux qui veulent faire avancer leurs objectifs en créant la terreur et en massacrant des innocents, nous vous disons maintenant que notre résolution est plus forte et ne peut pas être brisée; vous ne pouvez pas nous survivre et nous vous vaincrons.Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse. Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et d'athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. Et parce que nous avons goûté à l'amertume d'une guerre de Sécession et de la ségrégation (raciale), et émergé de ce chapitre plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les vieilles haines vont un jour disparaître, que les frontières tribales vont se dissoudre, que pendant que le monde devient plus petit, notre humanité commune doit se révéler, et que les Etats-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l'élan d'une nouvelle ère de paix.Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels. A ceux parmi les dirigeants du monde qui cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur société sur l'Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous pouvez construire, pas détruire.A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en bâillonant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer votre étau.Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l'eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces.Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d'une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances à l'extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.Lorsque nous regardons le chemin à parcourir, nous nous rappelons avec une humble gratitude ces braves Américains qui, à cette heure précise, patrouillent dans des déserts reculés et des montagnes éloignées. Ils ont quelque chose à nous dire aujourd'hui, tout comme les héros qui reposent (au cimetière national) à Arlington nous murmurent à travers les âges.Nous les honorons non seulement parce qu'ils sont les gardiens de notre liberté, mais parce qu'ils incarnent l'esprit de service, une disponibilité à trouver une signification dans quelque chose qui est plus grand qu'eux. Et à ce moment, ce moment qui définira une génération, c'est précisément leur esprit qui doit tous nous habiter.Quoi qu'un gouvernement puisse et doive faire, c'est en définitive de la foi et la détermination des Américains que ce pays dépend. C'est la bonté d'accueillir un inconnu lorsque cèdent les digues, le désintéressement d'ouvriers qui préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son emploi, qui nous permet de traverser nos heures les plus sombres.C'est le courage d'un pompier prêt à remonter une cage d'escalier enfumée, mais aussi la disponibilité d'un parent à nourrir un enfant, qui décide en définitive de notre destin.Les défis face à nous sont peut-être nouveaux. Les outils avec lesquels nous les affrontons sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont notre succès dépend, le travail, l'honnêteté, le courage et le respect des règles, la tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme, sont anciennes. Elles sont vraies. Elles ont été la force tranquille du progrès qui a sous-tendu notre histoire. Ce qui est requis, c'est un retour à ces vérités. Ce qui nous est demandé maintenant, c'est une nouvelle ère de responsabilité, une reconnaissance, de la part de chaque Américain, que nous avons des devoirs envers notre pays et le monde, des devoirs que nous n'acceptons pas à contrecoeur mais saisissons avec joie, avec la certitude qu'il n'y a rien de plus satisfaisant pour l'esprit et qui définisse notre caractère, que de nous donner tout entier à une tâche difficile.C'est le prix, et la promesse, de la citoyenneté.C'est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain.C'est la signification de notre liberté et de notre credo, c'est la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes les races et de toutes les croyances peuvent se réjouir ensemble sur cette magnifique esplanade, et pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré.Donc marquons ce jour du souvenir, de ce que nous sommes et de la distance que nous avons parcourue. Aux temps de la naissance des Etats-Unis, dans les mois les plus froids, un petit groupe de patriotes s'est blotti autour de feux de camp mourants, au bord d'une rivière glacée. La capitale fut abandonnée. L'ennemi progressait. La neige était tachée de sang. Au moment où l'issue de notre révolution était la plus incertaine, le père de notre nation (George Washington, nldr) a donné l'ordre que ces mots soits lus:"Qu'il soit dit au monde du futur, qu'au milieu de l'hiver, quand seul l'espoir et la vertu pouvaient survivre, que la ville et le pays, face à un danger commun, (y) ont répondu".O Etats-Unis. Face à nos dangers communs, dans cet hiver de difficultés, rappelons-nous ces mots éternels. Avec espoir et courage, bravons une fois de plus les courants glacés, et supportons les tempêtes qui peuvent arriver. Qu'il soit dit aux enfants de nos enfants que lorsque nous avons été mis à l'épreuve, nous avons refusé de voir ce parcours s'arrêter, nous n'avons pas tourné le dos ni faibli. Et avec les yeux fixés sur l'horizon et la grâce de Dieu, nous avons continué à porter ce formidable cadeau de la liberté et l'avons donné aux générations futures."
Voici le texte intégral du discours d'investiture du président Barack Obama traduit par l'AFP.
"Chers compatriotes
Je suis ici devant vous aujourd'hui empli d'un sentiment d'humilité face à la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m'avez témoignée et conscient des sacrifices consentis par nos ancêtres.Je remercie le président Bush pour ses services rendus à la nation ainsi que pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de cette passation de pouvoirs.Quarante-quatre Américains ont maintenant prêté le serment présidentiel. Ils l'ont fait alors que gonflait la houle de la prospérité sur les eaux calmes de la paix. Mais il arrive de temps à autre que ce serment soit prononcé alors que s'accumulent les nuages et que gronde la tempête.Dans ces moments, l'Amérique a gardé le cap, non seulement en raison de l'habileté ou de la vision de ses dirigeants, mais aussi parce que Nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution.Ainsi en a-t-il toujours été. Ainsi doit-il en être pour la présente génération d'Américains.
Nul n'ignore que nous sommes au beau milieu d'une crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de l'irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère. Des gens ont perdu leur maison ou leur emploi, des entreprises ont dû fermer leurs portes. Notre système de santé coûte trop cher. Nos écoles laissent tomber trop d'enfants et chaque jour apporte de nouvelles preuves que la façon dont nous utilisons l'énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.Ce sont les signes de la crise en termes statistiques. Mais, si elle n'est pas aussi tangible, la perte de confiance dans tout le pays n'en est pas moins profonde, nourrie de la crainte tenace que le déclin de l'Amérique soit inévitable et que la prochaine génération doive diminuer ses ambitions.Je vous dis aujourd'hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels. Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni rapidement. Mais, sache le, Amérique, nous le relèverons.En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l'espoir à la peur, la volonté d'agir en commun au conflit et à la discorde.En ce jour nous proclamons la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes éculés qui ont pendant trop longtemps étouffé notre vie politique.Nous demeurons une jeune nation. Mais pour reprendre les mots de la Bible, le temps est venu de se défaire des enfantillages. Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur.Nous réaffirmons la grandeur de notre nation en sachant que la grandeur n'est jamais donnée mais se mérite. Dans notre périple nous n'avons jamais emprunté de raccourcis et ne nous sommes jamais contentés de peu. Cela n'a jamais été un parcours pour les craintifs, ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ne recherchent que la richesse ou la célébrité.Au contraire, ce sont plutôt ceux qui ont pris des risques, qui ont agi et réalisé des choses - certains connus, mais le plus souvent des hommes et des femmes anonymes - qui nous ont permis de gravir le long et rude chemin vers la prospérité et la liberté.Pour nous, ils ont rassemblé leurs maigres possessions et traversé des océans en quête d'une vie nouvelle.Pour nous, ils ont trimé dans des ateliers de misère et colonisé l'Ouest. Ils ont connu la morsure du fouet et la dureté du labeur de la terre.Pour nous, ils se sont battus et sont morts dans des lieux comme Concord et Gettysburg, en Normandie ou à Khe-Sanh (Vietnam, ndlr).A maintes reprises ces hommes et ces femmes se sont battus, se sont sacrifiés, ont travaillé à s'en user les mains afin que nous puissions mener une vie meilleure. Ils voyaient en l'Amérique quelque chose de plus grand que la somme de leurs ambitions personnelles, que toutes les différences dues à la naissance, la richesse ou l'appartenance à une faction.C'est la voie que nous poursuivons aujourd'hui. Nous demeurons la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu'au début de la crise. Nos esprits ne sont pas moins inventifs, nos biens et services pas moins demandés que la semaine dernière, le mois dernier ou l'an dernier. Nos capacités demeurent intactes. Mais il est bien fini le temps de l'immobilisme, de la protection d'intérêts étroits et du report des décisions désagréables.A partir d'aujourd'hui, nous devons nous relever, nous épousseter et reprendre la tâche de la refondation de l'Amérique.Où que nous regardions, il y a du travail. L'état de l'économie réclame des gestes audacieux et rapides. Et nous agirons - non seulement pour créer de nouveaux emplois mais pour jeter les fondations d'une nouvelle croissance. Nous allons construire les routes et les ponts, les réseaux électriques et numériques qui alimentent notre commerce et nous unissent.Nous redonnerons à la science la place qu'elle mérite et utiliserons les merveilles de la technologie pour accroître la qualité des soins de santé et diminuer leur coût. Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire avancer nos automobiles et tourner nos usines. Nous transformerons nos écoles et nos universités pour répondre aux exigences d'une ère nouvelle. Nous pouvons faire tout cela et nous le ferons.Cela dit, il y a des gens pour s'interroger sur l'ampleur de nos ambitions, et suggérer que notre système n'est pas capable de faire face à trop de grands projets à la fois. Ils ont la mémoire courte. Ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli, ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser quand l'imagination sert un objectif commun et que le courage s'allie à la nécessité.Ce que les cyniques ne peuvent pas comprendre, c'est que le sol s'est dérobé sous leurs pieds et que les arguments politiques rancis auxquels nous avons eu droit depuis si longtemps, ne valent plus rien. La question aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop gros ou trop petit, mais s'il fonctionne - s'il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire décent, à accéder à des soins qu'ils peuvent se permettre et à une retraite digne. Là où la réponse à cette question est oui, nous continuerons. Là où la réponse est non, nous mettrons un terme à des programmes. Et ceux d'entre nous qui gèrent les deniers publics seront tenus de dépenser avec sagesse, de changer les mauvaises habitudes, de gérer en pleine lumière - c'est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l'indispensable confiance entre un peuple et son gouvernement.La question n'est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n'est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c'est la meilleure voie vers le bien commun.En ce qui concerne notre défense à tous, nous rejettons l'idée qu'il faille faire un choix entre notre sécurité et nos idéaux. Nos Pères fondateurs, face à des périls que nous ne pouvons que difficilement imaginer, ont mis au point une charte pour assurer la prééminence de la loi et les droits de l'Homme, une charte prolongée par le sang de générations. Ces idéaux éclairent toujours le monde, et nous ne les abandonnerons pas par commodité.A tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd'hui, depuis les plus grandes capitales jusqu'au petit village où mon père est né (au Kenya, ndlr): sachez que l'Amérique est l'amie de chaque pays et de chaque homme, femme et enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle dirigeant.Rappelez-vous que les précédentes générations ont fait face au fascisme et au communisme pas seulement avec des missiles et des chars, mais avec des alliances solides et des convictions durables. Elles ont compris que notre puissance ne suffit pas à elle seule à nous protéger et qu'elle ne nous permet pas d'agir à notre guise. Au lieu de cela, elles ont compris que notre puissance croît lorsqu'on en use prudemment; que notre sécurité découle de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et des qualités modératrices de l'humilité et de la retenue.Nous sommes les gardiens de cet héritage. Une fois de plus guidés par ces principes, nous pouvons répondre à ces nouvelles menaces qui demandent un effort encore plus grand, une coopération et une compréhension plus grande entre les pays.Nous allons commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable et forger une paix durement gagnée en Afghanistan. Avec de vieux amis et d'anciens ennemis, nous allons travailler inlassablement pour réduire la menace nucléaire et faire reculer le spectre du réchauffement de la planète.Nous n'allons pas nous excuser pour notre façon de vivre, ni hésiter à la défendre, et pour ceux qui veulent faire avancer leurs objectifs en créant la terreur et en massacrant des innocents, nous vous disons maintenant que notre résolution est plus forte et ne peut pas être brisée; vous ne pouvez pas nous survivre et nous vous vaincrons.Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse. Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et d'athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. Et parce que nous avons goûté à l'amertume d'une guerre de Sécession et de la ségrégation (raciale), et émergé de ce chapitre plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les vieilles haines vont un jour disparaître, que les frontières tribales vont se dissoudre, que pendant que le monde devient plus petit, notre humanité commune doit se révéler, et que les Etats-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l'élan d'une nouvelle ère de paix.Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels. A ceux parmi les dirigeants du monde qui cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur société sur l'Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous pouvez construire, pas détruire.A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en bâillonant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer votre étau.Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l'eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces.Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d'une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances à l'extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.Lorsque nous regardons le chemin à parcourir, nous nous rappelons avec une humble gratitude ces braves Américains qui, à cette heure précise, patrouillent dans des déserts reculés et des montagnes éloignées. Ils ont quelque chose à nous dire aujourd'hui, tout comme les héros qui reposent (au cimetière national) à Arlington nous murmurent à travers les âges.Nous les honorons non seulement parce qu'ils sont les gardiens de notre liberté, mais parce qu'ils incarnent l'esprit de service, une disponibilité à trouver une signification dans quelque chose qui est plus grand qu'eux. Et à ce moment, ce moment qui définira une génération, c'est précisément leur esprit qui doit tous nous habiter.Quoi qu'un gouvernement puisse et doive faire, c'est en définitive de la foi et la détermination des Américains que ce pays dépend. C'est la bonté d'accueillir un inconnu lorsque cèdent les digues, le désintéressement d'ouvriers qui préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son emploi, qui nous permet de traverser nos heures les plus sombres.C'est le courage d'un pompier prêt à remonter une cage d'escalier enfumée, mais aussi la disponibilité d'un parent à nourrir un enfant, qui décide en définitive de notre destin.Les défis face à nous sont peut-être nouveaux. Les outils avec lesquels nous les affrontons sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont notre succès dépend, le travail, l'honnêteté, le courage et le respect des règles, la tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme, sont anciennes. Elles sont vraies. Elles ont été la force tranquille du progrès qui a sous-tendu notre histoire. Ce qui est requis, c'est un retour à ces vérités. Ce qui nous est demandé maintenant, c'est une nouvelle ère de responsabilité, une reconnaissance, de la part de chaque Américain, que nous avons des devoirs envers notre pays et le monde, des devoirs que nous n'acceptons pas à contrecoeur mais saisissons avec joie, avec la certitude qu'il n'y a rien de plus satisfaisant pour l'esprit et qui définisse notre caractère, que de nous donner tout entier à une tâche difficile.C'est le prix, et la promesse, de la citoyenneté.C'est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain.C'est la signification de notre liberté et de notre credo, c'est la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes les races et de toutes les croyances peuvent se réjouir ensemble sur cette magnifique esplanade, et pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré.Donc marquons ce jour du souvenir, de ce que nous sommes et de la distance que nous avons parcourue. Aux temps de la naissance des Etats-Unis, dans les mois les plus froids, un petit groupe de patriotes s'est blotti autour de feux de camp mourants, au bord d'une rivière glacée. La capitale fut abandonnée. L'ennemi progressait. La neige était tachée de sang. Au moment où l'issue de notre révolution était la plus incertaine, le père de notre nation (George Washington, nldr) a donné l'ordre que ces mots soits lus:"Qu'il soit dit au monde du futur, qu'au milieu de l'hiver, quand seul l'espoir et la vertu pouvaient survivre, que la ville et le pays, face à un danger commun, (y) ont répondu".O Etats-Unis. Face à nos dangers communs, dans cet hiver de difficultés, rappelons-nous ces mots éternels. Avec espoir et courage, bravons une fois de plus les courants glacés, et supportons les tempêtes qui peuvent arriver. Qu'il soit dit aux enfants de nos enfants que lorsque nous avons été mis à l'épreuve, nous avons refusé de voir ce parcours s'arrêter, nous n'avons pas tourné le dos ni faibli. Et avec les yeux fixés sur l'horizon et la grâce de Dieu, nous avons continué à porter ce formidable cadeau de la liberté et l'avons donné aux générations futures."
lundi 19 janvier 2009
A Washington, la "nation-Obama" face à l'Histoire - Amériques - Le Monde.fr
A Washington, la "nation-Obama" face à l'Histoire - Amériques - Le Monde.fr
LE MONDE 19.01.09 10h11 • Mis à jour le 19.01.09 10h55
Washington, correspondante
lus qu'un concert, ce fut une fresque patriotique. Les festivités d'investiture de Barak Obama ont commencé dimanche 18 janvier, à Washington, par un hymne à la "grandeur de l'Amérique", balayant 200 ans d'Histoire, des épisodes les plus glorieux aux moments les plus sombres. Un moment de patriotisme, mais dans sa version Obama : sans nationalisme. On a joué Bob Marley au pied des colonnes doriques du temple de Lincoln.
Un moment d'Histoire soigneusement mis en scène, avec le podium de l'orateur installé dans l'axe de la statue du grand homme, de sorte que les photographes puissent avoir, dans le même angle, Abraham Lincoln, le président qui a émancipé les esclaves et Barack Obama, le premier Noir élu à la présidence des Etats-Unis. L'homme qui a "sauvé l'union américaine", comme l'a rappelé M. Obama, et celui "qui sera jugé à sa capacité de sauver le capitalisme", comme l'a écrit l'hebdomadaire Newsweek.
Ce fut aussi un défilé de célébrités, emblématique de l'ère Obama qui commence. Il est clair que Hollywood a renoué avec Washington. Une douzaine d'acteurs – Tom Hanks, Denzel Washington, etc. – ont lu des textes d'introduction, sur un ton de cérémonie des Oscars.
Une citation de Lincoln – "De même que je refuse d'être un esclave, je refuse d'être un maître"; une phrase de Rosa Parks, la dame noire du bus de Montgomery (Alabama) qui avait refusé de céder sa place à un Blanc. Le golfeur Tiger Woods a rendu hommage aux soldats.
Bruce Springsteen a ouvert l'après-midi avec The Rising, sa chanson post- 11-Septembre. Ont défilé ensuite Usher, Shakira, Will I am, Beyoncé, Herbie Hancock, Stevie Wonder, John Mellencamp… Ils ont dépeint les crises auxquelles a survécu l'Amérique – la guerre de Sécession, la Grande Dépression, la guerre froide – comme pour redonner confiance aux Américains sur leur capacité à surmonter la situation actuelle. Bono a chanté Pride, chanson écrite en 1984 en mémoire de Martin Luther King. Il a rendu hommage "au rêve américain", mais aussi "au rêve irlandais", "au rêve africain"…Et après un silence marqué, il a ajouté le "rêve palestinien", ce qui a entraîné à peine plus d'applaudissements que le "rêve européen".
Plusieurs centaines de milliers de personnes étaient là, malgré une température flirtant avec zéro degré. La nation Obama, dans toute sa diversité, serrée autour des écrans géants quand les abords du Lincoln Memorial ont été fermés. Des familles noires, dont les jeunes enfants finissaient parfois sur l'épaule de voisins blancs qu'ils ne connaissaient pas la minute d'avant.
Tous reprenant ensemble les morceaux populaires, comme American Pie chanté par Garth Brooks. Les Noirs le disent : tout a changé depuis le 4 novembre 2008. "C'est un mur qui est en train de tomber, pense Jerry Park, éducateur dans les quartiers défavorisés. Les jeunes ont davantage confiance dans le fait que leurs mérites seront reconnus."
POPULARITÉ AU ZÉNITH
Deux aigles – l'un nommé Challenger et l'autre Lincoln – ont été présentés sur scène à un public légèrement surpris mais prêt, semble-t-il, à accepter tout ce qui vient du nouveau président. Pendant la période de transition, sa popularité a encore augmenté (selon un sondage du New York Times, 69% des Américains sont optimistes en ce qui concerne sa présidence). Puis l'orateur s'est placé sur les marches où Martin Luther King avait fait son discours le 28 août 1963 sur le rêve d'un monde réconcilié. "Je remercie les intervenants de nous avoir rappelés, à travers les mots et les chansons, ce qui fait que nous aimons l'Amérique", a-t-il commencé.
Une nouvelle fois, Barack Obama s'est inspiré du passé pour redonner à ses compatriotes le sens de l'exemplarité. "Dans ces monuments sont ciselées ces improbables histoires qui affirment notre foi inébranlable que tout est possible en Amérique." Il a parlé avec gravité de l'effort qui attend le pays, effort qui ne prendra ni un mois ni un an, mais "probablement plusieurs années".
Sur un terrain beaucoup plus concret, ses conseillers ont commencé à préciser les contours des premières décisions qui interviendront tout de suite après l'investiture de mardi 20 janvier. M. Obama tiendra ses promesses, ont-ils assuré. Il réunira les chefs d'état-major en leur demandant de dresser un plan de retrait des troupes en Irak. Il publiera des ordres exécutifs sur la fermeture de Guantanamo et peut-être sur les normes de consommation d'essence pour les véhicules. Et il doit prendre, dès cette semaine, une initiative sur le conflit au Proche-Orient.
Corine Lesnes
LE MONDE 19.01.09 10h11 • Mis à jour le 19.01.09 10h55
Washington, correspondante
lus qu'un concert, ce fut une fresque patriotique. Les festivités d'investiture de Barak Obama ont commencé dimanche 18 janvier, à Washington, par un hymne à la "grandeur de l'Amérique", balayant 200 ans d'Histoire, des épisodes les plus glorieux aux moments les plus sombres. Un moment de patriotisme, mais dans sa version Obama : sans nationalisme. On a joué Bob Marley au pied des colonnes doriques du temple de Lincoln.
Un moment d'Histoire soigneusement mis en scène, avec le podium de l'orateur installé dans l'axe de la statue du grand homme, de sorte que les photographes puissent avoir, dans le même angle, Abraham Lincoln, le président qui a émancipé les esclaves et Barack Obama, le premier Noir élu à la présidence des Etats-Unis. L'homme qui a "sauvé l'union américaine", comme l'a rappelé M. Obama, et celui "qui sera jugé à sa capacité de sauver le capitalisme", comme l'a écrit l'hebdomadaire Newsweek.
Ce fut aussi un défilé de célébrités, emblématique de l'ère Obama qui commence. Il est clair que Hollywood a renoué avec Washington. Une douzaine d'acteurs – Tom Hanks, Denzel Washington, etc. – ont lu des textes d'introduction, sur un ton de cérémonie des Oscars.
Une citation de Lincoln – "De même que je refuse d'être un esclave, je refuse d'être un maître"; une phrase de Rosa Parks, la dame noire du bus de Montgomery (Alabama) qui avait refusé de céder sa place à un Blanc. Le golfeur Tiger Woods a rendu hommage aux soldats.
Bruce Springsteen a ouvert l'après-midi avec The Rising, sa chanson post- 11-Septembre. Ont défilé ensuite Usher, Shakira, Will I am, Beyoncé, Herbie Hancock, Stevie Wonder, John Mellencamp… Ils ont dépeint les crises auxquelles a survécu l'Amérique – la guerre de Sécession, la Grande Dépression, la guerre froide – comme pour redonner confiance aux Américains sur leur capacité à surmonter la situation actuelle. Bono a chanté Pride, chanson écrite en 1984 en mémoire de Martin Luther King. Il a rendu hommage "au rêve américain", mais aussi "au rêve irlandais", "au rêve africain"…Et après un silence marqué, il a ajouté le "rêve palestinien", ce qui a entraîné à peine plus d'applaudissements que le "rêve européen".
Plusieurs centaines de milliers de personnes étaient là, malgré une température flirtant avec zéro degré. La nation Obama, dans toute sa diversité, serrée autour des écrans géants quand les abords du Lincoln Memorial ont été fermés. Des familles noires, dont les jeunes enfants finissaient parfois sur l'épaule de voisins blancs qu'ils ne connaissaient pas la minute d'avant.
Tous reprenant ensemble les morceaux populaires, comme American Pie chanté par Garth Brooks. Les Noirs le disent : tout a changé depuis le 4 novembre 2008. "C'est un mur qui est en train de tomber, pense Jerry Park, éducateur dans les quartiers défavorisés. Les jeunes ont davantage confiance dans le fait que leurs mérites seront reconnus."
POPULARITÉ AU ZÉNITH
Deux aigles – l'un nommé Challenger et l'autre Lincoln – ont été présentés sur scène à un public légèrement surpris mais prêt, semble-t-il, à accepter tout ce qui vient du nouveau président. Pendant la période de transition, sa popularité a encore augmenté (selon un sondage du New York Times, 69% des Américains sont optimistes en ce qui concerne sa présidence). Puis l'orateur s'est placé sur les marches où Martin Luther King avait fait son discours le 28 août 1963 sur le rêve d'un monde réconcilié. "Je remercie les intervenants de nous avoir rappelés, à travers les mots et les chansons, ce qui fait que nous aimons l'Amérique", a-t-il commencé.
Une nouvelle fois, Barack Obama s'est inspiré du passé pour redonner à ses compatriotes le sens de l'exemplarité. "Dans ces monuments sont ciselées ces improbables histoires qui affirment notre foi inébranlable que tout est possible en Amérique." Il a parlé avec gravité de l'effort qui attend le pays, effort qui ne prendra ni un mois ni un an, mais "probablement plusieurs années".
Sur un terrain beaucoup plus concret, ses conseillers ont commencé à préciser les contours des premières décisions qui interviendront tout de suite après l'investiture de mardi 20 janvier. M. Obama tiendra ses promesses, ont-ils assuré. Il réunira les chefs d'état-major en leur demandant de dresser un plan de retrait des troupes en Irak. Il publiera des ordres exécutifs sur la fermeture de Guantanamo et peut-être sur les normes de consommation d'essence pour les véhicules. Et il doit prendre, dès cette semaine, une initiative sur le conflit au Proche-Orient.
Corine Lesnes
LaTribune.fr - Obama : hommage aux pères fondateurs de la nation américaine à la veille de son investiture
«Barack Obama, président d’une nation qui n’a cessé de se refermer» - Tout savoir sur les dernières actualités politiques, monde, société, sports, écologie avec le journal en ligne Lib
Communiqués de presse - « Le siècle d'Obama : le Président, l'Afrique et le monde » : Conférence avec le Pr Théophile Obenga, le 18 janvier 2009 - Pan Afrique - France - Etats-Unis - Afrique
Obama souhaite une nouvelle "déclaration d'indépendance" morale - L'investiture d'Obama - NouvelObs.com
Barack Obama suscite de fortes attentes dans le monde
AFP: Barack Obama suscite de fortes attentes dans le monde
PARIS (AFP) — Le président élu américain Barack Obama, qui prête serment mardi, suscite dans le monde de grandes attentes de changement avec les politiques de son prédécesseur George W. Bush sur Guantanamo, l'Irak, la lutte contre le changement climatique ou les relations avec la Russie.
La communauté internationale attend avec impatience l'implication du 44e président des Etats-Unis, allié traditionnel d'Israël, dans le conflit qui se poursuit à Gaza. M. Obama a assuré la semaine dernière qu'il s'engagerait sur la situation à Gaza "immédiatement" après son investiture le 20 janvier.
"La première et la plus immédiate" préoccupation de M. Obama en politique étrangère doit être le Moyen-Orient, a déclaré cette semaine le Premier ministre britannique Gordon Brown.
Au Moyen-Orient, on s'attend à ce que le nouveau président adopte une approche très différente de son prédécesseur, dont le mandat restera marqué par une invasion de l'Irak désastreuse pour l'image des Etats-Unis dans le monde arabe.
Sa future secrétaire d'Etat Hillary Clinton a indiqué qu'elle chercherait une approche diplomatique vis-à-vis de la Syrie et de l'Iran, confirmant une promesse électorale du candidat démocrate d'ouvrir un dialogue avec l'Iran, qualifié d'"Etat voyou" et classé sur "l'axe du mal" par M. Bush. "Nous voudrions bien contribuer à stabiliser la région (du Proche-Orient). Mais nous devons être impliqués et ne plus être isolés comme (nous l'étions) jusqu'à présent", a dit le président syrien Bachar al-Assad dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dit jeudi que son pays attendait un "changement de comportement" des Etats-Unis, notamment qu'ils "cessent leurs ingérences dans les affaires des autres pays", pour que les relations bilatérales s'améliorent.
Une des premières décisions de M. Obama, selon ses collaborateurs, sera d'ordonner la fermeture du centre de détention américain de Guantanamo, sur l'île de Cuba, symbole des excès de la lutte antiterroriste de son prédécesseur.
En Irak, le Pentagone prépare déjà des plans pour le retrait accéléré des forces américaines, promis par le candidat démocrate pendant sa campagne.
L'effort se portera alors sur la guerre en Afghanistan, principal front de M. Obama dans la lutte contre le terrorisme, où il prévoit de déployer 30.000 hommes supplémentaires sur dix-huit mois.
"Nous espérons voir un changement radical dans la manière dont nous menons la guerre contre le terrorisme", a déclaré Homayun Hamidzada, porte-parole du président afghan Hamid Karzai, ajoutant que "la solution (au problème afghan) est une approche régionale". En Afghanistan comme en Inde, les dirigeants accusent le Pakistan d'abriter les groupes extrémistes auteurs d'attaques sur leurs territoires, comme celles de Bombay en novembre.
"L'Inde regardera comment l'administration d'Obama répond au Pakistan et quelle pression elle exerce sur ce pays pour (qu'il mette fin au) terrorisme", estime Lalit Mansingh, ancien ambassadeur d'Inde à Washington.
La nouvelle administration héritera de relations particulièrement tendues avec la Russie, qui ont même rappelé l'époque de la guerre froide au moment du conflit en Géorgie en août dernier. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a qualifié samedi M. Obama d'homme "sincère et ouvert" qui a lancé des "signaux positifs" vers Moscou, tout en ajoutant que l'Europe ne devrait pas trop en attendre. Le sommet de l'Otan en avril aura valeur de test alors que Moscou est fermement opposé à la poursuite de l'élargissement de l'Alliance à ses frontières, prôné par M. Bush.
Autre puissance régionale, la Chine, dont la stabilité politique dépend de la poursuite d'une croissance économique exceptionnelle, sera attentive à tout durcissement protectionniste de la part des Etats-Unis.
Pour sa part, la dissidente chinoise Zeng Jinyan, dont l'époux également opposant est sous les barreaux, a appelé la nouvelle administration à exiger plus de Pékin sur la question des droits de l'Homme. "J'espère que Obama pourra accorder plus d'attention aux droits de l'Homme dans ses relations avec la Chine, notamment concernant la liberté d'expression et d'association", a-t-elle dit.
L'engagement de M. Obama contre le changement climatique, après l'inertie de son prédécesseur, est également attendu partout dans le monde.
Mais cette priorité est aujourd'hui menacée par une autre urgence: la crise économique. Le sommet des pays avancés et émergents du G20 en avril à Londres, suscite de fortes attentes concernant notamment l'établissement de nouvelles règles pour régir la finance internationale. La chancelière allemande Angela Merkel a ainsi déclaré avoir "de grandes attentes concernant le nouveau président américain Barack Obama dans la mise en place d'une nouvelle architecture financière".
Mais elle a aussi averti les Etats-Unis qu'il y aurait de "sérieuses discussions" s'ils s'avisaient de soutenir à long terme leur industrie automobile.
"Nous ne pouvons pas regarder pendant des années l'industrie automobile américaine être maintenue en vie avec des milliards de dollars d'aides publiques alors qu'il en découle des inconvénients pour la compétitivité en Allemagne", a déclaré la dirigeante chrétienne-démocrate.
PARIS (AFP) — Le président élu américain Barack Obama, qui prête serment mardi, suscite dans le monde de grandes attentes de changement avec les politiques de son prédécesseur George W. Bush sur Guantanamo, l'Irak, la lutte contre le changement climatique ou les relations avec la Russie.
La communauté internationale attend avec impatience l'implication du 44e président des Etats-Unis, allié traditionnel d'Israël, dans le conflit qui se poursuit à Gaza. M. Obama a assuré la semaine dernière qu'il s'engagerait sur la situation à Gaza "immédiatement" après son investiture le 20 janvier.
"La première et la plus immédiate" préoccupation de M. Obama en politique étrangère doit être le Moyen-Orient, a déclaré cette semaine le Premier ministre britannique Gordon Brown.
Au Moyen-Orient, on s'attend à ce que le nouveau président adopte une approche très différente de son prédécesseur, dont le mandat restera marqué par une invasion de l'Irak désastreuse pour l'image des Etats-Unis dans le monde arabe.
Sa future secrétaire d'Etat Hillary Clinton a indiqué qu'elle chercherait une approche diplomatique vis-à-vis de la Syrie et de l'Iran, confirmant une promesse électorale du candidat démocrate d'ouvrir un dialogue avec l'Iran, qualifié d'"Etat voyou" et classé sur "l'axe du mal" par M. Bush. "Nous voudrions bien contribuer à stabiliser la région (du Proche-Orient). Mais nous devons être impliqués et ne plus être isolés comme (nous l'étions) jusqu'à présent", a dit le président syrien Bachar al-Assad dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dit jeudi que son pays attendait un "changement de comportement" des Etats-Unis, notamment qu'ils "cessent leurs ingérences dans les affaires des autres pays", pour que les relations bilatérales s'améliorent.
Une des premières décisions de M. Obama, selon ses collaborateurs, sera d'ordonner la fermeture du centre de détention américain de Guantanamo, sur l'île de Cuba, symbole des excès de la lutte antiterroriste de son prédécesseur.
En Irak, le Pentagone prépare déjà des plans pour le retrait accéléré des forces américaines, promis par le candidat démocrate pendant sa campagne.
L'effort se portera alors sur la guerre en Afghanistan, principal front de M. Obama dans la lutte contre le terrorisme, où il prévoit de déployer 30.000 hommes supplémentaires sur dix-huit mois.
"Nous espérons voir un changement radical dans la manière dont nous menons la guerre contre le terrorisme", a déclaré Homayun Hamidzada, porte-parole du président afghan Hamid Karzai, ajoutant que "la solution (au problème afghan) est une approche régionale". En Afghanistan comme en Inde, les dirigeants accusent le Pakistan d'abriter les groupes extrémistes auteurs d'attaques sur leurs territoires, comme celles de Bombay en novembre.
"L'Inde regardera comment l'administration d'Obama répond au Pakistan et quelle pression elle exerce sur ce pays pour (qu'il mette fin au) terrorisme", estime Lalit Mansingh, ancien ambassadeur d'Inde à Washington.
La nouvelle administration héritera de relations particulièrement tendues avec la Russie, qui ont même rappelé l'époque de la guerre froide au moment du conflit en Géorgie en août dernier. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a qualifié samedi M. Obama d'homme "sincère et ouvert" qui a lancé des "signaux positifs" vers Moscou, tout en ajoutant que l'Europe ne devrait pas trop en attendre. Le sommet de l'Otan en avril aura valeur de test alors que Moscou est fermement opposé à la poursuite de l'élargissement de l'Alliance à ses frontières, prôné par M. Bush.
Autre puissance régionale, la Chine, dont la stabilité politique dépend de la poursuite d'une croissance économique exceptionnelle, sera attentive à tout durcissement protectionniste de la part des Etats-Unis.
Pour sa part, la dissidente chinoise Zeng Jinyan, dont l'époux également opposant est sous les barreaux, a appelé la nouvelle administration à exiger plus de Pékin sur la question des droits de l'Homme. "J'espère que Obama pourra accorder plus d'attention aux droits de l'Homme dans ses relations avec la Chine, notamment concernant la liberté d'expression et d'association", a-t-elle dit.
L'engagement de M. Obama contre le changement climatique, après l'inertie de son prédécesseur, est également attendu partout dans le monde.
Mais cette priorité est aujourd'hui menacée par une autre urgence: la crise économique. Le sommet des pays avancés et émergents du G20 en avril à Londres, suscite de fortes attentes concernant notamment l'établissement de nouvelles règles pour régir la finance internationale. La chancelière allemande Angela Merkel a ainsi déclaré avoir "de grandes attentes concernant le nouveau président américain Barack Obama dans la mise en place d'une nouvelle architecture financière".
Mais elle a aussi averti les Etats-Unis qu'il y aurait de "sérieuses discussions" s'ils s'avisaient de soutenir à long terme leur industrie automobile.
"Nous ne pouvons pas regarder pendant des années l'industrie automobile américaine être maintenue en vie avec des milliards de dollars d'aides publiques alors qu'il en découle des inconvénients pour la compétitivité en Allemagne", a déclaré la dirigeante chrétienne-démocrate.
Sur les pas de Lincoln, Obama fait son entrée à Washington
Le Figaro - USA 2008 : Sur les pas de Lincoln, Obama fait son entrée à Washington
Les Washingtoniens ont rejoint en masse dimanche le Mémorial Lincoln pour un concert exceptionnel destiné à lancer les festivités dans la capitale.
C'est acclamé et soutenu par des foules vibrantes de milliers d'Américains bravant le froid polaire qui s'abat sur l'Amérique - et par des millions d'autres connectés à Internet ou rivés devant leurs postes de télévision - que Barack Obama a entamé ce week-end sa marche triomphale et émouvante vers la Maison-Blanche. «Un long voyage se termine», notait dimanche à la une le Washington Post, revenant sur l'aventure politique vertigineuse qui a mené Obama de son poste de petit sénateur de l'Illinois à la présidence.
Conscientes de la magie particulière de ce moment historique, qui voit accéder à la plus haute fonction de l'État le premier président noir de l'histoire des États-Unis, des masses humaines s'étaient postées le long des voies ferrées empruntées en train, samedi depuis Philadelphie, par le président élu et sa famille. «Obama !», criaient-ils, en agitant des drapeaux de la bannière étoilée, se disant «bouleversés» d'être là. Les ponts dominant la ligne de chemin de fer étaient bourrés à craquer, les pompiers attendaient debout sur leurs camions. Les enfants agitaient la main. «Nous prions pour vous», a pu lire Obama sur une pancarte.
D'ordinaire très calme et maître de lui-même, le président, vêtu d'un grand manteau bleu nuit s'est laissé gagner par l'émotion en observant ce formidable accueil populaire de la fenêtre du vieux wagon historique, qu'il avait choisi d'utiliser pour ce voyage dédié à la mémoire d'Abraham Lincoln, son modèle politique. Selon le Washington Post, cela fait plusieurs semaines qu'Obama se passionne pour le voyage de quatorze jours qu'effectua en 1861 son illustre prédécesseur, dévorant tout ce qu'il a pu réunir d'informations sur le sujet.
«Joyeux anniversaire»
Le même vieux train avait déjà été emprunté par Franklin Roosevelt, mais aussi par Bill Clinton et George Bush. À Philadelphie, berceau de la nation américaine, où débutait l'expédition, Barack Obama a rappelé à ses compatriotes «les défis immenses» qui l'attendent en tant que 44e président des États-Unis, les invitant à prendre exemple sur «l'idéalisme et la persévérance» montrés par les fondateurs de la nation en 1776, quand ils lancèrent le combat pour l'indépendance. «Nos problèmes sont peut-être nouveaux, mais ce qui est nécessaire pour les surmonter ne l'est pas», a affirmé ce passionné d'histoire. «Ce dont nous avons besoin, c'est d'une nouvelle déclaration d'indépendance, pas seulement pour notre nation, mais dans nos vies, pour nous libérer de l'idéologie et de l'étroitesse d'esprit, des préjugés et du sectarisme», a-t-il poursuivi, avant de lancer « tout est possible en Amérique !», manière pour lui de renouveler son appel à la mobilisation de la nation en ces temps de grave crise.
Après Philadelphie, le cortège s'est arrêté à Wilmington, dans le Delaware, pour y embarquer le vice-président Joe Biden, sénateur de l'État. Sous le regard rayonnant du président élu, quelque 7 000 personnes ont alors entonné «Joyeux anniversaire » à l'intention de Michelle Obama, qui fêtait ses 45 ans. «Merci, merci, a crié Barack Obama. Nous avons été touchés par votre grâce et nous nous battrons pour vous chaque jour que nous passerons à Washington !» Plusieurs de ses amis de Chicago - comme Lattera Hopkins et Cheryl Barrick - laissaient couler leurs larmes sous leurs bonnets de laine descendus jusqu'aux yeux. «C'est parfois difficile ici d'imaginer qu'on va voir arriver le printemps, a observé en souriant Joe Biden, en regardant les foules emmitouflées dans des couvertures. Mais je vais vous dire une chose : le printemps est en marche avec cette nouvelle Administration».
L'émotion a été particulièrement vive lors de l'étape de Baltimore, où une estrade avait été montée pour que Barack Obama puisse s'adresser à la foule de près de 40 000 personnes venues l'ovationner. «Il y aura des faux départs et des échecs, des frustrations et des déceptions. Je ferai des erreurs et nous devrons être patients », a-t-il expliqué, répétant que le redressement de l'économie américaine exigerait beaucoup de sacrifices. Ses conseillers ont annoncé que son discours d'investiture ferait appel à la notion de «responsabilité», et enjoindrait les représentants politiques de donner l'exemple.
Selon un sondage publié par le New York Times et CBS, le discours de vérité churchillien, annonçant du sang et des larmes, que Barack Obama tient à ses concitoyens depuis le début de la transition, a été fort bien perçu par l'opinion, qui semble ne se faire aucune illusion sur une rapide sortie de crise. Deux tiers des Américains estiment que l'économie ne repartira pas à la hausse avant au moins deux ans. Mais ce réalisme n'entame nullement l'espoir et la fierté qu'ils éprouvent à l'approche de la prestation de serment de Barack Obama, plébiscité par 79 % des sondés. Ces chiffres pulvérisent les records atteints par les précédents présidents.
Liesse populaire
Signe de l'immense enthousiasme qui monte des tréfonds du pays, des flots de Washingtoniens et de visiteurs venus de tous les coins d'Amérique ont convergé dimanche après-midi vers le Mémorial Lincoln , où s'est tenu un concert exceptionnel destiné à lancer les festivités dans la capitale. De grandes stars de la chanson étaient présentes parmi lesquelles Bruce Springsteen, Beyoncé, UE, Shakira. Sans oublier Obama, étoile du moment, qui a été acclamé par la marée humaine. La voix puissante de Springsteen, soutenue par un chœur s'est élevée au-dessus du monument, à l'endroit même où Martin Luther King, le leader noir assassiné, avait prononcé son fameux discours I Have a Dream sur l'union des races. Barbara, une jeune Afro-Américaine d'Alabama sans ticket était trop loin pour entendre. Mais cantonnée derrière les barrières surveillées par des lignes de militaires attentifs, elle se disait profondément émue. «Regardez, notait-elle en observant les colonnes humaines qui affluaient, nous sommes dans l'histoire. Tous les États-Unis sont là aujourd'hui. Nous sommes ensemble. C'est bon d'être là.»
Les Washingtoniens ont rejoint en masse dimanche le Mémorial Lincoln pour un concert exceptionnel destiné à lancer les festivités dans la capitale.
C'est acclamé et soutenu par des foules vibrantes de milliers d'Américains bravant le froid polaire qui s'abat sur l'Amérique - et par des millions d'autres connectés à Internet ou rivés devant leurs postes de télévision - que Barack Obama a entamé ce week-end sa marche triomphale et émouvante vers la Maison-Blanche. «Un long voyage se termine», notait dimanche à la une le Washington Post, revenant sur l'aventure politique vertigineuse qui a mené Obama de son poste de petit sénateur de l'Illinois à la présidence.
Conscientes de la magie particulière de ce moment historique, qui voit accéder à la plus haute fonction de l'État le premier président noir de l'histoire des États-Unis, des masses humaines s'étaient postées le long des voies ferrées empruntées en train, samedi depuis Philadelphie, par le président élu et sa famille. «Obama !», criaient-ils, en agitant des drapeaux de la bannière étoilée, se disant «bouleversés» d'être là. Les ponts dominant la ligne de chemin de fer étaient bourrés à craquer, les pompiers attendaient debout sur leurs camions. Les enfants agitaient la main. «Nous prions pour vous», a pu lire Obama sur une pancarte.
D'ordinaire très calme et maître de lui-même, le président, vêtu d'un grand manteau bleu nuit s'est laissé gagner par l'émotion en observant ce formidable accueil populaire de la fenêtre du vieux wagon historique, qu'il avait choisi d'utiliser pour ce voyage dédié à la mémoire d'Abraham Lincoln, son modèle politique. Selon le Washington Post, cela fait plusieurs semaines qu'Obama se passionne pour le voyage de quatorze jours qu'effectua en 1861 son illustre prédécesseur, dévorant tout ce qu'il a pu réunir d'informations sur le sujet.
«Joyeux anniversaire»
Le même vieux train avait déjà été emprunté par Franklin Roosevelt, mais aussi par Bill Clinton et George Bush. À Philadelphie, berceau de la nation américaine, où débutait l'expédition, Barack Obama a rappelé à ses compatriotes «les défis immenses» qui l'attendent en tant que 44e président des États-Unis, les invitant à prendre exemple sur «l'idéalisme et la persévérance» montrés par les fondateurs de la nation en 1776, quand ils lancèrent le combat pour l'indépendance. «Nos problèmes sont peut-être nouveaux, mais ce qui est nécessaire pour les surmonter ne l'est pas», a affirmé ce passionné d'histoire. «Ce dont nous avons besoin, c'est d'une nouvelle déclaration d'indépendance, pas seulement pour notre nation, mais dans nos vies, pour nous libérer de l'idéologie et de l'étroitesse d'esprit, des préjugés et du sectarisme», a-t-il poursuivi, avant de lancer « tout est possible en Amérique !», manière pour lui de renouveler son appel à la mobilisation de la nation en ces temps de grave crise.
Après Philadelphie, le cortège s'est arrêté à Wilmington, dans le Delaware, pour y embarquer le vice-président Joe Biden, sénateur de l'État. Sous le regard rayonnant du président élu, quelque 7 000 personnes ont alors entonné «Joyeux anniversaire » à l'intention de Michelle Obama, qui fêtait ses 45 ans. «Merci, merci, a crié Barack Obama. Nous avons été touchés par votre grâce et nous nous battrons pour vous chaque jour que nous passerons à Washington !» Plusieurs de ses amis de Chicago - comme Lattera Hopkins et Cheryl Barrick - laissaient couler leurs larmes sous leurs bonnets de laine descendus jusqu'aux yeux. «C'est parfois difficile ici d'imaginer qu'on va voir arriver le printemps, a observé en souriant Joe Biden, en regardant les foules emmitouflées dans des couvertures. Mais je vais vous dire une chose : le printemps est en marche avec cette nouvelle Administration».
L'émotion a été particulièrement vive lors de l'étape de Baltimore, où une estrade avait été montée pour que Barack Obama puisse s'adresser à la foule de près de 40 000 personnes venues l'ovationner. «Il y aura des faux départs et des échecs, des frustrations et des déceptions. Je ferai des erreurs et nous devrons être patients », a-t-il expliqué, répétant que le redressement de l'économie américaine exigerait beaucoup de sacrifices. Ses conseillers ont annoncé que son discours d'investiture ferait appel à la notion de «responsabilité», et enjoindrait les représentants politiques de donner l'exemple.
Selon un sondage publié par le New York Times et CBS, le discours de vérité churchillien, annonçant du sang et des larmes, que Barack Obama tient à ses concitoyens depuis le début de la transition, a été fort bien perçu par l'opinion, qui semble ne se faire aucune illusion sur une rapide sortie de crise. Deux tiers des Américains estiment que l'économie ne repartira pas à la hausse avant au moins deux ans. Mais ce réalisme n'entame nullement l'espoir et la fierté qu'ils éprouvent à l'approche de la prestation de serment de Barack Obama, plébiscité par 79 % des sondés. Ces chiffres pulvérisent les records atteints par les précédents présidents.
Liesse populaire
Signe de l'immense enthousiasme qui monte des tréfonds du pays, des flots de Washingtoniens et de visiteurs venus de tous les coins d'Amérique ont convergé dimanche après-midi vers le Mémorial Lincoln , où s'est tenu un concert exceptionnel destiné à lancer les festivités dans la capitale. De grandes stars de la chanson étaient présentes parmi lesquelles Bruce Springsteen, Beyoncé, UE, Shakira. Sans oublier Obama, étoile du moment, qui a été acclamé par la marée humaine. La voix puissante de Springsteen, soutenue par un chœur s'est élevée au-dessus du monument, à l'endroit même où Martin Luther King, le leader noir assassiné, avait prononcé son fameux discours I Have a Dream sur l'union des races. Barbara, une jeune Afro-Américaine d'Alabama sans ticket était trop loin pour entendre. Mais cantonnée derrière les barrières surveillées par des lignes de militaires attentifs, elle se disait profondément émue. «Regardez, notait-elle en observant les colonnes humaines qui affluaient, nous sommes dans l'histoire. Tous les États-Unis sont là aujourd'hui. Nous sommes ensemble. C'est bon d'être là.»
L'Amérique a commencé à fêter son nouveau président
L'Amérique a commencé à fêter son nouveau président
Les festivités pour célébrer l'entrée de Barack Obama à la Maison Blanche ont débuté ce week-end. Dimanche, le nouveau président a assisté à un concert à Washington où étaient conviés Bruce Springsteen, U2, Stevie Wonder,...
A 48 heures de sa prise de fonction à la Maison Blanche, Barack Obama a rendu hommage dimanche aux pères fondateurs de la nation américaine devant des milliers de personnes réunies à Washington.
Le président élu a déposé une gerbe au cimetière national d'Arlington, en Virginie, avant de regagner la capitale fédérale pour assister à un concert de Bruce Springsteen, U2, Stevie Wonder ou encore Mary J. Blige, dans le cadre des célébrations pour son investiture.
Le concert avait lieu au pied du Lincoln Memorial, l'occasion pour le futur président démocrate, premier président noir de l'histoire des Etats-Unis, d'honorer une nouvelle fois Abraham Lincoln, 16e président -républicain- du pays "qui a rendu ce jour possible".
Obama était arrivé samedi soir à Washington à bord d'un train en provenance de Philadelphie, voyage ferroviaire qui rappelait celui que fit Lincoln, le président qui abolit l'esclavage, pour se rendre dans la capitale et prendre ses fonctions en 1861.
Marchant côte à côte avec le vice-président élu Joe Biden, Obama avait commencé la journée en déposant la gerbe devant la tombe du soldat inconnu, un sarcophage de marbre blanc à l'intérieur duquel repose un militaire anonyme tombé pendant la Première Guerre mondiale.
Le futur président a regagné ensuite Washington, tout d'abord pour un office religieux baptiste. Des groupes de personnes s'étaient massées le long du parcours pour l'acclamer.
Obama: notre nation en guerre, notre économie en crise
Un peu plus tard, Obama et Biden ont assisté à un concert en plein air sur les marches du Lincoln Memorial. Malgré le froid vif, des dizaines de milliers de personnes avaient fait le déplacement. Accompagné de son épouse Michelle et de leurs filles, Malia et Sasha, Obama a approuvé de la tête et applaudi les artistes qui se succédaient.
Dans les intervalles laissés par les musiciens, les acteurs Denzel Washington, Laura Linney et Tom Hanks ont pris la parole pour évoquer les crises passées de l'histoire américaine, de la guerre de Sécession à la guerre froide en passant par la Dépression des années 1930.
A l'issue du concert, Barack Obama a prononcé une brève allocution dans laquelle il a de nouveau insisté sur la difficulté des tâches qui l'attendent, tout en se disant optimiste sur la capacité du pays à les affronter.
Au cours de la journée, divers collaborateurs d'Obama ont donné des interviews dans lesquelles ils ont insisté sur ses projets de lutte contre la crise financière qui a éclaté aux Etats-Unis avant de gagner le reste du monde. Son conseiller David Axelrod a ainsi annoncé qu'il adresserait un "message fort" aux banques.
Le taux de chômage a atteint 7,2% en décembre, son plus haut niveau depuis près de 16 ans, et 2,6 millions de personnes ont perdu leur emploi l'an dernier dans le pays, la plus forte baisse du marché du travail depuis 1945.
Becky Kusar, démocrate de 29 ans de passage à Washington avec son mari et sa fille, a exprimé dimanche un mélange d'enthousiasme et d'appréhension au sujet de la situation économique et de la guerre d'Irak.
"Cela fait peur", a déclaré cette électrice d'Obama en évoquant les deux sujets. "J'espère vraiment qu'il a de quoi traduire en actes ce qu'il dit." Son mari Carl, républicain qui n'a pas voté pour Obama, s'est montré prêt à lui laisser le bénéfice du doute: "Mon avis est qu'il faut donner sa chance à chacun
Les festivités pour célébrer l'entrée de Barack Obama à la Maison Blanche ont débuté ce week-end. Dimanche, le nouveau président a assisté à un concert à Washington où étaient conviés Bruce Springsteen, U2, Stevie Wonder,...A 48 heures de sa prise de fonction à la Maison Blanche, Barack Obama a rendu hommage dimanche aux pères fondateurs de la nation américaine devant des milliers de personnes réunies à Washington.
Le président élu a déposé une gerbe au cimetière national d'Arlington, en Virginie, avant de regagner la capitale fédérale pour assister à un concert de Bruce Springsteen, U2, Stevie Wonder ou encore Mary J. Blige, dans le cadre des célébrations pour son investiture.
Le concert avait lieu au pied du Lincoln Memorial, l'occasion pour le futur président démocrate, premier président noir de l'histoire des Etats-Unis, d'honorer une nouvelle fois Abraham Lincoln, 16e président -républicain- du pays "qui a rendu ce jour possible".
Obama était arrivé samedi soir à Washington à bord d'un train en provenance de Philadelphie, voyage ferroviaire qui rappelait celui que fit Lincoln, le président qui abolit l'esclavage, pour se rendre dans la capitale et prendre ses fonctions en 1861.
Marchant côte à côte avec le vice-président élu Joe Biden, Obama avait commencé la journée en déposant la gerbe devant la tombe du soldat inconnu, un sarcophage de marbre blanc à l'intérieur duquel repose un militaire anonyme tombé pendant la Première Guerre mondiale.
Le futur président a regagné ensuite Washington, tout d'abord pour un office religieux baptiste. Des groupes de personnes s'étaient massées le long du parcours pour l'acclamer.
Obama: notre nation en guerre, notre économie en crise
Un peu plus tard, Obama et Biden ont assisté à un concert en plein air sur les marches du Lincoln Memorial. Malgré le froid vif, des dizaines de milliers de personnes avaient fait le déplacement. Accompagné de son épouse Michelle et de leurs filles, Malia et Sasha, Obama a approuvé de la tête et applaudi les artistes qui se succédaient.
Dans les intervalles laissés par les musiciens, les acteurs Denzel Washington, Laura Linney et Tom Hanks ont pris la parole pour évoquer les crises passées de l'histoire américaine, de la guerre de Sécession à la guerre froide en passant par la Dépression des années 1930.
A l'issue du concert, Barack Obama a prononcé une brève allocution dans laquelle il a de nouveau insisté sur la difficulté des tâches qui l'attendent, tout en se disant optimiste sur la capacité du pays à les affronter.
Au cours de la journée, divers collaborateurs d'Obama ont donné des interviews dans lesquelles ils ont insisté sur ses projets de lutte contre la crise financière qui a éclaté aux Etats-Unis avant de gagner le reste du monde. Son conseiller David Axelrod a ainsi annoncé qu'il adresserait un "message fort" aux banques.
Le taux de chômage a atteint 7,2% en décembre, son plus haut niveau depuis près de 16 ans, et 2,6 millions de personnes ont perdu leur emploi l'an dernier dans le pays, la plus forte baisse du marché du travail depuis 1945.
Becky Kusar, démocrate de 29 ans de passage à Washington avec son mari et sa fille, a exprimé dimanche un mélange d'enthousiasme et d'appréhension au sujet de la situation économique et de la guerre d'Irak.
"Cela fait peur", a déclaré cette électrice d'Obama en évoquant les deux sujets. "J'espère vraiment qu'il a de quoi traduire en actes ce qu'il dit." Son mari Carl, républicain qui n'a pas voté pour Obama, s'est montré prêt à lui laisser le bénéfice du doute: "Mon avis est qu'il faut donner sa chance à chacun
Le discours le plus important de la carrière d'Obama
Le discours le plus important de la carrière d'Obama - Actualité Internationale - Amérique du Nord - Radio Europe1
Le futur président des Etats-Unis Barack Obama s'apprête à prononcer mardi lors de son investiture le discours le plus important de sa carrière, avec pour défi de galvaniser une Amérique qui doute d'elle-même. Et après les lapsus de son prédécesseur, George W. Bush, fâché avec la langue anglaise, le talent oratoire de Barack Obama n'en est que plus apprécié.
Auteur talentueux (ses deux autobiographies sont des best-sellers), poète dans l'âme (ses discours inspirés ont été un élément clef de sa victoire), Barack Obama est sans doute l'hôte de la Maison-Blanche le plus cultivé depuis Abraham Lincoln, qu'il considère d'ailleurs comme son modèle. Mardi, lors de son investiture, le futur président des Etats-Unis Barack Obama s'apprête à prononcer le discours le plus important de sa carrière. Avec pour défi de galvaniser une Amérique qui doute d'elle-même.
Et après les lapsus de son prédécesseur, George W. Bush, fâché avec la langue anglaise, le talent oratoire de Barack Obama n'en est que plus apprécié : "Nous avons constaté pendant la campagne que son talent oratoire était un avantage énorme. Et je crois que ce sera encore un de ses gros atouts en tant que président", confie un analyste à la Brookings Institution et ancien conseiller à la Maison-Blanche. "La politique n'a pas vraiment changé depuis son invention par les Grecs. Tout l'enjeu réside dans la capacité d'exposer ses arguments de façon claire et convaincante. Avoir cette capacité, que ce soit pour un discours improvisé ou préparé, est un atout de très grande valeur en politique", ajoute-t-il.
Barack Obama est l'auteur de la plupart de ses discours, notamment les plus importants, mais la touche finale est apportée par une équipe de trois assistants dirigée par Jon Favreau, 27 ans. Ce dernier n'était qu'un modeste attaché de presse du candidat démocrate John Kerry pendant la campagne présidentielle de 2004. Quand Barack Obama est à son tour entré en campagne, il en est devenu le scribe en s'adaptant avec justesse aux idées et au style du futur président. Jon Favreau travaille chacun des discours du futur président, qui a atteint son apogée oratoire avec cette phrase, prononcée le 4 novembre 2008 devant ses partisans au soir de sa victoire : "Les Etats-Unis d'Amérique sont un pays où tout est possible (...) et ce soir vous en donnez la preuve."
Mais le futur président américain reste cependant le seul maître de ses paroles dans des moments cruciaux, comme il l'a démontré en mars dernie r: il avait mis sa campagne entre parenthèse pendant trois jours pour se consacrer à l'écriture d'un discours très applaudi sur la question raciale. Le discours faisait écho à des remarques très polémiques de Jeremiah Wright, son pasteur à Chicago. Mais avec ses fonctions de président, Barack Obama n'aura sans doute plus la possibilité d'interrompre ses activités pour écrire un discours.
Le futur président des Etats-Unis Barack Obama s'apprête à prononcer mardi lors de son investiture le discours le plus important de sa carrière, avec pour défi de galvaniser une Amérique qui doute d'elle-même. Et après les lapsus de son prédécesseur, George W. Bush, fâché avec la langue anglaise, le talent oratoire de Barack Obama n'en est que plus apprécié.
Auteur talentueux (ses deux autobiographies sont des best-sellers), poète dans l'âme (ses discours inspirés ont été un élément clef de sa victoire), Barack Obama est sans doute l'hôte de la Maison-Blanche le plus cultivé depuis Abraham Lincoln, qu'il considère d'ailleurs comme son modèle. Mardi, lors de son investiture, le futur président des Etats-Unis Barack Obama s'apprête à prononcer le discours le plus important de sa carrière. Avec pour défi de galvaniser une Amérique qui doute d'elle-même.
Et après les lapsus de son prédécesseur, George W. Bush, fâché avec la langue anglaise, le talent oratoire de Barack Obama n'en est que plus apprécié : "Nous avons constaté pendant la campagne que son talent oratoire était un avantage énorme. Et je crois que ce sera encore un de ses gros atouts en tant que président", confie un analyste à la Brookings Institution et ancien conseiller à la Maison-Blanche. "La politique n'a pas vraiment changé depuis son invention par les Grecs. Tout l'enjeu réside dans la capacité d'exposer ses arguments de façon claire et convaincante. Avoir cette capacité, que ce soit pour un discours improvisé ou préparé, est un atout de très grande valeur en politique", ajoute-t-il.
Barack Obama est l'auteur de la plupart de ses discours, notamment les plus importants, mais la touche finale est apportée par une équipe de trois assistants dirigée par Jon Favreau, 27 ans. Ce dernier n'était qu'un modeste attaché de presse du candidat démocrate John Kerry pendant la campagne présidentielle de 2004. Quand Barack Obama est à son tour entré en campagne, il en est devenu le scribe en s'adaptant avec justesse aux idées et au style du futur président. Jon Favreau travaille chacun des discours du futur président, qui a atteint son apogée oratoire avec cette phrase, prononcée le 4 novembre 2008 devant ses partisans au soir de sa victoire : "Les Etats-Unis d'Amérique sont un pays où tout est possible (...) et ce soir vous en donnez la preuve."
Mais le futur président américain reste cependant le seul maître de ses paroles dans des moments cruciaux, comme il l'a démontré en mars dernie r: il avait mis sa campagne entre parenthèse pendant trois jours pour se consacrer à l'écriture d'un discours très applaudi sur la question raciale. Le discours faisait écho à des remarques très polémiques de Jeremiah Wright, son pasteur à Chicago. Mais avec ses fonctions de président, Barack Obama n'aura sans doute plus la possibilité d'interrompre ses activités pour écrire un discours.
Les quatre chantiers de Barack Obama
ouest-france.fr - Les quatre chantiers de Barack Obama
Le candidat démocrate l'avait promis. Le Président élu l'a confirmé. Voici les dossiers auxquels il s'attaquera dès sa première année à la Maison-Blanche.
Dégripper l'économiePour relancer une économie en panne et juguler le chômage (7,2 % des actifs en décembre), Barack Obama dispose de la seconde moitié des 700 millions de dollars du plan Paulson, mis au point en octobre pour les banques. L'industrie automobile devrait en bénéficier à son tour. Obama veut faire adopter, rapidement, son propre plan, évalué à 800 millions de dollars, afin de générer les 2,5 millions d'emplois promis.Au programme : les plus grands chantiers depuis la construction du réseau d'autoroutes dans les années 1950. Les gouverneurs vont être embrigadés pour rénover routes, ponts, aéroports, écoles... sous peine de perdre leurs aides fédérales. Pour stimuler la consommation, Obama a promis 1 000 dollars de baisse d'impôt pour 95 % des ménages.Réduire les émissions de gazEn rupture totale avec Bush, Obama veut porter la part des énergies renouvelables à 10 % du total dès la fin de son premier mandat. Et réduire de 80 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. En investissant 150 milliards de dollars sur dix ans, ce qui doit générer « de bons emplois non délocalisables ». Les démocrates ont imposé un écologiste de combat, le représentant californien Henry Waxman à la tête de la commission de l'énergie de la Chambre, jusque-là sous influence du lobby pétrolier.Assurer la santé des Américains47 millions d'Américains sont dépourvus d'assurance-maladie. Obama veut rendre les « plans santé » (privés) plus accessibles et la couverture obligatoire pour les enfants. Il y aura des résistances du côté des assureurs, des entreprises pharmaceutiques, des médecins. Mais le Président semble déterminé, comme l'indique l'attribution du portefeuille de la Santé à Tom Daschle, l'ancien chef de la majorité démocrate au Sénat. Charge à lui d'aller chercher l'appoint de républicains modérés.Redresser la barre au Moyen-OrientBarack Obama s'est toujours opposé à la guerre en Irak, qui a, selon lui, détourné l'Amérique de la lutte contre Al-Qaida et les talibans. Il veut accélérer le retrait des 140 000 GI's d'Irak, pour redéployer 20 000 à 30 000 hommes en Afghanistan dès l'été 2009. Partisan d'un dialogue direct avec Téhéran à propos du nucléaire, il devrait faire miroiter aux yeux de l'Iran la fin de l'embargo et le rétablissement des relations... sans renoncer à l'option militaire. L'offensive israélienne à Gaza lui impose de se plonger, d'entrée, dans le dossier israélo-palestinien.Selon la presse américaine, il pourrait, dès le premier jour, ordonner la fermeture de la prison de Guantanamo, qui a terni l'image démocratique des États-Unis. Et adresser, très vite, un discours au monde islamique, pour dissiper les malentendus de l'après 11-Septembre. En Égypte ou en Indonésie, pays où il a grandi.
Bruno RIPOCHE.
Le candidat démocrate l'avait promis. Le Président élu l'a confirmé. Voici les dossiers auxquels il s'attaquera dès sa première année à la Maison-Blanche.
Dégripper l'économiePour relancer une économie en panne et juguler le chômage (7,2 % des actifs en décembre), Barack Obama dispose de la seconde moitié des 700 millions de dollars du plan Paulson, mis au point en octobre pour les banques. L'industrie automobile devrait en bénéficier à son tour. Obama veut faire adopter, rapidement, son propre plan, évalué à 800 millions de dollars, afin de générer les 2,5 millions d'emplois promis.Au programme : les plus grands chantiers depuis la construction du réseau d'autoroutes dans les années 1950. Les gouverneurs vont être embrigadés pour rénover routes, ponts, aéroports, écoles... sous peine de perdre leurs aides fédérales. Pour stimuler la consommation, Obama a promis 1 000 dollars de baisse d'impôt pour 95 % des ménages.Réduire les émissions de gazEn rupture totale avec Bush, Obama veut porter la part des énergies renouvelables à 10 % du total dès la fin de son premier mandat. Et réduire de 80 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. En investissant 150 milliards de dollars sur dix ans, ce qui doit générer « de bons emplois non délocalisables ». Les démocrates ont imposé un écologiste de combat, le représentant californien Henry Waxman à la tête de la commission de l'énergie de la Chambre, jusque-là sous influence du lobby pétrolier.Assurer la santé des Américains47 millions d'Américains sont dépourvus d'assurance-maladie. Obama veut rendre les « plans santé » (privés) plus accessibles et la couverture obligatoire pour les enfants. Il y aura des résistances du côté des assureurs, des entreprises pharmaceutiques, des médecins. Mais le Président semble déterminé, comme l'indique l'attribution du portefeuille de la Santé à Tom Daschle, l'ancien chef de la majorité démocrate au Sénat. Charge à lui d'aller chercher l'appoint de républicains modérés.Redresser la barre au Moyen-OrientBarack Obama s'est toujours opposé à la guerre en Irak, qui a, selon lui, détourné l'Amérique de la lutte contre Al-Qaida et les talibans. Il veut accélérer le retrait des 140 000 GI's d'Irak, pour redéployer 20 000 à 30 000 hommes en Afghanistan dès l'été 2009. Partisan d'un dialogue direct avec Téhéran à propos du nucléaire, il devrait faire miroiter aux yeux de l'Iran la fin de l'embargo et le rétablissement des relations... sans renoncer à l'option militaire. L'offensive israélienne à Gaza lui impose de se plonger, d'entrée, dans le dossier israélo-palestinien.Selon la presse américaine, il pourrait, dès le premier jour, ordonner la fermeture de la prison de Guantanamo, qui a terni l'image démocratique des États-Unis. Et adresser, très vite, un discours au monde islamique, pour dissiper les malentendus de l'après 11-Septembre. En Égypte ou en Indonésie, pays où il a grandi.
Bruno RIPOCHE.
L'Asie, anxieuse, attend Barack Obama
L'Asie, anxieuse, attend Barack Obama
C'est une charmante petite école, éclaboussée de soleil, exubérante de verdure et débordante de vie au moment de la récréation. Il y a pourtant quelque chose d'imperceptiblement blasé dans le sourire du directeur, M. Kuwadiyanto, au demeurant très accueillant. Car il accueille beaucoup. C'est que parmi ses anciens élèves, l'école élémentaire no 1 de la rue Basuki à Menteng, quartier soigné du centre de Djakarta, s'enorgueillit aujourd'hui de compter un président des Etats-Unis, Barack Hussein Obama. Arrivé à l'âge de 8 ans, il y passa deux ans, de 1969 à 1971, sous le règne d'une directrice à chignon dont le regard sévère, dans la galerie de portraits des anciens directeurs de l'établissement, toise encore le visiteur. C'est une école pilote, publique et laïque, et M. Kuwadiyanto ne se plaint pas de cette notoriété inattendue : grâce à elle, des associations d'anciens élèves et un club Obama se sont créés. "Et puis, glisse-t-il, l'ambassade des Etats-Unis nous a dit qu'il viendrait ici." Dans une interview au Chicago Tribune en décembre 2008, le président élu Obama a évoqué l'urgence de "relancer l'image des Etats-Unis dans le monde, en particulier dans le monde musulman" et précisé qu'il prononcerait, peu après son entrée en fonctions, un "grand discours" dans une capitale musulmane. A Djakarta, cela ne fait pas l'ombre d'un doute : cette capitale ne peut être qu'indonésienne. C'est peu de dire qu'il y est attendu comme l'enfant prodigue... la seule mention de son nom suscite sourires ravis et frémissements d'excitation. "Moi je suis un fan absolu, s'exclame le consultant politique Wimar Witoelar. Son élection est une très bonne nouvelle pour l'Indonésie, car l'antiaméricanisme, ici, était devenu trop fort. Lui, non seulement il n'a pas d'antipathie pour l'islam, mais il sait même ce que c'est !" Anis Matta, secrétaire général du PKS, parti islamique dont l'activisme inquiète les musulmans progressistes, parle carrément d'un "syndrome Obama" qui encourage, au sein de son parti, les immigrés et les jeunes à faire de la politique. "Moi-même j'ai du mal à comprendre comment un homme à moitié musulman peut se faire élire par une majorité d'Américains, dit-il. Ici, un président venu de Papouasie, c'est impensable." Bien sûr, M. Obama n'est pas musulman, même pas à moitié. Mais dans ce pays de 240 millions d'habitants dont 85 % sont musulmans, on est sûr que de son enfance indonésienne, outre la langue qu'il parle encore, M. Obama a gardé le respect et la compréhension de l'islam, cet islam ouvert et tolérant dont l'archipel est encore un vibrant exemple, malgré l'influence croissante des groupes radicaux. Ces jours-ci, ces groupes affirment n'avoir aucun mal à recruter des volontaires pour partir à Gaza, dans une Indonésie qui n'a toujours pas de relations diplomatiques avec Israël. Pour rapprocher l'Islam et l'Occident, quel meilleur endroit, donc, que l'Indonésie ? Les relations avec le monde musulman, en Indonésie mais aussi en Inde, au Pakistan et en Afghanistan ne sont, cependant, que l'une des interrogations de l'Asie à propos du nouveau président des Etats-Unis. La première préoccupation est d'ordre économique, au moment où la crise partie de Wall Street commence à toucher de plein fouet plusieurs pays de la région. La théorie du découplage avait laissé espérer, en 2008, que l'Asie, principal foyer de croissance mondiale, serait à l'abri de la "crise américaine" ; mais, en octobre, il est apparu clairement que la crise était mondiale. L'Asie en plein essor ne serait pas épargnée. La crise a révélé les déséquilibres financiers structurels entre les Etats-Unis et l'Asie, causés par la surconsommation américaine et l'épargne asiatique. Comment l'administration Obama va-t-elle chercher à y remédier ? C'est là la grande attente des Asiatiques, qui redoutent un retour du protectionnisme. Les démocrates américains sont traditionnellement perçus comme plus protectionnistes et les promesses de sauvegarde des emplois américains pendant la campagne ont résonné outre-Pacifique comme autant d'avertissements à une Asie trop ambitieuse.
La Chine se sent directement visée. Les Etats-Unis lui reprochent de délibérément sous-évaluer sa monnaie, le yuan, afin de favoriser ses exportations et d'augmenter ses excédents commerciaux. Dans sa campagne, M. Obama a indiqué qu'une fois élu, il soulèverait le problème avec Pékin "en utilisant toutes les voies diplomatiques possibles". Il pourrait augmenter les droits d'importation sur les produits chinois et être plus combatif sur les violations de propriété intellectuelle. Mais beaucoup d'experts asiatiques veulent croire que l'engagement américain dans le libre-échange prévaudra. La Chine, que George W. Bush avait qualifiée de "rival stratégique" pendant la campagne de 2000, n'a pas été, cette fois, un objet de polémique électorale. M. Bush s'était ensuite largement amendé, et il quitte le pouvoir avec, parmi les rares choses à son actif, des relations sino-américaines plus que satisfaisantes. Cette crise qui suscite les inquiétudes de la Chine lui donne aussi des raisons d'espérer que le réalisme l'emporte à Washington : Pékin reste le plus grand détenteur de bons du Trésor américain et l'Amérique a besoin de la Chine pour financer son plan de relance et l'aider à sortir son économie de l'ornière. Le Tibet attendra, les droits de l'homme sans doute un peu aussi... De son côté, l'équipe dirigeante chinoise sait que sa survie dépend de sa capacité à améliorer le niveau de vie de sa population. Pour cela, le pays doit continuer à exporter, même s'il tente de s'orienter vers un modèle de croissance dont le moteur reposerait plus sur la demande intérieure que sur les exportations. C'est pourquoi, depuis le début de la crise, Pékin s'abstient de faire la leçon aux Etats-Unis. L'Inde, désormais classée au rang des alliés, n'est pas un problème pour M. Obama. C'est la Chine qui sera la priorité. Hillary Clinton a prôné, au Sénat, une "relation positive et coopérative" avec Pékin. La phrase est vague mais elle aura rassuré : au seuil d'une année pleine d'incertitudes, les dirigeants asiatiques, japonais, chinois, vietnamiens ou indiens, aspirent d'abord à la stabilité. L'expression d'une puissance régionale, la promotion d'un modèle, la revendication d'un rôle accru dans le système financier international, ces aspirations-là existent aussi. Mais, pour l'instant, il s'agit surtout de ne pas faire chavirer le bateau.
Sylvie Kauffmann Article paru dans l'édition du 18.01.09
C'est une charmante petite école, éclaboussée de soleil, exubérante de verdure et débordante de vie au moment de la récréation. Il y a pourtant quelque chose d'imperceptiblement blasé dans le sourire du directeur, M. Kuwadiyanto, au demeurant très accueillant. Car il accueille beaucoup. C'est que parmi ses anciens élèves, l'école élémentaire no 1 de la rue Basuki à Menteng, quartier soigné du centre de Djakarta, s'enorgueillit aujourd'hui de compter un président des Etats-Unis, Barack Hussein Obama. Arrivé à l'âge de 8 ans, il y passa deux ans, de 1969 à 1971, sous le règne d'une directrice à chignon dont le regard sévère, dans la galerie de portraits des anciens directeurs de l'établissement, toise encore le visiteur. C'est une école pilote, publique et laïque, et M. Kuwadiyanto ne se plaint pas de cette notoriété inattendue : grâce à elle, des associations d'anciens élèves et un club Obama se sont créés. "Et puis, glisse-t-il, l'ambassade des Etats-Unis nous a dit qu'il viendrait ici." Dans une interview au Chicago Tribune en décembre 2008, le président élu Obama a évoqué l'urgence de "relancer l'image des Etats-Unis dans le monde, en particulier dans le monde musulman" et précisé qu'il prononcerait, peu après son entrée en fonctions, un "grand discours" dans une capitale musulmane. A Djakarta, cela ne fait pas l'ombre d'un doute : cette capitale ne peut être qu'indonésienne. C'est peu de dire qu'il y est attendu comme l'enfant prodigue... la seule mention de son nom suscite sourires ravis et frémissements d'excitation. "Moi je suis un fan absolu, s'exclame le consultant politique Wimar Witoelar. Son élection est une très bonne nouvelle pour l'Indonésie, car l'antiaméricanisme, ici, était devenu trop fort. Lui, non seulement il n'a pas d'antipathie pour l'islam, mais il sait même ce que c'est !" Anis Matta, secrétaire général du PKS, parti islamique dont l'activisme inquiète les musulmans progressistes, parle carrément d'un "syndrome Obama" qui encourage, au sein de son parti, les immigrés et les jeunes à faire de la politique. "Moi-même j'ai du mal à comprendre comment un homme à moitié musulman peut se faire élire par une majorité d'Américains, dit-il. Ici, un président venu de Papouasie, c'est impensable." Bien sûr, M. Obama n'est pas musulman, même pas à moitié. Mais dans ce pays de 240 millions d'habitants dont 85 % sont musulmans, on est sûr que de son enfance indonésienne, outre la langue qu'il parle encore, M. Obama a gardé le respect et la compréhension de l'islam, cet islam ouvert et tolérant dont l'archipel est encore un vibrant exemple, malgré l'influence croissante des groupes radicaux. Ces jours-ci, ces groupes affirment n'avoir aucun mal à recruter des volontaires pour partir à Gaza, dans une Indonésie qui n'a toujours pas de relations diplomatiques avec Israël. Pour rapprocher l'Islam et l'Occident, quel meilleur endroit, donc, que l'Indonésie ? Les relations avec le monde musulman, en Indonésie mais aussi en Inde, au Pakistan et en Afghanistan ne sont, cependant, que l'une des interrogations de l'Asie à propos du nouveau président des Etats-Unis. La première préoccupation est d'ordre économique, au moment où la crise partie de Wall Street commence à toucher de plein fouet plusieurs pays de la région. La théorie du découplage avait laissé espérer, en 2008, que l'Asie, principal foyer de croissance mondiale, serait à l'abri de la "crise américaine" ; mais, en octobre, il est apparu clairement que la crise était mondiale. L'Asie en plein essor ne serait pas épargnée. La crise a révélé les déséquilibres financiers structurels entre les Etats-Unis et l'Asie, causés par la surconsommation américaine et l'épargne asiatique. Comment l'administration Obama va-t-elle chercher à y remédier ? C'est là la grande attente des Asiatiques, qui redoutent un retour du protectionnisme. Les démocrates américains sont traditionnellement perçus comme plus protectionnistes et les promesses de sauvegarde des emplois américains pendant la campagne ont résonné outre-Pacifique comme autant d'avertissements à une Asie trop ambitieuse.
La Chine se sent directement visée. Les Etats-Unis lui reprochent de délibérément sous-évaluer sa monnaie, le yuan, afin de favoriser ses exportations et d'augmenter ses excédents commerciaux. Dans sa campagne, M. Obama a indiqué qu'une fois élu, il soulèverait le problème avec Pékin "en utilisant toutes les voies diplomatiques possibles". Il pourrait augmenter les droits d'importation sur les produits chinois et être plus combatif sur les violations de propriété intellectuelle. Mais beaucoup d'experts asiatiques veulent croire que l'engagement américain dans le libre-échange prévaudra. La Chine, que George W. Bush avait qualifiée de "rival stratégique" pendant la campagne de 2000, n'a pas été, cette fois, un objet de polémique électorale. M. Bush s'était ensuite largement amendé, et il quitte le pouvoir avec, parmi les rares choses à son actif, des relations sino-américaines plus que satisfaisantes. Cette crise qui suscite les inquiétudes de la Chine lui donne aussi des raisons d'espérer que le réalisme l'emporte à Washington : Pékin reste le plus grand détenteur de bons du Trésor américain et l'Amérique a besoin de la Chine pour financer son plan de relance et l'aider à sortir son économie de l'ornière. Le Tibet attendra, les droits de l'homme sans doute un peu aussi... De son côté, l'équipe dirigeante chinoise sait que sa survie dépend de sa capacité à améliorer le niveau de vie de sa population. Pour cela, le pays doit continuer à exporter, même s'il tente de s'orienter vers un modèle de croissance dont le moteur reposerait plus sur la demande intérieure que sur les exportations. C'est pourquoi, depuis le début de la crise, Pékin s'abstient de faire la leçon aux Etats-Unis. L'Inde, désormais classée au rang des alliés, n'est pas un problème pour M. Obama. C'est la Chine qui sera la priorité. Hillary Clinton a prôné, au Sénat, une "relation positive et coopérative" avec Pékin. La phrase est vague mais elle aura rassuré : au seuil d'une année pleine d'incertitudes, les dirigeants asiatiques, japonais, chinois, vietnamiens ou indiens, aspirent d'abord à la stabilité. L'expression d'une puissance régionale, la promotion d'un modèle, la revendication d'un rôle accru dans le système financier international, ces aspirations-là existent aussi. Mais, pour l'instant, il s'agit surtout de ne pas faire chavirer le bateau.
Sylvie Kauffmann Article paru dans l'édition du 18.01.09
REGARDEZ - Quand Barack Obama se mue en chef d'orchestre de sa propre investiture, actualité Barack Obama : Le Point
Les trois leviers économiques du plan du président Obama - A la Une - la-Croix.com
Les trois leviers économiques du plan du président Obama - A la Une - la-Croix.com
Les trois leviers économiques du plan du président ObamaAide fiscale pour chaque ménage, politique de grands travaux, effort en matière d’énergies renouvelables : avec ces trois axes, Barack Obama assure créer ou sauver quatre millions d’emplois. Il lui reste à obtenir le feu vert du Capitole
Depuis son élection le 4 novembre, Barack Obama n’a parlé que d’une chose aux Américains : l’économie, toujours l’économie. À l’occasion de chacune de ses interventions hebdomadaires diffusées par radio et sur Internet, le successeur de George W. Bush a souligné la gravité de la crise économique, sans équivalent depuis la Grande Dépression de 1929, et rappelé l’urgence à agir. Mais comment ? Dans quelles directions ? Avant même de s’installer dans le bureau ovale, Barack Obama a indiqué plusieurs pistes la semaine passée, à l’occasion de son premier discours public depuis sa victoire, dessinant les contours du plan de relance ambitieux (de l’ordre de 775 milliards de dollars, soit 578 milliards d’euros) qu’il entend proposer au Congrès.Conformément aux engagements de campagne du candidat démocrate, la nouvelle administration entend d’abord utiliser le levier fiscal pour relancer la consommation, en plein marasme malgré des soldes agressifs. Chaque ménage recevra ainsi un chèque du fisc – 500 dollars (372 €) par personne – censé remettre un peu d’huile dans les rouages de l’économie américaine. Dans le même esprit, la remise en cause des cadeaux faits par l’administration Bush aux plus aisés n’est plus une priorité du futur gouvernement : hors de question, par les temps qui courent, de rogner les ailes des ménages, quel que soit leur niveau social. Même les entreprises pourront bénéficier d’un allègement d’impôt, à condition d’embaucher – chaque emploi créé rapportera 3 000 dollars (2 200 €).
Une politique de grands travaux Le deuxième volet du plan Obama porte sur les investissements, façon New Deal de Franklin Roosevelt. Le plan de relance prévoit une politique de grands travaux visant à remettre à niveau les infrastructures américaines défaillantes. Au menu : remise en l’état de routes, construction de ponts, rénovation d’écoles, etc. Des dépenses qui auront le mérite à la fois de remettre les Américains au travail, surtout dans le secteur sinistré de la construction, et de répondre aux besoins essentiels, mais longtemps négligés, du pays. Il ne s’agit d’ailleurs pas uniquement de béton, mais aussi d’informatique : les infrastructures de réseaux ne seront pas oubliées, notamment dans le domaine de la santé.Enfin, autre axe fort développé par le président élu à quelques jours de sa prise de fonction : un effort en matière d’énergie, avec comme objectif le doublement de la production d’énergies renouvelables en trois ans et l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments publics et de deux millions de logements. L’économie verte doit être l’un des vecteurs de la relance, notamment dans l’industrie laminée par la concurrence asiatique. Aux yeux de celui qui, mardi, s’installera à la Maison-Blanche, les États-Unis doivent prendre le leadership dans ce secteur grâce à deux atouts traditionnels du pays – la qualité de la recherche et la créativité américaine.Mais ce plan ambitieux donne d’ores et déjà lieu à d’intenses discussions au Congrès, où les élus viennent de faire leur rentrée. Même au sein des rangs démocrates, des voix se sont élevées pour critiquer les priorités de ce projet. Selon les premières estimations, les baisses d’impôts devraient correspondre à près de 40 % du montant total du plan, ce qui fait tiquer certains élus. « Une entreprise n’embauchera pas dans le seul but de gagner 3 000 dollars, mais bien parce qu’elle aura un marché pour sa production », entend-t-on dans les couloirs du Sénat. Et si Barack Obama assure désormais que son plan créera ou sauvera quatre millions d’emplois, il lui faudra encore faire preuve de conviction pour obtenir le feu vert du Capitole. Un feu vert qui n’est plus attendu désormais avant le mois prochain.
Gilles BIASSETTE
Les trois leviers économiques du plan du président ObamaAide fiscale pour chaque ménage, politique de grands travaux, effort en matière d’énergies renouvelables : avec ces trois axes, Barack Obama assure créer ou sauver quatre millions d’emplois. Il lui reste à obtenir le feu vert du Capitole
Depuis son élection le 4 novembre, Barack Obama n’a parlé que d’une chose aux Américains : l’économie, toujours l’économie. À l’occasion de chacune de ses interventions hebdomadaires diffusées par radio et sur Internet, le successeur de George W. Bush a souligné la gravité de la crise économique, sans équivalent depuis la Grande Dépression de 1929, et rappelé l’urgence à agir. Mais comment ? Dans quelles directions ? Avant même de s’installer dans le bureau ovale, Barack Obama a indiqué plusieurs pistes la semaine passée, à l’occasion de son premier discours public depuis sa victoire, dessinant les contours du plan de relance ambitieux (de l’ordre de 775 milliards de dollars, soit 578 milliards d’euros) qu’il entend proposer au Congrès.Conformément aux engagements de campagne du candidat démocrate, la nouvelle administration entend d’abord utiliser le levier fiscal pour relancer la consommation, en plein marasme malgré des soldes agressifs. Chaque ménage recevra ainsi un chèque du fisc – 500 dollars (372 €) par personne – censé remettre un peu d’huile dans les rouages de l’économie américaine. Dans le même esprit, la remise en cause des cadeaux faits par l’administration Bush aux plus aisés n’est plus une priorité du futur gouvernement : hors de question, par les temps qui courent, de rogner les ailes des ménages, quel que soit leur niveau social. Même les entreprises pourront bénéficier d’un allègement d’impôt, à condition d’embaucher – chaque emploi créé rapportera 3 000 dollars (2 200 €).
Une politique de grands travaux Le deuxième volet du plan Obama porte sur les investissements, façon New Deal de Franklin Roosevelt. Le plan de relance prévoit une politique de grands travaux visant à remettre à niveau les infrastructures américaines défaillantes. Au menu : remise en l’état de routes, construction de ponts, rénovation d’écoles, etc. Des dépenses qui auront le mérite à la fois de remettre les Américains au travail, surtout dans le secteur sinistré de la construction, et de répondre aux besoins essentiels, mais longtemps négligés, du pays. Il ne s’agit d’ailleurs pas uniquement de béton, mais aussi d’informatique : les infrastructures de réseaux ne seront pas oubliées, notamment dans le domaine de la santé.Enfin, autre axe fort développé par le président élu à quelques jours de sa prise de fonction : un effort en matière d’énergie, avec comme objectif le doublement de la production d’énergies renouvelables en trois ans et l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments publics et de deux millions de logements. L’économie verte doit être l’un des vecteurs de la relance, notamment dans l’industrie laminée par la concurrence asiatique. Aux yeux de celui qui, mardi, s’installera à la Maison-Blanche, les États-Unis doivent prendre le leadership dans ce secteur grâce à deux atouts traditionnels du pays – la qualité de la recherche et la créativité américaine.Mais ce plan ambitieux donne d’ores et déjà lieu à d’intenses discussions au Congrès, où les élus viennent de faire leur rentrée. Même au sein des rangs démocrates, des voix se sont élevées pour critiquer les priorités de ce projet. Selon les premières estimations, les baisses d’impôts devraient correspondre à près de 40 % du montant total du plan, ce qui fait tiquer certains élus. « Une entreprise n’embauchera pas dans le seul but de gagner 3 000 dollars, mais bien parce qu’elle aura un marché pour sa production », entend-t-on dans les couloirs du Sénat. Et si Barack Obama assure désormais que son plan créera ou sauvera quatre millions d’emplois, il lui faudra encore faire preuve de conviction pour obtenir le feu vert du Capitole. Un feu vert qui n’est plus attendu désormais avant le mois prochain.
Gilles BIASSETTE
« C’est un moment historique » - International - 17/01/2009 - leParisien.fr
« C’est un moment historique » - International - 17/01/2009 - leParisien.fr
Cousin par alliance de George W. Bush, Craig Stapleton, 66 ans, s’apprête à quitter la semaine prochaine son poste d’ambassadeur à Paris, qu’il occupait depuis 2005. Aux Etats-Unis, où il réside près de New York, il reprendra ses activités d’homme d’affaires tout en s’occupant de fondations franco-américaines.
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C'est un moment historique Que ressentez-vous au moment où Barack Obama s’installe à la Maison-Blanche ?Craig Stapleton. C’est un moment historique. Dans les années 1960, étudiant à Harvard, j’ai participé au mouvement des droits civiques. J’ai même passé pas mal de temps à Chicago avec le Community Development Corporation. C’est un organisme qui construisait des logements sociaux dans les endroits les plus défavorisés pour les Noirs, à côté du stade des White Socks, l’équipe de base-ball. Quand j’ai rencontré Barack Obama pour la première fois, lors de son voyage à Paris en juillet, la première chose qu’il m’a dite est : Vous êtes pour les Texas Rangers ! Je suis pour les White Socks de Chicago ! La mort de Kennedy, les lois sur les droits civiques sont des événements qui ont marqué les gens de ma génération. Encore récemment, il paraissait impossible que les Américains élisent un Noir.L’élection d’Obama symbolise la rencontre du rêve américain et du rêve de Martin Luther King ?Oui, certainement ! Mais, avant lui, des personnalités comme Condoleezza Rice ou Colin Powell avaient déjà réussi des parcours fantastiques. Ils ont permis que la porte s’ouvre pour Barack Obama.Quelle est l’importance de la journée d’investiture, mardi ?Je me souviens encore de la chaise que j’occupais à l’université lors du discours d’investiture de Kennedy, en 1961. Je suis sûr que celui d’Obama sera de la même qualité. Son message sera très important. Il sait bien que la tâche qui l’attend dès le 21 janvier est immense. Comme pour Roosevelt en 1933.Mais n’attend-on pas trop de ce nouveau président ?Il sait bien que l’état de grâce ne va pas durer éternellement. Mais, pour le moment, il faut être optimiste.Sur le plan économique, le grand défi consiste à restaurer la confiance. C’est le but de son discours !Pour restaurer cette confiance, l’Amérique a besoin du reste du monde… Exactement ! Avec Obama, nous allons nous occuper de notre pays, mais aussi des autres. Ce sera l’une des questions majeures. Barack Obama a l’esprit très ouvert au monde, il est pragmatique et n’a pas d’idées préconçues.Le mandat du président Bush s’achève. Quel bilan tirez-vous de ces huit ans de présidence ?Tous les présidents font des fautes, c’est inévitable. Bush a commis des maladresses, surtout de style. Il a eu des formules malheureuses. Et la crise économique est arrivée alors qu’il était en fonction. Mais la crise n’est pas de sa responsabilité. Simplement, il était aux commandes. Ce qui a tout changé, c’est le 11 septembre 2001. A partir de ce moment-là, garantir notre sécurité est devenu la priorité absolue. C’est ce qui a guidé toutes ses actions. George W. Bush a décidé d’attaquer l’Irak pour lutter contre le terrorisme. Nous avons été critiqués, mais la situation en Irak est bien meilleure qu’il y a encore un an.On dit souvent Nicolas Sarkozy proche du modèle américain. Qu’en pensez-vous ?Il a une grande compréhension de notre système économique et politique, il partage notre optimisme. Il n’a pas passé beaucoup de temps aux Etats-Unis mais il a parfois des comportements qui rappellent les nôtres. Pendant la campagne présidentielle, il m’avait confié être pro-américain… même si ses conseillers lui disaient que ce n’était pas une bonne stratégie !Mais il veut refonder le capitalisme ?Aux Etats-Unis, on admet que le système de régulation n’a pas fonctionné. Nous sommes en train de le réformer, et, pour cela, il faut une coopération au niveau mondial. Le président Sarkozy a pris ce mouvement en main. Pour l’instant, la confiance n’est pas revenue. Mais je reste optimiste. J’étais aux Etats-Unis la semaine dernière : on voit chez la plupart des gens l’envie de travailler plus pour gagner plus !Vous quittez votre poste d’ambassadeur. Quels souvenirs garderez-vous de votre séjour ?Beaucoup d’excellents ! J’ai beaucoup d’amis : Kouchner, Fillon, Lagarde… Je connais tous les membres du gouvernement. Ils sont formidables, très intelligents, travaillent très bien. J’ai fait plus de cent voyages en France. Pour mon épouse et moi, cela a été une aventure fabuleuse. J’ai beaucoup d’affection et d’admiration pour votre pays.Y a-t-il des choses qui vous ont marqué ?Une politesse qui manque parfois aux Américains, et un certain art de vivre.
Le Parisien
Cousin par alliance de George W. Bush, Craig Stapleton, 66 ans, s’apprête à quitter la semaine prochaine son poste d’ambassadeur à Paris, qu’il occupait depuis 2005. Aux Etats-Unis, où il réside près de New York, il reprendra ses activités d’homme d’affaires tout en s’occupant de fondations franco-américaines.
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C'est un moment historique Que ressentez-vous au moment où Barack Obama s’installe à la Maison-Blanche ?Craig Stapleton. C’est un moment historique. Dans les années 1960, étudiant à Harvard, j’ai participé au mouvement des droits civiques. J’ai même passé pas mal de temps à Chicago avec le Community Development Corporation. C’est un organisme qui construisait des logements sociaux dans les endroits les plus défavorisés pour les Noirs, à côté du stade des White Socks, l’équipe de base-ball. Quand j’ai rencontré Barack Obama pour la première fois, lors de son voyage à Paris en juillet, la première chose qu’il m’a dite est : Vous êtes pour les Texas Rangers ! Je suis pour les White Socks de Chicago ! La mort de Kennedy, les lois sur les droits civiques sont des événements qui ont marqué les gens de ma génération. Encore récemment, il paraissait impossible que les Américains élisent un Noir.L’élection d’Obama symbolise la rencontre du rêve américain et du rêve de Martin Luther King ?Oui, certainement ! Mais, avant lui, des personnalités comme Condoleezza Rice ou Colin Powell avaient déjà réussi des parcours fantastiques. Ils ont permis que la porte s’ouvre pour Barack Obama.Quelle est l’importance de la journée d’investiture, mardi ?Je me souviens encore de la chaise que j’occupais à l’université lors du discours d’investiture de Kennedy, en 1961. Je suis sûr que celui d’Obama sera de la même qualité. Son message sera très important. Il sait bien que la tâche qui l’attend dès le 21 janvier est immense. Comme pour Roosevelt en 1933.Mais n’attend-on pas trop de ce nouveau président ?Il sait bien que l’état de grâce ne va pas durer éternellement. Mais, pour le moment, il faut être optimiste.Sur le plan économique, le grand défi consiste à restaurer la confiance. C’est le but de son discours !Pour restaurer cette confiance, l’Amérique a besoin du reste du monde… Exactement ! Avec Obama, nous allons nous occuper de notre pays, mais aussi des autres. Ce sera l’une des questions majeures. Barack Obama a l’esprit très ouvert au monde, il est pragmatique et n’a pas d’idées préconçues.Le mandat du président Bush s’achève. Quel bilan tirez-vous de ces huit ans de présidence ?Tous les présidents font des fautes, c’est inévitable. Bush a commis des maladresses, surtout de style. Il a eu des formules malheureuses. Et la crise économique est arrivée alors qu’il était en fonction. Mais la crise n’est pas de sa responsabilité. Simplement, il était aux commandes. Ce qui a tout changé, c’est le 11 septembre 2001. A partir de ce moment-là, garantir notre sécurité est devenu la priorité absolue. C’est ce qui a guidé toutes ses actions. George W. Bush a décidé d’attaquer l’Irak pour lutter contre le terrorisme. Nous avons été critiqués, mais la situation en Irak est bien meilleure qu’il y a encore un an.On dit souvent Nicolas Sarkozy proche du modèle américain. Qu’en pensez-vous ?Il a une grande compréhension de notre système économique et politique, il partage notre optimisme. Il n’a pas passé beaucoup de temps aux Etats-Unis mais il a parfois des comportements qui rappellent les nôtres. Pendant la campagne présidentielle, il m’avait confié être pro-américain… même si ses conseillers lui disaient que ce n’était pas une bonne stratégie !Mais il veut refonder le capitalisme ?Aux Etats-Unis, on admet que le système de régulation n’a pas fonctionné. Nous sommes en train de le réformer, et, pour cela, il faut une coopération au niveau mondial. Le président Sarkozy a pris ce mouvement en main. Pour l’instant, la confiance n’est pas revenue. Mais je reste optimiste. J’étais aux Etats-Unis la semaine dernière : on voit chez la plupart des gens l’envie de travailler plus pour gagner plus !Vous quittez votre poste d’ambassadeur. Quels souvenirs garderez-vous de votre séjour ?Beaucoup d’excellents ! J’ai beaucoup d’amis : Kouchner, Fillon, Lagarde… Je connais tous les membres du gouvernement. Ils sont formidables, très intelligents, travaillent très bien. J’ai fait plus de cent voyages en France. Pour mon épouse et moi, cela a été une aventure fabuleuse. J’ai beaucoup d’affection et d’admiration pour votre pays.Y a-t-il des choses qui vous ont marqué ?Une politesse qui manque parfois aux Américains, et un certain art de vivre.
Le Parisien
Comment Obama va-t-il agir - Nord Éclair, l'actualité quotidienne du Nord-Pas-de-Calais, de la métropole lilloise à l'Artois
vendredi 16 janvier 2009
Démocratie : le "yes we can" africain
Démocratie : le "yes we can" africain, par Philippe Bernard - Opinions - Le Monde.fr
LE MONDE 16.01.09 13h26 • Mis à jour le 16.01.09 13h26
eux événements indépendants illuminent d'un éclat rare le sombre paysage de la démocratie en Afrique. Les feux du premier ont jailli d'outre-Atlantique ; le second s'est produit au coeur même du continent. C'est peu de dire que l'élection de Barack Obama a enthousiasmé les Africains. Au-delà de la victoire d'un candidat originaire du continent et perçu comme un Noir, l'Afrique a suivi avec passion la chronique du triomphe non annoncé d'un homme jeune et neuf. Un événement si rare, de Harare à Conakry, où les potentats se cramponnent au pouvoir et où les élections, jouées d'avance, se réduisent à un sinistre théâtre d'ombres ou à un bain de sang.
Immense source de fierté pour un continent qui se vit souvent comme maudit, la victoire de M. Obama a été vécue comme un formidable appel d'air démocratique. La transparence du scrutin américain a revigoré tous ceux qui rêvent de choisir librement leurs dirigeants.
Mais c'est d'Afrique que vient l'autre bonne nouvelle concernant la démocratie. Le Ghana, pays d'Afrique de l'Ouest ni plus ni moins doté par la nature que ses voisins, vient, pour la deuxième fois en huit ans, de vivre une alternance démocratique pacifique. Candidat de l'opposition à la présidentielle de décembre 2008, John Atta-Mills, un professeur de droit de 64 ans, a été élu au second tour par une majorité de 50,23 % contre le candidat du pouvoir en place, Nana Akufo-Addo, pourtant doté de moyens financiers supérieurs. Ce dernier a félicité son adversaire, bien que promettant de saisir la justice, et non la rue, de fraudes présumées.
Alors que dans la plupart des pays comparables, le chef de l'Etat en exercice use de tous les moyens pour prolonger son bail, John Kufuor, au pouvoir depuis 2000, a scrupuleusement respecté la limitation à deux mandats inscrite dans la loi fondamentale. Son prédécesseur, le populiste Jerry Rawlings, avait fait de même après sa défaite électorale de 2000. En se retirant après un revers électoral, cet officier, venu au pouvoir par la force en 1981 puis élu démocratiquement, a donné un exemple inscrit dans l'histoire du Ghana. Une preuve d'habileté politique aussi, puisque le nouveau président qui a prêté serment, le 7 janvier à Accra, est le poulain de M. Rawlings.
Conscients de l'exemplarité de leur jeune tradition démocratique, les 11 millions d'électeurs ghanéens se sont mobilisés à 70 % pour voter, dans un pays où la liberté d'expression existe depuis moins de quinze ans. Endimanchés, silencieux et graves dans les files d'attente le jour du scrutin, tous exprimaient la fierté de focaliser l'espoir du continent. Comme si l'élection ghanéenne cristallisait une sorte de "yes we can" à l'africaine.
L'exemple venu d'Accra ne peut qu'activer les revendications de transparence et de démocratie qui s'expriment à travers les sociétés civiles africaines et les médias. Le Ghana est devenu la référence, cité comme la preuve que l'Afrique n'est condamnée ni aux violences électorales (500 morts au Togo en 2005, 1 500 au Kenya en 2008), ni au despotisme suicidaire (Zimbabwe), ni à la guerre civile (Côte d'Ivoire), ni aux coups d'Etat (Mauritanie, Guinée). L'exception dont on voudrait qu'elle ne confirme pas la règle.
LA REVENDICATION DU MULTIPARTISME
Là encore, les responsables politiques du continent ont rivalisé de lyrisme pour saluer l'exemplarité ghanéenne. Laurent Gbagbo, dont le mandat à Abidjan a expiré depuis trois ans, Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967, et Faure Gnassingbé, dont l'élection, à Lomé, a eu lieu dans un climat de fraude et de terreur, tous ont salué cette grande victoire de la démocratie.
Le cas ghanéen illustre l'éternel dilemme entre développement et démocratie. La bonne gouvernance est-elle un préalable à l'expansion économique ou seulement une résultante de cette dernière ? En 1990, Jacques Chirac avait tranché à sa manière en affirmant que "le multipartisme est une sorte de luxe que les pays en voie de développement n'ont pas les moyens de s'offrir". Presque vingt ans après, l'idée selon laquelle la stabilité d'un pays africain vaut bien quelques accommodements avec la démocratie n'a pas disparu de la vision des autorités françaises. Le Ghana montre que paix civile, démocratie et croissance économique (+ 6 % par an depuis 2001) peuvent coexister. Les violences ethniques n'y sont pas absentes, mais elles ont été contenues dans la période récente par un débat politique libre et structuré. L'équation personnelle de M. Rawlings et de M. Kufuor, qui ne considèrent pas le pouvoir comme leur propriété, explique en partie le contexte vertueux du Ghana, comme le niveau d'éducation relativement élevé.
Vingt ans après le vent de revendication du multipartisme qui a soufflé sur l'Afrique à la fin de la guerre froide, réveillant des conflits ethniques, suscitant réactions autoritaires et sanglantes répressions, l'exemplaire Ghana préfigure-t-il un vrai réveil démocratique africain ? Analysant le poids prégnant mais ambivalent de la tradition dans l'évolution politique du continent, le chercheur Jean-François Bayart écrit : "L'Afrique politique n'est plus
LE MONDE 16.01.09 13h26 • Mis à jour le 16.01.09 13h26
eux événements indépendants illuminent d'un éclat rare le sombre paysage de la démocratie en Afrique. Les feux du premier ont jailli d'outre-Atlantique ; le second s'est produit au coeur même du continent. C'est peu de dire que l'élection de Barack Obama a enthousiasmé les Africains. Au-delà de la victoire d'un candidat originaire du continent et perçu comme un Noir, l'Afrique a suivi avec passion la chronique du triomphe non annoncé d'un homme jeune et neuf. Un événement si rare, de Harare à Conakry, où les potentats se cramponnent au pouvoir et où les élections, jouées d'avance, se réduisent à un sinistre théâtre d'ombres ou à un bain de sang.
Immense source de fierté pour un continent qui se vit souvent comme maudit, la victoire de M. Obama a été vécue comme un formidable appel d'air démocratique. La transparence du scrutin américain a revigoré tous ceux qui rêvent de choisir librement leurs dirigeants.
Mais c'est d'Afrique que vient l'autre bonne nouvelle concernant la démocratie. Le Ghana, pays d'Afrique de l'Ouest ni plus ni moins doté par la nature que ses voisins, vient, pour la deuxième fois en huit ans, de vivre une alternance démocratique pacifique. Candidat de l'opposition à la présidentielle de décembre 2008, John Atta-Mills, un professeur de droit de 64 ans, a été élu au second tour par une majorité de 50,23 % contre le candidat du pouvoir en place, Nana Akufo-Addo, pourtant doté de moyens financiers supérieurs. Ce dernier a félicité son adversaire, bien que promettant de saisir la justice, et non la rue, de fraudes présumées.
Alors que dans la plupart des pays comparables, le chef de l'Etat en exercice use de tous les moyens pour prolonger son bail, John Kufuor, au pouvoir depuis 2000, a scrupuleusement respecté la limitation à deux mandats inscrite dans la loi fondamentale. Son prédécesseur, le populiste Jerry Rawlings, avait fait de même après sa défaite électorale de 2000. En se retirant après un revers électoral, cet officier, venu au pouvoir par la force en 1981 puis élu démocratiquement, a donné un exemple inscrit dans l'histoire du Ghana. Une preuve d'habileté politique aussi, puisque le nouveau président qui a prêté serment, le 7 janvier à Accra, est le poulain de M. Rawlings.
Conscients de l'exemplarité de leur jeune tradition démocratique, les 11 millions d'électeurs ghanéens se sont mobilisés à 70 % pour voter, dans un pays où la liberté d'expression existe depuis moins de quinze ans. Endimanchés, silencieux et graves dans les files d'attente le jour du scrutin, tous exprimaient la fierté de focaliser l'espoir du continent. Comme si l'élection ghanéenne cristallisait une sorte de "yes we can" à l'africaine.
L'exemple venu d'Accra ne peut qu'activer les revendications de transparence et de démocratie qui s'expriment à travers les sociétés civiles africaines et les médias. Le Ghana est devenu la référence, cité comme la preuve que l'Afrique n'est condamnée ni aux violences électorales (500 morts au Togo en 2005, 1 500 au Kenya en 2008), ni au despotisme suicidaire (Zimbabwe), ni à la guerre civile (Côte d'Ivoire), ni aux coups d'Etat (Mauritanie, Guinée). L'exception dont on voudrait qu'elle ne confirme pas la règle.
LA REVENDICATION DU MULTIPARTISME
Là encore, les responsables politiques du continent ont rivalisé de lyrisme pour saluer l'exemplarité ghanéenne. Laurent Gbagbo, dont le mandat à Abidjan a expiré depuis trois ans, Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967, et Faure Gnassingbé, dont l'élection, à Lomé, a eu lieu dans un climat de fraude et de terreur, tous ont salué cette grande victoire de la démocratie.
Le cas ghanéen illustre l'éternel dilemme entre développement et démocratie. La bonne gouvernance est-elle un préalable à l'expansion économique ou seulement une résultante de cette dernière ? En 1990, Jacques Chirac avait tranché à sa manière en affirmant que "le multipartisme est une sorte de luxe que les pays en voie de développement n'ont pas les moyens de s'offrir". Presque vingt ans après, l'idée selon laquelle la stabilité d'un pays africain vaut bien quelques accommodements avec la démocratie n'a pas disparu de la vision des autorités françaises. Le Ghana montre que paix civile, démocratie et croissance économique (+ 6 % par an depuis 2001) peuvent coexister. Les violences ethniques n'y sont pas absentes, mais elles ont été contenues dans la période récente par un débat politique libre et structuré. L'équation personnelle de M. Rawlings et de M. Kufuor, qui ne considèrent pas le pouvoir comme leur propriété, explique en partie le contexte vertueux du Ghana, comme le niveau d'éducation relativement élevé.
Vingt ans après le vent de revendication du multipartisme qui a soufflé sur l'Afrique à la fin de la guerre froide, réveillant des conflits ethniques, suscitant réactions autoritaires et sanglantes répressions, l'exemplaire Ghana préfigure-t-il un vrai réveil démocratique africain ? Analysant le poids prégnant mais ambivalent de la tradition dans l'évolution politique du continent, le chercheur Jean-François Bayart écrit : "L'Afrique politique n'est plus