vendredi 28 novembre 2008

Dallas se souvient de JFK et prie pour Obama 

Le Figaro - USA 2008 : Dallas se souvient de JFK et prie pour Obama
Dallas se souvient de JFKet prie pour Obama
Par Adèle Smith, envoyée spéciale à Dallas 21/11/2008 Mise à jour : 20:27

Le 22 novembre 1963, à Dallas, Jackie Kennedy se tourne pour chercher de l'aide, alors que son mari vient d'être abattu par Lee Harvey Oswald. De nombreux Américains, qui ont retrouvé avec Barack Obama «l'espoir des années JFK» , craignent contre lui les menaces de groupes néonazis ou l'intervention d'un tueur solitaire. Crédits photo : ©Rue des Archives/BCA
L'anniversaire de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy ravive les inquiétudes avec l'arrivée à la Maison-Blanche d'un jeune élu noir qui lui est souvent comparé.

Pour Kenneth Salyer, le souvenir de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 n'a jamais été si vivant que depuis la victoire de Barack Obama. Il partageait ses impressions cette semaine au 6th Floor Museum de Dallas, le musée érigé à la mémoire de JFK dans l'entrepôt de livres, d'où Harvey Lee Oswald tira depuis une fenêtre du 6e étage sur le président.
Ce n'est pas tant le souvenir de son impuissance face au président mourant qui fait surgir des larmes dans ses yeux, que le sentiment d'avoir vu disparaître à ce moment-là «l'espoir» que JFK symbolisait pour l'Amérique et qu'il retrouve aujourd'hui en Barack Obama. «Ce fut le jour le plus triste de ma vie, mais les deux hommes m'inspirent de la même façon, confie-t-il, tout comme Kennedy, Obama porte en lui cette promesse que l'esprit américain est bien vivant, qu'on peut construire un monde meilleur».
Kenneth Salyer était de garde au Parkland Hospital de Dallas, lorsque le président mortellement blessé arriva aux urgences peu après 12 h 30. Placé sur sa droite, du côté où une partie du crâne avait disparu, il avait pour mission d'enlever un corset que JFK portait en permanence, afin de pratiquer un massage cardiaque. Celui-ci s'avéra très vite inutile. Le plus jeune président des États-Unis fut déclaré mort à 13 heures. «Contrairement à ce qui se dit, Jackie Kennedy était bien restée dans la salle tout ce temps-là», tient à préciser le chirurgien. «Ce jour-là, dit-il avec émotion, je me suis promis que la ville de Dallas ne resterait pas seulement dans les mémoires pour avoir été celle où a été assassiné John Kennedy.»
Le pays où quatre présidents ont été assassinés
Kenneth Salyer deviendra des années plus tard un neurochirurgien mondialement connu pour avoir été le premier à séparer des frères siamois rattachés par la tête. Aujourd'hui, cet homme de 72 ans au regard plein de compassion croit en Barack Obama : «Avec lui, nous avons retrouvé l'espoir, la fébrilité des années JFK. Le style n'est pas tout à fait le même, mais l'éloquence est la même, le message d'enthousiasme et de changement est le même. Je prie très fort pour que rien ne lui arrive.» Beaucoup comme lui admirent la position d'Obama sur la guerre en Irak et sont persuadés que JFK ne se serait jamais engagé dans celle du Vietnam.
Sanyu Musoke, étudiante de 24 ans venue écouter le neurochirurgien, prie, elle, pour le premier président noir des États-Unis. «J'ai pleuré de joie le soir de la victoire, mais j'ai aussi ressenti un drôle de sentiment, comme un mélange d'excitation et de peur», déclare-t-elle.
Cette jeune Afro-Américaine est bien placée pour savoir que les divisions raciales ne se sont pas miraculeusement évanouies la nuit du 4 novembre. «Une amie m'a dit avoir vu des Blancs insulter des Noirs pour avoir élu un “nègre”. Moi-même, il m'est arrivé de ne pas être servie dans un bar à cause de la couleur de ma peau.»
Des dizaines d'attaques raciales ont été répertoriées par les médias dans tout le pays depuis l'élection. Début novembre, un tribunal du Tennessee a inculpé deux néonazis après l'annonce de leur projet d'assassiner Barack Obama ainsi que des dizaines de Noirs. En août déjà, quatre personnes avaient été arrêtées à Denver en possession de fusils à lunette, puis relâchées faute de preuve.
«Ce serait horrible pour notre pays si quelque chose arrivait à Obama, on replongerait dans le chaos des années 1960», soupire la jeune fille, qui ne connaît cette époque qu'à travers le récit de ses parents. La mort de JFK avait été suivie par celle de Martin Luther King puis par celle du frère du président assassiné, Bobby Kennedy, grand défenseur des droits civiques, en 1968.
À Dallas, tout le monde ne parle pas aussi spontanément que Sanyu de cette inquiétude pour Obama, même si elle flotte pourtant dans l'air. «On ne veut pas y penser, mais on ne peut pas s'en empêcher, les gens attendent trop de lui, et ça, c'est dangereux», explique Sang, immigré de Corée du Sud, qui a réalisé le «rêve américain». Propriétaire d'une petite boutique dans le centre-ville, il vend du Coca-Cola et des tee-shirts Obama. Sur sa vitrine est affichée l'une des plus mémorables déclarations de JFK : «Ne vous demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays.»
Dans ce pays où quatre présidents ont été assassinés (Lincoln, Garfield, McKinley et JFK), Bill Neuman craint que parler d'un sujet aussi tabou ne porte malheur. À 22 ans, il était, avec sa femme et ses deux enfants, le témoin le plus proche de la Lincoln qui transportait JFK, sur Dealey Plaza. À moins de dix mètres, il entendit même Jackie Kennedy crier «Oh non !» après la première balle.
Simple électricien, devenu instantanément célèbre malgré lui, il a longtemps craint pour sa vie et celle de sa famille, alors que des témoins importants sont morts dans des circonstances mystérieuses. Arrivé quelques minutes seulement avant l'assassinat, il a toujours gardé cette sensation indéfinissable de «porter la poisse» au président. Aujourd'hui, son plus vif regret est de ne toujours pas connaître la vérité sur la mort de JFK. D'ailleurs au 6th Floor Museum, c'est le seul sujet qui intéresse vraiment les curieux venus écouter le récit des témoins. Combien de coups de feu, de quel côté a-t-on tiré, qui voulait la mort de Kennedy ? Les questions fusent et les réponses ne convainquent pas. Car tout le monde a sa propre théorie ici, certains en font même un business.
«La passion des armes»
Des dizaines de personnes rôdent toute la journée autour de la Dealey Plaza, vendant à la sauvette des revues développant les thèses du complot et pleines de révélations «sensationnelles». Ernest Brandt, qui était sur le passage du cortège présidentiel le 22 novembre 1963 en a fait un petit gagne-pain. «J'ai tout lu sur le sujet, prenez ma carte, j'organise des circuits et j'ai ma propre version des faits !», lance le vieil homme à l'allure de détective. En vérité, Ernest croit dur comme fer à la thèse officielle du tueur unique, Lee Harvey Oswald, mais avec le temps, il s'est pris de passion pour les assassinats politiques.
S'il devait arriver malheur au président élu, affirme-t-il, ce serait à cause «de la quantité de dingos qui vivent dans ce pays». Reagan est le dernier président à avoir survécu aux balles d'un déséquilibré en 1981. «Regardez, des quatre assassinats réussis de présidents, pas un seul n'a été le résultat d'un complot politique», affirme-t-il.
À la question de savoir pourquoi les tentatives d'assassinat de président sont si nombreuses aux États-Unis, une partie de la réponse peut être trouvée dans la réclame publicitaire du magasin de souvenirs de cow-boys sur l'Elm Street à deux pas du musée : «The Wild Wild West will blow you away» peut-on lire sous un canon de revolver.
Mais Gene Boone vous corrige tout de suite. «La passion des armes n'a rien à voir avec ça, elle fait juste partie de notre héritage national», explique un brin condescendant le shérif qui a découvert le 22 novembre 1963 la carabine Mannlicher-Carcano, responsable de la mort de Kennedy. Et de rajouter sans expliquer, mais sur un ton rassurant : «Aujourd'hui, il serait impossible d'assassiner Obama, les services de sécurité contrôlent davantage le comportement des présidents. Imaginez-vous qu'à la faveur d'une éclaircie de dernière minute, JFK avait ordonné qu'on enlève la capote de sa Lincoln parce qu'il aimait tellement la foule !»
Les temps ont bien changé en effet. Celui qui attire des foules infiniment plus grandes que JFK à l'époque a été le premier des candidats à bénéficier d'une protection rapprochée pendant les primaires, après avoir reçu d'innombrables menaces (Hillary Clinton en bénéficiait à titre d'ancienne First Lady). Il a prononcé son discours de victoire derrière un grand écran de protection transparent à Chicago et serait entouré en permanence de centaines d'agents secrets. Si ces derniers font leur travail, les nostalgiques de JFK, qui ne resta qu'à peine plus de 1 000 jours au pouvoir, pourront voir en action un président élu sur de grands discours.

Obama incarne plusieurs héros

Le Figaro - USA 2008 : Obama incarne plusieurs héros
Obama incarne plusieurs héros
28/11/2008 Mise à jour : 10:20
(AP)
LES CHRONIQUES DE CNN - Par Jonathan Mann, journaliste et présentateur de la chaîne de télévision CNN International.

L'Amérique aime ses héros et Barack Obama est déjà devenu l'un d'entre eux. En fait, il en incarne déjà plusieurs.
Souvenez-vous. Obama n'est pas encore entré en fonction comme président. Il n'a eu qu'un aperçu du bureau ovale et ne prendra les rênes du pouvoir qu'à partir du 20 janvier. Mais déjà on le compare aux plus grands chefs d'Etat que les Etats-Unis aient jamais eu.
Pour certains Américains, c'est comme si on avait cinq présidents en un.
JOHN F. KENNEDY : ceux qui sont de la génération du baby boom ont le regard voilé à cette idée, et même dans la famille Kennedy, certains ont comparé les deux hommes. Comme JFK lorsqu'il a pris ses fonctions en 1961, Obama est jeune, beau et idéaliste. Il promet un nouveau leadership. Et sa femme Michelle est aussi la future première dame la plus élégante depuis Jackie.
FRANKLIN DELANO ROOSEVELT : Roosevelt a accédé à la présidence au moment de la Grande dépression. La série de mesures révolutionnaires et immédiates qu'il a prises est connue comme « les cent premiers jours ». Obama promet que sa grande priorité sera de s'attaquer à la plus grande crise économique depuis Roosevelt. Récemment, il a même beaucoup lu à ce sujet.
ABRAHAM LINCOLN : Obama lui-même aime parler de Lincoln, un autre avocat grand et mince, qui avait peu de chances de devenir président. Devant les difficultés qui ont suivi la Guerre civile en 1861, Lincoln a confié les postes les plus importants à ses opposants les plus féroces. C'est cette «équipe de rivaux » qui l'aurait inspiré pour le choix de Hillary Clinton comme secrétaire d'Etat.
BILL CLINTON : pendant ses deux mandats, de 1993 à 2001, il a présidé la période la plus longue de croissance économique dans l'histoire des Etats-Unis. Obama a déjà demandé à plusieurs experts économiques proches de Clinton de rejoindre son équipe. Certains parmi les partisans d'Obama, et aussi parmi ses détracteurs, décrivent le prochain gouvernement comme le « troisième mandat » de Clinton.
Le cinquième visage d'Obama sera le sien. Sa destinée est d'entrer dans l'histoire : le premier président afro-américain. Mais sera-t-il un grand président ? Ou même un bon président ? Les Américains qui le comparent à ces éminents prédécesseurs placent beaucoup d'espoir en un homme qu'ils connaissent à peine.

Obama !

Obama ! - Courriers Sud - Le blog de François Soudan
Par François Soudan, mercredi 5 novembre 2008 à 14:59 :: Politique :: #47 :: rss :: lu 3507 fois
La fierté. Fierté d’être Noir, fierté de voir un Noir élu au job le plus important au monde, fierté de pouvoir regarder au fond des yeux ceux qui vous méprisent, fierté indicible. Beaucoup d’Africains ont pleuré de bonheur et d’émotion aux premières heures du 5 novembre. Impensable, indicible, incroyable.
Quand Barack Obama était gamin à l’école, les petits blancs lui demandaient si son père était anthropophage, pourquoi ses cheveux étaient crépus, d’autres criaient sur son passage, en imitant les gestes du singe : « Luo… Luo… Luo ». C’était à Hawaï, à l’école de Punahau. Quel chemin parcouru depuis ! Moi, je pense à cet homme que Barack n’a finalement jamais connu : son père. Barack senior, du clan Alego des Luos, non loin de Kisumu au Kenya. Chez les Luos, les esprits des ancêtres ne meurent jamais et Dieu s’appelle Nyasaye au Nyakalaga, « celui qui se répand partout ». Dieu, chez les Luos, prend volontiers la forme d’un homme pour s’incarner et servir de lien entre la communauté et ses ancêtres. Et si Barack junior était Dieu ? Certains y croient, là-bas, sur les rives du Lac Victoria… Avec lui, c’est l’Afrique, toute l’Afrique, celle des villages et des esclaves déportés, du Tam Tam et du blues, des champs de coton et des champs d’arachide, de Luther King et de Shaka Zoulou, des griots mandingues et des rappeurs du Bronx, de Lumumba et de Malcolm X, de Sankara et de Césaire, de Mandela et d’Angela Davis, des noyés de Gibraltar et des stars d’Hollywood, des saints et des vilains, des ombres et des lumières, qui fait son entrée à la Maison Blanche.Peu importe si Barack Obama ne pourra rien changer aux injustices du monde, peu importe s’il déçoit. Ce qu’il vient d’accomplir est irremplaçable.

The new Cicero

Charlotte Higgins says one of the most interesting aspects of Barack Obama's speeches is the enormous debt they owe to the oratory of the Romans World news The Guardian
The new Cicero
Barack Obama's speeches are much admired and endlessly analysed, but, says Charlotte Higgins, one of their most interesting aspects is the enormous debt they owe to the oratory of the Romans

Charlotte Higgins guardian.co.uk, Wednesday November 26 2008 00.01 GMT

In the run-up to the US presidential election, the online magazine Slate ran a series of dictionary definitions of "Obamaisms". One ran thus: "Barocrates (buh-ROH-cruh-teez) n. An obscure Greek philosopher who pioneered a method of teaching in which sensitive topics are first posed as questions then evaded."
There were other digs at Barack Obama that alluded to ancient Greece and Rome. When he accepted the Democratic party nomination, he did so before a stagey backdrop of doric columns. Republicans said this betrayed delusions of grandeur: this was a temple out of which Obama would emerge like a self-styled Greek god. (Steve Bell also discerned a Romanness in the image, and drew Obama for this paper as a toga-ed emperor.) In fact, the resonance of those pillars was much more complicated than the Republicans would have it. They recalled the White House, which itself summoned up visual echoes of the Roman republic, on whose constitution that of the US is based. They recalled the Lincoln Memorial, before which Martin Luther King delivered his "I have a dream" speech. They recalled the building on which the Lincoln Memorial is based - the Parthenon. By drawing us symbolically to Athens, we were located at the very birthplace of democracy.
Here's the thing: to understand the next four years of American politics, you are going to need to understand something of the politics of ancient Greece and Rome.
There have been many controversial aspects to this presidential election, but one thing is uncontroversial: that Obama's skill as an orator has been one of the most important factors - perhaps the most important factor - in his victory. The sheer numbers of people who have heard him speak live set him apart from his rivals - and, indeed, recall the politics of ancient Athens, where the public speech given to ordinary voters was the motor of politics, and where the art of rhetoric matured alongside democracy.
Obama has bucked the trend of recent presidents - not excluding Bill Clinton - for dumbing down speeches. Elvin T Lim's book The Anti-Intellectual Presidency: The Decline of Presidential Rhetoric from George Washington to George W Bush, submits presidential oratory to statistical analysis. He concludes that 100 years ago speeches were pitched at college reading level. Now they are at 8th grade. Obama's speeches, by contrast, flatter their audience. His best speeches are adroit literary creations, rich, like those doric columns, with allusion, his turn of phrase consciously evoking lines by Lincoln and King, by Woody Guthrie and Sam Cooke. Though he has speechwriters, he does much of the work himself. (Jon Favreau, the 27-year-old who heads Obama's speechwriting team, has said that his job is like being "Ted Williams's batting coach.") James Wood, professor of the practice of literary criticism at Harvard, has already performed a close-reading exercise on the victory speech for the New Yorker. Can you imagine the same being done of a George Bush speech?
More than once, the adjective that has been deployed to describe Obama's oratorical skill is "Ciceronian". Cicero, the outstanding Roman politician of the late republic, was certainly the greatest orator of his time, and one of the greatest in history. A fierce defender of the republican constitution, his criticism of Mark Antony got him murdered in 43BC.
During the Roman republic (and in ancient Athens) politics was oratory. In Athens, questions such as whether or not to declare war on an enemy state were decided by the entire electorate (or however many bothered to turn up) in open debate. Oratory was the supreme political skill, on whose mastery power depended. Unsurprisingly, then, oratory was highly organised and rigorously analysed. The Greeks and Romans, in short, knew all the rhetorical tricks, and they put a name to most of them.
It turns out that Obama knows them, too. One of the best known of Cicero's techniques is his use of series of three to emphasise points: the tricolon. (The most enduring example of a Latin tricolon is not Cicero's, but Caesar's "Veni, vidi, vici" - I came, I saw, I conquered.) Obama uses tricola freely. Here's an example: "Tonight, we gather to affirm the greatness of our nation, not because of the height of our skyscrapers, or the power of our military, or the size of our economy ..." In this passage, from the 2004 Democratic convention speech, Obama is also using the technique of "praeteritio" - drawing attention to a subject by not discussing it. (He is discounting the height of America's skyscrapers etc, but in so doing reminds us of their importance.)
One of my favourites among Obama's tricks was his use of the phrase "a young preacher from Georgia", when accepting the Democratic nomination this August; he did not name Martin Luther King. The term for the technique is "antonomasia". One example from Cicero is the way he refers to Phoenix, Achilles' mentor in the Iliad, as "senior magister" - "the aged teacher". In both cases, it sets up an intimacy between speaker and audience, the flattering idea that we all know what we are talking about without need for further exposition. It humanises the character - King was just an ordinary young man, once. Referring to Georgia by name localises the reference - Obama likes to use the specifics to American place to ground the winged sweep of his rhetoric - just as in his November 4 speech: "Our campaign ... began in the backyards of Des Moines and the living rooms of Concord and the front porches of Charleston", which, of course, is also another tricolon.
Obama's favourite tricks of the trade, it appears, are the related anaphora and epiphora. Anaphora is the repetition of a phrase at the start of a sentence. Again, from November 4: "It's the answer told by lines that stretched around schools ... It's the answer spoken by young and old ... It's the answer ..." Epiphora does the same, but at the end of a sentence. From the same speech (yet another tricolon): "She lives to see them stand out and speak up and reach for the ballot. Yes we can." The phrase "Yes we can" completes the next five paragraphs.
That "Yes we can" refrain might more readily summon up the call-and-response preaching of the American church than classical rhetoric. And, of course, Obama has been influenced by his time in the congregations of powerfully effective preachers. But James Davidson, reader in ancient history at the University of Warwick, points out that preaching itself originates in ancient Greece. "The tradition of classical oratory was central to the early church, when rhetoric was one of the most important parts of education. Through sermons, the church captured the rhetorical tradition of the ancients. America has preserved that, particularly in the black church."
It is not just in the intricacies of speechifying that Obama recalls Cicero. Like Cicero, Obama is a lawyer. Like Cicero, Obama is a writer of enormous accomplishment - Dreams From My Father, Obama's first book, will surely enter the American literary canon. Like Cicero, Obama is a "novus homo" - the Latin phrase means "new man" in the sense of self-made. Like Cicero, Obama entered politics without family backing (compare Clinton) or a military record (compare John McCain). Roman tradition dictated you had both. The compensatory talent Obama shares with Cicero, says Catherine Steel, professor of classics at the University of Glasgow, is a skill at "setting up a genealogy of forebears - not biological forebears but intellectual forebears. For Cicero it was Licinius Crassus, Scipio Aemilianus and Cato the Elder. For Obama it is Lincoln, Roosevelt and King."
Steel also points out how Obama's oratory conforms to the tripartite ideal laid down by Aristotle, who stated that good rhetoric should consist of pathos, logos and ethos - emotion, argument and character. It is in the projection of ethos that Obama particularly excels. Take this resounding passage: "I am the son of a black man from Kenya and a white woman from Kansas. I was raised with the help of a white grandfather who survived a Depression to serve in Patton's army during World War II and a white grandmother who worked on a bomber assembly line at Fort Leavenworth while he was overseas. I've gone to some of the best schools in America and lived in one of the world's poorest nations." He manages to convey the sense that not only can he revive the American dream, but that he personally embodies - actually, in some sense, is - the American dream.
In English, when we use the word "rhetoric", it is generally preceded by the word "empty". Rhetoric has a bad reputation. McCain warned lest an electorate be "deceived by an eloquent but empty call for change". Waspishly, Clinton noted, "You campaign in poetry, you govern in prose." The Athenians, too, knew the dangers of a populace's being swept along by a persuasive but unscrupulous demagogue (and they invented the word). And it was the Roman politician Cato - though it could have been McCain - who said "Rem tene, verba sequentur". If you hold on to the facts, the words will follow.
Cicero was well aware of the problem. In his book On The Orator, he argues that real eloquence can be acquired only if the speaker has attained the highest state of knowledge - "otherwise what he says is just an empty and ridiculous swirl of verbiage". The true orator is one whose practice of citizenship embodies a civic ideal - whose rhetoric, far from empty, is the deliberate, rational, careful organiser of ideas and argument that propels the state forward safely and wisely. This is clearly what Obama, too, is aiming to embody: his project is to unite rhetoric, thought and action in a new politics that eschews narrow bipartisanship. Can Obama's words translate into deeds? The presidency of George Bush provided plenty of evidence that a man who has problems with his prepositions may also struggle to govern well. We can only hope that Obama's presidency proves that opposite.
• Charlotte Higgins is the author of It's All Greek To Me: From Homer to the Hippocratic Oath, How Ancient Greece Has Shaped Our World (Short Books).

Barack Obama inspiré par Cicéron ?

Barack Obama inspiré par Cicéron ? - Le Magazine-Litteraire
Barack Obama inspiré par Cicéron ?
Un passionnant article du Guardian britannique évoque la façon dont Barack Obama a relevé le niveau du discours politique américain en empruntant des techniques oratoires aux auteurs latins, et notamment à Cicéron ! De là découlerait son goût pour le rythme ternaire (appelé « Tricolon » chez les romains), l’anaphore et l’épiphore (le fameux « Yes, we can » par lequel il concluait chaque phrase de ses discours). L’article peut se lire (en anglais) à cette adresse : http://www.guardian.co.uk/world/2008/nov/26/barack-obama-usa1

LE 4 NOVEMBRE ET L'AVENEMENT D'OBAMA -

LE 4 NOVEMBRE ET L'AVENEMENT D'OBAMA -
jeudi, 27 novembre 2008
par le Professeur Lansiné Kaba, Chicago
« A maints égards, les élections du 4 novembre 2008 marquent une date charnière dans l’histoire des Etats-Unis. Elles feront sans doute partie des dates les plus importantes de l’évolution de ce pays, depuis sa création à la Convention de Philadelphie en 1776. Elles annoncent, en effet, une nouvelle conception du leadership politique dans l’imagerie nationale, ainsi que le passage à une autre phase de la vie du peuple américain et peut-être de l’histoire de l’expansion de la démocratie. Ce processus démontre que les constitutions politiques sont certes des constructions historiques, mais aussi des documents vivants appelés à s’adapter aux exigences des générations qui se suivent sur les mêmes espaces géographiques. »Pour bien apprécier l’importance des récentes présidentielles et la place qu’Obama y occupe, un petit tour d’horizon s’avère utile. Les Pères fondateurs de la République fédérale des Etats-Unis étaient pour la plupart, dans une mesure ou l’autre, des disciples des philosophes éclairés qui ont fait du dix-huitième siècle une ère resplendissante dans l’histoire intellectuelle de l’Europe. Grands bourgeois ou propriétaires de domaines agricoles à main-d’œuvre d’esclaves, ces coloniaux principalement d’origine britannique aspiraient, malgré leurs différences, à fonder un système de gouvernement sans tyrannie, basé sur la raison et par conséquent préconisant la séparation des pouvoirs, le bicamérisme, la puissance du droit et la dévolution de certains pouvoirs aux Etats et aux circonscriptions locales. De leur consensus naquit le fédéralisme américain, avec un exécutif dirigé par un président de la République élu et dont les pouvoirs sont définis dans la constitution. Ce document fondamental, clair et précis a fait de l’Amérique, dans le langage des politicologues, la « première république » de l’histoire moderne.
« Le nouvel ordre était novateur, en effet. Mais, il était loin de remplir les conditions de l’idéal démocratique. Les auteurs de la charte constitutionnelle, révolutionnaires conservateurs, n’avaient pas anticipé l’égalité ni le vote des femmes dont l’influence devenait pourtant considérable dans la société. Il allait prendre plus de cent quarante ans et des campagnes de mobilisation et de protestation pour obtenir en 1919 le passage du 19e Amendement qui accorda aux femmes blanches le droit de vote, mais non pas tout à fait encore les possibilités d’assumer des responsabilités électives. Dans une grande mesure, la très longue marginalisation de la femme a contribué à la naissance du féminisme politique. Ce traitement inégal et indigne aide à expliquer la passion dont les supporters de Madame Hillary Clinton ont fait preuve pendant les primaires de 2008 ainsi que leur velléité de soutenir John McCain et sa colistière Sarah Palin, quand Obama décida de choisir J. Biden comme son colistier pour la vice-présidence. »Le cas des Noirs, c’est-à-dire leur ségrégation systématique ou, pour employer l’expression d’Orlando Patterson, leur « assassinat social à cause de la couleur de leur pigmentation (social death), restait unique, spécial et complexe. Au dix-huitième siècle, leur labeur fournissait déjà une partie considérable de l’économie, tandis que leur présence démographique marquait des traits de la vie culturelle des colonies. Néanmoins, les Pères fondateurs et les leaders des générations suivantes leur avaient nié le droit de citoyenneté et de participation à part entière à la vie du pays. A juste raison, au début des années 1800, le voyageur Alexis de Tocqueville, fin observateur et analyste perspicace, classifia la question noire parmi les problèmes majeurs qui confrontaient la viabilité du nouvel Etat américain. »Pendant plus de deux siècles, cette question allait troubler la conscience des citoyens américains, individuellement et collectivement. Comme une tumeur cancéreuse dont le patient néglige le traitement, le mal grossissait et se métastasait à d’autres organes, en l’occurrence aux territoires de l’intérieur dont les habitants blancs voulaient se joindre à la Fédération.
« La question noire devenait incontournable. Elle allait se situer au centre des grands débats civils, moraux et religieux qui ont secoué le pays dans la premièr moitié du dix-neuvième siècle ainsi que des causes de la Guerre de Sécession entre le Nord et le Sud. Ce conflit fratricide, farouche et sanglant faillit, entre 1861 et 1864, engouffrer le système des Etats-Unis. Un fait historique très important à souligner, ce fut le recruitement massif des Noirs par l’armée fédérale et leur participation aux combats et aux autres nécessités de la guerre pour gagner leur liberté. La victoire du Nord mena à l’abolition de l’esclavage et à l’intégration des Noirs à la vie politique. mais l’expérience fut de brève durée. En dépit de la déclaration de l’Emancipation et de l’extension des droits, en effet, vite les préjugés l’ont emporté sur le bon sens et l’esprit de citoyenneté voire de l’amour inclusif et sans réserve de la patrie. Cette réaction massive finit par établir une forme pernicieuse de négrophobie et un système étendu et impitoyable de discrimination connus sous le nom de jim crow. Paradoxe, ce régime était anticonstitutionnel, mais légal. »Bien que libre, le Noir allait ainsi se voir exclu de la vie politique et sociale générale. Comme il n’était plus une propriété privée, il était à lui-même abandonné, sans défense dans un monde dur et en mutation sociale profonde. Les campagnes de mobilisation et de protestation organisées par la communauté noire et ses alliés des églises et de syndicats rencontraient des réactions brutales et macabres de la part des groupes suprémacistes et la répression musclée de la part des forces de l’ordre. Ces événements ont coïncidé aussi avec le début de l’industrialisation des Etats-Unis et ensuite avec sa participation victorieuse à la Première Guerre mondiale. Désormais, l’Amérique devenait un objet d’admiration pour son miracle économique et technique et sa volonté internationaliste, mais aussi de mépris pour sa politique raciale.
« En 1945, le contexte général de l’après-guerre, doublé de l’ardeur politique et intellectuelle des leaders noirs et des progressistes blancs antiracistes, a apporté une nouvelle dynamique à la lutte. L’année 1964 allait voir, grâce à l’effort combiné de Martin Luther King et du président Lyndon Johnson, le passage des législations pour les droits civiques. C’était l’amorce du changement, l’ouverture du pays aux étrangers d’origine non-européenne tels que le père d’Obama et d’autres Africains. Nul ne croyait, cependant, qu’en quelque quarante ans l’Amérique allait avoir non seulement des gens de couleur au Congrès, au gouvernement, à l’état-major des forces armées et à la Cour supreme, mais aussi un président noir et sa famille à la Maison blanche. L’histoire est bel et bien la science de l’imprévisible dans les mains des forces souvent invisibles. »De là découlent l’extraordinaire ferveur qui a accueilli ici et partout ailleurs l’élection d’Obama. Le monde en effervescence lui chanta, ainsi qu’à l’Amérique, une ode triomphale en l’honneur du changement survenu. Cette victoire démontra la volonté de tout un peuple d’enterrer une période sombre de son histoire. Le 4 novembre, la raison l’a emporté sur les préjugés et la crainte, la conscience économique sur les présomptions de supériorité, l’esprit de concitoyenneté sur celui de l’exclusion et la communion générale sur le particularisme ethnique ou régional. Tout cela est inspirant, élévateur et transformateur.
« Ainsi, les barrières, réelles et psychologiques, qui ont longtemps freiné la marche du progrès se sont écroulées.. C’est pourquoi bien des larmes ont coulé dans la nuit du 4 novembre, sous un ciel automnal d’azur et embaumé, dans le Grand Parc élégant de Chicago au bord du lac Michigan, pour saluer l’événement et rendre hommage à un homme exceptionnel et à une nation hors du commun. »Par une coïncidence fortuite, ce changement, comme pour rappeler l’essence de la civilisation américaine et comme pour donner raison à Léopold S. Senghor, renvoie à la rencontre et a la symbiose des gènes issus de l’Afrique noire avec ceux de l’Europe sur le terroir américain, plein de possibilités, de diversités et de contradictions, et donc de challenge pour les personnes qui choisissent d’y élire domicile. Obama appartient à la catégorie des nouveaux Africains -américains, c’est-à-dire des Noirs de souche récente aux Etats-Unis et donc dépourvus d’attaches biologiques et historiques avec le passé du Noir américain issu des plantations. Obama est une synthèse des cultures, cependant. C’est ce qui fait de lui un homme à l’aise avec les mondes blanc, noir et asiatique et donc ouvert au dialogue des civilisations ; et c’est ce qui fait son attrait, sa maturité et sa force. En un mot, l’univers se retrouve en lui.
« Ainsi, l’Amérique vient de vivre un moment fascinant. La campagne présidentielle, longue et coûteuse, intense et mouvementée, pleine de surprises et d’excitations, opposa au départ plusieurs candidats au sein des deux grands partis traditionnels, le parti républicain communément appelé Great Old Party G.O.P.) et le parti démocrate. Ensuite le pugilat s’est limité à leurs porte-parole sortis vainqueurs des primaires. Malgré les apparences, insistons-y, les deux formations partagent ensemble un certain idéal et une certaine vision des Etats-Unis. »Deux personnalités de tempéraments, d’origines et d’expériences académiques et pratiques différentes se sont livré un duel fascinant sur leur vision de la crise que l’Amérique et le monde traversent aujourd’hui. C’est pour dire que la politique dans ce pays, loin d’une idéologie abstraite, vise toujours à résoudre, par des actions ponctuelles, des problèmes concrets et urgents auxquels l’électorat fait face. Les électeurs pour la plupart votent sur la base des considérations personnelles. Les partis se distinguent comme des conglomérats de groupes et d’intérêts particuliers plus que des organisations de classes et d’idéologies.
« Le duel de 2008, bien que grand et imposant, n’était pas celui de David et de Goliath. Cependant, il avait tout de l’ardeur et de la passion des combats de gladiateurs, chacun possédant son verbe, ses armures et ses partisans. Dans l’entourage du républicain, on distinguait surtout une foule homogène d’admirateurs blancs, d’âge mùr voire vieillissant, sûrs d’eux-mêmes et exultant de satisfaction. Le candidat démocrate, par contre, attirait dans les amphithéâtres et les arènes un raz-de marée d’admirateurs de toutes couleurs, conditions sociales, croyances et âges, notamment la jeunesse dont la mobilisation phénoménale grâce à l’électronique allait s’avérer déterminante. » En temps ordinaires, l’ancien combattant décoré des plaines rizicoles du Viêt-Nam, pilote héritier d’une lignée d’amiraux, vétéran du Congrès, politicien talentueux et capable de laisser un impact par son discours simple et concis, le Sénateur John McCain de l’Arizona, devrait l’emporter, d’autant plus qu’il était sorti ragaillardi et rafraîchi de la Convention de Saint-Paul/Minneapolis en septembre (son quota dans les sondages d’opinion s’éleva sensiblement alors, après le choix de la très télégénique Sarah Palin, gouverneur de l’Etat d’Alaska). En outre, son parti dispose de grosses ressources financières et d’un savoir-faire reconnu dans l’organisation et la conduite des élections présidentielles. Mais, le principe de l’imprédictibilité gouverne souvent en démocratie. Le choix de Sarah Palin finit par porter préjudice à McCain, cependant. Par ailleurs, durant ces huit dernières années, c’est un fait, le pays a changé, culturellement et démographiquement.
« Face au candidat du G.O.P., aux débats publics télévisés et dans les publicités sur les chaînes de télévision, se dressait, dans une silhouette mince et élégante et avec une confiance rassurante, l’adversaire démocrate, le Sénateur d’Illinois, Barack Hussein Obama, issu de « l’autre pays », l’Amérique des gens ordinaires, des classes moyennes, des anciens et nouveaux venus avides de changement. Le génie d’Obama se rapporte à sa jeunesse, son charisme, son allure calme et sereine, réfléchie et révérencielle. Pour lui rendre justice, il faut souligner aussi sa capacité prodigieuse d’absorber les concepts et d’incarner les valeurs sur lesquelles repose la grandeur du pays, en l’occurrence l’amour du savoir, du travail et du loisir, de la liberté et de la justice. »Comme une étoile radieuse dans le firmament sombre d’un monde criblé de difficultés de toutes sortes, Obama dévoile l’assurance. Par son savoir qui rappelle Thomas Jefferson, son verbe qui reflète la puissance et l’éloquence de Frederick Douglass, d’Abraham Lincoln, de Martin Luther King et de Malcolm X « le réformé », il offrit des raisons d’espérer et de croire en l’Amérique et d’œuvrer pour l’unité des nations de la terre affectées toutes par les mêmes problèmes d’environnement et de financement. En somme, il dégageait une aura de pureté que d’ordinaire on associe avec les hommes de religion- - parfois, en effet, on entendait un écho de spiritualité dans ses discours. Il a su réconcilier les nourritures terrestres de l’histoire avec les idées célestes de progrès du futur pour toucher et inspirer son auditoire. Grâce à ces dons, il put montrer l’inconsistance des arguments et propagandes de son rival John McCain, répondre aux attaques souvent maladroites des ténors du parti républicain et au désillusionnement provoqué par le régime « impérial » impulsif de George W. Bush.
« La victoire d’Obama impressionne à plus d’un titre. En premier lieu, sa campagne a été menée d’une manière professionnelle impeccable, sans fuites embarassantes de renseignements de stratégie et sans querelles intestines entre les conseillers. Le candidat a projeté durant la campagne l’image du capitaine en commande ferme de la barre du gouvernail et de son équipage. L’impression était positive et remarquable. »En second lieu, Obama a attiré dans l’arène bien des gens qui avaient l’habitude, pour une raison ou l’autre, de ne pas s’inscrire sur la liste électorale ou de ne pas aller aux urnes le jour du vote. Grâce à l’énorme « budget de guerre » qu’il s’était habilement constitué, ses organisateurs sillonnaient les régions. Il s’est enhardi jusqu’à concourir dans les Etats du sud connus depuis 1964 pour leur allégeance au G.O.P. Il a osé, c’est-à-dire il a appliqué son paradigme de l’audace, titre de son livre très achalandé.
« Ainsi, Obama n’eut en aucun moment peur d’affronter les populations, articulant partout et avec la meme équanimité son espoir pour le pays. Ce pari courageux rapporta des dividendes appréciables pour l’obtention des suffrages des Noirs, , des femmes, des gens éduqués et des travailleurs, pour les clés de la Maison blanche, la mainmise des démocrates sur le Congrès et les gouvernorats des Etats. Chose sans pareille dans l’histoire américaine et rappelant un tant soit peu le système du parti unique, il n’ y a plus de républicains dans la délégation de la Nouvelle Angleterre à la Chambre des Représentants ! Avec un tel succès et la discipline de son parti, Obama a la chance de réaliser l’essentiel de son programme. »Obama a transcendé les considérations de race, de religion et d’ethnie qui obstruent la vision des gens bien pensants et conduisent au conflit (leçon pour l’Afrique, n’est-ce pas ?). Sa victoire et, par extension, celle des démocrates symbolisent la prééminence de la volonté du peuple. Ayant gagné ce gage d’une façon honorable, il appartient à la classe des leaders qui font appel au meilleur de chacun pour bâtir sa nation et s’engager dans le dialogue international pour la concorde dans le monde.
« A quoi les Africains doivent s’attendre de la part d’Obama dont le père était venu d’Afrique comme étudiant ? Cette question m’a été posée plusieurs fois. Un leader, rappelons-le, est toujours élu par son peuple pour une vision et une mission appropriées au cadre de cette entité nationale. Pendant la campagne, Obama ne pouvait pas jouer sa carte de descendant d’Afrique, tout comme Kennedy n’avait pas pas mettre en exergue son origine d’Irlandais catholique. Mais, il sait qui il est et ce qu’il veut. Il désire exceller dans la responsabilité d’être le premier serviteur des intérêts de la nation qui vient de le porter à la magistrature suprême. A ce titre, il doit exécuter les priorités de politique intérieure et extérieure nécessaires. »L’assistance étrangère fait partie de ce programme politique. L’histoire montre que l’aide américaine est depuis longtemps globale et se manifeste en général quand et où besoin en est. L’Afrique occupe une certaine place dans cet agenda. Pendant la campagne, Obama exhortait ses concitoyens à œuvrer pour eux-mêmes et à ne pas tout attendre de l’Etat puisque l’Etat ne peut pas tout faire. Implicitement, il prenait position contre la politique de la main tendue, de l’apathie et de la dépendance ; il plaidait pour la tradition de s’aider soi-même. Ces idées intéressent l’Afrique.
« C’est pourquoi, nombreux, les progressistes africains souhaitent que la voix d’Obama résonne avec force contre les tyrans qui bafouent les droits de leurs citoyens et s’accaparent de leurs ressources. Ils ambitionnent que le Chef de l’exécutif américain se prononce pour la bonne gouvernance et la bonne gestion, la probité et la responsabilité des gouvernants devant leurs peuples, en somme pour la démocratie et la paix. Sous son administration, l’engagement des Etats-Unis pour l’Afrique peut, comme en Europe et en Asie après la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée, s’orienter et mettre l’accent sur le besoin de renforcer l’armature institutionnelle et juridique des Etats afin d’encourager les investissements à long terme et de promouvoir une croissance et un développement durables. Une telle initiative sera remarquable. »
Lansiné Kaba, Ph.D.
Winner of the Herskovits Prize
for the year best book on Africa
Professor emeritus
Former Dean
Former President, African Studies Association
University of Illinois at Chicago

A L’OUEST, DU NOUVEAU : BARACK HUSSEIN OBAMA -

CONTRIBUTION: A L’OUEST, DU NOUVEAU : BARACK HUSSEIN OBAMA -
CONTRIBUTION / vendredi, 28 novembre 2008
Lorsque, au cœur de la nuit, les hommes et les femmes qui avaient lutté contre le sommeil pour suivre les élections américaines ont entendu toutes les radios et les télévisions du monde proclamer : « La Californie vient de tomber ; Barack Obama est le quarante quatrième président des Etats-Unis », tous furent persuadés que le soleil du 5 septembre se lèverait à l’ouest. Peu de scrutins ont suscité autant d’émotion et de passion dans l’histoire. Et ce phénomène planétaire qu’on a appelé l’« obamania » demeure inintelligible à qui ne voit pas qu’une bonne partie de l’humanité a alors eu l’impression d’avoir « joué aux dés avec les dieux à la table divine de la terre » (pour emprunter le mot de Nietzsche) et d’avoir réussi le coup gagnant. Les savantes analyses n’y pourront rien changer : très peu de ce qui ont voté en réalité ou en imagination savent les enjeux économiques, militaires et politiques de l’évènement qui venait de se produire. Un homme à la silhouette frêle d’étudiant américain, qui portait un nom étrange, Barack Hussein Obama (encore inconnu du correcteur orthographique des ordinateurs), né des amours sans lendemain d’un Kenyan rentré dans son pays d’origine sans qu’il ait eu le temps de le connaître et dont la tante s’est vu refuser un passeport américain, brisait d’un seul coup un paradigme qu’on croyait gravé sur le dollar pour toujours ou pour longtemps : WASP (White, Anglo-saxon, Protestant). L’impossible se réalisait : un métis dans un pays où, il n’y a guère, ses congénères étaient obligés de changer de trottoir lorsqu’ils croisaient un blanc, subissaient la discrimination devant la maladie et la mort dans les hôpitaux, avait, à bord d’Air Force One, le pouvoir de détruire la planète.
Des analyses ont été consacrées au déroulement de la campagne, aux conséquences économiques et sociales de l’élection de Obama. Le propos qui suit s’intéresse à l’impact, dans la représentation politique, de cet évènement qui ne concerne pas la seule Amérique. Si on veut s’arrêter au séisme produit dans l’imaginaire politique des hommes, on ne peut lui trouver comme équivalent que cet autre (technoscientifique cette fois) : le 20 juillet 1969 à 21heures 17 minutes, cinq cent millions de téléspectateurs entendirent, venant de nulle part, une voix annoncer à la base spatiale de Houston, depuis la Mer de la Tranquillité : « Eagle has landed ». En foulant pour la première fois le sol de la lune le 21 juillet à 3h56, Neil Armstrong réalise, à une échelle autrement plus fantastique que les frères Wright, le mythe d’Icare. Le mythe : ce que les hommes ne peuvent nommer que sous le mode du rêve et du fantasme, avant sa banalisation. Lorsqu’il s’inscrit dans le social, cela donne la proclamation de Rocard le soir de l’élection de Mitterrand : « Camarades, le rêve est devenu possible ! »
Le choc des notions opposées (rêve/réalité, possible/impossible) porté à son point d’incandescence interdit tout discours, pour ne laisser que cette image qui a fait le tour du monde : le Révérend père Jessy Jackson au milieu d’une foule en délire, serrant dans ses mains la bannière étoilée et laissant couler silencieusement ses larmes. Nul doute que, à cet instant solennel, devaient se superposer dans son champ de vision le leader assassiné, Martin Luther King, et le leader triomphant, Barack Obama. Il faut prendre l’exacte mesure du discours du premier, que les pédagogues avisés font apprendre aux élèves pour ce qu’il comporte de charge émotionnelle et de sens humain et politique. « I have a dream … », disait-il. Le contenu de son rêve : les descendants des esclaves et des esclavagistes assis autour de la même table fraternelle. Le rêve, que la balle de l’assassin tirée le 4 avril 1968 a transformé en râle d’agonie, se réalisait devant Jackson. Aussi, ne pouvait-il être exprimé que dans un en-deca ou un au-delà de tout langage. Martin Luther King III témoigne : « Mon père et ses compagnons ont lutté pour ce jour. Depuis mon enfance, je porte en moi cet espoir. Mais je ne savais pas quand cela arriverait et je ne l’envisageais pas de si tôt ». Encore un des procédés du rêve : la condensation, le raccourci saisissant que Obama, bon metteur en scène a déroulé devant nous avec le film gravé au fond de la rétine d’une vieille dame de plus de cent ans : il s’ouvre sur la ségrégation et le refus des droits humains les plus élémentaires, pour trouver son épilogue dans cette élection. Dans un de ses rares mots clairvoyants, Mac Cain souligne la portée de la victoire de Obama pour ceux de sa communauté. Sauf que l’habileté tactique exigeait de ne pas en faire la revanche d’une communauté sur une autre (même si certaines, comme les Noirs et les Latino-américains étaient plus mobilisées), ou même la rédemption d’une nation tout entière, mais l’affirmation d’un nouveau paradigme incarné peut-être plus sûrement par ces hommes de race blanche dans la folle sarabande de Chicago.
L’évènement dépasse les frontières communautaires, comme l’ont souligné les analystes, et même les Etats-Unis, pour donner une leçon de philosophie politique à un monde en quête de démocratie et de justice. L’équation qui la transcrit est antérieure à la Déclaration des droits de l’homme et même à la Révolution. Elle est très exactement dans l’entame du Discours sur les origines et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Rousseau : « Ô Homme, de quelque Contrée que tu sois, quelles que soient tes opinions […] voici ton histoire ». Que l’évènement se produise aux Etats-Unis n’est peut-être pas si contingent : c’est de là qu’est venu, pour les hommes de ma génération bible de la grande contestation de Mai 68, L’homme unidimensionnel, de Marcuse. Beaucoup insistent, avec raison, sur les grandes luttes pour les droits civiques dans lesquelles certains ont fait le sacrifice de leur vie et dont Obama a capitalisé l’héritage. Mais on lui reconnaît un charisme dont aucun dirigeant démocrate n’a fait montre depuis Kennedy, la légitimité charismatique reposant, selon Max Weber, sur cette conviction : on le suit, parce que c’est lui (plus que par ce qu’il propose). C’est en vertu de ce fondement que Napoléon disait : « Je commande à l’imagination des hommes, et lorsque cet appui me manquera, je ne serai plus rien ». Et que César pouvait s’adresser dans un sourire au batelier qui tremblait de peur en lui faisant franchir un torrent : « Quid times ? Cesarem vehis ! » (De quoi as-tu peur ? C’est César que tu transportes ». Le rêve fait partie intégrante de la réalité et, depuis le chapitre XVIII du Prince de Machiavel, on sait que le dirigeant surfe sur l’imaginaire des hommes pour accéder au pouvoir et s’y maintenir. L’un des grands mérites de l’avènement de Obama est d’avoir ré-ouvert ce livre qui inventa la science politique. Il faut aller plus loin, et se dire (en faisant sa part à la realpolitik, comme mes collègues et anciens étudiants Alpha Sy et Mamadou Ndiaye) que Obama peut décevoir beaucoup ou même la plupart des espoirs placés en lui, dans son pays et en dehors, surtout en Afrique. J’ai tendance, ne reculant pas devant cette éventualité, à dire : Et après ?
Parce que nul ne peut sauter par-dessus son ombre, on n’imagine pas un seul instant que par un coup de baguette magique, même s’il en avait la volonté, il pourrait changer un système économico-social qui a sa logique interne. Il faut dire et répéter que Obama a été élu par le peuple américain pour accomplir la politique américaine avec tout ce que cela peut comporter aussi de négatif, dont on peut simplement souhaiter qu’il ne l’emporte pas sur le reste. Parmi ceux qui l’ont porté au pouvoir, il y a aussi la fraction clairvoyante capable de lire froidement la réalité des rapports de force aux Etats-Unis et en dehors. Sa force tactique a été d’amalgamer des différences, pas de les annuler totalement. Si lui-même constitue un enjeu, pourquoi penser que les éléments les plus ouverts et les plus progressistes (qui se recrutent dans les classes moyennes et les laissés pour compte) ne peuvent pas consolider la dynamique de victoire ? De telle sorte que le problème se trouve aujourd’hui dans la capacité à s’organiser des forces porteuses de changement. Dans une histoire qui n’est pas écrite d’avance, la société américaine peut être amenée à aller plus loin qu’elle n’a envie ou conscience d’aller. Il y aura des compromis, voire plus ; l’essentiel est qu’il y ait une césure de l’histoire de l’Amérique et du monde, permettant de parler d’un « avant Obama » et d’un « après Obama ». L’historien Lansiné Kaba, qui enseigne aux USA, n’hésite pas à parler d’« une nouvelle conception du leadership politique dans l’imagerie nationale, ainsi que [du] passage à une autre phase de la vie du peuple américain et peut-être de l’histoire de l’expansion de la démocratie ». Il ne faut même pas exclure qu’il y ait là un piège de la ruse de la raison historique tendu aux progressistes du monde, pour redorer le blason terni des USA. Mais la dialectique historique est si riche de situations qui ont produit leurs contraires.
Dans son ouvrage au titre évocateur Utopie et civilisations, Giles Lapouge a écrit, parlant des grandes découvertes au XVIe siècle : « Les bateaux de Christophe Colomb crèvent moins l’espace de la terre que celui des intelligences. L’impensé de la science politique naît avec Christophe Colomb ». C’est cela la valeur d’un paradigme : obliger à un réaménagement du champ du symbolique. Celui-ci porte un nom de baptême, qui est un slogan et pas encore un concept : « Yes, we can ! » (Oui, nous pouvons le faire). Et s’il s’avère un jour que nos espérances ont été trop hautes, du moins, il nous restera, à nous autres Africains ce message : le vouloir conscient des hommes n’est pas sous l’empire de forces qui l’écrasent ou le soumettent impuissant à leur joug. Quand on se demande ce que Obama et l’Amérique feront pour l’Afrique et les opprimés du monde, on peut répondre : le don de ce paradigme, s’ils se l’approprient. C’est-à-dire la résolution de compter d’abord sur ses propres forces avec le refus de la main tendue en permanence, bref la confiance retrouvée pour un continent de 700 millions de personnes ayant sous leurs pieds un tiers des richesses naturelles de la planète. Ce qui passe par un ensemble d’exigences au nombre desquelles la démocratie et la transparence.
La théorie sociale la plus audacieuse qu’on redécouvre ces jours-ci, le marxisme, est à la fois l’affirmation de la toute puissance de l’histoire et aussi l’exaltation de la volonté humaine, ainsi que l’a souligné Malraux. Si le creusement de la vieille taupe débouche sur la révolution qui se produit « avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature », la capacité des hommes à « faire l’histoire » est son exact pendant subjectif. Ce à quoi on a donné le beau nom de « principe espérance » dans cette doctrine permet de comprendre pourquoi tant d’hommes l’ont embrassée, non à partir des schémas abstraits sur la reproduction élargie qui sont dans Le Capital, mais par le biais des formules fulgurantes du Manifeste. Répétons-le : le rêve n’est pas l’antithèse rigide de la réalité ; il n’est souvent que son visage entraperçu mais méconnu dans l’obscurité ou à l’aube, c’est-à-dire avant le lever du soleil. Ceux qui fêtaient il y a quelques jours le cinquantenaire du PAI sont encore parcourus d’un frisson à l’audition de ce passage de l’Internationale : « Le monde va changer de base / Nous ne sommes rien soyons tout ». Ce qui pourrait, après tout, être une autre façon de dire : « Yes, we can ! »
Mamoussé DIAGNE (UCAD)
Docteur d’Etat,
Agrégé de Philosophie

Obama relèvera le défi du climat

Obama relèvera le défi du climat
Par LEXPRESS.fr, publié le 27/11/2008 11:03 - mis à jour le 27/11/2008 11:19
Le 44e président américain a réaffirmé sa volonté de changer radicalement la position des Etats-Unis sur le réchauffement climatique. Il s'engage à faire revenir les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990 d'ici 2020.
Le président élu Barack Obama n'est pas encore aux commandes mais a déjà annoncé un changement radical d'attitude des Etats-Unis face au réchauffement climatique, après huit ans de déni de l'administration Bush.
"Barack Obama a été très clair dans ses récentes déclarations sur le fait qu'après huit ans d'obstruction, de délai et de déni, les Etats-Unis vont rejoindre la communauté mondiale pour combattre ce défi planétaire", a déclaré mardi le sénateur démocrate John Kerry, qui va participer en tant qu'observateur à la 14e conférence sur le climat de l'ONU à Poznan (Pologne), du 1er au 12 décembre.
Points-clés
Cette conférence doit avancer sur quelques points-clé indispensables pour ouvrir la voie à la conclusion du futur accord climatique, attendu dans un an, lors de la conférence de Copenhague, et destiné à étendre les engagements de Kyoto au delà de 2012.
"C'est le moment de faire face à ce défi une fois pour toutes. Attendre n'est plus une option. Le déni n'est plus une réponse acceptable. Les enjeux sont trop importants, les conséquences trop graves", avait lui-même déclaré Barack Obama dans un message vidéo diffusé lors d'une réunion internationale sur le climat organisée par le gouverneur républicain de Californie Arnold Schwarzenegger.
Ce message est aussi destiné aux délégués de la conférence de Poznan où aucun membre de l'équipe de transition de M. Obama ne devrait se rendre.
"Une grande partie du message que j'apporterai avec moi à Poznan sera que l'Amérique est de retour" pour tenter de "trouver le meilleur cadre de négociations pour tous", a souligné le sénateur Kerry, futur président de la commission des affaires étrangères du Sénat américain où il remplacera Joe Biden, élu vice-président.
"Je compte travailler étroitement avec le président Obama pour élaborer de nouvelles bases de négociations et des stratégies américaines afin de parvenir à un consensus", a-t-il ajouté.
Des sénateurs démocrates influents ont aussi annoncé vouloir légiférer sur le réchauffement climatique dès le début 2009, soulignant que l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche le 20 janvier représentait une "révolution" dans la bataille environnementale.
"Cap and trade"
Toutefois, il faudra du temps. Du temps pour que la nouvelle administration mettent au point ses positions et que le prochain Congrès adopte une réduction contraignante des gaz à effet de serre, basée sur un système de plafonnement et d'échange des droits d'émissions, dit "Cap and Trade", a expliqué à l'AFP Elliott Diringer, un responsable du Pew Center for Global Climate Change, un institut de recherche faisant autorité.
M. Obama "a lancé un message très clair" en s'engageant à faire revenir les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis à leur niveau de 1990 d'ici 2020, relève cet expert, ce qui selon lui "ne sera pas facile mais réalisable".
Il s'est aussi prononcé en faveur d'un système de "Cap and Trade".
Toutefois, estime M. Diringer, "il est improbable que le Congrès adopte un tel système avant la conférence de Copenhague en décembre 2009", alors que des résistances sont attendues aux Etats-Unis chez des élus d'Etats industriels, produisant du charbon ou ayant des centrales thermiques au charbon.
La crise économique pourrait aussi retarder l'adoption d'un tel système.
Sans un accord au Congrès sur une loi contraignante pour plafonner les émissions polluantes, "il sera difficile pour les Etats-Unis de négocier des objectifs précis à Copenhague (...) décourageant aussi d'autres pays", juge l'expert du Pew.
Selon lui "il est plus réaliste de miser sur un accord intermédiaire à Copenhague, une sorte d'architecture sur l'après 2012".

Obama se sert de la toile pour rester en prise avec les Américains

AFP: Etats-Unis: Obama se sert de la toile pour rester en prise avec les Américains
WASHINGTON (AFP) — Le président élu des Etats-Unis Barack Obama a lancé cette semaine sa mesure la plus audacieuse pour faire entrer le gouvernement dans l'ère interactive, en ouvrant sur le site de son équipe de transition un débat public sur le système de santé américain.
"Une des choses sur lesquelles je vais devoir travailler, c'est comment rompre l'isolement, la bulle qui existe autour du président", a dit Barack Obama dans un entretien à la chaîne ABC News diffusé mercredi.
"Je suis en train de négocier avec les services secrets, les avocats, le personnel de la Maison Blanche... pour savoir comment je peux recevoir des informations en dehors des 10 ou 12 personnes qui entourent mon bureau à la Maison Blanche", a-t-il indiqué.
"Je pense qu'une des pires choses qui pourrait arriver à un président c'est de perdre le contact avec ce que les gens vivent au jour le jour", a-t-il jugé.
Le site internet de son équipe de transition invite depuis mardi soir les internautes à partager leurs points de vue sur le système de santé américain.
Un nouvel onglet, baptisé "Joignez-vous à la discussion", permet aux internautes de répondre à la question "Qu'est-ce qui vous inquiète le plus concernant le système de santé dans notre pays?"
Le forum a drainé, 24 heures après son lancement, plus de 2.000 commentaires, pour lesquels il est possible de se prononcer pour ou contre en cliquant sur un pouce dirigé vers le haut ou vers le bas.
Le commentaire le plus populaire mercredi était celui d'un internaute favorable à un système de santé qui mette d'avantage l'accent sur la prévention.
L'équipe de transition de Barack Obama indique sur le site qu'en lançant ce débat elle cherche à obtenir "des réactions instantanées" à propos de ses "priorités", ainsi qu'à "créer des communautés autour de ces questions, avec les meilleurs idées et les discussions les plus intéressantes émergeant du lot".
Barack Obama a promis une administration plus ouverte et transparente et cette initiative est la première tentative dans ce sens.
Lors du lancement du site change.gov, le 6 novembre, celui-ci comprenait un appel aux internautes à partager leurs idées mais il n'y avait aucune possibilité d'engager un débat public, ce qui avait été critiqué par certains de ses partisans.
"Ceci est un démarrage formidable dans l'accomplissement de la promesse d'Obama de rendre le gouvernement plus ouvert et participatif", écrit Micah Sifry sur son blog dédié à la politique et à l'internet.
"Quand on pense qu'au cours des huit dernières années, l'occupant de la Maison Blanche a essentiellement dit au public +on vous demande votre avis une fois tous les quatre ans et après ça je suis celui qui décide+, ceci est grandiose", écrit-il encore.
Le président élu, qui a remporté l'élection présidentielle le 4 novembre et prendra ses fonctions le 20 janvier, a posté sur le site de partage de vidéos YouTube ses deux premières allocutions radiodiffusées hebdomadaires, regardées respectivement par un million et un demi million de personnes.
Mais il était impossible de laisser un commentaire, ce qui a soulevé un flot de critiques. Mercredi, la fonction a été restaurée et les internautes ont pu assouvir leur soif de commentaires.

Enfant, Barack Obama voulait être architecte

AFP: Enfant, Barack Obama voulait être architecte
WASHINGTON (AFP) — Quand il était enfant, le président élu des Etats-Unis Barack Obama, rêvait de plusieurs choses, notamment devenir architecte, mais pas de prendre possession un jour de la Maison Blanche, selon un entretien diffusé mercredi soir par la chaîne de télévision ABC.

Petit garçon, "j'avais en tête plusieurs projets (...) j'aurais aimé être architecte, j'appréciais l'idée de construire des choses", a déclaré M. Obama, ajoutant qu'il aurait aussi aimé être joueur de basket, "mais je me suis aperçu que je n'étais pas assez bon pour devenir un joueur professionnel".

Par ailleurs, M. Obama a déclaré être trop occupé pour penser à sa propre sécurité, malgré la multiplication de menaces racistes depuis son élection le 4 novembre dernier.
"Je ne pense pas à cela. En partie parce que j'ai une fantastique équipe d'hommes des services secrets qui me suivent partout et aussi parce que j'ai une profonde foi religieuse et la foi dans les gens qui m'ont soutenu jusqu'à présent", a-t-il dit à ABC.

Obama: le talent show continue - Americana - Blog LeMonde.fr

Obama: le talent show continue - Americana - Blog LeMonde.fr
Barack Obama a tenu sa troisième conférence de presse en trois jours ce mercredi, pour présenter le président du Conseil qu’il vient de créer: le President’s Economic Recovery Advisory Board, un panel d’experts indépendants venus du monde des affaires, des syndicats, de l’université, pour le conseiller sur le redressement économique.
Il a choisi Paul Volcker, l’ancien patron de la Federal Reserve sous Jimmy Carter et Ronald Reagan, pour présider ce groupe. En octobre, il affirmait que la reconstruction du système financier ne serait pas simple mais est possible; il ajoutait que les effets de la récession “inévitable” pourraient être “modérés”.
Il n’y a toujours que “un président à la fois”, comme l’avait dit le président-élu, mais Barack Obama use déjà du pouvoir de l’effet d’annonce pour rassurer les Américains et promettre implicitement qu’il y aura un président prêt à agir, armé d’un plan économique détaillé, dès le premier jour de son entrée en fonction. Cela justifie amplement sa décision de s’appuyer sur des gens d’expérience, explique-t-il à ceux qui se lamentent de l’absence de “nouvelles têtes”, d’autant qu’il promet que cette expérience n’empêchera pas de penser de façon novatrice.

Raul Castro invite Barack Obama à une rencontre en "terrain neutre" - Amériques - Le Monde.fr

Raul Castro invite Barack Obama à une rencontre en "terrain neutre" - Amériques - Le Monde.fr

Obama promet un "nouveau départ" dès sa prise de fonction - La présidentielle américaine 2008 - NouvelObs.com

Obama promet un "nouveau départ" dès sa prise de fonction - NouvelObs.com

Obama invite Amadou et Mariam à son investiture

Le Figaro - Actualités : Obama invite Amadou et Mariam à son investiture
Obama invite Amadou et Mariam à son investiture
28/11/2008 Mise à jour : 07:31
Amadou et Mariam se produiront lors de la cérémonie d'investiture du nouveau président américain, le 20 janvier, à Washington. Le duo de chanteurs Amadou et Mariam, couple malien produit par le label français Because Music, a été invité à se produire lors de la cérémonie d'investiture du nouveau président américain, le 20 janvier, à Washington. Une consécration pour ce couple francophone dont le plus grand succès, Dimanche à Bamako, lui a valu une reconnaissance à l'étranger encore renforcée par l'accueil formidable réservé à sa nouvelle production dans les pays anglo-saxons. Les poids lourds de la musique américaine Beyoncé et Jay-Z ont d'ores et déjà confirmé leur présence à l'événement, auquel la pop star britannique Leona Lewis a également été conviée

Dans Newsweek : "Ce que Michelle va apporter" - La présidentielle américaine 2008 - NouvelObs.com

Dans Newsweek : "Ce que Michelle va apporter" 2008 - NouvelObs.com
27.11.2008 16:26
Nous n’avons jamais eu une Première dame comme Michelle Obama. Comment va-t-elle changer l’image des femmes afro-américaines dans le monde, et la manière dont nous nous voyons ?Lors d’un brunch dominical après la messe, mes "amies blacks" et moi-même étions sur la terrasse d’un restaurant de Los Angeles en train de papoter à propos de l’élection de Barack Obama. Évidemment, nous étions emballées par le caractère historique de ce moment. La plupart d’entre nous n’auraient jamais cru voir un président afro-américain. Mais, comme n’importe quel autre groupe de femmes noires âgées de 30 à 40 ans, nous étions tout aussi excitées par celles qui allaient accompagner Obama à la Maison Blanche, sa femme, Michelle, et leurs jeunes filles. Nous avons toutes loué – bon, peut-être même envié – le CV de Michelle et son parcours dans les grandes écoles, son style, et son attitude calme et amicale. Et pourtant, nous sommes toutes conscientes que nous dépendons énormément d’elle. À 44 ans, Michelle Obama sera la plus jeune Première dame depuis Jacqueline Kennedy. Et de nombreuses personnes s’attendent à ce qu’elle fasse son entrée à Washington dans une époque tout aussi glamour (que certains appellent déjà l’ère "Bamelot"). Mais l’influence de Michelle pourrait aller bien au-delà du superficiel. Quand son mari lèvera la main pour prêter serment, Michelle deviendra la femme afro-américaine la plus visible au monde. La nouvelle Première dame aura la chance de renverser de vilains stéréotypes sur les femmes noires, et aura l’occasion d’éduquer le monde sur la culture afro-américaine en général. Mais plus important encore, hormis ce que son mari pourra faire, Michelle aura le pouvoir de changer la façon dont les Afro-américains se voient, comment ils voient leurs vies et leurs possibilités.C’est une occasion incroyable, et aussi une énorme responsabilité. "Je pense qu’elle sera toujours classe, parce qu’elle sait qu’elle ne représente pas qu’elle-même," dit mon amie Gertrude Justin, 40 ans, infirmière à Houston. "Elle sait qu’elle doit combattre les stéréotypes sur les noirs qui prévalent depuis des décennies et que tous ses gestes seront observés. Je suis certaine qu’elle s’est sentie tout aussi insultée par le manque de véritable image des femmes afro-américaines que n’importe quelle autre femme noire." Michelle sera un rappel quotidien que nous ne sommes pas toutes exaltées, droguées avec l'écume aux lèvres, ou toujours prêtes à faire un bon mot ou à rouler les yeux.Tout comme de nombreuses femmes afro-américaines que je connais, Michelle a beaucoup d’expérience dans l’art délicat qui consiste à avancer dans le monde blanc dominant. Pendant toutes ces années passées dans les salles des conseils d’administration et à évoluer dans un excellent cabinet d’avocats, sans parler des clubs sélects de Princeton et de Harvard, elle a dû apprendre à se mêler. Maintenant, elle va devoir aller encore plus loin et convaincre deux forces très différentes, les Afro-américains et tous les autres, qu’ils peuvent lui faire confiance en tant que Première dame. Et elle devra le faire, tout en restant fidèle à elle-même.Michelle a déjà montré qu’elle comprenait combien elle devait paraître universelle. Dès les primaires, après avoir été étiquetée trop effrontée et trop bruyante, elle a fait preuve de retenue et de discipline. Elle a cessé de faire des blagues inoffensives sur l’haleine matinale d’Obama ou d’autres écarts d’hygiène. Sa remarque sur le fait qu’elle était "fière de son pays" pour la première fois fut un autre rare faux-pas. Mais elle a vite appris à jouer l’épouse remplie d’adoration, qui ne prête pas à la controverse, en parlant de son mari dans des émissions comme "The View".Elle a montré qu’elle pouvait également calibrer ses commentaires pour un public à prédominance noire, s’ouvrant un peu plus sur ce que signifierait pour eux l’élection d’Obama, et sur ce qu’elle signifierait aussi pour elle en faisant référence à "la petite fille noire des quartiers sud de Chicago" qu’elle était. Néanmoins, quand The New Yorker a publié une caricature du couple Obama en juillet dernier en train de se faire "un poing terroriste menaçant" (se taper les poings à la manière des rappeurs) dans le Bureau Ovale, l’image a blessé. C’est Michelle qui fut présentée comme la dominatrice, la femme noire en colère. Elle a ensuite adouci son image, s’est mise à porter des perles et à rassurer les Américains qui portent des cardigans BCBG.Est-ce que cet aspect plus doux l’emportera maintenant qu’elle se dirige vers l’aile Est de la Maison Blanche ? Quand j’ai rencontré Michelle plus tôt cette année, pour un entretien à Atlanta, je fus surprise par sa chaleur et sa volonté de discuter de tout et de n’importe quoi, les créateurs qu’elle aimerait porter, les goûts de ses filles en matière de mode, et de chien. (À l’occasion d’un coup de fil à la suite de cet entretien, elle m’a accueillie avec un "Salut, mon amie", comme si elle était une copine perdue de vue depuis longtemps.) Il n’y a jamais eu d’attitude feinte, ni d’anticipation sur ce qu’elle pourrait dire ou faire après que la campagne est devenue un combat de boue.Personnellement, j’espère qu’elle montrera davantage de cette personnalité vraie et colorée. Et certains signes laissent entendre que c’est ce qu’elle fera. La robe audacieuse rouge et noir qu’elle portait le soir de l’élection, une création de Narciso Rodriguez, n’était pas un choix prudent. Elle n’était pas tout à fait flatteuse, mais elle montrait que Michelle cherche son style. D’autres indices sont apparus lors de sa performance réussie, et modeste, à l’émission "60 Minutes." Chic et relax, et sincèrement affectueuse envers son mari, elle s’est moquée du goût du président élu pour la vaisselle et lui a dit qu’elle ne l’accompagnerait pas pour une ballade un jour de grand froid à Chicago.Cette chaleur qui se dégage du couple Obama est un autre sujet dont mes amies et moi avons discuté longuement au cours de notre brunch. Près de 50% des femmes afro-américaines sont célibataires. Et, hormis le "Cosby Show", il y a terriblement peu d’exemples publics de mariages noirs solides et stables. Que peut faire ce charmant Premier couple pour l’avenir de la famille noire, nous sommes-nous demandé ? "Je veux que mon fils voie ce que deux personnes peuvent faire quand elles travaillent ensemble et se respectent," a dit Janese Sinclair, une assistante de direction de 34 ans, mère célibataire d’un garçon de 12 ans. "Son père et moi avons divorcé quand il avait deux ans, donc il n’a jamais eu l’occasion de voir comment marche une relation. La plupart de ses amis ont aussi des mères célibataires, donc les Obama vont nous apprendre que l’amour et le bonheur ne sont pas seulement pour les autres, mais que nous aussi nous y avons droit. C’est facile de l’oublier quand on regarde la télé ou les films au cinéma."Faire de ses filles, Malia et Sasha, sa priorité vient visiblement du fond du cœur, mais cela pourrait également aider Michelle à élargir son attrait. En tirant des leçons des Carter et des Clinton - Amy avait 9 ans et Chelsea 12 ans quand leur père est entré en fonction -, Michelle crée un cordon de protection autour de ses filles. Quel parent ne s’identifie pas à une mère qui veut protéger de jeunes enfants du regard agressif des projecteurs nationaux ?Mais la déclaration de Michelle disant qu’elle comptait être "Maman en Chef" a déjà déclenché une explosion mineure dans la guerre en cours entre les mamans blanches qui restent à la maison et celles qui travaillent. (Mais, n’est-il pas vrai que toutes les mamans donnent la priorité à leurs enfants, même celles qui travaillent ? Est-ce qu’une femme si douée se contentera d’être Maman en Chef ?). Néanmoins, la plupart des femmes afro-américaines que je connais sont ravies qu’elle soit dans une situation qui lui permet de faire ce choix. La famille afro-américaine moyenne ne peut pas survivre sans deux salaires, le niveau de pauvreté parmi les familles noires plane au-dessus de 30%, selon les chiffres de 2006 publié par US Census. Et pour les mères célibataires, cela peut signifier avoir deux boulots, ce qui laisse peu de temps à consacrer à l’enfant. Michelle a déjà survécu à l’acte de la mère active qui jongle entre ses enfants et son boulot, en obtenant son diplôme de droit et en travaillant, avant de tout quitter pour s’engager dans la campagne d’Obama.J’espère que le rôle de "Maman en Chef" laissera beaucoup de temps à Michelle pour s’occuper de sujets substantiels et costaux, même si elle ne réclame pas à cor et à cri un poste dans l’aile Ouest de la Maison Blanche. C’est un jeu d’équilibrisme délicat pour une Première dame, et je pense à Hillary Clinton et à la réforme du système de santé. La plupart des épouses suivent le chemin de Laura Bush et choisissent des sujets qui ne provoquent pas de controverses comme l’alphabétisation. Jusqu’à présent, Michelle a répertorié des causes populaires comme les familles de militaires, et les luttes auxquelles sont confrontés les parents qui travaillent, et ce sont des sujets sur lesquels il est difficile de trouver à redire. Mais elle devra se préoccuper d’une autre dimension : si elle se concentre sur la communauté noire, en aidant les écoles des zones urbaines, par exemple, est-ce que cela sera considéré comme un repli sur soi ? Et, alors que toute Première dame, et de nombreuses femmes actives, oscillent entre deux attitudes qui consistent à être sûre d’elle et à paraître comme une garce, les femmes afro-américaines sont particulièrement prudentes et font attention à ce que le fait d’être appelées "fortes" ne soit pas simplement une autre façon de dire qu’elles sont "en colère."Les apparences pourraient être un autre champ miné pour Michelle. Les Premières dames sont toujours minutieusement examinées (sinon, comment Hillary se serait-elle retrouvée dans ces tailleurs pantalons noirs ?). Alors que Michelle a montré qu’elle préférait les cheveux raides et les robes qui montrent ses formes, son style est encore en train d’évoluer et il est très varié. Elle est passée des tenues en prêt-à-porter à 148 dollars à du Dolce & Gabbana. Quand elle est arrivée pour sa première visite de la Maison Blanche en robe rouge, elle a indiqué qu’elle était prête à être audacieuse. Mais est-elle qu’elle reculera si les critiques l’attaquent les jours où elle est mal coiffée ou si elle parle trop intimement de ses formes ?Elle a un avantage par rapport à beaucoup de ses prédécesseurs, elle est grande, mince et a un corps d’athlète. Cela pourrait avoir de grandes conséquences qui dépassent les pages de mode. En tant qu’adepte de la salle de sport, qui s’entraîne tous les matins, Michelle pourrait encourager les femmes de couleur à prendre mieux soin d’elles-mêmes. Les femmes afro-américaines connaissent des taux alarmants de tension élevés et d’obésité. Comme tout le monde, nous avons énormément de raisons pour justifier notre sédentarité, dont la crainte d’être décoiffées. "Quand je la regarde, je me dis : ‘j’ai deux enfants, elle a deux enfants’," me dit mon amie Tamara Rhodes, 37 ans, fonctionnaire à Long Beach en Californie. "Si elle arrive à trouver le temps dans la journée pour faire ce qu’il faut pour paraître jolie, pourquoi pas moi ? Elle a l’air jolie, et d’une certaine manière, je me vois bien avoir l’air plus mince, et être en meilleure forme."Alors que mes amies du brunch et moi continuions de discuter de Michelle, notre conversation a abordé un sujet dont nous discutons rarement, même avec nos familles et nos plus proches confidentes. Michelle n’est pas seulement afro-américaine, elle est marron. Vraiment marron. Dans une époque où la beauté est souvent définie par la télévision, les magazines ou les films, et où les femmes ont souvent la peau claire ou blanche, les cheveux raides et longs, Michelle ne ressemble en rien aux supers mannequins qui défilent sur les podiums ni aux actrices au teint de porcelaine qui vendent des cosmétiques. Or, maintenant, elle fera la couverture du Vogue du mois de mars, l’ultime affirmation de la beauté.Qui et qu’est-ce qui est beau, a été une source de douleur, de colère et de frustration pour la communauté afro-américaine. Dans de trop nombreux cas, la beauté pour les femmes noires (et même pour les hommes noirs) signifiait avoir peau claire et "les bons cheveux." Avec les années, les icônes afro-américaines comme Lena Horne, Dorothy Dandridge, Halle Berry et Beyoncé, tout en étant belles et talentueuses, ne représentaient pas vraiment la diversité des teints et des traits de la plupart des femmes noires dans ce pays.Cette portée limitée a un effet profond sur l’estime de soi de nombreuses femmes afro-américaines, dont je fais partie. "Quand je vois Michelle Obama sur la couverture des magazines, et sur les émissions de télévision, je me dis ‘Waouh, regarde-là avec sa peau marron’", dit Charisse Hollands, une postière de 30 ans qui vit à Inglewood en Californie, et dont la peau est noir d’ébène et sans défaut. "Et je ne veux pas manquer de respect envers mes 'sœurs' qui ne sont pas marron foncé, mais, vraiment, ça fait du bien de voir une femme marron foncé recevoir tant d’attention et se faire appeler 'belle' par le monde entier. Cela n’arrive tout simplement pas souvent, et nos petites filles ont besoin de voir cela, ma fille a besoin de voir ça."En Afrique, les crèmes d’éclaircissement de la peau font fureur malgré tous les produits chimiques et l’hydroquinone qu’elle contiennent, et il a été prouvé qu’elles pouvaient causer de gros dégâts. Allez dans n’importe quel magasin de beauté dans un quartier aux États-Unis et vous trouverez des rayons entiers destinés à ces produits. "C’est une vérité qui nous accompagne depuis longtemps," dit l’humoriste Whoopi Goldberg, qui est devenue célèbre grâce à un spectacle où elle racontait qu’elle rêvait d’avoir les cheveux longs raides et blonds et les yeux bleus. "En société et dans la communauté noire, plus vous êtes claires de peau et plus vous avez l’air européenne. Beaucoup d’entre nous veulent nier cela ou dire que les choses ont changé, mais c’est faux. Plus vous êtes foncées, moins vous correspondez à l’idéal. C’est simple. Et cela n’est pas facile à vivre ni à accepter."Si vous êtes actrice, cela peut vous empêcher de figurer dans un clip de hip-hop ou de décrocher le meilleur rôle dans un film. Mais cela peut affecter les filles et femmes normales aussi. Dans un épisode récent de l’émission "Tom Joyner Morning Show," le présentateur a demandé si la femme et son look avaient influencé leur vote envers le nouveau président. La réponse fut un écrasant oui, suivie de commentaires comme ‘C’est une des nôtres’ ou ‘J’adore le fait qu’elle ressemble à la femme d’à côté ou comme ma cousine ou ma nièce.’Michelle a accompli beaucoup de choses avant même d’avoir emménagé à la Maison Blanche. Imaginez ce qu’elle pourrait faire si elle décide de s’attaquer à des problèmes substantiels, ne serait-ce qu’un seul, comme aider la communauté locale de Washington D.C. C’est le genre d’influence qui pourrait toucher bien au-delà du cercle de mes amies assises autour d’un brunch.Par Allison Samuels Traduction de l'américain par Nadia Bensmail > Lire la version américaine de l'article

mercredi 26 novembre 2008

Obama s'attache les services de l'ancien président de la Fed Paul Volcker - Amériques - Le Monde.fr

Obama s'attache les services de l'ancien président de la Fed Paul Volcker - Amériques - Le Monde.fr

Obama veut un électrochoc pour l'économie

Le Figaro - USA 2008 : Obama veut un électrochoc pour l'économie

Le pragmatisme d'Obama face à la crise

ouest-france.fr - Le pragmatisme d'Obama face à la crise

Barack Obama promet de tailler dans les dépenses inutiles - L'Express

Barack Obama promet de tailler dans les dépenses inutiles - L'Express

La nouvelle vie de Barack Obama

La nouvelle vie de Barack Obama
Par Gédéon Richard, publié le 25/11/2008 14:28 - mis à jour le 25/11/2008 18:38

Le président élu américain vit reclus depuis son élection le 4 novembre. Caché par les services secrets pour sa sécurité, il doit désormais revoir ses habitudes. LEXPRESS.fr fait le point sur ce qui va changer dans la nouvelle vie d'Obama.
Le 18 novembre, Barack Obama confiait à CBS qu'en raison des mesures de sécurité exigées par son nouveau statut, il devait maintenant donner rendez-vous à son coiffeur dans des endroits secrets. Un exemple parmi d'autres de la nouvelle vie du président américain élu.
Cinq jours auparavant, sa venue dans son salon de coiffure habituel a tourné à l'émeute. Reconnu à travers la vitrine de l'échoppe par les passants, il a vu fondre sur lui une foule compacte de supporters. Les agents spéciaux qui l'entouraient ont dû l'évacuer en urgence.
Une maison transformée en sanctuaire
Même si Barack Obama s'est habitué à ses anges gardiens - "désormais j'oublie tout danger" reprenait ainsi, avant son élection, le 29 octobre, Le Parisien- ces derniers sont plus méticuleux que jamais.
Le risque d'un attentat est d'autant plus important aux Etats-Unis, où 200 millions d'armes circulent librement (cf encadré). Mark Sullivan, le directeur des services secrets américains (USSS), n'oublie pas que qu'Obama a reçu plus de 500 menaces de morts depuis le 3 mai 2007, date du lancement de l'opération Renegade (nom de code du dispositif de protection qui l'entoure).
Le risque d'un attentat est d'autant plus important aux Etats-Unis, où 200 millions d'armes circulent librement (cf encadré).
Depuis l'élection d'Obama les mesures de sécurité ont été renforcées: sa maison d'Hyde Park, à Chicago, a été transformée en forteresse sécurisée. Munis de fusils M4A03, les tireurs d'élites surveillent tous les passants dans un rayon d'un kilomètre 24 heures sur 24 et les barrières jusqu'alors posées devant sa maison restreignent maintenant l'accès au quartier entier.
Des hommes en noir omniprésents
La garde personnelle du 44ème président des Etats-Unis est bien plus importante que durant la campagne présidentielle. Le chef du Spiaggia, le restaurant italien préféré de Michelle et Barack Obama, se souvient de "l'avant-4 novembre": "Avant ils venaient uniquement tous les deux". Aujourd'hui, "c'est juste eux deux... et 30 agents", a raconté au New York Times le propriétaire de ce restaurant quatre étoiles.
Même dispositif lorsque le couple emmène ses deux filles à l'école, l'une de leurs rares sorties dans des lieux publics, alors que celles-ci sont quasiment proscrites. Quand Obama veut faire de l'exercice à Chicago, il va directement au gymnase de l'appartement de son ami Mike Signator, sans sortir dans la rue, par exemple. "Des choses qui vont de soi, comme aller voir un film ou faire du shopping ne seront plus jamais les mêmes" constate Alexi Giannoulias, un de ses amis, trésorier de l'Etat de l'Illinois, dans les pages du quotidien new yorkais.
Petite consolation: Barack Obama a le droit d'inviter les agents qu'il apprécie pour regarder des matches de sport devant la télévision et jouer au basket avec eux.
Une légion en couverture à chaque déplacement
S'il ne voyage pas encore dans Air Force One, le président élu circule déjà à bord d'une voiture blindée. Il est escorté par un cortège de 4x4 aux vitres fumées, bourrées d'électroniques et d'armements. Devant lui, des motos des forces de l'ordre, toutes sirènes hurlantes, interrompent la circulation à toutes les intersections. Barack Obama bénéficie aussi souvent d'une couverture aérienne, assurée par un hélicoptère.
Une fois le pied à terre, sa protection est encore renforcée par le soutien de policiers fédéraux et des unités anti-terroristes des SWAT, des unités anti-bombes et des chiens policiers. On comprend aisément qu'il n'ait cessé de répéter qu'il bénéfice de "la meilleure protection du monde".
Moins de risque d'attentat, une fois investi
La surveillance sera moins visible une fois qu'il sera entré à la Maison-Blanche, le 20 janvier prochain, étant donné le relatif isolement du président en place: son périmètre est délimité par une grille d'enceinte, l'accès y est restreint et contrôlé, le risque d'attaques physiques est donc moindre.
Les déplacements seront également moins risqués que pendant la campagne. Ils seront planifiés longtemps à l'avance par l'agenda fixé par son secrétaire général Rahm Emanuel. Le Secret Service aura donc tout son temps pour préparer le terrain. "Chaque déplacement d'un président (...) exige une reconnaissance préalable des aéroports, des patrouilles sur les itinéraires empruntés et une surveillance étroite", explique le colonel Jean-Louis Dufour, conseiller militaire du quotidien marocain l'Economiste.
Les présidents assassinés
Abraham Lincoln (1809-1865), qui a aboli l'esclavage, a été assassiné par un extrémiste pro-confédéré.
James Abram Garfield (1831-1881) a été victime d'un diplomate revanchard.
William McKinley (1843-1901) a été tué au début de son second mandat.
John Fitzgerald Kennedy (1917-1963): son assassinat est l'une des grande controverse du XXème siècle.
"D'autant que le Secret service à d'une certaine façon autorité sur le président. Sa protection rapprochée a presque tous les droits. Le président américain ne peut pas balayer les règles de sécurité, alors qu'en France si le président de République a envie de bouger il le fait", poursuit Jo Querry, l'ancien patron du Service de protection des Hautes personnalités, interrogé par France Info.
Obama interdit de Blackberry et d'e-mails
Une règle de sécurité va d'ailleurs être un véritable sacrifice pour Barack Obama: le Presidential Records Act, qui interdit au président en exercice d'établir des communications non-sécurisées et stipule que toute correspondance doit passer par un registre officiel. Obama, qui ne quitte jamais son Blackberry, grâce auquel il envoie quantité de courriers électroniques, va devoir apprendre à s'en passer, révèle le New York Times.
Un manque de fiabilité des outils informatiques a déjà constaté lors de la campagne, quand la messagerie de Sarah Palin a été piraté, se souvient Le Figaro. "On peut installer des pare-feux et des protections sur les messageries, mais ils peuvent toujours être 'craqués' (...) Les risques d'interception d'informations sont trop grands", souligne Diana Owen, qui dirige les programmes d'études à l'université de Georgetown. "La nature du travail du président est telle que d'autres personnes peuvent envoyer des e-mails à sa place (...) C'est un homme pressé qui doit apprendre à dire 'Je n'ai pas d'e-mail'".
En clair, Barack Obama pourra recevoir des courriers électroniques, mais devra répondre de vive voix via la ligne téléphonique sécurisée de la Maison-Blanche. A propos de téléphone, Obama qui a dû en changer il y a un an tout juste va devoir recommencer, comme les services secrets le lui ont demandé.

Sympathiques compensations
En compensation de toutes ces contraintes sécuritaires, Obama recevra dès sa nomination un chien de compagnie, vieille tradition américaine. Claudia Galvez, présidente de l'association des amis des chiens sans poils en a déjà proposé un aux Obama, apprenant que Malia, l'une des filles du président élu, était allergique aux poils. Machu Picchu remplacera-t-il Barney, le chien des Bush, et gambadera-t-il bientôt sur les pelouses de la Maison-Blanche?
Barack Obama recevra aussi une "belle" voiture de fonction: General Motors lui prépare ainsi une Limousine Cadillac ultrablindée et ultrasécurisée (en photo ci-dessous). Seul hic: elle risque de ne pas être prête le 20 janvier révèle Le Figaro.

Ainsi parla Obama

Ainsi parla Obama: Richard Hétu
Tout en présentant les membres de son équipe économique, Barack Obama a aujourd’hui brossé un sombre portrait de la «crise historique» dont il héritera après son assermentation comme 44e président des États-Unis. Je cite une de ses déclarations :
«Nous n’avons pas une minute à perdre. Aujourd’hui, notre économie est piégée dans un cercle vicieux. Nos marchés financiers sont sous tension, les achats de logements neufs en octobre étaient au plus bas depuis un demi-siècle, récemment, plus d’un demi-millions de nouvelles demandes ont été enregistrées de la part de chômeurs.»

«Si nous n’agissons pas rapidement et avec audace, la plupart des experts pensent que nous pouvons perdre des millions d’emplois l’année prochaine.»
Obama n’a pas voulu se prononcer sur le coût du plan de relance économique qu’il a promis de mettre en oeuvre après son arrivée à la Maison-Blanche. Son objectif est de créer ou sauver 2,5 millions d’emplois au cours des deux premières années de son mandat. Selon la presse américaine, la facture de ce programme pourrait aller de 500 milliards à 1 000 miliards.

Obama, un rat de bibliothèque qui fait lire ses compatriotes

AFP: Obama, un rat de bibliothèque qui fait lire ses compatriotes
WASHINGTON (AFP) — Sur lui, par lui ou en rapport avec lui: les livres liés de près ou de loin à Barack Obama s'arrachent aux Etats-Unis depuis sa victoire à la présidentielle, pour le plus grand plaisir du monde de l'édition qui se félicite d'avoir enfin un grand lecteur à la Maison Blanche.
Les trois livres signés d'Obama lui-même occupent les trois premières places du classement du New York Times dans la catégorie essais. Du côté des livres pour enfants, un livre illustré sur le premier président noir des Etats-Unis domine aussi le palmarès.
L'obamania profite par ricochet à deux anciens présidents: Abraham Lincoln (1861-65) et Franklin D. Roosevelt (1933-45). Les ouvrages consacrés à ces deux géants de l'histoire américaine sont devenus introuvables depuis que Barack Obama a confié à la télévision qu'il se plongeait dans l'histoire de ses deux prédécesseurs, arrivés au pouvoir comme lui en temps de crise.
Le livre d'histoire le plus vendu par la librairie en ligne Amazon.com est "Team of Rivals" ("Une équipe de rivaux"), un ouvrage de Doris Kearns Goodwin consacré à l'administration Lincoln. En huitième position, "The Defining Moment" ("Le moment crucial"), consacré aux 100 premiers jours de la présidence Roosevelt, gagne du terrain.
"Cela fait partie d'un intérêt général pour Obama: essayer de pénétrer son esprit pour comprendre comment il voit le monde", observe l'historien Julian Zelizer, de l'Université de Princeton, selon qui les Américains semblent fascinés par l'arrivée d'un intellectuel à la Maison Blanche.
Son prédécesseur, George W. Bush, n'a guère brillé par ses lectures, sauf peut-être celle du "Petit chevreau", un livre pour enfants qu'il avait en mains le 11 septembre 2001 dans une salle de classe lorsqu'on lui a annoncé que deux avions avaient percuté les tours jumelles de New York.
"C'est intéressant d'avoir à nouveau quelqu'un qui lit à la Maison Blanche. On n'avait pas vu ça depuis huit ans", se félicite Mark Laframboise, directeur des achats de la librairie Politics and Prose à Washington. "Si Obama évoque un livre à la télévision, les éditeurs doivent réagir dans l'urgence".
L'éditeur Simon and Schuster a dû ainsi réimprimer plusieurs fois le "Team of Rivals" ainsi que "Michelle", une biographie de la future Première Dame, écrite par Liza Mundy.
Pour Obama lui-même, la soif de lire s'est déjà traduite par des revenus de 4 millions de dollars, d'après ce qu'il a déclaré l'an dernier au Sénat, pour son autobiographie "Les rêves de mon père" et "L'audace d'espérer", son plaidoyer pour transformer la politique américaine.
Les recettes devraient encore gonfler cette année avec la mise en vente d'un recueil de discours, "Change We Can Believe In" ("Un changement crédible"), dont le titre reprend l'un des slogans de campagne du candidat démocrate.
Malheur aux vaincus: les livres sur son rival républicain John McCain ne trouvent plus preneur. "On ne peut même plus rien vendre sur la guerre en Irak", témoigne M. Laframboise.

Barack Obama: effet de style à la Maison Blanche - Gala

Barack Obama: effet de style à la Maison Blanche - Gala
Le futur président des Etats-Unis a une allure inimitable. Décryptage
Le changement? Il suffisait de voir Barack Obama esquisser un pas de danse sur le plateau de la star Oprah Winfrey, au printemps dernier, pour imaginer une nouvelle ère américaine et la révolution du style présidentiel.
De notre correspondant aux Etats-Unis, Pierre Bowls
Barack Obama, élu à 47 ans premier président noir de l’histoire des Etats-Unis, entend restaurer l’influence de la super puissance en cultivant l’attrait et la séduction de son pays, en butte au désamour mondial depuis la guerre d’Irak. Et l’allure inimitable du nouveau chef d’Etat marque déjà les consciences: son pas souple de basketteur, sa décontraction sereine héritée des plages hawaiiennes de son enfance, cette élégance urbaine et virile issue de Chicago comptent autant que ses splendides discours dans le délire des foules de ses meetings, et dans la fascination planétaire qu’il suscite. Son look fluide et félin se rie des gros sabots-santiags et des costumes de tâcheron endimanché de George Bush, mais il requiert peu d’artifices.
«Il obtient ce style sans effort particulier, sans recherche, confiait à l’AFP le rédacteur en chef adjoint du magazine masculin GQ. Le seul autre président américain que vous pouvez imaginer sur une couverture de magazine est Bill Clinton. Son élégance n’a rien de spécial. Elle est simplement là.»
Obama s’est rarement épanché sur ses goûts vestimentaires, se contentant de critiquer paternellement, lors d’un passage sur MTV, le look délinquant et les caleçons qui émergent des «baggy jeans» des ados américains. S’il affectionne le style «casual» américain, casquette, jeans et coupe-vent, ses tenues de campagne sont nécessairement classiques. Il s’habille parfois chez Barney’s, l’incontournable fournisseur des businessmen, mais achète le plus souvent des costumes Hart Schaffner Marx, du designer et fabriquant Hartmarx, une institution du prêt à porter masculin de Chicago, établie depuis 121 ans, dont il apprécie beaucoup la gamme « Gold Trumpeter », vendue 1500 dollars.
Comme sa femme Michelle, l’idole se contente fort bien de vêtements en prêt-à-porter, quitte à les égayer d’une touche personnelle, comme sa cravate, nouée de manière sobre et décontractée qui contraste tant avec les nœuds « Windsor » empesés des ses collègues, en particulier Républicains, du Sénat. Sa silhouette longiligne et sportive offre un tombé princier à des vestes simplement coupées, mais ses admirateurs du monde de la mode voient dans son apparence un gisement inexploité : «Il a belle allure et je ne dirais pas qu’il est mal habillé, mais ses costumes ne lui vont pas si bien, regrette le célèbre designer Tom Ford, particulièrement critique de l’ampleur parfois exagérée de l’étoffe sous ses bras. Il gagnerait à une coupe plus nette».
Obama a pourtant opté pour le « sur mesure » pendant sa campagne. Avant son mémorable discours d’investiture, en clôture de la Convention démocrate de Denver devant les 80 000 spectateurs du stade Invesco et toutes les télévisions d’Amérique, Hartmarx a envoyé chez lui, à Chicago, deux tailleurs pour prendre ses mesures. Le costume bleu marine, une version luxueuse de son modèle favori, veste à deux boutons, 97% mérinos et 3% cachemire, était prêt quatre jours plus tard. Pour un triomphe du bon goût.
Un détail: le designer de ses costumes, qui habille beaucoup d’élus de l’Illinois, est l’un des rares à produire encore ses séries aux Etats-Unis, avec du personnel syndiqué. Obama entendait faire passer ce message. Depuis ce grand moment de Denver, et plus encore depuis la victoire du 4 novembre, le fabriquant, longtemps menacé par la faillite, croule sous les commandes, et prépare maintenant le lancement d’un modèle « West Wing » inspiré par l’entrée de son meilleur client à la Maison Blanche. L’élégance est aujourd’hui au pouvoir.

France: Après l'espoir Obama, les minorités se heurtent à la réalité

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Barack Obama, Alea jacta est

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mardi 25 novembre 2008

Obama annonce de nouvelles nominations - Monde - Challenges.fr

Obama annonce de nouvelles nominations - Monde - Challenges.fr

La vrai gourou d'Obama en politique étrangère : Affaires étrangères

La vrai gourou d'Obama en politique étrangère : Affaires étrangères
L'homme est un général d'aviation à la retraite, il a 83 ans et s'appelle Brent Scowcroft.
Il a été le conseiller pour les affaires de sécurité de George Bush père. Aujourd'hui, il est l'un des spécialistes de politique étrangère les plus célébrés aux Etats-Unis. Et, selon le "Wall Street Journal", il est le gourou d'Obama en matière de géopolitique. Les deux hommes déjeunent régulièrement ensemble. Ils ont tous deux exprimé des vues identiques très hétérodoxes.
Tous deux étaient très tôt opposés à la guerre en Irak (Scowcroft l'a même écrit dans une tribune qui a secoué Washington à l'été 2002). Tous deux sont dits favorables à un retrait rapide du même Irak.
Du coup, des protégés de Scowcroft font partie de l'équipe Obama (en particulier l'actuel secrétaire à la défense, Bob Gates, qui devrait garder son poste.) Est-ce à dire que le 44ème président fera la même politique que le 41ème - ou du moins qu'il sera, comme lui, un "réaliste" en la matière? Tout porte à le croire. Et ce serait probablement une bonne chose pour le monde.
Selon le "Wall Street Journal", Scowcroft aurait conseillé à Obama de faire tout de suite le forcing pour arracher la paix entre Israéliens et Palestiniens. Il a écrit, avec d'autres, un texte engageant la Maison Blanche à négocier avec l'Iran. Avec la Russie, il propose une approche graduelle de reprise de contact au plus haut niveau. Il sait de quoi il parle. C'est lui qui, avec George Bush père, a géré la chute du Mur de Berlin et l'éclatement de l'URSS. Et la première guerre d'Irak. Avec une exceptionnelle maîtrise.

Les Bourses applaudissent le volontarisme du futur président

Les Bourses applaudissent le volontarisme du futur président - L'économie en crise - Le Monde.fr

Barack Obama promet un plan anticrise pour début 2009 mais refuse de le chiffrer

Barack Obama promet un plan anticrise pour début 2009 mais refuse de le chiffrer - Blogs Elections Américaines
Barack Obama promet un plan anticrise pour début 2009 mais refuse de le chiffrer [ 25/11/2008 - 10h49 ]
Nous avons besoin d’un rétablissement de Wall Street et de Main Street », a professé hier Barack Obama alors qu’il présentait quatre nouveaux membres de son équipe économique. Au coeur de son futur programme, la création de 2,5 millions de nouveaux emplois dans les deux ans, des aides pour éviter la faillite de l’industrie automobile et les saisies des maisons. « On ne peut pas laisser l’industrie automobile disparaître. Mais on ne peut pas non plus lui signer un chèque en blanc. Les constructeurs doivent nous montrer comme ils vont se restructurer dans le cadre d’une économie d’énergies propres », a-t-il souligné. Son équipe devra travailler avec le Congrès et l’administration Bush pour préparer un programme de relance qui pourra être voté dès le début de l’année. « Le Congrès se tient prêt à travailler avec le nouveau président sur son plan audacieux pour restaurer la confiance en notre économie », a réagi sa présidente, Nancy Pelosi. Barack Obama n’a pas voulu indiquer les montants souhaités mais a assuré que le consensus pour un nouveau plan existait déjà dans les deux partis. Selon le « Washington Post », celui-ci pourrait s’élever à 700 milliards de dollars. « Cela va coûter cher. Mais, même si l’on ne faisait rien, le déficit de l’an prochain serait substantiel », a observé le président élu. Il a indiqué que le budget fédéral serait passé en revue et que des coupes seraient faites pour avoir « un budget viable et responsable ».Pour Barack Obama, le plan de relance doit avoir deux composantes. Une de court terme, pour répondre aux urgences de la crise, et une de long terme, pour préparer le terrain à sa stratégie, qui cible en priorité les énergies propres, la santé et l’éducation. Interrogé sur sa politique fiscale, il n’a pas été plus précis, indiquant seulement que son programme prévoyait que 95 % des Américains bénéficient d’une réduction d’impôt et que les plus riches (plus de 250.000 dollars de revenus par an) devraient payer davantage. Il a néanmoins suggéré que ces derniers pourraient ne voir leurs taxes augmenter qu’à l’expiration des réductions d’impôt de l’administration Bush, en 2010, tout en soulignant que rien n’a été décidé.Classe moyenneBarack Obama a confirmé, par ailleurs, son secrétaire au Trésor. Il s’agit de Timothy Geithner (« Les Echos » du 24 novembre), actuel président de la Réserve fédérale de New York. Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor sous Clinton, nommé conseiller économique à la Maison-Blanche, est vu comme le champion de la classe moyenne. Réductions d’impôt, protection du consommateur, prêts, tout doit être bon pour combattre les inégalités. « Une classe moyenne forte renforcera Wall Street », a répété Barack Obama. Il confie la doctrine économique à Cristina Romer, qui devient directrice du Council of Economic Advisors. Elle est actuellement professeur à Berkeley et membre du National Bureau of Economics (celui qui déclare officiellement les récessions). Enfin, Melodie Barnes, nouvelle directrice du Domestic Policy Council, mettra en musique les programmes économiques qui lui tiennent à coeur.Avant sa conférence de presse, hier, Barack Obama a discuté avec Ben Bernanke, président de la Fed, et George Bush. Celui-ci a indiqué hier qu’il était préparé à poursuivre les sauvetages des institutions financières, à l’instar de ce qui a été fait dimanche soir pour Citigroup. « Nous avons pris ce genre de décision dans le passé, nous en avons pris une la nuit dernière et, s’il le faut, nous le ferons à nouveau pour préserver l’avenir de notre système financier », a-t-il déclaré.VIRGINIE ROBERT

RFI - Barack Obama constitue son équipe

RFI - Barack Obama constitue son équipe
par Sylvain Biville
Article publié le 20/11/2008 Dernière mise à jour le 24/11/2008 à 20:42 TU
Depuis son élection, Barack Obama travaille, à Chicago, à la composition de sa future administration. Le futur président a nommé plusieurs conseillers qui l’accompagneront à la Maison Blanche. Et des noms circulent déjà pour les postes les plus stratégiques du gouvernement. RFI vous présente celles et ceux qui pourraient devenir les figures clés de la prochaine administration, leurs atouts et leurs faiblesses.

Le Cabinet
Hillary ClintonPressentie comme Secrétaire d’EtatCV : 61 ans, sénatrice de New York depuis 2001, ancienne Première Dame (1992-2000).Atouts : elle a voyagé dans le monde entier et maîtrise parfaitement les dossiers internationaux. Elle partage avec Barack Obama la volonté de restaurer l’image des Etats-Unis dans le monde. Sa nomination permettrait de tourner définitivement la page des primaires démocrates très disputées.Faiblesses : elle a longtemps accusé Barack Obama de naïveté en politique étrangère. Elle est moins catégorique que le président élu sur la nécessité d’un retrait rapide d’Irak. Possible conflit d’intérêt en raison des donations de dirigeants étrangers à la Fondation de son mari. Ancienne candidate à la présidence, Hillary Clinton acceptera-t-elle de jouer les seconds rôles ?

Tim Geithner
Nommé secrétaire au TrésorCV : 47 ans, président de la Réserve fédérale de New York, ancien secrétaire adjoint au Trésor chargé des affaires internationales (1999-2001).Atouts : Il est, avec l’actuel secrétaire au Trésor Henry Paulson, l’un des architectes du plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars, dont il devra assurer la mise en œuvre s’il est confirmé. Il a passé toute sa carrière à gérer des crises financières. Il rassure Wall Street. Démocrate modéré, pragmatique, il est également apprécié des républicains. Expert reconnu, il n’a jamais travaillé pour un établissement financier de Wall Street, ce qui lui donne un avantage pour promouvoir une meilleure régulation du système financier voulue par Barack Obama.Faiblesses : Peu connu en dehors du monde de la finance. Il incarne la continuité, ce qui risque de lui aliéner une partie de l’électorat de Barack Obama, avide de changement. Il devra séduire un Congrès particulièrement sceptique sur le plan de sauvetage des banques.

Robert GatesPressenti pour rester secrétaire à la DéfenseCV : 65 ans, secrétaire à la Défense depuis 2006, ancien directeur de la CIA.Atouts : depuis deux ans, il incarne la nouvelle politique américaine en Irak, après l’approche belliqueuse de son prédécesseur Donald Rumsfeld. Robert Gates peut se prévaloir d’une amélioration relative de la sécurité dans le pays. S’il décide de le garder à son poste, Barack Obama confirmerait sa volonté d’une transition « en douceur ».Faiblesses : nommé par George Bush, on le voit difficilement mener à terme le retrait américain d’Irak, promis par le président élu. S’il est confirmé, il est peu probable qu’il reste en poste pendant toute la durée du mandat de Barack Obama.

Tom Daschle
Pressenti comme secrétaire à la SantéCV : 60 ans, ancien sénateur du Dakota du Sud, numéro un des démocrates au Sénat de 1994 à 2004.Atouts : fait partie du premier cercle du président élu, dont il est considéré comme l’un des mentors. Il a été l’un des premiers à l’encourager à se lancer dans la course à la Maison Blanche. Spécialiste de la couverture maladie, priorité de Barack Obama, dont il devra mettre en œuvre la promesse électorale d’un meilleur accès aux soins, dans un pays où près d’une personne sur six n’a pas d’assurance santé.Faiblesses : parlementaire pendant 26 ans, jusqu’à sa défaite électorale de 2004, il incarne mal le changement. Risque de conflit d’intérêt avec ses fonctions, depuis 2004, de conseiller pour une société de lobbying dans le secteur de la santé.

Eric HolderPressenti comme ministre de la JusticeCV : 57 ans, ancien procureur, ancien numéro 2 du département de la justice dans l’administration Clinton. Fils d’immigrants venus de la Barbade.Atouts : proche de Barack Obama, Eric Holder a fait partie du comité de sélection du candidat à la vice-présidence. Si sa nomination est confirmée, ce croisé anti-corruption serait le premier Afro-Américain à diriger le ministère de la Justice. Il devra restaurer l’image d’un département terni par la présidence Bush et devra notamment gérer la fermeture de Guantanamo.Faiblesses : vétéran de l’ère Clinton, on lui reproche notamment son rôle dans la grâce controversée accordée en fin de mandat par l’ancien président à Marc Rich, riche courtier et généreux donateur du parti démocrate, accusé d’évasion fiscale.

Janet Napolitano
Pressentie comme secrétaire à la Sécurité intérieureCV : 51 ans, gouverneure de l’Arizona depuis 2002.Atouts : soutien de la première heure de Barack Obama. Elle est réputée pragmatique et adepte de l’approche bipartisane. A la tête d’un Etat frontalier avec le Mexique, elle maîtrise le dossier de l’immigration clandestine, dont elle héritera si sa nomination est confirmée.Faiblesses : ses adversaires républicains de l’Arizona l’accusent d’être une girouette qui tourne avec le vent.

Bill Richardson
Pressenti comme Secrétaire au CommerceCV : 61 ans, gouverneur du Nouveau Mexique depuis 2002, ancien secrétaire à l’Energie, ancien ambassadeur à l’ONU sous l’administration Clinton.Atouts : Très courtisé par Hillary Clinton, Il a soutenu Barack Obama, après son retrait des primaires démocrates. Il espérait être nommé secrétaire d’Etat. D’origine hispanique, sa nomination serait un geste en direction de la communauté latino, qui a été déterminante dans la victoire de Barack Obama.Faiblesses : Il a critiqué récemment l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qu’il avait pourtant approuvé lors de sa signature sous l’administration Clinton.

La garde rapprochée à la Maison Blanche
Rahm EmanuelNommé Secrétaire général de la Maison Blanche, un poste clé aux Etats-Unis, l’équivalent d’un premier ministre de l’ombre.CV : 49 ans, représentant de l’Illinois depuis 2003, ancien banquier, ancien conseiller du président Bill Clinton.Atouts : proche de Barack Obama, « filière Chicago ». Resté neutre pendant les primaires démocrates, il est aussi à l’aise avec le président élu qu’avec le clan Clinton. Il maîtrise les rouages du Congrès aussi bien que ceux de la Maison Blanche.Faiblesses : les républicains lui reprochent une approche partisane, qui tranche avec le slogan du changement promu par Barack Obama. Rahm Emanuel a soutenu la guerre en Irak. Il incarne la continuité avec l’ère Clinton.

David Axelrod
Nommé conseiller à la Maison BlancheCV : 55 ans, consultant politique, stratège en chef de la campagne Obama.Atouts : présenté comme l’architecte de la victoire de Barack Obama, dont il a défini l’image et le message. Il fait partie du premier cercle du président élu, « filière Chicago ».Faiblesses : très politique, on le surnomme déjà «le Karl Rove d’Obama ».

Valerie JarrettNommée conseillère à la Maison BlancheCV : 52 ans, avocate, experte des questions immobilières, ancienne collaboratrice de Richard Daley, maire de Chicago. Son arrière grand-père a été le premier Afro-Américain diplômé du prestigieux MIT (Massachussets Institute of Technology). Née à Shiraz (Iran).Atouts : intime de longue date du couple Obama, « filière Chicago ». Familière des questions locales, elle sera chargée à la Maison Blanche des relations avec les Etats et les municipalités.Faiblesses : elle n’a jamais eu de responsabilités nationales.

Robert Gibbs
Nommé porte-parole de la Maison BlancheCV : 37 ans, porte-parole de Barack Obama depuis son entrée au Sénat en 2004. Ancien attaché de presse de John KerryAtouts : Très proche du président élu. Familier des rouages de Washington. « Press Secretary », il sera le visage et la voix du futur Président, par le biais des deux points de presse quotidiens organisés à la Maison Blanche.Faiblesses : Réputé pour son caractère volcanique.
James Jones
Pressenti comme conseiller à la sécurité nationaleCV : 64 ans, ancien général du corps des "marines", ancien commandant de l’OTAN.Atouts : Ancien militaire respecté à droite comme à gauche. Très critique sur la gestion de la guerre en Irak par l’administration Bush, qu’il a qualifiée de « débâcle », il a aussi tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation de la situation en Afghanistan. A la tête du conseil de sécurité nationale, installé à la Maison Blanche, il aurait en charge la coordination de la diplomatie et des affaires militaires. Faiblesses : Pas d’expérience politique.

Larry Summers
Nommé directeur du Conseil économique nationalCV : 54 ans, professeur d’économie, ancien secrétaire au Trésor (1999-2001), ancien président de Harvard, ancien économiste en chef à la Banque mondiale.Atouts : Expert reconnu de la finance mondiale. On le donnait favori pour revenir au Trésor. C’est Tim Geithner, dont il a été le mentor sous l’administration Clinton, qui est désormais pressenti. La direction du conseil économique national est un poste clé de coordination des politiques économiques.Faiblesses : l’aile gauche du parti démocrate lui reproche d’avoir accompagné la dérégulation du secteur financier à la fin des années 90. Il a dû démissionner de la présidence de la prestigieuse université de Harvard après des propos controversés sur « le manque d’aptitude intrinsèque » des femmes en sciences.

Obama, le nouveau Roosevelt?

Obama, le nouveau Roosevelt? Monde Actu 24 heures

Obama a choisi les «meilleurs esprits» pour affronter la crise

Le Figaro - USA 2008 : Obama a choisi les «meilleurs esprits» pour affronter la crise

Le plan anticrise d'Obama - International - 24/11/2008 - leParisien.fr

Le plan anticrise d'Obama - International - 24/11/2008 - leParisien.fr

Obama dévoile son équipe et son plan de bataille - Actualité Internationale - Amérique du Nord - Radio Europe1

Economie : Obama dévoile son équipe et son plan de bataille - Actualité Internationale - Amérique du Nord - Radio Europe1

Obama veut un électrochoc pour l'économie

Le Figaro - USA 2008 : Obama veut un électrochoc pour l'économie

Dream Team

Dream Team - New York Coste, par Philippe Coste - Lexpress
le 25 novembre 2008 5h44 par
Philippe Coste
Dans le genre "transition harmonieuse", Barack Obama aurait pu espérer mieux. A peine élu, ce Président doit faire face à la pire crise financière depuis 1929, et doit s’assurer, selon son conseiller économique de campagne Austan Goolsbee, "d’éviter qu’elle ne devienne effectivement la Depression de 1929".
Le choix de son équipe économique, lundi, revêtait ainsi une importance capitale, tant du point de vue des mesures à mettre en œuvre, au moment où le crédit gèle et le chômage explose, que de la gestuelle politique, à l’adresse des ménages américains et des entreprises, dont la terreur du lendemain cause la paralysie actuelle de l’économie.
De ce côté, essentiellement psychologique, le choix de Tim Geithner, 47 ans, pour le poste de Secrétaire au Trésor s’est révélé efficace. Vendredi, l’annonce informelle de sa nomination a provoqué une remontée en flèche du Dow Jones. Geithner, ancien gouverneur régional de la Réserve Fédérale à New York, était l’ange gardien pragmatique de Wall Street lors de la catastrophe de cet automne. On lui doit, entre autre, d’avoir géré au mieux l’épisode Lehman Brothers en évitant une catastrophe en chaîne encore plus dramatique à la mi septembre, et orchestré les sauvetage d’AIG et de Bear Sterns.

Son profil s’apparenterait à celui d’un haut fonctionnaire américain. S’il n’a pas, comme Paulson, exercé dans le privé, il a officié depuis 1988 sous plusieurs Secrétaire au Trésor, Républicains et Démocrate, pris position pour un renforcement des réglementations financières, et surtout démontré sa connaissance intime des marchés. Sa culture mondiale est aussi un atout. Fils d’un fonctionnaire international, Geithner, qui parle le Japonais et le Chinois, a passé son enfance entre le Zimbabwe, l’Inde et la Chine.

Si Obama avait nommé Larry Summers au lieu de Geithner au Departement du Trésor, il aurait accrédité l’idée d’un retour en force des dignitaires de l’ère Clinton. En gardant le grand mamamouchi près de lui, comme son principal Conseiller économique, le président le libère de toute fonction bureaucratique, et du regard des medias, pour en faire le pilier de sa politique de sa politique de stimulation de l’économie. Summers, comme son prédécesseur sous Clinton, Robert Rubin, était l’un des promoteurs d’une déréglementation financière incriminée dans la crise actuelle. Mais il n’a rien d’un idéologue. "Les circonstances ont changé". Il est aujourd’hui l’un des principaux partisans de l’intervention de l’Etat dans la stabilisation des marchés et la remise à flot du pays.

Qui est Christina Romer ? La nouvelle patronne du Council of Economic Adviser d’Obama est une économiste de Berkeley décrite comme une encyclopédie, et un laboratoire vivant des politiques de relance et de l’impact de la fiscalité sur l’économie. Cette spécialiste de la crise de 29 arrive à point nommé, mais on s’inquiète un peu à Washington de sa capacité à s’imposer face à ce macho de Summers. Ce dernier, Président de Harvard, avait provoqué un scandale en doutant de la capacité des femmes à dominer les carrières scientifiques.

Melodie Barnes : regardez bien, c’est la gauche américaine qui accède au Domestic Policy Council d’Obama. La chef conseillère en matière de politique intérieure, affaire sociales, immigration et justice provient du Center for American Progress, un think tank et un lobby progressiste de Washington, et a été pendant des années l’une des principales conseillères de Ted Kennedy. Le Domestic Policy Council était la cinquième roue du carrosse sous George Bush, un président dont la politique intérieure s’est limitée aux baisses d’impôts et à une réforme totalement ratée de l’enseignement public. Avec Obama, il en ira autrement.

Barack Obama marche sur les traces de Franklin Delano Roosevelt, actualité Barack Obama : Le Point

Barack Obama, avec à gauche Timothy Geithner et Christina Romer et à droite Lawrence Summers, qui vont constituer son équipe économique, a réclamé lundi l'adoption immédiate d'un plan de relance de l'économie. © AFP PHOTO/Saul LOEB

Le magazine Time du 24 novembre portait en couverture l'image de "Barack Delano Obama", collage combinant la célèbre silhouette de Franklin Delano Roosevelt dans sa limousine décapotable modèle 1933, avec son pardessus, son feutre mou, son long porte-cigarettes et son pince-nez, avec le visage souriant de Barack Obama, le président élu qui entrera en fonction le 20 janvier 2009 et qui promet, selon l'hebdomadaire, un "nouveau New Deal". Lundi, Obama a repris la phraséologie de son illustre prédécesseur lors d'une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté l'équipe économique qui va devoir batailler contre la Dépression dans laquelle les États-Unis sont en train de basculer, "crise d'ampleur historique" comme l'a lui-même reconnue le futur président. La priorité, a-t-il ajouté, est "de remettre l'Amérique au travail". Ce slogan de FDR en 1933 sera celui d'Obama en 2009. La référence au New Deal n'est pas de pure rhétorique. La question n'est, en effet, plus de savoir si l'Amérique va connaître une nouvelle Dépression, mais quelles en seront l'ampleur et la durée. Le remède prescrit par Obama, un plan keynésien de relance de l'économie par la dépense publique, sera le plus grand programme fédéral depuis le "New Deal" que FDR avait lancé pour sortir le pays de la Grande Dépression. Le futur président n'a pas donné de chiffre, mais Larry Summers, l'homme qu'il a nommé à la tête du Conseil national de l'économie, a cité ce week-end le chiffre de 700 milliards de dollars sur deux ans, et d'autres parlent déjà de 1.000 milliards d'investissements dans les infrastructures, les énergies nouvelles et les programmes sociaux. Obama marque sa volonté d'"agir vite et avec audace" Ce plan de relance dont le coût devrait dépasser largement celui de la guerre d'Irak aura pour but de "donner un coup de fouet" à l'économie, a expliqué Obama. Il a précisé que son équipe allait se mettre à l'ouvrage "dès aujourd'hui", car "il n'y a pas une minute à perdre". Il souhaite que le Congrès puisse en discuter dès le début de sa session le 6 janvier et le voter de manière à le présenter à sa signature dès qu'il sera assis dans le Bureau ovale, le 20 janvier. En marquant sa volonté d'"agir vite et avec audace" dès le premier jour de son mandat, Obama a bien entendu suivi l'exemple des "cent jours" du premier mandat de FDR, au cours desquels ce dernier avait multiplié les initiatives spectaculaires. Comme Roosevelt, Obama est convaincu que la crise est faite pour moitié de difficultés économiques bien réelles, mais pour l'autre moitié de facteurs psychologiques, la perte de confiance des investisseurs et des consommateurs en particulier. Une image de détermination et d'assurance au sommet peut faire beaucoup pour ramener la confiance, et faire redémarrer la machine économique en panne. D'autant que l'économie, comme la nature, a horreur du vide. Le long interrègne entre un sortant (Bush) discrédité et dépassé et son successeur (Obama) encore sur la touche contribue à précipiter la crise. Du coup, le président élu doit agir comme s'il était déjà aux commandes pour conjurer la panique qui gagne en comblant un vide du pouvoir dangereux. En regardant lundi soir les journaux télévisés, on pouvait ainsi facilement oublier que George W. Bush est encore le chef de l'État, et voir en Barack Obama le seul véritable dirigeant des États-Unis. On n'a jamais connu dans l'histoire américaine pareille situation, où le président en exercice est remplacé avant même la fin de son mandat par son successeur. Ni ce dernier mettre en place son administration et ébaucher son programme de gouvernement si tôt dans la transition. Mais la gravité de la crise bouleverse toutes les règles et normes. "La situation va empirer avant de s'améliorer" À l'origine, Obama ne devait pas dévoiler son équipe ni son programme économique, avant Thanksgiving qui aura lieu jeudi. L'aggravation de la situation l'a obligé à faire fuiter dès la semaine dernière le nom de son futur secrétaire au Trésor, Timothy Geithner (président de la Réserve fédérale de New York), puis de le présenter officiellement lundi. Il a en même temps annoncé la nomination de Larry Summers à la tête du Conseil national de l'économie, de Christina Romer à la présidence du Conseil des économistes de la Maison-Blanche, et de Melody Barnes à la direction du Conseil de politique intérieure, qui veillera au versant "social" d'un plan de relance qu'Obama a présenté comme "un acompte" sur les réformes qu'il a promis de mettre en oeuvre. Toute la question est à présent de savoir si cette mise en place très rapide d'un gouvernement économique, dont la compétence est unanimement saluée par les médias et les experts, et la perspective d'un nouveau plan de relance beaucoup plus ambitieux que tout ce qui avait été envisagé jusqu'ici (mais dont le contenu exact reste en chantier) auront le même effet psychologique sur les Américains que l'annonce du New Deal avait eu en 1933. Le futur président a approuvé lundi la décision prise le matin même par Bush, de voler au secours de Citigroup , la première banque américaine qui est en train de s'effondrer. Des dizaines d'autres grandes banques, des centaines de grandes sociétés (à commencer par les trois géants de l'automobile) et des millions d'individus sont eux aussi au bord de la faillite. "La situation va empirer avant de s'améliorer", a mis en garde Obama, réaliste et sombre. "Nombre d'experts prédisent que nous risquons de perdre des millions d'emplois l'an prochain." La menace principale qui pèse sur sa présidence est désormais d'être balayé, avant même d'être entré en fonction, par un ouragan économique qui ne cesse de gagner en intensité. Franklin Delano Roosevelt était arrivé au pouvoir alors que l'économie américaine avait déjà fait naufrage. Barack Obama, lui, va entrer à la Maison-Blanche alors que la tempête fait rage et que le bateau fait eau de toutes parts. Le nouveau New Deal risque d'être plus difficile à mettre en oeuvre que l'original.

Le « New Deal » d'Obama redonne espoir à la planète

L'événement le « New Deal » d'Obama redonne espoir à la planète Economie Actu Tribune de Genève
Les Bourses ont gagné entre 6 et 10% suite à l’annonce, par le futur président, d’un plan de 700 milliards de dollars. Le sauvetage de Citigroup, à hauteur de 300 milliards de dollars, réinstaure la confiance dans les banques. UBS bondit. L’effet Obama rejaillit sur toute la planète, Suisse incluse. Mais l’UE reste divisée sur les mesures à prendre.

Sept cents milliards de dollars pour sauver l’économie américaine: le chiffre donne le vertige. Mais pour le président élu, le défi est àce prix. D’autant que le sort de la planète finances y est lié. Jusqu’en Suisse, l’impact a des effets concrets.
Barack Obama n’avait pas encore fini de répondre aux questions des journalistes venus assister à sa conférence de presse, hier à Chicago, que les bourses du monde entier avaient déjà bondi de 6% à 10%! La simple confirmation d’un vaste plan de relance de l’économie américaine suffit à redonner confiance et espoir aux marchés. Il faut reconnaître que le nouveau président ne semble pas avoir l’intention de faire les choses à moitié. Il demande au Congrès de voter le dégagement d’une enveloppe de 700 milliards de dollars, destinés à la fois à stabiliser les marchés financiers et à soutenir les foyers américains, de plus en plus nombreux à perdre un emploi ou leur logement.
Avec cette somme, le nouveau président entend proposer des réductions d’impôts aux plus modestes et créer 2,5 millions d’emplois sur deux ans, en investissant dans des secteurs trop longtemps négligés selon lui, comme celui des infrastructures, de l’école ou encore de l’environnement.
Dans les pas de Roosevelt
Les représentants démocrates au Congrès ont d’ores et déjà affirmé qu’ils se mettraient au travail dès leur première assemblée, le 6 janvier, afin que tout soit prêt deux semaines plus tard, lors de l’entrée en fonction de Barack Obama.
Selon le Washington Post, ce plan de relance est l’un des plus vastes depuis le New Deal de Franklin Roosevelt après la crise de 1929. Au-delà de son envergure, le projet de Barack Obama reprend l’état d’esprit du programme de Roosevelt, qui, entendait redonner du travail aux Américains, réformer les pratiques financières et redresser l’économie à bout de souffle. Si les résultats économiques furent mitigés, la situation s’améliora.
Le plan de Barack Obama aura-t-il l’effet escompté à terme? Personne ne se risque à délivrer un pronostic. Pour Mark Whitaker, journaliste économique sur NBC, «la question est de savoir comment la nouvelle administration va mettre son plan à exécution».
Barack Obama s’entoure de grandes pointuresLa Fed (Banque centrale des Etats-Unis) a déjà injecté de l’argent sur les marchés, on a déjà annoncé d’autres plans, faut-il vraiment de nouvelles dépenses pour éteindre le feu?
Pour appliquer ce plan de relance, Barack Obama a en tout cas choisi des pointures grande taille.
Parmi les postes clés, Timothy Geithner, l’actuel président de la Banque centrale de l’Etat de New York et vice-président du comité monétaire de la Réserve Fédérale, est nommé secrétaire au Trésor. Cet homme de 47 ans est un fin connaisseur des marchés financiers. Il est surtout l’un des principaux artisans des mesures exceptionnelles prises par la Fed à l’automne pour tenter de voler au secours des banques.
Vendredi dernier, alors qu’il ne s’agissait encore que d’une rumeur, Wall Street avait salué sa possible nomination en faisant un bond de 500 points.
A ses côtés, Lawrence Summers occupera le poste de directeur du Conseil économique national. L’ancien secrétaire au Trésor du président Bill Clinton, âgé de 53 ans, sera ainsi le plus proche conseiller économique du nouveau président.
Ces deux désignations sont unanimement applaudies dans les milieux économiques, certains ont parlé de «nominations de luxe».

lundi 24 novembre 2008

Une universitaire à la tête des conseillers économiques d'Obama

Une universitaire à la tête des conseillers économiques d'Obama - L'Express
CHICAGO - Barack Obama a choisi l'universitaire Christina Romer pour diriger le conseil des conseillers économiques de la Maison blanche, apprend-on de source proche du Parti démocrate.
Romer enseigne l'économie à l'université de Berkeley, en Californie.
Barack Obama doit annoncer à 17h00 GMT la composition de son équipe économique.
L'actuel président de la Réserve fédérale de New York, Timothy Geithner, 47 ans, doit devenir secrétaire au Trésor tandis que Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, est pressenti pour diriger le conseil économique national (NEC), créé en 1993 à l'initiative de Clinton
Le groupe des conseillers économiques de la Maison blanche (CEA), composé de trois personnes, émet des recommandations de politique économique. Son président, comme le directeur du NEC, joue un rôle important auprès du locataire de la Maison blanche.
Caren Bohan, Jeff Mason, version française Jean-Stéphane Brosse

Comment faire du neuf avec de l'ancien

Courrier international, ETATS-UNIS • Comment faire du neuf avec de l'ancien
Le président élu a beau avoir fait du changement son principal argument de campagne, sa nouvelle équipe gouvernementale rassemble, pour l'essentiel, des vétérans de l'ère Clinton.
Pendant ses deux années de campagne, Barack Obama n'a cessé de répéter : "Le changement ne vient pas de Washington, il arrive à Washington." Trois semaines après sa victoire, le nouveau président semble revenir sur ce mantra, en formant un gouvernement qui fait la part belle aux vétérans d'une ère politique qu'il s'était pourtant promis de remplacer. Dans un revirement spectaculaire, il a ainsi demandé à Hillary Clinton – sa farouche adversaire des primaires et épouse du dernier président démocrate - d'accepter le poste de secrétaire d'Etat. Le nouvel élu entrera certes à la Maison-Blanche avec des pièces rapportées de Chicago, comme ses conseillers de longue date Valerie Jarrett ou David Axelrod. Mais si le sénateur de l'Illinois s'était engagé à tourner la page de la polarisation politique de la génération du baby-boom, il n'en a pas moins fait comprendre qu'il n'était pas seulement acceptable mais parfois franchement recommandé à certains de ses nouveaux collaborateurs de pouvoir se vanter de quelques actions dans les querelles politiciennes qui ont divisé Washington ces vingt dernières années. En ce qui concerne le choix d'Hillary Clinton, Obama a décidé de faire entrer un formidable adversaire au sein de son propre camp, pensant de toute évidence que la base politique, l'intelligence et l'expérience de celle-ci à la Maison-Blanche et au Sénat l'emportaient sur son soutien à la guerre en Irak, qu'il considère comme une erreur. Une fois en poste, le président pourra compter sur l'autorité d'Hillary Clinton pour faire appliquer ses décisions en matière diplomatique, même si cette dernière a parfois pu qualifier de naïves ou mal avisées les positions de son ex-rival en matière de politique étrangère. L'expérience semble également avoir été privilégiée dans le cas de Tom Daschle, le nouveau ministre de la Santé, qui sera chargé de mener la réforme de l'assurance-maladie. Alors numéro deux du Sénat, Tom Daschle avait été aux premières loges pour assister à l'échec du projet de couverture santé universelle du président Clinton, au début des années 1990. Le candidat favori à la fonction de ministre de la Justice, Eric Holder, a déjà été chahuté au même poste sous Bill Clinton. Peter Orszag, pressenti au poste de directeur du Budget, a été un témoin privilégié des querelles partisanes des années Bush et Clinton. Le nouveau secrétaire général de la Maison-Blanche, Rahm Emmanuel, a planché à l'époque Clinton sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), pourtant critiqué par le candidat Obama. Quant au nouveau ministre des Finances, Timothy Geithner – certes préféré à Larry Summers, l'ancien ministre des Finances de Bill Clinton –, il a tout de même travaillé au ministère des Finances sous trois présidents, dont Bill Clinton. L'entourage d'Obama souligne cependant que le nouveau président n'a pas l'intention de renoncer au changement. Au contraire, soutiennent-ils, il a compris que ces personnes d'expérience pouvaient être mobilisées pour l'aider à réaliser ses objectifs. "Il ne cherche pas des gens pour l'aider à se forger une vision", explique David Axelrod, ancien stratège de campagne de Barack Obama et futur haut conseiller à la Maison-Blanche. "Il est en train de former un gouvernement avec des gens capables de réaliser ses objectifs."
John Harwood
The New York Times

Le retour de "clintoniens" à la Maison Blanche agace certains démocrates - Amériques - Le Monde.fr

Le retour de "clintoniens" à la Maison Blanche agace certains démocrates - Amériques - Le Monde.fr

La Maison-Blanche, un « bocal » coupé du monde

L'Orient-Le Jour: La Maison-Blanche, un « bocal » coupé du monde
La Maison-Blanche, un « bocal » coupé du monde
La résidence présidentielle offre un mode de vie unique au chef de l’État, mais la famille Obama pourrait souffrir de perdre ses bonnes vieilles habitudes. Le 20 janvier, Barack Obama, sa femme Michelle et leurs deux filles devront dire adieu à leur belle maison de Chicago, aux achats du samedi et aux dîners intimes chez Spiaggia, leur restaurant préféré, où la famille a fêté la victoire électorale du 4 novembre. Depuis cette date, la vie a d’ailleurs déjà commencé à changer, comme l’a observé le principal intéressé. « Je ne peux plus aller chez mon coiffeur. Je dois le faire venir dans un lieu tenu secret », a confié Barack Obama lors d’un entretien à la chaîne de télévision CBS, tout en disant regretter déjà « les petites habitudes » qui maintiennent le lien avec la vie réelle.« Les familles de président ont dû lutter pour se forger une sorte de vie normale à la Maison-Blanche, relève l’historien Robert Watson. C’est le bocal à poissons rouges le plus public qui soit, et l’on passe sa vie dans le bocal. » En contrepartie, le couple présidentiel trouvera au 1600 Pennsylvania Avenue, au cœur de Washington, un palais composé de 132 chambres, 45 salles de bains, une salle de cinéma, un théâtre, un court de tennis, une piscine et une piste de course à pied.La résidence présidentielle n’a plus grand-chose à voir avec celle que ses premiers locataires, John et Abigail Adams, ont trouvée à leur arrivée en 1800, quand la Maison-Blanche n’était pas encore achevée et ne comptait que six chambres. Comme personne n’avait pensé à une buanderie, la Première dame devait étendre son linge dans le salon oriental. « Aujourd’hui, si on a envie d’un croque-monsieur ou d’un dîner à la française, il suffit d’appuyer sur un bouton », explique Robert Watson, auteur d’un livre sur la vie quotidienne à la Maison-Blanche. Les cuisiniers devront peut-être se creuser un peu plus la cervelle que sous George W. Bush, le président sortant connu pour ses goûts simples comme le beurre de cacahuètes, les macaronis au fromage ou les spaghettis aux boulettes de viande. « Obama aime la cuisine TexMex et a des goûts très éclectiques, comme les plats avec des pignons de pin », souligne M. Watson.Le plus dur pour les Obama sera probablement d’élever leurs filles, Malia, 10 ans, et Sasha, 7 ans, face à la curiosité insatiable des médias. « Les enfants de président sont comme les mascottes du pays. Les Américains aiment savoir ce qu’ils font et se laissent fasciner par eux, relève l’historien. Un jour, une des filles finira forcément par avoir une mauvaise note à l’école, et tout le pays sera au courant. » Barack Obama s’est dit décidé à rappeler à ses filles les réalités de l’existence. « Elles sont jusqu’à présent restées elles-mêmes : normales, joyeuses, heureuses, polies et curieuses. Elles ne sont pas empruntées, elles ne font pas de manières, a-t-il déclaré à la télévision. L’une de nos priorités au cours des quatre années qui viennent sera que cela reste ainsi. »Lors de la même émission, Michelle Obama s’est réjouie que la campagne soit enfin finie après avoir vu son mari parcourir le pays pendant deux ans. « Je vois déjà les petites rentrer à la maison et se précipiter dans le bureau Ovale pour voir leur père avant de faire leurs devoirs. Et il sera là pour les border le soir dans leur lit. »Au cas où la pression serait trop forte au cœur de la capitale, la famille pourra toujours s’évader à Camp David, la résidence de campagne proche de Washington, ou encore à la « Petite Maison-Blanche » de Key West, à l’extrémité méridionale de la Floride. La nouvelle administration US prend forme Timothy Geithner, 47 ans, sera le secrétaire au Trésor de Barack Obama, a confirmé hier David Axelrod, conseiller du président élu Barack Obama. M. Geithner, qui est actuellement le président de la Banque centrale de New York et vice-président du comité monétaire de la Fed, avait été donné comme favori pour ce poste-clé depuis plusieurs jours, et sa nomination par le président devrait être annoncée aujourd’hui. « De par son tempérament et son expérience, il est l’homme qu’il faut pour diriger le Trésor », a déclaré M. Axelrod. Samedi, Obama a annoncé que son proche collaborateur Robert Gibbs deviendrait porte-parole de la Maison-Blanche et qu’Ellen Moran, de l’organisation féminine Emily’s List, serait directrice de la communication. Gibbs a été directeur de la communication d’Obama lorsque ce dernier était sénateur de l’Illinois. Il a tenu le même rôle pendant la première partie de la campagne présidentielle d’Obama avant de devenir stratège pendant le scrutin.Berlusconi « envie » le bronzage de Barack Obama Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a une nouvelle fois évoqué le « bronzage » de Barack Obama, et Naomi Campbell, affirmant éprouver de « l’envie », en dépit des polémiques qu’une remarque similaire a provoquées il y a 15 jours. Au cours d’une visite à Moscou, Silvio Berlusconi avait qualifié Barack Obama, premier président noir des États-Unis, de « jeune, beau et même bronzé ».

Obama annonce son équipe de choc contre la crise

Le Figaro - USA 2008 : Obama annonce son équipe de choc contre la crise

Le plan Obama s'élèverait à 700 milliards de dollars

Le Figaro - Economie : Le plan Obama s'élèverait à 700 milliards de dollars

Hillary Clinton va succéder à Condi Rice

Le Figaro - USA 2008 : Hillary Clinton va succéder à Condi Rice

Obama : Les paris sont déjà ouverts pour 2012

Le Figaro - Indices : Obama : Les paris sont déjà ouverts pour 2012
WASHINGTON, de notre correspondant PHILIPPE GRANGEREAU
C’est un homme du même âge que Barack Obama, 47 ans, qui sera chargé de relancer l’économie américaine. Timothy Geithner, dont la nomination au poste de secrétaire au Trésor sera annoncée aujourd’hui, est président de la Banque de réserve fédérale de New York depuis novembre 2003. Et, à ce titre, vice-président du comité de politique monétaire de la banque centrale des Etats-Unis, la Fed. «Il a le tempérament adéquat», dit de lui David Axelrod, le conseiller du président élu. Partout décrit comme un haut fonctionnaire brillant, ce spécialiste de la Bourse a travaillé avec l’actuel secrétaire au Trésor, Henry Paulson, pour tenter de résorber la crise financière et économique.
Cosmopolite. Ce technocrate discret à l’allure juvénile connaît bien les rouages du Trésor pour y avoir œuvré sous trois présidents différents, de 1988 à 2001, et en avoir gravi de nombreux échelons. Jusqu’à devenir sous-secrétaire aux Affaires internationales sous la présidence Clinton. Geithner avait commencé sa carrière chez Kissinger Associates, société de conseil créée par l’ex-chef de la diplomatie américaine, Henry Kissinger. Passionné de l’Asie, Geithner a étudié le chinois et le japonais à l’université de Dartmouth (New Hampshire). A l’instar d’Obama, son enfance a été très cosmopolite. Il a vécu au Zimbabwe, en Inde et en Thaïlande, où son père a travaillé pour le compte de l’Agence américaine pour le développement. Il tentera de piloter l’économie américaine aux côtés de Lawrence Summers, ex-secrétaire au Trésor de Bill Clinton, qui doit être nommé à la tête du Conseil économique national.
Crise. Notant que 1,2 million d’emplois ont été perdus en 2008, et que la crise prenait des «proportions historiques», Obama a déclaré samedi que la première tâche de cette équipe consistera à créer 2,5 millions d’emplois en deux ans. Son plan de relance visera à «rebâtir les fondations d’une économie forte». Priorité : le renouvellement des infrastructures et la promotion des énergies alternatives pour «libérer le pays de sa dépendance à l’égard du pétrole étranger». Le sénateur démocrate Charles Schumer a estimé hier le montant du plan de relance : entre 500 et 700 milliards de dollars.

Obama mise sur Geithner pour relancer l’emploi

Obama mise sur Geithner pour relancer l’emploi - le journal en ligne Libération
WASHINGTON, de notre correspondant PHILIPPE GRANGEREAU
C’est un homme du même âge que Barack Obama, 47 ans, qui sera chargé de relancer l’économie américaine. Timothy Geithner, dont la nomination au poste de secrétaire au Trésor sera annoncée aujourd’hui, est président de la Banque de réserve fédérale de New York depuis novembre 2003. Et, à ce titre, vice-président du comité de politique monétaire de la banque centrale des Etats-Unis, la Fed. «Il a le tempérament adéquat», dit de lui David Axelrod, le conseiller du président élu. Partout décrit comme un haut fonctionnaire brillant, ce spécialiste de la Bourse a travaillé avec l’actuel secrétaire au Trésor, Henry Paulson, pour tenter de résorber la crise financière et économique.
Cosmopolite. Ce technocrate discret à l’allure juvénile connaît bien les rouages du Trésor pour y avoir œuvré sous trois présidents différents, de 1988 à 2001, et en avoir gravi de nombreux échelons. Jusqu’à devenir sous-secrétaire aux Affaires internationales sous la présidence Clinton. Geithner avait commencé sa carrière chez Kissinger Associates, société de conseil créée par l’ex-chef de la diplomatie américaine, Henry Kissinger. Passionné de l’Asie, Geithner a étudié le chinois et le japonais à l’université de Dartmouth (New Hampshire). A l’instar d’Obama, son enfance a été très cosmopolite. Il a vécu au Zimbabwe, en Inde et en Thaïlande, où son père a travaillé pour le compte de l’Agence américaine pour le développement. Il tentera de piloter l’économie américaine aux côtés de Lawrence Summers, ex-secrétaire au Trésor de Bill Clinton, qui doit être nommé à la tête du Conseil économique national.
Crise. Notant que 1,2 million d’emplois ont été perdus en 2008, et que la crise prenait des «proportions historiques», Obama a déclaré samedi que la première tâche de cette équipe consistera à créer 2,5 millions d’emplois en deux ans. Son plan de relance visera à «rebâtir les fondations d’une économie forte». Priorité : le renouvellement des infrastructures et la promotion des énergies alternatives pour «libérer le pays de sa dépendance à l’égard du pétrole étranger». Le sénateur démocrate Charles Schumer a estimé hier le montant du plan de relance : entre 500 et 700 milliards de dollars.

Obama annonce clairement la direction politique qu’il va suivre

Obama annonce clairement la direction politique qu’il va suivre - Info Marché - Investir.fr
(Investir)
Quand, au mois de janvier dernier, une journaliste de CBS a demandé à celui qui n’était à l’époque que candidat à la candidature de quel livre il voudrait disposer dans le Bureau ovale s’il était élu président, Barack Obama a répondu aussitôt : Team of Rivals (« une équipe de rivaux »). Ce best-seller américain de 2005 raconte comment Abraham Lincoln a choisi de s’entourer de conseillers plus éduqués, plus expérimentés qu’il ne l’était lui-même et qui, parfois, ne faisaient pas mystère du fait qu’ils convoitaient son poste.
Ce que l’on sait jusqu’à présent des options du quarante-quatrième président des Etats-Unis laisse à penser qu’il ne s’agissait pas d’une parole en l’air. Hillary Clinton n’a pas été officiellement choisie comme secrétaire d’Etat, mais l’équipe d’O­bama n’a pas caché que, si elle avait été invitée à rencontrer celui-ci à Chica­go, c’était bien pour débattre de cette hypothèse. Ce sont les récentes activités de Bill qui ont suscité des hésitations. Depuis huit ans, ce dernier s’est livré à toutes sortes d’activités, certaines philanthropiques, d’au­tres moins. L’ancien chef de la Maison-Blanche a été contraint de prendre des engagements vis-à-vis de l’équipe de son successeur.
Obama tient, avant tout, à ce qu’aucun soupçon ne vienne entacher sa mandature. Outre Hillary Clinton, Obama entend s’entourer d’autres politiques ayant une forte personnalité, comme Larry Summers, au Trésor, mais aussi d’hommes et de femmes qui représentent un large éventail politique. Le nom de Robert Gates, dernier ministre de la Défense de George W. Bush, est fréquemment cité. Et le premier choix officiellement annoncé fut celui d’Eric Holder au poste d’attorney general, autrement dit de ministre de la Justice. Holder sera le premier Africain-Américain à cette fonction.
Au Congrès, Obama vient cette semaine de montrer qu’il refusait de se laisser entraîner à des règlements de comptes. C’est ainsi que Joseph Lieberman, l’ex-colistier d’Al Gore qui avait soutenu cette année John McCain, ne s’est pas vu retirer la présidence de la Commission de la sécurité intérieure au Sénat.
Evidemment, si le président élu se comporte de cette façon, ce n’est pas par bonté d’ me, mais parce qu’il sait que, fondamentalement, l’électorat américain reste plutôt conservateur. Les sondages sortie des urnes ont montré qu’un tiers des électeurs s’identifiaient de la sorte et seulement un cinquième comme libéraux, ce qui signifie « de gauche » aux Etats-Unis.
Or Obama entend bien appliquer son programme. Et rapidement. Pour cela, il a besoin de s’assurer au moins la neutralité, voire la sympathie de quelques éléments influents du camp républicain. Car le début de sa présidence sera marqué par la mise en œuvre rapide de plusieurs éléments essentiels de sa politique.
L’objectif premier d’Obama est de restaurer le prestige de l’Amérique, sérieusement mis à mal par les huit années de présidence Bush. D’ores et déjà, il a annoncé que l’une de ses premières décisions serait de fermer le camp de Guantanamo. « Je vais m’assurer que l’on ne torture plus dans ce pays », a-t-il déclaré dans une interview à CBS. Et aussi : « Aussitôt entré à la Maison-Blanche, je réunirai les chefs d’Etat major et mon Conseil national de sécurité pour décider des modalités du retrait de nos troupes d’Irak. » Un autre virage par rapport à la politique précédente est notifié sans la moindre ambiguïté : s’engager « v igoureusement » sur la question du changement climatique.
Enfin, avec Obama, la théorie keynésienne est de retour : « Nous ne devrions pas nous préoccuper du déficit budgétaire de l’année prochaine ; ni même de celle d’après. L’important est d’éviter une grave récession . » Que, trois semaines après son élection, un futur président ait aussi clairement annoncé la couleur est sans précédent dans l’histoire américaine de l’après-guerre. Il ne reste plus à Obama qu’à éviter de se tromper.
Les investisseurs professionnels paniquent, les particuliers pas
C e week-end, au Palais des congrès de la porte Maillot, à Paris, va se tenir le salon Actionaria. C’est un rendez-vous traditionnel, mais, cette année, l’ambiance va être particulière. Les actionnaires sont en effet marqués par la crise : en un an, l’indice Cac 40 a perdu 46 %. Une baisse qui est la moyenne de ce que les postes consacrés aux actions au sein des portefeuilles ont encaissé.
La mesure de la crise est prise. Depuis 1945, seulement deux années se sont soldées sur une baisse des actions françaises supérieure à 30 %. Nous étions en 1974 (choc pétrolier) et en 2002 (éclatement de la bulle Internet).
A ce stade, il n’est plus question de nier l’entrée des économies dans une période très difficile. La Bourse n’est qu’un des thermomètres qui indiquent la gravité de la situation que les déséquilibres mondiaux et les excès des marchés des crédits ont provoquée. Chacun sait qu’il faut se préparer à des ajustements qui seront douloureux.
Face au retournement, face à l’anticipation sinon d’une récession durable, en tout cas d’une période longue de croissance faible, quel est le discours des entreprises ?
Paradoxalement, les patrons qui vont venir ce week-end rencontrer leurs actionnaires ne font pas, dans l’ensemble, preuve d’une inquiétude excessive. La rédaction en rencontre beaucoup chaque semaine. Ils constatent une année 2008 qui sera finalement correcte, voire bonne en termes d’activité et de bénéfices. Bien sûr, la déb cle des banques, la baisse de l’immobilier et de la construction, l’effondrement du marché automobile justifient les chutes boursières. Mais les patrons d’autres secteurs sont finalement sereins et les investisseurs semblent craindre la crise plus qu’eux-mêmes.
Cette sérénité ne conduit pas les sociétés à faire preuve d’optimisme pour l’exercice 2009. Mais c’est plutôt le manque de visibilité qui est avoué par les responsables, plutôt que l’annonce de baisses de profits et, en conséquence, de dividendes.
Ce manque de visibilité pour l’année prochaine rend difficile la réalisation des budgets prévisionnels, encore davantage la communication aux investisseurs d’estimations fiables. Le rendez-vous est fixé au premier trimestre, au moment où les résultats 2008 (souvent bons) seront publiés. Alors, les patrons devront s’engager plus sur leurs objectifs.
On sait que la tendance ne pourra être bonne. Cette crise a éclaté alors que la rentabilité des entreprises atteignait des niveaux records qui ne pourront être révisés qu’à la baisse. On sait aussi que les ajustements de coûts vont toujours moins vite que la baisse des chiffres d’affaires. S’ajoute à cela une nécessité de consentir des hausses de salaires après des années d’inflation, au moment où les hausses de tarifs passeront mal.Tout cela explique et justifie a posteriori la baisse hors norme des actions. La question n’est pourtant pas là. Il faut déterminer à quel point les mauvaises nouvelles sont dans les cours, peut-être même de façon excessive.
C’est le sentiment qu’ont beaucoup d’actionnaires individuels. Vous nous interrogez plus sur les possibilités de réinvestissement que sur celles de vente. Dans le rendez-vous que les patrons ont avec vous, vous avez peut-être plus à leur apprendre qu’on ne le croit. Face à la panique qui dicte aux gérants professionnels des réactions souvent irrationnelles, votre attitude est sans doute plus sage. Le rebond pourrait être brutal, à la hauteur des excès de craintes de pyromanes.
Agir sur les causes et non sur les effets
Les déboires du capitalisme ultralibéral ne déroulent pas nécessairement le tapis rouge pour un retour triomphant d’un socialisme pur et dur. Seules les franges extrêmes du spectre politique peuvent se permettre de prôner la destruction puis la refondation des modes de fonctionnement de l’économie de marché. Le congrès de Reims en est la modeste illustration locale, le coup de barre à gauche s’y avérant plus symbolique que réel. La vitesse avec laquelle la confiance se détériore appelle à un consensus le plus large possible entre partis de gouvernement et entre Etats sur le diagnostic et les décisions à prendre d’urgence. On ne peut plus s’accommoder de mesures ambiguës visant à préserver des intérêts catégoriels ou corporatistes, financiers d’abord, industriels ensuite. Un plan de relance ne sera efficace que s’il traite les problèmes à la source, une fois ceux-ci admis par tous. Il gaspillera en vain les ressources s’il se contente d’en traiter les effets à mesure qu’ils se diffusent.
L’immobilier américain est typique de la mauvaise gestion de la crise. En dépit des signaux d’alerte sur l’insolvabilité croissante des acquéreurs, rien n’a été fait pour endiguer le développement des subprimes. Les défauts se sont multipliés, polluant un montant énorme d’actifs. Le plan Paulson a réinventé le tonneau des Danaïdes en proposant de racheter les titres toxiques. Il faut enfin admettre qu’une large fraction des emprunteurs récents n’avait pas les moyens d’accéder à la propriété et en tirer la seule conséquence viable : socialiser ces logements en reprenant sur comptes publics les emprunts correspondants, puis renégocier collectivement les conditions de ces emprunts, leur titrisation n’étant nullement un obstacle incontournable, contrairement aux idées reçues.
Trop demander à la politique monétaire est une autre idée pernicieuse. La baisse des taux courts a ses limites en cas de déflation : une fois à zéro, on est démuni, comme cela risque bientôt de se produire au Japon ou aux Etats-Unis. Selon des propositions hétérodoxes, les autorités devraient peser sur les taux d’intérêt longs pour contrer le durcissement des conditions de financement. Mais, en agissant ainsi, on ôterait le seul outil de reconstitution des fonds propres dont disposent les banques lors des récessions, à savoir la transformation. Si l’on s’engage dans cette voie, il faudra en tirer les conséquences et recapitaliser bien plus massivement les banques. Autant les nationaliser tout de suite, mettre fin à la concertation molle qui provoque la défiance des entreprises, reconstituer ainsi leurs capacités de prêts et piloter ouvertement l’encadrement du crédit. Le surcroît de dette publique en résultant pourrait atteindre 10 % des PIB nationaux, mais avec un actif en contrepartie. Sinon, les programmes d’urgence sectoriels iront en se multipliant, faute de crédit, et seront autant de pertes nettes pour les Etats. Or, l’automobile n’est pas la sidérurgie, l’électronique grand public n’a pas vocation à être subventionnée par des baisses d’impôts… La priorité est à l’investissement productif qui permettra au secteur privé de racheter d’ici à une décennie les actifs bancaires nationalisés.
*Economiste

Emanuel la garantie efficacité d’Obama

Emanuel, la garantie efficacité d’Obama - le journal en ligne Libération
Etats-Unis . Le futur secrétaire général de la Maison Blanche, ex-conseiller de Clinton, est expérimenté et habile.
NEW YORK, de notre correspondante MARIA PIA MASCARO
En nommant Rahm Emanuel au poste de secrétaire général de la Maison Blanche dès le lendemain de son élection, Barack Obama n’a pas fait dans la dentelle. Rahm Emanuel, surnommé Rahmbo, s’est taillé une réputation de «tueur» à Washington durant ses années comme conseiller de Bill Clinton et, plus récemment, pendant celles passées au Congrès, où il officie depuis 2002 comme représentant de l’Illinois. Ce natif de Chicago est connu pour son langage ordurier - «Je jure beaucoup», admet-il - et ses manières brusques, mais on le dit aussi très loyal et bûcheur sur les dossiers politiques.
Ego. Sa nomination a suscité des réactions vives et variées à l’intérieur comme à l’extérieur du parti démocrate. Mais il y a consensus sur le fait que sa présence aux côtés d’Obama signifie que la transition et les premiers mois de la nouvelle administration ne ressembleront pas au chaos des débuts de la présidence Clinton en 1993. Emanuel connaît aussi bien les arcanes du Congrès, et partant l’ego démesuré de certains de ses membres, que les rouages du fonctionnement de l’exécutif.
Rahm Emanuel, 49 ans, est entré en politique en 1984 pour la machine démocrate de Chicago. Il est rapidement remarqué par Clinton, qui l’emploiera dans sa première campagne avant d’en faire son directeur politique et l’un de ses plus proches conseillers à la Maison Blanche. Abrupt et peu diplomate, Emanuel parvient néanmoins à forger des majorités au Congrès pour faire voter des textes clés. Il est ainsi l’artisan de l’adoption du traité de l’Alena (accord de libre-échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique) au Congrès en 1993. Il fut aussi indispensable à Clinton pour le passage de lois controversées sur l’interdiction des armes d’assaut, la réforme de l’assistance sociale et la couverture médicale. Après avoir quitté la Maison Blanche, en 1999, il travaille pendant trois ans pour le service fusions et acquisitions de la banque d’investissement Wasserstein Perella. Il aurait accumulé une fortune de près de 18 millions de dollars durant ces trois années.
Les liens d’Emanuel avec Israël ont suscité des froncements de sourcils, dans le monde arabe notamment. Fils de Benjamin Emanuel, cofondateur de l’Irgoun, un groupe de sionistes qui s’était illustré par des attentats contre les Britanniques et les Arabes lors de l’indépendance d’Israël, Rahm Emanuel a brièvement participé à des exercices de service civil auprès de l’armée israélienne durant la première guerre du Golfe. Ses positions sont toutefois plus conciliantes que celles de son père, qui avait déclaré dans une interview : «Evidemment, il va influencer le Président pour qu’il soit pro-Israël. Pourquoi ne le ferait-il pas ? Qu’est-ce qu’il est ? Un Arabe qui va nettoyer le carrelage à la Maison Blanche ?» Emanuel a dû s’excuser pour les réflexions de son père - un pédiatre immigré depuis aux Etats-Unis - auprès de la communauté arabe américaine et rassurer sur ses positions sur le conflit au Moyen-Orient. Il se dit un fervent partisan du processus de paix d’Oslo et on le crédite d’avoir orchestré la poignée de main entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, en 1993.
Compromis. Dès 2002, il revient à la politique et décroche le siège de représentant de l’Illinois. Très vite, il accède au cercle très fermé des décideurs démocrates. Le parti lui doit sa victoire au Congrès en 2006. Une réussite mise sur le compte de ses talents de leveur de fonds et de son nez politique. La gauche du parti l’accuse d’être trop enclin au compromis, alors que des républicains condamnent son approche partisane des dossiers. Emanuel compte pourtant des amis dans l’opposition, dont le sénateur Lindsey Graham, un ténor républicain proche de McCain au cours de la campagne.
D’une manière générale, sa nomination a été saluée aux Etats-Unis. L’approbation la plus flatteuse est venue du Chicago Tribune, un quotidien pourtant conservateur, qui a remballé les critiques en disant : «Ils ont tort. Le choix d’Emanuel signale qu’Obama est sérieux sur la mise en place de son agenda […]. Ce choix souligne ce que sa campagne réussie et très disciplinée a déjà démontré : Obama n’est ni un radical ni un naïf.»

Bill Richardson sera le nouveau secrétaire au Commerce, selon un haut responsable démocrate

Bill Richardson sera le nouveau secrétaire au Commerce, selon un haut responsable démocrate
AP 23.11.2008 17:10

Le président élu Barack Obama va nommer le gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson au poste de secrétaire au Commerce, a annoncé dimanche un haut responsable démocrate ayant requis l'anonymat.
De même source on précise que l'annonce de cette désignation n'interviendra qu'après la fête de Thanksgiving jeudi.
Bill Richardson a déjà exercé les fonctions de secrétaire à l'Energie et d'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'ONU sous la présidence de Bill Clinton.
Candidat malheureux à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle, M. Richardson avait jeté l'éponge en janvier dernier et apporté son soutien à Barack Obama. Si sa désignation au Commerce se confirme, il serait le membre hispanique le plus en vue du cabinet du nouveau président. AP

vendredi 21 novembre 2008

Après le phénomène "Joe le plombier", le livre

Après le phénomène "Joe le plombier", le livre

Joe le plombier, ex-star de la campagne présidentielle américaine, a des ambitions comme devenir sénateur en 2010, chanter de la country ou écrire un livre. Ce dernier projet est bien avancé: son ouvrage sort le 1er décembre.
Joe le plombier avait marqué la fin de la campagne présidentielle américaine. Cité une vingtaine de fois par Barack Obama et John McCain lors du dernier débat présidentiel, il était devenu un véritable phénomène. Au point que la presse américaine avait enquêté sur celui que John McCain présentait comme l'entrepreneur américain moyen... et découvert qu'il ne s'appelait pas Joe mais Samuel et qu'il n'avait pas toutes les licenses nécessaires pour exercer la plomberie dans sa région.
Aujourd'hui, la campagne est finie, Barack Obama avec qui il avait eu une discussion animée au sujet de l'imposition des entreprises, dans l'Ohio, a gagné le scrutin... mais que devient Joe le plombier?
Son "combat pour le rêve américain"
Samuel J. Wurzelbacher, de son vrai nom, multiplie les annonces qui n'ont aucun rapport avec la plomberie. Menace de se présenter aux mid-term elections, en 2010, pour entrer au Sénat, de graver un disque de musique country, d'écrire un livre ou encore de présenter un show télévisé!
La plupart restent sans suite... sauf son projet "littéraire".
L'ouvrage, co-écrit avec le romancier Thomas N. Tabback, est "humblement titré Joe the Plumber: Fighting for the American Dream", s'amuse la Columbia Journalism Review (CJR). Il doit sortir le 1er décembre prochain.
Premier but: décrire "les idées de Wurzelbacher sur les valeurs américaines", avertit PearlGate Publishing. Il a choisi cette petite maison d'édition texane, plutôt qu'une plus importante, pour "répartir les richesses", souligne ironiquement le Huffingtonpost.
Autre but, comme le souligne malicieusement la CJR: lui permettre de capitaliser sur sa célébrité toute fraîche, comme il le fait déjà sur son site web où il offre de chatter avec les internautes, échanger sur le rêve américain, ou montrer ce que la presse dit de lui. Enfin, "offre"... Pour un peu plus de 14,95 dollars, tout de même. Pour 5 dollars de plus, l'internaute peut même réserver un exemplaire du livre qu'il recevra, spécialement dédicacé.
Samuel J. Wurzelbacher ne rachètera peut-être pas l'entreprise de plomberie dans laquelle il travaillait. Il redoutait d'ailleurs que le programme d'Obama ne l'en empêche... En revanche, il peut troquer son surnom: Joe le plombier s'est déjà transformé en Joe le businessman.

On pare au plus pressé

On pare au plus pressé - Ce que je crois, par Béchir Ben Yahmed - Jeune Afrique
Il a donc été élu, il y a près de quinze jours, pour être le prochain président des États-Unis et, par conséquent, l’homme politique le plus important du monde pour les prochaines années. -->
Ardemment souhaitée par quelque trois à quatre milliards d’hommes et de femmes (qui ont tremblé jusqu’à la dernière minute de voir leur espérance déçue), cette élection a été, en effet, un événement planétaire aussi marquant sur le plan symbolique que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989.Un des éditorialistes du Financial Times, Martin Wolf, commente le choix des électeurs américains en ces termes : « En élisant comme président Barack Hussein Obama, les Américains ont choisi un intellectuel, un prophète de l’unité et un homme qui a un père kényan noir et une mère américaine blanche. Ils ont, en même temps, mis fin à la politique de la peur et de la division qui a fait tant de mal à leur pays.Je suis l’un des milliards d’êtres humains qui ont été étonnés et ravis par l’événement. Mais l’élection n’est qu’un début. Peu de présidents ont eu à relever d’aussi graves défis que Barack Obama. »Pour ma part, je constate (et les en félicite) que la majorité des électeurs américains ont voté pour le candidat préféré du reste du monde.Ils en ont fait le président de leur pays pour quatre ans : en accédant à la Maison Blanche, le président des États-Unis est, cette fois, un homme très populaire dans le monde entier, porteur des espoirs, illusions et utopies des jeunes de tous les continents.La plupart des chefs d’État et de gouvernement en exercice le voient arriver dans le cercle qu’ils forment (et dont il sera le centre) avec appréhension, envie et, disons-le, une pointe de jalousie : même s’il est aujourd’hui en mauvaise posture, son pays est le plus puissant de tous et bénéficie d’une influence inégalée. Lui est jeune et cultivé ; il écrit lui-même ses livres ainsi que les plus importants de ses discours et il est un très bon orateur. Son calme et son sang-froid contrastent avec la fébrilité-agitation de nombre de ses pairs.Par ses qualités propres autant que par la puissance de son pays, il est donc - qu’ils le veuillent ou non - appelé à dominer la scène politique mondiale.Mais, comme on le sait, il ne sera réellement au pouvoir que dans neuf semaines : quel poids ont alors les réunions qui se tiennent sans lui, comme celle du G20 que son prédécesseur a fait semblant de présider ? Elles donnent l’impression de n’être que des réunions d’attente : ceux qui y participent disent agir pour faire face à la crise alors qu’en réalité ils ne sont là que pour parer au plus pressé…En attendant l’entrée en scène de Barack Obama et de son administration, le plus utile, pour y voir clair, est de passer en revue quelques-unes des données politico-économiques sur la base desquelles lui et son équipe sont en train de travailler.Leur chance est que rien, sur le plan de la politique internationale, ne sollicite une attention pressante et n’exige de décisions prises dans l’urgence.S’agissant du Moyen-Orient, par exemple, il leur faut, au contraire, attendre que les élections israéliennes aient permis à ce pays de se doter d’un gouvernement qu’on espère stable et représentatif et que ce gouvernement soit en ordre de marche (en mars ou avril prochain) ; l’autre protagoniste principal dans la région, l’Iran, n’aura lui changé de président - ce qui me paraît le plus probable - ou reconduit l’actuel qu’en juin prochain.Quant au nécessaire remplacement du fantomatique Hamid Karzaï en Afghanistan, il ne doit intervenir qu’en septembre 2009.D’ici là, sur ce terrain en tout cas, sauf événement imprévu, ce ne seront que manœuvres d’approche pour sonder le partenaire, évaluer ses intentions et ses possibilités.Faites le tour des autres régions du globe et vous ne trouverez que des situations et des problèmes politiques qu’il faut laisser mûrir, au sujet desquels il est urgent d’attendre.Barack Obama et son équipe de travail n’ont eu donc aucune difficulté à décider de concentrer leur attention et leurs énergies en priorité absolue sur l’économie de leur pays.Elle est en récession et celle des autres pays développés subit, elles aussi, simultanément, la crise économique la plus grave qu’ait jamais connue le monde (celle de 1929 n’avait frappé que les États-Unis et, marginalement, l’Europe).Les prévisions du FMI montrent qu’elle affecte, à un moindre degré, la Chine et l’Inde. Les autres prévisions du Fonds monétaire international (FMI) - personne ne doute de leur véracité - confirment que le monde est devenu un village : les nations les moins développées seront touchées, elles aussi, par cette crise qui prend l’allure d’une pandémie…On nous assure que le président élu des États-Unis et son équipe sont déjà au travail et qu’ils fonctionnent en secret comme un gouvernement constitué. Ils préparent, nous dit-on, une batterie de décisions qu’ils annonceront et commenceront à mettre en œuvre dès le 21 janvier prochain, jour d’entrée en fonctions du nouveau président, au lendemain de son investiture.Si cela se confirme, comme je le crois, ce sera spectaculaire et sans précédent.En attendant, Obama et son « gouvernement » reçoivent les recommandations des plus grands financiers et des meilleurs économistes du monde.En voici deux dont je pense qu’elles ne seront pas tombées dans l’oreille d’un sourd :Sir Ronald Cohen est un financier britannique très connu et très respecté (juif d’Égypte, il a quitté ce pays à l’âge de 11 ans, après la guerre de Suez). C’est, aujourd’hui, un apôtre de la lutte contre la pauvreté dans le monde et un militant déterminé du combat pour une paix juste entre Israéliens et Palestiniens :« Le président Obama devra nommer un secrétaire du Trésor expérimenté et prudent. Il devra s’occuper des conséquences sociales de cette crise. Sinon, tout le système sera en danger. Le chômage, les saisies immobilières toucheront des millions de personnes et provoqueront des explosions sociales partout dans le monde. »Paul Krugman (Prix Nobel 2008 d’économie), américain et démocrate comme Barack Obama, pourfendeur de la politique et des agissements de George W. Bush :« Sur le front économique, il nous faut un grand plan de stimulation fiscale, et rapidement. Il faut également faire voter une législation pour renforcer l’assistance médicale. Ne laissons pas la crise enterrer ces projets. Politiquement, Obama et son gouvernement doivent faire la lumière sur ce qui s’est passé ces huit dernières années. »

La gauche européenne et Obama.

La gauche européenne et Obama.
par Jean Bricmont

Il y a au moins deux facteurs à prendre en compte si on veut juger d'une élection : ce que les votants expriment par leurs suffrages et ce que va faire le candidat élu. Dans le cas de l'élection présidentielle américaine, il aurait été fort déprimant que McCain se fasse élire après huit ans de régime Bush. En fait, il est même surprenant qu'il ait réussi à obtenir 46% des voix ainsi que d'excellents résultats dans certains états comme la Louisiane (on y a oublié l'ouragan Katrina ?).
La gauche devrait applaudir la victoire d'Obama, pas tellement à cause de sa couleur de peau, mais parce que les personnes qui ont voté pour lui expriment un désir de changement, et en général, de changement progressiste : moins de guerre, une politique économique plus équilibrée, et une attitude plus respectueuse de l'environnement.
Mais la question de ce que va faire le candidat est une toute autre chose. Cela dépend de ce qu'il veut faire, mais aussi de ce qu'il peut faire. Un président américain a beaucoup de pouvoir, mais ce n'est pas un dictateur et même un dictateur doit tenir compte des rapports de force. Ce qu'Obama désire faire n'est pas totalement clair, mais il est certain qu'il ne va pas s'opposer aux pouvoirs organisés (Wall Street, les multinationales, le lobby pro-israélien, etc.…) qui lui ont permis de gagner. S'il y a quelque chose qu'il a démontré de façon manifeste durant sa campagne, c'est bien cela.
Bien sûr, Obama doit aussi prendre en compte la pression populaire. Mais c'est là que le problème se pose : quelle pression ? Si certains Américains sont irrités par l'Obamania aux États-Unis, ils le seraient encore plus s'ils se rendaient compte de ce qui se passe à l'étranger, particulièrement en Europe. Il n'y a rien que je trouve plus déprimant que de voir des jeunes vivant dans les banlieues françaises se " mobiliser " pour Obama aux cotés de toute la social-démocratie, du show-business et des sionistes intelligents. J'ai même vu certains de ces jeunes dire qu'ils enverraient un gilet pare-balle à Obama, car ils pensent que l'Amérique ne permettra jamais à un Afro-américain d'être président, comme si quelqu'un qui a le soutien de Warren Buffett, l'homme le plus riche au monde, et, en fait, de presque tout l'establishment, représentait une menace pour l'Amérique et avait besoin de leur aide.
En d'autres mots, le problème posé par Obama vient de son extrême popularité en Europe, qui se base à la fois sur sa couleur de peau et sur son " image ". Beaucoup de gens ici, ne comprenant pas à quel point les relations interraciales ont changé aux États-Unis (comme en Europe d'ailleurs), voient l'élection d'Obama comme une sorte de miracle absolu et pensent qu'il est beaucoup plus progressiste qu'il ne l'est réellement, notamment à cause d'un traitement médiatique le présentant comme une alternative radicale à Bush, et ne parlant presque pas de son intention d'envoyer plus de troupes en Afghanistan (ou d'attaquer le Pakistan).
On peut se demander d'ailleurs ce que la " gauche " la plus obamaniaque, style Charlie-Hebdo ou Libération, dirait d'un homme politique français favorable à la peine de mort, qui veut accroître le contingent et qui termine tous ses discours en disant " que Dieu bénisse la France ".
Bien sûr, étant donné l'état désastreux de la gauche dans le monde, beaucoup de gens veulent désespérément croire que quelque chose de positif arrive quelque part sur terre, et cela renforce les illusions suscitées par Obama.
De plus, il est difficile de trouver une droite européenne anti-Obama. En fait la droite et la majeure partie de la social- démocratie adorent Obama parce qu'il leur permettra d'être à nouveau ouvertement pro-américains. Du fait que les États-Unis sont moins égalitaires (d'un point de vue économique) que l'Europe, que les charges sociales y sont moindres, qu'il y a moins de syndicats et de droits protégeant les travailleurs, l'élite européenne voit les États-Unis comme une sorte de paradis capitaliste. Le problème posé par Bush venait de ce qu'il était tellement brutal, arrogant, inefficace et stupide qu'il était devenu de plus en plus difficile pour ces élites d'exprimer leur admiration pour les États-Unis. Mais à présent, tout peut changer : en déplaçant l'attention des problèmes sociaux vers les problèmes " raciaux ", ces élites peuvent retourner la situation et présenter les États-Unis comme LE pays progressiste de l'Occident. Le quotidien Libération, très " nouvelle gauche " et proaméricain, a suggéré que l'élection d'Obama serait une leçon de démocratie pour la France. Curieusement, ils mentionnent avec admiration les longues files devant les bureaux de vote, alors que, dans les pays non occidentaux, de telles files sont en général considérées comme étant un signe d'inefficacité ou, pire, comme montrant l'intention du gouvernement de dissuader les gens de voter.
Un autre problème est que les critiques énoncées à l'encontre d'Obama seront probablement suspectées de racisme. Les sionistes stigmatisent déjà comme antisémite le fait d'être " anti-américain ". Avec un président des États-Unis Afro-américain, on peut s'attendre à une combinaison des deux types d'intimidation.
La question est de savoir combien de temps Obama sera capable de conserver ses supporters de gauche, même si sa politique étrangère contredit leurs attentes. Le seul espoir est que la population mondiale lui mette le nez en face, non pas de son programme, car il n'a presque rien promis, mais de ce qu'elle pensent être son programme et qu'elle réagisse avec colère lorsqu'elle découvrira qu'il a trahi les espoirs (infondés) mis en lui. C'est la seule chose qui peut empêcher l'Amérique de renforcer ses guerres en Afghanistan, en Irak, ou ailleurs.
Mais le problème de fond est que, 60 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les Européens se voient toujours comme dépendants des États-Unis. Pour leurs élites, les raisons de cette attitude sont bien compréhensibles ; malheureusement, le reste de la population, y compris une partie de la gauche, place encore bien trop ses espoirs dans le fait que la population américaine élise un " bon prince ", comme il l'ont fait avec Obama.
Nous devrions déterminer nos politiques étrangères et notre modèle social indépendamment des choix américains, et nous devrions pouvoir parler avec des pays comme la Russie, la Chine ou l'Iran sans se soucier de ce que pense l'Oncle Sam. Beaucoup d'Européens voient les États-Unis comme un modèle de démocratie, mais il n'y a rien de moins démocratique que de déterminer nos politiques en fonction d'élections auxquelles nous ne participons pas.
La population américaine élit son président, pas le maître de l'univers. Aujourd'hui, cela semble être compris en Russie, en Asie, en Amérique Latine et dans le monde musulman. Il n'y a qu'en Europe que la décolonisation des esprits est encore nécessaire.

Articles de Jean Bricmont publiés par Mondialisation.ca
21 novembre 2008

OBAMA : "Garder le BlackBerry" - La présidentielle américaine 2008 - NouvelObs.com

Dans Newsweek : "Garder le BlackBerry" - - NouvelObs.com
NOUVELOBS.COM 21.11.2008 15:28
Cet article traite de la nécessité, pour Barack Obama, de garder son BlackBerry (téléphone ultra-perfectionné) pour rester connecté aux autres, malgré les raisons de sécurité qui le pressent de s'en défaire. L'article a été publié sur le site internet de Newsweek le 18 novembre sous le titre Keep The BlackBerry
Pourquoi Obama a besoin de rester branché.Barack Obama est sous pression pour faire tant de choses dès sa prise de poste le 20 janvier prochain. Quel devrait être son premier acte ?Garder son BlackBerry.C’est vrai. Obama doit absolument garder ce BlackBerry dont il est devenu si dépendant malgré les fausses raisons de « sécurité » qui le pressent de s’en défaire.Avant qu’Obama ne trouve son « Yes, We Can, » il a commencé par dire « Yes, I can. » Et la seule manière pour lui de réussir sa présidence est d’arriver à rester connecté au monde et sortir de la « splendid isolation » de la présidence. Pour y parvenir, il faut qu’il soit constamment confronté à une grande variété d’opinions, pas uniquement celles de ses conseils, experts, pontifes et autres sondages, mais aussi celles de ses amis.Le héros d’Obama, Abraham Lincoln, appelait cela un « bain d’opinion publique, » qu’il assimilait aux gens ordinaires en laissant grand ouvert les portes de la Maison Blanche à quiconque voulait entrer visiter. Ces « bains, » Lincoln en était conscient, étaient cruciaux pour son succès.L’approche de Lincoln ne fonctionne plus. Le monde est trop grand. Mais la technologie offre aujourd’hui une manière de circonvenir l’étouffante hiérarchie des commandements et peut aider un président à s’approcher ne serait-ce qu’un peu plus de la vérité.Ces jours-ci, de nombreux Texans se posent une question : « Qu’est-il arrivé au George W.Bush que l’on connaissait ? » La réponse, en partie, est que Bush a bêtement écouté les personnes chargées de sa sécurité qui lui ont fait renoncer à son adresse email en 2001. Le résultat, c’est que de vieux amis se sont soudainement rendu compte qu’il n’avait aucun moyen de contacter le président. Et plus d’un, l’ont vu, avec horreur, conduire le pays par-dessus la falaise.Je ne dis pas que les emails auraient nécessairement sauvé Bush du désastre. Ce n’est pas comme si Bush aurait lu un message de, disons, Brent Scowcroft quand l’ancien conseiller de Bush-père cherchait en vain des arguments pour empêcher la guerre en Irak. Mais peut-être que Scowcroft n’aurait alors pas eu besoin d’exposer publiquement sa fureur contre lui dans The Wall Street Journal, s’il avait pu être en contact avec le président par email. (Les efforts de Scowcroft pour voir personnellement le président furent bloqués par les assistants de la Maison Blanche.)Ou disons qu’à un moment donné en 2002, si une douzaine d’anciens amis, des gens qu’il respectait et qu’il estimait, avaient écrit un mail à Bush pour lui dire qu’il devrait laisser passer plus de temps avant d’appliquer des sanctions, peut-être que cela lui aurait au moins donné à réfléchir.L’isolation est le plus grand danger de ce poste, écrivait George Reedy, un ancien conseiller de Lyndon B.Johnson, dans son ouvrage, devenu un classique The Twilight of the Presidency. Mais ce qui était autrefois inévitable, peut aujourd’hui être facilité par la technologie que tout président devrait utiliser.Oui, Obama a évidemment besoin de Rahm Emanuel et des autres pour lui éviter de perdre du temps et pour empêcher les gens de lui bouffer sa journée en réunions et en coups de téléphone. Mais les emails sont utiles à tout dirigeant. Ils lui permettent d’avoir accès au monde extérieur selon ses propres termes. Et vous pouvez parier que les gens qui font partie du carnet d’adresses email du président ne le contacteront qu’avec parcimonie. Ils savent que son temps est précieux.Le principal argument avancé aux présidents pour les faire renoncer à leur compte email est que l’email peut être piraté. Et si un gouvernement étranger en prenait le contrôle ? La réponse à cette question serait : Et alors ? Tant qu’Obama ne dit pas grand-chose de plus dans ses réponses que « Allez les Sox ! » [l’équipe de baseball de Chicago dont il est supporter.] ou « merci », ce qui est à peu près tout ce qu’il écrivait pendant la campagne quand il répondait, cela ne peut pas faire beaucoup de mal. Au pire, les espions ou les pirates apprendraient qu’un type de Chicago dont ils n’ont jamais entendu parler pense qu’Obama devrait faire ceci ou cela.Plus vraisemblablement, le gouvernement américain pourrait trouver un moyen de sécuriser les communications d’Obama via son BlackBerry, de la même manière qu’ils garantissent déjà la sécurité de ses appels téléphoniques. Ils ont déjà donné leur accord pour qu’il utilise un ordinateur portable dans le Bureau Ovale. (Il sera le premier président à en avoir un).Certaines objections soulèvent la question du Presidential Records Act, qui exige que toute correspondance de la Maison Blanche soit rendue disponible au public. La réponse à cela est de simplement publier les emails du président, tout comme cela s’applique déjà à son courrier postal.La décision du BlackBerry est symbolique de toutes les mesures qu’Obama devra prendra. Certains membres de la Maison Blanche lui diront tout le temps que quelque chose ne peut pas être fait pour telle ou telle raison. Sa réaction sera certainement de les harceler pour savoir pourquoi les choses ne peuvent pas être faites différemment.M. le Président élu, vous accrocher à votre BlackBerry vous libèrera un peu de la prison dorée qu’est la Maison Blanche. Il vous aidera à rester au contact du réel au beau milieu de l’air étouffant d’irréalité qui vous enveloppera rapidement.Et si vous pensiez qu’arrêter de fumer était difficile, attendez un peu d’être en manque de BlackBerry. Vous serez constamment en train de taper celui de vos assistants. Autant garder le vôtre.Par Jonathan AlterTraduction de l'américain par Nadia Bensmail
> Lire la version américaine de l'article

Dans Newsweek : "Garder le BlackBerry" - La présidentielle américaine 2008 - NouvelObs.com

Dans Newsweek : "Garder le BlackBerry" - - NouvelObs.com
Dans Newsweek : "Garder le BlackBerry"
NOUVELOBS.COM 21.11.2008 15:28
Cet article traite de la nécessité, pour Barack Obama, de garder son BlackBerry (téléphone ultra-perfectionné) pour rester connecté aux autres, malgré les raisons de sécurité qui le pressent de s'en défaire. L'article a été publié sur le site internet de Newsweek le 18 novembre sous le titre Keep The BlackBerry
Pourquoi Obama a besoin de rester branché.Barack Obama est sous pression pour faire tant de choses dès sa prise de poste le 20 janvier prochain. Quel devrait être son premier acte ?Garder son BlackBerry.C’est vrai. Obama doit absolument garder ce BlackBerry dont il est devenu si dépendant malgré les fausses raisons de « sécurité » qui le pressent de s’en défaire.Avant qu’Obama ne trouve son « Yes, We Can, » il a commencé par dire « Yes, I can. » Et la seule manière pour lui de réussir sa présidence est d’arriver à rester connecté au monde et sortir de la « splendid isolation » de la présidence. Pour y parvenir, il faut qu’il soit constamment confronté à une grande variété d’opinions, pas uniquement celles de ses conseils, experts, pontifes et autres sondages, mais aussi celles de ses amis.Le héros d’Obama, Abraham Lincoln, appelait cela un « bain d’opinion publique, » qu’il assimilait aux gens ordinaires en laissant grand ouvert les portes de la Maison Blanche à quiconque voulait entrer visiter. Ces « bains, » Lincoln en était conscient, étaient cruciaux pour son succès.L’approche de Lincoln ne fonctionne plus. Le monde est trop grand. Mais la technologie offre aujourd’hui une manière de circonvenir l’étouffante hiérarchie des commandements et peut aider un président à s’approcher ne serait-ce qu’un peu plus de la vérité.Ces jours-ci, de nombreux Texans se posent une question : « Qu’est-il arrivé au George W.Bush que l’on connaissait ? » La réponse, en partie, est que Bush a bêtement écouté les personnes chargées de sa sécurité qui lui ont fait renoncer à son adresse email en 2001. Le résultat, c’est que de vieux amis se sont soudainement rendu compte qu’il n’avait aucun moyen de contacter le président. Et plus d’un, l’ont vu, avec horreur, conduire le pays par-dessus la falaise.Je ne dis pas que les emails auraient nécessairement sauvé Bush du désastre. Ce n’est pas comme si Bush aurait lu un message de, disons, Brent Scowcroft quand l’ancien conseiller de Bush-père cherchait en vain des arguments pour empêcher la guerre en Irak. Mais peut-être que Scowcroft n’aurait alors pas eu besoin d’exposer publiquement sa fureur contre lui dans The Wall Street Journal, s’il avait pu être en contact avec le président par email. (Les efforts de Scowcroft pour voir personnellement le président furent bloqués par les assistants de la Maison Blanche.)Ou disons qu’à un moment donné en 2002, si une douzaine d’anciens amis, des gens qu’il respectait et qu’il estimait, avaient écrit un mail à Bush pour lui dire qu’il devrait laisser passer plus de temps avant d’appliquer des sanctions, peut-être que cela lui aurait au moins donné à réfléchir.L’isolation est le plus grand danger de ce poste, écrivait George Reedy, un ancien conseiller de Lyndon B.Johnson, dans son ouvrage, devenu un classique The Twilight of the Presidency. Mais ce qui était autrefois inévitable, peut aujourd’hui être facilité par la technologie que tout président devrait utiliser.Oui, Obama a évidemment besoin de Rahm Emanuel et des autres pour lui éviter de perdre du temps et pour empêcher les gens de lui bouffer sa journée en réunions et en coups de téléphone. Mais les emails sont utiles à tout dirigeant. Ils lui permettent d’avoir accès au monde extérieur selon ses propres termes. Et vous pouvez parier que les gens qui font partie du carnet d’adresses email du président ne le contacteront qu’avec parcimonie. Ils savent que son temps est précieux.Le principal argument avancé aux présidents pour les faire renoncer à leur compte email est que l’email peut être piraté. Et si un gouvernement étranger en prenait le contrôle ? La réponse à cette question serait : Et alors ? Tant qu’Obama ne dit pas grand-chose de plus dans ses réponses que « Allez les Sox ! » [l’équipe de baseball de Chicago dont il est supporter.] ou « merci », ce qui est à peu près tout ce qu’il écrivait pendant la campagne quand il répondait, cela ne peut pas faire beaucoup de mal. Au pire, les espions ou les pirates apprendraient qu’un type de Chicago dont ils n’ont jamais entendu parler pense qu’Obama devrait faire ceci ou cela.Plus vraisemblablement, le gouvernement américain pourrait trouver un moyen de sécuriser les communications d’Obama via son BlackBerry, de la même manière qu’ils garantissent déjà la sécurité de ses appels téléphoniques. Ils ont déjà donné leur accord pour qu’il utilise un ordinateur portable dans le Bureau Ovale. (Il sera le premier président à en avoir un).Certaines objections soulèvent la question du Presidential Records Act, qui exige que toute correspondance de la Maison Blanche soit rendue disponible au public. La réponse à cela est de simplement publier les emails du président, tout comme cela s’applique déjà à son courrier postal.La décision du BlackBerry est symbolique de toutes les mesures qu’Obama devra prendra. Certains membres de la Maison Blanche lui diront tout le temps que quelque chose ne peut pas être fait pour telle ou telle raison. Sa réaction sera certainement de les harceler pour savoir pourquoi les choses ne peuvent pas être faites différemment.M. le Président élu, vous accrocher à votre BlackBerry vous libèrera un peu de la prison dorée qu’est la Maison Blanche. Il vous aidera à rester au contact du réel au beau milieu de l’air étouffant d’irréalité qui vous enveloppera rapidement.Et si vous pensiez qu’arrêter de fumer était difficile, attendez un peu d’être en manque de BlackBerry. Vous serez constamment en train de taper celui de vos assistants. Autant garder le vôtre.Par Jonathan AlterTraduction de l'américain par Nadia Bensmail > Lire la version américaine de l'article

Obama, l’Afrique et le Monde

Obama, l’Afrique et le Monde AgoraVox
Après l’élection d’Obama président des Etats-Unis d’Amérique, s’est abattue, sur Abidjan, une pluie persistante accompagnée de grondements de tonnerre si forts, si répétitifs et si proches de la terre que je n’ai pu m’empêcher de penser : Est-ce un message des dieux, un signe que Dieu nous envoie pour attirer notre attention sur quelque chose d’important qui nous échappe, mais quoi ? Ce ne peut être l’élection d’Obama que le monde déjà célèbre, en Afrique encore plus qu’ailleurs. Que ce soit dans les rues ou les titres de journaux le mot incroyable ne cesse de revenir. Nous savons que Dieu ne se mêle pas aux petites manifestations de joie et de peines des humains… et puis, ce qui aux humains paraît incroyable, n’est , du point de vue de la distance divine, qu’un simple signe de la normalité. En effet avec l’avènement de l’ordinateur et des satellites qui ont transformé le monde en « village planétaire » quoi de plus normal qu’un fils de « berger » de la tribu Luo devienne président des USA ?
Alors sur quoi donc les dieux voulaient-ils attirer notre attention ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
Ces grondements de tonnerre ne sont-ils pas un reproche aux humains, de trop vite se réjouir sans avoir compris le sens profond du signe ? Notre naïveté de prendre le premier venu pour le messie. Tous les peuples du monde aspirent au changement. Obama n’est pas un messie et n’apportera pas ce changement profond dont les peuples ont besoin. Obama est un symbole de la réussite individuelle. Bravo pour le symbole et à nous les rêves. Il est aussi le symbole de toutes les minorités victimes d’exclusion. Confondre le symbole et la réalité, c’est prendre les vessies pour des lanternes.
Je suis un noir, mais je ne me mettrai pas en fête pour l’élection d’un président fût-il Obama. Je crois m’être guéri de cette fausse fierté africaine qui n’apporte pas grand chose au monde. Tous les êtres se valent et méritent tous une haute considération. Aucun n’est supérieur à l’autre, quelle que soit sa couleur (bleue, jaune, blanche ou noire), quel que soit le matériau dont il est fait (pierre, métal, liquide ou chair).
Il ne s’agit nullement de banaliser Obama, un homme d’une si haute valeur dont nous n’atteignons même pas la cheville ; mais de réfléchir et d’être conscient du type de changement que nous souhaitons du monde.
Avec ces élections, nous sommes de plain-pied dans le spectacle du politique.
Si la religion est l’opium du peuple (Marx), nous pourrions dire que la politique est un folklore pour divertir le peuple, pendant qu’on l’exploite de toutes les manières.
Ne nous faisons pas d’illusions. Obama élu président ne sera plus Obama, il sera le Président des Etats-Unis d’Amérique. Selon McLuhan, ce prophète de la communication, le contenant est plus puissant que le contenu. Ce pouvoir que le contenant détient sur le contenu est un effet dont il faut tenir compte sous peine de se fourvoyer.
L’Afrique est un continent très instructif à bien des égards, qui nous révèle la véritable nature de certaines notions occidentales. Nous avons bien vu, en Afrique, que les présidents ne sont rien d’autre que la caricature de la dictature coloniale. À tel point que les populations de certains pays en viennent à préférer la situation antérieure. L’Indépendance des pays africains ? Une simple perpétuation de l’état colonial si ce n’est son renforcement. Tout comme aux Etats-Unis d’ailleurs, où l’Indépendance repose sur le génocide des autochtones (Indiens) auxquels les colons n’ont jamais rendu l’indépendance qui leur avait été prise.
Les WASP (blancs anglo-saxons protestants) aux Etats-Unis, ont confisqué le pouvoir pendant des siècles comme étant leur propriété exclusive. Ils sentent que leur temps est terminé et Obama est pour eux une chance de pouvoir maintenir un système anachronique qui aurait besoin de réformes profondes. Pour les populations noires et toutes les minorités exclues, l’élection d’Obama risque d’être cet arbre qui cache la forêt, une façon de désamorcer la véritable restitution du pouvoir aux peuples.
Pourquoi, me diriez-vous, le pouvoir des WASP serait-il, miraculeusement, terminé ?
Et pourquoi faudrait-il nécessairement « restituer » le pouvoir aux peuples, ne l’ont-ils pas déjà dans un système démocratique ?
Nous risquons de ne pas trop nous comprendre surtout en ce moment où les esprits excités mettent Obama à toutes les sauces : Un noir à l’Elysée ? Un Pape noir ? Pourquoi pas un noir Premier ministre ou Empereur du Japon ? Un délire de confusion qui fait écrire : « L’élection d’Obama à la tête des Etats-Unis sonne comme l’aboutissement d’une longue marche vers la démocratie. »[1] Pour éviter de fausses polémiques des clarifications sont nécessaires.
Dans le village planétaire, l’on ne jure plus que par la communication. Tout est régi par la communication et rien ne peut être résolu sans elle. C’est encore la communication qui nous induit dans ce « délire de confusion » dont nous parlons (écrivons). Cela fait partie de l’essence même de la communication que de créer des relations et des confusions entre des éléments de natures différentes. C’est un cercle vicieux, comment s’en sortir ?
Pour ne pas tomber dans le piège permanent, nous devons être, continuellement, conscients du fonctionnement de la communication et des effets du médium.
Toute situation de communication met en branle des relations entre des médiums.
Qu’est-ce qu’un médium ?
Toute existence ou toute force matérielle, virtuelle ou imaginaire est un médium : l’Air, le grain de Sable, le Roi, le Pentagone, l’Union Européenne, le Papier, l’Alphabet, la Constitution, la Présidence, la Voiture, Barack Obama, le Livre, la Lumière, l’Electricité, … tout est médium.
Tout médium détient des pouvoirs et produit des effets. Le médium, terme d’origine latine, signifiant : centre, milieu, est créateur d’environnement. La méthode de classification des environnements (médiums ) est des plus simples. C’est celle qui prévaut en matière de communication, par emboîtement des uns dans les autres, telles des poupées russes ou des boîtes gigognes (M. McLuhan [2]).
Face à un problème, tous les médiums ne sont pas impliqués en même temps, le niveau d’intervention dépend de la nature du problème à résoudre. Le succès et l’insuccès de l’action ou du projet sont liés à l’utilisation ou la non-utilisation du courant principal de l’environnement concerné. Comment déterminer ce courant principal ?
Communication : Le Visible et l’Invisible
Les humains qui ont la chance de connaître le XXIe siècle vivent dans un univers extrêmement riche du point de vue de la communication. Un monde « triséqué [3] » selon le terme du couple futurologue Toffler, c’est-à-dire un monde global habité par trois grandes civilisations en mouvement : « la première vague », la civilisation agraire, « la deuxième vague », la civilisation industrielle et « la troisième vague [4] », la civilisation de l’ordinateur.
Le médium principal de la civilisation agraire est l’Oralité (ondes et vibrations sonores).
La civilisation industrielle a pour moteur l’Alphabet phonétique (visuel).
La civilisation de l’ordinateur fonctionne avec les Ondes Electriques assimilables aux vibrations sonores.
De ces trois grandes civilisations, deux fonctionnent sur des ondes (vibrations orales et électriques) : la civilisation agraire et la civilisation de l’ordinateur. Le village traditionnel et le village planétaire ont en commun le même esprit magique.
Seule la civilisation industrielle, isolée et prise en étau entre les deux, fonctionne sur un médium visuel : l’alphabet phonétique qui exclut les vibrations sonores. Il est clair que le courant principal qui se dégage désormais de ce monde est un courant oral favorable à l’homme et aux peuples dont la vie est liée aux vibrations orales.
C’est à cause de ce courant principal que nous pouvons écrire que le pouvoir (exclusif) des WASP(blancs anglo-saxons protestants) est terminé. En revanche ceux qui auraient le projet d’exclure les WASP du pouvoir n’y parviendront pas car le courant actuel est favorable à l’intégration. Cette idée du courant principal est très importante à comprendre. C’est la compréhension des effets du courant principal qui fait que les victimes pourront accepter l’idée que les « bourreaux » n’étaient pas responsables mais eux-mêmes victimes de la manipulation du courant principal. Il serait injuste d’accuser l’autre de profiter de ce courant principal car à sa place nous aurions fait ce qu’il a fait : profiter du courant principal, ce qui est tout à fait normal.
Tous les maux dont l’humanité a souffert pendant près de quatre siècles de civilisation industrielle : colonisation industrielle, esclavage massif, discriminations, exclusions, génocides et exterminations des communautés sont des effets insoupçonnés de l’écriture et non le fait des hommes.
Les USA sont aujourd’hui le pays le plus exposé aux agressions injustes, ils sont accusés de crimes dont ils ne sont pas les véritables auteurs.
Les Etats-Unis, depuis la Constitution de1787, et pratiquement tous les états du monde moderne, fonctionnent sur un « tapis volant » : Papier-Ecriture. Cela a bien fonctionné pendant longtemps. Actuellement dans un environnement oral ce « tapis volant » devient anachronique et fonctionne à contre-courant. Nous voyons bien, avec la crise financière internationale que ce « tapis volant » est atteint en plein cœur : dans le crédit. C’est toute notre conception de l’économie et des finances, héritée de la période du Livre, qui est remise en cause.
Les Etats-Unis n’ont aucun ennemi sérieux au monde, nous sommes tous des alliés. Simplement, il faudrait arrêter d’imposer au monde une politique anachronique. A commencer par réécrire la Constitution dans un esprit nouveau et sur un support multimédia sensible aux expressions de tous les peuples.
« La constitution des États-Unis est le plus important des produits d’exportation américains[5]. »Le changement du support de cette Constitution (écrite), du papier au support multimédia, ouvrira la voie vers la confection d’une véritable démocratie digne des peuples du XXIe siècle. Car, le modèle de la démocratie imposé au monde par l’Occident, s’avère être la pire des dictatures : celle du parti unique de l’Ecriture contre toutes les croyances tribales et orales des populations de la planète.

Yrom
Conseiller en Veille Technologique et Culturelle
Abidjan Cote d’Ivoire Afrique

Obama 2.0 : une communauté d'au moins dix millions d'Américains par Neteco.com

Obama 2.0 : une communauté d'au moins dix millions d'Américains par Neteco.com
Barack Obama est entré dans l'histoire, car il est le 44e président des États-Unis, en raison de son histoire et de ses origines, mais aussi et surtout, parce qu'il incarne une nouvelle génération d'hommes politiques: les « digital natives ».Rien que durant la campagne, son équipe aurait posté quelque 1800 vidéos sur You Tube. Et, chaque semaine, il devrait en être mise une nouvelle en ligne. Mais ça ne s'arrête pas là : le site change.gov devrait permettre à des millions de citoyens américains de suivre quotidiennement l'avancée du processus de transition à Washington. Sans compter les 2,9 millions de SMS transmis le 22 août 2008 par l'équipe d'Obama pour annoncer le nom de son vice-président Biden ou encore le spot publicitaire d'une demi-heure diffusé quelques jours avant l'élection sur nombre de chaînes US. Une avancée par rapport à la présidence Web 2.0 française ?Ce n'est pas tout d'ailleurs. Pour la campagne, Barack Obama se serait appuyé sur une liste de diffusion (mailing-list) d'environ dix millions de contacts, 3,1 millions concerneraient des personnes ayant financé sa campagne (639 millions$ dont 465 millions$ via Internet) et sept millions d'autres faisant partie des équipes de bénévoles.Une liste qui fait rêver : « Une fois que les gens ont rejoint un réseau, on ne peut pas les déconnecter comme cà, expliquait d'ailleurs Peter Daou, le webmaster d'Hilary Clinton. Mais les gens qui ont aidé Obama à atteindre cet objectif historique, en s'organisant par eux-mêmes, peuvent parfaitement s'organiser contre le nouveau président par la suite », rappelait-il également.En effet, avec rebuildtheparty.com, les républicains s'activent déjà outre-Atlantique. « La mobilisation en ligne est de loin notre meilleure arme pour transformer le parti en profondeur et lui permettre d'affronter Obama en 2012, lors de sa campagne de réélection, qui devrait tourner autour du milliard de dollars », écrivent-ils en réponse à la net-campagne démocrate.

A BROOKLYN ET AU BRONX : La baraka s’appelle Obama

Quotidien Le Soleil - SENEGAL: A BROOKLYN ET AU BRONX : La baraka s’appelle Obama
Dans ces bouts de New York que sont Brooklyn et Bronx, la chance de l’Amérique s’appelle Barack Obama. Ici, les populations pensent que de l’esclavage à l’élection d’un président Noir, l’Amérique a fait un grand pas.
(New York, Envoyé spécial) - Samedi matin, 8 novembre. A mon réveil, à 7h 30, je retrouve au salon mon hôte et deux de ses colocataires, autour d’un petit-déjeuner avec une forte présence de café Touba. Ils en consomment presque tous. Des vendeurs en ramènent du pays. Ses deux colocataires sont des marchands. Ils commentent la probabilité d’une pluie annoncée la veille au soir par la météo dont les prévisions sont souvent exactes.
La pluie, pour eux, est synonyme de bonnes affaires. Car les New yorkais, ne voulant pas perdre de temps ou rater des rendez-vous, marchent sous la pluie avec un parapluie. Alors, quand arrive la pluie, Ndoye et Sow peuvent faire de bonnes affaires, au pied des buildings, des grands hôtels, sur les grandes avenues, etc.
Les gens s’arrachent comme de petits pains, ces « umbrellas » qu’ils peuvent écouler à 10 ou 15 dollars (environ 10.000 FCfa), en fonction des points de vente.
Après quelques minutes de discussion, ils sortent de l’appartement. Chacun prend sa voiture dont le coffre contient déjà beaucoup de parapluies. Ils prennent des chemins différents. Dix minutes plus tard, il commence à pleuvoir sur New York.
La pluie est fine. Mais refuse de s’arrêter, même au bout d’une heure. Je décide de sortir malgré tout, une casquette sur la tête et lourdement habillé. Je veux aller à Brooklyn. J’achète une carte qui peut me permettre de prendre alternativement le métro et le bus pendant une semaine. A New York, le métro est comme la ville. C’est un mixte de goût et de couleurs différentes qui font se rencontrer Blancs, Noirs, Chinois, Mexicains, etc.
Me voilà à la sortie du métro, marchant nonchalamment sur les rues arrosées par un vent frais, lesquelles laissent apparaître par endroits, le New York des clochards qui vous demandent dans un trépidant anglais, une moitié de dollar ou un bâton de cigarette. A cela s’ajoute le New York des agents de sécurité, ces fameux NYPD (New York Police Department) qui sortent d’on ne sait où, toujours courtois pour orienter et toujours ferme pour dissuader. Ils ne ratent aucune occasion pour mettre leur gyrophare tympanisant à qui veut tendre son oreille.
Je me retrouve plus tard dans ce bout de New York qu’est Brooklyn. C’est le côté Est de la ville, d’après la carte que j’ai. Brooklyn ou en tout cas ses parties que j’ai visitées, n’a presque pas de très grandes avenues, comme c’est le cas dans le Manhattan. Dans les salles bordant les rues, on sent une frénésie. Sur Brooklyn, il paraît qu’il y avait une connotation subversive qui liait le nom à la criminalité. Je ne l’ai pas senti durant les heures que j’ai passées dans ses rues. Il semble que c’est de l’histoire maintenant. La population que j’ai vue est composée de jeunes américains, des Noirs, des Latinos, des Blancs, des Africains dont une forte colonie de Sénégalais « Al pular », etc.
Je suis allé à la rencontre surtout des jeunes au pied de certains immeubles et dans des cafés pour des interviews express et des discussions.
Au deuxième jour de mon séjour, je suis toujours à la recherche de « ces petits riens » qui ont formé un tout pour Obama. Pour les jeunes Noirs de Brooklyn que j’ai rencontrés, la première « certitude » à évacuer est l’apparence de « lazy » (paresseux) qu’on colle injustement à leur peau. Ils refusent de se voir ainsi. Ils revendiquent leur citoyenneté américaine.
Harris Clyden Jr est un agent de sécurité de 30 ans. Il déclare avoir mis en place, avec quelques volontaires, un « petit mouvement de développement à la base ». « Les actions positives sont nombreuses chez la population. Cela a fortement changé Brooklyn. Et si vous pensez qu’il y a de la criminalité, soyez sûr que c’est beaucoup moins avant. Nous qui sommes nés à Brooklyn ne le considérons pas comme un lieu paumé... », déclare Harris.
Nous sommes un samedi et je voulais savoir son état d’esprit et celui de ses amis, depuis que le mardi 4 novembre, au soir, Barack Obama est devenu leur président. « Tout Brooklyn est pour Obama », lance avec bonheur Phil, ami d’Harris. « Il l’a fait ! », lance encore en riant, Phil, en référence à Obama.
Sous ce pied de bâtiment dont on profite du calme pour discuter, ces jeunes pensent que l’élection d’Obama est une bonne chose pour l’Amérique. « C’est la meilleure des choses qui pouvait arriver à l’Amérique. Ce qui s’est passé est extraordinaire. Faire le changement ? C’était possible en Amérique, mais pas avec n’importe qui. Désormais, c’est possible avec n’importe quel citoyen. Qu’il soit Noir, Blanc ou Latino. C’est le charme de cette élection », explique Harris. Denis, un membre du groupe, d’ajouter tel un historien : « Obama, qui est métis avec des origines africaines, est élu président à moins de 50 ans. J’ai appris et lu que c’est un mouvement fort des droits civiques qui a mis fin à la ségrégation raciale. L’esclavage est aussi aboli depuis plus de cent ans. Je suis sûr que dans tous les Etats, plus de 95 % des gens de couleur inscrits sur les listes électorales ont voté pour lui. De l’esclavage à l’élection d’un président Noir, l’Amérique a fait un grand pas ».
La pluie recommence à tomber sur Brooklyn. Un élément qui met automatiquement fin à la discussion. J’en profite pour partir dans le Bronx, une autre circonscription de New York que je rejoins après m’être perdu plusieurs fois, au bout de deux heures.
Le Bronx est l’une des cinq circonscriptions de la ville de New York. Plusieurs immigrants y habitent. Mais le Sénégalais Ibrahima Thiam pense que le Bronx est un melting-pot comme la ville de New York.
Au restaurant de Louis, je fais la connaissance d’Edgar, 32 ans, Noir né dans le Bronx. Il est très connu dans ce bout de rue. Il est, je crois, une sorte de troubadour au contact facile. On s’échange malgré tout quelques propos discourtois et finit par devenir des potes le temps d’un café. Il a l’air d’un Jamaïcain avec sa coiffure « rasta ». Mais se considère comme un Américain du monde. « Si l’Amérique est la capitale du monde, chaque citoyen du monde est le bienvenu dans la capitale du monde ».
C’est Harris qui me snobe en ces termes. C’est aussi peut-être une manière de montrer son ouverture et sa volonté d’échanger. Devenu très taquin, il pense que ni lui ni moi ne sommes Obama. Pourquoi ? « Car nous n’avons pas encore fait ce que les autres ne peuvent pas faire. Ça, Obama est le seul à le faire pour le moment », répond mon interlocuteur, avec des éclats de rire.
Je découvre qu’il a une belle voix d’où sort une douce et merveilleuse mélodie dans laquelle on retient les slogans de campagne « change we need » et « yes we can ». Ce qui va changer sa vie, il n’en a malheureusement aucune idée, lui qui est orphelin de mère. Tout au plus, est-il en mesure de raconter sa nuit du 4 au 5 novembre dernier.
« C’est beaucoup d’émotions. J’ai encore les larmes aux yeux », dit-il. Et de se lever, pour sortir « et fumer une clope ». Je le rejoins devant le restaurant. Entre deux bouffées, il me tient ces propos : « Ma grand-mère, avant sa mort, m’a raconté qu’il y avait beaucoup de personnes tuées pour avoir défendu les droits civiques. Ma mère m’a aussi dit, un jour, dans un accès de colère, que nous sommes des survivants. Je n’avais jamais rien compris. Maintenant, je peux comprendre que tout s’arrache ». C’est comme au basket-ball, il faut arracher la balle et marquer des points au panier , conclut Edgar. Lui comme les millions de jeunes Américains scrutent l’horizon avec beaucoup d’espoir.
Le journaliste Franck Rosegrant appelle à plus de lucidité dans ce mouvement général d’euphorie et d’espoir. « Il faut encore du temps pour faire de bonnes analyses. La majorité des acteurs est la population blanche. Cela a une signification en Amérique », semble avertir Rosegrant.
De notre envoyé spécial Sadibou Marone

I have a dream

Le Temps - Eclairages: I have a dream
La chronique.
Marie-Hélène MiautonVendredi 21 novembre 2008
Les grandes causes subissent parfois de méchants revers: avec l'élection de Barack Obama, l'antiaméricanisme primaire ne sera plus de mise. Impossible de pourfendre une nation dont une majorité de Blancs a voté pour un Noir sans trop se poser de questions existentielles. Impossible d'accuser d'impérialisme un pays qui a refusé de se donner un héros de guerre pour président au profit d'un candidat prônant le retrait des troupes d'Irak. Difficile de dénoncer son néolibéralisme dès lors que le gouvernement Bush lui-même est intervenu dans le monde de la finance jusqu'ici intouchable. Sans oublier la cause environnementale qui semble avoir gagné une Amérique jusqu'ici réfractaire.
Bien sûr, d'aucuns brûlent leurs dernières cartouches en dénonçant les complots avortés d'improbables nazillons ou en prêtant à ceux qui ont voté McCain une démarche raciste plutôt que républicaine. Mais il faut bien admettre qu'il sera difficile d'entretenir la flamme. Le risque de l'idéologie à tous crins est de tomber dans le ridicule, comme le prouve à l'envi cette étude financée par la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) qui dénonce entre autres le fait de montrer des photos de la pauvreté en Afrique ou de placer une main noire dans une main blanche, ce qui «contribue à entretenir le stéréotype du rapport inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile». Mais ce constat peut être inversé car, en ne plaçant jamais des Noirs avec des Blancs, on fait de la ségrégation. Et en illustrant une Afrique joyeuse et épanouie, on passe sous silence la faim qui la dévaste. I have a dream: que la campagne présidentielle américaine ait été traitée sans la ramener à la couleur de peau des candidats. Que la victoire de Monsieur Obama ait été saluée comme celle de la compétence, de l'enthousiasme et de la jeunesse plutôt que l'aboutissement d'une lutte raciale, d'autant que Colin Powell et Condoleezza Rice l'avaient précédé. Que l'on n'ait pas martelé jusqu'au D-day que les Américains blancs qui ne votaient pas pour Obama étaient racistes alors que l'immense majorité des Noirs qui votaient pour Obama ne l'étaient évidemment pas. Qu'il soit possible dans le futur de critiquer le nouveau président sans passer pour un indécrottable raciste. S'il est une preuve que nous ont administrée les Américains, c'est bien que les Noirs qui s'intègrent ont les mêmes chances que les Blancs. En fait, c'est lorsque des minorités refusent d'adopter les us et coutumes de la majorité qu'elles sont discriminées, non en raison de leur couleur de peau ou de leur origine, mais parce qu'elles veulent imposer leurs propres traditions. Si les joueurs noirs avaient voulu changer les règles du football, croyez-vous qu'ils y seraient aussi nombreux et bienvenus? Et si Barack Obama avait voulu fonder un nouveau parti, croyez-vous qu'il serait président à cette heure?

La leçon de rhétorique de Barack Obama

Le Temps - Eclairages/La leçon de rhétorique de Barack Obama

Le président élu des Etats-Unis a démontré tout au long de sa campagne une belle maîtrise du discours. L'analyse de la première allocution qui a suivi son élection permet de comprendre les mécanismes utilisés.
Gabriel Aubert, Professeur à la Facutlé de droit de l'Université de GenèveVendredi 21 novembre 2008
Le 4 novembre dernier, à peine les urnes s'étaient-elles exprimées que M. Barack Obama prononçait à Chicago son premier discours de président élu. De nombreuses interventions illustrant ses qualités d'orateur avaient d'ailleurs ponctué sa campagne.
La bataille électorale est une bataille rhétorique, soit que le candidat prononce des discours au fil de ses déplacements, soit qu'il participe aux duels finals devant des dizaines de millions d'électeurs, à la radio, à la télévision et sur Internet. Cette rhétorique, qui joue ainsi un rôle sans pareil dans l'histoire, est, pour l'essentiel, celle enseignée par Aristote, Cicéron ou Quintilien. Le discours d'Obama, à Chicago, manifeste la permanence de la rhétorique classique, dont le président élu a prouvé - davantage d'ailleurs que son concurrent malheureux - une maîtrise exceptionnelle. Nous voudrions en offrir un bref aperçu. D'abord, le plan ou, comme disaient les Anciens, la «disposition». Selon la rhétorique classique, après l'introduction, l'orateur narre les faits, annonce l'idée ou les idées qu'il propose de défendre, procède à la démonstration, puis conclut. C'est exactement de cette façon qu'a procédé Obama. Dans son exorde (introduction), le président élu annonce que les Américains ont répondu aux doutes sur la valeur actuelle du rêve des pères fondateurs et sur le pouvoir de la démocratie. Qui sont ces Américains? Il les décrit selon la vieille technique de l'amplification par l'énoncé des parties: les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les démocrates et les républicains, les blancs, les noirs, les homos et les hétéros, les invalides et les non-invalides. Suit la narration. Comment le changement est-il arrivé? Plutôt que de raconter chronologiquement la campagne électorale, le président élu en rappelle certains aspects. Il le fait en articulant cette évocation du passé récent autour d'un thème: l'expression de sa reconnaissance aux protagonistes. D'abord au sénateur McCain, pour sa candidature courageuse et les épreuves traversées au Vietnam; puis à sa famille, en particulier à sa grand-mère, qui vient de les quitter (ici, la voix chavire dans l'émotion); ensuite, les managers de sa campagne; enfin, tous ses partisans, qui ont sacrifié leur temps pour démontrer que le «gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple» n'a pas disparu de la terre. Au moyen de cette énumération, l'orateur situe l'histoire récente dans la continuité de l'histoire américaine. La célèbre citation de Lincoln couronne cette évocation. Mais le rappel des faits ne se rapporte pas seulement au passé. Il touche le présent. Aussi, dans la seconde partie de sa narration, Obama décrit la situation actuelle: des Américains dans les déserts de l'Irak et dans les montagnes de l'Afghanistan; des parents privés de sommeil à cause de leurs difficultés matérielles; la pire crise financière en un siècle, une planète en danger. Là encore, la technique de l'énumération. Après l'introduction et la narration vient, en troisième lieu, la proposition, soit l'énoncé du thème principal: «I promise you - we as a people will get there». La formulation, sobre, tire sa force de la référence biblique: Obama annonce la terre promise. Oui, comme peuple, nous y parviendrons. Point de projet concret, mais les espoirs politiques rejoignent l'espérance du croyant qui s'affiche comme tel. La terre promise, c'est le changement. C'est cette proposition qui appelle la quatrième partie du discours, consacrée à la démonstration, qu'Obama fonde sur deux arguments: d'abord, nous nous donnerons les moyens du changement; en outre, l'Amérique a prouvé sa capacité de changer. Et l'orateur de développer ces deux points chacun d'une manière différente. Premier point: les moyens du changement. Ce sont le retour à l'unité sur le plan interne et un nouveau leadership sur le plan international. Pour fortifier l'unité, le président élu, devant ses propres troupes, célèbre les valeurs fondamentales des républicains, valeurs partagées par les démocrates, et cite explicitement l'appel de Lincoln à la réconciliation. L'orateur plaide l'unité en même temps qu'il la pratique, puisqu'il loue l'adversaire (comme il avait, auparavant, dit sa reconnaissance au sénateur McCain). Les auditeurs marquent un certain mécontentement, mais le président élu, qui s'y attendait sans doute, s'élève, comme l'unité, au-dessus des partis. Pour marquer le retour du leadership international, Obama reprend des formules très proches de celles utilisées par Kennedy dans son discours inaugural, s'adressant aux nations ennemies («We will defeat you»: le regard est perçant) et aux nations amies («we support you»). On le voit, l'argumentation repose sur la référence aux célèbres prédécesseurs, accueillis au panthéon de la mémoire américaine. C'est, précisément, l'argument d'autorité. Second point: la capacité de changer. Celle-ci ne sera pas prouvée par un argument d'autorité, mais par un rappel des antécédents (comme le disent les rhétoriciens). Evoquant la figure d'une électrice de 106 ans, Obama cite les grands changements auxquels elle a assisté dans sa vie, utilisant, une fois encore, la technique de l'énumération: les progrès de l'égalité entre les Noirs et les Blancs, les femmes et les hommes; le New Deal pendant la grande crise; la victoire contre les Japonais et les Allemands; la chute du Mur. Et cette énumération se distingue des autres. D'une part, elle s'organise autour d'une vie, celle de la centenaire. D'autre part, elle est scandée par un refrain, semblable au «I have a dream» de Martin Luther King: «Yes we can» prononcé sept fois et même repris par l'assistance. La péroraison ou conclusion forme la cinquième partie du discours. Comme l'enseigne la rhétorique classique, Obama récapitule les thèmes principaux: le rêve américain, l'unité, l'espérance. Pour susciter l'émotion, il répète son refrain, en le présentant comme une citation finale, à la façon dont Martin Luther King a lui-même conclu «I have a dream». La rhétorique, ce n'est pas seulement la construction du discours. C'est un lot de figures, dont regorgent les propos d'Obama. Nous avons signalé le refrain. Relevons-en quelques autres. D'abord, l'anaphore, soit la répétition des mêmes mots au début de phrases successives. L'anaphore sert souvent à organiser une énumération. Les Américains ont répondu. Mais qui sont-ils? Les diverses catégories s'articulent autour de la répétition: «It's the answer told [...] by people who waited three and four hours»; «It's the answer spoken by young and old...»; «It's the answer that led those [...] to put their hands on the arc of history». Et l'antithèse, soit l'opposition de mots ou d'expressions. Dans: «We cannot have a thriving Wall Street while Main Street suffers», l'orateur oppose «Wall Street» à «Main Street» et «thriving (prospère)» à «suffers». Cette phrase recèle aussi deux métonymies, c'est-à-dire la désignation d'une chose par une autre chose, différente, mais connexe: en l'occurrence, les personnes par le lieu où elles se trouvent. La métonymie «Wall Street» appartient au vocabulaire courant. Elle désigne les financiers dont beaucoup travaillent dans cette rue. Obama y oppose une autre métonymie: «Main Street», la rue principale, signifiant la population ordinaire qui y vit. Ou encore l'épitrochasme, soit l'accumulation de mots courts, se succédant à un rythme rapide, souvent accentuée par des antithèses: «young and old, rich and poor, Democrat and Republican, black, white, Latino, Asian, Native American, gay, straight, disabled and not disabled». L'on pourrait analyser d'autres figures, ou les transitions, ou la construction des phrases ou surtout l'«action», comme dit la rhétorique, c'est-à-dire la voix, le geste, la physionomie, soigneusement maîtrisés pour plaire non seulement à la foule qui voit l'orateur de loin, mais aussi aux millions de téléspectateurs, qui le voient de près. La rhétorique ne meurt jamais. Dans leurs collèges et leurs universités, les Américains l'ont cultivée avec davantage d'assiduité que les Européens, même si elle doit son origine à la Grèce et à Rome. Son enseignement revient aujourd'hui sur le Vieux Continent. Si l'on apprenait autrefois la rhétorique en étudiant les auteurs antiques, on peut aujourd'hui l'approcher au moyen des manuels et des exemples proposés par le Nouveau Monde. L'anglais remplace le latin, mais les richesses culturelles demeurent les mêmes, et vivantes.

L'effet Barack Obama est passé par Bordeaux

Temps forts L'effet Barack Obama est passé par Bordeaux - AQUI !
Ils sont 500 Bordelais à faire partie du Cercle des amis de Barack Obama. Aux lendemains de la victoire du candidat démocrate, le collectif milite pour une sensibilisation française. Ils sont Français, Américains, Afro-américains ou encore Maghrébins de Bordeaux et voient dans la nomination du candidat métisse, un espoir pour les minorités visibles. Tee-shirt, casquette ou pin's à l'effigie de « leur » candidat, ils font partager à qui veut l'entendre la bonne parole du nouveau président des Etats-Unis.
La scène est restée gravée dans leur mémoire. C'était un mercredi 5 novembre, à 5h05. C'est le moment où les derniers résultats tombent. Au Café gourmand, où se déroule la soirée électorale américaine, les cris de joie sont rois. Ce soir-là, on vient d'apprendre que le 44e président des Etats-Unis est jeune, métisse et qu'il incarne l'espoir d'une nouvelle Amérique pour ses admirateurs. L'espoir Barack Obama.
« Obama, O-ba-ma, il ne peut y avoir que lui. Je ne vois pas comment ça aurait pu être autrement ». Léonie a le cœur qui bat la chamade. Elle est noire de peau, Française, n'a pas déposé de bulletin dans l'urne américaine ; mais est resté scotchée toute la soirée à l'écran de CNN. « Cette élection est très importante. Pour les Américains, mais pour nous aussi. Barack Obama n'est pas noir. Il n'est pas blanc non plus. Il est métisse. Il est les deux. C'est au monde entier qu'il s'adresse », continue-t-elle de dire.
Des amis de Barack Obama
En la personne de Léonie, c'est le message du Cercle des amis de Barack Obama qui transparaît. Ils sont près de 500 personnes à se sentir proche du président démocrate. « Notre collectif s'est créé pendant les primaires américaines. On s'est assuré auprès d'un avocat qu'en tant que Français nous avions le droit de soutenir un candidat américain », explique Arcade Mehoulo, le président du comité. Chez lui, des posters d'Obama trônent sur le mur du salon. Au milieu des photos de famille. Lui aussi surfe sur la vague de l'effet Obama.
Le premier objectif était de stimuler le débat pendant les élections. C'est chose faite. « Maintenant, il faut qu'on s'intéresse au message universel du président américain. C'est un homme issu de la diversité visible et dont le parcours est sans faute. Il incarne une nouvelle démocratie, à l'opposé du modèle des va-t-en guerre ».
Barack l'idole, Obama le symbole
Au collectif des amis d'Obama, ils ont envie de croire au pouvoir d'influence des Etats-Unis. Le phénomène est avant tout un modèle : « Si les Etats-Unis - pays qui a connu l'esclavagisme - ont élu un candidat noir, il y a des chances pour que la situation des minorités visibles s'améliore aussi en France », explique Arcade Mehoulo. Et pour sensibiliser les Bordelais au changement possible, le Cercle va multiplier dans les mois qui viennent concert de métissage, partenariat avec des jeunes Africains et débats.
Virginie Wojtkowski
Le Cercle des amis de Barack Obama : http://www.obama-friends.com/ ou au 06.59.12.20.68

Les internautes pro-Obama invités à se mobiliser pour le futur président

AFP: Les internautes pro-Obama invités à se mobiliser pour le futur président
WASHINGTON (AFP) — L'entourage de Barack Obama bat le rappel des internautes pour aider le prochain président américain à transformer le pays sur le terrain, tout en continuant à mobiliser les énergies de la campagne électorale.
L'équipe de campagne de Barack Obama, lorsqu'il était candidat, a adressé mercredi par courriel des millions de questionnaires à ses partisans pour leur demander leur avis sur "l'avenir de notre mouvement".
"Partagez vos souvenirs de la campagne et votre opinion sur le meilleur moyen de continuer à partager notre programme pour le changement", explique le courriel signé du directeur de campagne de Barack Obama, David Plouffe. "Grâce à vous, notre pays est face à une chance historique. Elire Barack (sic) était un premier pas. Il reste beaucoup de défis et de travail devant nous".
Le questionnaire de quatre pages demande aux internautes désoeuvrés depuis l'élection de leur candidat le 4 novembre "comment ils aimeraient voir notre organisation (la campagne) évoluer dans les mois et les années qui viennent".
Cette démarche confirme que Barack Obama, qui a largement mobilisé le cyberespace durant sa campagne face à son adversaire John McCain qui avait avoué n'avoir jamais envoyé un email, a l'intention de devenir le premier "cyberprésident" des Etats-Unis en s'appuyant sur l'internet afin de faire pression sur le Congrès.
Barack Obama prendra ses fonctions le 20 janvier,
"Vous avez bâti une organisation dans votre quartier et dans tout le pays qui continuera à travailler pour le changement, que ce soit en battant le rappel sur le terrain en faveur de projets de loi, en soutenant des candidats au niveau local ou en partageant des idées pour favoriser le changement dans votre quartier", explique le courriel.
Aux volontaires qui seraient prêts à continuer à servir la cause, l'équipe de campagne demande combien d'heures de leur temps ils pourraient consacrer à cette tâche chaque semaine.
Elle leur demande de classer par ordre d'importance plusieurs objectifs, comme "aider l'administration de Barack à faire approuver des projets de loi" ou "aider à faire élire des candidats qui partagent la même vision pour notre pays".
Les internautes sont même invités à dire s'ils seraient ou non disposés à être candidats à d'éventuelles fonctions électives.
Le questionnaire demande aux internautes sur quels thèmes ils seraient plus particulièrement prêts à se mobiliser: droits civiques, sécurité nationale, éducation, réforme électorale, réchauffement climatique, santé, droits des homosexuels, planning familial ou encore la guerre en Irak.
John Podesta, l'un des chefs de l'équipe chargée de la transition avec l'administration Bush, a expliqué que le site officiel change.gov servirait "de source d'information et de forum pour participer aux décisions prises pour votre gouvernement".

Michelle Obama: black beauty - Gala

Michelle Obama: black beauty - Gala

Le parfum de guerre froide se dissipe - Russie - Roche François - Challenges.fr

Le parfum de guerre froide se dissipe - Russie - Roche François - Challenges.fr

OBAMA: Les chantiers du changement

DIPLOMATIE AMERICAINE SOUS OBAMA: Les chantiers du changement JAMANA: cooperative culturelle multimédia

Barack Obama veut redorer le blason terni de la diplomatie américaine grâce à une politique d’ouverture et de dialogue sans condition.
“Il y a des menaces auxquelles il faut faire face et des alliances à nouer” , a affirmé Barack Obama, une heure seulement après la proclamation de sa nette victoire en cette nuit mémorable du 4 novembre dernier. Bien qu’étant heureux, l’homme avait sans doute, en marge des autres difficultés, une pensée profonde pour la diplomatie américaine, réduite à sa simple expression ces derniers temps.
La mission principale de l’administration Obama sera sans doute de restaurer le leadership américain à travers une politique extérieure efficiente et cohérente, basée sur les valeurs cardinales, qui avaient permis aux Etats-Unis de s’illustrer dans les relations internationales. En la matière, les démocrates promettent de rompre avec le présent en ne mettant qu’en valeur une chose : le dialogue, rien que le dialogue “avec les amis et les ennemis”.
Cet état d’esprit ne souffre d’aucun doute. L’absence de dialogue nous “empêche de progresser et complique l’adhésion internationale au leadership américain. Sur les challenges variant du terrorisme aux maladies, du nucléaire au réchauffement climatique, nous ne pouvons progresser, à moins que nous bénéficions d’une forte aide internationale”, a défendu Obama, surtout pendant ces 20 derniers mois.
Tout en mettant en confiance les futurs interlocuteurs, ce changement radical se veut l'incarnation de la volonté des USA de trouver un dénouement heureux et pacifique à toute divergence. Et l’une des expressions de ce vœu sera l’expansion des services extérieurs du pays à travers l’ouverture de nouveaux consulats dans d’autres pays.
La Russie sera certainement l’un des premiers coups d’essai de cette arme qu’est le dialogue. Croyant à un non-retour à la Guerre froide, le duo Obama-Biden entend entretenir des relations saines avec le pays de Lénine, sans compromettre les intérêts des USA. Cela passera partiellement par le respect des principes de souveraineté des alliés des USA en Europe et la gestion à l’amiable des tensions avant qu’elles n’escaladent. Aussi, le pays abordera-t-il avec la Russie les questions sensibles de l’heure comme le nucléaire, la lutte contre le terrorisme, l’allégement de la dépendance à l’énergie russe des partenaires américains dans la région.
Le dialogue prévaudra également pour Israël, l’Iran et la Corée du Nord. L’Etat hébreu bénéficiera d’un soutien infaillible des USA tandis que les deux derniers auront des échanges “sans pré-condition” avec Washington. Ce qui sera certainement en adéquation avec le souhait de la France, dont le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, a récemment déclaré que “la personnalité d’Obama pourrait faire la différence” dans la gestion de ces différents dossiers.
L’Irak et l’Afghanistan seront des tests grandeur nature pour la nouvelle administration. Après une “réflexion approfondie et une visite de terrain dans les deux pays”, l’homme hybride compte “en toute responsabilité mettre fin à cette guerre en retirant les troupes américaines d’Irak en 16 mois, soit en été 2010”. Et le futur secrétaire à la Défense, appuyé par les chefs militaires, sera commis à cette tâche dès sa prise de fonction. Le retrait, qui s’effectuera en différentes phases, se fera “avec précaution”, précise l’homme historique.
Un atout : Joe Biden
Toutefois, selon le plan Obama-Biden, des militaires américains resteront en Irak pour mener des missions anti-terroristes contre Al-Qaïda sur place et dans la région et protéger les civils irakiens ainsi que les diplomates américains. “Ces militaires ne constitueront pas une base en Irak, mais y continueront les efforts de formation et de soutien aux forces de sécurité irakiennes jusqu’à la réconciliation des leaders politiques et à la fin du clanisme”.
S’il sera question de retrait d’Irak, il n’en sera pas de même pour l’Afghanistan. Obama entend renforcer les troupes américaines dans ce pays, tout en s’assurant que “les civils et les villages seront sains et saufs”. Dans ce même état d’esprit, le centre de détention de Guantanamo, qui contraste avec les principes démocratiques et la défense des droits de l’Homme par les USA, sera fermé. Même s’il a jusqu’à présent fourni peu de détails sur le mode de fermeture de cette prison, l’ancien sénateur d’Illinois l’a décrit comme “un chapitre malheureux dans l’histoire des USA”.
Comme toutes ces guerres sont contre le terrorisme et les armes nucléaires, les désormais ex-sénateurs (Obama et Biden) entendent œuvrer dans le sens du renforcement des lois et des conventions nationales et internationales en matière de terrorisme et de prolifération des armes nucléaires aux “régimes dangereux”.
Si Barack Obama dispose d’un atout dans la mise en œuvre de son ambitieuse politique extérieure, c’est bien sûr son futur vice-président Joseph Robinette Biden, communément appelé “Joe Biden”. Sénateur du Delaware depuis 1972 quand il n’avait que 30 ans, l’homme a longtemps été membre de la Commission des relations extérieures au Sénat américain avant d’en être le président jusqu’à son élection comme vice-président.
M. Biden, qui s’est beaucoup battu pour une diplomatie de référence, a une expérience avérée dans ce domaine. Il l’a prouvé tout au long de la campagne et contre sa rivale Sarah Palin, dans l’unique débat entre les nominés à la vice-présidence des USA. D’ailleurs, c’est l’une des explications au fait que le futur locataire de la Maison Blanche a jeté son dévolu sur lui parmi une pléiade de prétendants.
“Biden apporte une grande expérience des relations extérieures et une approche directe au travail bien fait” , avait expliqué l’équipe de campagne d’Obama après l’annonce de son choix. Dans ses premières interventions avec sa nouvelle étiquette de candidat, le double prétendant à la nomination du parti démocrate (1988 et 2008, même s’il s’est retiré prématurément) a laissé entendre qu’on ne peut bâtir une bonne diplomatie sans “dialogue. Il faut vous asseoir à table et discuter”.
Une certitude : Joe Biden jouera un rôle prépondérant dans la conduite de la diplomatie américaine pendant ce premier mandat d’Obama. Et le nouveau ou la nouvelle secrétaire (probablement Hillary Clinton) d’Etat prêtera à cet homme chevronné une oreille attentive, non pas seulement en tant que vice-président des USA, mais en tant qu’expert en la matière.
Ogopémo Ouologuem
(USA)

Bill Clinton dégage la voie pour Hillary chez Obama 

Le Figaro - International : Bill Clinton dégage la voie pour Hillary chez Obama
L'ancien président accepte de mettre au clair ses activités pour permettre à son épouse de se voir offrir le portefeuille des Affaires étrangères, dans une Administration Obama où les premières nominations privilégient l'expérience.

HILLARY Clinton ne sera peut-être pas secrétaire d'État, mais Bill n'y sera pour rien. L'ancien président a levé un obstacle majeur à la nomination de son épouse en acceptant de révéler les noms des principaux bienfaiteurs de sa fondation - ce qu'il avait refusé de faire pendant la campagne des primaires.
« Je ferai ce qu'ils veulent », a affirmé Bill Clinton à New York lors d'une cérémonie au cours de laquelle le Triborough Bridge a été rebaptisé pont Robert F. Kennedy. Il faisait allusion aux conditions convenues la semaine dernière à Chicago entre Hillary et le président élu.
Bill Clinton consentirait notamment à tenir la future Administration Obama informée de ses prestations (un discours d'une heure peut être facturé 425 000 dollars), aux États-Unis et à l'étranger où ses propos ne devront pas gêner la politique extérieure américaine. Il ne serait plus impliqué dans la gestion au jour le jour de la William J. Clinton Foundation et n'interviendrait plus dans la grande conférence annuelle de la Clinton Global Initiative, sorte de Davos new-yorkais en faveur du développement.
Ces conditions nécessaires ne seront pas suffisantes pour autant. En les dévoilant, le camp Clinton semble forcer la main de Barack Obama. Or, l'époux encombrant n'est sans doute pas le seul obstacle à prendre en compte. Les qualités d'Hillary ne sont pas en cause, ni son soutien initial à la guerre en Irak, alors qu'Obama l'a rejointe sur le terrain militaire en tenant une ligne dure sur l'Afghanistan.
Premières déceptions
Mais la bataille des primaires a laissé des traces que les deux anciens rivaux devront surmonter dans leurs rapports personnels. Le chroniqueur du New York Times Tom Friedman écrivait hier que les secrétaires d'État les plus efficaces étaient ceux avec qui l'on avait l'impression de s'adresser directement au président. Ce qui était vrai de James Baker et George H. W. Bush pourrait-il l'être d'Hillary Clinton et Barack Obama ?
L'ancienne première dame n'est pas la seule candidate pressentie pour le poste. Le gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, pourrait de nouveau lui barrer la route : cet ancien ambassadeur à l'ONU et ministre de Bill Clinton, qui avait déserté le camp Clinton et s'était déclaré en faveur d'Obama en se retirant des primaires, a lui aussi été reçu par le président élu. Autre concurrent, l'ancien candidat à la Maison-Blanche, John Kerry se contenterait d'hériter de la présidence de la commission des Affaires étrangères du Sénat que va quitter Joe Biden, le numéro 2 d'Obama.
En admettant que le département d'État ait été offert à Hillary, en veut-elle vraiment ? La sénatrice de New York n'a sans doute pas renoncé à ses ambitions présidentielles, qui seraient peut-être mieux servies en dehors du gouvernement, dès 2012, si le premier mandat Obama tournait mal. D'autant que face au spécialiste de l'international qu'est Joe Biden, elle n'est pas sûre d'avoir les coudées franches.
Qu'elle soit nommée ou non, la spéculation sur son nom reflète une tendance qui semble privilégier l'expérience, à ce stade précoce de la constitution du cabinet où aucune annonce n'est encore officielle. La nomination de Tom Daschle à la tête des services de la Santé « va décevoir les électeurs qui espéraient voir de nouvelles têtes », a déclaré un porte-parole du Comité national républicain, qui reproche à l'ancien président des démocrates au Sénat sa proximité avec le milieu du lobbying (un domaine où sa femme est active) après la perte de son siège en 2004. Mais le choix de Daschle, auteur d'un livre sur la réforme de la santé et familier des rouages du Congrès, indique que le nouveau président entend tenir sa promesse de couvrir les 47 millions d'Américains qui n'ont pas d'assurance médicale.
C'est sans surprise que l'on retrouvera David Axelrod, le stratège de la campagne d'Obama, comme conseiller spécial du président, ou encore Gregory Craig, qui défendit Bill Clinton pendant la procédure d'impeachment, comme conseiller juridique. Mais Janet Napolitano, gouverneur de l'Arizona (l'État de John McCain), incarnera le changement à la tête du ministère de la Sécurité du territoire.
» VIDÉO CNN - La constitution du cabinet Obama

jeudi 20 novembre 2008

Google bien représenté dans l'équipe du président Obama

Google bien représenté dans l'équipe du président Obama - Actualités - ZDNet.fr
la rédaction, publié le 20 novembre 2008
Barack Obama a choisi les trois conseillers qui seront chargés des « technologies, de l'innovation et de la réforme du gouvernement ».
Il s'agit de Sonal Shah, la présidente de la fondation de mécénat Google.org, auparavant vice-présidente de Goldman Sachs ; ainsi que Blair Levin, directeur à la banque d'investissement Stifel Nicolaus ; et Julius Genachowski qui a créé la pépinière d'entreprises LaunchBox Digital et présidé l'équipe chargée pendant la campagne d'Obama de monter son "Tech and Innovation Plan".
Ce dernier est d'ailleurs pressenti pour le poste de "chief technology officer" que le président élu souhaite nommé pour gérer cette politique au sein de son gouvernement.
Le 44e président américain s'était déjà assuré les services d'Eric Schmidt, président de Google, qui l'a soutenu pendant la campagne présidentielle.
Par la rédaction, ZDNet France

L'équipe d'Obama incarne plus l'expérience que le changement

L'équipe d'Obama incarne plus l'expérience que le changement - Amériques - Le Monde.fr
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters 20.11.08 08h07 • Mis à jour le 20.11.08 09h17

Barack Obama a été élu sur le thème du changement. Mais les premières nominations au sein de sa future administration semble indiquer qu'il se fie avant tout à l'expérience, relève le Wall Street Journal. En proposant mercredi 18 novembre le portefeuille de la santé à Tom Daschle, un ancien poids lourd du Sénat, Barack Obama a manifesté l'importance qu'il attache à une réforme du système de santé publique dans un pays où 47 millions de personnes sont privées de couverture médicale. L'ancien sénateur du Dakota du Sud, qui est âgé de 61 ans, a accepté la proposition, ont confirmé des responsables du Parti démocrate.

Le futur président des Etats-Unis aurait par ailleurs l'intention de confier le département de la sécurité intérieure à Janet Napolitano, gouverneur démocrate de l'Arizona, assurait mercredi CNN. Penny Pritzker, femme d'affaires dont la famille a fondé la chaîne hôtelière Hyatt et qui présidait le comité de financement de son équipe de campagne, se verrait confier elle le commerce, ajoute CNN qui cite de "multiples sources".

David Axelrod, ancien journaliste reconverti en consultant politique et considéré comme le principal architecte de la victoire, le 4 novembre, a été nommé à la Maison Blanche. Il va désormais conseiller le président Obama notamment sur les questions de politique intérieure. L'entourage du président élu a également annoncé que Greg Craig, ancien conseiller juridique du président Bill Clinton et ancien haut fonctionnaire du département d'Etat, deviendra conseiller juridique de la Maison Blanche à partir du 20 janvier.

Hillary Clinton hésiterait toujours entre rejoindre l'administration Obama, où elle pourrait être nommée secrétaire d'Etat, et conserver son siège de sénatrice de New York afin de participer à la définition des politiques intérieures.

L'équipe du président a annoncé une série de nominations à la tête de groupes de travail chargés d'assurer la transition, laissant entrevoir les titulaires potentiels de postes-clés de la future administration. James Steinberg, donné favori pour devenir le conseiller à la sécurité nationale du futur président, a ainsi pris la tête d'un groupe de travail sur ce thème. Il avait été conseiller adjoint à la sécurité nationale sous la présidence de Bill Clinton. Il sera épaulé par Susan Rice, conseillère de M. Obama pour la politique étrangère, pressentie pour un poste à la Maison Blanche ou au département d'Etat. Susan Rice a été secrétaire d'Etat adjointe aux affaires africaines entre 1997 et 2001.

Daniel Tarullo, dont le nom a été évoqué pour occuper un poste au conseil national économique de la Maison Blanche, va présider un groupe de travail sur l'économie. Sonal Shah, qui dirige la branche philanthropique de Google, a intégré un groupe de trois personnes chargées des hautes technologies et de l'innovation. A ses côtés figurent Blair Levin, spécialiste des télécommunications et des médias, et Julius Genachowski, un ancien conseiller en chef du président de la Commission fédérale sur les communications.

Barack Obama propose le porte-feuille de la Santé à Tom Daschle

Barack Obama propose le porte-feuille de la Santé à Tom Daschle - L'Express
En proposant mercredi le portefeuille de la Santé à Tom Daschle, un ancien poids lourd du Sénat, Barack Obama a manifesté l'importance qu'il attache à une réforme du système de santé publique dans un pays où 47 millions de personnes sont privées de couverture médicale.
En proposant mercredi le portefeuille de la Santé à Tom Daschle, un ancien poids lourd du Sénat, Barack Obama a manifesté l'importance qu'il attache à une réforme du système de santé publique dans un pays où 47 millions de personnes sont privées de couverture médicale.
Le futur président des Etats-Unis aurait par ailleurs l'intention de confier le département de la Sécurité intérieure à Janet Napolitano, gouverneur démocrate de l'Arizona, assure mercredi la chaîne d'information continue CNN.
Penny Pritzker, femme d'affaire dont la famille a fondé la chaîne hôtelière Hyatt et qui présidait le comité de financement de son équipe de campagne, se verrait confier elle le commerce, ajoute CNN qui cite de "multiples sources".
Le 44e président des Etats-Unis, qui entrera en fonction le 20 janvier, a poursuivi ses consultations mercredi, s'entretenant notamment avec son vice-président, Joe Biden, et laissé fuiter certains de ses choix, qui devront être validés par le Sénat.
Après Eric Holder, qui devrait devenir le premier Noir à la tête du département de la Justice, il a proposé mercredi à l'ancien président du groupe démocrate au Sénat Tom Daschle de devenir son secrétaire à la Santé, avec la responsabilité de réformer la couverture maladie.
L'ancien sénateur du Dakota du Sud, qui est âgé de 61 ans, a accepté la proposition, ont confirmé des responsables du Parti démocrate.
Élu pour la première fois au Congrès en 1986, Daschle a présidé le groupe démocrate à la chambre haute de 1994 à 2004. Partisan de la première heure d'Obama, il fait partie de ceux qui l'ont encouragé à se lancer dans la course à la Maison blanche.
DAVID AXELROD À LA MAISON BLANCHE
Choisir cette ancienne figure de premier plan du Congrès vise à démontrer la priorité qu'Obama accorde à ses projets de réforme du système de santé. "C'est un excellent choix, il connaît le Sénat, il connaît le domaine de la santé", a relevé Mac Baucus, élu démocrate du Montana qui préside la commission des Finances du Sénat.
Après sa défaite en 2004, Daschle a travaillé comme conseiller en matière de politique publique pour la société juridique Alston & Bird. Il pilote aujourd'hui le groupe des conseillers d'Obama en matière de santé publique.
Autre membre du premier cercle d'Obama, David Axelrod a été nommé conseiller à la Maison blanche. Cet ancien journaliste reconverti en consultant politique est considéré comme le principal architecte de la victoire, le 4 novembre, du candidat démocrate sur le républicain John McCain.
Il va désormais conseiller le président Obama notamment sur les questions de politique intérieure.
L'entourage du président élu a également annoncé que Greg Craig, ancien conseiller juridique du président Bill Clinton et ancien haut fonctionnaire du département d'Etat, deviendra lui conseiller juridique de la Maison blanche à partir du 20 janvier.
Hillary Clinton hésiterait pour sa part entre entrer dans l'administration Obama, où elle pourrait être nommée secrétaire d'Etat, et conserver son siège de sénatrice de New York afin de participer à la définition des politiques intérieures.
avec Donna Smith, version française Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André

mercredi 19 novembre 2008

Les deux filles d'Obama visitent la Maison Blanche, leur future maison

AFP: Les deux filles d'Obama visitent la Maison Blanche, leur future maison
WASHINGTON (AFP) — Les deux petites filles de Barack Obama, Malia et Sasha, ont découvert mardi après-midi sous la conduite des deux filles Bush ce qui pourraient être leurs futures chambres à la Maison Blanche, lors de leur première visite depuis l'élection de leur père.
Barbara et Jenna Bush, qui auront 27 ans la semaine prochaine, "se sont fait un plaisir" de montrer leurs chambres à Malia et Sasha Obama, les deux fillettes de 10 et 7 ans, a dit Sally McDonough, la porte-parole de Laura Bush, l'épouse du président sortant.
Malia et Sasha, les plus jeunes enfants à entrer à la Maison Blanche en une génération, étaient venues avec leur mère Michelle et leur grand-mère maternelle Marian Robinson, et la visite a duré environ une heure, a-t-elle dit.
C'est Mme Bush qui a invité Mme Obama à revenir à la Maison Blanche quand les deux enfants seraient disponibles, après sa première visite le 10 novembre, a dit Mme McDonough.
La porte-parole de Mme Bush s'est gardée d'en dire davantage, probablement par souci de préserver Malia et Sasha, une préoccupation constamment affirmée par les Obama à l'évocation de leur vie future.
L'une des premières choses que M. Obama avait voulu voir après son entretien politique avec le président sortant, c'étaient les chambres des petites, avait révélé M. Bush.
Dans un entretien accordé à la chaîne CBS, Mme Obama envisageait l'emménagement à la Maison Blanche comme la chance de réunir toute la famille après les séparations de la campagne.
"Nous allons nous retrouver ensemble sous le même toit, dîner ensemble. Je vois d'ici les petites rentrer de l'école et courir jusqu'au Bureau ovale, aller voir leur père avant de commencer leurs devoirs. Prendre le petit-déjeuner. Et il sera là pour les border le soir", a-t-elle dit.
Malia relevait elle-même que son père ne faisait plus tout cela.
Mme Obama a signifié maintes fois qu'elle penserait au bien-être de ses filles bien avant d'envisager de jouer un rôle politique à la Maison Blanche.
"La priorité la première année sera de veiller à ce que la transition se passe bien pour les petites", a-t-elle dit.
"Michelle et moi avons beaucoup parlé de cela", a confirmé M. Obama, "comment préserver cette précieuse normalité chez nos deux petites filles ?"
"Et je pense que l'une de nos plus hautes priorités pour les quatre prochaines années, c'est de sauvegarder cela. Si, au bout de quatre ans, d'un point de vue personnel nous pouvons dire: elles sont qui elles sont, elles restent les grands motifs de joie qu'elles sont aujourd'hui (...) je pense que nous nous sentirons vraiment bien", a-t-il dit.
La grand-mère de Malia et Sasha pourrait s'installer à la Maison Blanche.
Selon M. Obama, Marian Robinson est "l'un des héros anonymes de cette campagne. Nous n'y serions pas arrivés sans elle. Elle a pris sa retraite, elle s'est occupée des filles, elle a rassuré Michelle qui savait que quelqu'un serait là quand elle-même voyagerait".
Mme Robinson "n'aime pas beaucoup le remue-ménage autour d'elle (...). Mais nous espérons qu'elle va venir", a-t-il dit.
Pour Malia et Sasha se posent encore deux questions: celles de l'école et celle du chien.
Michelle Obama a commencé à prospecter les établissements scolaires à Washington et semblait pencher en faveur d'une école privée.
Quant au choix du chien que M. Obama a promis à ses filles, il est l'objet aux Etats-Unis d'un intérêt peut-être aussi considérable, sinon plus, que celui d'un ministre.
"En tant que maîtres responsables, je ne pense pas qu'il serait bon de prendre un chien, en pleine transition. Alors, quand nous serons installés, que nous aurons pris nos petites habitudes - disons à la toute fin de l'hiver ou au début du printemps - nous prendrons le chien", a assuré Michelle Obama.

Obama, premier président 2.0 (mais sans BlackBerry)

Obama, premier président 2.0 (mais sans BlackBerry) - Libération 19 nov. 18h11

Mailing-lists, sites, vidéos... Pendant la campagne, le candidat démocrate a joué à fond la carte «nouvelles technologies». Depuis l'élection, il persévère. Mais le Secret Service veille...
F. Me.
Barack Obama à Indianapolis, le 4 novembre. (Reuters)

Change.gov. Après barackobama.com et avant whitehouse.gov, c’est l’adresse du site internet «de transition» du président élu aux Etats-Unis. Mais c’est aussi l’objectif d’un mandat qui se veut celui du contact direct entre les Américains et leur gouvernement. Un contact qui passera, ça va de soi, par les nouvelles technologies.
Et pour cela, l’équipe Obama peut compter sur un trésor de guerre: les quelque 10 millions d’adresses électroniques d’électeurs - dont trois millions de donateurs - qui ont demandé à suivre en direct la campagne du candidat démocrate. Ils étaient inondés de messages «personnels» de «Barack» ces derniers mois. Ils devraient être bientôt abreuvés de courriers signés du chef de l’Etat. Une manière novatrice de court-circuiter les médias traditionnels.
A se côtés, le cofondateur de Facebook et le PDG de Google
Ce n’est pourtant pas une surprise tant la campagne d’Obama - conseillé par le cofondateur du réseau Facebook Chris Hughes, âgé de 25 ans - a joué la carte de l’interactivité avec des partisans qui se contactaient par SMS ou MSN, recueillaient des fonds en ligne ou se tenaient au courant de leurs activités quotidiennes via Twitter.
Mais le nouveau dispositif est plus ambitieux. Barack Obama a en effet enregistré samedi dernier le premier de ses messages hebdomadaires, jusqu’à sa prise de fonction le 20 janvier, en vidéo (voir ci dessous). Il a été diffusé sur YouTube - où la Maison Blanche devrait bientôt disposer d’une «chaîne» - et sur change.gov où les citoyens peuvent par ailleurs «raconter leur histoire» au président élu.

Des tchats avec Obama devraient aussi être organisés bien que l’on ignore pour le moment les modalités de tels rendez-vous. L’éminence grise s’appelle cette fois Eric Schmidt, PDG de Google et membre du Conseil d’administration d’Apple. Après en avoir été un conseiller informel, il a intégré le comité de transition d’Obama.
Un Obama qui n’a pas à forcer sa nature pour s’intéresser à ces questions. Alors que ses proches appelaient peu ou prou John McCain «le candidat-qui-ne-sait-pas-utiliser-un-ordinateur», l’ex-sénateur de l’Illinois communiquait durant la campagne avec sa famille par webcam sur son Macbook d'Apple, d'après le site du magazine technologique Wired. Et surtout, il est scotché jour et nuit à son BlackBerry, le «smartphone» qui permet de lire ses e-mails. Au point d’être entré dans la catégorie des «crackberries», les drogués de ce joujou technologique. Sur cette vidéo, on peut le voir tenter de regarder son écran pendant un match de football de ses filles… avant que sa femme Michelle ne l’en empêche (à la fin, vers 2mn10).

Problème: le 44e président des Etats-Unis, malgré ses réticences, devra sans doute mettre son BlackBerry au placard pendant tout son mandat. La raison? La loi américaine dite du «Presidential Records Act» qui permet la diffusion des communications présidentielles aux représentants de la loi (en cas d'enquête) et aux citoyens. Tous ses mails — en tout cas ceux qu'il envoie — pourraient ainsi se retrouver sur la place publique. Par ailleurs, les hommes du Secret Service (chargés de veiller sur le président) ont déjà les cheveux qui se dressent sur la tête à l'idée d'avoir à sécuriser le BlackBerry, aucun appareil civil n'étant a priori inviolable…
Obama n'enverra pas de mails
Pour les mêmes raisons, Barack Obama devrait aussi renoncer à envoyer des courriers électroniques depuis un ordinateur, comme l’avait fait son prédécesseur. Pendant huit ans, George W. Bush a en effet abandonné son adresse - g94b@aol.com - mais dans un peu plus de deux mois, il pourra de nouveau consulter sa boite mail… si son compte n’a pas été désactivé. Au même moment, Barack Obama ne disposera plus que de ses téléphones (fixes et portables, mais dûment sécurisés). En échange, il a demandé que soit installé dans le Bureau ovale de la Maison Blanche - qui en était dépourvu -...un ordinateur! Après avoir été un candidat 2.0, Obama deviendra-t-il le premier président internet... sans BlackBerry ?

La présence d'Hillary Clinton chez Obama dépend de son époux

La présence d'Hillary Clinton chez Obama dépend de son époux - L'Express
Le choix possible d'Hillary Clinton au poste de secrétaire d'Etat de la future administration de Barack Obama semble dépendre des lucratives activités de son mari, l'ancien président Bill Clinton.
Le choix possible d'Hillary Clinton au poste de secrétaire d'Etat de la future administration de Barack Le futur président américain a rencontré jeudi dernier son ancienne adversaire de la primaire démocrate pour aborder la question de son éventuelle présence au sein de la nouvelle administration.
Selon un conseiller de l'ex-First Lady, Hillary Clinton est partagée sur l'idée de devenir éventuellement secrétaire d'Etat, une offre dont il reste à démontrer qu'elle a été réellement faite par Obama. "La question est de savoir où elle peut servir le mieux", a précisé ce conseiller.
L'équipe de transition désignée par Obama se serait ces derniers temps penchée sur les activités de Bill Clinton depuis son départ de la Maison blanche. La raison ? S'assurer qu'Hillary n'essuierait pas un refus du Sénat au moment de la confirmer comme secrétaire d'Etat.
L'ancien président s'est constitué une petite fortune depuis la fin de son mandat, en janvier 2001. Il aurait amassé une centaine de millions de dollars grâce aux ouvrages qu'il a écrits et aux conférences qu'il a données.
Il s'est improvisé ambassadeur de bonne volonté et la fondation William Jefferson Clinton a récolté plusieurs millions de dollars pour défendre des projets de lutte contre le sida, le paludisme et le réchauffement climatique.
Il lui serait demandé de révéler la liste des généreux donateurs qui ont financé sa bibliothèque présidentielle dans l'Arkansas et l'ont aidé à créer sa fondation. Le but est de vérifier que parmi eux ne figurent pas des personnages douteux.
La publication de cette liste pourrait ne pas se faire sans problème car "si nous avons appris une chose à propos de Bill Clinton, c'est que s'il peut éviter de fournir cette liste, il ne s'en privera pas", note un politologue de l'université de Virginie.
Dans l'entourage de l'intéressé, on confirme un article du Wall Street Journal indiquant que Bill Clinton a accepté de révéler les noms de tous ses futurs généreux bienfaiteurs et de publier la liste des seuls principaux donateurs dans le passé.
On déclare en outre qu'il n'entend nullement constituer un obstacle pour Hillary et qu'à cette fin il accepterait de reconsidérer ses activités d'affaires et caritatives futures pour ne pas créer les apparences d'un conflit d'intérêt si sa femme devient chef de la diplomatie.
INQUISITEUR
"Je crois que la seule voie envisageable est que l'ancien président accepte d'en faire moins qu'il n'en fait actuellement", estime Steve Elmendorf, expert politique démocrate et partisan de Clinton. "Il a énormément d'activités de par le monde et il me semble qu'il est prêt à en faire moins."
Stephen Hess, spécialiste des questions présidentielles et auteur de l'ouvrage "What Do We Do Now ? A Workbook for the President-Elect", estime que l'examen du tandem Clinton va prendre un peu de temps, mais qu'Hillary devrait décrocher le poste.
"En fait, cela est faisable parce que nous savons vraiment qui sont les Clinton", a dit Hess.
Les partisans du camp Clinton ont la conviction que les deux époux ont été l'objet d'enquêtes à de nombreuses reprises aux cours des dernières années et qu'il n'y a plus rien à découvrir sur eux.
"Ce sont les personnes publiques dont la vie a été la plus passée en revue de toute l'histoire américaine", a précisé un responsable démocrate proche du couple. "On en sait autant sur eux que n'importe qui."
L'équipe de transition d'Obama a souhaité que des opérations de vérification du passé soient faites de manière minutieuse pour tous les candidats aux postes de responsabilité.
Pour ce faire a été établi un questionnaire de sept pages abordant 63 points tels que la situation financière ou les courriers électroniques écrits par les postulants qui pourraient se révéler par la suite embarrassants pour l'administration Obama.
L'équipe de transition n'a pas voulu dire si les Clinton avaient été contraints de remplir ce questionnaire, précisant qu'elle ne faisait pas de commentaires sur les affaires personnelles.
Le but de ce questionnaire est de disposer d'une administration aussi "propre" que possible et d'écarter a priori les problèmes qui avaient embarrassé les administrations précédentes - notamment celle de Bill Clinton.
Toutefois certains jugent cette procédure excessive.
Un responsable démocrate note que ce questionnaire par son côté inquisiteur risque de dissuader les bonnes volontés. "Les informations demandées sont tellement personnelles, pourquoi s'embêter avec ça ?"
Dans l'entourage d'Hillary Clinton, on estimait mercredi qu'il était temps pour Barack Obama de clarifier la situation en faisant savoir rapidement s'il avait l'intention ou nom de lui demander de diriger la diplomatie du pays.
Version française Pierre Sérisier

Si Hillary rejoint Obama, Bill Clinton promet la transparence

Si Hillary rejoint Obama, Bill Clinton promet la transparence - NouvelObs.com

NOUVELOBS.COM 19.11.2008 17:07
Pour désamorcer tout éventuel soupçon de conflit d'intérêt si sa femme devient secrétaire d'Etat de Barack Obama, l'ancien président américain a proposé de soumettre ses activités à un examen éthique et d'identifier les donateurs de sa fondation.
Pour désamorcer tout éventuel soupçon de conflit d'intérêt si sa femme devient secrétaire d'Etat de Barack Obama, l'ancien président américain Bill Clinton a proposé de soumettre ses activités à un examen éthique et d'identifier les donateurs de sa fondation, a rapporté mercredi 19 novembre le Wall Street Journal.Ces déclarations interviennent alors que les conseillers du président élu Barack Obama et l'ancien couple présidentiel sont en discussions depuis lundi pour tenter d'apaiser les inquiétudes concernant de possibles conflits d'intérêts si Hillary Clinton est choisie pour mener la diplomatie américaine."Aussi transparent que le souhaite le camp Obama"Selon un projet d'accord entre les deux parties, Bill Clinton aurait accepté de rendre publics tous les noms des nouveaux donateurs qui verseraient des fonds à sa fondation, la William J. Clinton Foundation, et tous les "grands" contributeurs passés.Il demanderait également le feu vert de l'administration Obama avant d'accepter de faire des discours rémunérés, ou de recevoir des donations pour la bibliothèque présidentielle, ou son ONG Clinton Global initiative, précise le Wall Street Journal, citant des sources impliquées dans les pourparlers."Il est disposé à être aussi transparent que le souhaite le camp Obama", a déclaré une source anonyme au quotidien.Une équipe de juriste travaille sur la questionHillary Rodham Clinton a engagé une équipe de juristes réputés pour aider Barack Obama à envisager sa candidature au poste de secrétaire d'Etat, a-t-on par ailleurs appris mercredi. Dans l'entourage de la sénatrice de New York, on soulignait qu'elle se posait la question d'accepter l'offre alors même que se pose concrètement la question cruciale du conflit d'intérêt entre les occupations de son époux et ses fonctions au Département d'Etat. Les avocats Cheryl Mills, David Kendall et Robert Barnett travaillent avec l'équipe de transition du président-élu à l'examen des informations disponibles sur les finances des Clinton et leurs antécédents.Prendre des distancesBill Clinton a notamment des relations d'affaires avec des gouvernements étrangers, ce que la Constitution américaine interdit pour les membres du gouvernement en place. Bruce Lindsey, un ancien conseiller des Clinton, qui gère maintenant la fondation caritative de l'ancien président démocrate, joue un rôle important dans ce processus, d'après ses collaborateurs. Une source proche du dossier estime que les choses se présentent bien pour Hillary Clinton, avec la collaboration active du couple. Contrats opaquesL'ancien président George Bush, père de l'actuel locataire de la Maison Blanche, donne aussi des discours tarifés, et a participé à des affaires internationales depuis que son fils est au pouvoir, sans soulever de plaintes pour conflit d'intérêt. Mais un autre démocrate qui a conseillé Hillary Clinton au cours de sa campagne a prévenu que les arrangements d'affaires de Bill Clinton sont plus compliqués qu'ils ne paraissent. Peu de stratèges de la campagne Clinton connaissent le détail des contrats conclus par l'ancien président, et nul ne sait si ces montages politico-économiques résisteraient à une enquête sérieuse, dans le cas où Hillary Clinton serait choisie. On ne connaît pas par exemple les noms des donateurs de la fondation de Bill Clinton et de la bibliothèque présidentielle, pas plus qu'on ne sait ce qu'il gagne en tant qu'associé de Yucaipa Global Opportunities Fund, un fonds d'investissement dirigé par un ami proche, Ron Burkle. Bill Clinton a levé de l'argent auprès des souverains saoudiens, koweitien, qatari et du Brunei, et auprès d'une société chinoise d'Internet qui s'informait sur les militants pro-Tibet, ce qui compliquerait à coup sûr la tâche d'une secrétaire d'Etat qui serait son épouse. (AP et AFP)

Retour sur la net-campagne d'Obama sur Journal du Net

Retour sur la net-campagne d'Obama sur Journal du Net

© Cecily Johnson

La campagne électorale de Barack Obama, élu 44ème président des Etats-Unis le 4 novembre 2008, aura été la première à s'appuyer autant sur le net.

Publicité et appels aux dons ont constitué les deux piliers de cette e-campagne, bien plus structurée qu'en 2004 où démocrates et républicains avaient surtout cantonné leur utilisation d'Internet à la promotion de leur programme sur leur site et dans les forums ainsi qu'à la réponse aux calomnies du camp adverse.

Google plaide pour une forte utilisation du Web par Obama

Google plaide pour une forte utilisation du Web par Obama - Journal du Net
Le nouveau président américain Barack Obama ne doit pas relâcher ses efforts dans l'utilisation du Web comme outil de communication, a plaidé le PDG de Google, Eric Schmidt, lors d'une conférence à Washington. Jusqu'à présent, "le gouvernement n'a pas adopté en masse les outils que nous utilisons tous les jours", a expliqué Eric Schmidt, rapporte l'AFP. "Il n'a pas adopté les blogs, la vidéo, toutes les sources d'information". Selon lui, Internet permet justement d'encourager le débat démocratique. "Plus il y a de débat, plus la vérité émerge", a-t-il insisté.Eric Schmidt, qui fait partie conseillers économiques du président américain élu, sait en tout cas qu'il peut compter sur Barack Obama pour doper le chiffre d'affaires de Google. Lors de sa campagne, le sénateur de l'Illinois a investi pas moins de 5 millions de dollars sur le Web rien qu'entre janvier et juillet 2008. Google a lui seul a empoché 3 millions de dollars sur cette période, répartis entre ses liens sponsorisés et la diffusion de bannières sur son réseau AdSense (lire Barack Obama : une élection historique pour l'e-pub, du 06/11/2008). Plus récemment, YouTube a accueilli la vidéo du premier discours à la nation américaine du nouveau locataire de la Maison blanche.

Barack Obama et le changement... vestimentaire

AFP: Etats-Unis: Barack Obama et le changement... vestimentaire
NEW YORK (AFP) — Le président élu Barack Obama a promis le changement et pourrait l'apporter... dans les goûts vestimentaires des Américains.
A 47 ans, le premier Noir de l'histoire à accéder à la Maison Blanche s'est engagé à remettre l'économie sur pied, retirer les troupes d'Irak et restaurer le prestige des Etats-Unis. Mais il est d'ores et déjà l'homme qui remet l'élégance au pouvoir.
"Il présente incroyablement bien et fait beaucoup plus jeune que son âge", estime dans une interview à l'AFP Robert Johnston, rédacteur en chef adjoint de la version anglaise du magazine masculin GQ.
"Il a ce style obtenu sans effort particulier, sans recherche. Le seul autre président américain que vous pouvez imaginer sur une couverture de magazine de mode est Bill Clinton. Son élégance n'a rien de spécial. Elle est simplement là", ajoute-t-il.
Les hommes d'Etat peuvent être à l'origine de tendances vestimentaires. Ainsi, la tête nue de John F. Kennedy a-t-elle tué le feutre, auparavant couvre-chef d'usage pour les hommes politiques aux Etats-Unis.
Plus récemment, la veste beige du président iranien Mahmoud Ahmadinejad a fait un malheur chez les Iraniens, tandis que les imperméables noirs du Premier ministre russe Vladimir Poutine nourrissent la nostalgie rampante du KGB en Russie.
Barack Obama n'a pas de garde-robe particulière. Peu avant l'élection, il avait fait sensation sur la chaîne musicale MTV en appelant les jeunes à ne plus porter leurs pantalons exagérément taille basse. "Vous marchez à côté de votre mère, de votre grand-mère, et on voit vos sous-vêtements. Certains peuvent ne pas avoir envie de les voir. Je suis un de ceux là", avait-il lancé.
Les experts soulignent que la clé de l'élégance de Barack Obama n'est pas tant ce qu'il porte, mais comment il le porte.
Tyler Thoreson, responsable éditorial du site men.style.com, explique que les costumes tombent parfaitement sur sa silhouette mince et sportive, contrairement aux costumes mal coupés de la génération du président George W. Bush.
Tout ceci crée une image moderne et sobre, bien loin des santiags et des chapeaux de cow-boy de Bush.
"C'est très simple: les costumes d'Obama sont coupés pour lui aller, alors que la plupart des hommes plus âgés nagent dans des vêtements trop grands", estime Tyler Thoreson.
Autre détail important, souligne-t-il, la préférence du président élu pour le noeud de cravate simple, plus désinvolte, plutôt que pour le noeud Windsor, plus symétrique et plus large.
"Il est bien dans sa peau, physiquement et émotionnellement, et c'est l'une des raisons qui le rendent si attrayant en ces temps difficiles", estime le journaliste. "Cela va avoir énormément d'impact sur la façon de s'habiller des hommes".
Sur la 5e avenue à New York, où Prada, Escada, Gucci ou Louis Vuitton ont pignon sur rue, on applaudit le nouveau président.
"Il a l'air élégant sans être extravagant. Tout est dans sa personnalité, dans sa façon de bouger", dit Emilia Severino, 23 ans, une vendeuse impeccablement vêtue.
T-shirt rose, lunettes de soleil immenses, veste en tweed criarde et cheveux gominés, David Schiffhauer, étudiant, applaudit lui aussi le bon sens vestimentaire d'Obama. "Elegant mais pas formel, désinvolte mais chic", résume-t-il.
Seule fausse note, selon certains, ses tenues décontractées: ainsi, le New York Times estimait récemment que les tennis blanches, le jean et le coupe-vent qu'il portait le faisaient ressembler au comédien Jerry Seinfeld dans le célèbre feuilleton télévisé "Seinfeld".
Mais Mike England, banquier britannique de 26 ans en visite à New York, estime qu'Obama possède la magie qui peut en faire une icône.
"Ce n'est pas tant son sens du vêtement que sa personnalité. Il est comme Tony Blair lorsqu'il est devenu Premier ministre, jeune et plein d'idées. Et c'est cela qui le rend à la mode", dit-il.

Barack Obama promet que "les Etats-Unis s'engageront énergiquement dans les négociations" sur le climat

Barack Obama promet que "les Etats-Unis s'engageront énergiquement dans les négociations" sur le climat - Planète - Le Monde.fr
LE MONDE 19.11.08 16h05
Barack Obama ne sera pas présent à la conférence internationale sur le climat qui s'ouvrira à Poznan, en Pologne, le 1er décembre, mais le président élu des Etats-Unis a bien l'intention de changer radicalement la donne américaine sur le réchauffement climatique.
M. Obama a saisi l'occasion d'un sommet international consacré à cette thématique qui s'est tenu, mardi 18 novembre à Beverley Hills, en Californie, pour affirmer, pour la première fois depuis son élection, le revirement des Etats-Unis qui, a-t-il dit, vont "s'engager énergiquement" dans les négociations internationales sur le climat. "Lorsque je prendrai mes fonctions, vous pouvez être sûrs que les Etats-Unis s'engageront à nouveau énergiquement dans ces négociations", a-t-il déclaré.
Parrainé par le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, républicain acquis à la cause environnementale, ce sommet a accueilli triomphalement les déclarations de Barack Obama. L'Etat de Californie s'est engagé depuis 2006 dans la lutte contre le réchauffement climatique à travers l'adoption d'une loi sur la réduction des émissions polluantes, dans l'esprit du Protocole de Kyoto, que George Bush a refusé de ratifier.
Sans se substituer à l'administration Bush, qui sera encore aux affaires lors de la conférence de Poznan, les démocrates en suivront les travaux de très près. "J'ai demandé aux membres du Congrès qui seront présents à la conférence en tant qu'observateurs de me rapporter ce qu'ils auront appris", a ajouté M. Obama.
Barack Obama s'est implicitement démarqué des propos de la colistière de John McCain, Sarah Palin, qui, au cours de la campagne présidentielle, avait mis en doute les causes humaines du réchauffement climatique. "Attendre n'est plus une option. Le déni n'est plus une réponse acceptable. Les enjeux sont trop élevés, les conséquences trop graves", a-t-il dit.
Un nouveau cycle de négociations sur le climat s'est ouvert en 2007 à Bali qui doit s'achever à Copenhague en 2009. Les rencontres de Poznan, qui réuniront près de 10 000 participants venant de 170 pays, permettront de tester la volonté des pays de donner ou non un nouvel élan à une politique internationale de lutte contre le réchauffement.
Brigitte Perucca
Article paru dans l'édition du 20.11.08

Barack Obama promet que "les Etats-Unis s'engageront énergiquement dans les négociations" sur le climat

Barack Obama promet que "les Etats-Unis s'engageront énergiquement dans les négociations" sur le climat - Planète - Le Monde.fr
LE MONDE 19.11.08 16h05
Barack Obama ne sera pas présent à la conférence internationale sur le climat qui s'ouvrira à Poznan, en Pologne, le 1er décembre, mais le président élu des Etats-Unis a bien l'intention de changer radicalement la donne américaine sur le réchauffement climatique.
M. Obama a saisi l'occasion d'un sommet international consacré à cette thématique qui s'est tenu, mardi 18 novembre à Beverley Hills, en Californie, pour affirmer, pour la première fois depuis son élection, le revirement des Etats-Unis qui, a-t-il dit, vont "s'engager énergiquement" dans les négociations internationales sur le climat. "Lorsque je prendrai mes fonctions, vous pouvez être sûrs que les Etats-Unis s'engageront à nouveau énergiquement dans ces négociations", a-t-il déclaré.
Parrainé par le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, républicain acquis à la cause environnementale, ce sommet a accueilli triomphalement les déclarations de Barack Obama. L'Etat de Californie s'est engagé depuis 2006 dans la lutte contre le réchauffement climatique à travers l'adoption d'une loi sur la réduction des émissions polluantes, dans l'esprit du Protocole de Kyoto, que George Bush a refusé de ratifier.
Sans se substituer à l'administration Bush, qui sera encore aux affaires lors de la conférence de Poznan, les démocrates en suivront les travaux de très près. "J'ai demandé aux membres du Congrès qui seront présents à la conférence en tant qu'observateurs de me rapporter ce qu'ils auront appris", a ajouté M. Obama.
Barack Obama s'est implicitement démarqué des propos de la colistière de John McCain, Sarah Palin, qui, au cours de la campagne présidentielle, avait mis en doute les causes humaines du réchauffement climatique. "Attendre n'est plus une option. Le déni n'est plus une réponse acceptable. Les enjeux sont trop élevés, les conséquences trop graves", a-t-il dit.
Un nouveau cycle de négociations sur le climat s'est ouvert en 2007 à Bali qui doit s'achever à Copenhague en 2009. Les rencontres de Poznan, qui réuniront près de 10 000 participants venant de 170 pays, permettront de tester la volonté des pays de donner ou non un nouvel élan à une politique internationale de lutte contre le réchauffement.
Brigitte Perucca
Article paru dans l'édition du 20.11.08

CARLA BRUNI: La France est "ravie" de l'élection d'Obama

La France est "ravie" de l'élection d'Obama (Carla Bruni-Sarkozy) - Le Monde.fr
AFP 19.11.08 13h45

La France est "ravie de l'élection de Barack Obama" à la Maison Blanche, a déclaré mardi soir Carla Bruni-Sarkozy, épouse du président français Nicolas Sarkozy et invitée d'honneur du talk-show de David Letterman sur la chaîne de télévision CBS.
Mme Sarkozy, qui a accompagné son époux aux Etats-Unis à la réunion du G20 qui s'est tenue le week-end dernier, a déclaré qu'elle faisait "de son mieux pour s'adapter à son rôle de Première Dame" et qu'elle "aimait bien" cette nouvelle fonction, qui l'amène à rencontrer des personnalités comme la reine d'Angleterre ou le Pape.
"J'aime bien, je fais de mon mieux et j'essaye d'être à la hauteur", a ajouté Carla Bruni, qui vient de publier un nouvel album de chansons, "Comme si de rien n'était".
Interrogée par CBS, Carla Bruni a dit que l'amour entre elle et Nicolas Sarkozy avait été un "coup de foudre", né il y a un an, mais que la rencontre avait été "organisée". "Il y a eu une soirée pour que nous nous rencontrions", a-t-elle dit.
Interrogée sur les relations entre Nicolas Sarkozy et le président américain George W. Bush, Mme Sarkozy a dit que les deux hommes "s'entendent bien. Ils n'ont pas le choix", a-t-elle ajouté.

Chavez, le "nègre" et les "pitiyanquis"

Chavez, le "nègre" et les "pitiyanquis", par Jean-Pierre Langellier - Opinions - Le Monde.fr
LE MONDE 19.11.08 14h18
e veux parler avec le nègre", lance le président vénézuélien, Hugo Chavez, quelques jours avant l'élection de Barack Obama. Au nom "des indigènes, des Noirs et de la race sud-américaine", le porte-drapeau de l'anti-impérialisme régional ajoute : "Je ne lui demande pas d'être révolutionnaire ni socialiste, mais d'être seulement à la hauteur de l'époque que le monde est en train de vivre." Au lendemain du scrutin, Chavez s'adresse à Obama, "depuis la patrie de Simon Bolivar". Il félicite "l'homme noir" pour sa "victoire historique". Il y voit le symptôme d'un changement qui, "parti d'Amérique du Sud, frappe maintenant aux portes des Etats-Unis". Il demande à Obama de prendre un "virage humaniste" fondé sur "le respect de la souveraineté des autres".
Hugo Chavez aime poser en leader planétaire. Il ne lui suffit pas d'envisager la mise au point avec Barack Obama d'un "ordre du jour bilatéral constructif" qui marquerait une nouvelle ère dans les rapports entre Caracas et Washington. Il voit plus grand. Il veut travailler avec le futur président à combattre les maux dont souffre l'espèce humaine - la misère, la faim, le sida - alors que les Américains, dit-il, dépensent tant d'argent "dans les bombes atomiques, les avions invisibles et les complots contre les peuples et les gouvernements".
Un tête-à-tête Obama-Chavez ? Une première occasion de faire connaissance leur sera offerte lors du Sommet des Amériques, en avril 2009, à Trinité-et-Tobago. Lors de sa campagne, Obama s'est dit prêt à parler à Chavez et au leader cubain Raul Castro dans le cadre d'une diplomatie "plus active" envers le sud du continent. Son principal conseiller "latino", Daniel Restrepo, a précisé qu'Obama "choisirait le moment et le lieu" d'une éventuelle rencontre avec Chavez.
Le président élu n'a jamais mis les pieds en Amérique latine, ni à titre privé ni comme sénateur, malgré plusieurs invitations. Les attentats du 11-Septembre et la guerre en Irak avaient relégué la région au second rang des préoccupations de Washington, sauf sur des sujets comme l'immigration et la drogue. Sans doute y restera-t-elle, avec Obama à la Maison Blanche - Afghanistan, Irak, conflit israélo-palestinien et crise économique obligent. Même la lutte contre le narcotrafic fut pratiquement absente, à la différence d'hier, de la campagne électorale. Les Sud-Américains attendent assez peu d'Obama. Il ne pourra donc les surprendre qu'en bien.
Entre Caracas et Washington, le rapprochement, s'il survient, prendra du temps. Au début du règne de Chavez, ses relations avec les administrations Clinton, puis Bush, sont assez cordiales. Elles basculent après le coup d'Etat manqué d'avril 2002 contre son régime, qu'il accuse Washington d'avoir encouragé. Chavez déverse alors sa rhétorique contre "le funeste empire" et son chef, baptisé, selon les jours, "âne", "ivrogne", "chevalier de la mort", ou "diable", comme en 2006 à la tribune des Nations unies.
Il défend Saddam Hussein, proclame son amitié avec l'Iran, puis avec Moscou. Le président russe, Dmitri Medvedev, viendra à Caracas en visite officielle le 26 novembre - une première pour le Venezuela. En septembre, Chavez expulse l'ambassadeur américain par solidarité avec la Bolivie alliée, qui a fait de même. Une décision qu'il commente à sa manière : "Yankees de merde, allez cent fois au diable !" Après le plan de sauvetage bancaire par l'Etat américain, il ironise sur le "camarade Bush" : "Il est maintenant plus à gauche que moi."
Et si l'avènement d'Obama n'était pas une aussi bonne nouvelle pour Chavez ? Bush, "ce taliban néoconservateur", était un épouvantail commode. Mais comment ouvrir le feu sur un président démocrate, noir, d'origine modeste et d'esprit ouvert, diplomatiquement vierge et disposé au dialogue, un homme symbolisant le renouveau de la démocratie américaine ? Comment décocher des flèches contre "l'empire", si l'on ne peut atteindre son nouveau chef ?
L'antiaméricanisme est un moteur essentiel de la révolution bolivarienne. S'il tourne à vide, faute de cible crédible, le régime perdra en partie sa raison d'être. Sa légitimité idéologique s'affaiblira à l'intérieur comme à l'extérieur. Chavez ne pourra plus s'en prendre aussi facilement à ses adversaires dans la région, régulièrement traités de "marionnettes de l'empire".
Chez lui, Chavez aura plus de mal à fustiger ceux qu'il appelle les "pitiyanquis". Selon le dictionnaire de la prestigieuse Académie royale de la langue espagnole, le "pitiyanqui" est un vocable masculin, péjoratif, d'origine vénézuélienne, construit à partir de l'adjectif "petit" et du nom "yankee". Dans la bouche de Chavez, "c'est une personne qui voudrait devenir "yanqui" mais n'en a pas la capacité", "un traître à la patrie qui admire les Etats-Unis", "un misérable", "un oligarque plein d'amertume", bref un antirévolutionnaire éhonté. Ou, plus simplement, tout opposant du président. "Il faut travailler, y compris le dimanche, conseillait récemment Chavez. On dit que Dieu se repose le dimanche mais lui était tranquille, il n'avait pas de pitiyanquis, car le diable était en enfer."
En attendant Obama, Chavez a encore quelques semaines pour tirer sur l'ambulance Bush. Comme la semaine dernière, au cours d'un meeting : "Ferme-la, Bush, tu n'as plus rien à dire ! Sors de l'Histoire par la porte de service !"
Courriel : langellier@lemonde.fr.
Jean-Pierre Langellier
Article paru dans l'édition du 20.11.08

Obama, si!

Obama, si!
Le nouveau président américain élu enthousiasme l’Amérique latine, mais des préoccupations demeurentDans un pays qui n’a retiré qu’en juillet 2008 Nelson Mandela de la célèbre U.S. terrorism list, pour la première fois un afro-descendant accèdera à la présidence américaine. Tandis que la planète entière semble en liesse, envoûtée par une Obamania faisant tache d’huile, sur le plan international, l’élection d’Obama le 4 novembre dernier est particulièrement significative pour l’Amérique latine. La proximité géographique et les sources historiques communes ont fait de l'Amérique latine postcoloniale un terrain prioritaire dans l'entreprise hégémonique étasunienne et, encore aujourd'hui, l'évolution des États-Unis préoccupe foncièrement le sous-continent. Barack Obama n’a pas encore emménagé à la Maison-Blanche que déjà, en sol latino-américain, on sent que le nouveau président pourrait être vecteur de changements, notamment par le biais de sa politique extérieure. En fait, la stratégie américaine en Amérique latine a commencé à évoluer significativement depuis quelques années en corrélation avec l’effritement du leadership du président Bush et le fiasco de la guerre au Moyen-Orient. Suite au 11 septembre 2001, le repli étasunien du sous-continent aura, au-delà des circonstances, engendré le déclin de l'hégémonie américaine dans une région jadis considérée par l'establishment comme une cour arrière. Symbole d’une ère nouvelle dans les relations États-Unis-Amérique latine, cette fois-ci il y eût même des félicitations en provenance de Cuba qui, tout en félicitant le président élu, en a profité pour demander la fin de l’embargo. Pour la première fois en une décennie, le président désigné s’est dit partisan de la levée de certaines restrictions sur Cuba comme celles relatives aux voyages des ressortissants et à l’envoi d’argent, mesures qui seraient immédiatement abrogées. Dans ce contexte, il ne serait pas non plus utopique, pensent certains spécialistes, de voir à court terme le président désigné établir une rencontre avec son homologue cubain, Raul Castro. L'administration à venir se montre déterminée à redonner la priorité traditionnelle à l'Amérique latine au sein de sa politique étrangère. «Ce qui est bon pour l’Amérique latine l’est pour les États-Unis.» C’est ainsi que Dan Restrepo, conseiller principal d’Obama dans la région, scelle le futur de son pays et du sous-continent en un même destin. De ce fait, Restrepo envoie en quelque sorte un message aux tenants de l’antiaméricanisme pressés de voir l’Amérique latine divorcer définitivement avec l’historique influence américaine : leurs intérêts seraient toujours «mariés», pour le meilleur et pour le pire. De toute évidence, en Amérique latine, les analyses exhaustives scrutent à la loupe la future politique extérieure d’Obama pour tenter d’en appréhender ses couleurs avant l’heure, signe que malgré une certaine émancipation symbolique, la région dépend encore manifestement des États-Unis, notamment économiquement. Au niveau commercial, Obama semble vouloir renouer avec une dynamique centripète plutôt que centrifuge, donc favorisant plutôt le protectionnisme au détriment d’une optique libre-échangiste rayonnant sur ses partenaires commerciaux. Même si dans le cadre de la crise financière Obama soutient le libre marché, on sait que le président élu s’oppose au Traité de libre commerce entre les États-Unis et l’Amérique centrale (plus la République dominicaine), le CAFTA. Rappelons que ce traité a été adopté dans la Chambre des représentants en 2006 par deux votes de différence et approuvé par seulement quinze démocrates. Le président désigné s’oppose au traité de libre échange que George W. Bush souhaite ratifier avec la Colombie d’ici la fin de son mandat, tout en donnant son appui à la pérennisation du Plan Colombia, établi officiellement pour combattre le narcotrafic et fortifier les institutions civiles, mais rejeté par la gauche latino-américaine. À la demande des syndicats, le prochain président a aussi signalé son intention de réviser l’ALENA, l’Accord de libre échange de l’Amérique du Nord approuvé au Congrès sous Clinton en 1993. En Amérique centrale et au Mexique, il sera impératif pour Barack Obama d’approfondir la dite «intégration fonctionnelle» de la région, initiative qui à plusieurs égards se démarque justement par son disfonctionnement, surtout en matière de sécurité au travers d’une lutte multiétatique contre les cartels de la drogue et les gangs juvéniles liés au crime organisé, les maras. Plusieurs secteurs latino-américains revendiquent d'ailleurs une politique extérieure américaine dans la région qui outrepasse les seules problématiques du terrorisme et du trafic de drogue. La politique actuelle des États-Unis en Amérique du Sud émerge d’un consensus démocrate-républicain élaboré en 2007 et articulé par son chef exécutif, Thomas Shannon, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères latino-américaines. Dans le but d’élargir les amitiés étasuniennes hors du traditionnel bastion colombien, la priorité de Shannon dans la région demeure le Brésil et ensuite les pays gouvernés par des États plutôt à gauche politiquement, mais s’insérant dans la dynamique de l’économie globale tel le Chili, le Pérou et l’Uruguay. Quant à la présidente argentine, Cristina Kirchner, elle fit preuve d'un notoire enthousiasme face à l'élection d'Obama et semble prête à tourner la page avec l'inimitié entretenue envers l'administration Bush, un pas énorme quand on considère les relations glaciales entre Buenos Aires et Washington. Quant aux trois piliers actuels de l’antiaméricanisme latino-américain, le Venezuela chaviste, la Bolivie d’Evo Morales et l’Équateur de Rafael Correa, l’approche d’Obama devrait perpétuer à leur égard celle de Shannon : favoriser la contention des tensions plutôt qu'exacerber les antagonismes. Le très coloré Hugo Chavez affirma même son désir d’établir de nouvelles relations avec les États-Unis et de relancer un agenda bilatéral. Il dit par ailleurs vouloir dialoguer avec el negro : racisme pur et dur, expression démagogique ou ironie teintée d’antiaméricanisme? Au lecteur d’en juger.D’aucuns croient que cette ouverture découle de l’incapacité à remédier à l’échec du modèle néolibéral et aux énergies concentrées au Moyen-Orient, plutôt qu’à un acte de bonne foi face à la nouvelle gauche latino-américaine. Si les plus optimistes prévoient l’avènement d’une ère nouvelle dans les relations qui nous occupent, d’autres relativisent le progressisme d’Obama aux États-Unis qui – extrapolé à la scène politique latino-américaine – relèverait plutôt d’une ligne de pensée de centre-droit, surtout en matières de politique internationale. Un exemple soutenant l’approche relativiste demeure la posture d’Obama quant à l’incursion militaire colombienne en mars 2008 contre un campement des FARC situé en Équateur qui avait eu raison de Raul Reyes, numéro deux de l’organisation. Barack Obama avait alors affirmé que «la Colombie a le droit de combattre les terroristes qui cherchent refuge au-delà des frontières». On pourrait penser qu’effectivement, l’aura progressiste du président élu au niveau national n’est pas garante d’une politique extérieure nécessairement plus conciliante, du moins en Amérique latine. De manière générale, l'analyste Jorge Castro pense que malgré l’intention anticipée de l’administration Obama de faire un «retour» en Amérique latine, il n’y aura pas de renaissance de l’hégémonie américaine, et ce, même sous la singulière attraction qu’articule le soft-power d’Obama1. Certains, comme le politicologue argentin Atilio Boron, soutiennent d’ailleurs que «le président des États-Unis est une figure beaucoup plus faible que ce qu’il en a l’air». D’après cette lecture, Obama «est» au pouvoir, mais il ne «possède» pas pour autant un pouvoir qui se composerait d’enchevêtrements de forces, échappant à la puissance décisionnelle du président. Reprenant la thèse du politicologue mexicain John Saxe-Fernandez, le pouvoir réel aux États-Unis formerait un triangle composé par la Maison-Blanche et particulièrement le département de la Défense, de l’Énergie et du Trésor, conjugué au gigantesque département de Sécurité nationale2. Ensuite, les grandes corporations auraient un rôle prépondérant, surtout celles reliées à la défense, au pétrole et au gaz. Puis, en dernière instance, les comités clés du Congrès et spécialement ceux de la Chambre des représentants et du Sénat en Énergie et Ressources naturelles ainsi qu’au niveau des forces armées. Sont donc nombreux ceux qui minimisent la portée de «l’effet Obama» en Amérique latine, avançant de surcroît que l’antiaméricanisme est définitivement trop enraciné dans l’histoire récente de la région pour qu’Obama soit l'homme qui puis