vendredi 31 octobre 2008

Le film d'Obama salué comme un «tour de force»

Chantal Valery : Le film d'Obama salué comme un «tour de force» Présidentielle américaine
La publicité télévisée d'une demi-heure de Barack Obama a été regardée par 21,7% des foyers américains, mercredi soir.
Photo: AP

Chantal ValeryAgence France-PresseWashington
À cinq jours de l'élection présidentielle américaine, le film promotionnel du candidat démocrate Barack Obama, qui a recueilli une audience confortable à la télévision, est salué jeudi comme un «tour de force» et une «dernière salve» destinée à convaincre les indécis.
Mélangeant interventions très personnelles du prétendant à la Maison-Blanche, extraits de discours sur fond de musique lyrique et mini-reportages sur la vie quotidienne des Américains, la publicité télévisée d'une demi-heure a été regardé par 21,7% des foyers américains, soit plus de 26 millions, selon les chiffres provisoires de l'institut Nielsen.
Une audience certes inférieure à celle des trois face-à-face télévisés des candidats mais largement supérieure à celle obtenue en 1996 par le candidat indépendant à la Maison-Blanche Ross Perot, qui avait réalisé un film du même genre.
Mais c'est surtout la prouesse technique qui est mise en exergue jeudi par les commentateurs médiatiques et politiques.
«Barack Obama a tiré la dernière salve dans la grande bataille des images que constitue la campagne présidentielle 2008, avec ce film commercial d'une demi-heure de plusieurs millions de dollars qui peut être considéré comme le meilleur film de l'année pour se sentir mieux», estime le Washington Post.
«Hier soir, Obama s'est livré à un 'tour de force' à la télévision digne de JFK», estime aussi le Baltimore Sun, évoquant une «production efficace et émouvante destinée à aider les téléspectateurs indécis à mieux connaître Obama».
En outre, le film, retransmis simultanément sur sept grandes chaînes de télévision américaines, s'achève avec un passage au direct au moment où le tribun Barack Obama s'exprime devant quelque 35 000 personnes lors d'un rassemblement électoral en Floride.
«Le direct de la fin était magistral. Il réunit tous les éléments (du film) avec des angles de tournage parfaits, la musique et les interventions d'Obama devant la caméra, il fournit aussi un plaidoyer final à sa campagne», commente Joe Gandelman, rédacteur en chef de The moderate Voice cité sur le blogue du commentateur politique Marc Ambinder.
Tout à la fois «poétique et pratique, spirituel et sensé», le film est «un élégant mélange d'images, de sons, de voix et de musique conçu non pas pour vendre l'Amérique de Barack Obama mais pour communiquer une sensibilité», ajoute le Washington Post. «Ce film transmet des sentiments, non des faits».
Dans sa publicité télévisée, M. Obama emploie un ton patriotique, presque hollywoodien pour se présenter en bon père de famille, défenseur du Rêve américain.
«Obama y semble aussi héroïque qu'Henry Fonda dans les Raisins de la colère», poursuit le quotidien de la capitale fédérale.
«Il n'y avait pas besoin d'un grand épilogue, mais il y en a eu un: l'apparition en direct d'Obama» scandant «Amérique, le temps du changement est venu», ajoute le journal, convaincu qu'à la différence des Raisins de la colère, le «spectaculaire Obama-Rama» aura un «dénouement heureux».
Dans le film promotionnel, qui a coûté entre trois et cinq millions de dollars, selon les experts, Obama est apparu dans un bureau aux allures présidentielles pour dire que l'élection de mardi «sera un moment déterminant», une «chance» en ces «temps difficiles».
Sans citer son rival John McCain, le film «voulait prouver qu'Obama nous comprend, qu'il est concerné par les problèmes des travailleurs et des retraités», écrit USA Today. Il est destiné à «habituer les électeurs à l'idée de le voir dans le bureau Ovale tout en le présentant comme un candidat qui peut comprendre le quotidien des électeurs de la classe moyenne», poursuit le New York Times.
Mais «il est peu probable que ceux qui sont contre le jeune sénateur de l'Illinois soient influencés» par le film promotionnel, juge le Los Angeles Times, estimant que la publicité aura un «effet minime sur le résultat final».

Les basques d'Obama

Jooneed Khan : Les basques d'Obama International Barack Obama tape un clin d'oeil à un jeune partisan. Photo: AP
La Presse
Quand un candidat à la présidence des États-Unis est populaire et se fait élire par une forte vague, voire un raz-de-marée, il a un effet d'entraînement pour les candidats de son parti aux autres niveaux, au fédéral et dans les États.
Les Américains appellent cela le «coattails effect»: les candidats accrochés aux «basques de la redingote» de leur aspirant présidentiel se font élire avec lui.
Selon le nombre de candidats de son parti qui «passent» ainsi la barre, le jargon politique dit même si le président élu a eu «des basques longues» ou «courtes».
À cinq jours du scrutin de mardi, des sondages publiés hier donnent toujours au démocrate Barack Obama un net avantage sur le républicain John McCain. Le sondage Washington Post/ABC News le met huit points devant McCain (52% à 44%). Le baromètre quotidien Zogby lui donne sept points, celui de Rasmussen cinq. Le dernier sondage Gallup lui accorde entre cinq et sept points d'avance.
«L'effet Bradley»
Ces chiffres sont stables depuis des semaines. Répartis État par État, car ce sont les 538 voix du collège électoral qui décident, ces chiffres donnent des scénarios qui varient de 300 et plus pour Obama à au moins 265 pour McCain (la majorité requise est de 270).
Sur la base de ces chiffres, il est permis de prévoir l'élection d'Obama mardi, par un raz-de-marée même, peut-être. L'usure des républicains, les échecs de Bush, la soif de changement, le charisme d'Obama sont autant de facteurs qui justifient un tel scénario.
Mais il y a aussi «l'effet Bradley», du nom d'un ancien candidat noir au poste de gouverneur de Californie: il menait dans les sondages, mais il a été battu. Les analystes en ont déduit que, pour ne pas paraître racistes, les gens sondés ont dit l'appuyer, mais que, dans l'intimité du vote, ils l'ont rejeté.
Cet «effet Bradley» est évalué à quelque 6 points dans les sondages, ce qui veut dire que, à cinq jours du scrutin, Obama et McCain sont peut-être plus ou moins à égalité. La victoire d'Obama n'est pas garantie mardi.
Elle l'est d'autant moins que le tandem McCain-Palin brasse bien les pulsions de l'Amérique profonde. Ni la droite religieuse ni la droite laïque n'ont d'autre choix que de bloquer Obama. Pour cimenter les néolibéraux et les néoconservateurs derrière eux, McCain et Palin accusent aussi Obama d'être «socialiste» et de flirter avec des «terroristes».
Si Obama est victorieux mardi, il le devra peut-être à l'envers du coattails effect: c'est-à-dire que l'usure républicaine et la mobilisation démocrate à la base seront si déterminantes que c'est une vague populaire qui le porterait jusqu'à la Maison-Blanche - neutralisant «l'effet Bradley». Ce serait alors un «effet de poussée» au lieu d'un «effet d'entraînement».

Les élections américaines, Française - NouvelObs.com

Les élections américaines, Française - NouvelObs.com
Les élections américaines
NOUVELOBS.COM 30.11.1999 00:00
Les commentaires de la presse, vendredi 31 octobre, à propos de la campagne présidentielle américaine :L'UNION Hervé Chabaud "(...) Il aura fallu quarante ans pour qu'un pays dont la moitié des États étaient ségrégationnistes ne se pose plus de question pour élire un candidat de couleur. C'est le signe d'une grande maturité. Est-ce à dire que l'arrivée d'Obama à Washington va transformer en profondeur la politique de l'Amérique ? L'homme ne remet pas en cause les fondamentaux des États-Unis. Il ne fera pas de cadeaux particuliers aux Européens et ne sacrifiera pas les positions de son pays en se montrant trop compréhensif avec des concurrents potentiels. Cette alternance annoncée est d'abord pour les Américains une exigence de politique intérieure même s'ils savent qu'elle aura ses aspects diplomatiques. On le veut architecte de la renaissance du pays, maçon de la transformation sociale, et pompier de l'extrême. La barre est placée très haut alors que son mandat ne sera que d'une durée de quatre ans. S'il veut ne pas décevoir, il sera contraint d'adopter un rythme réformiste à grande vitesse. Obama le sait, c'est pourquoi la composition de son administration fera une belle place aux Clintoniens expérimentés et à une nouvelle génération de jeunes cadres pragmatiques. Gagner c'est bien, réussir c'est mieux." PARIS NORMANDIE Michel Lepinay "(...) Avant même que les électeurs aient posé leur bulletin dans l'urne - du moins ceux qui ne votent pas par avance - l'analyse du scrutin est déjà formulée. Soit Obama gagne, et cela démontrera que l'Amérique est formidable, et les électeurs vraiment des types bien très courageux! Soit il perd, et dans ce cas-là il sera démontré que les Américains sont des racistes et des dégonflés! C'est une dialectique primaire qui réduit le vote d'un peuple à un cliché, une caricature. (...) Les motivations des électeurs des USA ne sont pas moins subtiles que les nôtres. La différence, c'est sans doute que nous n'imaginons pas, malgré la présence toute nouvelle de ministres issus de l'immigration, de pouvoir nous trouver ici, à court terme, face à la même alternative. Même si les chiffres ne sont pas tout à fait comparables 13 % d'Afro-Américains, contre sans doute 6 ou 7 % d'immigrés du continent africain en France, le choix de l'Amérique nous renvoie aussi à notre propre résistance à la diversité. Cela devrait nous préserver des analyses trop réductrices. Dans un cas comme dans l'autre, le racisme restera un problème grave aux Etats-Unis. Ni plus, ni moins. Comme ici d'ailleurs."

Le jour où Obama est devenu noir - Le Monde 2 - Le Monde.fr

Le jour où Obama est devenu noir - Le Monde 2 - Le Monde.fr
J– 4. Le 4 novembre, seuls les Américains voteront, mais c'est la planète entière qui tremblera. Obama-McCain, tout a été écrit sur les enjeux de ce duel historique. Chaque instant de la vie des deux candidats a été soupesé par des médias avides de découvrir l'épisode caché qui pourrait tout faire basculer. Barack Obama avait, si l'on peut dire, pris les devants en publiant dès 1995 son autobiographie, Dreams from my father. Treize ans plus tard, accompagné d'une préface inédite, Les Rêves de mon père. L'histoire d'un héritage en noir et blanc reparaît dans la collection " Points " (572 p., 8 euros).

Des terres rouges du Kenya aux paysages de l'Indonésie, des ghettos de Chicago à l'université Harvard, on y découvre bien sûr l'extraordinaire histoire de l'homme qui va peut-être devenir le premier président métis de l'histoire des Etats-Unis ; plus encore, Obama y apparaît tel qu'on le pressentait en lisant son magnifique texte De la race en Amérique (Grasset) : un véritable écrivain.
Bien entendu, il s'en défend : "Je n'ai pas le talent d'écrivain nécessaire pour mettre des mots sur cette journée [du 11 septembre 2001], et celles qui suivirent… les avions qui, tels des spectres, s'évanouissent dans l'acier et le verre, le mouvement lent des tours qui s'écroulent, l'une après l'autre, les personnages couverts de cendres qui errent dans les rues, l'angoisse et la terreur. […] Mes possibilités d'empathie, mes capacités de compréhension de l'autre ne me permettent pas de percer les regards vides de ceux qui tuent des innocents avec une satisfaction abstraite, sereine. Ce que je sais, c'est que l'Histoire a refait irruption ce jour-là de plus belle ; qu'en réalité, comme nous le rappelle —Faulkner, le passé n'est jamais mort et enterré – mieux, ce n'est pas le passé. Cette histoire collective, ce passé, touche directement les miens."
Plus loin, Obama se souvient du jour où il a pris conscience qu'il était différent. Sa mère ne cessait d'idéaliser le présent, de lui vanter les vertus des "grands" Noirs, Mahalia Jackson, Martin Luther King, Sidney Poitier. Souvent, elle lui disait : "Harry Belafonte est l'homme le plus beau de la planète." A elle, la Blanche, il devait ses petits sourcils fins qu'on ne remarque pas. A son père, le Noir, son cerveau, son caractère.
Et puis un jour, dans Life, Barack tomba sur la photo d'un Noir qui avait essayé de changer de peau. "Je sais, écrit-il, que la lecture de cet article a été pour moi une attaque en forme d'embuscade. […] Il y avait un ennemi caché quelque part, un ennemi qui pouvait m'atteindre sans que personne le sache, pas même moi." Il poursuit : "En rentrant chez moi, je me rendis dans la salle de bains et me plantai devant la glace. Tout était là, en place, intact, j'étais le même que d'habitude. Est-ce que j'avais quelque chose d'anormal ? Mais si j'étais normal, l'autre possibilité ne me faisait pas moins peur, la perspective que les adultes qui m'entouraient vivaient dans un monde de fous. […] Mon regard sur le monde avait été modifié, et ce, de manière définitive."
A la télé, remarque-t-il alors, "Cosby ne faisait jamais la conquête de la fille dans I Spy", "le Noir de Mission impossible passait son temps sous terre" et le père Noël était un Blanc.
A lire ce livre bouleversant, on comprend mieux ce fol espoir qui envahit le monde, à la mesure de la crise qui le menace.
Franck Nouchi

Un Noir à la Maison-Blanche ?, actualité Monde : Le Point

Un Noir à la Maison-Blanche ?, actualité Monde : Le Point
Les Américains vont-ils oser ? Un Noir sans beaucoup d’expérience peut-il devenir le 44e président des Etats-Unis ? Voici les quatre défis que devra relever Barack Obama s’il veut être élu.
Par Patrick Sabatier (à Washington)
Barack Obama en campagne à Chillicothe, Ohio © Alex Brandon/AP/Sipa

« Le moment de l’élection du président est une époque de crise nationale. » La remarque d’Alexis de Tocqueville date de 1831, mais elle est toujours pertinente en 2008. Le 4 novembre, les Américains choisiront un chef de l’Etat qui devra affronter une récession, gérer deux guerres (Irak et Afghanistan) et une crise de confiance sans précédent. Neuf sur dix estiment que le pays est sur la mauvaise pente. Trois sur quatre jugent désastreux le bilan de George W. Bush, le président sortant. Logiquement, John McCain, 72 ans, le sénateur républicain de l’Arizona-qui, en dépit de ses efforts, ne parvient pas à se débarrasser de ses attaches, pourtant distendues, avec Bush-, ne devrait pas avoir la moindre chance de l’emporter face au candidat démocrate, Barack Obama, 47 ans, sénateur démocrate de l’Illinois, qui caracole en tête dans les sondages. Celui-ci vient de recevoir un renfort de poids : l’ex-secrétaire d’Etat Colin Powell, personnalité très respectée aux Etats-Unis.
Pourtant, à deux semaines du scrutin, la question continue de tarauder les esprits : les Américains vont-ils oser ? Obama peut-il vraiment devenir le 44e président des Etats-Unis d’Amérique ?
Si le doute persiste, c’est bien sûr parce que, pour la première fois dans l’Histoire, un des deux grands partis a fait d’un homme de couleur son candidat. En fait, Obama devra relever quatre défis pour entrer à la Maison-Blanche.
La question raciale
Elle a été tout au long de la campagne le proverbial éléphant au milieu de la pièce dont les convives feignent d’ignorer la présence. Pour un grand nombre d’Américains, et pas seulement de démocrates, l’élection du fils d’un immigré kényan et d’une native du Kansas serait un acte rédempteur effaçant le péché originel de la démocratie américaine, l’esclavage, et l’aboutissement du mouvement des droits civiques.
« N’oubliez pas qu’il ne s’est jamais rien produit de semblable, et que cela intervient après quatre siècles de tensions raciales, à un moment de crise intérieure et internationale », souligne l’un des conseillers d’Obama. « Les gens ont tendance à penser que la race n’est plus un problème, mais c’est une vision irréaliste... » Le candidat a cultivé une image postraciale, au point de se faire reprocher sa « trahison » par certains militants noirs. McCain s’est, pour sa part, interdit de jouer la « carte raciale ». Mais, en réalité, la stratégie d’Obama repose sur un effort de mobilisation sans précédent de l’électorat africain-américain pour tenter de faire basculer certains Etats du Sud comme la Virginie, la Caroline du Nord ou la Floride. Une augmentation d’un quart de la participation électorale des Noirs pourrait suffire à y effacer l’avance de Bush sur Kerry lors de la présidentielle 2004.
Les démocrates s’inquiètent a contrario de l’« effet Bradley », du nom de l’ancien maire noir de Los Angeles qui, donné vainqueur par les sondages, n’avait pu être élu gouverneur de Californie en 1982. Dans le secret de l’isoloir, les électeurs blancs n’agissent pas forcément avec autant d’ouverture d’esprit que lorsqu’ils sont interrogés par les sondeurs. Ce « racisme sans racistes » pourrait encore jouer un mauvais tour à Obama dans des Etats clés du Midwest, comme l’Ohio ou la Pennsylvanie, où l’électorat démocrate comprend une forte proportion de ruraux ou d’ouvriers blancs pauvres et peu éduqués. L’ « effet Bradley » sera peut-être compensé par l’« effet Palmer », ce héros du feuilleton télévisé « 24 heures chrono » qui incarne un président américain noir et très sympathique.
La question identitaire
Le Parti républicain en a fait un des ressorts de son hégémonie politique depuis l’élection de Nixon en 1968. La « nouvelle guerre civile » oppose les « rouges » (conservateurs, républicains) aux « bleus » (progressistes, démocrates) sur des questions de société (droit à l’avortement, droit à posséder des armes, place de la religion dans la sphère publique...) et des valeurs censées définir ce qu’est un Américain « authentique ». Il suffit d’avoir assisté aux conventions de Denver (démocrates) et de Saint Paul (républicains) ou d’avoir suivi les deux candidats en campagne pour se convaincre que leur confrontation est bien celle de deux Amérique que (presque) tout sépare.
La candidate républicaine à la vice-présidence, Sarah Palin, se veut l’incarnation de l’Américain ordinaire et individualiste, buveur de bière, accroché à son fusil et à son 4x4, macho tatoué, super-patriote convaincu que Dieu est de son côté. Elle brocarde Barack Obama l’ « élu », candidat des « élites » cultivées, écologistes et laïques, qui sirotent leur verre de chardonnay en affichant des affinités suspectes avec l’Europe. La majorité des Américains n’ont rien à voir avec ces caricatures, mais elles n’en expriment pas moins un conflit réel qui a irrigué la campagne.
Le tandem républicain joue aussi sur la peur des électeurs du « heartland », l’Amérique profonde et blanche. Celle-ci vit la mondialisation comme une menace qui détruit les emplois, sape les valeurs traditionnelles et s’accompagne de l’arrivée d’une vague d’immigrés qui changent la culture en même temps que la composition ethnique du pays. Obama, « melting-pot » incarné, métis né outre-mer (Hawaii), grandi en terre étrangère (Indonésie), sorti d’une grande école (Harvard), est l’archétype de cette menace, un « alien », un « autre », pas tout à fait américain. Il est même accusé d’être « antiaméricain » en raison de ses accointances passées avec quelques personnages sulfureux à Chicago, le pasteur Jeremiah Wright, ou Bill Ayers, l’ex-dirigeant non repenti de l’organisation d’extrême gauche des Weathermen (responsable d’une série d’attentats dans les années 70). « Qui est vraiment Barack Obama ? » demandent sombrement les publicités républicaines.
Cette biographie atypique fait, néanmoins, sa force auprès de la jeunesse estudiantine. Cette dernière lui est très largement acquise. Obama fait également une percée dans des Etats, la Virginie ou la Caroline du Nord par exemple, dont le dynamisme économique et les entreprises high-tech attirent des populations de plus en plus jeunes, instruites, tolérantes sur les questions de moeurs et ouvertes sur le monde. Un facteur qui peut être, aussi, un atout décisif dans le sud-ouest du pays (Colorado, Nevada, Nouveau-Mexique), où le nombre des électeurs de culture hispanique détermine le jeu électoral.
La question économique
Plus de 60 % des électeurs en font le facteur décisif. Cela joue en faveur du candidat démocrate, les républicains étant tenus pour responsables de l’implosion de Wall Street et de la récession dans laquelle le pays plonge. Mais l’idéologie libérale léguée par Ronald Reagan-l’hostilité à l’Etat, « qui est le problème et non la solution »- est devenue en trente ans dogme intangible. C’est pourquoi McCain a fait de « Joe le Plombier », cet artisan de l’Ohio inquiet de voir ses impôts augmenter sous une administration démocrate, le visage de l’Amérique qui soupçonne Obama de vouloir instaurer le « socialisme » en Amérique en « redistribuant la richesse ». Même si Joe n’est pas véritablement plombier et a eu maille à partir avec le fisc...
Difficile, cependant, de ne pas associer la crise au capitalisme sauvage et dérégulé que prêchent les idéologues conservateurs. Et le programme économique d’Obama n’est pas plus « socialiste » que la politique d’un président républicain qui vient de procéder à la nationalisation partielle du secteur financier, avec l’approbation de McCain.
La question de l’expérience
Barack Obama, jeune avocat associatif qui a fait une ascension fulgurante dans le monde politique de Chicago, n’a siégé que quatre ans au Sénat à Washington. « On ne nous a jamais demandé de prendre d’aussi grands risques sur un dossier aussi mince », insiste McCain, faisant contraster sa longue carrière avec l’absence d’expérience et le bilan sans consistance de son adversaire.
L’argument porterait sans doute davantage si le candidat républicain ne l’avait affaibli en prenant Sarah Palin à son côté. L’impréparation de la jeune gouverneure de l’Alaska est si flagrante qu’elle a suscité une rébellion jusque dans les rangs conservateurs. Par contraste, Barack Obama a reçu l’onction de personnages aussi respectés que le multimilliardaire Warren Buffett ou Colin Powell.
Le résultat du 4 novembre au soir dira si une majorité d’Américains pensent, comme le leur assure John McCain, qu’ « Obama ? C’est trop risqué ! ». Ou s’ils auront trouvé, comme les y a invités le candidat démocrate, « l’audace d’espérer ».

Le Messager

Le Messager
Barack Obama : l’électrochoc à la conscience Noire
Quel que soit le résultat des élections présidentielles américaines en novembre prochain, une chose est sûre, Barack Obama aura remis sur la sellette la question noire dans l’histoire du monde. De son Amérique natale en Asie ou il a passé une partie de son enfance, en passant par l’Europe ou il a fait des vagues récemment, et l’Afrique où il tire ses racines, la seule question qui a sérieusement inquiété est celle de savoir si un Noir peut être le président de la superpuissance que constituent les Etats-Unis.Cette question qui cache bien d’autres, toutes autour des capacités de l’homme Noir à être l’égal des autres hommes de la planète terre a fait l’objet de nombreuses théories philosophiques et de nombreux débats économiques et sociologiques depuis des millénaires . Quel que soit le sentiment que l’on puisse avoir sur l’ensemble de ces questions qui ont marqué l’histoire de l’humanité, on sait qu’il y a une abondante littérature sur la traite négrière, sur la colonisation et qu’il faut des hommes de la grandeur d’un Cheikh Anta Diop pour dire que l’Afrique est le berceau incontestable de l’humanité et que les Blancs ont émigré en Afrique pour apprendre les mathématiques. Tous les écrits qui ont eu tendance à élever le Noir à la hauteur du Blanc ont rapidement été brouillés et jetés aux oubliettes. Mais voici qu’en 2008, à la surprise du monde entier, un Noir s’engage dans une voie très difficile et osée, celle qui pourrait le conduire à devenir l’homme le plus puissant du monde. Dans son entourage immédiat, c’est des interrogations sans fin, tant la voie qui conduit à la Maison Blanche est sinueuse et le pari très risqué. Les noirs d’Amérique vont commencer à vivre ce qui deviendra en quelques mois le phénomène Barack Obama. Au fil des discours pendant les meetings de campagne d’investiture dans son propre parti, toute la planète découvre le talent d’un jeune sénateur aux origines africaines : il étale sa parfaite maîtrise de la société américaine, des rouages du parti démocrate dont il est membre et remporte l’investiture pour les élections présidentielles en battant celle qui, quelques années auparavant, était la première Dame du monde. Les débats télévisés qui ont suivi cette investiture ont montré un Barack Obama débordant d’énergie, conquérant, stratège et se mettant sans surprise dans la peau d’un président des Etats-Unis d’Amérique. Les élections présidentielles, bien organisées dans un régime démocratique, constituent toujours un moment d’émulation des passions, de chocs des ambitions, de trahisons, d’intenses réflexions, de rêves d’une société nouvelle, bref, un tournant dans la vie publique. Que symbolise la fulgurante ascension et l’audace de ce jeune Noir ? De prime abord, rendons nous à l’évidence que les nombreuses théories philosophiques vantant la supériorité absolue de la couleur blanche s’effondrent car Barack Obama a pu démontrer à souhait que l’Américain, quelle que soit son origine, est à même de comprendre, de vivre et de projeter l’avenir de son pays sans état d’âme ni faiblesse. Son message tendant à faire comprendre que les distinctions d’origine qu’on attache à tout Américain sont dénuées de toute valeur intrinsèque est sans ambiguïté. De ce point de vue, on comprend son aisance à débattre des problèmes des Américains quelles que soient la couche sociale et la race. Ses propos, tout en dénonçant les tendances racistes de certains de ses compatriotes, ont mis les Américains devant leur responsabilité. Celle d’exprimer clairement en novembre prochain aux yeux du monde entier qu’au 21e siècle, l’Amérique est encore raciste au moment où elle engage l’économie mondiale dans la récession et fait du saupoudrage sur les motivations des guerres dévastatrices de vies humaines au nom de la liberté des peuples et de la démocratie. Sur le plan psychologique, Barack Obama, au-delà de la jeunesse américaine pétillante d’énergie et aspirant à un autre monde, a fédéré les jeunes du monde entier à travers son slogan « Yes, we can ». Même si ce message est destiné prioritairement à une frange de la population américaine sur qui reposent les enjeux électoraux de l’heure, il a rapidement franchi les frontières des Etats-Unis d’Amérique pour prendre corps partout dans le monde où les gens rêvent d’un lendemain plus sûr. Ce « oui, nous pouvons » repousse les frontières du conventionnel possible dans l’imaginaire des peuples en général, mais surtout des peuples opprimés, plongés et entretenus dans le doute. Pour tout Noir, même dans l’inconscience, Barack Obama apparaît comme un électrochoc à sa conscience d’Homme. Désormais, le fait d’être traité d’égal à égal avec les blancs devra éloigner de nous la fâcheuse attitude de mendicité, de mal gouvernance, d’inertie. Le monde entier sait désormais que les noirs peuvent. Ils seront traités comme tels. On sait depuis des années que le Noir peut, tout autant que le Blanc et ce, dans tous les domaines. Mais la foi qui a poussé Barack Obama dans le rêve que nous vivons en cette fin d’octobre 2008 est interpellative. Nous, peuples noirs de la planète avons une culture, une manière d’être, commençons par le reconnaître, continuons en maîtrisant ce que nous enseigne le modèle occidental, et comparons le aux modèles asiatiques pour frayer notre propre voie. En dix-huit mois de campagne, la trajectoire de Barack Obama laisse apparaître que les peuples noirs ont été pendant des années responsables de leur manque de considération. Il suffisait de croire, le cours de l’histoire aurait peut-être changé Quel que soit le choix des américains le 04 novembre 2008, Barack Obama a déjà mis l’homme Noir au pied du mur, face à ses propres défis. Sur un plan personnel, il a accompli sa mission. Reste pour nous autres à transformer l’essai. L’investiture de Barack Obama a été le déclic attendu depuis des centaines d’années pour nous délivrer d’une peur auto-entretenue, d’une torpeur incompréhensible et traumatisante. Désormais, orientons nos actes, notre foi, et nos pensées de façon à pouvoir dire en cœur avec Barack Obama, « Oui, nous pouvons ». dr_tcheliebou@yahoo.com
Par Frédéric TCHELIEBOU

Obama joue gros - Le JOURNAL CHRETIEN

Elections américaines : Obama joue gros - Le JOURNAL CHRETIEN
mercredi 29 octobre 2008
par Abed Charef
Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, un Noir est en position de remporter les élections présidentielles. Un événement majeur, qui donnerait une force exceptionnelle au mythe du « rêve américain ».
Les Etats-Unis d’Amérique s’apprêtent à vivre, le 4 novembre, l’événement le plus marquant de leur histoire, depuis un demi-siècle. Qu’ils choisissent Barak Obama pour succéder à George Bush, ou qu’ils confient les destinées de leur pays à John MacCain, les Américains vont faire un choix qui marquera durablement leur pays et, d’une certaine manière, le monde entier, en raison du poids encore excessif de cette hyper puissance dans les affaires internationales. En effet, quelle que soit l’issue du scrutin, le résultat sera historique, particulièrement si Barak Obama est élu. Le sénateur de l’Illinois serait alors, le premier noir à accéder au poste de l’homme le plus puissant du monde, celui de président des Etats-Unis d’Amérique. Ce qui permettrait à ce pays, profondément marqué par l’esclavage et le racisme, de solder ses comptes avec un passé chaotique. Plusieurs siècles d’esclavage, une guerre civile particulièrement meurtrière, un autre siècle de discriminations, l’apparition de mouvements racistes comme le Ku Klux Klan : c’est en effet tout cela, l’histoire des Etats-Unis, avant que n’émergent des figures positives et médiatiques comme Martin Luther King et son fameux « dream » (rêve) d’une Amérique débarrassée de ses fantômes ségrégationnistes.
Une victoire d’Obama permettrait ainsi aux Etats-Unis de faire un bond exceptionnel dans le sens de l’histoire. L’événement serait d’une telle ampleur et d’une telle portée, que la crise financière actuelle, malgré son ampleur, pourrait être reléguée au second plan. La guerre en Irak, l’Afghanistan, les relations difficiles avec l’Iran : tous ces dossiers pourraient apparaître secondaires, face à l’élection de Barak Obama. D’autant plus que le candidat démocrate pourrait apporter un regard nouveau, une conception nouvelle de la politique, susceptible de contrer le poids écrasant du système américain.
C’est d’ailleurs dans ce domaine, qu’Obama jouera gros. Il porte tellement de symboles qu’il ne pourra pas se permettre d’échouer, ni même réussir à moitié. Il est condamné à réussir pleinement. Utilisera-t-il son aura, et cette formidable force qu’il incarne, pour bousculer les lignes et imposer ses règles au système américain, ou bien se contentera-t-il de laisser fonctionner le système, sans prendre trop de risques ? Pour l’heure, il est difficile de le dire, même si on lui attribue, d’ores et déjà, une aura exceptionnelle et un côté visionnaire au moins égal à celui de John Kennedy. Les défis sont énormes. Pour réussir, Barak Obama aura besoin de toutes ses qualités et de tous ses atouts, d’autant plus qu’il partira avec un handicap majeur, avec la crise financière qui a ébranlé l’Amérique, et qui réduit considérablement sa marge de manœuvre. En contrepartie, il bénéficiera d’un atout de première importance : il succédera au président américain le plus impopulaire depuis la Seconde Guerre mondiale, et il lui sera très difficile de faire pire que George Bush... L’enjeu dépasse toutefois largement la personne de Barak Obama, car c’est l’Amérique et, avec elle, le monde entier, qui se trouvent embarqués dans l’arche du sénateur de l’Illinois. Obama constituerait en effet une rupture exceptionnelle, la seule peut-être qui pouvait redonner espoir à l’Amérique après deux mandats de George Bush. Noir, jeune, beau, symbole d’un mélange multiracial, il était plus apte qu’Hilary Clinton pour symboliser l’Amérique du 21e siècle.
Il semble même prédestiné à jouer un rôle précis : représenter le fameux rêve américain, à un moment où la crise est telle que le monde commençait à douter d’une Amérique qui doute d’elle-même. Quoi de mieux en effet qu’un enfant né au bout du monde, élevé à l’autre bout de la planète, dans une famille éclatée, appartenant à une minorité noire, pour symboliser le succès que l’Amérique promet aux siens ? Quoi de plus beau que de confier à un jeune ayant un tel profil, le soin de diriger la première puissance économique et militaire du monde, celle qui totalise encore le tiers de ce que le monde entier consacre à la recherche-développement, celle qui consomme le quart de l’énergie et de l’eau produites dans le monde, qui concentre annuellement près de 40 pour cent des inventions et découvertes scientifiques du monde ! Car, si l’Amérique est en crise, elle n’en reste pas moins le moteur du monde dans de nombreux domaines, aussi bien pour l’économie que pour le savoir. Ses entreprises restent les plus puissantes, ses universités sont les plus performantes au monde, et sa puissance économique ne sera, au mieux, égalée que dans plusieurs décennies par la Chine.
Deux entreprises, Microsoft et Google, fondées par de jeunes gens, ont atteint une capitalisation boursière qui se rapproche du PIB du Mexique, qui compte pourtant plus de 100 millions d’habitants. Faut-il pour autant « voter » Obama, comme l’opinion européenne l’a fait à près de 80 pour cent ? Nul doute qu’Obama aura une perception de la politique différente de celle de George Bush. Il aura probablement un regard différent sur l’Afrique, et tentera une nouvelle approche dans les relations avec le continent noir. Mais là s’arrêtera probablement Obama, car il devra composer avec les impératifs du système américain.
Revers de la démaille, l’élection éventuelle d’Obama donnera une sorte de carte blanche aux Etats-Unis. Obama fera ce qu’il voudra dans le monde entier, et particulièrement en Afrique et dans le monde arabe. Il sera impossible de critiquer la politique américaine dans cette partie du monde, y compris si Obama maintient, et c’est le plus probable, la politique traditionnelle des Etats-Unis au Proche-Orient.
Barak Obama s’est d’ailleurs plié au système, en affirmant, devant les associations juives, que Jérusalem sera la capitale éternelle d’Israël, alors que ce point constitue à l’évidence un point des futures négociations sur le Proche-Orient. Il a été contraint de faire de la surenchère, et a montré qu’il avait de véritables capacités de se plier aux règles imposées par le système. Pour que la désillusion ne soit pas complète, il reste à espérer que Obama a fait cette déclaration parce que la campagne électorale l’exigeait, mais qu’une fois élu, il fera preuve de plus justice.
Les Africains, quant à eux, auront vaguement le sentiment qu’ils sont eux aussi au pouvoir aux Etats-Unis, si le frère Barak remporte les élections. Ils seront prêts à tout admettre de sa part. D’autant plus qu’il a un atout imparable : il ressemble à un mythe africain, Nelson Mandela.
(Le Journal Chrétien, en partenariat avec le Quotidien d’Oran)

Le Messager

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L’Amérique de Barack Obama
L’événement créé par la candidature de ce "jeune" sénateur noir est si grand et inattendu que d’aucuns se demandent si Barack Obama est un extra-terrestre découvert subitement dans l’Illinois ou simplement un Américain parmi tant d’autres ! La vérité est que personne n’en parlerait s’il était noir ou blanc postulant à une élection quelconque autre que celle du président des Etats-Unis d’Amérique ; mais tous en parlent aujourd’hui parce qu’il est noir et est candidat démocrate à ce poste prestigieux de la nation la plus forte au monde ; l’autre vérité qui brûle les lèvres est que ce jeune noir-blanc (métis) inconnu des Américains hier, tient sa seconde généalogique des entrailles de l’antique civilisation nubie égyptienne du Kenya avec ses bantous semblables à ceux accrochés aux flancs lacustres du Congo, du Burundi, du Rwanda, ou de l’Afrique du Sud. C’est dire que, Obama, ce fils d’émigré africain appartient (bel et bien) à la race des négroïdes et par conséquent est "Noir" tout comme ses frères "Black africains" (in America). Pourquoi donc tant d’émotion et de curiosité pour cette candidature ? Pourquoi Barack Obama et pas un autre noir (ou métis), pourquoi pas un "blanc" comme candidat démocrate ?Tout d’abord, voilà des questionnements qui préoccupent et nourrissent cette prospective électorale américaine ; des questionnements qui se proposent par ailleurs d’éclairer le débat à l’échelle des civilisations de l’universel.Parlant encore de cette "Candidature", c’est évoquer en d’autres termes les qualités exceptionnelles d’intelligence politique qui ont permis à ce brillant universitaire, de surcroît jeune sénateur démocrate de l’Illinois de bien se positionner par rapport à ses concurrents et d’exploiter au mieux le "Timing électoral" de manière à éviter des "candidatures parasites" qui nuiraient à la sienne.Mine de rien, il a eu raison d’Hilary Clinton lors des primaires démocrates en se forgeant une image d’homme politique sérieux et moderne ; éloquent et intrépide débatteur, il polarise le regard des curieux pour se présenter comme l’unique interprète du rêve américain ; habile manœuvrier et incisif organisateur, Obama est doté d’une impressionnante sagacité intellectuelle qui lui permet de s’imposer en véritable héritier de la pensée politique du parti démocrate et du rêve de Martin Luther King ; surtout lorsqu’il déclare : "This is the moment" ! avec son "We can believe in" on tout simplement "The hope" !Est-ce donc suffisant pour comprendre l’énigme Obama ? Que non ! dis-je…Car, Barack Obama est avant tout citoyen américain ; et son mystère réside en ce que l’Amérique possède de riche et de profond… C’est pour cela qu’avec cette "candidature", je crois pouvoir dire qu’il se passe des "choses" invraisemblables dans l’édifice de l’oncle Sam ; et pour en savoir davantage ; il faudrait discrètement se fondre dans l’imaginaire de la prochaine élection présidentielle du 4 novembre 2008, afin d’observer et analyser scientifiquement les règles du jeu et les mécanismes de fonctionnement qui les accompagnent.Après quoi, chercher à comprendre leur pourquoi ainsi que les raisons qui sous-tendent sinon qui les animent ; évidemment sans occulter les réalités sociologiques de la superbe mosaïque tribo-ethnique des peuples autochtones et d’émigrés qui composent l’Amérique de Barack Obama.Parler de cette "candidature" pour moi, c’est reconscientiser l’opinion américaine sur la perversité de ses guerres de territoires ; ses complexes de races issus de l’esclavage et d’une abolition imparfaitement réalisée. C’est aussi permettre à ces peuples d’Amérique de toutes les origines de se regarder en face afin de façonner ensemble une civilisation multiculturelle parce que multiraciale. Un acte d’importance historique majeure et civilisationnel Tirant de cette "élection" divers enseignements, la "candidature" de Barack Obama démontre que tout peuple souverain, doté d’un idéal politique mûr, patriotique et plongeant ses racines dans le ferment de sa culture propre, est capable d’affronter tous les écueils et défis pour se construire seul, sans interférences d’emprunt excessives. Aujourd’hui, par la "candidature" de Barack Obama, la grande Amérique multicolore pose un acte apparemment banal mais en réalité d’importance historique ; un acte que je prétends majeur et civilisationnel parce que permettant à l’Amérique (par sa seule et unique volonté) de damner le pion au reste du monde.Par cet "acte électoral" qui panique les uns et rassure les autres, l’Amérique a voulu imprimer à jamais non seulement ce choix délibéré et véritablement démocratique mais également poser souverainement les jalons d’une société de justice, d’égalité et de fraternité qui soit en phase avec les valeurs éthiques de la civilisation du XXIème siècle. Du coup, cette Amérique en cours de décomposition généralisée, retrouverait son âme et ses vertus ; occuperait de nouveau la place préférentielle et l’autorité nécessaire pour conduire les affaires du monde. Dans ces conditions, il n’est pas inutile de souligner que la "candidature" de Barack Obama est essentiellement le fait de ses compatriotes "blancs" qui, au sein du parti démocrate, n’ont pas tenu compte ni de sa race (négroïde) ni de la couleur de sa peau ; parce qu’il faut le dire, ce mérite une fois de plus est celui des Blancs américains (qu’on taxe souvent de racistes) et non celui des "Africains américains" in America.C’est pourquoi dans cette analyse que je voudrais objective voire à la limite de l’impertinence intellectuelle, Obama n’est pas un simple fait de choix électoral, mais plutôt un "bouleversement" total des fondements de la société américaine ; un séisme culturel pour ne pas dire une "Révolution culturelle" à l’américaine ; en un mot, un phénomène de civilisation planétaire…En cela, je peux dire que cette "candidature" en elle-même est l’expression profonde d’un peuple travailleur et inventif, à la recherche permanente de son bien-être et qui se veut à la fois idéaliste et pragmatiste dans sa "vision politique"et son Rêve Spirituel. C’est-à-dire un peuple désireux d’engager ses ambitions culturelles au service de la démocratie et du développement économique, social et surtout écologique. Le "choix" de Barack Obama comme futur président des Etats-Unis d’Amérique est symbolique non seulement de ses cultures plurielles parce que multiraciales, mais également par la preuve que les "Blancs" d’Amérique veulent tourner définitivement le dos au vestige de l’esclavage, en apportant à l’humanité des métissages culturels de qualité au-dessus d’une vulgaire mixture des civilisations ; des semences d’une esthétique synthèse des premiers crus de cultures capables de générer cette "espèce humaine" écologique tant attendue et recherchée. C’est pourquoi, ces Blancs et ces Noirs (mais aussi les Jaunes et les Rouges) vidant leurs sempiternels contentieux de préjugés de classes, de race, de couleur ou d’origine, conviennent consensuellement par actes majeurs de faire bouger significativement les lignes de la démocratie américaine, déjà mal en point par l’arbitraire et les puissances d’argent.C’est aussi vrai que cette "vision politique" inséparable du "Rêve américain" fédère tous les peuples d’Amérique regroupés sous la bannière étoilée et qui ont encore en mémoire les lourds préjudices causés à l’humanité par des siècles d’esclavage, de ségrégation, de souffrance, d’injustice et d’aberration.Aujourd’hui, décidés à tourner la page de l’horreur qu’inspire ce passé récent, et confrontés à l’adversité quotidienne, à l’insécurité économique et physique, les Américains (dans leur globalité) veulent refonder leur société par "l’élection de Barack Obama"…Un homme neuf et viergeDans ces conditions, les Américains pensent qu’il leur faudrait une démocratie presqu’intégrale ; souple et performante qui satisfasse à l’intouchable principe de "Law and Order" ; une démocratie vigoureuse et prompte à prévenir l’aliénation, les entorses et les outrages à l’endroit de la dignité humaine et de son environnement ; une démocratie à grande valeur écologique capable de créer un lexique humaniste pour tous aux fins de mieux s’exprimer et se comprendre ; et qui privilégie une cohabitation sans heurts et sans méfiance des différentes composantes de la nation américaine et ceci dans le strict respect de leurs différences culturelles.Après l’échec patent de la politique générale du président Bush, lequel échec agit aujourd’hui sur la société américaine comme un détergent actif et nocif, il n’y a pratiquement de doute pour personne que la "candidature de Barack Obama" "petit Noir" de l’Illinois avec son slogan the "Change" a virtuellement recrée l’espoir, the "Hope", parmi les Américains.La magie de cette "candidature" tient au fait qu’Obama est vierge et neuf dans l’arène politique américaine et ne porte pas les stigmates indélébiles des "crapules" de Washington ; qu’il est métis (pour ne pas dire noir) avec des allures technocratiques qui semblent d’emblée rassurer en plus de ses propos mesurés et d’un cursus universitaire peu commun.Par ailleurs, il faut noter que si Obama est géniteur du concept de "changement" qui est à la fois ambivalent et dichotomique parce qu’il relève de deux "constances" (ou attentes) sociologiques oubliées à tort ou à raison par les intellectuels et les politiques, le grand mérite lui revient parce qu’il a su procéder à la résurgence de ces valeurs emblématiques de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique ; c’est aussi pour cela qu’il en fait une exploitation rationnelle, presque scientifique, j’allais dire.A partir de ce moment, Barack Obama s’élève au-dessus de la mêlée ; prend de l’altitude par rapport à ses poursuivants immédiats ; qu’ils soient démocrates ou républicains d’autant que ces "attentes" (populaires) participent activement à la "problématique" au développement, de la démocratie et du renforcement de la cohésion des peuples d’Amérique.En clair, je veux parler de :- la "Vision politique" du parti démocrate concentrée en une "idée programmatique" dans sa version écologique et moderniste à partir des années soixante sous la houlette du très regretté jeune président J.F. Kennedy, idée interrompue par l’assassinat de ce dernier et l’incompétence de son successeur texan Lyndon Johnson à poursuivre cette rénovation politique.- ensuite, il y avait le "Rêve" spirituel (the Dream) du révérend pasteur noir Martin Luther King ; un "Rêve" prémonitoire de l’ancestralisme africain qui retrouve sa religiosité dans le spiritualisme américain ; un rêve qui prophétise l’Amérique de demain dans laquelle tous les hommes seraient égaux avec les mêmes droits et devoirs. Ce "Rêve religieux" était en fait une "Attente" populaire en souffrance dans le cœur de chaque Américain ; s’il fut diffus pour les uns, il n’en était pas moins confus pour les autres parce que relevant de la conscience collective américaine.Bref, un "rêve américain" qui résume à la fois les dogmes religieux et le pragmatisme républicain ; un rêve "african american" qui défie le temps et appréhende le futur par quelque lueur d’espoir, the "Hope".Certes, plus subtiles que compréhensibles, les deux "attentes" (rêve et vision) expriment le même "concept unitaire" et partagent la même ambivalence théorique. Mais loin d’être un handicap intellectuel, comme certains semblent le reprocher à Obama, la société américaine est néanmoins fière et heureuse de la remise en chantier politique de ces deux "attentes". Barack Obama en tire un bénéfice remarquable pour avoir fait montre de beaucoup d’audace, de lucidité, de courage et surtout de grande maturité et d’intelligence politiques.C’est pourquoi aujourd’hui et grâce à cette inestimable production intellectuelle globalisant à la fois l’économie, le social, la démocratie que l’environnement, la vieille Amérique traditionaliste et républicaine pourrait de nouveau s’ébrouer de toutes ses plumes pour donner un nouvel éclat au monde. Fixer un "Stop" de sécurité aux derniers soubresauts des racistes et ségrégationnistes ; et de taire une fois pour toutes cet impérialisme désuet, arrogant parce que dégénéré ; devenu dangereux parce qu’inhumain.Dès lors, il est pratiquement établi que seul Barack Obama a cru avec passion, et clairvoyance à ces deux "attentes" de la société américaine.Souvent, certains milieux douteux ont voulu présenter Barack Obama comme un technocrate hautain et distant, j’ai compris qu’il était plutôt timide pour ne pas dire pudique et respectueux. Pour moi, son côté énigmatique est celui d’une intelligence finement ciselée par des années d’apprentissage et d’une rigoureuse éducation. C’est ainsi qu’il a appris seul, que pour devenir président des Etats-Unis d’Amérique, il faut vite oublier sa différence et pour faire la différence, être indifférent aux différences de races, de couleurs, de cultures ou d’origine ; il sait que l’éthique, la famille et Dieu symbolisent le spiritualisme américain.Je dois ajouter que tout cela ne suffirait pas pour hisser haut la candidature de Barack Obama si elle ne reposait pas sur des critères de compétence, de probité morale et de patriotisme avérés.Mieux que ses concurrents, Obama a posé le diagnostic le plus complet et le plus profond de la société américaine ; c’est lui qui, le premier a parlé d’injustice, de l’arnaque du système d’imposition indirecte qui pénalise les petites gens et la classe moyenne ; c’est encore lui qui a suggéré la protection sanitaire et l’éducation pour tous ; de repenser la démocratie américaine vieillotte, inadaptée et déjà en ballottage défavorable dans l’échelle de l’universel ; par l’éthique et la morale dans les affaires et la vie publique, Obama voudrait réorienter les mentalités citoyennes hors normes fortement entamées par une sclérose impérialiste militarisée et de grande arrogance.En un mot, pour "refonder" la société américaine, ce jeune sénateur noir n’hésite pas de dire vouloir mener une guerre sans merci dans la fourmilière du Sénat où se trouvent intrigues et lois iniques. Pour ce faire, Barack Obama a compris que pour réaliser ses objectifs (attentes), il lui faut conquérir le pouvoir politique et s’assigner des missions spécifiques telles que :- l’aménagement des institutions républicaines et de la démocratie ; le renforcement et le contrôle des structures administratives pour éviter que ne s’installe davantage la gestion du "laisser-faire" ;- certes Barack Obama s’est déclaré favorable au libéralisme économique et commercial, cependant il se propose également de restaurer l’autorité de l’Etat qui va à vau-l’eau comme semble le démontrer les scandales et les désordres financiers en tout genre ; se dit prêt et déterminé à porter l’estocade aux lobbies qui fourmillent et prospèrent à Washington. Ainsi, ouvrir le monde au dialogue inter-Etats et à la recherche du consensus pour la sécurité et la paix.Maintenant que cette "candidature" est établie, il faut peut-être s’appesantir un tant soit peu sur les mécanismes de solidarité, de patriotisme et de "Law and Order" qui lient les uns aux autres.Une chance pourle monde et pour l’AmériqueA défaut de convaincre les incrédules de tout poil, je pense que la candidature de "Barack Obama" est une chance et pour le monde et pour l’Amérique, car elle permet de dédouaner les Blancs et les Noirs de leurs complexes divers et variés et de comprendre que son fait relève d’une convergence de circonstances historiques ; de deux principales attentes populaires (vision et rêve) et du génie propre du candidat qui, par sa lecture sociologique pertinente a su redimensionner l’ambition du peuple américain. Par ailleurs, connaissant la complexité du système électoral américain, ainsi que les difficultés y afférentes de tous ordres pour asseoir une stratégie efficace, en plus de l’épluchage et de la quantification des problèmes économiques et sociaux qui préoccupent tant les Américains, nul doute que dès à présent et à cause de la grande compétence politique de Barack Obama", d’aucuns se demandent déjà s’il est possible qu’un Noir soit si doué et que tant de Blancs soient derrière lui pour le soutenir ? C’est cela la "grande Amérique" ; l’Amérique des idéalistes et des pragmatistes comme l’est à la fois Barack Obama.
Par Par C. Moukouri Manga Bell

Walf Fadjri

Walf Fadjri
Jour J-9 : L'Amérique si proche de l'élection d'un président noir Le 4 novembre prochain, les Américains éliront leur 44e président de la République. Et pour la première fois de son histoire, la puritaine Amérique risque d’avoir un chef d’Etat noir. Moins de 5 points en trois jours. C’est le recul enregistré par le camp démocrate Barack Obama durant un récent sondage. Et cela à quelques jours de l’élection présidentielle américaine du 4 novembre prochain. Même s’il est toujours en tête des sondages, son avancée sur John McCain s’est quelque peu effritée. Du moins présentement. Qu’est-ce qui est donc réellement arrivé ?
Est-ce parce que l’heure de vérité approche que les intentions de vote changent ou est-ce parce que le candidat démocrate paie de sa pause de deux jours pour aller au chevet de sa grand-mère malade au Kansas ? Les interrogations peuvent certes se multiplier encore, mais Barack Obama semble marcher inexorablement vers la Maison Blanche. Depuis les primaires, tout tourne à son avantage.
L’Amérique semble plus que jamais déterminée à faire le grand saut : élire un Noir comme président de la République ; même si les républicains n’ont pas encore dit leur dernier mot. Réputés qu’ils sont à pouvoir faire tourner en avantage, à la dernière minute, les situations les plus rocambolesques. L’on se souvient encore des épisodes d’Ohio en 2000 et de Floride en 2004. Joe Biden, le colistier de Barack Obama, l’a très bien compris en envoyant récemment des millions de messages aux Américains pour leur dire de faire attention à cette spécialité des républicains. De ne pas tomber dans leur traquenard, à quelques jours de la présidentielle et au moment où Obama a la faveur de tous les pronostics. Déjà, McCain a essayé en vain de briser cette ‘obamania’ en jetant son dévolu sur Sarah Palin. Une femme, avec tout ce que cela représente comme symbole dans la société américaine, pour contrer l’autre symbole : l’homme noir qui est supposé être incarné par Barack Obama.
Toutefois, on ne peut pas reprocher aux républicains ces subterfuges. A y regarder de près, Obama lui-même en a utilisé, en allant rendre visite à sa grand-mère blanche dans le Kansas. C’est une façon pour le Noir qu’il est de se rapprocher davantage de l’Amérique blanche, de la femme américaine, mais aussi de montrer son attachement à la famille qui est très important aux Etats-Unis. Il l’a fait aussi à un moment critique, lorsque pour la première fois, les sondages l’ont crédité de deux chiffres (10 points) d’avance sur son rival républicain, John McCain. Il a suspendu, pour deux jours, sa campagne. A ses risques et périls certes, mais à (c/s)es calculs aussi. Obama a, par ailleurs, réussi à faire oublier son second prénom Hussein et un supposé Ossama qui rappellent les noms de Saddam Hussein et à d’Ossama Ben Laden. Des noms qui renvoient à l’islam, mais aussi et surtout au terrorisme.
Quoi qu’il en soit, Obama a aussi tiré profit des multiples errances du président sortant, le républicain George W. Bush. Des entêtements qui vont certainement perdre le camp républicain et John McCain. D’autant que l’effet escompté Sarah Palin ne s’est pas produit, que Joe Biden joue à merveille son rôle de colistier et qu’Obama est toujours indétronable dans les intentions de vote. Même dans les Etats clefs que sont l’Ohio, la Pennsylvanie et la Floride. Dans ce dernier Etat, Obama, qui est le candidat qui a le plus récolté de fonds dans toute l’histoire électorale des Etats-Unis d’Amérique, vient d’y consacrer 39 millions de dollars pour le dernier virage.
C’est dire que les élections américaines sont très coûteuses. Trop coûteuses. Mais, même si cette campagne est coûteuse, elle n’est pas, pour autant, perceptible dans les rues américaines, comme on peut s’y attendre ailleurs dans le monde. C’est que, traditionnellement, les Américains dépensent énormément dans la communication interpersonnelle (mailing, Sms, porte-à-porte etc.), spots publicitaires (radio et télé) et autres. D’où l’importance attachée au spin doctors. Ces spécialistes de la communication qui travaillent l’image de leur candidat. Et là aussi, l’équipe de Barack Obama est nettement en avance. Même les prestigieux journaux New York Times et Washington Post votent Obama. Le sénateur de l’Illinois, qui a aussi la sympathie d’une bonne frange du clan Kennedy et des descendants de Dwight Eisenhower entre autres, vient d’enregistrer un soutien de taille, celui de Colin Powell. Un proche de Bush-père (commandant en chef des forces alliées durant la première guerre du Golfe) et ancien vice-président de Bush-fils durant son premier mandat, républicain jusqu’à la moelle des os. Il a décidé de soutenir Obama pour certainement dire qu’il ne partage pas l’héritage républicain. C’est aussi un Noir qui a assumé des fonctions de secrétaire d’Etat des Etats-Unis tout comme Condolezza Rice, l’actuelle.
Ces expériences portent à croire que la première puissance du monde a dépassé les considérations raciales et est prête à élire un président noir. Un président de père kenyan, de mère américaine, née aux îles Hawaii et ayant vécu en Indonésie. Un homme qui résume éloquemment la société américaine qui est un melting pot. Seulement, la grande équation est le Far West où des Etats comme le Nevada, le Nouveau Mexique ou le Colorado ont une population à plus de 20 % hispanique, la minorité majoritaire. Il s’y ajoute que dans le Far West, comme c’est le cas dans l’Utah, l’Idaho et l’Oregon, se sont développées beaucoup de banlieues résidentielles. Des faits qui peuvent avoir des impacts considérables sur le vote des Etats et des grands électeurs. C’est ici que semble être le nouveau centre d’intérêt de la prochaine présidentielle pour le sénateur de l’Arizona, né au Panama et ancien vétéran de la guerre du Vietnam, et le jeune, beau et charismatique sénateur noir de l’Illinois.
Aly DIOUF

USA : Barack Obama, Mister President !

USA : Barack Obama, Mister President !

Dans ce pays ou les Noirs ne jouissent de leurs droits civiques que depuis moins d'un demi-siècle, un métis de père kenyan et de mère native du Kansas est en passe, tous les sondages l'indiquent, d'accéder a la Maison Blanche. Apres les deux mandats calamiteux de George W. Bush, l'élection de Barack Obama à la tête de la première puissance mondiale constituerait un séisme politique dont l'onde de choc se ferait sentir jusqu'en Afrique, au Moyen-Orient et ailleurs.
Plus on approche de l'élection du 4 novembre et plus les fantômes de ces « fruits étranges » chantes par Billie Holiday, a 1'époque ou 1'on pendait les Noirs aux arbres du Sud profond, reviennent hanter les rêves de 1'Amérique. Ce sont ces cris de « tuez-le! » entendus lors de meetings républicains quand 1'orateur fait huer le nom de « Barack Hussein Obama ». C'est ce «je vais lui fouetter son... vous savez quoi » éructé en prive par John McCain à propos d'un débat télévisé avec le candidat démocrate. C'est ce « il n'est pas des nôtres! » répété a 1'envi par sa colistière, Sarah Palin. Et c'est cette comparaison ébauchée par 1'élu de Géorgie John Lewis, partisan d'Obama, entre McCain et George Wallace, le gouverneur ultra ségrégationniste de 1'Alabama dans les années 1960.
« II y a mille raisons de voter pour Obama et une seule de voter centre: la race », résume le congressman Thomas Letson. Un facteur racial susceptible de faire basculer a 1'ultime minute jusqu'a 10 % de l’électorat et dont on ne mesurera 1'ampleur - et les conséquences - qu'au soir du 4 novembre. C'est dire si, vu d'Afrique comme d'ailleurs, 1'enjeu est absolument exceptionnel.
Mille raisons de voter Obama. Et d'abord celle-ci: les Etats-Unis viennent de connaitre avec George W. Bush leur pire présidence depuis des lustres. Lors de la convention républicaine a Saint Paul, line seule personnalité a ose défendre le bilan du sortant: Laura, son épouse. Rarement 1'environnement aura été aussi hostile au parti de l'éléphant, et même si John McCain s'est depuis longtemps démarqué de Calamity George, même s'il insiste a chaque discours sur 1'urgence des reformes, le legs empoisonne du dernier hôte de la Maison Blanche ne cesse de le tirer vers le has.
NI PLAN NI IDEE
Comment, en outre, un candidat qui n'a aucune stratégie de sortie de crise en Irak peut-il prétendre restaurer 1'image, l’influence et la crédibilité morale de son pays dans le monde ? Comment peut-il, sans plan ni idée, faire face au 11 Septembre économique qui a frappé Wall Street ? Comment surtout a-t-il pu choisir comme future vice-présidente, lui qui a 72 ans et une sante fragile, une femme telle que Sarah Palin, si ce n'est par pur cynisme électoral ?
II n'y a aucune comparaison entre le niveau de cette dernière et celui de Joe Biden, le colistier démocrate. Et aucun parallèle possible entre la campagne, le tempérament, 1'aptitude supposée à gouverner et, pour tout dire, l’intelligence de John McCain et de Barack Obama. Autant le premier s'est avéré impulsif, impatient, prompt a dramatiser et a prendre des risques inconsidérés au point de paraitre irresponsable, autant le second a fait montre de calme, de patience, d'astuce et de sens de 1'organisation.
Face a un adversaire abrupt, pour qui la communication se joue sur un ring de boxe, Obama s'est révélé comme le meilleur orateur qu'ait connu 1'Amérique depuis John Kennedy et comme le seul candidat-écrivain - car il a lui-même écrit ses deux livres - depuis Theodore Roosevelt. Si McCain, vétéran de la guerre du Vietnam et des couloirs du Capitole, ne cesse de répéter qu'Obama est le moins expérimenté de tous les postulants à la présidence « depuis un siècle », c'est bien parce que son rival a été forge par d'autres expériences, beaucoup plus adaptées que les siennes aux Etats-Unis du XXP siècle. Expériences personnelles, spirituelles, raciales, politiques, de Hawaii a Chicago, de New York a Djakarta et du Kansas au Kenya, dont il a tire les leçons dans le meilleur de ses deux ouvrages, Les Rêves de mon père, public en 1995 alors qu'il n'avait que 34 ans.
Mille raisons de voter Obama, donc. Et une de voter McCain. Dans un pays a 75 % blanc, élire pour la première fois un Noir - car aux yeux des Américains, blancs comme noirs, un métis est un Noir - et, par voie de conséquence, une First Lady qui Test encore plus n'est pas un acte innocent. Les sondages sont la pour le démontrer: 40 % des Blancs voient encore les Africains-Américains de façon négative, 29 % les jugent « plaintifs », 20 % « violents », 15 % « paresseux ». Ils sont en outre près de la moitie a avouer ignorer la religion exacte de Barack Obama: chrétien ? musulman ?
Certes, la situation, si l'on peut dire, aurait été pire encore si la mère d'Obama, comme son père, avait été noire et s'il avait épousé une blanche: double transgression raciale et sexuelle aux yeux des deux communautés. Mais le stock est la, mouvant, potentiellement hostile, susceptible de modifier l’ultime reflexe, celui qui se joue dans l’isoloir. Et c'est sur ce terreau malsain des vieilles peurs identitaires qu'a joue le camp républicain, car c'est sur lui que reposent ses ultimes espoirs de victoire. Dans un premier temps, jusqu'a la mi-septembre 2008, les attaques se sont concentrées sur les fréquentations passées d'Obama.
PASTEUR SULFUREUX
Celle, spirituelle, du sulfureux révérend Jeremiah Wright, un pasteur très « afrocentriste », fondateur d'une congrégation a laquelle a appartenu la star cathodique Oprah Winfrey, pour qui Jésus était« un pauvre homme noir dans un pays domine par les Blancs riches », et qui, dans un moment d'égarement, est allé jusqu'a soutenir que le gouvernement américain avait fabrique le virus du sida pour exterminer les descendants d'esclaves (une thèse également soutenue par... Mouammar Kaddafi).
Celles, littéraires, des écrivains qui ont marque sa jeunesse - Richard Wright, W.E.B. Dubois, James Baldwin, Ralph Ellison -, tous noirs, tous militants.
Celles, intellectuelles, de Malcolm X, qu'il admira, et du Black Commentator, cette petite revue radicale du New Jersey a laquelle il lui arriva de collaborer a la fin des années 1990.
Celles, enfin, d'un entourage au sein duquel des militants d'extrême gauche côtoyèrent un moment les activistes antiguerre de Code Pink et les partisans des réparations dues à 1'esclavage.
Cette charge ad hominem, condensée dans un pamphlet largement diffuse du journaliste conservateur David Freddoso paru il y a deux mois et intitule Le Dossier contre Barack Obama, renvoyait aux peurs américaines de la seconde moitie du XXe siècle, quand le Noir était pour le Blanc la menace surgie de 1'intérieur.
Ces dernières semaines, la tonalite a change, elle s'est affinée face aux accusations de racisme voile, devenant plus vicieuse. Dans le message - et parfois dans le discours - insidieusement diffuse par les républicains, Obama n'est plus présenté comme anti-Blancs, a 1'instar d'un Jesse Jackson ou d'un Al Sharpton, mais comme... antiaméricain. « J'ai peur que ce soit un homme qui ne voie pas 1'Amérique comme nous, Américains, la voyons », dit Palin. « Qui est le véritable Obama ? » martèle McCain.
La manœuvre est simple: retourner contre le candidat démocrate tout ce qui fait que les libéraux américains - et le reste du monde - 1'aiment et le plébiscitent. La diversité, la tolérance, 1'ouverture, les diplômes universitaires, le multiculturalisme: autant de caractéristiques de Barack Obama qui, face a une Amérique profonde tétanisée par la peur des immigrants et la concurrence des continents émergents, peuvent se transformer en autant de handicaps. Dans une certaine mesure, de par son itinéraire et sa formation, Obama est effectivement l’incarnation de la mondialisation et de la globalisation des valeurs, 1'incarnation, aussi, d'une Amérique de plus en plus « brune » et métissée.
Enfin! dirions-nous. Jamais! rétorquent ceux pour qui ce cosmopolitisme, au sens noble du terme, est une négation de la culture et des valeurs traditionnelles, c'est-a-dire blanches, des Etats-Unis. C'est en exploitant jusqu'au bout ce déficit d'identification d'une partie de l’électorat envers un homme de 47 ans au confluent du melting-pot américain que le camp républicain abat ses ultimes cartes.
Confronte a cette offensive en deux temps et dans l’impossibilité de contre-attaquer sur le même terrain, au risque d'être entraine dans le piège du débat racial, Obama a jusqu'ici fait montre d'un extraordinaire sang-froid. Et il lui en a fallu pour apparaitre ni noir ni blanc, mais « postracial», sans pour autant être transparent; pour reconnaitre que, si le radicalisme a fait un moment partie de sa propre construction, il 1'a depuis totalement dépassé, et pour se démarquer sans les désavouer de ceux de ses partisans qui le vénèrent comme une icone du combat des Noirs, et qui, de Madonna a Puff Daddy en passant par les groupes de gangsta rap, le desservent plutôt qu'ils ne le servent...
Décidément, il y a mille raisons pour voter Obama. Mille moins une, on 1'a vu. Mais aussi mille plus une: la profonde crise économique, cet extraordinaire facteur de réussite pour le candidat démocrate, dont on dit qu'il pourrait a lui seul annuler 1'effet du facteur racial. « Dans quarante ans, 1'Amérique aura un président noir », prédisait Robert Kennedy au début des années 1960. A en juger par les derniers sondages, cette prophétie n'a jamais été aussi proche de se réaliser et les Etats-Unis aussi près de se réconcilier avec le reste de la planète. Ce qui signifie, par voie de conséquence, qu'une telle chance pour le monde ne se reproduira pas avant longtemps...
Francois Soudan

J -6 : l'Amérique prise d'assaut par l'Obamathon, actualité Barack Obama : Le Point

J -6 : l'Amérique prise d'assaut par l'Obamathon, actualité Barack Obama : Le Point
J -6 : l'Amérique prise d'assaut par l'Obamathon
Par Patrick Sabatier
Barack Obama, le candidat démocrate, a occupé mercredi soir en prime time, de 20 heures à 20 heures 30, six des principaux réseaux TV du pays © Jae C. Hong / AP / SIPA

Voir notre page spéciale sur les élections américaines Tout Obama, rien qu'Obama, partout Obama, tout le temps. Mercredi soir, il fallait faire un réel effort pour échapper à l'Obamathon. Le candidat démocrate a occupé en prime time, de 20 heures à 20 heures 30, six des principaux réseaux TV du pays (NBC, CBS, FOX, BET, TV One et Univision) ainsi que la chaîne du câble MSNBC. Il s'y était tout simplement acheté 30 minutes de temps d'antenne, pour une somme évaluée entre 3 et 5 millions de dollars (100.000 dollars la minute), afin de pouvoir plaider directement sa cause devant les électeurs qui choisiront le 4 novembre le 44e président des États-Unis. Pour que personne, ou presque, ne puisse lui échapper, il s'était également fait inviter à 18 h 30 par Charles Gibson dans le journal télévisé d'ABC, le plus regardé du pays, et à 23 heures dans l'émission satirique la plus populaire chez les jeunes, le Daily Show de Jon Stewart sur la chaîne câblée Comedy Central. Les Américains n'avaient jamais subi pareil bombardement médiatique depuis au moins 1992, quand le milliardaire Ross Perot s'était acheté à quinze reprises de longues plages de temps d'antenne pour promouvoir sa candidature à la Maison-Blanche. Obama lui-même a avoué en plaisantant à Jon Stewart que seules les chaines enfantines comme le Disney Channel avaient été épargnées, suite aux prières de sa petite fille, Malia. À J - 6, cette offensive générale d'Obama visait visiblement à enfoncer les dernières défenses des quelque 10 % d'électeurs encore incertains de leur vote en confortant d'une part son image d'homme politique 100 % américain, et de l'autre celle de dirigeant pragmatique et modéré avant tout soucieux de restituer aux classes moyennes le rêve américain menacé. Il l'a fait au moyen d'une sorte de publi-reportage très sophistiqué reprenant les thèmes de sa campagne mis en scène à travers des images de l'Amérique profonde par Davis Guggenheim, le réalisateur d' Une vérité qui dérange , le documentaire d'Al Gore couronné par un oscar. Un Barack Obama très présidentiel et rassurant, expliquant son programme sur fond de drapeaux dans un bureau évoquant déjà le bureau Ovale où il espère s'installer en janvier 2009, alternait avec les témoignages de quatre familles d'Américains ordinaires aux prises avec les soucis du quotidien : la crainte du chômage ou d'une retraite insuffisante, l'explosion des coûts de la santé, de l'éducation et des prix alimentaires. Le film était ponctué d'éloges de personnalités politiques respectées, gouverneurs, sénateurs, PDG (Eric Schmidt de Google) et généraux venus attester à l'écran de ses qualités de dirigeant, et de sa compétence à occuper la fonction suprême. Regardez ce clip événement :
Obama se présente en grand réconciliateur pragmatique De manière évidemment calculée, ces simples citoyens et politiciens avaient été sélectionnés dans des États que le candidat démocrate doit emporter le 4 novembre, et qui ont voté Bush en 2004 (Ohio, Kansas, Virginie, Nouveau-Mexique, Colorado, Missouri, Kentucky). L'émission s'est terminée par un discours en direct d'Obama depuis Sunrise, en Floride, État décisif où les deux candidats étaient en campagne mercredi. (Le choix de Sunrise , "lever de soleil", n'était lui non plus nullement un hasard, le logo de la campagne Obama étant un soleil blanc sur fond bleu qui se lève au dessus de sillons rouges). Toute la tonalité du film baignait dans une atmosphère un peu nostalgique d'Amérique rurale (champs de blé et de maïs, grandes plaines, petites maisons ornées de drapeaux et pelouses, enfants blonds, costauds en chemise à carreaux et grand-mères aux cheveux argentés) pour exalter les vertus traditionnelles du MidWest, le "heartland", ou coeur de l'Amérique, ce Kansas d'où est originaire la famille maternelle d'Obama. L'effort était manifeste pour contrer les efforts des Républicains pour faire du candidat démocrate un membre des élites cosmopolites qui habitent les grandes villes, un "étranger" par ses origines métisses, son prénom swahili, son éducation outre-mer, et sa carrière politique dans l'univers suspect du South Side de Chicago. L'Obama de ces derniers jours de campagne est celui qui avait fait irruption sur la scène politique en 2004, à l'occasion de son discours devant la convention démocrate. Il se présente en grand (ré)conciliateur pragmatique proclamant qu'il n'y a pas deux Amériques, l'une "rouge" (conservatrice) l'autre "bleue" (progressiste), mais "seulement des États-Unis d'Amérique". Lors de son entretien avec Charles Gibson sur ABC, il s'est d'ailleurs engagé à former une administration bipartisane, intégrant des républicains (on parle de l'actuel secrétaire à la Défense Robert Gates, ou de l'ex-secrétaire d'État Colin Powell) même si les démocrates ont une majorité absolue au Congrès en même temps qu'il entrera à la Maison-Blanche. "Les républicains ont parfois de bonnes idées", a-t-il reconnu, "je ne me gênerai pas pour les leur voler." L'Obamathon a touché des dizaines de millions de téléspectateurs Il s'est abstenu tout au long de la soirée de la moindre attaque contre McCain ou Bush, dont il n'a même pas prononcé les noms, comme si le temps n'était déjà plus à combattre des fantômes du passé, mais à convaincre qu'il serait le président de tous les Américains. C'est évidemment le seul risque de cet Obama Show - celui de susciter une réaction négative chez certains électeurs par un étalage de trop grande confiance, ou de morgue, diront certains. D'autant que ce spectacle n'a été que le point d'orgue du déluge de publicité télévisée et radiophonique dont la campagne Obama inonde le pays depuis le début du mois. Selon Nielsen, celle-ci a diffusé dans les sept États les plus disputés au cours des vingt derniers jours 64.917 spots publicitaires, contre seulement 25.630 pour la campagne McCain. C'est bien évidemment, comme l'a aussitôt souligné John McCain sur CNN la manifestation du pouvoir écrasant de l'argent dont Obama dispose, pouvoir qu'il n'a acquis qu'au prix du reniement de ses engagements passés en faveur d'un financement public des campagnes électorales. Mais Obama n'a cure de ces critiques. L'Obamathon, qualifié par Mark Halperin de Time , de "brillante émission", a probablement touché des dizaines de millions de téléspectateurs (les publicités de Perot en 1992 avaient eu 15 millions d'audience en moyenne). Il a surtout conforté l'image "centriste" du candidat démocrate à un moment décisif de la course, alors que McCain tente désespérement de le présenter comme un dangereux "socialiste".Il faudra attendre deux ou trois jours pour jauger les effets de ce coup médiatique. Pour l'heure, Obama conserve une avance nette (mais pas écrasante) dans tous les sondages nationaux (49,9 % contre 43,9 % dans la moyenne calculée par Real Clear Politics ; 52 % contre 44 % dans le sondage quotidien Washington Post/ ABC). La carte du Collège électoral lui est de jour en jour plus favorable. Mercredi soir, CNN le donnait nettement en tête dans des États comptant 286 votes, contre 163 pour McCain (et 89 encore disputés). Il n'en faut que 270 pour entrer à la Maison-Blanche. Mais il faudra bien sûr attendre le 4 au soir pour savoir si les électeurs auront entendu l'appel par lequel Barack Obama a conclu sa grande soirée infomerciale : "Amérique, l'heure du changement a sonné !"

Obama fait sa pub en prime time : Le candidat démocrate s'est offert un ultime spot télévisé sur sept chaînes américaines - Politique - Etats-Unis - Barack Obama en route vers la Maison Blanche - Afrique

Obama fait sa pub en prime time : Le candidat démocrate s'est offert un ultime spot télévisé sur sept chaînes américaines - Politique - Etats-Unis - Barack Obama en route vers la Maison Blanche - Afrique
Obama fait sa pub en prime time Le candidat démocrate s’est offert un ultime spot télévisé sur sept chaînes américaines A six jours des élections américaines, le candidat démocrate Barack Obama s’est offert 30 minutes de publicité sur sept chaînes télévisées américaines mercredi soir, à une heure de grande écoute. Il a par ailleurs reçu le soutien de l’ancien président Bill Clinton et appelle les Américains à continuer de se mobiliser.
Dossier : Barack Obama en route vers la Maison Blanche
jeudi 30 octobre 2008, par Anissa Herrou
Record battu pour Barack Obama. Cinq millions de dollars pour trente minutes de spot télévisé sur trois des quatre principales chaînes américaines et sur quatre chaînes câblées. A six jours des élections, le candidat démocrate met les bouchées doubles pour convaincre les derniers électeurs indécis. Les Américains n’ont pas pu échapper à la dernière offensive du camp démocrate de mercredi soir. Barack Obama s’est tout simplement invité dans les foyers américains entre 20h et 20h30. Il est apparu simultanément sur CBS, NBC et Fox ainsi que sur BET, Univision, MSNBC et TV One. Il s’est offert une demi-heure d’antenne pour une somme évaluée entre trois et cinq millions de dollars (100 000 dollars la minute). Rien n’est impossible pour le candidat à la Maison-Blanche. La chaîne Fox aura même réussi à convaincre les organisateurs de la finale de base-ball tant attendue, qui a opposé les Tampa Bay Rays aux Philadelphia Philliestrès, de repousser de quelques minutes le début du match pour que le sénateur de l’Illinois puisse s’exprimer.
Réalisé par Davis Guggenheim, réalisateur d’Une vérité qui dérange d’Al Gore, le spot aux allures de film hollywoodien met en scène un Obama très présidentiel et rassurant. « Je ne serai pas un président parfait (...) mais je peux vous promettre ceci : je vous dirai toujours ce que je pense et où je me place ». Discours élogieux d’hommes politiques, mini-reportages sur l’Amérique rurale confrontée à la crise, confidences sur les rapports avec sa famille, Barack Obama n’a rien oublié. Il apparaît même dans un bureau étrangement similaire à celui ovale de la Maison-Blanche.
"Cet homme doit être notre président, notre président à tous"
Pendant que l’Amérique avait les yeux rivés sur le petit écran, le candidat noir continuait son "Obamathon", selon l’expression désormais consacrée. Redoublant d’effort, il est apparu devant près de 30 000 supporters en délire à Orlando, en Floride, aux côtés de l’ancien président Bill Clinton, pour la première fois depuis le début de la campagne. « Notre pays se balance, hésite mais cet homme doit être notre président, notre président à tous », a déclaré l’ancien locataire de la Maison-Blanche. Barack Obama a ensuite appelé les Américains à ne pas crier victoire trop tôt. « Ne croyez pas que l’élection est terminée, nous allons devoir travailler dur ces cinq prochains jours comme si nos vies en dépendaient. »
La réaction du camp républicain ne s’est pas fait attendre. Le principal adversaire d’Obama, John Mc Cain, a dénoncé, avant même la diffusion du spot télévisé, la démesure du sénateur Obama. « Il n’y a que Dieu ou la pluie qui puisse se permettre de déplacer un match de baseball mais pour les dirigeants des chaînes de télé, Obama est Dieu ». En meeting à Défiance, dans l’Ohio (nord des Etats-Unis), il a également mis en doute les compétences présidentielles du candidat démocrate. « La question est de savoir si Obama est capable de protéger l’Amérique contre Ben Laden et son réseau. Il ne nous a donné encore aucune réponse »
John McCain essaie encore de convaincre les électeurs encore indécis en diffusant depuis mercredi des publicités à la télévision du Montana, Etat dans lequel il ne bénéficie que d’une faible avance de 3,3%, à en croire les sondages.
Seize millions d’Américains se sont déjà rendus aux urnes pour voter par anticipation, la majorité était enregistrée comme démocrate d’après les données fournies par l’Université George Mason. La ville de Chicago dans l’Illinois, fief de Barack Obama, a quant à elle du mal à contenir l’affluence des électeurs noirs démocrates aux portes des bureaux de vote.
Extrait de la vidéo

Lire aussi : Le républicain Colin Powell votera Obama

Hillary et Bill Clinton en service commandé - Actualité France - Monde - France - Monde - La Voix du Nord

Hillary et Bill Clinton en service commandé - Actualité France - Monde - France - Monde - La Voix du Nord
vendredi 31.10.2008, 05:01 - La Voix du Nord
PHOTO AFP
ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE
Dans le gymnase bondé de l'Université de Monroe, le maire démocrate de Rochester, Bob Duffy, harangue la foule d'étudiants. « Les soldats tombés en Normandie sont morts pour la démocratie. Alors, mardi, vous devez aller voter pour, vous aussi, faire l'Histoire ».
À ROCHESTER PAR HERVÉ FAVRE desk@lavoixdunord.fr
Voter pour Barack Obama bien sûr. « Savez-vous qu'en France, 90 % de la population voterait pour lui ! », s'enflamme le maire. Ovation pour la patrie de La Fayette. Que notre pays soit cité en exemple dans une campagne américaine montre qu'en quatre ans les temps ont bien changé. En 2004, John Kerry, le patricien hautain de Boston, se gardait bien d'afficher sa lointaine parenté française !
Hillary « fait le job »
Dans la foule où se mêlent étudiants, retraités et jeunes mères de famille avec bébés aux couleurs démocrates, ils sont tous venus écouter Hillary Clinton.
Le jour où son mari tient un meeting avec Barack Obama en Floride, l'État de tous les dangers, la sénatrice de l'État de New York est ici pour soutenir les candidats démocrates locaux au Congrès, mais aussi Barack Obama, celui qui lui a barré la route de la Maison-Blanche. Pour 60 % des démocrates de l'État, elle était le « premier choix » dans la longue route des primaires. Pour beaucoup, elle reste la meilleure et ils le disent : « Hillary je t'aime », « Merci Hillary ». Mais cela ne les empêchera pas de voter Barack Obama mardi.
À la tribune, l'ex-Première dame a gardé les attitudes de sa campagne : pouce levé, index pointé vers ses supporteurs, sourire grand format. Comme son illustre mari au même moment à Orlando, elle « fait le job » pour son ex-concurrent, parle haut et clair. Mais on sent un enthousiasme forcé. Dans son discours, elle parle surtout des succès de la présidence Clinton, des emplois créés « par millions », de l'excédent budgétaire laissé par son mari après deux mandats.
Au futur président de faire aussi bien ! « Nous allons élire Barack Obama mardi. Le président Bush et les républicains ont abîmé notre nation, à l'intérieur et partout dans le monde. Il nous reste cinq jours à travailler aussi dur que nous le pouvons pour convaincre nos concitoyens de l'importance de ce vote. Si vous avez des gens dans votre famille, des voisins, des collègues de bureau qui hésitent, s'il vous plaît, ne les laissez pas voter républicain ! » Pourtant, Hillary sait qu'une victoire d'Obama enterrerait ses derniers espoirs de faire son come back en 2012 ! Mais comme le dit Bill, le mari infidèle, « Barack Obama, c'est le futur de l'Amérique » ! •

« J'ai pleuré en entendant son discours d'investiture » - Actualité France - Monde - France - Monde - La Voix du Nord

« J'ai pleuré en entendant son discours d'investiture » - Actualité France - Monde - France - Monde - La Voix du Nord
« J'ai pleuré en entendant son discours d'investiture »
jeudi 30.10.2008, 05:03 - La Voix du Nord

Barack Obama n'était pas son favori au départ des primaires, mais à 66 ans, Mimi Solidon a repris la tenue de campagne pour le candidat de son parti. Parce qu'elle ne veut plus vivre dans un pays « qui ne se soucie de personne d'autre ».
Au siège de campagne de Barack Obama, à Rochester, elle accueille tous ceux qui poussent la porte pour venir donner un coup de main ou simplement acheter un panneau « Obama-Biden » qu'ils planteront sur la pelouse devant leur maison.
Elle distribue aux volontaires les numéros d'électeurs à appeler dans les États voisins de Pennsylvanie et de l'Ohio, là où l'issue du vote est encore incertaine contrairement à l'État de New York, déserté par les équipes de McCain. Déjà en 2004, la perspective de voir George W. Bush rempiler pour quatre ans l'avait poussée à s'enrôler dans la campagne de John Kerry.
« J'ai gardé un souvenir formidable d'une opération porte à porte à Cincinnati dans l'Ohio, à huit heures de route d'ici. Nous sommes partis à l'aube à six dans la même voiture, sans nous connaître. Depuis, nous sommes restés amis pour la vie. » Cette fois encore, les militants démocrates de l'État de New York sacrifient leur week-end pour aller convertir au vote Obama leurs voisins plus réticents dans la région des Grands Lacs.
« Ici, c'est horrible »
À Rochester, la plupart des militants ont soutenu pendant les primaires la sénatrice de l'État, Hillary Clinton. Pas Mimi Solidon : « J'apprécie son travail au Sénat, mais je n'ai pas aimé son vote en faveur de la guerre en Irak. Je pense qu'on lui a conseillé de le faire en lui disant qu'elle ne serait jamais élue présidente si elle ne se conduisait pas comme un homme. Mais pour moi, une femme ne doit justement pas gouverner comme un homme ! » Son candidat à elle, c'était Dennis Kucinich, l'ancien maire de Cleveland, rapidement éliminé de la course.
Mimi s'est vite fait une raison : « Avec sa petite taille, il n'avait aucune chance d'être élu. Ici, l'apparence physique ça compt e ». Barack Obama allie présence physique et qualité d'orateur. « En écoutant son discours d'acceptation de l'investiture, j'ai pleuré devant ma télévision, et j'ai envoyé tout de suite 25 dollars au fonds de campagne. J'ai toujours des frissons en en reparlant aujourd'hui. » Barack Obama ne soulève-t-il pas trop d'espoir et d'attente chez tous ceux qui, comme elle, se battent pour lui ? « Je sais que ce sera dur, vu l'état du pays et la crise économique. Mais si nous arrivons aussi à avoir suffisamment d'élus au Congrès - les Américains votent aussi le 4 novembre pour le renouvellement partiel du Sénat et pour la chambre des représentants - Barack Obama pourra mener son programme. Nous avons besoin de meilleures infrastructures, et d'un système de santé comme celui que vous avez en France. Ici, c'est horrible. » •
À ROCHESTER, ÉTAT DE NEW YORK PAR HERVÉ FAVRE

Le Temps - Eclairages

Si Barack Obama gagne Le Temps - Eclairages
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Cornel West enseigne à Princeton et sur les plateaux de télévision. Il affirme sa foi chrétienne et ses convictions socialistes. Il a réuni le gratin du rap noir pour un CD engagé. Entretien avec un des grands intellectuels afro-américains, soutien d'Obama mais sans illusions sur l'après-victoire.
Dominique Berns
Vendredi 31 octobre 2008

Costume trois pièces foncé, chemise blanche à manchettes doubles, cravate noire, boutons de manchette, montre à gousset, Cornel West a l'élégance sobre, mais recherchée. Professeur à la prestigieuse Université Princeton, c'est un des intellectuels afro-américains les plus médiatiques des vingt dernières années. Il était récemment à Bruxelles, à l'occasion du Forum de la Journée de l'interdépendance.

Cornel West descend les marches d'un pas assuré. Un mot de bienvenue. L'homme connaît la musique et se prête à l'entretien en habitué des médias. Notre interlocuteur nous entraîne dans la cafétéria, déserte à cette heure.

Elève à l'ombre de l'Eglise noire, Cornel West maîtrise l'art rhétorique des prêcheurs baptistes - comme l'était son grand-père -, laissant faiblir sa voix presque jusqu'au murmure, puis élevant le ton et détachant chaque syllabe sur un rythme qui exige l'attention: «Les Etats-Unis ont traversé un âge de glace politique de quarante ans, dominé par l'hégémonie du conservatisme et du néolibéralisme, pendant lequel être indifférent aux plus mal lotis, aux plus pauvres de nos concitoyens, était à la mode. John McCain est le symbole de cette Amérique gangrenée par la cupidité des entreprises et par les inégalités de richesse. Son élection serait une catastrophe. L'apparition de Barack Obama sur la scène politique nationale n'a pas mis fin à cet âge de glace mais offre une chance réelle de voir les citoyens américains se réveiller après de longues années de somnambulisme.»

Cornel West est né à Tulsa, Oklahoma, en 1953. Sa mère était enseignante et son père, administrateur civil de l'Air Force. Déménageant souvent, la famille finit par se fixer à Sacramento (Californie), dans le quartier ouvrier noir. A 17 ans, ce jeune homme qui n'avait jamais mis les pieds sur la côte Est, entre à l'Université Harvard, où il étudie la littérature et les langues proche-orientales. Il poursuit ses études à Princeton, puis revient enseigner à Harvard, ensuite à Yale. Courtisé par plusieurs universités prestigieuses, il se fixe à Harvard. Mais en 2002, il est au centre d'une polémique avec le président de l'université, Lawrence Summers, ancien secrétaire américain au Trésor, qui l'accuse de trop s'occuper de politique et de négliger ses activités académiques. Peu après, Cornel West quitte Harvard pour retourner à Princeton, où il enseigne au Center for African American Studies et au Department of Religion.

Son premier essai, Prophecy Deliverance! An Afro-American Revolutionary Christianity, écrit à 26 ans, est une tentative ambitieuse de synthétiser la pensée afro-américaine en la dotant d'un cadre critique, au départ de sources aussi disparates que le marxisme, en particulier Lukacs et Gramsci, la philosophie moderne et les grands penseurs noirs américains, de W.E.B. Du Bois à Ralph Ellison et Toni Morrison. Suivront une petite vingtaine d'essais, dont les plus célèbres sont Race Matters (1993) et Democracy Matters (2004) - ce dernier étant son seul ouvrage traduit en français, sous le titre Tragicomique Amérique.

«Dans un monde raciste, les gens de couleur et leurs souffrances ne comptent pas; de même que dans un monde patriarcal, les femmes et leurs souffrances ne comptent pas; ou que dans un monde homophobe, les gays et les lesbiennes et leurs souffrances ne comptent pas. Pendant si longtemps, les Noirs et leurs souffrances ont été rendues invisibles. La candidature de Barack Obama à la présidence est une percée immense. Qu'un Noir puisse devenir président après des siècles du racisme le plus cruel, c'est l'apogée du rêve américain. Mais ce pourrait aussi être la fin du rêve américain!»

Cornel West fait une pause, commande un vin blanc et un paquet de chips. Puis poursuit: «Si Barack Obama gagne, ce sera une victoire sur le racisme, mais cela n'éliminera pas le racisme. La pauvreté des Noirs américains ne va pas disparaître du jour au lendemain. Les écoles resteront pourries, les logements insalubres, les soins de santé inaccessibles, les salaires trop bas pour survivre. Et cela montrera que le succès d'un individu ne fait pas la différence. Je soutiens Barack Obama; c'est mon cher frère, bien sûr. Mais je veux l'entendre parler de la souffrance des Noirs. Cela veut dire parler du chômage, de la mauvaise qualité des écoles, des brutalités policières... L'Amérique ne peut pas s'offrir la justice raciale au rabais, simplement en élisant un Noir.»

Cornel West ouvre le paquet de chips, puis croque une chips ou deux, boit une gorgée de vin blanc. «On a visiblement conseillé à Barack Obama de rester à l'écart de la question raciale durant la campagne.» Un choix tactique, non? Cornel West opine. «Mais la pire des choses, ce serait de voir persister la souffrance des Noirs avec un Noir à la Maison-Blanche; que la souffrance noire soit rendue invisible derrière la réussite d'un homme de couleur. La meilleure chose qui puisse nous arriver, c'est une victoire de Barack Obama qui soit le point de départ d'une revitalisation de la démocratie américaine, qui inclut non seulement les Noirs mais tous les laissés-pour-compte de l'Amérique de George W. Bush. Les temps sont mûrs pour mettre fin à l'hégémonie conservatrice et néolibérale. Barack Obama est certainement déterminé à mettre fin à l'hégémonie conservatrice, et c'est pour cela que je le soutiens. Mais est-il aussi déterminé à mettre un terme à l'hégémonie néolibérale? Nous ne savons pas. Sera-t-il capable de faire passer un nouveau New Deal, d'investir dans les infrastructures, dans l'éducation...? De relancer la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale? Nous ne le savons pas, nous l'espérons. Mais voyez qui le conseille en matière économique: Rubin, Summers, Volcker - ces personnalités néolibérales de l'administration Clinton, qui n'ont jamais su saisir l'opportunité de s'attaquer à la pauvreté et au racisme. Si Barack arrive à la Maison-Blanche et fait peu - ou ne peut rien faire - face aux misères sociales, alors nous saurons que le roi est nu.»

Cornel West est un homme de gauche. Il cite Marx - «indispensable, mais insuffisant». Lui-même ne se dit pas marxiste, mais socialiste. Il a siégé longtemps au sein des Democratic Socialists of America, dont il est toujours l'un des présidents d'honneur. «Etre de gauche, c'est rester critique face au système capitaliste, face au système raciste, face au système homophobe... C'est agir afin que les gens ordinaires aient la possibilité de faire entendre leur voix et de mener une vie décente et pleine de sens; c'est refuser la version néolibérale du rêve américain, celle qui le réduit à la réussite individuelle - car ce rêve est vide!»

Cornel West se sent Américain, profondément. «Etre Américain, c'est minimiser l'Histoire au nom de l'espoir; c'est poser sans cesse la question qui fonde la démocratie: celle de la place des plus pauvres dans la société.» Cornel West communie donc à la religion civile américaine, ce mélange complexe des idéaux religieux de salut et de délivrance et des idéaux politiques de liberté, de démocratie et d'égalité, que partageait, avant lui, Martin Luther King, un autre enfant de l'Eglise noire.

Au plus profond, l'engagement politique de Cornel West s'enracine dans sa foi. Il est chrétien. Et le revendique. «Relisez Luc, chapitre 4, versets 18-19: “L'Esprit du Seigneur est sur moi; il m'a envoyé pour prêcher l'Evangile aux pauvres; pour guérir ceux qui ont le cœur brisé; pour annoncer aux captifs leur délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue; pour renvoyer libres ceux qui sont brisés sous leurs fers''.» Ou encore: «Jésus a-t-il condamné les gays et les lesbiennes? Il a dit: «Aimez-vous les un les autres''.»

Pour Cornel West, «être un intellectuel, c'est mettre en lumière la misère sociale qui est habituellement cachée ou dissimulée par le discours que la société tient sur elle-même». Hériter du pragmatisme américain, dans la lignée de John Dewey, Cornel West considère la philosophie non comme une discipline abstraite mais comme une arme qui peut changer le monde si elle est mise au service d'une démocratie radicale. Il appelle sans cesse ses frères à s'impliquer dans le processus de décision démocratique: dans ses livres et ses articles, dans ses interventions télévisées, et dans ses... CD. Car Cornel West est un touche-à-tout. L'an dernier, il a réuni quelques-uns des plus grands rappeurs et chanteurs noirs américains - Prince, Jill Scott, M1 (du duo Dead Prez), Talib Kweli, KRS-One... - pour enregistrer son deuxième CD, Never Forget. A Journey of Revelations...

«Je me suis consacré à la P-ÉD-A-G-O-G-I-E. Les jeunes, dans la rue, dans les ghettos, ne lisent pas mes livres. La musique, j'appelle cela «l'éducation dansante». Ce CD me permet de porter mon message là où il n'est question que de fric et de sexe. J'ai même été durant une semaine l'artiste de la semaine sur MTV. Pouvez-vous imaginer cela, un professeur de Princeton...», dit-il en riant. A noter qu'il apparaît également dans Matrix Reloaded et Matrix Revolutions (1).

Plus tard, en écoutant Prince - «Ain't no sense in voting, same song with a different name/Might not be in the back of the bus, but it sure feels just the same» (2) - ou Talib Kweli - «We ain't got no universal healthcare/Who the hell care about crack mothers on welfare?» (3) -, on ne peut s'empêcher de songer aux paroles de Cornel West: «Si Barack Obama est élu, je ferai la fête toute une journée; et le lendemain, je deviendrai son principal critique.»

(1) Son site: http://www.cornelwest.com

(2) Cela n'a pas de sens de voter, c'est la même chanson avec un titre différent/je ne suis plus à l'arrière du bus, mais c'est sûr, je ressens la même chose.

(3) Nous n'avons pas de système de soins de santé universel/qui s'inquiète des mères qui prennent du crack et qui dépendent de l'aide sociale?

Le Temps - Eclairages

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Si Barack Obama gagne...
Cornel West enseigne à Princeton et sur les plateaux de télévision. Il affirme sa foi chrétienne et ses convictions socialistes. Il a réuni le gratin du rap noir pour un CD engagé. Entretien avec un des grands intellectuels afro-américains, soutien d'Obama mais sans illusions sur l'après-victoire.
Dominique BernsVendredi 31 octobre 2008
Costume trois pièces foncé, chemise blanche à manchettes doubles, cravate noire, boutons de manchette, montre à gousset, Cornel West a l'élégance sobre, mais recherchée. Professeur à la prestigieuse Université Princeton, c'est un des intellectuels afro-américains les plus médiatiques des vingt dernières années. Il était récemment à Bruxelles, à l'occasion du Forum de la Journée de l'interdépendance.
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Cornel West descend les marches d'un pas assuré. Un mot de bienvenue. L'homme connaît la musique et se prête à l'entretien en habitué des médias. Notre interlocuteur nous entraîne dans la cafétéria, déserte à cette heure. Elève à l'ombre de l'Eglise noire, Cornel West maîtrise l'art rhétorique des prêcheurs baptistes - comme l'était son grand-père -, laissant faiblir sa voix presque jusqu'au murmure, puis élevant le ton et détachant chaque syllabe sur un rythme qui exige l'attention: «Les Etats-Unis ont traversé un âge de glace politique de quarante ans, dominé par l'hégémonie du conservatisme et du néolibéralisme, pendant lequel être indifférent aux plus mal lotis, aux plus pauvres de nos concitoyens, était à la mode. John McCain est le symbole de cette Amérique gangrenée par la cupidité des entreprises et par les inégalités de richesse. Son élection serait une catastrophe. L'apparition de Barack Obama sur la scène politique nationale n'a pas mis fin à cet âge de glace mais offre une chance réelle de voir les citoyens américains se réveiller après de longues années de somnambulisme.» Cornel West est né à Tulsa, Oklahoma, en 1953. Sa mère était enseignante et son père, administrateur civil de l'Air Force. Déménageant souvent, la famille finit par se fixer à Sacramento (Californie), dans le quartier ouvrier noir. A 17 ans, ce jeune homme qui n'avait jamais mis les pieds sur la côte Est, entre à l'Université Harvard, où il étudie la littérature et les langues proche-orientales. Il poursuit ses études à Princeton, puis revient enseigner à Harvard, ensuite à Yale. Courtisé par plusieurs universités prestigieuses, il se fixe à Harvard. Mais en 2002, il est au centre d'une polémique avec le président de l'université, Lawrence Summers, ancien secrétaire américain au Trésor, qui l'accuse de trop s'occuper de politique et de négliger ses activités académiques. Peu après, Cornel West quitte Harvard pour retourner à Princeton, où il enseigne au Center for African American Studies et au Department of Religion. Son premier essai, Prophecy Deliverance! An Afro-American Revolutionary Christianity, écrit à 26 ans, est une tentative ambitieuse de synthétiser la pensée afro-américaine en la dotant d'un cadre critique, au départ de sources aussi disparates que le marxisme, en particulier Lukacs et Gramsci, la philosophie moderne et les grands penseurs noirs américains, de W.E.B. Du Bois à Ralph Ellison et Toni Morrison. Suivront une petite vingtaine d'essais, dont les plus célèbres sont Race Matters (1993) et Democracy Matters (2004) - ce dernier étant son seul ouvrage traduit en français, sous le titre Tragicomique Amérique. «Dans un monde raciste, les gens de couleur et leurs souffrances ne comptent pas; de même que dans un monde patriarcal, les femmes et leurs souffrances ne comptent pas; ou que dans un monde homophobe, les gays et les lesbiennes et leurs souffrances ne comptent pas. Pendant si longtemps, les Noirs et leurs souffrances ont été rendues invisibles. La candidature de Barack Obama à la présidence est une percée immense. Qu'un Noir puisse devenir président après des siècles du racisme le plus cruel, c'est l'apogée du rêve américain. Mais ce pourrait aussi être la fin du rêve américain!» Cornel West fait une pause, commande un vin blanc et un paquet de chips. Puis poursuit: «Si Barack Obama gagne, ce sera une victoire sur le racisme, mais cela n'éliminera pas le racisme. La pauvreté des Noirs américains ne va pas disparaître du jour au lendemain. Les écoles resteront pourries, les logements insalubres, les soins de santé inaccessibles, les salaires trop bas pour survivre. Et cela montrera que le succès d'un individu ne fait pas la différence. Je soutiens Barack Obama; c'est mon cher frère, bien sûr. Mais je veux l'entendre parler de la souffrance des Noirs. Cela veut dire parler du chômage, de la mauvaise qualité des écoles, des brutalités policières... L'Amérique ne peut pas s'offrir la justice raciale au rabais, simplement en élisant un Noir.» Cornel West ouvre le paquet de chips, puis croque une chips ou deux, boit une gorgée de vin blanc. «On a visiblement conseillé à Barack Obama de rester à l'écart de la question raciale durant la campagne.» Un choix tactique, non? Cornel West opine. «Mais la pire des choses, ce serait de voir persister la souffrance des Noirs avec un Noir à la Maison-Blanche; que la souffrance noire soit rendue invisible derrière la réussite d'un homme de couleur. La meilleure chose qui puisse nous arriver, c'est une victoire de Barack Obama qui soit le point de départ d'une revitalisation de la démocratie américaine, qui inclut non seulement les Noirs mais tous les laissés-pour-compte de l'Amérique de George W. Bush. Les temps sont mûrs pour mettre fin à l'hégémonie conservatrice et néolibérale. Barack Obama est certainement déterminé à mettre fin à l'hégémonie conservatrice, et c'est pour cela que je le soutiens. Mais est-il aussi déterminé à mettre un terme à l'hégémonie néolibérale? Nous ne savons pas. Sera-t-il capable de faire passer un nouveau New Deal, d'investir dans les infrastructures, dans l'éducation...? De relancer la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale? Nous ne le savons pas, nous l'espérons. Mais voyez qui le conseille en matière économique: Rubin, Summers, Volcker - ces personnalités néolibérales de l'administration Clinton, qui n'ont jamais su saisir l'opportunité de s'attaquer à la pauvreté et au racisme. Si Barack arrive à la Maison-Blanche et fait peu - ou ne peut rien faire - face aux misères sociales, alors nous saurons que le roi est nu.» Cornel West est un homme de gauche. Il cite Marx - «indispensable, mais insuffisant». Lui-même ne se dit pas marxiste, mais socialiste. Il a siégé longtemps au sein des Democratic Socialists of America, dont il est toujours l'un des présidents d'honneur. «Etre de gauche, c'est rester critique face au système capitaliste, face au système raciste, face au système homophobe... C'est agir afin que les gens ordinaires aient la possibilité de faire entendre leur voix et de mener une vie décente et pleine de sens; c'est refuser la version néolibérale du rêve américain, celle qui le réduit à la réussite individuelle - car ce rêve est vide!» Cornel West se sent Américain, profondément. «Etre Américain, c'est minimiser l'Histoire au nom de l'espoir; c'est poser sans cesse la question qui fonde la démocratie: celle de la place des plus pauvres dans la société.» Cornel West communie donc à la religion civile américaine, ce mélange complexe des idéaux religieux de salut et de délivrance et des idéaux politiques de liberté, de démocratie et d'égalité, que partageait, avant lui, Martin Luther King, un autre enfant de l'Eglise noire. Au plus profond, l'engagement politique de Cornel West s'enracine dans sa foi. Il est chrétien. Et le revendique. «Relisez Luc, chapitre 4, versets 18-19: “L'Esprit du Seigneur est sur moi; il m'a envoyé pour prêcher l'Evangile aux pauvres; pour guérir ceux qui ont le cœur brisé; pour annoncer aux captifs leur délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue; pour renvoyer libres ceux qui sont brisés sous leurs fers''.» Ou encore: «Jésus a-t-il condamné les gays et les lesbiennes? Il a dit: «Aimez-vous les un les autres''.» Pour Cornel West, «être un intellectuel, c'est mettre en lumière la misère sociale qui est habituellement cachée ou dissimulée par le discours que la société tient sur elle-même». Hériter du pragmatisme américain, dans la lignée de John Dewey, Cornel West considère la philosophie non comme une discipline abstraite mais comme une arme qui peut changer le monde si elle est mise au service d'une démocratie radicale. Il appelle sans cesse ses frères à s'impliquer dans le processus de décision démocratique: dans ses livres et ses articles, dans ses interventions télévisées, et dans ses... CD. Car Cornel West est un touche-à-tout. L'an dernier, il a réuni quelques-uns des plus grands rappeurs et chanteurs noirs américains - Prince, Jill Scott, M1 (du duo Dead Prez), Talib Kweli, KRS-One... - pour enregistrer son deuxième CD, Never Forget. A Journey of Revelations... «Je me suis consacré à la P-ÉD-A-G-O-G-I-E. Les jeunes, dans la rue, dans les ghettos, ne lisent pas mes livres. La musique, j'appelle cela «l'éducation dansante». Ce CD me permet de porter mon message là où il n'est question que de fric et de sexe. J'ai même été durant une semaine l'artiste de la semaine sur MTV. Pouvez-vous imaginer cela, un professeur de Princeton...», dit-il en riant. A noter qu'il apparaît également dans Matrix Reloaded et Matrix Revolutions (1). Plus tard, en écoutant Prince - «Ain't no sense in voting, same song with a different name/Might not be in the back of the bus, but it sure feels just the same» (2) - ou Talib Kweli - «We ain't got no universal healthcare/Who the hell care about crack mothers on welfare?» (3) -, on ne peut s'empêcher de songer aux paroles de Cornel West: «Si Barack Obama est élu, je ferai la fête toute une journée; et le lendemain, je deviendrai son principal critique.» (1) Son site: http://www.cornelwest.com (2) Cela n'a pas de sens de voter, c'est la même chanson avec un titre différent/je ne suis plus à l'arrière du bus, mais c'est sûr, je ressens la même chose. (3) Nous n'avons pas de système de soins de santé universel/qui s'inquiète des mères qui prennent du crack et qui dépendent de l'aide sociale?

Barack Obama a-t-il déjà remporté l'élection ? - La présidentielle américaine 2008 - NouvelObs.com

Barack Obama a-t-il déjà remporté l'élection ? - La présidentielle américaine 2008 - NouvelObs.com
Le démocrate devance actuellement son adversaire républicain dans un nombre suffisant d'Etats pour obtenir les 270 voix de grands électeurs qui ouvrent les portes de la Maison Blanche, selon l'analyse d'Associated Press.
Barack Obama (Reuters).
L'écart se resserre entre Barack Obama et John McCain à 5 jours de la présidentielle, mais selon l'analyse d'AP, le démocrate devance actuellement son adversaire républicain dans un nombre suffisant d'Etats pour obtenir les 270 voix de grands électeurs qui ouvrent les portes de la Maison Blanche.Le président américain étant élu au suffrage universel indirect, ce sont les voix des grands électeurs de chaque Etat qui comptent, au sein du collège électoral, et non le résultat national des candidats.286 voix pour Obama, 163 pour McCainMême en remportant les six Etats où aucun vainqueur n'apparaît clairement, John McCain ne semble pas pouvoir l'emporter, d'après l'analyse des sondages et des stratégies de campagne ainsi que des entretiens avec des stratèges des deux camps. Le candidat républicain peut encore gagner mais il aura besoin d'un soudain virage des électeurs pour prendre ces six Etats plus un ou deux actuellement plutôt "obamistes".Barack Obama a acquis le soutien ou peut espérer l'obtenir de 23 Etats et le District de Columbia, qui représentent 286 voix de grands électeurs, et John McCain de 21 Etats, soit 163 voix. Une demi-douzaine d'Etats - Floride, Indiana, Missouri, Caroline du Nord, Nevada et Ohio -, soit 89 voix, sont encore à prendre. Il s'agit évidemment d'un instantané à ce point de la campagne, et non de prédictions. (avec AP)

Barack Obama/Président Palmer: ou comment la fiction modèle la réalité - Un post de Mathias Delfe sur LePost.fr

Barack Obama/Président Palmer: ou comment la fiction modèle la réalité - Un post de Mathias Delfe sur LePost.fr
Dans une vieille brève soldée*, je m’étais amusé qu’une série télévisée à succès -24H chrono- produite par la très bushiste Fox ait pu influencer en profondeur l’électorat américain, et singulièrement le moins progressiste.
En effet, lors des 4 premières saisons de «24H », le président des Etats-Unis, David Palmer, était Noir. Un type super en plus, intelligent, sensible, toujours maître de lui-même, grand, costaud, plutôt beau mec. Barack, quoi, en à peine plus étoffé.
Et ce président de série policière, vue et approuvée par des dizaines de millions de téléspectateurs, n’a tellement choqué personne que son passage dans la vraie vie n’a plus paru qu’une formalité aux stratèges du parti démocrate.
Bien joué! Et on verra d’ici deux semaines si le public réclame une suite.
De leur côté, les conseillers en com’ du sénateur McCain se sont rabattus vers une autre figure bien connue des amateurs de téléfilms en la personne de Mike, le plombier sympa dont l’adorable cruche Susan est amoureuse dans le célèbre Desperate housewives.
Ils se sont dit que ça ne pouvait que marcher, que toutes les ménagères allaient en pincer pour Joe, leur vrai plumber, et que tous les gars qui en ont, les bons Américains des grandes plaines et des petites cités bien bouseuses, ne pourraient que déborder d’empathie pour ce personnage plein d’authentiques problèmes de vie quotidienne et de bonnes questions très concrètes à poser à ces messieurs de Washington forcément completely à la masse, surtout ces mondains de démocrates.
Las! Si les conseillers de ce pauvre McCain avaient attentivement visionné tous les épisodes de ces Femmes au foyer déboussolées, ils auraient su que Mike n’était pas un véritable plombier et que sa bonne mine cachait un lourd passé.
Tout comme Joe, quoi, artisan sans patente qui répare au noir les lavabos qui fuient, se trouve en délicatesse avec le fisc et se prénomme en fait Sam pour les dames.
Résultat, à l’audimat l’épisode pilote bien suivi au début s’effondre vers la fin, de sorte qu’il n’aura pas de suite, sauf éventuellement judiciaire pour la vedette.
Et le producteur McCain qui comptait sur un gros coup pour se refaire face au studio Obama en est pour ses frais.
A l’avenir, on espère toutefois que la réalité prendra ses distances d’avec la fiction, car ainsi que le savent les fans de l’agent Jack Bauer, l’infortuné président Palmer a fini assassiné au terme d’un complot dans lequel trempait sa propre épouse.
Sans vouloir semer la zizanie dans le ménage Obama, mais compte tenu de l’intrication croissante entre le réel et le virtuel dans la société occidentale, à la place de Barack, je surveillerai de près les fréquentations de Michelle.
(Source: Nouvel Obs)

« Son épouse ne voulait pas qu’il soit candidat, elle a peur » - Elections américaines 2008 - 29/10/2008 - leParisien.fr

« Son épouse ne voulait pas qu’il soit candidat, elle a peur » - Elections américaines 2008 - 29/10/2008 - leParisien.fr
Propos recueillis par Da.D. 29.10.2008, 07h00

TED STANGER, le plus français des journalistes et écrivains américains, vient de publier « Sacrée Maison-Blanche », un livre où il décortique les dessous de la politique américaine et de la course à la présidence. Il juge « crédibles » les menaces d’attentats contre le candidat démocrate Barack Obama.

A-t-on raison de s’inquiéter pour la vie de Barack Obama ?Ted Stanger. Oui. Surtout qu’un candidat est très vulnérable. Il est sur le terrain tout le temps, multiplie les bains de foule. Il y a beaucoup de moments imprévisibles, même quand on est très bien protégé comme lui. Quand on voit que des présidents en exercice comme Kennedy et Reagan, dont les déplacements étaient pourtant ultra-sécurisés, ont été visés, tout est possible. D’ailleurs Michelle Obama, sa femme, ne voulait pas qu’il soit candidat à la Maison-Blanche pour cette raison. Elle a peur pour lui et pour sa famille.L’arrestation de deux jeunes qui voulaient tuer des dizaines d’Afro-Américains dont Barack Obama est-elle un signe ?Pour moi, ces deux-là ne représentent pas une menace réelle. Leur plan paraissait difficilement réalisable. Mais le FBI et les services de sécurité sont tellement critiqués aux Etats-Unis qu’ils font un peu de zèle. Le moindre projet de complot développé au fond d’un bar est pris au sérieux. Au-delà de cette racaille extrémiste, je crains surtout un homme seul qui passe à l’acte. Aux Etats-Unis, tout le monde est armé, cela multiplie les risques.Hillary Clinton elle-même avait pointé ce risque d’attentat contre le candidat démocrate...Oui. C’était d’ailleurs une sortie assez irresponsable de sa part vu le contexte. Il y a déjà assez de groupuscules nationalistes et racistes qui existent pour ne pas en rajouter. Aux Etats-Unis, la constitution protège ces groupes, qui ont une liberté de parole énorme. Les autorités sont presque impuissantes face à eux et à leurs discours.
Le Parisien

Obama se paie un spot de campagne d'une demi-heure

La Presse Canadienne: Obama se paie un spot de campagne d'une demi-heure
WASHINGTON — Barack Obama s'est offert mercredi soir un spot publicitaire d'une demi-heure sur les grands réseaux de télévision américaines, dans le cadre d'une campagne publicitaire qui lui a coûté 4 millions de dollars (3 millions d'euros).
Le candidat démocrate à la Maison Blanche a promis un plan de sauvetage à destination des classes moyennes pour affronter la crise économique mondiale.
"Je ne serai pas un président parfait", a déclaré le sénateur noir de l'Illinois, "mais je peux vous promettre ceci: je vous dirai toujours ce que je pense et où je me place."
John McCain a raillé sur CNN cette "publicité vaporeuse et pleine de bons sentiments" financée "par les promesses non tenues" du démocrate. Le candidat républicain faisait allusion au fait que son adversaire avait finalement renoncé au financement public de la campagne et à la limitation des fonds privés allant de pair, ce qui lui a donné un immense avantage financier. Et d'ajouter plus tard: "Comme dans toutes les publicités, il a quelque chose à vous vendre. Il vous offre la sécurité sociale financée par le gouvernement."
Jeudi, John McCain faisait campagne dans l'Ohio, bastion républicain où Barack Obama est donné en tête. Si l'on en croit la plupart des sondages Etat par Etat, le démocrate devrait dépasser le seuil des 270 voix de grands électeurs requis pour gagner l'élection présidentielle, étant donné que le scrutin est organisé sur le mode du suffrage universel indirect.
Les espaces publicitaires achetés par Barack Obama lui ont permis d'apparaître simultanément mercredi soir sur CBS, NBC et Fox, ainsi que d'être diffusé sur BET, Univision, MSNBC et TV One.
Les prises de vue ont évoqué différentes scènes: un bureau ovale, dans le style de celui de la Maison Blanche, la Convention démocrate, des discussions entre Américains sur leurs difficultés économiques et sur leur couverture santé, ainsi que des témoignages d'hommes politiques et de dirigeants d'entreprise.
Le spot s'est terminé sur une retransmission en direct du meeting de campagne de Barack Obama à Kissimmee, en Floride, Etat traditionnellement républicain où le démocrate se trouve au coude à coude avec John McCain, selon un sondage AP-GfK publié mercredi. Auparavant, on a aussi pu voir sa femme, Michelle, ses deux filles et d'anciennes photos de son père noir du Kenya et de sa mère blanche du Kansas.
Les images du spot ont été tournées par Davis Guggenheim, réalisateur et producteur du documentaire de l'ancien vice-président des Etats-Unis, Al Gore, sur le réchauffement climatique, "Une Vérité qui dérange" ("An Inconvenient Truth").
A Kissimee en Floride, le sénateur noir de l'Illinois a fait sa première apparition de campagne aux côtés de Bill Clinton. "Les amis, nous ne pouvons pas jouer avec ça. C'est de notre pays qu'il s'agit. Et nous avons tant à gagner, et tant à perdre. Cet homme devrait être notre président", a déclaré l'ancien président. "Barack Obama représente l'avenir de l'Amérique. Vous devez être là pour lui mardi prochain!"
Barack Obama a déclaré mercredi sur la chaîne ABC qu'il voulait "absolument" prendre des républicains dans son gouvernement s'il remportait l'élection présidentielle mardi. Il a notamment jugé important pour les Etats-Unis de "revenir à la tradition d'une sécurité nationale non partisane".
Le candidat démocrate a toutefois affirmé avoir pensé à ce qu'il ferait en cas de défaite le 4 novembre. "Je me verrais bien retourner au Sénat et tout simplement accomplir un excellent travail avec le prochain président et le prochain Congrès", a-t-il assuré.

Baraka peinte pour Obama - Le Chasse-clou - Blog LeMonde.fr

Baraka peinte pour Obama - Le Chasse-clou - Blog LeMonde.fr

jeudi 30 octobre 2008

Maison-Blanche et illusion européenne

Maison-Blanche et illusion européenne - RELATIONS INTERNATIONALES
[ 30/10/08 ]
Si les Européens pouvaient voter le 4 novembre pour le prochain président des Etats-Unis, le résultat ne ferait aucun doute : ils donneraient en très grande majorité leurs suffrages à Barack Obama.
Après huit années d'une présidence républicaine Bush, jugée par nombre d'Européens comme désastreuse, l'Europe a été saisie d'une « Obamamania » qui laisse peu de place au candidat républicain John McCain et à sa colistière Sarah Palin dans leur espoir d'un changement à la Maison-Blanche.
Ce phénomène est d'autant plus saisissant qu'il concerne bien entendu l'Allemagne et la France, les deux pays de « l'axe de la critique contre Bush » sur la guerre en Irak, mais aussi des pays qui, comme la Grande-Bretagne, ont soutenu les Américains dans leur aventure moyen-orientale. Tous les sondages d'opinion en Europe vont dans ce sens.
Sans prendre partie, le président Nicolas Sarkozy aurait même eu cette expression rapportée par « Le Figaro » après sa rencontre de juillet avec le candidat démocrate, « Obama, c'est mon copain ». Reste que les Européens ne votent pas et que leurs désirs ne sont pas forcément ceux des électeurs américains. De très nombreux Européens n'avaient-ils pas espéré une victoire de John Kerry, largement battu en 2004 par le président sortant Bush ou encore cru en celle d'Al Gore en 2000 sur le même Bush ?
Quel que soit le nom du président, républicain ou démocrate, qui arrivera à la Maison-Blanche le 20 janvier 2009, les Européens attendent beaucoup de lui. Trop vraisemblablement. Kori Schake, ancienne membre du Conseil national de sécurité lors du premier mandat de George W. Bush, a même évoqué la possibilité d'une nouvelle crise dans les relations transatlantiques : celle des « attentes déçues » (1).
Les Européens espèrent tout simplement un changement de cap radical de la politique étrangère américaine, plus particulièrement sur la définition du rôle et de la place dans le monde que les Etats-Unis doivent prendre. Car la guerre d'Irak a eu deux conséquences, celle d'avoir mis à très rude épreuve la relation transatlantique telle qu'elle s'était dessinée dans l'après-guerre froide, et celle de montrer que l'Amérique ne pouvait pas, par la seule force de ses armées, imposer sa volonté et exporter sa conception de la démocratie.
Le président Sarkozy, qui n'a jamais caché ses fortes sympathies pro-américaines, le reconnaissait lui-même lors de son discours en 2007 devant les ambassadeurs. La crise irakienne a démontré que « le recours unilatéral à la force conduit à l'échec », a-t-il dit.
Ce faisant, l'Amérique a perdu aux yeux du monde son statut de seule superpuissance après la chute du mur de Berlin. Les Etats-Unis « ne sont plus tout à fait » l'hyperpuissance aux yeux de l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine comme il les avait décrits dans les années 1997-1998. Ce qui d'ailleurs ne signifie pas qu'ils aient perdu leur statut de « plus grande puissance de tous les temps » (2).
En d'autres termes, pour les Européens, les Etats-Unis, même s'ils demeurent à leurs yeux la « puissance indispensable », ne peuvent pas, et surtout ne doivent pas, se passer de l'Europe et du reste du monde, de la Chine, de l'Inde, de la Russie, du Brésil ou encore de l'Afrique du Sud, dans le monde du XXIe siècle.
L'espoir des Européens est de voir une Amérique reprendre le chemin du multilatéralisme à travers des organisations comme les Nations unies ou encore de s'insérer dans les grands accords internationaux des dernières années, comme le protocole de Kyoto ou encore celui de Rome, créant la Cour pénale internationale...
Le besoin d'une nouvelle Amérique est d'autant plus fort que le monde de 2009 n'est plus celui de 2001, l'année du début du premier mandat de George W. Bush. Non seulement l'Amérique n'est plus, depuis septembre 2001, le sanctuaire « invulnérable » face à une attaque venant de l'extérieur, mais aussi la crise financière mondiale a créé un besoin d'une véritable refondation des organisations nées sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale et remis en question, toujours aux yeux de la majorité des Européens, le modèle américain d'un capitalisme incontrôlé. C'est le sens de la proposition faite au président Bush par le président en exercice de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, d'organiser une série de sommets. Le premier, un G8 (3) élargi à d'autres pays (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Argentine, Afrique du Sud, Corée du Sud, Australie, l'Indonésie, Arabie saoudite et Turquie) plus l'Union européenne, aura lieu le 15 novembre à Washington après les élections américaines pour y associer le président américain « élu ».
Au-delà de la crise financière, les Européens ont encore d'autres voeux. C'est encore au Moyen-Orient qu'ils comptent sur une Amérique nouvelle avec un nouveau président. Une Amérique qui renouerait avec les efforts des prédécesseurs de George W. Bush pour parvenir à une relance du processus de paix israélo-palestinien comme le firent George Bush père après la première guerre du Golfe, ou encore Bill Clinton jusqu'aux derniers jours de son deuxième mandat.
Vu d'Europe, Barack Obama et Joe Biden incarnent mieux cette aspiration que le duo John McCain-Sarah Palin. Du moins pour une large majorité.
Pourtant, les Européens ne peuvent se bercer d'illusions. Que le duo démocrate gagne les élections ou soit battu par son rival républicain, l'Amérique ne sera pas forcément celle du multilatéralisme ou encore de la diplomatie primant la force si ses intérêts nationaux sont en jeu. Car les tendances lourdes qui ont fait l'Amérique depuis les années 1980 ne disparaîtront pas du jour au lendemain avec le nouveau président américain, et cela quel que soit son nom. Ce qui risque de changer si Obama arrive au pouvoir c'est au contraire une Amérique plus protectionniste que si McCain l'emporte.
Paradoxalement, pour un changement radical de la politique américaine comme le souhaitent aujourd'hui les Européens, il faudrait que l'Europe, devenue puissance économique et commerciale, change et se dote d'une véritable personnalité politique pour devenir un partenaire sérieux des Etats-Unis, entre la Chine, la Russie et les autres puissances émergentes. Sinon Washington continuera de répéter la célèbre phrase de Kissinger : « L'Europe, quel numéro de téléphone ? »
JACQUES HUBERT-RODIER est éditorialiste de politique internationale aux « Echos ».

Barack Obama, discours de clôture de campagne

Blog d'Elise - Barack Obama, discours de clôture de campagne - Un blog Continental News

Barack Obama, discours de clôture de campagne
Publié le 29/10/2008 14:38 dans America 2008 - Lien permanent
Barack Obama, discours de clôture de campagne.Ville de Canton, Ohio, lundi 27 Octobre.
Ce texte est la suite de la première partie publiée hier sous le titre Barack Obama monte en puissance dans l'Ohio. Qualifié de dernier argument, le texte sera répété à l'identique cette semaine. Après l'Ohio, Obama s'est rendu en Pennsylvanie. Il est actuellement dans l'Etat de Virginie où il a délivré son One Week Speech. Le mot acteur politique prend tout son sens cette dernière semaine, car, il s'agit véritablement d'une performance d'acteur.
Selon les sondages CNN, en Pennsylvanie, Barack Obama 52 % ; John McCain 42 %. En Virginie, Barack Obama 51 %, John Mccain 44 %. En Floride, Barack Obama 47 %, John McCain 46 %. Sur le plan national, Barack Obama 51 % John McCain 43 %, 6 % d'indécis. La bataille pour les indécis et les 6 Etats qui font les Présidents est rude en cette dernière semaine. La différence se fera sur le terrain de ces Etats : les battlegrounds. Les champs de la bataille finale. Avantage à celui qui a le plus d'équipes et de bénévoles sur le terrain et de l'argent : Obama. Il reste 36 millions de dollars à John McCain pour cette dernière semaine. Barack Obama dispose du double. D'où les 30 minutes de télévision de ce soir.Discours de clôture de campagne : deuxième partie.Barack Obama :“Comme vous le savez, nous avons commençé cette aventure en plein hiver, ça fera bientôt deux ans, sur les marches du Old State Capitol à Springfield, dans l'Ilinois, là où Abraham Lincoln a servi les Etats-unis pendant plusieurs années.Comme vous le savez, à ce moment là, nous manquions d'argent et nous n'avions pas beaucoup de soutiens. Les sondages ne nous donnaient aucune chance. Tout comme les savants spécialistes. Nous savions que notre ascension se ferait sur le flanc raide de la montagne.Mais je savais aussi que l'importance de notre challenge dépassait l'étroitesse d'esprit de nos hommes politiques. Je savais que les Démocrates, les Républicains et les Américains de tous bords avaient faim de nouvelles idées, d'un nouveau leadership et d'une nouvelle politique, une politique qui privilégie le bon sens sur l'idéologie, une politique qui s'appuie sur les valeurs et les idéaux que nous partageons en tant qu'Américains.J'étais absolument convaincu que, lorsque nous nous unissons, nos voix sont plus fortes que les lobbyings les plus acharnés et les plus viles attaques politiques. Que nos voix réunies sont plus puissantes que toutes les forces du statut quo à Washington qui veulent que les choses restent en l'état.Nous devons mettre chaque jour, chaque minute, chaque seconde de cette dernière semaine à profit.Canton, voici que 21 mois plus tard, ma confiance au peuple américain a triomphé. C'est ce qui explique le chemin parcouru : nous venons de si loin et pourtant nous sommes si près du but. Grâce à vous. C'est comme ça que nous changerons ce pays, avec votre aide. C'est pourquoi nous ne pouvons pas baisser la garde ou nous reposer : nous devons mettre chaque jour, chaque minute, chaque seconde de cette dernière semaine à profit. Nous ne pouvons pas nous asseoir maintenant, alors qu'il y a tant d'enjeux sur la table et qu'il reste seulement une semaine. One week.Nous sommes au beau milieu de la pire crise économique que nous ayions connue depuis la Grande Dépression (1929). Je n'ai pas besoin de vous dire, Ohio, que 760 000 travailleurs ont déjà perdu leurs emplois cette année. Les entreprises et les familles ne peuvent plus avoir de crédits. Les maisons perdent leur valeur. Les retraites sont entrain de disparaître. Les salaires ont baissé et retrouvent le niveau qu'ils avaient il y a dix ans, au moment où justement les coûts de la protection sociale et de la scolarité n'ont jamais été aussi élévés. Il est de plus en plus difficile d'hypothèquer sa maison, d'acheter du gaz pour se chauffer ou de régler sa facture d'électricité.A un moment comme celui-ci, la dernière chose que nous pouvons nous permettre c'est de reprendre 4 années d'une politique harassante, exténuante, inspirée par cette ancienne théorie selon laquelle nous devons donner plus aux milliardaires et aux grosses compagnies et espérer que la prospérité rejaillira sur nous tous. La dernière chose que nous pouvons nous permettre c'est de reprendre 4 années où personne à Washington ne regarde personne à Wall Street parce que les politiciens et les lobbyistes tuent la régulation et l'intérêt général. Voilà les théories qui nous ont conduits dans l'impasse. Elles n'ont pas marché et il est temps de les changer. C'est pourquoi, je suis candidat à la Présidence des Etats Unis d'Amérique.Le sénateur McCain a servi ce pays avec honneur. Le sénateur McCain peut même se prévaloir de ces quelques moments, comme sur la torture, où il a pris ses distances avec G.Bush au cours des 8 dernières années. Il mérite du respect pour cela. Il le mérite.Mais, quand on aborde l'économie, quand on aborde la principale préoccupation du moment, l'enjeu central de cette élection, la vérité vraie est que John McCain a soutenu le président sortant dans toutes les étapes de son mandat, votant pour les réductions d'impôts de Bush en faveur des riches, alors qu'il s'y était précédemment opposé ; votant pour les crédits budgétaires de Bush qui nous ont précipités dans l'endettement ; appellant à moins de régulation à 21 reprises, cette année seulement.Ce sont des faits avérés.Maintenant, après 21 mois et 3 débats, le Sénateur McCain n'a toujours pas été capable de donner au peuple Américain une seul exemple de ce qu'il ferait différemment de George Bush s'agissant d'économie. Pas un seul exemple. Le Sénateur McCain dit que nous ne pouvons pas consacrer les 4 prochaines années à attendre que la chance intervienne pour favoriser le changement. Mais, comprenez bien ceci : le plus grand risque que nous pouvons prendre est de nous couler dans la même vieille politique à la sauce Bush-McCain qui nous a conduits à l'échec ces 8 dernières années. Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre un tel risque.Ce n'est pas le changement quand John McCain veut accorder une réduction d'impôts de 700 000 dollars aux 500 Chefs des sociétés les plus fortunés. Ce n'est pas changer quand il veut donner 200 milliards de dollars aux grandes compagnies ou 4 milliards aux compagnies pétrolières ou encore 300 milliards aux mêmes banques de Wall Street qui nous ont conduits à la crise. Ce n'est pas changer quand il sort un plan d'impôts qui ne prévoit pas un seul penny de baisse pour plus de 100 millions des contribuables américains appartenant à la classe moyenne. Ce n'est pas du changement.Si vous ne pouvez pas combattre les idées de votre adversaire, vous les déformez tout en vous y inspirant au passage.Ohio, nous avons testé la voie de John McCain, la même que celle de Georges Bush. Je suis persuadé qu'au plus profond de lui-même, le sénateur McCain sait tout ceci. C'est pourquoi son équipe de campagne a dit « si nous continuons à parler d'économie, nous allons perdre ». C'est pourquoi, il passe cette dernière semaine à me traiter de tous les noms, parce que c'est comme ça qu'on joue à Washington : si vous ne pouvez pas combattre les idées de votre adversaire, vous les déformez tout en vous y inspirant au passage. Si vous n'avez pas de programme à dévoiler, alors vous peignez votre adversairecomme quelqu'un qu'on devrait fuir. Vous faites une grande élection avec de toutes petites choses.Ohio, nous sommes ici pour dire que ça ne marchera pas cette fois-ci, pas cette année. Pas quand il y a tant d'enjeux. John McCain se soucie de perdre l'élection, je me préoccupe des Américains qui perdent leurs maisons et leurs emplois et les économies de toute une vie. Je peux encore supporter les attaques de John McCain pendant une semaine, mais ce pays ne peut plus supporter 4 années avec les mêmes hommes politiques et les mêmes politiques qui ont conduit à l'échec. Il est temps d'essayer quelque chose de nouveau. Il est temps, Canton, d'explorer une nouvelle voie.La question de cette élection n'est pas de savoir si vous vous êtes enrichis depuis 4 ans. On connaît la réponse à cette question. La vraie question est, est-ce que ce pays peut créer de la richesse les 4 prochaines années à partir de maintenant ?Je sais que les temps sont difficiles. Les temps sont durs dans l'Ohio, les temps sont difficiles pour l'Amérique. Je sais aussi que nous avons déjà connu de pareils moments. L'histoire de l'Amérique nous a appris que les choses n'étaient pas simples. Dans notre histoire, il est question d'un peuple qui se lève quand les temps deviennent durs. Notre histoire nous a appris à voir les plus hauts sommets depuis les vallées les plus profondes. Notre histoire nous apprend à rejeter la peur et la division pour s'unir dans un objectif commun.C'est comme cela que nous avons remporté la guerre et la Dépression. C'est comme ça qu'on a gagné la grande bataille des droits civiques, des droits des femmes et des droits des travailleurs. C'est comme ça qu'on va sortir de cette crise, plus forts et plus riches que nous ne l'étions, comme une seule nation, comme un seul peuple.Il n'y a vraiment aucune raison pour que ce siècle ne soit pas un autre Grand siècle Américain.Nos travailleurs sont les plus productifs du Monde. Notre capacité d'innovation, notre technologie, nos écoles et universités sont les plus enviées au Monde. Les plus grandes et brilantes idées de l'histoire proviennent de nos petites entreprises, proviennent du garage d'un particulier (allusion à la saga Microsoft Bill Gates) ou encore des avantages de notre Recherche.Il n'y a vraiment aucune raison pour que ce siècle ne soit pas un autre Grand siècle Américain. Nous avons juste besoin d'une nouvelle direction. Nous avons simplement besoin de nouveaux hommes politiques.Maintenant, je ne crois pas que le Gouvernement peut et doit résoudre tous nos problèmes. J'espère que vous êtes du même avis que moi. Mais, je crois que le gouvernement doit nous aider à faire ce que nous ne pouvons pas faire par nous-mêmes : nous protéger de la violence, nous aider à scolariser nos enfants, construire de nouvelles routes et des ponts, investir dans les nouvelles technologies et dans la science. Le gouvernement doit récompenser l'innovation et encourager la croissance dans un marché libre, tout en s'assurant que les hommes d'affaires prennent leurs responsabilités dans la création d'emplois pour les américains, dans la protection de leurs employés et respectent les règles du jeu.Le Gouvernement doit garantir une égalité des chances à tous les américains qui veulent travailler et pas seulement à ceux qui ont de l'argent, du pouvoir et de l'influence. C'est comme ça qu'on permettra à beaucoup de familles d'accéder à la classe moyenne et qu'on ne se contentera pas seulement de créer des millionnaires et des milliardaires. C'est comme ça qu'on s'assurera que les entreprises trouveront des consommateurs pour consommer leurs produits et services. C'est comme cela qu'on a toujours créé de la croissance dans l'économie américaine : du bas vers le haut. John McCain a appelé cela : socialisme.J'appelle cela opportunité. Et il n'y a rien de plus américain que ça.Le public : Obama, Obama, Obama, Obama, Obama, Obama, Obama, Obama, Obama, Obama,Obama,Obama,Obama.Barack Obama : Thank you.
Troisième et dernière partie suit.

Barack Obama monte en puissance dans l'Ohio

Blog d'Elise - Barack Obama monte en puissance dans l'Ohio - Un blog Continental News
Publié le 28/10/2008 19:30 dans America 2008 - Lien permanent
Hier, avant de quitter l'Ohio pour la Pennsylvanie, Barack Obama a délivré son discours programme de clôture de campagne dans l'Ohio. Au moment où Obama faisait son discours - lundi 27 Octobre, le sondage poll of the polls CNN indiquait 4 points d'avance pour Obama sur McCain dans l'Ohio. L'Ohio est considéré comme un Etat incontournable pour remporter l'élection = battleground.
Voici un premier extrait qui invite les électeurs à croire que l'espoir peut être au rendez-vous dans une semaine seulement. Et, si on se réfère à l'histoire, il est possible d'avancer que le rêve de Martin Luther King, il y a 45 ans, The I have a dream speech pourrait se réaliser avec ce One Week Hope Speech de Barack Obama, le 4 Novembre prochain.
Au Canton Mémorial Civic Center dans la ville du Canton, Etat de l'Ohio. Lundi 27 Octobre - Après les remerciements des officiels. Barack Obama.
"Merci à la ville de Canton. Merci beaucoup. Je vous remercie vraiment vous tous qui êtes là d'avoir pris le temps de vous déplacer, un lundi matin.J'ai deux mots pour vous : One week. One week. Il reste une semaine. Juste une semaine.
Après des décennies de politiques désastreuses à Washington, après 8 années de politiques d'échecs de Georges Bush et 21 mois de campagne qui nous ont conduits de la côte rocailleuse du Maine au soleil resplendissant de la Californie et partout ailleurs, nous sommes à une semaine du changement de l'Amérique.
En une semaine, vous pouvez tourner la page des politiques qui ont placé la voracité et l'irresponsabilité de Wall Street au-dessus du labeur et du sacrifice des braves gens ici même dans le Canton, des braves gens qui se sont retrouvés à la rue.
En une semaine, vous avez le choix. Vous avez le choix entre une politique qui investit sur les classes moyennes et qui crée de nouveaux emplois et de la croissance économique en prenant appui sur le travail, afin que tout le monde puisse avoir une chance de réussir, depuis le boss jusqu'à la Secrétaire et au gardien, depuis l'industriel jusqu'aux hommes et femmes qui travaillent à l'usine. En une semaine.
En une semaine, vous pouvez mettre fin aux politiques qui préfèrent diviser une nation juste pour gagner une élection ; qui tentent de monter une région contre une autre, une ville contre une autre, les Républicains contre les Démocrates, et qui nous demandent d'avoir peur au moment où on n'a jamais eu autant besoin d'espérer. En une semaine, à ce moment précis de notre histoire, vous pouvez donner à ce pays le changement dont nous avons besoin.
Vous pouvez le faire.
Oui, nous pouvons toujours trouver des raisons pour rester sur nos positions, mais nous devons tous ensemble unir nos forces et notre désir de construire des ponts sur nos différences et nous engager dans un même effort : noirs, blancs, latinos, asiatiques, américains de naissance, Démocrates, Républicains, jeunes, vieux, riches, pauvres, gays, hétéros, handicapés ou non. Nous sommes appelés à travailler ensemble.Nous sommes une nation, tous autant que nous sommes : fiers et patriotes.Ohio, dans cette élection, nous ne pouvons plus accepter les mêmes jeux de tactiques politiciennes qui ont été utilisés pour nous monter les uns contre les autres et qui ont installé la peur entre nous. Les enjeux sont trop importants pour nous diviser en classes, en régions ou selon notre capital intellectuel, ou encore par notre "faciès" voire par nos croyances. Parce que, en dépit de tout ce que nos adversaires affirment, il n'y a pas d'endroits authentiques et d'autres qui ne le seraient pas dans ce pays. Il n'y a pas, d'un côté des villes qui seraient pro-américaines et de l'autre pas du tout. Nous sommes une nation, tous autant que nous sommes : fiers, tous autant que nous sommes : patriotes.
Il y a des patriotes qui ont soutenu la guerre en Iraq et d'autres patriotes qui s'y sont opposés ; il y a des patriotes qui croient aux choix politiques des Démocrates et d'autres qui croient à ceux des Républicains. Les hommes et femmes qui servent sur nos champs de bataille, sont soit Démocrates, soit Républicains, d'autres sont Indépendants, mais ils combattent ensemble, se blessent ensemble et d'autres meurent ensemble sous le même drapeau qui est notre fierté à tous.
Ils n'ont pas servi une Amérique rouge (Républicaine) ou bleue (Démocrate). Ils ont servi les Etats Unis d'Amérique.
Cela ne sera pas facile, Ohio. Ca ne sera pas facile du tout. Ca pourrait même ne pas être rapide. Mais, vous et moi savons qu'il est temps de nous unir pour changer ce pays. Certains d'entre vous ont sombré dans le cynisme, certains parmi vous en ont marre des hommes politiques. Beaucoup d'entre vous sont déçus et même en colère contre leurs dirigeants, et vous avez raison de l'être. En dépit de tout ceci, je vous demande ce qui a été demandé aux Américains tout au long de notre histoire. Je vous demande de croire, pas seulement dans ma capacité à conduire le changement, mais en la vôtre.Je sais que le changement est possible : je l'ai vu.Moi, je sais que ce changement est possible, parce que je l'ai vu. Je l'ai vu durant ces 21 mois, parce que j'ai eu le privilège dans cette campagne d'être le témoin de ce que l'Amérique a de meilleur. Je l'ai vu dans les rangs des électeurs qui s'étirent autour des écoles et des églises ; dans les jeunes gens qui votent pour la première fois, et ceux des moins jeunes qui se réinvestissent après une longue période d'abstention. Je l'ai vu dans les travailleurs qui préfèrent travailler moins pour que leurs collègues ne perdent pas leurs emplois ; je l'ai vu dans l'aide aux voisins pendant les inondations ; je l'ai vu chez des soldats qui se réengagent après avoir perdu un membre de leur corps. Je l'ai vu dans le visage des hommes et femmes que j'ai rencontrés au cours de mes innombrables réunions de campagne et de halls en halls, j'ai rencontré des hommes et des femmes qui parlaient de leurs difficultés mais aussi de leurs espoirs et de leurs rêves.
L'espoir. C'est ce qui a permis à nos parents et à nos grands parents de continuer à avancer même lorsque les temps étaient durs ; c'est ce qui les a conduits à dire « Je ne peux peut-être pas aller au collège, mais si j'épargnais un tout petit peu chaque semaine, mes enfants eux le pourront ». "Peut-être que je ne peux pas monter ma propre boîte, mais si je travaille vraiment dur, mes enfants pourront monter la leur". L'espoir, c'est ce qui conduit les immigrés à partir des pays lointains pour commencer une nouvelle vie pour leurs familles aux Etats-Unis ; c'est ce qui a conduit ceux qui n'avaient pas le droit de voter à se lever, à marcher et à s'organiser pour revendiquer leur liberté. C'est ce qui les a conduits à hurler haut et fort « Même dans le malheur, si je m'accroche à l'espoir, demain sera meilleur ». C'est ça l'enjeu de cette élection. C'est le choix que nous devons faire maintenant.
Ville de Canton, ne croyez pas une seconde que cette élection est terminée. Ne croyez pas une minute que le Pouvoir abdique. Nous avons encore du pain sur la planche. Nous devons travailler comme si notre futur dépendait de cette élection, de cette dernière semaine, parce que notre futur dépend effectivement de ce qui se passera cette semaine.Ensemble nous changerons ce pays et nous changerons le mondeEn une semaine seulement, nous pouvons choisir entre une économie qui récompense le travail et crée des emplois nouveaux, engendre de la prospérité. En une semaine, nous pouvons choisir d'investir dans la protection sociale pour nos familles et dans l'éducation pour nos enfants et pour les énergies renouvelables pour notre futur.
En une semaine, nous pouvons choisir de recouvrir la peur par l'espoir, la division par le rassemblement, le pouvoir du statut quo par le pouvoir du changement. En une semaine, nous pouvons nous rassembler comme un seul peuple, une seule nation et une fois de plus choisir de poursuivre notre belle histoire.
Tels sont les enjeux. C'est ce pourquoi nous nous battons. Et si en cette dernière semaine, vous pouviez frapper certaines portes pour moi et faire certains appels pour moi et parler à vos voisins et convaincre vos amis ; si vous pouvez vous levez avec moi et lutter à mes côtés en m'accordant votre vote, alors je vous promets que nous ne gagnerons pas seulement l'Ohio, nous gagnerons l'élection. Et ensemble, nous changerons ce pays et nous changerons le monde.
Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse les Etats-Unis d'Amérique".@ Elise Mbock

A six jours de l'élection, Obama prend d'assaut les écrans américains - Le Monde.fr

A six jours de l'élection, Obama prend d'assaut les écrans américains - Le Monde.fr
AFP 30.10.08 01h37

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama s'est invité mercredi dans des millions de foyers Américains à l'occasion de la diffusion d'un spot télévisé payant d'une demi-heure sur plusieurs grands réseaux du pays, à six jours de l'élection présidentielle.
Le coût de diffusion de cette publicité exceptionnelle, diffusée simultanément sur trois des principaux réseaux américains, CBS, NBC et Fox, est évalué selon les experts à entre trois et cinq millions de dollars.
Mélangeant interventions de M. Obama face à la caméra, extraits de discours sur fond de musique lyrique, ou encore mini-reportages commentés par M. Obama lui-même sur des Américains moyens évoquant leur quotidien, le spot était diffusé à 20H00 (00H00 GMT jeudi) sur la côte Est et 19H00 dans la zone centrale du pays.
Filmé en gros plan dans un bureau aux allures présidentielles, M. Obama y a notamment affirmé que l'élection de mardi serait "un moment déterminant, la chance pour nos dirigeants de répondre aux attentes en ces temps difficiles".
"Nous avons vu au cours des huit dernières années comment les décisions d'un président peuvent avoir un effet majeur sur le cours de l'Histoire - et des vies américaines", a dit le sénateur de l'Illinois.
"Mais partout où je vais, malgré la crise économique et la guerre et l'incertitude des lendemains, je vois toujours de l'optimisme. Et de l'espoir. Et de la force", a-t-il ajouté.
Pour la diffusion exceptionnelle de ce spot, Fox avait même réussi à négocier avec les organisateurs du championnat national de base-ball pour qu'ils retardent le début d'un match décisif de la finale, opposant les Tampa Bay Rays et les Philadelphia Phillies.
Le film, réalisé par Davis Guggenheim, --récompensé par un Oscar pour le film documentaire d'Al Gore, "Une vérité qui dérange"--, était destiné selon l'équipe de campagne du candidat démocrate à "donner l'occasion aux Américains d'entendre des précisions sur son programme pour le pays".

Qu’apporterait l’élection d’Obama à l’Afrique ?

La Tribune Online - Qu’apporterait l’élection d’Obama à l’Afrique ?
Au-delà de l’engouement des Africains pour le candidat afro-américain 30-10-2008
De notre envoyé spécial aux États-unis Youcef Bendada

L’engouement des Africains en faveur de l’élection de Barack Obama à la Maison-Blanche s’expliquerait par la nouvelle dimension qu’il donnera à la politique étrangère des États-Unis, si l’on se fie aux déclarations de spécialistes qui connaissent ce continent et surtout ceux qui dirigent des programmes ou occupent des fonctions au sein de l’administration fédérale.
C’est, d’ailleurs, l’avis d’un spécialiste en charge du programme Afrique, M. Howard Wolpe, directeur du programme Afrique au Woodrow Wilson Center for International Scholars de Washington. «L’accession de M. Obama à la Présidence aurait une énorme puissance politique symbolique sur l’ensemble du continent», a déclaré M. Wolpe au journaliste d’America.gov. «Le fait qu’un homme d’origine africaine puisse devenir président des États-Unis augmentera considérablement notre ascendant moral et nous permettra, je crois, d’avoir une influence beaucoup plus grande sur les États africains.»
M. Wolpe, ancien député et spécialiste des affaires africaines, a présidé la sous-commission des affaires africaines de la Chambre des représentants pendant 10 des 14 années qu’il a passées au Congrès. Sous l’ère Clinton, cet ancien député fut son envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, après le génocide de plus d’un million de Rwandais sous les yeux des satellites américains et européens. L’enthousiasme et l’emportement des Africains dans le tourbillon de cette élection ont même poussé certaines organisations nées spontanément, comme au Nigeria, et qui ont recueilli des fonds destinés à financer la campagne de Barack Obama. Mal leur en prit, puisque la loi ne permet pas la levée de fonds à l’étranger. C’est dire que l’éventualité de voir un Noir à la Maison-Blanche a enclenché un élan de solidarité qui va au-delà des frontières et transforme cette «haine» qu’éprouvent les damnés de la terre envers le pays de l’Oncle Sam, en un sentiment de joie et de fierté qui les pousse à ne ménager aucun effort pour aider celui qui, à leurs yeux et pour le moment, mettrait un frein à la politique revancharde et meurtrière de l’occupant actuel de la Maison-Blanche.
Les Africains n’ont aucun doute sur la volonté d’Obama à approfondir les relations avec les pays africains et à insuffler un élan pour plus de solidarité et d’aide aux pays qui en ont un réel besoin comme le Zimbabwe, par exemple, ou aux autres pays où le sida fait des ravages. Les Africains n’ont vraiment aucun doute sur la volonté de quelqu’un dont les origines sont enracinées en Afrique et lui prêtent une sensibilité économique, sociale et culturelle qui ne peut l’éloigner de la terre de ses ancêtres. Ce sentiment dominant chez les Africains est conforté par la présence de nombreux conseillers qui faisaient partie du staff et de l’administration de Bill Clinton. C’est le cas de Susan Rice, surnommée l’autre Rice (pas Condoleezza), afro-américaine et ancienne sous-secrétaire d’État adjointe aux Affaires africaines et qui active dans l’équipe Obama. Sa parfaite connaissance de l’Afrique et sa visite de 48 pays africains, lorsqu’elle avait en charge les dossiers de l’Afrique, sont un gage de son intérêt réel et non supposé à cause des origines de Barack. Cette ancienne élève de Princeton n’a jamais cessé de suivre de près les dossiers africains. Ses autres centres d’intérêt sont les organisations internationales et le maintien de la paix. Elle s’y consacre au sein de la Brookings Institution, un groupe d’experts internationaux basé dans la capitale fédérale, dont elle s’est mise en disponibilité pour participer à la campagne d’Obama.
Officiellement, le candidat Obama n’affiche pas de position tranchée sur ce que sera sa politique africaine, mais ce qui est attendu de sa part, c’est un frein à l’agressivité de l’administration et surtout une aide plus conséquente. Le pourrait-il, alors que la crise financière l’occuperait certainement à plein temps dès l’entame du mandat qui ne durera que 4 ans, période assez courte pour lui permettre de se consacrer à la multitude de problèmes qui étouffent l’Amérique ? Cette Amérique qui constate, hébétée, que des milliers de nouveaux petits propriétaires se voient expulsés de leur habitation pour défaut de paiement d’hypothèques à cause d’une politique hasardeuse d’octroi de crédit facile qui les a plongés dans la rue pour certains, et poussés au suicide pour d’autres. En même temps, l’Amérique doit faire face sur le plan international à la montée en puissance des pays comme la Chine, l’Inde, la Russie qui renaît, les guerres d’Irak et d’Afghanistan qui seront léguées en héritage par l’administration sortante. C’est dire que les priorités d’un gouvernement Obama seront nombreuses et il sera bien obligé de choisir entre elles. La victoire du candidat démocrate suscite beaucoup d’espoirs sur le continent africain et il lui sera bien difficile de contenter tout le monde.

Obama et l'Afrique

Obama et l'Afrique: affaire irrationnelle de couleur ou espoir réel? AFRICATIME - Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
(7sur7 29/10/2008)
Pour les uns, Barak Obama est "LE" candidat car il est Noir, pour d'autres il est le meilleur et représente l'avenir. A une semaine du duel électoral historique aux Etats-Unis, l'Afrique balance entre l'espoir d'hypothétiques "retombées" sur son continent, et un réalisme froid. Obama un peu africain?Tout tourne autour d'une double question: Obama, dont le père est kényan, appartiendrait-il, ne serait-ce qu'un peu, à l'Afrique et pourrait-il être le défenseur du "continent oublié" une fois élu? A la sortie de l'aéroport d'Abuja - la capitale du Nigeria - on ne peut pas le rater: un panneau de 10 mètres sur 8 avec un portrait géant d'Obama, une carte de l'Afrique avec comme légende "le monde entier pour Obama" et "Obama, du rêve à la réalité". A longueur d'éditoriaux ou sur des tee-shirts dans les volutes de hasch d'un célèbre temple de la musique nigériane à Lagos, le sénateur métis de l'Illinois s'affiche dans le pays le plus peuplé d'Afrique. "Si vous me demandez si je soutiens Obama à cause de la couleur de sa peau, la réponse est non non et non. Il est l'avenir du monde", assure à l'AFP Tom Obulu, responsable d'un comité de soutien local à Abuja. Obama, fils de l'Amérique"C'est un fils de l'Amérique, pas de l'Afrique! Je ne m'attends pas à des changements radicaux des relations avec l'Afrique s'il est élu", poursuit-il. Joseph Ebode, professeur camerounais de sciences politiques à Yaoundé, estime également qu'"Obama est avant tout Américain et là pour renforcer les intérêts américains". A l'appui de sa démonstration "non raciale", Tom Obulu souligne que beaucoup de Blancs américains vont voter pour le premier Noir ayant une chance réelle d'entrer à la Maison Blanche. Pas si simple à en croire le quotidien nigérian The Nation qui affirme que le facteur racial va jouer jusqu'au dernier moment: "dans les sondages, les Blancs se disent prêt à voter pour un Noir mais dans le secret de l'isoloir, ils voteront blanc". Même jugement d'un politicien tchadien: "les Blancs feront tout pour l'empêcher de gagner". Alors, "Obama l'Africain"? Responsable du groupe nigérian "les Africains pour Obama", Ndi Okereke-Onyiuke affirme qu'il est "50% Africain et 50% Américain". Rêve afro-américainEn Guinée équatoriale, les "Obamaphiles" lui trouvent des racines fang, l'ethnie majoritaire où Obama signifie "l'aigle ou l'épervier". C'est un "fils du pays", assure un vieux fonctionnaire. Au Kenya, les gens gardent la tête froide: Obama ne changerait pas leur ordinaire, mais ils ne seraient pas peu fiers de voir un Noir membre de l'ethnie Luo (par son père) devenir l'homme le plus puissant de la planète. Au Gabon, des inconditionnels ont créé un fan-club, tandis qu'à Malabo un bar porte son nom. "J'espère qu'il n'oubliera pas les enfants pauvres d'Afrique!", lance Abdoulaye, un gamin qui garde les voitures sur un parking d'Abidjan pour quelques piécettes. Mais c'est surtout l'Afrique de la rue, celle des pauvres, qui fait d'Obama le symbole irrationnel du "rêve afro-américain". "En haut", on est nettement moins rêveur et beaucoup plus réaliste, surtout en ces temps de crise économique mondiale."Pas de changements significatifs""Les retombées pour l'Afrique (...) ne sont pas liées aux origines des candidats, cela dépend des tendances lourdes que doit gérer le locataire de la Maison Blanche. Il n'y aura pas de changement significatifs", prédit un haut responsable de l'Union africaine, Ramtane Lamamra. "Obama est un Américain avant d'être autre chose. Il n'est pas le seul à avoir ses racines hors des Etats-unis (...) Mais au finish, ils sont tous Américains!", affirmait en juin le président sénégalais Abdoulaye Wade. "L'Afrique et le monde vont gagner beaucoup avec Obama. Je crois qu'il va accorder plus d'attention aux problèmes africains", déclare prudemment à l'AFP le ministre de l'Intérieur de Sao Tomé et Principe, Raul Cravid. "Mais qu'il gagne ou qu'il perde, il a déjà gagné. Cela a déjà changé quelque chose pour l'Afrique car, qu'on le veuille ou non, la race est toujours une chose très sentimentale et puissante", estime un influent politicien nigérian du nord du pays. Pays enfin, s'il en est, où la question raciale a façonné violemment l'histoire, l'Afrique du Sud reste étonnamment neutre. Le Congrès national africain (ANC), tombeur de l'Apartheid avec Nelson Mandela, refuse de prendre parti publiquement, et surtout sur le "paramètre" de la couleur. "La politique de l'ANC veut que nous ne soutenions ni le candidat démocrate ni le candidat républicain", déclare à l'AFP son porte-parole, Brian Sokutu. (afp) 28/10/08 13h45
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Obama s'offre 30 minutes de prime time

7s7 Monde - Obama s'offre 30 minutes de prime time (469822)
Le candidat démocrate à la présidentielle américaine Barack Obama s'est acheté 30 minutes de télévision mercredi à une heure de grande écoute sur trois des quatre chaînes nationales, juste avant un match de base-ball qui va être regardé par des millions de téléspectateurs.CBS, NBC et FOX
La publicité de Barack Obama, particulièrement longue sera diffusée une semaine avant le scrutin du 4 novembre lorsqu'il sera 20H00 (00H00 GMT jeudi) sur la côte Est et 19H00 dans la zone centrale du pays, sur les chaînes CBS, NBC et Fox, a précisé l'équipe de campagne du candidat démocrate à la Maison Blanche.Fox a même réussi à négocier avec les organisateurs du championnat national de base-ball pour qu'ils retardent le début d'un match décisif de la finale, qui va opposer les Tampa Bay Rays et les Philadelphia Phillies. Les stratèges démocrates étaient muets mardi sur le contenu de cette publicité, la première d'une telle longueur dans une campagne présidentielle depuis la candidature indépendante du milliardaire Ross Perot en 1992.5 millions de dollarsBarack Obama, qui a démontré depuis le début de la campagne électorale une capacité exceptionnelle à lever des fonds auprès des électeurs, a continué à engranger des millions de dollars ces dernières semaines. Evan Tracey, responsable d'un groupe spécialisé dans l'analyse des publicités électorales, estime que l'intervention du candidat démocrate à la télévision mercredi lui coûte environ 5 millions de dollars. Au total, le montant des sommes dépensées en publicité par les démocrates devrait atteindre quelque 250 millions de dollars, selon les experts.Le candidat républicain John McCain pour sa part a accepté de recevoir 84,1 millions de dollars d'argent public pour financer sa campagne et ne peut théoriquement pas dépenser un cent de plus d'ici au 4 novembre. Selon M. Tracey, à la fin de la campagne, Barack Obama devrait avoir dépensé environ 100 millions de dollars de plus que son rival républicain en publicité.McCain ironise"Personne ne déplacera un championnat national pour passer une publicité lorsque je serai président", a dit M. McCain à des milliers de supporters au cours d'un meeting en Pennsylvanie. L'intervention du candidat démocrate juste avant un match de base-ball est le signe de sa volonté de cibler l'électorat masculin et jeune, selon Evan Tracey.Pas sur Disney ChannelMalia, la fille de 10 ans du sénateur de l'Illinois, n'a pas montré un grand enthousiasme à l'idée de voir son père à la télévision. "Tu vas être sur toutes les chaînes? Tu vas interrompre mes programmes", a-t-elle réagi, selon Michelle Obama qui a raconté l'anectode à la chaîne de télévision NBC lundi. Barack Obama a rassuré sa fille en lui disant qu'il n'apparaîtrait pas sur les chaînes préférées des enfants, Disney Channel et Nickelodeon. (afp)
29/10/08 22h53
Lire aussi: Plus de 16 millions d'électeurs ont déjà voté
Lire aussi: Le journal républicain "Chicago Tribune" vote Obama

mercredi 29 octobre 2008

Menacé de mort, Obama relativise

Elections USA : Menacé de mort, Obama relativise - Election US - LCI
Malgré les menaces, Barack Obama reste calme. Au lendemain de l'annonce par les autorités américaines de l'arrestation de deux jeunes néo-nazis qui projetaient de tuer 102 personnes noires dans le Tennessee, avec comme cible ultime le candidat démocrate à la Maison-Blanche, ce dernier a relativisé lundi soir les menaces de mort proférées à son encontre. "Je pense que ce qui a été frappant dans cette campagne est le degré à quel point ces groupes haineux ont été marginalisés. Ce n'est pas l'Amérique. Ce n'est pas notre avenir", a dit Barack Obama à la chaîne de télévision locale de Pennsylvanie KDKA, tard lundi soir.
"Ce que j'ai découvert, c'est que les gens ici ne se préoccupent pas de la couleur de votre peau. Ce qu'ils essayent de déterminer, c'est qui peut tenir ses engagements", a ajouté le candidat démocrate. Quant à savoir s'il est inquiet pour sa propre sécurité, "j'ai les meilleurs gars du monde - les agents du Secret Service", l'agence fédérale chargée de la sécurité du président des Etats-Unis et des hautes personnalités, a-t-il déclaré.
"Ils ne pensaient pas qu'ils seraient capables de le faire"
Lundi soir, les autorités américaines avaient annoncé que deux hommes qui projetaient de tuer le candidat démocrate à la Maison-Blanche avaient été arrêtés mercredi dernier, à Alamo, dans le Tennessee. Selon l'agence de presse Associated Press, ces personnes, deux jeunes skinheads néo-nazis, avaient élaboré un plan pour dévaliser une armurerie, avant de se rendre dans un lycée, où ils voulaient abattre 88 étudiants noirs et en décapiter 14 autres. Des chiffres symboliques pour la communauté blanche suprématiste. Leur cible ultime ? Barack Obama lui-même. "Ils ne pensaient pas qu'ils seraient capables de le faire, mais ils ont dit qu'ils voulaient essayer", a raconté un agent fédéral cité par AP.
Présenté au tribunal vendredi dernier, les deux néo-nazis, âgés de 18 et 20 ans, ont été inculpés de "menaces contre un candidat à la présidence", "possession illégale d'une arme à feu" et "complot pour vol d'arme". Plusieurs armes à feu, dont un fusil à canon scié, avaient été saisies dans leur voiture.
En août déjà, lors de la convention démocrate à Denver, dans le Colorado, trois personnes suspectées de vouloir assassiner Barack Obama, avaient été arrêtées en possession d'armes à feu. Les trois suspects avaient déclaré vouloir tuer le candidat démocrate lors de son investiture officielle, mais les autorités avaient jugé qu'ils ne présentaient pas une menace réelle pour la vie du sénateur de l'Illinois. Cette semaine, deux universités ont par ailleurs découvert sur leur campus une effigie en carton de Barack Obama pendue à un arbre et un cadavre d'ours brun entouré d'affiches électorales du candidat. Le mois dernier, une organisation nationaliste prônant la suprématie des blancs, la Ligue des patriotes américains, avait de son côté distribué un fascicule affirmant qu'un "dirigeant noir" mènerait le pays à la destruction. Face à ces diverses menaces, le candidat fait l'objet d'une protection très rapprochée de la part des services secrets. RENDEZ-VOUS LCI.FR
- Suivez la campagne dans notre dossier spécial- Les anecdotes de la campagne avec le blog de nos correspondants à Washington - McCain, Nader ou Obama : pour qui voteriez-vous ? Faites notre test !

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Barack Obama s'offre 30 minutes de publicité sur les plus grandes chaînes - Les élections américaines - Le Monde.fr
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters 29.10.08 18h29 • Mis à jour le 29.10.08 19h33
rapper un dernier grand coup, à une semaine du scrutin, quitte à y laisser des plumes et des dollars. Les stratèges du candidat démocrate n'y sont pas allés de main morte, puisqu'ils ont décidé d'offrir à leur poulain un spot télévisé de trente minutes, mercredi soir 29 octobre, sur trois des quatre chaînes nationales. Et ce, juste avant un match de base-ball qui va être regardé par des millions de téléspectateurs.
Cette publicité particulièrement longue sera diffusée lorsqu'il sera 20 heures sur la côte est et 19 heures dans la zone centrale du pays, sur les chaînes CBS, NBC et Fox, a précisé l'équipe de campagne du candidat démocrate à la Maison Blanche. (A Paris, il sera 2 heures du matin.) Fox a même réussi à négocier avec les organisateurs du championnat national de base-ball pour qu'ils retardent le début d'un match décisif de la finale, qui va opposer les Tampa Bay Rays et les Philadelphia Phillies, les équipes de deux des Etats qui peuvent faire basculer le scrutin de mardi.
Les stratèges démocrates étaient muets, mercredi, sur le contenu de cette publicité, la première d'une telle longueur dans une campagne présidentielle depuis la candidature indépendante du milliardaire Ross Perot en 1992. Selon le New York Times, qui a pu visionner une minute de la vidéo, celle-ci a été réalisée par Davis Guggenheim, dont le père avait suivi la campagne de Robert Kennedy. On devrait y voir le sénateur de l'Illinois discutant dans une cuisine avec un groupe de travailleurs blancs, puis, dans une stature plus présidentielle, s'adresser à la nation entière pour marteler son mot d'ordre : "Change".
250 MILLIONS DE DOLLARS DÉPENSÉS EN PUBLICITÉ
Barack Obama, qui a démontré depuis le début de la campagne électorale une capacité exceptionnelle à lever des fonds, a continué à engranger des millions de dollars ces dernières semaines. Evan Tracey, responsable d'un groupe spécialisé dans l'analyse des publicités électorales, estime que l'intervention du candidat démocrate à la télévision, mercredi, lui coûte environ 5 millions de dollars. Au total, le montant des sommes dépensées en publicité par les démocrates devrait atteindre quelque 250 millions de dollars, selon les experts.
John McCain, pour sa part, a accepté de recevoir 84,1 millions de dollars d'argent public pour financer sa campagne et ne peut théoriquement pas dépenser un cent de plus d'ici au 4 novembre. Le candidat républicain a d'ailleurs eu beau jeu de dénoncer le gigantisme de son adversaire, ainsi que son manque de respect pour l'un des sports favoris des Américains : "Personne ne déplacera un championnat national pour passer une publicité lorsque je serai président", a-t-il lancé à des milliers de supporteurs au cours d'un meeting en Pennsylvanie. A l'heure où Barack Obama monopolisera les écrans, M. McCain sera présent dans le "Larry King Live" sur CNN.

Les patrons américains réajustent en faveur d'Obama - Les élections américaines

Les patrons américains réajustent en faveur d'Obama - Les élections américaines - Le Monde.fr
LE MONDE 29.10.08 13h50 • Mis à jour le 29.10.08 13h53
NEW YORK CORRESPONDANT
i même l'industrie pharmaceutique s'y met, c'est que l'enjeu est grave. Depuis vingt-cinq ans, elle était, avec l'industrie pétrolière, un pilier du financement républicain. Elle avait contribué près de trois fois plus au financement de la campagne de George Bush contre Al Gore en 2000 ; et encore deux fois plus en 2004, lorsqu'il affronta John Kerry. Or cette fois, la différence est très ténue : 51 % de sa manne va au candidat républicain John McCain, 49 % au démocrate Barack Obama.
Mais il y a plus : cette année, le lobby des compagnies pharmaceutiques, le PhRMA (Pharmaceutical Research & Manufacturers of America), a réparti ses 13,2 millions de dollars alloués aux élections pour le renouvellement de la Chambre des représentants entre trois républicains et... vingt-cinq démocrates ! "L'industrie du médicament s'adapte au coup de poing démocrate annoncé", titrait le 24 octobre le Wall Street Journal. C'est-à-dire à la possible accession à la présidence d'un homme qui promet une vaste réforme du système de santé et dont le parti dominerait sans conteste la Chambre et le Sénat.
Pour les patrons américains, plus qu'un soutien personnel, financer une campagne est d'abord un pari stratégique qui vise à préserver les intérêts de leur entreprise. Les lobbies, eux, contribuent à promouvoir les intérêts généraux du secteur qui les rémunère.
GÉNÉREUX DONATEURS
L'industrie pharmaceutique, par exemple, cherche à éviter ou à limiter un encadrement public du prix des médicaments (du moins des plus courants), aujourd'hui libre. Les grands laboratoires craignent l'attribution de pouvoirs étendus à la FDA, leur autorité publique de contrôle. Ils craignent de voir leurs publicités limitées, ou qu'une nouvelle administration cède à l'exigence des associations de consommateurs de faciliter les plaintes contre les médicaments nocifs ou sans effet.
En contribuant financièrement à une élection, les entrepreneurs se donnent les moyens de rappeler au président ses engagements et de se garantir des défenseurs parmi les élus. Voilà pourquoi tous les secteurs "donnent" aux deux partis : parce qu'il est important d'être bien placé auprès de la formation dominante, mais aussi d'avoir des relais dans l'opposition. Le fonctionnement des institutions américaines, où le parti minoritaire peut empêcher l'adoption d'une loi tant qu'elle n'obtient pas 60 suffrages (sur 100 membres) au Sénat, fait que détenir un "levier" dans l'opposition est essentiel pour gagner une décision ou l'empêcher.
M. Obama insiste sur le fait que sa campagne refuse l'argent des lobbies. Mais qui rencontrait-il, il y a une semaine, pour un dîner privé chez Robert Wolf, président de la banque UBS aux Etats-Unis ? La dizaine de patrons qui étaient invités dirigent des banques ou des hedge funds, sauf deux : Leo Corbett, du directoire d'EMI Music, et Orin Kindler, directeur-général de la société pharmaceutique Pfizer. La présence de ce dernier détonnait aux côtés de représentants de la finance et du spectacle, qui figurent parmi les secteurs les plus généreux en faveur du sénateur démocrate. Grossièrement, on peut dire que les sphères d'activité émergentes sont plutôt "obamistes", celles de la "vieille industrie" plutôt contre. Ainsi, le secteur pétrolier finance M. McCain à 76 %, l'environnement, M. Obama à 92 %.
Traditionnellement, l'automobile et le transport aérien sont républicains (et leurs syndicats, historiquement puissants, de gros contributeurs démocrates). Cette année, l'énergie, les banques de dépôt, l'assurance, le tabac financent essentiellement les républicains, la téléphonie et la pharmacie aussi, dans une moindre mesure. La finance, le spectacle, les professions juridiques sont favorables à M. Obama, et plus encore l'informatique et Internet. Frères ennemis, Bill Gates (Microsoft) et Eric Schmidt, le PDG de Google, se sont clairement engagés de son côté.
Mais plus que la répartition des mannes, son évolution tendancielle est significative de l'attitude du patronat américain. Dans tous les cas, M. Obama est bénéficiaire. Deux exemples : l'assurance avait versé les deux tiers de ses donations à George Bush en 2004, elle n'en a versé que 55 % à M. McCain. A l'inverse, l'informatique avait réparti sa manne 52 %-48 % en faveur de John Kerry il y a quatre ans, cette année elle privilégie M. Obama à 64 %.
A l'évidence, le patronat américain se prépare à voir entrer le candidat démocrate à la Maison Blanche. En une période où, après les banques, les constructeurs automobiles appellent l'Etat au secours - en attendant les compagnies aériennes, la plupart au bord de la faillite -, beaucoup de ses membres commencent à penser que le plan démocrate "étatique" de sortie de crise ne serait pas obligatoirement une catastrophe.
Sylvain Cypel
George Bush tente de remonter le moral des républicains
Le président américain George Bush a rendu, mardi 28 octobre, une visite surprise au siège de son parti, à Washington, pour pousser les républicains à poursuivre jusqu'au bout leur effort pour John McCain, malgré des pronostics défavorables, a dit la Maison Blanche. "Il les a encouragés à travailler dur pour John McCain et à continuer de mobiliser les électeurs jusqu'à ce que le dernier bulletin soit mis dans l'urne la semaine prochaine", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Scott Stanzel. Les sondages indiquent que M. McCain aura fort à faire pour battre son rival démocrate. Mais la porte-parole de M. Bush, Dana Perino, a relevé que la dernière semaine de campagne est "habituellement la plus importante". Le président a mené une campagne très discrète pour M. McCain et les candidats républicains aux autres élections du 4 novembre, se restreignant aux secteurs où son impopularité ne risquait pas de nuire. M. McCain a pris soin de garder toutes ses distances avec lui. - (AFP.)
Article paru dans l'édition du 30.10.08

Barack Obama placé sous extrême protection

Le Figaro - Election US : Barack Obama placé sous extrême protection
Philippe Gélie, notre correspondant à Washington29/10/2008 Mise à jour : 07:35 .
Barack Obama (mardi en Pennsylvanie) est protégé par les agents du Secret Service depuis mai 2007. Ces derniers craignent notamment une vingtaine de groupes racistes, classés comme «terroristes». Crédits photo : AP
Après l'arrestation de deux néonazis qui projetaient d'assassiner le candidat démocrate, les services de sécurité sont sur les dents.

À première vue, Daniel Cowart et Paul Schlesselman, deux néonazis de 20 et 18 ans, pourraient passer pour des marginaux, trop amateurs pour être vraiment dangereux. Mais l'Agence fédérale de lutte contre les trafics d'alcool, de tabac, d'armes à feu et d'explosifs (ATF), qui les a déférés lundi devant un tribunal du Tennessee, prend «très au sérieux» leur projet d'assassiner Barack Obama, au terme d'un «carnage national» à motivation raciste. Sans doute est-ce le signe qu'à l'approche du scrutin du 4 novembre, la campagne présidentielle entre dans une période à hauts risques.
Portails électroniques et fouilles systématiques
Cela fait longtemps que l'entourage et les partisans du candidat démocrate s'inquiètent d'une possible agression contre le premier Afro-Américain à avoir une chance sérieuse d'accéder à la Maison-Blanche. Après avoir reçu des lettres de menaces, Obama avait été le premier des candidats à demander - et à obtenir - dès mai 2007, soit huit mois avant le début des primaires, une protection du Secret Service, l'agence fédérale chargée depuis 1894 de la protection des personnalités. «Nous en avons parlé en famille, reconnaissait Michelle Obama en mai dernier. Mais vous ne pouvez pas laisser la peur dicter vos décisions. Barack est probablement plus en sécurité maintenant qu'avant.»
Le sénateur lui-même refuse de s'appesantir sur la question : «Je bénéficie de la meilleure protection du monde, arrêtez de vous inquiéter.» Il n'empêche que ses rassemblements, où se pressent des dizaines de milliers de personnes, posent un immense défi sécuritaire. La soirée électorale prévue mardi prochain au Grant Park de Chicago, qui peut accueillir 200 000 personnes, promet de mettre les forces de l'ordre sur les dents. Depuis plusieurs mois, les portiques électroniques et les fouilles sont systématiques dans les meetings de campagne, y compris en plein air. Il en coûte parfois jusqu'à 80 000 dollars aux villes d'accueil, priées de mobiliser leur propre police.
Ce n'était pas le cas durant les primaires, où l'accès aux réunions des candidats était remarquablement aisé. John McCain, le candidat républicain, a refusé toute escorte officielle jusqu'en avril dernier. Mais, depuis peu, la tension entre les extrémistes des deux camps s'est accrue. Le FBI a ouvert une enquête au début du mois après qu'un supporteur de Sarah Palin a crié «qu'on lui coupe la tête !» à l'endroit d'Obama. Fin août, quatre personnes avaient été arrêtées à Denver en possession de fusils à lunette : après leur avoir prêté l'intention d'assassiner le démocrate lors de son discours d'investiture dans un stade de 80 000 places, l'accusation a été abandonnée faute de preuves.
Quatre présidents en exercice ont déjà été assassinés
Il est parfois difficile d'évaluer le sérieux des menaces. Mardi, le maire de West Hollywood s'est élevé contre l'exhibition d'un mannequin ressemblant à Sarah Palin, pendu à un nœud coulant au milieu des décorations de Halloween. Mais le Secret Service ne peut oublier que quatre présidents en exercice ont été assassinés aux États-Unis : Abraham Lincoln en 1865, James Garfield en 1881, William McKinley en 1901 et John F. Kennedy en 1963. Treize autres ont fait l'objet de tentatives, y compris Bill Clinton et les Bush père et fils. Une attaque contre Ronald Reagan en 1981 avait laissé trois membres de son entourage gravement blessés. De nombreux leaders noirs figurent sur la liste des victimes, à commencer par Malcolm X en 1965 et Martin Luther King en 1968.
Cowart et Schlesselman étaient inspirés par les théories sur la suprématie blanche et comptaient tuer 102 lycéens noirs avant d'en finir avec Barack Obama. Cette frange ultraradicale est considérée comme marginale, mais elle compterait tout de même 50 000 sympathisants dans le pays. Le Southern Poverty Law Center recense 888 groupes racistes, souvent rivaux, dont 24 sont classés comme «terroristes» par le FBI. Le Ku Klux Klan serait en nette régression depuis l'arrestation de son chef pour corruption. Mais des sites Internet comme Stormfront se targuent d'attirer 43 000 visiteurs par mois. Le Mouvement national-socialiste est officiellement présent dans 38 États.

mardi 28 octobre 2008

Un complot contre Obama déjoué

Un complot contre Obama déjoué - Obama complot, skihead KKK, élections américaines - Toute l'actu sur Lejdd.frPar Maud PIERRONleJDD.fr
>" src="http://www.lejdd.fr/includes/nav/images/puce-article.gif"> Les autorités américaines ont déjoué un complot fomenté par deux néo-nazis, visant à assassiner Barack Obama et à tuer des noirs. Arrêtés le 22 octobre, ils ont été inculpés de "menaces contre un candidat à la présidentielle", de "détention illégale d'un fusil" et de "complot en vue de dévaliser une armurerie". Mais la police doute de leur capacité à concrétiser ce projet.
Nouvelle menace déjouée contre Barack Obama. Les autorités américaines ont annoncé lundi soir avoir déjoué un complot fomenté par des skinheads néo-nazis, visant à assassiner Barack Obama et 102 noirs dans le Tennessee. Deux personnes ont été arrêtées le 22 octobre dernier dans le Tennessee et doivent comparaître jeudi devant la justice.Il s'agit de Daniel Cowart et Paul Schlesselman, âgés de 20 et 18 ans, qui, selon la police, s'étaient rencontrés sur internet il y a environ un mois. Ils ont été inculpés dans la foulée de "menaces contre un candidat à l'élection présidentielle", de "détention illégale d'un fusil à canon scié" et de "complot en vue de dévaliser une armurerie". Les policiers précisent que le projet des deux hommes n'était pas encore finalisé. "Nous ne sommes pas sûrs qu'ils avaient les capacités et les moyens de mettre à exécution leurs menaces", a précisé une source proche de l'enquête.Selon les premiers éléments de l'enquête, ce sont des agents fédéraux du Bureau alcool-tabac-armes à feu-explosifs (ATF) qui ont mis à mal l'attaque. Les deux hommes souhaitaient tuer par balle 88 noirs et en décapiter 14. Ces deux chiffres sont ceux symbolisant la prédominance de la race blanche dans l'idéologie du Ku Klux Klan. Ils projetaient de dévaliser un magasin d'armes à feu pour mitrailler plusieurs écoles dans différents Etats, toutes fréquentées par des Afro-américains. Dans leur plan, Barack Obama aurait été la dernière victime de ce massacre. Pour ce dernier acte, ils envisageaient de s'habiller de smokings blancs et de chapeaux haut de forme et de faire usage de leurs armes à feu en passant à vive allure dans leur voiture à hauteur du candidat démocrate. "Ils ont expliqué que le clou de cette équipée devait être de tenter d'assassiner le candidat à l'élection présidentielle Barack Obama", a ainsi raconté Brian Weaks, membre de l'ATF. Un service de protection particulierL'équipe de Barack Obama n'a pas commenté l'information. Le candidat, lui, se trouvait lundi à Pittsburgh, en Pennsylvanie, où il continue de mener campagne. Parce qu'il est métis, Barack Obama est menacé. Depuis qu'il est entré en campagne, lors des primaires internes au parti démocrate, le sénateur de l'Illinois bénéficie d'une protection particulière des services secrets américains, informés des menaces qui pèsent sur le candidat dans une Amérique qui se débat - encore et toujours - avec une minorité raciste activiste. La possibilité pour un candidat métis d'accéder à la Maison blanche a suscité le réveil d'actes haineux, révélant un racisme latent dans certaines parties de la population blanche. Cette semaine, deux universités ont découvert sur leur campus une effigie en carton d'Obama pendue à un arbre et un cadavre d'ours brun entouré d'affiches électorales du candidat. "De nombreux blancs ont le sentiment de voir leur pays disparaître sous leurs yeux. Nous commençons à assister à leur réaction", analysait alors Mark Potok, directeur du Centre juridique du Sud sur la pauvreté, qui étudie les groupes racistes.En août dernier, juste avant la Convention démocrate, plusieurs personnes avaient déjà été arrêtées pour avoir voulu tuer le sénateur démocrate. Un gilet pare-balles, deux fusils à lunette, des boîtes à munitions, avaient notamment été saisis dans le coffre de voiture de l'un des suspects. Mais les autorités avaient jugé qu'ils ne présentaient une menace réelle pour la vie du sénateur de l'Illinois. Le Ku Klux Klan, organisation suprématiste blanche, a juré la perte du candidat Obama, en tête dans les sondages, qui serait le premier homme de couleur à accéder au bureau ovale.

Qui est le vrai Obama ?

Qui est le vrai Obama ?
À la fin de cette interminable course à la présidence américaine, les historiens vont pouvoir citer de nombreuses raisons de la victoire, aujourd'hui presque certaine, de Barack Obama: la crise économique, la guerre en Irak, le désir d'un «changement» profond après huit désastreuses années de George Bush et, oui, l'affreuse grimace de John McCain, lors du dernier débat, face au visage souriant de son rival.

Cependant, la vraie histoire du phénomène Obama reste pour l'essentiel inédite, du moins dans l'imagination populaire. Une bonne partie du peuple américain et des grands médias, redoutant un dernier sursaut du «Frankenstein républicain» symbolisé par John McCain, ne veut pas entendre de critiques sur les origines ou sur les idées de leur nouveau sauveur. Je ne les blâme pas, étant moi-même désespéré de voir McCain, homme pourtant pas bête, exprimer des bêtises du genre: «L'Amérique n'a jamais perdu une bataille au Vietnam» ou encore «Sarah Palin est une réformatrice qui sera ma partenaire». Mais avant de couronner le jeune candidat démocrate et de fêter l'extraordinaire symbole que représente l'arrivée d'un Noir à la Maison-Blanche, peut-être faudrait-il passer en revue les défauts, les hypocrisies et, plus important, l'esprit essentiellement conservateur du vrai Obama, plutôt qu'un Obama créé par les agences de publicité et les machines de propagande. John McCain a beau invoquer des liens entre Obama et le «terroriste» William Ayers, le candidat d'origine africaine ne représente en aucune façon une menace pour le statu quo américain. Tout d'abord, Obama ne porte pas le projet d'une réforme politique; au contraire, il est issu d'une faction du Parti démocrate qui incarne le pouvoir oligarchique. Formé à Chicago, ville dominée par le maire Richard M. Daley et un conseil municipal dont 49 sièges sur 50 sont occupés par des membres de son parti, Obama exagère ses penchants bipartisans. Sans le soutien à part entière du tout-puissant Daley, le candidat démocrate serait aujourd'hui président d'un comité au sénat de l'État d'Illinois, au lieu d'être sur le seuil de la résidence présidentielle. *** En tant que membre de la machine politique démocrate, Obama a, il y a longtemps, renoncé à une réforme du système de financement des campagnes électorales. Avec une somme hallucinante de plus de 600 millions dans sa caisse électorale, le nouveau chef du Parti démocrate aura peu d'intérêt à imposer des limites à la mobilisation de l'argent électoral. On parle beaucoup de ces centaines de milliers de petits donateurs soutenant Obama avec des dons de moins de 100 dollars, mais ces chiffres impressionnants occultent la prédominance des dons regroupés des secteurs de la finance et des affaires et des lobbyistes. Aujourd'hui, le regroupement de dons numéro un (740 000 $) d'Obama vient de la très influente banque Goldman Sachs, berceau de l'actuel secrétaire au Trésor Henry Paulson ainsi que de Robert Rubin, principal conseiller de Barack Obama sur l'économie et ancien secrétaire au Trésor dans l'administration Clinton. Quelle ironie d'entendre John McCain, candidat du parti d'affaires traditionnel, reprocher à son adversaire soi-disant «socialiste» un excès de zèle auprès du secteur privé. McCain est handicapé par son adhésion au principe du financement public des élections. Ses 84 millions de fonds venant du Trésor américain (même ajoutés aux sommes considérables qu'il reçoit du Parti républicain) paraissent pitoyables à côté des sommes récoltées par Obama (150 millions en septembre seulement). Par ailleurs, Obama n'est ni un candidat pour la «paix» ni un candidat tout à fait «antiguerre». Il est vrai qu'il s'est déclaré contre l'invasion de l'Irak avant qu'elle ait eu lieu. Or, depuis son investiture au Sénat fédéral, ses votes, soit pour le financement de l'occupation, soit pour une date fixe pour le retrait des troupes, ont été ultraprudents, voire identiques à ceux de sa rivale, le faucon libéral Hillary Clinton. Quant à sa volonté déclarée de mettre fin à la «guerre» en Irak au plus tard 16 mois après son investiture, les rumeurs parlent d'une promesse déjà rompue. L'entourage d'Obama est plein d'anciens conseillers du président Bill Clinton, dont des interventionnistes libéraux comme Anthony Lake, qui croient toujours dans la possibilité d'établir la démocratie au Proche-Orient. Ce sont eux, les partisans de «l'ingérence humanitaire», qui soutiennent Obama dans sa conviction que l'on devrait déplacer la guerre «contre le terrorisme» vers l'Afghanistan, bourbier meurtrier encore plus profond que l'Irak. *** Tout cela ne veut pas dire qu'Obama ne fera pas un bon président. Avec une augmentation de la majorité démocrate au Congrès, et surtout au Sénat, Obama pourrait se sentir libéré des contraintes imposées par les tactiques d'urgence d'une campagne. Après tout, il est un intellectuel libéral cité au dos d'un ouvrage du grand philosophe et théologien Reinhold Niebuhr -- «l'un de mes philosophes préférés». Déjà, avoir un président qui connaîtrait les noms de quelques philosophes me semble plutôt encourageant. Les idées banales d'Obama en faveur du libre-échange et de la sécurité nationale pourraient bien cacher une politique plus intéressante. En outre, un Noir à la Maison-Blanche (même né d'une mère blanche) pourrait aussi servir d'inspiration aux Afro-Américains toujours déshérités, toujours en recul par rapport aux Blancs sur le plan social et économique. Chiffre stupéfiant: aux États-Unis aujourd'hui, parmi les hommes noirs âgés de 18 à 24 ans, 10,5 %, soit presque 200 000, sont en prison. Je ne suis pas partisan des gestes symboliques, mais peut-être que celui-ci pourrait mener à une société un peu plus juste. Néanmoins, je suis pessimiste. Accablé par la crise économique, un président Obama aura du mal à tenir ses promesses de campagne, principalement au sujet de l'assurance santé. Par ailleurs, Obama s'est montré beaucoup moins audacieux lors du vote sur le projet de sauvetage de Wall Street offert par l'administration Bush. Confronté à une révolte à la Chambre des représentants («la Maison du peuple»), Obama, avec John McCain, a incité ses collègues récalcitrants à voter une loi qui donne au secrétaire au Trésor, l'un des architectes de la crise durant sa carrière à Goldman Sachs, 700 milliards pour sauver le pain de ses amis avec l'argent du contribuable. Il se peut que la vraie élection -- le référendum sur la réforme et la souveraineté populaire -- ait déjà eu lieu. *** John R. MacArthur est l'auteur du livre Une caste américaine: Les élections aux États-Unis expliquées aux Français. Il reprend aujourd'hui sa chronique mensuelle sur les États-Unis.

La mode vote Obama

La mode vote Obama

La mode vote Obama
Par Rachèle Bevilacqua, mis à jour le 27/10/2008 12:43:12 - publié le 23/10/2008 14:34

New York vibre au rythme des initiatives lancées par les créateurs pour soutenir le candidat.
«Fashion=change»; «Electoral couture»; «Vote fashion»... La mode a parfois de l'humour, finalement. En témoigne cette profusion de logos affichés à la façon de grands badges colorés, singeant l'esthétique militante, sur les tentes de Bryant Park (sorte de Carrousel du Louvre local), lors de la dernière Fashion Week new-yorkaise. Le 5 novembre, l'Amérique aura élu son nouveau président, mais la mode a déjà choisi: elle vote Obama!

REUTERS
A model presents a creation featuring U.S. presidential nominee Barack Obama by French designer Jean-Charles de Castelbajac as part of his Spring/Summer 2009 women's ready-to-wear fashion collection show in Paris October 3, 2008. REUTERS/Benoit Tessier (FRANCE)
Jamais élection n'avait suscité un tel engagement financier et créatif de la part des locataires de la 7th Avenue («Fashion Avenue»). Jusqu'à présent, les designers s'engageaient à titre personnel en versant de l'argent. Cette année, le monde de la mode s'est nettement plus investi, allant jusqu'à organiser des soirées pour lever des fonds.
La première fut orchestrée le 17 juin dernier par Anna Wintour (directrice du tout-puissant Vogue), Andre Leon Talley (chroniqueur du même magazine) et Calvin Klein. Elle a rapporté près de 1 million de dollars et a sérieusement fédéré les stylistes autour d'Obama.
Depuis, le Parti démocrate en a invité une flopée à créer un tee-shirt ou un sac à la gloire du candidat métis, s'inspirant de son logo «rising sun» (lever de soleil). Parmi les plus fameux: Diane von Furstenberg, Marc Jacobs, Zac Posen, Derek Lam... Présentés le 9 septembre dernier lors d'une grande soirée mondaine, baptisée Runway to Change (Défilé pour le changement), et placée sous l'égide de Sarah Jessica Parker et d'Anna Wintour, les produits estampillés Barack sont vendus sur le site officiel du candidat. Des collectors griffés à des prix raisonnables: le buzz est immense!

J. Stern/Reuters
Les supporters d'Obama affichent leur préférence sur leurs vêtements.
Directrice de publicité, Samantha Fennell vient de quitter son poste au Elle américain pour mettre ses compétences au service d'Obama. «Jamais je n'ai été aussi inspirée et motivée par un candidat! Cet engagement des gens de la mode a permis de réveiller les consciences. Il crée de l'enthousiasme et renforce l'idée qu'en votant Obama on est du bon côté des choses.»
Les républicains n'ont pas tardé à retourner l'argument: si Barack est soutenu par le milieu de la mode, réputé élitiste, c'est qu'il est lui-même une star lointaine, donc incapable de s'adresser à la «White working class», la classe blanche laborieuse...
La polémique ayant encore enflé avec la sortie du Men's Vogue d'octobre mettant Obama en Une (photographié par Annie Leibovitz), les équipes du démocrate n'ont pas tardé à préciser que sa politique s'adressait bien sûr à tous les Américains, de l'Indiana à la côte Ouest...
A New York, l'effervescence est palpable autour du séduisant candidat... et du changement de style qu'il incarne avec son épouse, sacrée parmi les dix femmes les plus élégantes par le magazine People. Le New York Magazine a récemment titré:« La récolte de fonds par la mode pour Barack Obama est en soi un minidéfilé!» et WWD (Women's Wear Daily), la bible du milieu, a consacré un article aux fans très stylés de Barack.
3 questions à Diane von Furstenberg, qui a dessiné un cabas pour Obama.
Que représente Obama pour vous?
J'ai d'abord soutenu Hillary, puis, en lisant le livre que Barack Obama a écrit sur son père, j'ai été convaincue que j'allais lui apporter mon soutien.
La mode peut-elle influencer la politique?
La mode étant le reflet de notre époque, je pense que c'est plutôt l'industrie et ses créateurs qui sont inspirés par le moment, donc par la politique ces temps-ci. Plus généralement, ils sont très sensibles à tout ce qui touche à l'espoir et à la liberté.
Que ressentirez-vous si Obama passe?
Je serai fière d'être devenue américaine [NDLR : elle est née en Belgique]. Ce sera une belle leçon...
Dans la rue, le long des flea markets ou sur le marché très fréquenté d'Union Square, sont vendus tee-shirts, casquettes et pin's à l'effigie du démocrate, avec des slogans tels «Yes we can» ou «Barack to the future». Sur la très «Carrie Bradshaw» Bleecker Street, dans le West Village, Marc Jacobs a mis en vitrine une casquette Obama et Frédérique Dessemond, créatrice des ravissants bijoux Ginette, a créé un médaillon «Ginette loves Obama».
L'enseigne branchée Urban Outfitters a, de son côté, installé un corner Obama avec figurines, mugs ou pin's «No pain no McCain» ou encore «Mum loves Barack». Tous disent écouler leurs stocks rapidement, même si dans les rues de la Grosse Pomme le soutien vestimentaire reste relativement discret. «A New York, on avoue majoritairement être de gauche mais on affiche moins son opinion sur un tee-shirt que sur la côte Ouest, décrypte Samantha Fennell. En revanche, il y a fort à parier que les New-Yorkais dorment avec!»
Les people, eux, ne ménagent pas leur peine, jour et nuit. Accessoire fashion autant que militant, le tee-shirt Obama a été repéré sur tout ce que Hollywood compte d'épaules célèbres et glamour, acteurs et musiciens: Halle Berry, Beyoncé, Spike Lee, Fergie (chanteuse des Black Eyed Peas), Kirsten Dunst et Sharon Stone... Pas de doute, les vêtements Obama cassent la Barack !
Et en France?

DR
Zadig & Voltaire a dégainé en premier, avec un tee-shirt (vendu uniquement sur Internet, ci-dessus) qui remporte un tel succès que l'on doit s'inscrire sur liste d'attente pour l'acheter. La créatrice Juliette Swildens a lancé plusieurs modèles dont un top chiné avec le portrait de Barack auréolé de beaux mots «Peace», «Hope». Selon une enquête TNS Sofres, 80 % des Français souhaitent l'élection d'Obama, que le magazine GQ France a élu «homme le plus stylé de l'année».
A voir sur Internet : http://store.barackobama.com/
Article - La mode vote Obama
Diaporama - Obama s'expose à Paris

Article - Le Financial Times vote Obama
Article - Colin Powell votera pour Obama
Blog - Quand Hollywod annonçait Obama...
Article - Sur le web et face à la crise, "l'équipe Obama est supérieure"
Article - Obama doit se méfier des sondages

Obama: ne rien changer pour gagner , Amériques - NouvelObs.com

Obama: ne rien changer pour gagner , Amériques - NouvelObs.com
AP 27.10.2008 18:35
Barack Obama entre dans la dernière semaine de la campagne présidentielle avec quelques sondages et un fabuleux trésor de guerre d'avance sur John McCain. Dans un contexte économique et politique favorable aux démocrates, le sénateur de l'Illinois a sans doute intérêt à ne rien changer jusqu'au 4 novembre.
Le candidat démocrate pointe en tête de la plupart des enquêtes nationales ainsi que dans les Etats régionaux gagnés par le démocrate John Kerry en 2004. Il mène ou reste en course dans une demi-douzaine d'Etats ayant voté George W. Bush la dernière fois, y compris en Floride et dans l'Ohio, et même en Virginie, ex-fief républicain.
La crise économique et financière et l'impopularité rare du président sortant comptent parmi ses atouts. "Je pense qu'il doit continuer sur ce qui semble être la bonne voie", estime Fred Greenstein, politologue à Princeton. Auteur de plusieurs ouvrages sur la présidence, ce spécialiste conseille à Barack Obama de "ne pas gaffer et de ne pas exulter" comme certains favoris, finalement battus.
Les récents sondages montrent d'ailleurs un resserrement des scores des deux candidats, et la stratégie des derniers jours pourrait s'avérer décisive.
Avant de se rendre à Hawaï au chevet de sa grand-mère blanche gravement malade, Barack Obama a surtout fait escale dans des Etats ayant voté républicain en 2000 et 2004, comme la Floride, la Virginie, l'Indiana et le Missouri, où l'attendaient des foules nombreuses. Il devait poursuivre son immersion en territoire "rouge" cette semaine.
Pendant ce temps, John McCain tente de consolider sa base dans les bastions autrefois acquis au Parti républicain, en économisant ses fonds limités.
Barack Obama en revanche, avec son record de 150 millions de dollars (119 millions d'euros) récoltés rien qu'en septembre, peut continuer d'occuper le terrain publicitaire. Il s'est même payé un spot politique d'une demi-heure programmé pour mercredi soir sur les principales chaînes de télévision du pays, ce qui n'avait pas été fait depuis le milliardaire Ross Perot en 1992. Et personne avant lui n'avait placé de spots de campagne dans des jeux vidéo sur Internet.
Ignorant les attaques de John McCain sur le gauchisme, le manque d'expérience et l'élitisme supposés de Barack Obama, son équipe se concentre dans les derniers jours sur l'économie et les grands thèmes de sa campagne: le besoin de changement, la continuité Bush-McCain, et l'intérêt de son programme politique pour les classes moyennes.
"Les courses ont toujours tendance à se resserrer vers la fin (...) mais je ne pense pas que la dynamique de la campagne ait fondamentalement changé", analyse Doug Schoen, stratège démocrate et professionnel du sondage, qui a travaillé pour le président Bill Clinton et le maire de New York Michael Bloomberg. Cependant, prévient-il, "McCain a manifestement encore beaucoup de réserve pour se battre. Obama commettrait une erreur en perdant de vue des Etats comme la Floride, l'Ohio, le Colorado ou le Nevada, où la marge est étroite".
Barack Obama jouit d'une légère avance dans certaines enquêtes d'opinion dans le Colorado, qui avait voté Bush en 2000 et 2004. Les démocrates ont organisé leur convention d'investiture du candidat dans cet Etat, à Denver, et le sénateur noir de l'Illinois y a passé un temps considérable.
Pour Thomas Cronin, politologue au Colorado College de Colorado Springs et militant démocrate, "McCain est sur la défense. Il essaie de garder des Etats gagnés par Bush et a du mal pour une demi-douzaine d'entre eux", alors que "tout ce qu'Obama a à faire, c'est de rafler environ de quatre de ces Etats".
En Virginie, qui vire démocrate dans les derniers scrutins régionaux, Barack Obama "mène certainement de plusieurs points", estime Larry Sabato, politologue à l'université de Virginie de Charlottesville. "Qu'est-ce qu'il doit faire? Juste continuer. Tout va très bien pour lui (...) C'est une année démocrate, les fondamentaux sont démocrates. Il doit sans cesse revenir sur les problèmes économiques et lier McCain à Bush", conseille M. Sabato.
Et les coffres pleins de Barack Obama pourraient être décisifs dans la fin de partie. Le candidat démocrate, qui a récolté 605 millions de dollars (479 millions d'euros) entre le début de sa campagne début 2007 et la fin septembre, aura bientôt dépassé les 650 millions de dollars (515 millions d'euros) recueillis par George W. Bush et John Kerry ensemble en 2004. Ce qui a permis "de faire tout ce que nous voulions", déclare son responsable de la stratégie de campagne, David Axelrod. AP

Obama lance sa plaidoirie finale, McCain fait de la résistance

AFP: Présidentielle américaine: Obama lance sa plaidoirie finale, McCain fait de la résistance
WASHINGTON (AFP) — Le temps presse désormais pour les deux candidats à la Maison Blanche qui devaient passer la dernière semaine de campagne dans une poignée d'Etats clefs où se jouera la présidentielle américaine.
"Dans une semaine, vous pourrez mettre fin à une politique qui cherche à diviser le pays dans le but de gagner une élection, qui essaie de dresser une région contre une autre, une ville contre une autre, les républicains contre les démocrates, qui joue sur la peur quand nous avons tant besoin d'espoir", a dit M. Obama dans la ville industrielle de Canton (Ohio, nord) dans un discours présenté par son équipe comme le plaidoyer final de sa campagne présidentielle.
A huit jours de l'élection présidentielle américaine, le candidat démocrate a choisi de reprendre les thèmes de l'espoir et du changement sur lesquels il avait lancé sa campagne en février 2007.
M. Obama et le républicain John McCain faisaient campagne lundi dans l'Ohio, l'Etat qui fit la différence en 2004. Tout au long de la semaine, les deux candidats devaient se croiser dans une poignée d'Etats clefs où se jouera l'élection du 4 novembre. Outre l'Ohio, ils étaient attendus en Pennsylvanie (est), en Virginie (est), en Floride (sud-est), en Caroline du Nord (sud-est). Sur la défensive, M. McCain a prévu également de se rendre dans le Missouri (centre) et dans l'Indiana (nord), deux Etats qui étaient considérés comme "sûrs" pour les républicains mais semblent désormais à la portée du candidat démocrate.
M. McCain veut convaincre les Américains que l'élection de M. Obama représenterait un risque pour le pays en raison de l'inexpérience supposée de son adversaire. Il dépeint aussi M. Obama comme un partisan de l'interventionnisme étatique et d'une hausse généralisée des impôts.
Lundi, à Dayton, M. McCain a utilisé un discours prononcé par M. Obama en 2001 sur la radio publique NPR, où le jeune parlementaire du Sénat de l'Illinois qu'il était alors, aurait qualifié, selon lui, de "tragédie" le fait que la Cour suprême n'ait pas garanti la distribution de la richesse aux Etats-Unis.
"Dans un entretien à une radio révélé aujourd'hui, (M. Obama) a dit que la tragédie du mouvement des droits civiques était de ne pas avoir réussi à assurer la redistribution des richesses dans notre société", a dit M. McCain citant des extraits de ce discours abondamment diffusés sur des sites internet de droite.
"C'est Barack le Redistributeur. Il veut vous prendre votre argent pour le redistribuer à d'autres", a ajouté M. McCain devant environ 2.000 de ses partisans. "Il croit en la redistribution, pas dans la politique qui permet l'accroissement des richesses et crée des emplois. Il est plus intéressé dans le contrôle des richesses que dans leur création, il veut redistribuer l'argent plutôt que d'augmenter les occasions de s'enrichir", a dit M. McCain.
En fait, selon la retranscription intégrale de l'entretien, M. Obama constatait simplement que la plus haute juridiction ne s'était pas exprimée sur la question de la redistribution de la richesse. Ce qu'il considérait comme une "tragédie" était le fait que le mouvement des droits civiques ait surestimé le pouvoir de la Cour suprême de combattre les inégalités économiques.
L'équipe de M. Obama a qualifié de "fausse controverse" les attaques de M. McCain et souligné qu'elles se basaient sur des informations tronquées relayées par des médias de droite et d'extrême droite. "Apparemment, M. McCain a décidé de terminer sa campagne avec les mêmes attaques erronées et désespérées qui ont échoué ces derniers mois", a indiqué Bill Burton, un porte-parole de M. Obama.
Le sondage quotidien publié lundi par le Washington Post et ABC News accordait 7 points d'avance à M. Obama (52% contre 45%). Les baromètres quotidiens de Rasmussen, Gallup et Zogby donnaient quant à eux une avance de 5 à 10 points au candidat démocrate.

L’ouragan Obama submerge les États clés - Amériquébec

L’ouragan Obama submerge les États clés - Amériquébec
L’ouragan Obama submerge les États clés
Barack Obama consolide son avance et fait de nouveaux acquis
Par Martin Langlois
De plus en plus, les analystes semblent à avoir du mal à se retenir de déclarer Obama presque de facto vainqueur par KO. Le scénario de la victoire pour McCain est de plus en plus difficile à imaginer.
Plus on approche du jour J, plus la machine électorale d’Obama renforce ses positions dans les “red states” traditionnellement républicains, comme la Virginie, (+7) et le Colorado (+6.5)1 . Avec ces États et ceux généralement gagnés par les démocrates, les prévisions sont maintenant de 306 grands électeurs pour Obama et de 157 pour McCain. 75 grands électeurs se retrouvent dans des États où la marge de différence dans les derniers sondages est trop petite pour les attribuer à un Candidat.
Ceux penchant pour le sénateur Obama sont les États de la Floride (+2.2), du Nevada (3.3), de la Caroline du Nord (+1), de l’Indiana (+0.5) et du Missouri (+2.7). Le seul ou McCain se retrouve en tête est le Montana (+3.3) D’autre part, fait intéressant, les intentions de votes au Missouri et en Indiana ont changé drastiquement depuis le déclenchement de la crise financière, c’est-à-dire depuis environ un mois. Ils sont passés d’une majorité stable pour McCain à une faible marge en faveur d’Obama.
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De plus en plus, les analystes semblent à avoir du mal à se retenir de déclarer Obama presque de facto vainqueur par KO. Le scénario de la victoire pour McCain est de plus en plus difficile à imaginer. Probable que plusieurs dans le camp McCain espèrent que le facteur racial, the Bradley Effect2 , va jouer en leur faveur et lui faire remporter la victoire in extremis. En effet, au mois d’octobre, l’Agence Associated Presse a estimé que la couleur d’Obama pourrait lui coûter jusqu’à 6% du vote à l’élection générale.
Cette peur se retrouve d’ailleurs chez les démocrates. Jonathan Alter de Newsweek reportait ce fait aujourd’hui même : « But Democrats are nervous wrecks; they’re having nightmares that defeat will be snatched from the jaws of victory. To add to their misery (and guard against complacency), here’s how that horror film could play out. »
Les sondages des prochains jours devraient être très intéressants à analyser, surtout en ce qui concerne ceux d’États par États, comme je l’ai reporté plus tôt dans cet article. Gardez un oeil surtout sur l’Ohio, la Floride et les États du midwest qu’Obama tente de dérober aux républicains.
Selon le site Real Clear Politics []
Selon Wikipedia, une des théories pour expliquer l’effet Bradley est que certains électeurs donnent une réponse fausse lors des sondages, de peur qu’en déclarant leur réelle préférence, ils ne prêtent le flanc à la critique d’une motivation raciale de leur vote. []

Deux "suprémacistes" blancs arrêtés pour complot contre Obama

Deux "suprémacistes" blancs arrêtés pour complot contre Obama - L'Express
Les autorités américaines ont arrêté dans le Tennessee deux suprémacistes blancs qui projetaient de tirer sur la foule et d'assassiner Barack Obama, révèlent des documents judiciaires.
Daniel Cowart et Paul Schlesselman ont été inculpés de menaces contre un candidat à l'élection présidentielle, possession illégale d'un fusil à canon scié et complot en vue de dévaliser une armurerie.
D'après ces documents, le complot ne paraissait pas très avancé et restait plutôt grossier.
"Nous ne sommes pas sûrs de leur capacité et de leurs moyens pour mettre à exécution une quelconque de leurs menaces", a précisé une source proche de l'enquête.
Le sénateur Obama, né d'un père kényan et d'une Américaine blanche, est largement en tête des sondages à une semaine de l'élection présidentielle du 4 novembre. Les craintes à propos de sa sécurité personnelle ont conduit le Secret Service, le service officiel de protection des hautes personnalités aux Etats-Unis, à assurer une protection 24 heures sur 24 depuis le début de sa campagne.
Les suspects, deux skinheads, se sont rencontrés sur internet il y a environ un mois, selon une déclaration sous serment faite par Brian Weaks, un agent spécial de l'Agence fédérale de lutte contre les trafics d'alcool, de tabac, d'armes à feu et d'explosifs (ATF).CROIX GAMMÉE
"Ces individus ont commencé à évoquer la possibilité d'une furie meurtrière permettant de tuer 88 personnes et de décapiter 14 Afro-Américains".
Les deux suspects ont dérobé des armes à feu à leurs familles et possédaient un fusil à canon scié. Ils projetaient de porter des smokings blancs et des chapeaux haut de forme au moment de passer à l'acte contre Obama, en tirant sur le candidat démocrate par les vitres de leur voiture lancée à vive allure.
Ils avaient badigeonné des formules et des symboles racistes sur l'extérieur de la voiture de Cowart, dont une croix gammée et les chiffres 14 et 88 sur la capote du véhicule.
A une semaine de l'élection du 4 novembre qui l'opposera au républicain John McCain, Barack Obama est en tête des sondages et pourrait devenir le premier métis à présider les Etats-Unis.
Une première alerte s'était fait jour lors de la convention démocrate de Denver (Colorado), en août, en marge de laquelle trois hommes avaient été arrêtés en possession d'armes à feu.
Les trois suspects avaient déclaré vouloir tuer le candidat démocrate lors de son investiture officielle par son parti, mais les autorités avaient jugé qu'ils ne présentaient pas une menace réelle pour la vie du sénateur de l'Illinois.
Version française Jean-Loup Fiévet

Un "complot skinhead" contre Obama déjoué ?

Un "complot skinhead" contre Obama déjoué ? France Info - USA 2008
Les autorités américaines affirment avoir interrompu un complot visant l’assassinat du candidat démocrate, mais aussi de plusieurs dizaines d’Afro-américains. Deux jeunes hommes ont été arrêtés.
Aux USA, on les appelle les "white supremacist", du nom des souscripteurs d’une idéologie persuadée de la supériorité de la race blanche sur les autres, avec des théories héritées en majorité de celles du Ku Klux Klan, l’organisation suprématiste fondée en 1865.
Aujourd’hui, les experts estiment le nombre de ces extrémistes à 5.000 ou 8.000, souvent "associés" aux skinheads, répartis à travers le pays et plus ou moins agissants.
Des groupuscules dont se réclameraient, selon les autorités américaines, les instigateurs d’un complot visant à assassiner Barack Obama et à tuer des Noirs dans le Tennessee, selon l’agence américaine The Associated Press.
Deux arrestations
Des agents fédéraux ont précisé qu’ils avaient interrompu un complot de deux skinheads néo-nazis visant à dévaliser une armurerie et à s’attaquer à un lycée fréquenté essentiellement par des Afro-américains. Deux jeunes gens qui ont d’ailleurs été arrêtés à Alamo, dans le Tennessee, pour avoir proféré des menaces de mort contre le candidat démocrate.
Ces deux individus sont désormais détenus pour "menaces contre un candidat à la présidence", "possession illégale d’une arme à feu", "complot pour vol d’arme".
L’équipe de campagne de Barack Obama, qui doit faire son dernier grand discours cette nuit, n’a pas encore commenté l’information. Déjà menacé, le candidat fait l’objet d’une protection très rapprochée de la part des services secrets.
Matteu Maestracci avec agences

lundi 27 octobre 2008

Obama bat un record

J-8 : les derniers échos de la campagne américaine - Tout savoir sur les dernières actualités politiques, monde, société, sports, écologie avec le journal en ligne Libération
Barack Obama reçoit de nouveaux soutiens, John McCain reste confiant et Sarah Palin change de garde-robe... Barack Obama devant plus de 100.000 personnes à Denver dimanche. (Reuters)
Obama bat un record
Tout va bien pour le candidat démocrate. Ce dimanche, il a pu mesurer sa cote de popularité dans le Colorado. Et selon la police, Barack Obama a battu un record. En meeting à Denver, le sénateur de l’Illinois a en effet rassemblé plus de 100.000 personnes. La foule qui s’étendait à perte de vue était encore plus nombreuse qu’à Saint-Louis dans le Missouri début octobre, où la police avait comptabilisé quelque 100.000 personnes.
Colin Powell fait école
Deuxième bonne nouvelle pour lui, les ralliements se succèdent en sa faveur. Après Colin Powell, d’autres figures républicaines virent côté démocrate. C’est le cas de l’ancien gouverneur du Massachusetts, William Weld – un supporter de Mitt Romney pendant les primaires – de l’ancien gouverneur du Minnesota Arne Carlson et de Scott McClellan, l’ancien porte-parole de George Bush et auteur d’un livre particulièrement critique à l’égard de l’administration. Un ancien haut fonctionnaire de Reagan, Charles Freed, professeur de droit à Harvard, a lui aussi abandonné McCain qu’il avait pourtant aidé au début de sa campagne. Mais le ralliement peut-être le plus surprenant de tous, c’est celui de Ken Adelman, un néoconservateur, à l’extrême droite de Paul Wolfowitz. Il juge McCain impétueux, inconsistant et imprudent.
Le «Financial Times» vote démocrate
Autre soutien de poids pour Obama: le Financial Times. Le quotidien qui compte 1,3 million de lecteurs dans le monde selon son propriétaire préfère la politique commerciale de McCain mais il estime dans son éditorial de ce lundi que le candidat démocrate est «le bon choix». Et ce malgré ses positions politiques qui mélangent «du bon, du pas si bon et du carrément mauvais». Le FT estime que le candidat démocrate a mené sa campagne «superbement», ce qui équivaut, souligne le journal, à un «test de leadership». Au contraire, la campagne de John McCain «a souvent semblé en pagaille», relève le quotidien. Barack Obama est aussi «le meilleur orateur politique que le pays ait connu depuis des décennies», souligne, définitif, le journal.
McCain promet une élection serrée...
Pour autant, tout ne va pas si mal pour John McCain. En campagne ce week-end dans le Nouveau-Mexique, l’Iowa et l’Ohio, des Etats clés qui ont donné leurs faveurs à George Bush en 2004 mais où les sondages donnent cette fois Obama vainqueur, il a assuré sur NBC que sa campagne «se porte bien». «Les sondages m’ont systématiquement placé plus en retard que je ne le suis en réalité», a-t-il affirmé. «Les résultats sont serrés dans la dernière semaine, si nous continuons à être aussi serrés, vous allez veiller très tard dans la nuit du 4 novembre.»
La raison de l’optimisme du sénateur de l’Arizona? Le système électoral américain et ses grands électeurs. Car s’il est distancé de quatre à quatorze points selon les sondages par Obama au niveau national, McCain gagne du terrain dans plusieurs «grands» Etats selon certaines enquêtes. C’est le cas notamment dans l’Ohio et en Floride.
... et parle déco de la Maison Blanche
Requinqué par ces bonnes nouvelles, le candidat républicain s’est montré très critique à l’encontre de son rival samedi soir à Albuquerque dans le Nouveau-Mexique. «Le discours inaugural du sénateur Obama est déjà rédigé, je ne l’invente pas, de nombreux électeurs sont encore indécis mais il a décidé pour eux», a-t-il lancé lors d’un meeting, reprenant une information du New York Times selon laquelle un conseiller d’Obama avait déjà écrit l’intervention célébrant la victoire de son champion. «Il reste dix jours (mais) peut-être a-t-il déjà rédigé le discours de l’Union», traditionnellement prononcé le 20 janvier par le nouvel élu au moment de sa prise de fonction, a-t-il ajouté, estimant que l’Amérique «a besoin de quelqu’un qui va au bout de la course avant de commencer son tour d’honneur, quelqu’un qui livre bataille jusqu’au bout».
Le sénateur de l’Arizona a en outre accusé son adversaire démocrate d’être «en train de choisir les rideaux» de la Maison Blanche. Seul souci, le discours en question a en réalité été publié par John Podesta – aujourd’hui responsable de l’équipe chargée de la transition dans le camp démocrate – dans un livre il y a des mois. Le sénateur de l’Illinois est par ailleurs connu pour rédiger lui-même la majorité de ses interventions et il serait surprenant qu’il ne se charge pas de celle-ci. Bill Burton, un porte-parole de Barack Obama, a également démenti: «Cette charge est complètement fausse, le discours inaugural du sénateur Obama n’est pas rédigé, la dernière chose dont nous avons besoin est un candidat comme John McCain dont le seul projet est de relire celui de George W. Bush.»
Sarah Palin cache ses bijoux
Autre épine dans le pied de McCain, Sarah Palin. Sur la sellette, la candidate républicaine à la vice-présidence a annoncé dimanche qu’elle allait rendre sa garde-robe de campagne qui a coûté 150.000 dollars au parti républicain, et désormais porter ses propres vêtements : «Je porte à nouveau mes propres vêtements, que j’achète dans mon magasin d’occasion favori à Anchorage», la plus grande ville d'Alaska. Mardi, le site internet Politico a révélé que le parti républicain avait dépensé 150.000 dollars (environ 116.000 euros) pour habiller et maquiller celle qui se présente volontiers comme une «hockey mom», une Mme-tout-le-monde. Son alliance en revanche ne change pas: elle reste «dans la poche de Todd (son mari, ndlr) parce que ça fait mal quand [elle] serre des mains». Dans neuf jours, quoi qu’il arrive, elle pourra la remettre.
(Source AFP)

Obama, coqueluche des intellectuels américains

24 heures Philo: Obama, coqueluche des intellectuels américains
Par Joseph Litvak •
Il faut l’avouer: les intellectuels progressistes américains sont aussi épris de Barack Obama que le sont des millions de leurs compatriotes non-intellectuels. Chez les professeurs universitaires aux États-Unis, l’amour pour Obama, l’Obamamanie, n’est pas moins ardente, ni moins répandue, que chez leurs étudiants.Tomber amoureux, c’est toujours un peu embarrassant —surtout quand on se définit comme professionnel de la raison, de l’analyse, de l’intelligence, et surtout quand on se voue, en tant qu’intellectuel de gauche, à la critique rigoureuse de tout séduction consensuelle, de toute complicité avec l’idéologie (néo-)libérale, de toute médiatisation de la politique.
Que beaucoup d’intellectuels américains soutiennent un candidat démocrate n’a, certes, rien d’étonnant. Ce qui peut néanmoins paraître bizarre, notamment d’un point de vue français, c’est l’intensité de l’attachement de l’intelligentsia états-unienne pour un candidat présidentiel dont les positions sont impeccablement centristes, normales, et prudentes, si respectables, enfin, que Nicolas Sarkozy puisse avoir reconnu en Obama son «copain». On peut se demander: où sont les vrais intellectuels américains, ceux qui refuseraient tout ce spectacle bruyant qui se prend, à tort, pour une politique digne de ce nom?Il y a pas mal de théoriciens radicaux dans les universités américaines, pas mal de philosophes, de sociologues et de critiques littéraires dans la lignée de la pensée 68. Ces gens-là, ils ne sont pas du tout timides: ils n’hésitent pas à contester agressivement les orthodoxies et les oppressions politiques, sexuelles, économiques et raciales. Mais on aurait du mal, dans les cercles intellectuels américains de 2008, à entendre le cri, «Elections, piège à cons!», ou à trouver un philosophe important qui dénoncerait, à la manière d’Alain Badiou, ce que ce dernier appelle le «capitalo-parlementarisme» dans laquelle les élections sont impliquées. Bien au contraire: le professorat américain s’intéresse passionnément, même obsessionnellement, à ce qui va se passer le 4 novembre, et surtout à tout ce qui concerne le copain de Sarkozy.
Est-ce qu’il s’agit là, tout simplement, de l’hypocrisie d’une gauche caviar anglophone? Ou est-ce qu’on ne voit, dans cette passion des clercs, qu’un symptôme du fameux charisme d’Obama Superstar, capable d’éblouir même ceux dont la vocation est de ne jamais être ébloui? Ou, encore, est-ce qu’on pourrait proposer une explication moins cynique?Obama n’est pas seulement la coqueluche des intellectuels: c’est un intellectuel lui-même. Voilà l’une des raisons pour lesquelles il a provoqué la haine de la droite. Il ne faut pas, bien sûr, oublier la part du racisme dans cette haine: pour certains, un Noir à la Maison Blanche serait une blessure narcissique insupportable. Mais ce racisme s’enchevêtre avec une autre haine: la campagne de John McCain et la propagande républicaine actuelle se distinguent par une inimitié extraordinaire, on pourrait dire sans exagérer meurtrière, envers non seulement les intellectuels mais tout ce qui relève de la pensée.
Cette inimitié a des racines très anciennes dans la vie américaine: si elle a commencé bien avant la candidature de McCain, elle ne se limite pas, non plus, au parti républicain. Mais l’anti-intellectualisme joue un rôle de plus en plus central dans le répertoire républicain depuis les années cinquante, pour ne pas remonter plus loin dans l’histoire américaine: le ressentiment mccarthyste à l’endroit des eggheads (nom qu’on a donné, par exemple, au candidat démocrate de l’époque, Adlai Stevenson) n’est pas mort avec le sénateur McCarthy. Loin de là, ce ressentiment «populiste» n’a fait que s’augmenter dans les dernières années. Bien qu’on ait peut-être voulu voir en George W. Bush le point culminant de cette trajectoire, il semble qu’on n’en a pas encore atteint le zénith: la colistière de McCain, Sarah Palin, marque une nouvelle étape dans le mépris organisé à l’égard des intellectuels, voire de l’intelligence même. Dans les parodies de Palin (voir les videos désopilantes de Tina Fey), ce qu’on met en valeur, c’est sa ringardise et sa bêtise. Mais le plus effrayant chez elle, c’est la férocité —elle se targue de sa ressemblance à un pitbull— de sa colère contre le cosmopolitisme des «élites», la fureur de son étreinte des Joe Six-Pack et des hockey mom, citoyens et citoyennes exemplaires qu’elle incite à punir les méchants intellos. Quand on crie «tuez-le» à propos d’Obama, lors d’un des rassemblements récents de Palin, c’est l’expression hideuse d’une violence raciale qui ne s’enferme pas dans le passé américain. John McCain a voulu l’écarter comme un accident, une éructation sans importance, venue de la «frange». Mais ce qu’on entend également dans ce cri obscène, mêlé avec la rage raciste, c’est quelque chose qui est aussi typiquement américain: c’est la voix vengeresse d’une rancune qui veut en finir avec l’intellectuel une fois pour toutes.Sarkozy, on le sait bien, n’aime pas non plus les intellectuels. (Ce n’est pas l’intellectualité d’Obama, il faut deviner, qu’apprécie le président français.) Mais j’ai l’impression que, même aujourd’hui, l’intellectuel (ou du moins l’image de l’intellectuel) fait partie d’une certaine idée du patrimoine français. Aux États-Unis, par contre, l’intellectuel reste toujours suspect: sinon un «terroriste» (ou, il y a cinquante ans, un «communiste»), quelqu’un d’étrange et d’étranger, quelqu’un qui n’est pas tout à fait américain, pas tout à fait blanc, pas comme Joe le Plombier.Obama même reconnait chez lui un peu de cette antipathie nationale. «Si je regardais Fox News [la chaîne républicaine et pro-McCain], je ne voterais pas pour moi, tu comprends? Parce qu’on me présente incessament comme un monstre! Je suis un progressiste arrogant, politiquement correct, veule, et efféminé qui» —il évoque ici une rengaine de la droite «populiste»— «sirote des cappucinos, qui lit le New York Times, qui conduit une Volvo, et qui ne possède aucune arme. Qui veut quelqu’un comme ça?»Moi, j’aime bien les progressistes efféminés. Mais ce n’est pas exactement «quelqu’un comme ça» qu’on veut en Obama. Ce qu’on veut, c’est quelqu’un qui puisse aider les États-Unis et le monde entier à sortir des désastres innombrables —des crises économiques, sociales et politiques— infligés par l’administration Bush. Ce qu’on veut, après ce cauchemar, c’est un président américain qui saurait exercer son grand pouvoir de ne pas détruire le monde. Autrement dit, ce qu’on veut en Obama, c’est un intellectuel, même un intellectuel de type libéral. Oui, l’amour est embarrassant. Mais il n’est pas toujours fou.
L'Américain Joseph Litvak est professeur de littérature anglaise et américaine à Tufts University (USA). Son nouveau livre, The Un-Americans: Jews, the Blacklist, and Stoolpigeon Culture, paraîtra chez Duke University Press

L'ONU vote Obama

Courrier international, ÉLECTION AMÉRICAINE • L'ONU vote Obama
The Washington Post s'est rendu au siège des Nations unies, à New York, pour y sonder le personnel international. Le mépris affiché par l'administration Bush pour l'organisation y a laissé des traces.
Au siège des Nations unies, on ne voit ni badges ni banderoles ni tee-shirts portant le slogan "Obama 2008", mais il serait difficile de trouver une parcelle de territoire américain plus enthousiaste à l'idée de voir le sénateur de l'Illinois entrer à la Maison-Blanche. Un sondage impromptu réalisé auprès d'une trentaine de membres du personnel et de délégués étrangers à l'ONU montre que la grande majorité préférerait voir Obama devenir président. A les en croire, une nouvelle ère de multilatéralisme s'ouvrirait avec le démocrate, après une époque marquée par le mépris des républicains pour l'organisation internationale. Les partisans d'Obama viennent de Russie, du Canada, de France, de Grande-Bretagne, des Pays-Bas, de la Sierra Leone, d'Afrique du Sud, d'Indonésie et d'ailleurs. "Je crois que vous peinerez à trouver quelqu'un à l'ONU qui ne pense pas qu'Obama serait un formidable progrès par rapport à tout autre choix", explique William H. Luers, directeur exécutif de l'Association américaine pour les Nations unies [qui promeut l'ONU auprès du public américain]. "Les huit dernières années ont été rudes, elles ont suscité beaucoup de ressentiment." Les conservateurs, que les Nations unies laissent sceptiques, disent ne pas être surpris par cette orientation politique. "Le fait est que la plupart des conservateurs, la plupart des républicains ne vouent pas un culte à l'ONU, et je crois que cela les handicape plus que tout", remarque John Bolton, ancien ambassadeur américain à l'ONU. Les candidats n'ont pas révélé grand-chose de leurs intentions vis-à-vis des Nations unies, mais Obama a mis l'accent sur sa volonté d'avoir plus franchement recours à la diplomatie que le gouvernement Bush. McCain, lui, a appelé à la création d'une ligue des démocraties. Beaucoup ici redoutent qu'il ne s'agisse d'une façon masquée de mettre l'organisation sur la touche. Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est abstenu d'exprimer publiquement une préférence, mais il aurait laissé entendre en privé qu'il avait un faible pour Obama, assurent des responsables de l'ONU. Parmi les sans-grade, on prend moins de précautions. Beaucoup voient dans les origines multiculturelles d'Obama – un père kenyan, un beau-père indonésien et une mère et des grands-parents du Kansas – un reflet d'eux-mêmes. "Nous ne le considérons pas comme un Africain-Américain", affirme Atoki Ileka, ambassadeur de la RDC. "Pour nous, il est africain." Cet été, un responsable de l'ONU a organisé une soirée et demandé à ses invités de placer un autocollant représentant un éléphant ou un âne [respectivement l'emblème des républicains et des démocrates] à la porte d'entrée afin d'afficher leur préférence politique. A la fin de la soirée, la porte était couverte de trente ânes et de deux éléphants. "Nous nous sommes aperçus qu'un des républicains était américain et que l'autre ne pouvait pas voter", raconte un témoin. "Nous avons donc convaincu l'Américain de voter pour Obama." La petite minorité qui soutient McCain à l'ONU – deux seulement des 28 représentants et diplomates interrogés ont dit pencher en faveur du sénateur de l'Arizona – se sent parfois bien seule à Turtle Bay [où se trouve le siège de l'ONU à New York]. "Moi, je me tais", reconnaît un Américain qui prévoit de voter McCain. Comme tous les autres membres du personnel du Secrétariat général, il nous a parlé sous couvert d'anonymat. Il se souvient que les démocrates n'ont pas toujours été d'aussi fervents partisans des Nations unies, et cite en exemple la campagne solitaire menée en 1996 par le gouvernement Clinton pour empêcher la réélection du Secrétaire général de l'époque, Boutros Boutros-Ghali. Quoi qu'il en soit, la candidature d'Obama a un impact émotionnel énorme parmi les délégués des pays en développement, en particulier pour ce qu'elle révèle de la question raciale aux Etats-Unis. Ils n'ont pas oublié que l'un des plus célèbres fonctionnaires de l'organisation, Ralph Bunche [1903-1971], Africain-Américain qui a reçu le prix Nobel de la Paix [en 1950] pour son travail de médiation au Moyen-Orient, n'aurait jamais pu accéder à de si hautes fonctions dans les cercles s'occupant de la politique étrangère américaine. Quant à Kofi Annan, le premier Secrétaire général noir, il estime qu'une présidence d'Obama serait "phénoménale".

Le discours inaugural d'Obama serait déjà écrit

Le discours inaugural d'Obama serait déjà écrit, McCain saisit l'occasion - actualités Orange
Le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain a vivement critiqué son adversaire démocrate Barack Obama pour son orgueil, en s'appuyant sur une rumeur selon laquelle le discours inaugural de Barack Obama serait déjà rédigé.

Photographe : Emmanuel Dunand AFP :: Barack Obama en campagne, le 26 octobre 2008 à Denver (Colorado)
Samedi, le New York Times affirmait que le chef de l'équipe chargée de la transition dans le camp Obama avait déjà écrit le discours inaugural.
John McCain a saisi la balle au bond. "Le discours inaugural du sénateur Obama est déjà rédigé, je ne l'invente pas, de nombreux électeurs sont encore indécis mais il a décidé pour eux", a-t-il déclaré samedi soir au cours d'un meeting à Albuquerque (Nouveau-Mexique), un Etat-clé où Barack Obama fait la course en tête des sondages.
"Il reste dix jours (mais) peut-être a-t-il déjà rédigé le discours de l'Union", traditionnellement prononcé le 20 janvier par le nouvel élu au moment de sa prise de fonction, a-t-il ajouté, estimant que l'Amérique "a besoin de quelqu'un qui va au bout de la course avant de commencer son tour d'honneur, quelqu'un qui livre bataille jusqu'au bout".
Le sénateur de l'Arizona a en outre accusé son adversaire démocrate d'être "en train de choisir les rideaux" de la Maison Blanche.
Mais, outre que les candidats américains préparent toujours la transition en amont de l'élection, le discours en question a en réalité été publié par John Podesta, aujourd'hui responsable de l'équipe chargée de la transition dans le camp démocrate, dans un livre il y a des mois.
Le sénateur de l'Illinois est par ailleurs connu pour rédiger lui-même la majorité de ses interventions et il serait surprenant qu'il ne se charge pas de celle-ci.
"Cette charge est complètement fausse, le discours inaugural du sénateur Obama n'est pas rédigé, la dernière chose dont nous avons besoin est un candidat comme John McCain dont le seul projet est de relire celui de George W. Bush", a répondu un porte-parole de Barack Obama Bill Burton.

Le maire conservateur de Londres soutient Obama

Le maire conservateur de Londres soutient Obama - Actualités des élections US 2008 - FRANCE 3 : toute l’info en direct - France 3
Barack Obama a reçu mardi le soutien inattendu du maire conservateur de Londres Boris Johnson
Barack Obama "semble très intelligent" et "respire la courtoisie et la sincérité", écrit Boris Johnson dans les colonnes du quotidien Daily Telegraph.De plus, "contrairement à l'actuel locataire de la Maison Blanche, il n'a pas de mal à improviser des phrases grammaticalement correctes", ajoute le maire de Londres.
Comparant les mérites de Barack Obama et de son adversaire républicain John McCain, Boris Johnson estime, dans cet article intitulé "Pourquoi je crois qu'il sera le prochain président", que le candidat démocrate "incarne visiblement le changement et l'espoir, à un moment où l'Amérique a désespérement besoin de l'un comme de l'autre"."Je ne suggère pas que McCain est un bouffon, ni qu'Obama est aussi messianique que certains de ses supporteurs semblent le penser", prévient le maire de la capitale britannique. Mais le candidat démocrate "n'est manifestement pas le gauchiste marxiste fêlé et subversif que certains de ses détracteurs dépeignent"."Si Obama l'emporte, il aura montré qu'être noir a autant de conséquence sur la capacité d'un homme à travailler dur qu'être gaucher ou rouquin, et il aura redonné un sens à la volonté de l'Amérique d'être le dernier, et le meilleur, espoir de la Terre", a-t-il conclu.Barack Obama avait reçu dimanche le soutien de poids de l'ancien secrétaire d'Etat du président républicain George W. Bush, Colin Powell, ce qui a été considéré comme un sérieux revers pour M. McCain.

J -9 : Barack Obama compte sur les latinos pour être élu

J -9 : Barack Obama compte sur les latinos pour être élu, actualité Présidentielle américaine : Le Point
Par Patrick Sabatier
Des Latinos pro-Obama à la Convention démocrate de Denver (Colorado) PHOTO John Moore/Getty
John McCain, interrogé par Tom Brokaw dimanche matin dans Meet the Press sur NBC s'est dit certain de l'emporter le 4 novembre, d'un cheveu certes, mais sans l'ombre d'un doute. Parmi les raisons d'y croire envers et contre tout à J - 9 du scrutin présidentiel (voir la chronique, " J - 10 : les six raisons pour McCain d'espérer la victoire" ), le candidat républicain a pu citer des sondages indiquant que l'écart qui le sépare de Barack Obama se serait réduit. Par exemple celui de Zogby publié samedi par Reuters/C-SPAN (Obama 49 %, McCain 44 %), ou le sondage quotidien Washington Post/ ABC diffusé dimanche soir (Obama 52 %, McCain 45 %) qui donne 7 points d'avance pour le démocrate, alors que ceux des jours précédents lui en donnaient 9. Pourtant, tous les analystes ont interprété les déclarations de McCain comme une forme de bravade destinée à combattre le découragement, voire la panique, qui montent dans son camp. Les médias étaient remplis ce week-end d'histoires sur les querelles internes qui déchirent l'équipe républicaine, où chacun commence à accuser les autres d'une défaite probable, et les tiraillements qui opposeraient la candidate à la vice-présidence, Sarah Palin, à certains conseillers de McCain qui l'accusent de se comporter en "diva", et de torpiller les chances du ticket républicain par son impopularité croissante. La quasi-totalité des sondages nationaux donne une avance confortable à Obama, qui a continué tout le week-end une conquête de l'Ouest en forme de tournée triomphale, attirant en particulier 100.000 personnes à Denver dans le Colorado dimanche. Il semble de plus en plus que le basculement des États du Sud-Ouest - Colorado, Nevada, Nouveau-Mexique - que Bush avait remporté en 2004 sera peut-être le facteur décisif d'une éventuelle victoire d'Obama le 4 novembre. Dans ces trois États, qui contrôlent 19 des 270 voix du Collège électoral, les sondages donnent à présent le candidat démocrate en tête. Seul l'Arizona, État que McCain représente au Sénat, lui reste fidèle. Une victoire dans le Sud-Ouest permettrait à Obama d'être élu même s'il venait à perdre dans l'Ohio (où McCain est légèrement en tête), en Virginie (où Obama pousse son avantage) voire en Pennsylvanie (où il reste également de très loin favori). Obama pourrait bien devoir son élection aux latinos Il se pourrait bien en fait, au soir du 4 novembre, que le premier Noir à être élu à la Maison-Blanche le doive pour une bonne part aux latinos. Les Américains d'origine et de culture hispaniques ne représentent que 6 % de l'électorat. Mais cet électorat est concentré dans un petit nombre d'États. Trois ne sont pas disputés - la Californie (démocrate) d'une part, le Texas et l'Arizona (républicains) de l'autre. Mais quatre autres (Colorado, Nevada, Nouveau-Mexique et Floride) sont des champs de bataille décisifs entre les deux candidats, et les latinos y sont une des clés de la victoire. Ils représentent 32,4 % des inscrits au Nouveau-Mexique, 12 % dans le Colorado et au Nevada, 14 % en Floride. Or, les trois quarts d'entre eux affirment vouloir voter Obama, ce qui assure à ce dernier son avance (de 7 à 10 %) dans les sondages locaux. C'est un retournement spectaculaire et inattendu. En 2004, George W. Bush avait obtenu 44 % des voix des latinos. Ceux-ci sont en effet extrêmement conservateurs sur les questions de société, l'emprise de la religion en faisant de fervents adversaires du droit à l'avortement ou des droits des homosexuels. Ils ont toujours oscillé entre les démocrates (sous Kennedy et Johnson) et les républicains (sous Reagan et Bush). Pourtant, aujourd'hui, McCain n'en attire plus que 26 %. A priori, ce désamour semble injuste. Le sénateur de l'Arizona a toujours cultivé ses liens avec les Latinos. Il a courageusement proposé, en collaboration avec le sénateur démocrate Kennedy, une réforme de l'immigration qui prévoyait des mesures de légalisation des 12 millions d'immigrés clandestins (pour la plupart venus du Mexique ou d'Amérique centrale) présents dans le pays. Mais les latinos voient en lui le prisonnier de l'aile xénophobe du Parti républicain. Celle-ci a fait capoter la réforme proposée par McCain, pourtant voulue par le président Bush, et il a été contraint de voter contre son propre projet de loi pour ne pas se couper de la base ultra de son parti. Les latinos se sont d'autant plus massivement détournés des conservateurs que ceux-ci ont fait pression pour une chasse aux illégaux, dérapant souvent dans le racisme et la construction du fameux "mur" le long du Rio Grande. Les latinos sont en outre plus durement frappés par la crise économique actuelle que d'autres groupes. Du coup, les questions de société qui poussaient certains d'entre eux vers la droite sont passées au second plan. En 2050, un Américain sur trois sera d'origine ou d'ascendance latino Les origines ethniques d'Obama se sont avérées un atout supplémentaire alors que certains craignaient qu'elles soient un handicap pour lui. Des tensions réelles opposent en effet les latinos (dont la plupart se définissent comme blancs) aux Noirs, les deux minorités se trouvant souvent en concurrence sur le terrain de l'emploi ou du pouvoir local. Ces tensions ont par le passé joué en faveur des républicains, les démocrates étant perçus comme trop liés aux intérêts de la communauté africaine américaine. Mais ces rivalités ethniques ne paraissent pas avoir joué cette année. Certains latinos reconnaissent qu'ils refusent de soutenir Obama parce qu'il est noir, mais ils sont plus nombreux à dire voir en lui un métis, donc un allié potentiel dans la lutte contre la discrimination raciale dont ils sont eux aussi victimes. "Il n'est pas Anglo" (terme utilisé tout le long du Rio Grande pour désigner les Américains d'origine non hispanique) expliquent aux journalistes ceux qui disent vouloir voter Obama. Il a en outre le soutien du gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson (lui-même métis de latino et d'Anglo) ainsi que celui de Bill et d'Hillary Clinton, qui restent extrêmement populaires chez les latinos en raison des politiques mises en oeuvre lors du double mandat de Clinton. Ce basculement des latinos derrière Barack Obama peut donc assurer sa victoire le 4 novembre. Elle est aussi lourde d'implications à long terme pour la carte politique des États-Unis. Les latinos qui constituent déjà 15 % des 300 millions d'Américains sont la minorité qui connaît la plus forte croissance démographique, en raison d'une natalité élevée et d'une immigration continue. Un Américain sur trois sera en 2050 d'origine ou d'ascendance latino, comme c'est déjà le cas dans les principaux centres urbains de l'Ouest, comme Los Angeles ou Las Vegas, ou de Floride, comme Orlando. En perdant le vote latino, les républicains risquent donc de se fermer pour longtemps les portes de la Maison-Blanche.

Barack Obama en tête dans les Etats-clés

Barack Obama en tête dans les Etats-clés selon les sondages - Les élections américaines - Le Monde.fr
LEMONDE.FR avec AFP, AP et Reuters 27.10.08 08h14 • Mis à jour le 27.10.08 10h21
A un peu plus d'une semaine de l'élection présidentielle américaine, Barack Obama fait toujours la course en tête dans les sondages. Le candidat démocrate devance son adversaire républicain, John McCain, dans cinq des huits Etats qui pourraient jouer un rôle décisif lors du scrutin du 4 novembre, selon une nouvelle série de sondages publiés lundi 27 octobre par l'agence Reuters et l'institut Zogby.

Le sénateur de l'Illinois possède une courte avance dans les Etats de Virginie, de Caroline du Nord, du Missouri, de l'Ohio et du Nevada (en tenant compte d'une marge d'erreur de 4,1 points), alors que John McCain est lui solidement en tête en Virginie-Occidentale et dans l'Indiana. En Floride, décisive lors de l'élection présidentielle de 2000, les deux candidats sont à égalité. C'est d'ailleurs dans cet Etat que Barack Obama et John McCain ont décidé de passer du temps dans les jours qui viennent, afin de tenter d'arracher le soutien des vingt-sept grands électeurs que compte l'Etat.
100 000 PERSONNES À DENVER POUR OBAMA
Sur le plan national, Obama conserve une avance de cinq points sur McCain parmi les électeurs potentiels, sans changement par rapport à l'enquête d'opinion publiée dimanche. La marge d'erreur est de 2,9 points. La plupart des sondages montrent que le candidat démocrate dispose d'une position solide dans les Etats remportés par John Kerry en 2004, alors que son homologue républicain est menacé dans une douzaine d'Etats remportés par George Bush il y a quatre ans.
Barack Obama a bouclé son week-end par un énorme meeting à Denver, dans le Colorado, dimanche, où la police a dénombré plus de 100 000 personnes. "Est-ce qu'il vous arrive d'avoir de petites foules à Denver ?", a blagué le candidat démocrate, lui qui avait déjà accepté l'investiture démocrate dans cette ville, devant plus de 80 000 personnes réunies dans le stade de l'équipe de football américain, les Broncos de Denver. Lors de ce nouveau meeting, le démocrate a cherché à rebondir sur les propos de son adversaire, dimanche sur NBC, qui a admis partager avec George Bush "une philosophie commune" du Parti républicain. "Je crois qu'enfin John McCain nous a livré une parole à peu près honnête en avouant que lui et George Bush avait en réalité beaucoup en commun", a ironisé Barack Obama.

Obama attire plus de 100'000 personnes à Denver

Etats-Unis: Obama attire plus de 100'000 personnes à Denver
Plus de 100'000 personnes, selon la police, ont assisté à un meeting du candidat démocrate à la présidence américaine Barack Obama à Denver. Un record pour celui qui fait la course en tête dans les sondages à neuf jours du scrutin.
La foule qui s'étendait à perte de vue était encore plus nombreuse qu'à Saint-Louis (Missouri) début octobre, où la police avait comptabilisé quelque 100'000 personnes.
Dans son discours, le sénateur de l'Illinois a estimé que son adversaire républicain John McCain était une pâle imitation du président sortant George Bush. Il a mis en garde les électeurs contre quatre nouvelles années d'échec politique.
"Nous n'allons pas laisser George Bush transmettre le flambeau à John McCain", a dit Obama. "Pas plus tard que ce matin, le sénateur McCain a déclaré que le président Bush et lui 'partageait une philosophie commune'", a ajouté Obama. "Je crois que John McCain nous a enfin parlé franchement."
A l'issue de deux jours de campagne dans les Etats clés du Colorado, du Nevada et du Nouveau-Mexique, Obama a ainsi repris un de ses thèmes favoris en arguant que les Américains ne pourraient pas supporter quatre nouvelles années d'échec du pouvoir républicain. Obama a jugé que la "philosophie Bush-McCain" avait profité aux riches et que les autres n'auraient droit qu'aux miettes.
Ce meeting intervient alors que l'avance du démocrate sur le républicain s'est nettement réduite ces derniers jours, selon les sondages. Elle est désormais de 5 points, contre 12 jeudi, d'après une enquête Reuters/C-SPAN/Zogby.
A dix jours de l'élection présidentielle, le sénateur de l'Illinois repassait sous les 50% d'intentions de vote, avec une cote de 49% contre 44% au sénateur de l'Arizona, selon ce sondage.(ats / 26 octobre 2008 22:14)

Obama en tête dans cinq des huit Etats clés

Obama en tête dans cinq des huit Etats clés
Par La rédaction, lundi 27 octobre 2008 à 12:08 :
A maintenant huit jours du scrutin le candidat démocrate B. Obama devance dans les sondages McCain dans cinq des huit Etats clés. Le candidat démocrate serait devant en Virginie, en Caroline du Nord, dans le Missouri, dans l’Ohio et dans le Nevada.
Pourquoi sont-ils des Etats clés ?Ces Etats sont dits clés car ils sont les plus indécis, et ce sont eux qui ont donné la victoire aux élections à un camp ou à un autre durant les précédentes présidentielles.
McCain quant à lui aurait une avance confortable dans l’Indiana et en Virginie Occidentale. Les deux prétendants à la maison blanche sont à égalité en Floride.
La campagne s’intensifie de jour en jour, hier dimanche 26 octobre le sénateur de l’Illinois a fait un discours à Denver devant plus de 100.000 personnes. Il n’a pas hésité à attaquer son rival McCain sur ses propos concernant la « philosophie commune du parti républicain » qu’il partage avec le Président Bush. Malgré son retard le sénateur de l’Arizona continue de croire à la victoire finale car l’écart dans les sondages au niveau national se ressert, et Obama n’a plus que cinq points d’avance sur son rival républicain.

La communauté noire mobilisée pour la présidentielle aux USA

La communauté noire mobilisée pour la présidentielle aux USA - L'Express
La participation de la communauté noire pourrait atteindre un niveau record le 4 novembre, et aider le candidat démocrate Barack Obama à remporter certains Etats âprement disputés avec son rival républicain John McCain.
Les Noirs représentent environ 12% de l'électorat américain, et forment le réservoir de votes le plus sûr du parti démocrate, malgré leur participation plus faible que dans les autres communautés.
Les sondages montrent cette année que 90% des électeurs noirs qui iront voter accorderont leur voix à Obama, la solidarité avec un candidat qui pourrait devenir le premier président métis du pays n'étant pas la moindre de leurs motivations.
"Tout indique que le vote noir atteindra une participation record en 2008, à la fois au plan national et dans les Etats", indique un rapport du Centre d'études politiques et économiques.
L'impact du phénomène sera naturellement plus marqué dans les Etats ou la minorité noire est davantage représentée, comme la Floride, la Virginie, la Caroline du Nord ou l'Indiana. Les politologues sont toutefois réservés sur la possibilité de voir ces Etats basculer pour cette seule raison dans le camp démocrate.
Le message de changement diffusé par Obama est devenu d'autant plus symbolique que le sénateur de l'Illinois est le fils d'un Kényan noir et d'une Américaine blanche.
"Nous allons vers le premier président noir que ce pays ait jamais eu. C'est positif, il va marquer l'histoire", s'enthousiasme Bill Craven, qui dirige à 51 ans une entreprise de fournitures de bureau à Norcross, en Géorgie.
Craven se décrit comme un républicain déçu ayant voté pour Bush. Il dit vouloir voter pour Obama, en partie parce qu'il craint de voir McCain poursuivre la même politique que l'actuel président. La couleur de peau, assure-t-il, ne motive en rien, ou presque, sa décision."EFFET BRADLEY"
Certains démocrates soulignent cependant que vu les fortes disparités entre Noirs et Blancs en matière de revenus et d'accès à la santé et à l'éducation, la question raciale pourrait jouer en défaveur d'Obama.
Ils rappellent "l'effet Bradley", du nom d'un candidat noir au poste de gouverneur de Californie, battu en 1982 alors que les sondages annonçaient sa victoire. De nombreux électeurs avaient alors semble-t-il dissimulé leurs intentions aux instituts de sondage.
Les candidats aux élections présidentielles ciblent rarement leurs discours en direction d'une communauté particulière, et choisissent des thèmes qui traversent les ethnies, les classes sociales et les religions.
Les Noirs sont toutefois nombreux à préférer le Parti démocrate, car ils s'identifient à sa politique sociale et lui attribuent l'adoption dans les années 1960 des lois sur les droits civiques, qui ont mis fin à la ségrégation.
"C'est la principale façon dont la question raciale pourrait aider Obama, en agissant comme un facteur de mobilisation de la communauté afro-américaine", estime Michael Dimock, directeur adjoint du Centre de recherche Pew.
Déjà, le vote anticipé montre une forte participation des Noirs américains. En Géorgie, Etat généralement remporté par les candidats républicains, les Noirs représentent quelque 35% des personnes ayant déjà voté, soit légèrement plus que leur représentation dans l'électorat de l'Etat.
Cet écart révèle une stratégie visant à inciter les gens à voter à l'avance dans les Etats ou c'est possible, assure Jon Carson, l'un des responsables de la campagne d'Obama. La communauté noire n'a pas été particulièrement visée par cette stratégie, ajoute-t-il.
Selon David Bositis, du Centre d'études politiques et économiques, les Noirs sont les électeurs les plus susceptibles d'être confrontés à des difficultés le jour du scrutin.
Plusieurs cas d'intimidation d'électeurs ont été rapportés en 2004, ainsi que l'existence de bureaux de vote insuffisamment équipés dans les quartiers à majorité noire. De tels obstacles sont de ce fait de nature à inciter les Noirs à venir voter à l'avance.
"Par rapport à la dernière fois, il y a nettement plus d'Afro-Américains qui votent de façon anticipée", note Bositis, qui évoque la "signification particulière" du scrutin 2008.
Version française Gregory Schwartz

La presse américaine vote massivement pour Obama

Le Figaro - Election US : La presse américaine vote massivement pour Obama
La presse américaine vote massivement pour Obama
Ophélie Wallaert (lefigaro.fr)25/10/2008 Mise à jour : 10:50
«Le sénateur Barack Obama est le bon choix» pour le New York Times (Photo AFP). Crédits photo : AFP
70% des journaux outre-atlantique ont affiché leur préférence pour le candidat démocrate, à l'image du prestigieux New York Times.

Tous les quatre ans, lorsque l'élection du futur occupant de la Maison-Blanche approche, la plupart des quotidiens américains apportent leur soutien public à l'un ou l'autre des candidats. Depuis quelques semaines, du New York Post au Los Angeles Times en passant par le Washington Post, la presse outre-atlantique a clairement affiché sa préférence à coups d'éditoriaux. Et dans ce duel symbolique qui l'oppose à John McCain, Obama est sans conteste le «champion».
Au total, 134 quotidiens ont pris parti pour le candidat démocrate, contre 52 pour son rival John McCain, selon le magazine Editor Publisher. Ce qui représente plus de 15 millions de tirages quotidiens. A titre de comparaison, la «compétition» était beaucoup plus serrée en 2004 puisque le démocrate John Kerry avait les faveurs de 213 journaux contre 205 pour George W. Bush.
Dernier soutien en date du sénateur démocrate, le très respecté New York Times a fait son choix vendredi dans un éditorial intitulé : «Barack Obama for president». «Les Etats-Unis sont délabrés et à la dérive après huit années mal dirigées par le président Bush», attaque le quotidien new-yorkais. «Dans cette période difficile, la sélection d'un nouveau président est facile», poursuit le journal. Le «bon choix» après «environ deux ans d'une campagne épuisante et méchante»? «Le sénateur Barack Obama», écrit le quotidien, qui lui avait préféré Hillary Clinton lors du processus de sélection du candidat démocrate.
Et d'énumérer les qualités de son favori : «Leader de plus en plus crédible», a «montré avoir la tête froide», a «un bon jugement». C'est pourquoi «nous croyons qu'il aura la volonté et la capacité de mettre en oeuvre un large consensus politique, ce qui est essentiel pour trouver des solutions aux problèmes de notre nation», s'avance le New York Times.
Le siège du New York Times, à Manhattan (AP Photo/Mark Lennihan, file).
Le New York Post choisit McCain
Cet éditorial n'est malgré tout pas une surprise. En 2004 déjà, le New York Times, journal de centre-gauche, avait marqué sa préférence pour le démocrate John Kerry, battu par George W. Bush. Et avait choisi Al Gore en 2000, également battu par Bush. Mais ce nouveau soutien d'un journal de référence, fort symboliquement, vient compléter l'escarcelle déjà bien remplie d'un Obama «chouchou des médias».
Avant le New York Times, d'autres prestigieux quotidiens ont pris leur plume pour soutenir Barack Obama. Le Washington Post a fait l'éloge de «l'intelligence et des talents politiques» de Barack Obama malgré des «réserves» compt tenu de sa «courte expérience». Sans surprise, le progressiste Los Angeles Times, s'est enflammé au sujet d'un Obama «cultivé, éloquent, sobre et excitant, constant et mature». Le Chicago Tribune a aussi décidé de réserver sa préférence à Barack Obama, résumant : «il est prêt». C'est la première fois depuis sa création... 1847 que ce journal fait d'un démocrate son favori pour la Maison-Blanche.
Malgré son retard, John McCain peut compter sur le soutien de conservateur Boston Herald, mais aussi du New York Post, du Dallas Moring News ou encore du San Francisco Examiner. Mais le candidat républicain souffre d'un autre handicap dans la course aux suffrages des quotidiens. Ainsi, une enquête du Projet for Excellence in Journalism a relevé que 57% des articles et des reportages radio consacrés à McCain depuis septembre étaient négatifs contre 14 % de positifs. Dans le même temps, son adversaire comptabilisait 36% de reportages positifs contre 29% de négatifs. Depuis le début de la crise financière, les articles positifs évoquant McCain sont tombés à 11%.

Obama :déjà son discours de victoire ?

Le Figaro - Flash actu : Obama :déjà son discours de victoire ?
Source : AFP26/10/2008 Mise à jour : 16:19
Le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain a vivement critiqué son adversaire démocrate Barack Obama pour son orgueil, en s'appuyant sur une rumeur selon laquelle le discours inaugural de Barack Obama serait déjà rédigé. Samedi, le New York Times affirmait que le chef de l'équipe chargée de la transition dans le camp Obama avait déjà écrit le discours inaugural.John McCain a saisi la balle au bond. "Le discours inaugural du sénateur Obama est déjà rédigé, je ne l'invente pas, de nombreux électeurs sont encore indécis mais il a décidé pour eux", a-t-il déclaré samedi soir lors d'un meeting à Albuquerque (Nouveau-Mexique), un Etat-clé où Barack Obama fait la course en tête des sondages."Il reste dix jours (mais) peut-être a-t-il déjà rédigé le discours de l'Union", traditionnellement prononcé le 20 janvier par le nouvel élu lors de sa prise de fonction, a-t-il ajouté, estimant que l'Amérique "a besoin de quelqu'un qui va au bout de la course avant de commencer son tour d'honneur, quelqu'un qui livre bataille jusqu'au bout".Le sénateur de l'Arizona a en outre accusé son adversaire démocrate d'être "en train de choisir les rideaux" de la Maison Blanche. Mais, outre que les candidats américains préparent toujours la transition en amont de l'élection, le discours en question a en réalité été publié par John Podesta, aujourd'hui responsable de l'équipe chargée de la transition dans le camp démocrate, dans un livre il y a des mois.Le sénateur de l'Illinois est par ailleurs connu pour rédiger lui-même la majorité de ses interventions et il serait surprenant qu'il ne se charge pas de celle-ci."Cette charge est complètement fausse, le discours inaugural du sénateur Obama n'est pas rédigé, la dernière chose dont nous avons besoin est un candidat comme John McCain dont le seul projet est de relire celui de George W. Bush", a répondu un porte-parole de Barack Obama Bill Burton.Source : AFP -->

OBAMA au seuil de la Maison-Blanche

L'Amérique noire au seuil de la Maison-Blanche Monde Actu Tribune de Genève
Reportage Bienvenue à Philadelphie, 10e ville des Etats-Unis, un incontournable pour qui veut décrocher la présidence. Dans les ghettos noirs, rongés par la pauvreté et la violence, on ose enfin croire à une victoire de Barack Obama. Mais la campagne démocrate transcende les barrières raciales. Même les Latinos se laissent séduire! Cette semaine, sillonnez avec nous la Pennsylvanie, un Etat clé sur la route de la Maison-Blanche! Chaque jour, nous abordons un thème majeur de l’élection présidentielle.
© AP Fatimah Azzam, à gauche, et Rose Bing, des supportrice du sénateur Obama entament une danse après le discours d’acceptation de la candidature de leur favori.


JEAN-COSME DELALOYE/ ENVOYÉ SPÉCIAL À PHILADELPHIE 26.10.2008 23:02
Les traces de sang sont encore visibles sur le trottoir. Des peluches, des bougies, des fleurs et des dizaines de cartes ont été déposées à l’endroit où Kendall Scott, un Afro-Américain de 24 ans, a été abattu le 16 octobre. Dans ce quartier noir et pauvre de l’ouest de Philadelphie, la violence a de nouveau frappé. Devant le mémorial de fortune se recueille un jeune homme afro-américain accompagné de deux petits garçons. Il montre sa main droite dans une attelle. «On m’a tiré dessus en septembre, mais j’ai pu me protéger avec ma main», lance-t-il en colère. «On ne sait jamais qui va vous tuer. C’est pour ça que je suis venu ici avec eux», ajoute-t-il en montrant ses jeunes compagnons.
En 2007, Philadelphie a connu en moyenne un meurtre et quatre fusillades par jour. Ici, près d’un habitant sur deux est Noir. A l’image du reste du pays, un Afro-Américain sur quatre résidant à Philadelphie vit au-dessous du seuil de pauvreté. Une proportion qui est restée stable pendant les deux mandats de George Bush mais qui est surtout la plus importante toutes races confondues outre-Atlantique.
Pour battre le républicain John McCain et remporter la Pennsylvanie le 4 novembre, Barack Obama mise sur un excellent résultat à Philadelphie, une ville plus progressiste et nettement plus «noire» que le reste de l’Etat. Une ville dans laquelle il avait devancé de 30 points sa rivale Hillary
Clinton, lors des primaires démocrates. Le 18 mars, il y a prononcé un discours très remarqué sur la question raciale qui a donné le ton d’une campagne au cours de laquelle le sénateur de l’Illinois s’est efforcé de faire le lien entre Blancs, Noirs et Hispaniques (lire ci-dessous).La crise économique ces dernières semaines a permis à Barack Obama de transcender la question de sa couleur de peau auprès de nombreux électeurs des petites villes conservatrices et blanches. Robert Santore, un habitant de Shamokin, une localité minière sur le déclin dans le centre de la Pennsylvanie, est l’un d’entre eux. Il avoue qu’un Noir n’était pas forcément son «premier choix». Mais l’ancien contremaître estime que les Etats-Unis ont besoin d’un changement de direction après George Bush et que Barack Obama est le mieux placé pour y parvenir.
Cela dit, à lui seul le «vote noir» pourrait faire pencher la balance du côté démocrate dans plusieurs Etats clés, dont la Pennsylvanie, mais aussi la Floride ou la Caroline du Nord. Selon un sondage du Joint Center for Political and Economic Studies, 84% des électeurs afro-américains soutiennent Barack Obama contre 6% pour John McCain.
Génération sans père
Franchie Lloyd, un Afro-Américain de 22 ans originaire de Philadelphie, a déjà voté par correspondance pour Barack Obama. «Il y a quelques semaines, il est venu dans le quartier, dit-il. Il y avait beaucoup d’enfants pour l’écouter parler. Il faut quelqu’un qui nous aide à nettoyer les rues de mon quartier des armes et à inciter les enfants à rester à l’école.» Gabe Scott (ndlr: aucun lien de parenté avec Kendall Scott), 21 ans, a fait 5 mois de prison pour un vol de voiture. «J’ai payé le prix de ma bêtise», glisse le manutentionnaire dans un supermarché. Il estime que Barack Obama est un exemple pour une génération de jeunes Noirs qui, comme lui, n’ont pas connu leur père.Devant un immeuble modeste à une centaine de mètres de l’endroit où est décédé Kendall Scott, Carlton Stith, un quinquagénaire, fustige la violence de son quartier en buvant une bière. «Barack Obama parle au moins de nous, dit-il. Mais s’il devient président, je suis sûr qu’ils changeront son adresse de la Maison-Blanche au cimetière le plus proche.»
La peur de l’assassinat
Cette peur de voir le candidat démocrate être assassiné ou perdre l’élection à cause de sa couleur de peau est récurrente chez les Afro-Américains de milieux modestes. «Vont-ils vraiment laisser un Noir s’installer à la Maison-Blanche?» se demande Gabe Scott. Dans les classes moyennes noires, on se méfie aussi de l’impact de la question raciale le 4 novembre. «Certains voteront peut-être contre Barack Obama à cause de leurs préjugés», admet Martin Taylor, un travailleur social, résidant dans l’ouest de la Pennsylvanie. «Mais si Obama est élu et qu’il fait du bon travail, il aura prouvé que l’on peut être issu d’une minorité et changer la Maison-Blanche.»

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Obama dans les séries américaines

L'empreinte d'Obama dans les séries américaines - Le fil télévision - Télérama.fr

Le 26 octobre 2008 à 17h00
LE FIL TéLéVISION - Le président d'origine mexicaine de la série "A la Maison-Blanche" est ouvertement inspiré d'un vrai parlementaire prometteur, pas encore élu au Sénat, du nom... d'Obama.
SUR LE MEME THEME
Christian Salmon : "Obama, c’est l’art du storytelling porté à son incandescence” 24 octobre 2008
Côté démocrate, un quadragénaire à la peau foncée, aux origines modestes, à l'ascension spec­taculaire. Côté républicain, un sénateur en fin de carrière, outsider dans son propre camp, mis en ­difficulté par un désastre inattendu. Obama contre McCain ? Pas du tout : Santos contre Vinick. C'était au printemps 2006, sur la chaîne NBC. Deux ans avant la « vraie » campagne présidentielle, le député latino Matthew Santos (Jimmy Smits) mettait au tapis le sénateur WASP Arnold Vinick (Alan Alda) dans la série The West Wing (A la Maison-Blanche), brillante immersion dans les rouages d'une administration démocrate idéale.
Matthew Santos, d'origine mexicaine, ne s'est installé dans le bureau ovale qu'à la toute fin de The West Wing. Mais les étapes de sa campagne ont occupé l'essentiel des deux dernières saisons. Et déclenché a posteriori un flot de rumeurs perplexes, lorsque les ex-fans de The West Wing ont vu entrer Barack Obama dans le champ électoral. Obama ressemble étrangement à Santos (même âge, même entrée en politique par la filière sociale, mêmes jeunes enfants, même irrésistible éloquence), et leurs discours se renvoient des échos troublants. Le vrai candidat plagierait-il le faux ?
En février 2008, le Guardian sort un scoop : c'est tout le contraire ! Si Obama semble calquer Santos, c'est parce que le candidat démocrate lui a servi de modèle. Chargé de développer le personnage de Santos, le scénariste-producteur Eli Attie repère dès 2004 un jeune parlementaire pas encore élu au Sénat, mais salué pour son discours lors de la convention démocrate. « C'était déjà une superstar, un homme plein de dynamisme et de charisme, symbole d'un monde à venir où les clivages raciaux et politiques traditionnels n'auraient plus cours. Il était fier de ses origines, mais elles lui appartenaient, elles ne le définissaient pas », explique Eli Attie (1), qui affinera dans cet esprit la personnalité de son candidat fictif. L'intuition d'Attie se fonde sur des bases solides : ancien conseiller de l'administration Clinton, il a rédigé la ­plupart des discours d'Al Gore et connaît bien David Axelrod, le directeur de campagne d'Obama. Mais s'il est prophète, c'est à son insu. Comme l'affirme l'historien Jacques Portes (2), « personne ne pouvait prévoir, en 2004, que Barack Obama se présenterait à l'élection ­présidentielle. La tempête médiatique n'a commencé qu'en 2006, après son élection au Sénat ». Attie a quand même le nez creux sur des points essentiels : Santos bat aux primaires le candidat de l'establish­ment démocrate, promeut l'éducation et la santé dans des meetings enflammés, et charge son vice-président de compenser son manque d'expérience en politique étrangère. les auteurs de la série n'anticipent pas le rôle crucial d'Internet dans la communication d'Obama. Et s'ils donnent pour adversaire à Santos un républicain atypique, ils n'osent pas pousser la licence créative jusqu'à imaginer une Sarah Palin...
Télévisuellement parlant, les Etats-Unis en sont à leur troisième président « non caucasien » (3), comme on dit outre-Atlantique. Deux de ces pionniers sont noirs : chacun à leur tour, David et Wayne Palmer ont accédé à la magistrature suprême dans la série 24 Heures chrono. Dans son dernier roman, Les Accommodements raisonnables (éd. de L'Olivier), Jean-Paul Dubois prête à son héros Paul Stern, un scénariste français installé à Hollywood, la conviction qu'Obama sera le troisième président noir des Etats-Unis : « Les frères Palmer avaient ouvert la voie. Barack Hussein Obama Jr. [...] n'avait qu'à avancer sur leurs brisées. Quoi de plus logique, dans le fond, qu'en ce pays des apparences trompeuses et de l'économie virtuelle, la puissance de la fiction eût fini par imposer ses vues à la réalité ? » Ce ne serait pas la première fois que des scénaristes, en prenant une longueur d'avance sur une réalité politique et sociale figée, contribuent à faire évoluer les mentalités et rendent crédible ce qui ne l'était pas - ou seulement pour quelques convaincus. Mais le progressisme audiovisuel a ses limites. Diffusée par la très conservatrice Fox, 24 Heures chrono a peut-être imposé deux chefs d'Etat noirs, mais elle a aussi légitimé l'usage de la torture...
« Séries politiques et vie politique se reflètent parce qu'elles appartiennent à la même logique de scénarisation, au même univers que Baudrillard qualifiait de simulacre », observe Christian Salmon, qui a décrit ce phénomène dans Storytelling (éd. La Découverte). Pour l'universitaire Michel Chandelier, auteur du Président des Etats-Unis vu par Holly­wood (éd. L'Harmattan), l'apparition dans les séries de présidents issus des minorités tient avant tout à un changement de contexte : « Les deux présidences Bush et la crise économique ont replongé l'Amérique dans une image négative de la figure présidentielle. Un président noir, ou latino, c'est la rupture nécessaire pour redonner de l'idéal à l'institution, pour réanimer le rêve américain. »
Mais l'imagination, même militante, ne saurait créer ce qui n'existe pas. Le poids politique et les fortes personnalités de Colin Powell ou de Condoleezza Rice, l'inéluctable déclin démographique des Américains d'origine européenne ont probablement plus fait pour Obama qu'une heureuse collision de la fiction et de la réalité. « On ne peut sous-estimer l'impact de séries regardées par des millions de spectateurs sur leurs représentations culturelles. Mais pour qu'il y ait impact, il faut que les scénaristes aient senti l'air du temps, et accompagné un mouvement qui était en lui-même irréversible », explique Karim Emile Bitar, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). « C'est aussi un jeu de miroirs. La force d'Obama et de Santos, c'est cette apparence assez lisse sur laquelle chacun peut projeter ce qu'il veut voir. » Que verront les électeurs, une fois seuls dans l'isoloir ? Le dénouement de cet ultime épisode, plus excitant que n'importe quelle fiction, personne ne l'écrira à leur place.
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Sophie Bourdais
Télérama n° 3067
(1) Dans le documentaire d'Emilio Pacull Mister President (rediffusé par Arte le 26 octobre à 1h45).
(2) Auteur de Barack Obama, Un nouveau visage pour l'Amérique, éd. Payot-Rivages.
(3) « Caucasien » désigne, en Amérique, les Blancs d'Europe.

A VOIRThe West Wing (A la Maison-Blanche) y, le dimanche à 20h45, sur Série Club. L'intégralité de la série est disponible en DVD (Warner).

World for Obama

World for Obama :Quotidien Le Soleil - SENEGAL

PRESIDENTIELLE AMERICAINE : Jour J -9
Questions à Amy Fall, spécialiste en Communication internationale, créatrice du groupe World for Obama : ” Son élection pourrait faire retentir une nouvelle idéologie qui se résume à un seul mot : ensemble ”
A quelques jours de la présidentielle américaine, nous avons voulu mesurer l’impact que le mouvement Obama suscitait auprès de la jeunesse. A cette occasion, nous avons sollicité les impressions d’Amy Fall, une citoyenne sénégalaise qui a eu l’avantage de suivre l’avancée de cette campagne entre trois villes : Paris, New York et Dakar. Après avoir rencontré Barack Obama en mars 2007 lors d’une conférence privée à l’hôtel Sheraton de New York, où s’étaient également rendus d’autres candidats des primaires démocrates, elle écrit sur le site officiel d’Obama : « Aujourd’hui, j’ai vu s’incarner la nouvelle Amérique ». Inspirée, elle décide de s’engager dans ce mouvement dans la limite du possible. « Je ne peux pas encore voter, mais je suis capable de mener un effort de conscientisation », a-t-elle dit. Déterminée à se faire entendre, Amy fonde le groupe World for Obama (Citoyens du monde pour Obama) sur le site social Facebook et réussit à attirer des supporters à travers le monde. Sur la première page, vous lirez « l’élection de Barack Obama n’affectera pas seulement les Etats-Unis, mais le monde entier ». Spécialiste en Communication internationale, elle crée son propre blog sur le site officiel du candidat Démocrate et publie des articles jusqu’à se faire entendre par le « New York Times », qui salue son cri en faveur d’une « nouvelle Amérique », en lui dédiant le commentaire du jour dans une issue du mois d’octobre 2008. Nous l’avons rencontrée pour lui poser des questions sur la portée de son soutien pour Barack Obama et recueillir son point de vue sur l’actualité de la campagne présidentielle.

Aujourd’hui les sondages révèlent une certaine « Obamania ». Obama est en tête de tous les sondages. En France, où vous vivez en ce moment, il obtiendrait 63% des voix ! Certains y verraient une « fourberie ». Les Français auraient-ils vraiment élu Barack Obama président de la France ?

Est-ce que la France élirait un candidat issu d’une minorité à la Présidence ? Je vous répondrai : possible ! Après tout, qui eut cru il y a tout juste deux ans qu’un jeune sénateur de père Kenyan devancerait aussi largement dans les sondages John McCain, héros de guerre, issu d’une des plus nobles familles militaires américaines et riche d’une carrière politique de 30 ans ? Vous savez, je voudrais insister sur un fait : l’Amérique n’est pas allée à la quête de Barack Obama, c’est Barack Obama qui s’est présenté à elle avec une proposition convaincante et audacieuse. N’eut été le système des primaires américaines qui permet à qui le souhaite de se lancer dans les élections, le monde n’aurait peut-être jamais autant savouré les fruits d’une démocratie saine. De ce point de vue, j’espère que son élection inspirera d’autres pays à réformer leurs systèmes politiques pour permettre à d’autres citoyens, comme Obama, de saisir les opportunités qu’offre la démocratie.
Est-ce que vous le soutenez parce que c’est un candidat noir ?
Je pense que sa couleur de peau est une infime partie de ce qu’il représente véritablement. J’avais la chance de résider aux Etats Unis au moment du lancement de sa campagne. Et je dois dire que l’attention de la majorité du peuple était focalisée sur sa promesse de changement. J’ai su dès le début et surtout après l’avoir écouté et avoir lu son autobiographie, qu’il possédait les qualités intrinsèques pour devenir commandant en chef de l’armée américaine. Dans un monde aussi secoué, il est fondamental que celui qui se retrouve à la tête des Etats-Unis ait la capacité de diriger et de réformer. J’étais tellement préoccupée par la situation au Darfour, la guerre en Irak, en Afghanistan, le recul de l’économie, entre autre, qu’il était hors de question que mon soutien émane d’un élan émotionnel. Vous savez, Thurgood Marshall, le premier homme noir à diriger la Cour suprême des Etats-Unis sous la présidence de Lyndon Johnson, avait émis une réflexion qui m’a profondément marquée. A l’époque, on lui demandait s’il espérait voir un Noir lui succéder et là, il a répondu : « J’ose espérer qu’on ne nomine pas un Noir pour les mauvaises raisons. Mon père me disait toujours qu’il n’y a aucune différence entre un serpent blanc et un serpent noir. Tous les deux savent mordre ».
Naturellement, ce serait merveilleux d’avoir un président noir aux Etats-Unis ; ça relancerait le débat racial au sein d’autres institutions politiques mais surtout, ce serait une victoire pour les Blancs et Noirs qui ont combattu ensemble durant le mouvement civil en faveur d’une société équitable.
Revenons sur votre première rencontre avec Barack Obama. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Vous savez, je pense que c’était aussi significatif pour moi que ça l’était pour Bill Clinton de rencontrer John F. Kennedy dans ses années étudiantes. A l’écouter parler, on voit tout ce qui est possible et surtout, tout ce qui est saisissable dans la vie. Ce n’est pas quelqu’un qui était prédestiné à devenir président, d’un point de vue conventionnel. Ceci étant, son audace l’a poussé à se lancer dans ces élections et se démarquer de l’image prototype d’un politicien. Son discours rend hommage à l’Amérique. Et soutenir Obama, c’est soutenir l’Amérique.
Revenons sur le choix de son vice-président. Étiez-vous convaincue de son choix dès le début ?
Joe Biden était assurément un très bon choix mais comment associer un homme ayant siégé 30 ans au Sénat à une promesse de changement ? Grâce à une stratégie pointue, l’équipe de campagne d’Obama a réussi à mettre en avant le caractère réformateur du parcours politique de Biden. Joe Biden a permis de rallier les centristes et d’autres catégories socioprofessionnelles qui persistaient en vain à voir Barack Obama tel un candidat inexpérimenté, en les rassurant qu’en cas de crise, il aurait la bonne personne à ses côtés. Hillary et Bill Clinton ont salué ce choix et présenté Joe Biden comme un expert national en relations internationales. Grâce à son fameux « Violence against women act », une législation criminalisant la violence à l’encontre des femmes, Joe Biden a aussi contribué à maintenir l’électorat féminin malgré la présence du gouverneur Sarah Palin sur le ticket Républicain. Et le fait que Barack ait pris ce risque tactique traduit un sens inné du patriotisme, que le parti Démocrate a salué en lui apportant plus de 91% de son soutien.
Qu’est-ce qui vous a vraiment convaincu qu’il était capable de devenir président ?
Au-delà du choix de son vice-président qui a démontré sa générosité intellectuelle, je dirai son style nouveau de leadership. D’un point de vue stratégique, je saluerai la consistance de son message de changement qu’il a su entretenir pendant 20 longs mois de campagne et qui, à mon avis, traduit une intègre conviction. Vous savez, en tant que spécialiste en Communication, je peux vous dire que c’était un pari très risqué surtout en période de crise mondiale, face à des candidats dont l’expérience peut sembler plus rassurant.
Sa perspicacité est étonnante ! Regardez par exemple comme il s’est opposé à la guerre en Irak. Il n’avait aucune raison de le faire, vu que la majorité du pays y était favorable et pourtant il a tenu à manifester publiquement son opinion sur le fait que Saddam Hussein ne constituait pas un risque éminent et que l’accent devait être porté sur la guerre en Afghanistan.
Sa capacité à inspirer et à unir les gens est remarquable. Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, une campagne aura été intégralement financée par des contributions directes du peuple. Les petites donations qui avaient été minimisées par d’autres, qui ont préféré miser sur les lobbyistes, lui ont permis de récolter plus d’un demi-milliard de dollars.
Jamais, une campagne n’aura mobilisé autant de volontaires. J’étais si émue d’apprendre que Barack avait inspiré deux femmes de 106 ans à voter pour la première fois de leur vie. Une sœur prénommée Cécilia, qui réside dans un couvent à Rome et une autre dame, Ann Cooper, celle-ci Afro-américaine, qui n’a jamais cru que ce moment arriverait.
A Los Angeles, deux jumelles, cette fois âgées de 86 ans, votent aussi pour la première fois. C’est si fascinant de voir ce que les gens peuvent faire quand ils croient ensemble en quelque chose. Cependant, ce qui m’aura convaincue par-dessus tout, reste sa prescription d’une politique pragmatique sociale à la crise financière.
Récemment, Colin Powell a déclaré qu’il allait voter pour Barack Obama. Comment mesurez-vous ce soutien ?
Vous savez, ceux qui connaissent un peu la philosophie de Colin Powell s’y attendaient. C’est un homme qui a été déçu par le parti Républicain. Il a expliqué son soutien à Obama à travers un réquisitoire sévère contre son parti qui tend à basculer vers une extrême droite en incitant à la division. Pour le parti Démocrate, cette prise de position permet d’éliminer l’argument du manque d’expérience d’Obama parce qu’après tout, Colin Powell reste une figure emblématique aux Etats Unis. Il a surtout déploré le choix du gouverneur Sarah Palin qui, selon lui, n’a pas l’expérience requise pour être président ainsi que la réponse de McCain face à la crise économique. Mais vous savez, la petite-fille du président Eisenhower a abandonné le parti Républicain pour soutenir Barack Obama ; le fils du Président Reagan, Ron Reagan, a clairement indiqué qu’il serait plus rassuré de voir Barack Obama gérer une crise que McCain qui lui a semblé pour le moins « frénétique. » Une liste grandissante de conservateurs Républicains est à présent derrière le sénateur Obama et tout ceci ajoute au « momentum »
Quelle leçon pensez-vous que le Sénégal, ou l’Afrique en général, puisse tirer de ces élections ?
J’espère que cette campagne va servir d’illustration quant au poids de la démocratie et la densité du dialogue civil. Vous savez, cette campagne a été captivante dès le début mais tout s’est fait à travers des mots. Il n’y a rien de plus puissant que des mots. Et celle à qui je voudrais vraiment rendre hommage c’est Hillary Clinton qui, malgré sa défaite lors des primaires, s’est ralliée sans réserve à la candidature de Barack Obama. Elle a été tellement constante dans son soutien qu’Obama a pu réduire certaines disparités dans les sondages. Donc je tiens à saluer ce fair-play en espérant qu’il puisse inspirer d’autres sociétés à travers le monde. L’Amérique a montré que ce qui devrait être la préoccupation, aussi bien des électeurs que de leurs candidats, c’est la cause du pays. Et cette convergence vers des idées plutôt que vers des personnes a prévalu.
Vous prédisez une victoire de Barack Obama ?
Je l’espère très sincèrement parce que ça va engendrer un changement positif dans le monde entier ; une meilleure vision du rôle de gouvernement et de ses responsabilités. Son élection pourrait faire retentir une nouvelle idéologie qui peut se résumer par ce seul mot : ensemble ».

dimanche 26 octobre 2008

David Plouffe, la machine à gagner d'Obama

Le Figaro - Election US : David Plouffe, la machine à gagner d'Obama
Jean-Louis Turlin23/10/2008 Mise à jour : 23:28
David Plouffe a mis en place une stratégie pour la campagne de Barack Obama qui permet de riposter dans l'instant à chacune des attaques républicaines «négatives». Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Pour le candidat démocrate, le chemin de la Maison-Blanche ne néglige aucun détour : sa victoire consacrerait la stratégie de terrain imposée par son directeur de campagne.
De notre correspondant à New York
MINCE, taille moyenne, cheveux bruns, la quarantaine, David Plouffe a le physique anonyme qui sied à son style. L'homme se veut la discrétion même, au grand dam des journalistes brûlant d'interviewer le directeur d'une campagne d'ores et déjà historique : quoi qu'il arrive le 4 novembre 2008, Barack Obama aura été le premier candidat noir à recevoir l'investiture de l'un des deux grands partis américains. Et c'est pour beaucoup au génie de David Plouffe qu'il le doit.
Le chemin de la Maison-Blanche est d'abord passé par la longue et fratricide campagne des primaires, dont Hillary Clinton était la grande favorite. Loin derrière l'ancienne première dame au départ, Obama devait absolument, pour changer «la dynamique» de la course, remporter la première étape : les caucus de l'Iowa, un vrai défi dans un État où les Noirs ne constituent que 2,5 % de l'électorat.
Barack Obama était sceptique. Mais David Plouffe connaissait bien le terrain pour y avoir dirigé la campagne présidentielle de Tom Harkin, le sénateur de l'Iowa, lors des primaires de 1992 (remportées par Bill Clinton). Il sut convaincre son nouveau «client» que «la mission numéro un était de finir devant Hillary Clinton dans l'Iowa. Sans cela, il eût été difficile de la stopper». La revanche de Clinton dans la deuxième étape, la primaire du New Hampshire, aurait brisé l'élan d'Obama sans la pièce maîtresse de la stratégie conçue par Plouffe : ratissage le plus large possible, État par État - grand ou petit -, pour accumuler, sinon les victoires, du moins le plus grand nombre possible de délégués.
C'était une façon de prendre l'adversaire à contre-pied. Le camp Clinton avait choisi d'investir dans les États les plus riches en délégués pour atteindre rapidement le seuil de l'investiture (il en fallait 2 118), avec pour ligne de mire le tir groupé du Super Tuesday le 5 février dernier. Le stratège en chef d'Obama avait fait le calcul inverse : l'attribution des délégués à la proportionnelle (contrairement aux primaires républicaines, où le vainqueur rafle la mise) exigeait de ne négliger aucun scrutin.
Résultat : Hillary a été entraînée dans une course étirée en longueur après avoir épuisé ses ressources dans des États jugés déterminants - à tort. Il ne lui suffisait pas de faire jeu égal dans le vote populaire ou au nombre de victoires : Obama l'avait distancée dans la chasse aux délégués.
Rien n'est laissé au hasard
En acceptant son investiture le 28 août dernier à la convention démocrate, le candidat rendit hommage à son directeur de campagne, «qui n'en reçoit jamais le mérite, mais qui a bâti la meilleure organisation politique du pays». La bataille des primaires avait permis de la tester.
La mobilisation des troupes sur un terrain parfaitement quadrillé, le recrutement systématique des sympathisants parmi de simples acheteurs de tee-shirts, de pin's ou de chapeaux, la sollicitation de milliers de petits dons sur l'Internet, le relais incessant des bénévoles pour les opérations de porte-à-porte ou les appels téléphoniques : c'est toute l'organisation de base orchestrée par David Plouffe qui a ensuite été mise au service de la campagne nationale.
Comme pour celle des primaires, rien n'est laissé au hasard ni aux républicains, dont certains fiefs jusqu'alors considérés imprenables sont en passe de basculer. La dynamisation de l'électorat noir et la perspective d'une large participation sont des atouts maîtres dans le Sud, où la Virginie pourrait voter pour la première fois depuis 1964 (Lyndon Johnson) pour le candidat démocrate, avec une bonne chance de l'envoyer à la Maison-Blanche.
«Le manager parfait»
En obligeant l'adversaire à se battre pour défendre des positions qu'il croyait acquises, Obama fait d'une pierre deux coups : il élargit le champ de prospection pour atteindre plus sûrement le seuil des 270 grands électeurs nécessaires et il force McCain à vider ses poches là où il aurait pu économiser ses ressources inférieures. L'écrasante supériorité financière d'Obama, alimentée par ses réseaux multiples de contributeurs modestes, se traduit par un matraquage de spots publicitaires que son rival n'a pas les moyens d'égaler. C'est la méthode Plouffe, qui permet ainsi de riposter dans l'instant à chacune des attaques républicaines «négatives».
Mais derrière la stratégie, il y a l'homme et son style. La discrétion de l'un et de l'autre est une forme de rigueur et de discipline au service de l'efficacité : David Plouffe ne tolère aucune fuite ni aucun commentaire public sur les débats internes de son équipe, évitant ainsi l'impact des dissensions au sein du camp Clinton sur l'image de la candidate pendant les primaires - celle d'un commandant en chef en puissance incapable de faire régner l'ordre dans les rangs.
Bien que David Plouffe n'hésite pas à élever la voix, plus ferme que son physique ne le laisse imaginer, il est d'un tempérament que certains jugeaient trop effacé pour une foire d'empoigne. Barack Obama n'était pas de ceux-là : il ne voulait pas d'un «braillard», avait-il fait savoir en le recrutant en 2006 après avoir rejeté toutes les autres candidatures correspondant mieux, en apparence, au profil de l'emploi.
Il est vrai qu'il avait déjà vu Plouffe à l'œuvre pendant sa campagne sénatoriale de 2004. Les deux hommes s'étaient connus l'année précédente par l'entremise de David Axelrod, le conseiller d'Obama qui est avec «l'autre» David la cheville ouvrière de l'équipe. Originaire du Delaware et diplômé de l'université de cet État à mi-chemin de Washington et de New York, Plouffe avait depuis 1990 consacré toute sa carrière aux campagnes d'élection et de réélection d'une succession d'hommes politiques avant de rejoindre Chicago, la ville d'adoption d'Obama, et le cabinet de consultants politiques AKP & D Message and Media, où il est devenu l'associé d'Axelrod.
Après trois campagnes présidentielles avortées, marié et père d'un bébé, il a hésité avant de se lancer dans une nouvelle aventure qui aurait pu être sans lendemain. De son expérience des caisses vides avant l'heure, il a gardé le sens de la frugalité, obligeant le personnel de la campagne à partager les chambres d'hôtel pendant les voyages et ne remboursant pas les notes de taxis dans les villes dotées d'un métro. Mais c'est à une autre qualité que pense David Axelrod en disant de David Plouffe qu'il est «le manager parfait pour Obama. Parlez-moi d'un type qui n'aime pas les histoires. Il est imperturbable». Comme le candidat qu'il veut faire président.
» BLOG - La course vers la Maison-Blanche

Rima Elkouri : Obama n'est pas celui que vous pensez | Rima Elkouri

Rima Elkouri : Obama n'est pas celui que vous pensez Rima Elkouri
«Il n'est pas celui que vous pensez», dit un dépliant républicain à propos de Barack Obama. Cette publicité férocement démago du clan McCain assimile Obama au clan des terroristes.
«Il n'est pas celui que vous pensez.» Non, en effet. Obama n'est sans doute pas celui que le clan McCain pense. Plus intelligent et plus subtil que ses adversaires, qui exploitent la peur des électeurs devant ce Noir pas tout à fait noir au deuxième prénom arabe «douteux».
Sur cette question, Obama a montré maintes fois qu'il était au-dessus de la mêlée. Ce qu'il a à dire à ce sujet n'est pas qu'une simple défense face au clan républicain. C'est beaucoup plus qu'un slogan publicitaire. En parfaite maîtrise de son message, il ne joue pas à la victime ni ne s'abaisse au niveau de ceux qui flirtent avec la frilosité de l'électorat pour le discréditer. Il fait plutôt ce que son père a fait un jour quand, dans un bar hawaïen, un Blanc s'est plaint à voix haute de devoir boire aux côtés d'un «nègre». Dans le bar, c'était le silence. Tous s'attendaient à une bagarre. Mais qu'a fait Barack père? Il s'est dirigé vers l'homme qui l'insultait, lui a souri et lui a servi un discours posé sur l'intolérance, le rêve américain et la déclaration des droits de l'homme. Le Blanc qui l'avait insulté s'est senti si mal à l'aise qu'il lui a filé 100$. Assez pour payer une tournée à ses amis et même son loyer jusqu'à la fin du mois!
Comme son père, Obama ne répond pas au coup de pied en bas de la ceinture par un coup de pied en bas de la ceinture. Il vise plus haut. Il rêve d'une Amérique «post-raciale». Mais il ne fait pas que rêver. Il l'incarne. Et qui de mieux placé que lui pour le faire? Qui de mieux placé que lui pour aspirer à ce nouveau «nous», cette «Union plus parfaite» qui transcende les divisions raciales?
Voilà donc un candidat né d'une mère blanche du Kansas et d'un père noir du Kenya, élevé par une grand-mère blanche qui lui a un jour avoué qu'elle avait peur des Noirs qu'elle croisait dans la rue. Il n'est ni noir ni blanc. On a parfois dit de lui qu'il était trop noir ou encore pas assez. Et avec un génie qui lui est propre, Obama a réussi habilement à transformer ces «trop» et de ces «pas assez» en force politique rassembleuse. Au fil du temps, il a appris à jongler habilement avec les différentes facettes de son identité métissée - et par le fait même de l'identité américaine.
Obama n'est pas assez naïf pour croire qu'il pourra régler d'un seul coup de baguette magique les problèmes raciaux des États-Unis. Mais il est assez clairvoyant pour savoir que la seule façon de sortir de l'impasse consiste à parfaire le pacte social américain pour panser quelques-unes des «vieilles blessures raciales» du pays, comme il le dit dans son discours phare du 18 mars 2008. Un bijou à lire ou à relire (avis aux intéressés: on le trouve en traduction française, De la race en Amérique, Grasset, 2008).
Un extrait, juste comme ça: «Les hommes politiques ont trop souvent exploité la peur de l'insécurité à des fins électorales. Les animateurs de talk-shows et les commentateurs conservateurs se sont bâti des carrières en démasquant des accusations mensongères de racisme tout en assimilant les légitimes débats sur l'injustice et les inégalités raciales à du politiquement correct ou du racisme à l'envers.» Il y a là matière à réflexion non seulement pour nos voisins du Sud, mais aussi pour nos politiciens locaux en panne d'inspiration après l'émeute de Montréal-Nord.
Mais revenons à nos moutons américains. Si le cheminement identitaire d'Obama vous intéresse, allez voir en ligne l'excellent documentaire The Choice 2008 de l'émission Frontline à PBS (www.pbs.org). On y porte notamment un éclairage fascinant sur le parcours semé d'embûches de ce jeune homme qui a grandi à Hawaii et en Indonésie et qui a fait ses premiers pas politiques à Chicago. On y décortique son rapport complexe à la question identitaire et raciale. Comme métis, était-il «assez noir» pour se battre aux côtés des Afro-Américains? se demandaient certains. Était-il autre chose qu'un «homme blanc avec un visage noir»? Lui qui avait fait des études dans des universités prestigieuses, n'était-il pas trop élitiste? demandait-on lors des primaires démocrates de 2000 en Illinois, où Obama finira par perdre contre l'ex-Black Panther Bobby Rush.
Obama a beaucoup appris de cette défaite, raconte-t-on. Il a appris à ne pas être celui que l'on pense qu'il est. Il a monté un plan. Un plan qui lui aura permis de mieux courtiser le vote des Noirs tout en remportant des victoires dans des États parmi les plus blancs. Pas parce qu'il est noir ou blanc ou un peu des deux, mais bien parce qu'il est un brillant stratège, charismatique en plus.
«L'Amérique peut changer. C'est le vrai génie de cette nation», dit-il. Son génie à lui, c'est d'avoir réussi à incarner cet espoir de changement.
courriel Pour joindre notre chroniqueuse: rima.elkouri@lapresse.ca

Toni Morrison vote OBAMA

Un entretien avec le prix Nobel de litterature - Mon rêve américain - Philippe Boulet-Gercourt - Document - nouvelobs.com
Un entretien avec le prix Nobel de litterature
Mon rêve américain
Jamais la grande dame des lettres américaines ne s'était ainsi impliquée dans la bataille politique. Parce que l'élection d'un président noir aurait une immense portée symbolique ? Sans doute. Mais surtout parce qu'après les désastreuses années Bush l'Amérique a l'occasion, le 4 novembre, de renouer avec le meilleur de son histoire. Elle a reçu Philippe Boulet-Gercourt dans son bureau de l'université de Princeton par Toni Morrison
Le Nouvel Observateur. - Pour la première fois de votre vie, vous soutenez publiquement un candidat : Barack Obama. Pas parce qu'il est noir, écrivez-vous, mais parce qu'il possède «une imagination créatrice qui, associée au brio, égale la sagesse». C'est assez inattendu de créditer de sagesse un jeune politicien dont l'un des points faibles est le manque d'expérience...
Toni Morrison. - Je ne crois pas que la sagesse découle de l'expérience. J'ai connu de jeunes enfants qui étaient sages. La connaissance, cela s'accumule; l'expérience, on peut l'acquérir en faisant son métier. La sagesse, c'est très différent. Cela ne s'apprend pas, personne ne peut vous l'enseigner. C'est une sorte de perspicacité, presque un don, la capacité qu'ont certaines personnes de combiner des éléments épars et d'analyser une situation mieux que les autres. J'ai rarement vu cette qualité chez les politiciens. Chez les artistes, peut-être, quand ils ne connaissent rien à part ces trois ou quatre choses. C'est le véritable génie, couplé à la créativité, qui produit la sagesse, qu'on a pris l'habitude d'associer à l'âge : «le vieux sage»...N. O. - «Cette élection est la plus importante de toute ma vie», dites-vous...T. Morrison. - Les choix sont clairs. L'un est clairement dévastateur, un désastre politique et économique, comme en matière de politique étrangère ou de réchauffement de la planète. Quand je regarde les huit années qui viennent de passer, je n'arrive pas à trouver une seule chose positive. Rien. Tout ce qu'ils ont touché s'est écroulé, ou bien c'était une blague. Ils ont été si vicieux, mauvais. Donc si nous réélisons un républicain, si nous élisons ce républicain, nous aurons les mêmes méthodes avec, en prime, un tempérament vraiment agressif. Avec John McCain on peut s'attendre à tout, il aime les solutions tranchées ? qui impliquent de croiser le fer et de tuer des gens. Ce n'est pas un guerrier joyeux, c'est simplement un guerrier. Il aime la clarté, même dans la situation où nous nous trouvons, avec ces deux guerres qu'on ne gagnera pas en restant sur place éternellement.
Je m'emporte, mais la situation est vraiment grave. Ce krach va se faire sentir pendant un bon moment, avec son cortège d'évictions et de chômeurs. On commence tout juste à voir des gens, des gens honorables, se retrouver sur le pavé. Certains mettent fin à leurs jours, c'est une période de rage et de désespoir. Si ce n'est le moment où le gouvernement dit : «Maintenant, nous allons nous occuper de vous», alors quand ?N. O. - N'est-ce pas un moment étrange dans l'histoire américaine : d'un côté une crise de confiance avec le krach, de l'autre un vote de confiance avec Obama ?T. Morrison. - C'est déjà arrivé au début des années 1930, avec l'émergence de Roosevelt. Cette fois, un autre élément vient se surajouter : la race.N. O. - Vous avez eu il y a dix ans cette phrase fameuse à propos de Bill Clinton, «premier président noir» des Etats-Unis. Envisagiez-vous, à l'époque, la possibilité d'un président réellement noir ?T. Morrison. - Jamais ! J'avais écrit cela de Bill Clinton parce qu'ils le traitaient comme un Noir et je n'étais pas la première à le remarquer. En regardant ce qui arrivait à Clinton, les étudiants noirs s'écriaient : «Mon Dieu, ils le traitent comme un Noir de la rue !» Mais cela ouvre une perspective intéressante : le Noir est un discours; ce n'est pas une couleur de peau, mais la façon dont les gens parlent les uns des autres.
Barack Obama ne peut pas regarder les Blancs comme le ferait un Afro-Américain moyen, c'est impossible. Pas seulement parce que sa mère était blanche, mais à cause des gens qui l'ont nourri au sein, qui l'ont élevé, et puis ses grands-parents... Il ne sera jamais comme Jesse Jackson et la génération du Mouvement pour les Droits civiques, dont l'expérience est entièrement différente. Et je comprends qu'ils ne veuillent pas abandonner cette expérience; ce sont eux, après tout, qui sont allés en prison, qui ont été frappés. Mais ce pour quoi ils se battaient, c'était quelqu'un comme Obama.N. O. - Qu'est-ce que cela signifierait, pour l'Amérique, d'avoir un président noir ?T. Morrison. - Je n'arrive pas à me l'imaginer, mais ce serait quelque chose d'extraordinaire. Cela a des milliers d'implications. La principale touche à ce qui constitue notre mythologie : «Envoyez-nous vos pauvres, envoyez-nous vos immigrants, nous sommes une démocratie, nous sommes divers. Nous sommes tout le monde.» Cette élection peut transformer le conte de fées en réalité. Un pays doit être capable de se hisser à la hauteur de ses slogans et, de toute évidence, le nôtre y est prêt. Mais les implications plus modestes sont tout aussi fascinantes. On m'a parlé de profs, dans les ghettos noirs, dont les élèves de 14 ou 15 ans disent qu'étudier est une bonne idée... Qui sont les héros des petits Afro-Américains aujourd'hui ? Des athlètes, des musiciens. Mais un président ! C'est quand même autre chose que le rap, non ?N. O. - Il y a eu un moment extraordinaire, dans cette campagne, qui a été le discours d'Obama sur la question raciale. Alors que le cycle médiatique est devenu ultracourt, là on en a parlé pendant des jours et jours... Cela a-t-il changé pour de bon le discours sur la race, dans ce pays ?T. Morrison. - Oui, le désir de changement courait sous la surface, Obama l'a révélé au grand jour. J'ai toujours pensé qu'il fallait nous débarrasser de ce langage biaisé sur la race, plein de culpabilité, défensif, et avoir enfin un langage de vérité, de vraies discussions. Aujourd'hui, quand je lis les journaux, les blogs de tous bords, je vois qu'on y est arrivé. C'est maintenant. On peut en parler. Et c'est bien mieux ainsi : quand vous enlevez la haine, il ne reste plus que la douleur, et quand vous enlevez la culpabilité, il ne reste que la honte.N. O. - Au moment où l'Amérique semble prête à dépasser la fracture raciale, vous remontez le cours de l'histoire américaine avec un roman qui se passe au XVIIe siècle. Vous y décrivez un monde où, là encore, la race n'explique pas tout. Vous montrez que l'esclavage était loin d'être une affaire seulement raciale : des hommes et des femmes blancs, métis, indiens appartenaient à d'autres hommes...T. Morrison. - L'esclavage a toujours été associé aux Noirs dans ce pays, c'est une erreur. Avant d'écrire ce roman, je me suis demandé ce que cela faisait d'être esclave, toute considération de race mise à part. Toute civilisation repose sur le travail des esclaves. Vous pouvez leur donner d'autres noms : peones, paysans, serfs, je me fiche de l'appellation, il s'agit de gens que l'on contrôle pour produire quelque chose. Donc la spécificité américaine ne tient pas à l'esclavage, qui était commun, mais à l'infériorisation par la race.N. O. - Si l'on regarde les choses sous cet angle, la fameuse «histoire moralement compromise» de l'Amérique n'est pas si unique que cela...T. Morrison. - En effet. Mais ce qui est sans doute unique - et ce dont se souvient Jacob, le héros du roman ?-, c'est un événement que l'on a appelé la révolte de Bacon, en 1676 en Virginie. Un groupe de 400 à 500 hommes - des serviteurs blancs, des esclaves noirs, des Noirs affranchis - ont renversé le gouvernement de cette colonie. Une guerre populaire, en somme. Ils ont gagné, avant bien sûr d'être tous capturés. Mais le plus intéressant est ce qui s'est passé par la suite; les propriétaires, se jurant de ne jamais laisser une chose pareille se reproduire, établirent des lois, parmi lesquelles celle-ci : tout homme blanc pouvait mutiler ou tuer n'importe quelle personne noire, pour quelque raison que ce soit, à quelque moment que ce soit. ?Voilà de quoi nous avons hérité : on a transformé les pauvres en antagonistes. Cela donne un sens à la couleur de peau; cela permet à des Blancs pauvres comme Job d'éprouver un petit sentiment de supériorité tout simplement parce qu'ils sont blancs et pas noirs. C'est ce que Ralph Ellison appelle un petit avantage - un pourboire. Avec cela, vous pouvez agiter toutes sortes de sentiments, comme on le voit dans cette campagne présidentielle. Ecoutez-les : «Il n'aime pas l'Amérique.» A qui s'adresse-t-on quand on dit cela ? A une population résiduelle de Blancs pauvres : «Vous êtes américains et lui ne l'est pas, vous avez ce petit bonus de la blancheur de peau. Vous n'avez pas plus d'argent, pas davantage d'éducation, vous n'avez pas d'assurance-maladie, mais vous avez ce petit plus que vous pourrez emporter avec vous dans la tombe.» En parlant de race, on évite de parler de classe.N. O. - Qu'est-ce au fond qu'être américain en 2008 ?T. Morrison.- C'est embarrassant.N. O. - Drôle d'Amérique, partagée entre ceux que leur pays embarrasse et ceux qui en sont fiers, mais de façon très défensive...T. Morrison. - Non, ils ne sont pas fiers.N. O. - Deux Amériques qui se regardent en chiens de faïence. De quoi s'agit-il : de schizophrénie, d'immaturité ?T. Morrison. - Immaturité, c'est le mot. Nous sommes comme des adolescents. Nous vivons dans une société consumériste où l'on ne pense pas, où l'on se contente d'acheter et de faire des choix sur la nourriture, la maison ou les jeux, un monde où tout est jetable. Le but du jeu est d'abêtir le consommateur. Vous ne pouvez pas avoir une société intelligente, éduquée, si le désir dominant est de faire en sorte que les gens continuent à acheter des produits médiocres, ou encore de ruiner l'environnement en les persuadant qu'ils seront des mâles puissants au volant de leurs énormes 4 x 4.N. O. - Que reste-t-il de la grandeur de l'Amérique ? Peut-elle la retrouver ?T. Morrison. - Je crois que c'est possible, mais les choses ne seront plus comme avant. La planète a changé, il y a d'autres pôles de pouvoir.N. O.-Le discours d'Obama sur la grandeur de l'Amérique, pourtant, n'est pas si différent de celui d'un Roosevelt. Qu'est-ce qui fait cette grandeur ?T. Morrison.- Probablement une certaine forme d'individualisme - et aussi de collectivisme quand quelque chose de terrible survient. En pareil cas les gens s'entraident, vraiment. Ils n'attendent pas.N. O. - Et cette grandeur est toujours là ?T. Morrison. - Oui. Quand Obama dit, et il le fait très bien : «Il ne s'agit pas d'Amérique rouge ou bleue, mais des Etats-Unis d'Amérique, entraidez-vous», il traverse les lignes raciales. Il retrouve l'esprit du mouvement pour les droits civiques, qui n'était pas qu'un truc de Noirs.N. O. - Martin Luther King n'a d'ailleurs jamais réduit son combat à la question raciale. C'était une lutte contre les inégalités...T. Morrison. - C'est exact. Je me souviens d'un film où on le voit dans une église pleine de vieux hommes blancs. Il leur disait : «Vous et moi, nous avons la même destinée.» Et ces gens pleuraient. Ce n'était pas un homme que l'on pouvait définir par sa race.N. O. - Et il avait un rêve. Qu'est devenu l'American Dream ? Les hommes politiques n'ont que ces mots à la bouche, mais le produit a l'air un peu périmé...T. Morrison. - C'est la société d'immigrants.N. O. - Encore aujourd'hui ?T. Morrison. - Absolument. Vous ne le voyez peut-être pas, avec tout le bruit que fait le mouvement anti-immigration, mais les gens continuent de venir ici parce qu'ils y trouvent certaines valeurs. En allant en Amérique, vous tentez votre chance, et cela paiera peut-être. Si vous n'avez pas d'emploi, vous pouvez créer une petite entreprise. Je ne crois pas que je puisse aller en France pour trouver du boulot. Les Français aiment mes livres, mais ils ne m'embaucheront pas ! Ici, vous pouvez vous glisser dans le pays et démarrer un petit business, ou bien vous grouper à plusieurs dans une maison, vous saigner aux quatre veines et épargner pour la génération d'après.N. O. - Chez les Américains de souche, l'American Dream, c'est l'idée que chacun peut grimper dans l'échelle sociale...T. Morrison. - Oui. Cela reste une des grandes valeurs de l'Amérique et Obama en est le produit, tout comme moi. Il répète sans cesse, à juste titre : «Mon histoire n'aurait pu arriver dans aucun autre pays.» C'est la meilleure part de l'Amérique. Quelque chose qui existe à l'état quasiment pur. Mais il y a aussi tous ces gens qui veulent bétonner l'Amérique - ou l'américanité.N. O. - Croyez-vous que l'Amérique puisse devenir un pays plus... normal ?T. Morrison. - Vous voulez dire un pays qui n'aurait plus besoin de posséder le monde ?N. O. - Oui.T. Morrison.- Nous avons plus de chances, avec une administration Obama, de mûrir et d'être plus coopératifs dans les affaires du monde, mais cela prendra du temps. Il est difficile d'imaginer à quoi pourrait ressembler une Pax americana, cela fait si longtemps que nous sommes en guerre avec d'autres pays ! Mais, je le répète, nous avons plus de chances d'y parvenir avec un gouvernement où domineront la raison, la négociation (pas la reddition !), où l'on parlera aux autres comme à des adultes.N. O.- Après toutes ces années passées aux Etats-Unis, j'ai l'impression de vivre dans un monde qui avance en perpétuel déséquilibre, une nation qui tombe si elle s'arrête...T. Morrison. - Vous avez raison pour ce qui est du mouvement...N. O.- Avec tous les aspects destructeurs que cela implique...T. Morrison. - Sans doute. Mais il y a aussi quelque chose de vital et d'excitant dans ce mouvement. Regardez cette prise de risque insensée... Qui aurait pu penser qu'ils mettraient un tel foutoir dans l'économie, qu'ils se lanceraient dans de pareilles confrontations militaires ? Et puis soudain on se trouve au bord du gouffre et les choses s'arrangent. C'est un pays qui se renouvelle, toujours.N. O. - Peut-on imaginer cette vitalité du mouvement sans les côtés négatifs ?T. Morrison. - C'est l'une des raisons d'être de la campagne d'Obama. Je suis d'accord avec vous sur les dangers de cette propension constante au changement. Mais c'est aussi une vertu qui nous empêche de devenir un pays statique. L'Europe, précisément, a ce problème de statisme. Moi j'aime la vitalité, même si elle fait peur. Au moins les choses bougent. Vous avez un volcan en activité. Et puis la lave finit par se solidifier.(1) "A Mercy", par Toni Morrison, à paraître le 11 novembre 2008 chez Alfred A. Knopf Publishing. Et en français, traduit par Anne Wicke, en avril 2009 chez Christian Bourgois.
Toni Morrison
Toni Morrison est née le 18 février 1931 à Lorain, Ohio, sous le nom de Chloe Anthony Wofford. Morrison est le nom de son mari, architecte jamaïcain, dont elle a eu deux enfants. Professeur de lettres (à Houston puis à Princeton), longtemps éditrice chez Random House, à New York, elle a obtenu le prix Pulitzer en 1988 pour son roman «Beloved» et en 1993 le prix Nobel de littérature (photo), le premier attribué à une romancière noire.
A lire
«Song of Solomon» («la Chanson de Salomon», 1977), le roman qui l'a fait connaître à l'étranger.«Beloved» (1987), celui de la consécration, adapté au cinéma par Jonathan Demme, avec Oprah Winfrey et Danny Glover.Et aussi :«Jazz» (1992), «Paradis» (1998) et «Love» (2004).«A Mercy» paraîtra ce 11 novembre. Tous ses romans sont publiés en France chez Christian Bourgois.

Philippe Boulet-GercourtLe Nouvel Observateur

L'élection d'Obama ouvrirait une nouvelle ère dans la société américaine

La Presse Canadienne: L'élection d'Obama ouvrirait une nouvelle ère dans la société américaine
WASHINGTON — S'il était élu, l'accession de Barack Obama à la Maison Blanche marquerait un tournant historique dans la société américaine: il deviendrait le premier président noir dans un pays qui a longtemps dénié le droit de vote à cette partie de sa population.
A 47 ans, Obama, né d'une mère américaine blanche du Kansas et d'un père kenyan noir, a déjà gagné sa place dans l'histoire politique des Etats-Unis en devenant le premier candidat noir à la présidentielle investi par l'un des grands partis. Si les électeurs le préfèrent à McCain, 72 ans, blanc et héros de la guerre du Vietnam, il aura défié les lois de la gravité politique américaine et l'histoire raciale torturée du pays.
La crise économique pourrait lui donner un sérieux coup de main. Obama est largement en avance sur McCain dans les sondages, d'après lesquels il est considéré comme le plus capable de mettre un terme aux difficultés économiques.
Pourtant, une enquête Associated Press-Yahoo Actualités avait montré le mois dernier que quatre Américains blancs sur dix avaient une vision au moins partiellement négative des Noirs, les décrivant comme "paresseux" ou "violents" ou les rendant coupable des maux de l'Amérique noire. La même enquête suggérait que les préjugés raciaux pourraient coûter à Obama près de six points.
Premier noir à la tête de la diplomatie américaine, l'ancien secrétaire d'Etat de George W. Bush, Colin Powell, qui a apporté son soutien à Obama, juge encore possible que l'"effet Bradley" ne lui coûte la Maison Blanche.
Ce phénomène a été baptisé d'après Tom Bradley, l'ancien maire de Los Angeles, un démocrate qui a perdu l'élection au poste de gouverneur de Californie en 1982, malgré une avance significative dans les sondages le jour du scrutin. Il est apparu que certains électeurs blancs avaient menti aux sondeurs quand à leur volonté de voter pour un Afro-américain.
Pendant sa campagne, McCain s'est tenu à l'écart de la question raciale, même si certains observateurs ont estimé que son entourage, y compris sa colistière Sarah Palin, ont marché sur la ligne rouge avec des déclarations destinées à rappeler aux électeurs la "particularité" d'Obama.
Obama, de son côté, a aussi cherché à minimiser cette question, en particulier depuis le mois d'avril, lorsqu'il a prononcé un discours très important destiné à calmer la polémique suite aux propos incendiaires de son ancien pasteur, le révérend Jeremiah Wright, un théologien de la libération du peuple noir.
Pour certains Américains, la victoire d'Obama serait tout simplement représentative du déclin du racisme, en particulier parmi les plus jeunes citoyens, qui se sont inscrits en nombre record sur les listes électorales.
"Je ne pense pas que les gens s'occupent de ça", affirme Tiffany McCoy, une étudiante de l'université de l'Etat d'Ohio. "Ce sont plus les questions de fond qui comptent, pas la couleur de la peau. L'économie, l'environnement. Dans mon cas, l'éducation."
D'autres Américains émettent le postulat que les électeurs blancs qui auraient pu rechigner à voter pour un Noir sont finalement prêts à trancher en fonction des enjeux pour leur portefeuille - l'économie triompherait du racisme.
"Le facteur racial n'a plus les mêmes motivations qu'auparavant", explique Susan Gallagher, professeur de l'université du Massachusetts à Lowell. "Les clivages sont bien plus fonction de la classe sociale et de l'économie. La classe moyenne blanche est désormais bien plus distante des riches qu'elle ne l'est des Noirs". Selon un récent sondage Associated Press-GfK, Obama se renforce lentement dans la catégorie des électeurs blancs de la classe ouvrière sans formation universitaire.
Enfin, d'autres observateurs relativisent l'importance du facteur racial dans le scrutin, en le replaçant dans le contexte historique. "J'imagine que la majorité des électeurs blancs pour lesquels la couleur est un problème n'ont pas voté pour (les démocrates) John Kerry ou Al Gore non plus", souligne ainsi Ferrel Guillory, professeur à l'université de Nord Caroline.

"Le Show Obama"

Dans Newsweek : "Le Show Obama" - La présidentielle américaine 2008 - NouvelObs.com

Le spot de campagne longue durée préparé par l'équipe de campagne de Barack Obama, et qui sera diffusé en prime time la semaine prochaine, sera le spot TV le plus cher de l'histoire de la campagne américaine. Cet article, publié sur le site de l'hebdomadaire, jeudi 23 octobre, sous le titre The Obama Show.
Le Show Obama se cache derrière l’émission politique à ne manquer, un spot de campagne longue durée, qui sera diffusée la semaine prochaine.Le format est gardé secret, mais les précédents travaux du réalisateur en charge de cette émission donnent déjà quelques indications sur ce qui promet d’être une émission politique télévisée peu commune.La campagne d’Obama est en train de dépenser des millions de dollars en vue de la diffusion d’une publicité de 30 minutes en prime time la semaine prochaine. Ce spot TV promet d’être un énorme pari pour un candidat présidentiel qui jouit d’une avance confortable dans les sondages, si près du jour de l’élection. Le show Obama, diffusé sur les principaux réseaux de télévision américains (NBC, CBS et Fox ont confirmé, ABC est toujours en pourparlers) et sur trois autres chaînes d’information câblées, constitue la dernière pièce maîtresse d’une campagne présidentielle 2008 extraordinaire. Une source proche de la campagne laisse entendre que le spot coûterait dans les 6 millions de dollars, ce qui en ferait la publicité politique la plus chère jamais diffusée.La diffusion de spots TV comme ce "publireportage" du 29 octobre n’était pas inhabituelle dans les années 1960. Mais le coût prohibitif de ce genre de coup publicitaire a empêché les candidats d’y avoir recours ces dernières années. Hillary Clinton avait acheté un temps de diffusion sur le réseau câblé Lifetime pendant les primaires cette année. Mais cette tactique médiatique n’a plus été utilisée sur le réseau hertzien depuis 1992, lorsque Ross Perot avait diffusé une publicité mémorable pour ses petites phrases et slogans pleins de sagesse populaire.Le spot TV de Perot constituait une série d’images fixes, montrant le candidat derrière un bureau, devant d’une bibliothèque, regardant la caméra. L’équipe de campagne d’Obama n’a pas encore rien dévoilé sur la forme de ce spot. Mais, si l’on en juge les précédentes réalisations de Mark Putnam, en charge de la mise en scène du spot, on peut imaginer que le spot d’Obama sera plus raffiné que celui de Perot.Mark Putnam a réalisé plus d’un millier de spots télévisés pour les candidats démocrates à travers le pays, dont certains des plus saisissants au cours de deux derniers cycles d’élections. La campagne de ré-élection de Bill Richardson dans le Nouveau Mexique en 2006 et en 2007 fut largement louée et politiquement efficace, ne serait-ce que pour leur usage de l’humour. L’un de ces spots montrait Richardson dans un film western, portant un badge de shérif et montant souvent à cheval. Dans une des scènes, le spot faisait allusion aux fermetures de laboratoires de méthamphétamine dont Richardson est à l’origine, en montrant le gouverneur entrer à grands pas dans un saloon et commander un verre de lait. Le spot se terminait par une réplique du gouverneur qui s’éloigne sur un cheval au coucher du soleil en disant ‘La prochaine fois, on fera un film sur l’espace’.Putnam s’est également chargé de réaliser les spots de campagne des candidats démocrates cette année pendant les primaires. Ce sont ceux dont on a le plus parlé dans l’année, du moins jusqu’à ce que l’équipe de campagne d’Hillary Clinton ne diffuse le spot notoirement connu de "3 heures du matin" (bon, d’accord, celui-là aussi était pas mal du tout). Les spots de Putnam ont permis aux scores de Richardson en Iowa d’augmenter significativement. Les deux spots montraient des entretiens d’embauche fictifs avec un chargé du personnel paresseux qui, tout en mangeant un sandwich, débitait à toute allure le CV impressionnant de Richardson en matière de politique étrangère, uniquement pour finir par lui demander : "Alors, qu’est-ce qui vous fait croire que vous pourriez être président". Richardson lance un regard ironique à la caméra sans rien dire.Plus récemment, Putnam a produit la biographie filmée de Michelle Obama pour la convention démocrate de Denver. La vidéo était narrée par la mère de Michelle, Marian Robinson, et visait à montrer la famille de Michelle et son travail communautaire, souvent de façon intime, en finissant par mettre l’accent sur le père de Michelle, aujourd’hui disparu. "J’espère que l’Amérique aura l’occasion de connaître la fille que nous avons élevée et la femme qu’elle est devenue, parce que c’est la personne la plus remarquable que je connaisse", dit sa mère à la fin de la vidéo. "J’aurais aimé que mon mari voie ce jour. Mais chaque jour, je vois un peu de lui en elle, et cela me rend si fière, si heureuse".Putnam est né à Anchorage en Alaska. Pour un consultant politique, son CV mentionne un fait rare : il est diplômé de l’Université de Brown en biologie moléculaire. Mais il a décidé de se concentrer sur une science beaucoup moins précise en sortant de l’université, en commençant à travailler pour la campagne présidentielle ratée de Joe Biden en 1998. Il a commencé la production de spots politiques médiatiques peu de temps après et a gardé un lien avec la politique présidentielle, en écrivant les discours de Dick Gerphardt pour la campagne de 2004."C’est un très, très bon rédacteur et réalisateur", estime Peter Fenn, le stratège démocrate qui a travaillé avec lui à la fin des années 1980 et au début des années 1990. "Il est très créatif, c’est un véritable perfectionniste quand il s’agit de ses publicités. Il en est très fier. Il y a beaucoup de gens qui font des pubs à l’emporte-pièce, et à la chaîne, sans aucune originalité. Mais pas Mark". (L’équipe de campagne d’Obama a refusé de commenter le spot en prime time et le travail de Putnam, et n’a pas permis à Putnam de se libérer pour en discuter.)Ses amis louent la créativité de Putnam : "Il est très fort pour ce qui est du concept, [comme il l’a démontré dans] les spots pour Richardson, " dit un de ses amis de longue date qui préfère ne pas être cité. "Et puis, il comprend que c’est un média de l’émotion. Il est très fort pour produire de l’émotion".Cet ami avertit que le spot d’Obama qui sera diffusé la semaine prochaine n’est pas une vitrine des talents de créatif de Putnam. De nombreuses personnes ont participé et collaboré à ce projet, dont le directeur de campagne David Plouffe, le stratège David Axelrod et les conseillers Robert Gibbs et Anita Dunn. L’équipe a envisagé le format d’une réunion publique classique et en trouvant un équilibre entre des vidéos et un matériel nouveau.Et comment compte réagir l’équipe de campagne de McCain à cette diffusion ? La décision des Républicains de prendre le financement public le met en difficulté pour rassembler l’argent nécessaire afin d’égaler les actions d’Obama. L’équipe de campagne dit qu’elle ne prévoit aucune diffusion de spot TV similaire pour le moment. Donc McCain est en train d’essayer d’inoculer contre l’impact de cette diffusion, en essayant de la présenter comme un signe de plus de la part d’un adversaire démocrate présomptueux qui se dépêche un peu trop d’aller mesurer les rideaux de la Maison Blanche. "Il va bientôt s’adresser à la nation", a dit McCain mercredi lors d’un meeting dans le New Hampshire. "Il va encore sortir le grand jeu. Mais se comporter comme si l’élection était finie, ne vous empêche pas d’avoir le dernier mot dans cette élection", a-t-il déclaré à l’attention de la foule.Par Richard WolffeTraduction de l'américain par Nadia Bensmail

David Axelrod

Barack Obama - David Axelrod - Obama's Narrator - Ben Wallace-Wells - New York Times

David Axelrod - « La Hache » d'Obama

David Axelrod - « La Hache » d'Obama - Philippe Boulet-Gercourt - Les uns, les autres - nouvelobs.com
Imaginez Droopy. Un Droopy à moitié chauve, les épaules tombantes, la moustache grisonnante, les yeux tristes et vitreux, au bord du K.-O. Imaginez maintenant un boxeur à la Rocky, un type qu'on surnommerait « the Ax » (« la Hache ») et qu'un adversaire qualifierait de « très, très dangereux ». Combinez les deux, vous obtenez David Axelrod, le stratège en chef de Barack Obama. Un homme en passe de réaliser un exploit aussi extraordinaire que de devenir le premier président noir des Etats-Unis : faire oublier Karl Rove.Rove était un Machiavel, un prince des ténèbres prêt aux pires turpitudes pour faire gagner son poulain George Bush. David Axelrod, lui, scandalise Mark Penn (le stratège de Hillary Clinton) en lui balançant : « Nos ambitions, à la fin des fins, ne devraient pas être de détruire la machine républicaine mais de reconstruire la communauté des Américains. » Homme de principes ? Idéaliste ? Allez vous promener dans les coins sombres de la campagne Obama, dans ces Etats où les chaînes de télé locales passent discrètement des pubs anti-McCain accusant ce dernier de méfaits imaginaires, et vous changerez rapidement d'avis. Axelrod est un tueur. Mais pas dans le style Rambo, qui défouraille à tout-va sans se préoccuper des dommages collatéraux. Sa spécialité serait plutôt la chasse au gros gibier, la balle dum-dum que l'on réserve à l'ennemi à l'issue d'une traque interminable.Ce bourreau de travail, toujours accroché à un téléphone portable, un BlackBerry ou un ordinateur - quand ce n'est pas les trois à la fois -, est un opiniâtre, un méthodique, un linéaire. Déjà quand il était tout petit, sa mère fixait des objectifs toujours plus ambitieux à ce gamin « aux allures de lit défait » pour canaliser son hyperactivité. Fils d'un couple de juifs new-yorkais bien à gauche, il a 5 ans lorsque John Kennedy vient faire campagne dans son quartier. Il ne se souvient pas de qui l'avait perché sur une boîte aux lettres, mais il n'a jamais oublié « l'excitation, le sentiment que quelque chose de très important était en train de se passer ». Cinq ans plus tard - il a 10 ans ! -, il se passionne pour la campagne sénatoriale de Robert Kennedy et assiste à la prestation de serment de Lyndon Johnson. Le virus est attrapé. Il prendra d'abord la forme d'une carrière de journaliste politique au « Chicago Tribune » pendant huit ans, un job qui lui permet de connaître comme sa poche les eaux troubles de la politique made in Chicago. En 1984, il saute le pas et se met au service d'un candidat au Sénat. Quelques années plus tard, il ouvre son cabinet de consultant politique.
Il fait la connaissance d'Obama en 1992. Très rapidement les deux hommes deviennent amis, deux surdoués mutuellement complémentaires et fascinés l'un par l'autre. Obama le consulte en 2002 avant de prononcer son discours contre l'invasion de l'Irak, lui donne à relire les épreuves de son deuxième livre et, surtout, le met aux commandes de sa campagne sénatoriale de 2004. Ce n'est pas la première fois que le consultant aide un Afro-Américain à se faire élire. L'une de ses spécialités, dit-on, est même de vendre des candidats noirs à des électeurs blancs. Mais avec Obama, Axelrod change de registre : l'ovni de la politique n'est pas quelqu'un que l'on package, que l'on rend présentable, un candidat prêt à se soumettre au lift d'un spin doctor.Automne 2006. Le patron d'Axelrod Associates caresse l'idée d'un congé sabbatique. Cinq des prétendants à la présidentielle sont d'anciens clients, parmi lesquels Hillary Clinton. Axelrod est proche des Clinton, c'est même lui qui en 1996 avait inventé le slogan de Bill : « Un pont vers le xxie siècle. » Mais lorsque Obama décide de se lancer, il répond présent. Et se lance dans une préparation d'une incroyable minutie, qui restera dans les annales du genre. Le message, d'abord : le changement, l'espoir et l'homme qui l'incarne. « Barack est la personnification de son propre message adressé au pays, qui est de dépasser ce qui nous divise et de se concentrer sur ce qui nous unit, confiera-t-il au "New York Times". Il est sa propre vision. » La ligne est fixée, il n'en déviera pas, même à l'automne 2007, quand les sondages donnent 33 points d'avance à Hillary : « Notre message de base ne changera jamais. » Autre coup de génie : il embauche comme directeur de campagne David Plouffe, qui travaillait déjà avec lui comme consultant. Aidée par l'humour et les nerfs solides de « l'axe des deux David », l'équipe Obama restera remarquablement soudée tout au long de la campagne.
David Axelrod a la haute main sur tous les aspects de la campagne. C'est lui qui lance le fantastique effort de mobilisation populaire et de fund raising via l'internet. C'est lui que l'on retrouve derrière les primaires intenses de l'Iowa ou la « campagne des caucus » dans ces Etats que Hillary a délaissés. C'est lui enfin qui fait du recrutement de nouveaux électeurs une priorité. En dix-neuf mois de campagne, il a bien sûr fait des erreurs. Mais le jugement de ses pairs est sans appel : il a mené une bataille à la Clausewitz, résistant à la tentation d'une campagne définie par l'agressivité et les coups bas. « C'est un spécimen rare, disait de lui l'an dernier Mark McKinnon, un consultant républicain qui a travaillé pour Bush et McCain. Dans ce business peuplé de vampires, il a réussi à préserver son âme. »
Ses dates
1955. Naissance à New York.1976. Entre au « Chicago Tribune ».1992. Rencontre Barack Obama.

Philippe Boulet-GercourtLe Nouvel Observateur

vendredi 24 octobre 2008

La vie de Barack Obama à l’écran

La vie de Barack Obama à l’écran le Messager
La diffusion en salle du documentaire sur la vie du candidat démocrate aux élections présidentielles américaines Obama a commencé à Yaoundé lundi 20 octobre 2008 Le documentaire présente Barack Obama comme un personnage très adulé. Lorsqu’il se rend, pour la deuxième fois de sa vie, au Kenya en 2006, le sénateur de l’Illinois est accueilli par tout un peuple. Il est reçu en grande pompe. Mais il évite de se vautrer exclusivement dans les bureaux huppés de Nairobi, la capitale ; il se rend dans l’arrière pays, dans plusieurs autres villes et villages de ce pays de l’Afrique de l’Est. On le voit aux côtés des nécessiteux, on l’entend parler de Vih/sida, de pauvreté ; on le voit au milieu des pauvres… En Afrique du Sud, il va à Soweto, sur le site du massacre des enfants le 16 juin 1976. Il s’est aussi rendu à Robben Island, où Mandela a été incarcéré pendant la période de l’apartheid. Au Tchad, Obama a aussi côtoyé les gens d’en bas… Ces clichés des visites en Afrique de Barack Obama ponctuent la deuxième partie du documentaire sur la biographie du candidat démocrate à la présidentielle américaine. La première projection en avant première de cette biographie a eu lieu à Yaoundé lundi 20 octobre 2008 en fin de soirée au Cinéma Abbia.Qui est donc Barack Obama ? Après avoir visionné les deux parties de ce documentaire « Un homme- un destin- un rêve », le cinéphile trouve la réponse à cette interrogation. Celui qui incarne aujourd’hui l’idée de changement est né d’un père kényan, Barack Hussein Obama, et d’une mère américaine, Stanley Ann Dunham, le 4 août 1961 à Honolulu (Hawaï). Marié un an après la naissance d’Obama, ses parents divorcent en 1963. Aujourd’hui, le candidat démocrate est orphelin ; son père meurt en 1982 dans un accident de voiture au Kénya. Et sa mère décède en 1995. Les noms du candidat ont une signification : le prénom "Barack" signifie "béni" en hébreu et en arabe et le nom "Obama" signifie "lance enflammée" en swahili. Obama passera quatre ans de sa vie, de 1967 à 1971, à Djakarta en Indonésie ; il a suivi sa mère qui s’est remariée à un indonésien. Il a d’ailleurs une demi-sœur indonésienne, Maya Soetoro. Il fait une partie de ses études entre les Etats-Unis et l’Indonésie. En 1981, il entre à la Columbia University de New York d'où il sort deux ans plus tard avec une licence en Sciences Politiques et en Relations internationales. Il dépose, par la suite, ses valises à Chicago. Il y travaille comme analyste d’affaires dans un cabinet financier. Mais il abandonne très vite ce travail pourtant bien payé, pour travailler comme animateur social d’une église chrétienne progressiste dans les quartiers défavorisés. Il se convertit au christianisme. Et ses principaux combats sont : la lutte contre les inégalités et la discrimination raciale. C