Le regard des Camerounais de Chicago Le Messager
Avec l’élection de Barack Obama, les Camerounais de Chicago sont “ en haut ” comme on dit au pays. En sa qualité de sénateur, Barack Obama est personnellement intervenu pour débloquer des dossiers de regroupement familial grippés à Yaoundé. Ils sont en majorité des transporteurs publics par taxi, mais exercent aussi dans tous les secteurs d’activités économiques. Ils apprécient l’idéal du rêve américain, avec le franc succès d’Obama 1- Marcel TipeDepuis quelques mois, il préside aux destinées de l’Association Binam Illinois. Pour avoir accueilli chez lui un nombre impressionnant de compatriotes en quête d’un point de chute aux Etats-Unis, il est l’un des patriarches Camerounais de Chicago. Elevé tout récemment au rang de dignitaire par le chef supérieur Bazou en visite à Chicago, Marcel Tipe est l’homme des réseaux.“ Le parcours de Barack Obama est là pour témoigner que tout est possible aux Etats-Unis pour celui qui se donne les moyens de réaliser son rêve. La communauté camerounaise de Chicago est solidaire et très dynamique. Au départ, Chicago était moins peuplée (de Camerounais bien sûr) que les autres grandes villes [des Etats-Unis]. Mais plus les années passent, plus la communauté camerounaise de Chicago s’agrandit. Parlant du rêve américain, je dirai que c'est un pays d'opportunités pour les travailleurs bien sûr. Pour mon cas, je travaille dur pour atteindre mes objectifs. Jusqu’à présent, je ne me plains pas trop.Je m'appelle Marcel Tipe, quarante-quatre ans, Bamiléké d'origine Bana dans le Haut-Nkam, marié père de 3 enfants. Je suis arrivé à Chicago en juillet 1999 venant d’Allemagne ou j'étais étudiant. J'avais choisi Chicago, après avoir passé quelques mois à New-York et à Washington DC. Cependant, je considère ces deux villes comme un autre Douala ou Paris avec tout ce que vous pouvez imaginer (circuits, vie de désordre, vie serrée, vie commune, etc.). Alors que Chicago était pour moi cette ville neutre, moins immigrante avec plus d'opportunités et d'avenir. Je suis président de Binam Illinois. Cette association a pour but de promouvoir et de pérenniser la culture bamiléké. Car nous avons pris conscience que si nous ne faisons rien, nos enfants qui naissent ici ne sauront rien de leur culture et cela est inconcevable. Avec plus d’une centaine de membres, Binam est actuellement la plus forte organisation de la communauté camerounaise de Chicago […] 3- Bouba MangalIl est le vice-président de Cabac. Il est très actif et toujours présent partout où les Camerounais et même les Africains se retrouvent. Bouba qui se prévaut toujours d’être l’un des rares Camerounais de Chicago à faire autre chose que le taxi, est notre “joe le plombier” avec en prime une licence de plomberie en cours d’obtention.Bouba Mangal Teoudoussia, de la province de l'Extrême-Nord, département du Mayo Danay, ville de Yagoua. J'ai trente-neuf ans et suis marié à une Américaine avec deux enfants. Ma fille de 2 ans s'appelle Haouwa et mon fils de 5 ans s'appelle Adji. Je vis à Chicago depuis 2002. Arrivé à Chicago pour visiter temporairement une amie connue au Cameroun qui devint ma femme, j'ai déménagé pour la rejoindre à Chicago ou elle était installée. Les associations sont des lieux de rencontres indispensables aux nouveaux immigrés du continent africain et un réseau de solidarité. C'est aussi pour moi un moyen de pouvoir exprimer le vœu d'unité de l'Afrique à travers les différences car j'aime à penser qu'un jour les associations favoriseront le rapprochement entre les différents pays d'Afrique et pourront former une Union africaine comme l'ont montré l'histoire des Etats-Unis. Aujourd'hui, j'admire la liberté de ce pays et les opportunités offertes. Surtout en ce jour d'élection présidentielle de pouvoir assister à ce rêve américain : un candidat d'origine africaine accéder à la présidence américaine représente pour moi le rêve américain. Je souhaite pour mes deux enfants de pouvoir accéder à ce poste ! Voilà aujourd’hui mon rêve américain si vivant est porté par nos enfants. Mon fils Adji, dès ses 2 ans, avait déjà 3 contrats où il fait photo modèle sur les paquets de couches des enfants qu’on peut trouver aujourd'hui dans toutes les pharmacies des USA. J'admire beaucoup Barack Obama. Je l'ai rencontré lorsqu'il était en campagne pour devenir sénateur. Je soutiens ses idées depuis longtemps. Lorsqu'il s'est présenté comme candidat à l’élection présidentielle, mon choix était facile ! […] Nous pouvons compter sur lui pour régler les difficultés économiques mondiales. - Bertrand FondjoBertrand Fondjo est bien connu des lecteurs du Messager. Ingénieur à Motorola, il est également le promoteur de One World Connect, une Pme spécialisée dans les Ntic basée à Douala. Très actif au sein de la communauté camerounaise de Chicago, il préside aux destinées de l’Association “Pii” qui signifie gain en fefe.Je m'appelle Bertrand Fondjo. Né à Bafang au Cameroun. Je suis âgé de 43 ans, marié, père de 3 enfants. C'est ma carrière professionnelle qui m'a conduit à Chicago ou plus précisément dans une banlieue de Chicago pour travailler à Motorola Inc. Je suis arrivé à Chicago en l'an 2000 en provenance de Houston ou je travaillais comme senior systems engineer après avoir complété mes études en informatique et travaillé au Canada dans le High tech depuis 1988. Mon emploi à Motorola y a été pour beaucoup. En plus, la beauté et le charme de Chicago sont irrésistibles. Les objectifs de l’Association “PII” sont d'encourager la solidarité au sein de la communauté Camerounaise et en même temps d'aider nos frères et sœurs à mieux s'adapter dans leur nouvel environnement. Ici en Amérique 'The sky is the limite' est une réalité pour ceux qui y croient et s'y mettent. Le profile et le parcours d'Obama l'illustrent élégamment. Je puis vous dire que je suis très fier de mon parcours et vous affirmer que je le sens ce rêve américain, c'est réel, ce n'est pas utopique. Le parcours de Barack Obama constitue un espoir pour chacun ; ça prouve une fois de plus que le “rêve américain” est réel. Il n’y a qu'en Amérique que vous pouvez avoir ce genre de conte de fée.2- Paul MbouombouoPaul est le président de Cabac (Cameroonian Brothers Association of Chicago). Avec sa carrure de bon père de famille, il sait toujours trouver la bonne réplique pour détendre l’atmosphère. Nul doute que si jamais le Sultan des Bamouns visitait Chicago un jour, il serait fier du travail abattu par ce dernier pour encadrer les enfants du Noun en particulier et camerounais en général.Je m'appelle Paul Mbouombouo. Je suis marié depuis près de deux décennies, père de 3 enfants, originaire de Foumban. Nous sommes arrivés à Chicago depuis 1997 après quelques années passées à New York. Pour la petite histoire, Jeanne mon épouse, cette année-là, est venue passer les vacances à Chicago chez des amis. La ville lui a plu et elle nous y a embarqué. Il faut dire aussi que Chicago est l'une des meilleures villes aux USA sur plusieurs plans. La Cabac est une association des Camerounais et des amis du Cameroun enregistré dans l'Etat de l'Illinois depuis quelques années. Elle est une Ong à vocation culturelle et éducative. Elle lutte pour favoriser l'intégration des ressortissants africains et aussi pour le rapprochement entre les communautés dans la ville de Chicago. Le “ Rêve américain ” ? C'est le fruit de l'effort, du travail soutenu, d'une bonne organisation et je crois qu'il faut aussi une bonne dose de détermination. Car il faut le dire, ici on est vraiment éloigné de toutes ces pesanteurs culturelles, sociales ou même administratives qui quelquefois dans un autre cadre se présentent comme un obstacle. Dans mon cas par rapport à ce rêve, je me bats suffisamment et dans ce combat je n'arrive toujours pas à matérialiser la ligne qui sépare la richesse de la pauvreté. Barack Obama c'est un phénomène qui inspire. Comment peut-on trouver en une seule personne le Blanc, le Noir, le musulman, le chrétien, l'Africain, l'Américain, le politicien et que sais-je encore ? Il doit venir de très loin. Nous lui souhaitons bonne chance. […] La communauté camerounaise ici à Chicago est superbe. Elle est vraiment dans le peloton de tête qui se bat pour l'établissement d'une diaspora africaine respectée ici aux Etats-Unis. ”5- Jacques EpoungueSon petit nom est “ A Moto ”. Toujours souriant, Jacques et son alter ego Patrick Mevio, travaillent depuis plus d’un an à la création d’une autre association des Camerounais de Chicago. Leur tâche n’est pas facile du fait que certains responsables d’associations leur font le reproche de mener unilatéralement certaines actions. Je suis Jacques Epoungue, originaire de Souza dans le Moungo, province du Littoral. Je suis marié et père d’une belle petite fille de 17 mois. J’immigre aux Etats-Unis vers la fin de la décennie 90. Je descends à Chicago parce qu’un vieil camarade s’y trouvait déjà depuis quelque temps. Il me sert alors de point de chute durant le temps de mon adaptation. S’agissant de Camillinois, c’est un vaste projet associatif qui, de par sa territorialité, demande beaucoup d’efforts sur le double plan social et culturel. En fait, il est question ici, à moyen terme, de réunir tous les fils et filles du Cameroun vivant dans l’Etat de l’Illinois. Ceux qui sont naturalisés et même nos enfants nés sur ce territoire sont qualifiés pour y militer. Certes des associations de Camerounais existent déjà mais elles ne sont pas à caractère national […]Le “ Rêve Américain ”, sans être une absurdité absolue, serait une philosophie soutenue par des efforts aboutissant à la prospérité. Mais l’on se poserait la question de savoir qui et quand est ce qu’on est prospère ? Mieux, le rêve américain serait aussi une projection de l’esprit bien véhiculée par la société américaine, du fait de son histoire et la résultante des efforts du quotidien. Vous conviendrez alors avec moi que la prospérité est une notion facilement relativisable. Imaginez que vous voulez être journaliste et vous vous donner la mission d’y arriver dans les délais. A priori, la notion du rêve américain vous met en confiance de par le fait qu’aux Etats-Unis il y a au moins un pourcentage élevé de possibilités qui, saisies, vous permettent d’atteindre vos objectifs. Cette notion est résumée dans “You can achieve anything if you put your mind into it”.Vous constatez alors le conditionnel dans cette petite assertion que je continue de qualifier d’application philosophique. Pour ma part, je compte rester dans une démarche de remise en question permanente sans renfermer mon esprit dans un coffre. Voyez-vous, le commun des mortels, Américain ou Camerounais, tend à penser que la propriété immobilière ou la possession avec jouissance du droit de propriété sur un immeuble bâti ou partie de celui-ci serait l’accomplissement du fameux rêve américain. Il est question de l’ensemble des choix et efforts constants se donnant des garanties d’une vie meilleure.Le parcours du Sénateur Obama nous rappelle aussi la notion du “ American dream ” ; un parcours fantastique à mes yeux. Il faut se remettre en cause et croire aux lendemains meilleurs. Barack nous rappelle que croire c’est vivre et espérer, que les difficultés de parcours ne devraient en aucun cas constituer un frein à notre volonté d’avancer ici et ailleurs. Barack nous enseigne à écouter notre voix de l’intérieur […] La communauté camerounaise de Chicago est devenue très ambitieuse ; il nous manque certainement des éléments de solidarité et d’orientation. Mais, ce sera réparé dans de très brefs délais avec l’avenue de Camillinois […]
Le messager Le 07-11-2008
dimanche 9 novembre 2008
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