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Obama et l'Afrique
Par bbc-us, mardi 7 octobre 2008 à 20:57
La division Global News de la BBC a dépêché une équipe de journalistes pour un voyage en car à travers les États-Unis pour jauger l’état d’esprit des Américains et ce qu’ils se disent à propos de l’élection de novembre. La journaliste Frédérique Maillard, de la BBC Afrique, était à bord du car de Dallas à Memphis, pendant la semaine même où son service fêtait son 70e anniversaire. Elle partage ses expériences du reportage dans le Grand Sud américain.
Le jour de l’anniversaire du service en français pour l’Afrique de la BBC, j’ai rencontré par hasard Lewis Monroe en périphérie de Memphis. Afro-Américain, Lewis a lui aussi 70 ans. Il y a quarante ans, il faisait partie des noirs courageux qui ont écouté le discours de Martin Luther King dans l’église de Memphis. "Oui, j’ai entendu le King me dire que nous parviendrions à la Terre Promise", se souvient-il. Le lendemain même, Martin Luther King était abattu à l’Hôtel Lorraine.
Quarante ans plus tard, Lewis va voter pour Barack Obama. Il pense qu’il est grand temps pour les Afro-Américains de se réconcilier avec leur passé; que les blessures soient enfin cicatrisées. "Mais attention, je ne le soutiens pas parce qu’il est noir, même si je vois beaucoup de ressemblances entre Barack et le King. Les gens lui font confiance, le suivent. Il sait parler. C’est celui qui va remettre notre économie d’aplomb et trouver un moyen de réconcilier les blancs et les noirs par la prospérité" dit-il. "Je suis un homme qui a entendu le discours qui a permis aux noirs de rêver de libération ; et vous me dites que votre service a porté le message de résistance du Général De Gaulle pendant la Seconde Guerre Mondiale. Maintenant vous pouvez dire aux Africains qu’Obama va les aider un jour."
Mais quel sera vraiment le message de Barack Obama aux affamés d’Afrique ? Le jour où j’ai parlé à M. Monroe, nous avons appris que le plus important plan sauvetage d’entreprises depuis la Grande Dépression était approuvé: 700 milliards de dollars pour sauver le secteur financier américain. "Est-ce que l’Amérique sera encore en mesure d’aider quelqu’un?" se demande Barnabas Kiriu, un étudiant africain que j’ai rencontré à l’Université de Mississippi, où de violentes émeutes ont éclaté dans les années 60 lorsque le premier étudiant noir s’est inscrit. Barnabas a suivi les pas du père de M. Obama, venant du Kenya pour étudier en Amérique. L’étudiant kenyan a été choqué de découvrir que la pauvreté existe aussi en Amérique, où certains ont perdu leurs maisons lorsqu’ils n’ont pas pu payer les traites de leur prêt immobilier. À Nairobi, on ne remet pas en question le rêve américain. Partout au Kenya, on chante l'"Obama Song", qui est actuellement numéro un au hit parade.
De nombreux conseillers influents de l’ancien président Bill Clinton entourent Barack Obama. L’un d’entre eux est Susan Rice, l’ancienne secrétaire d’Etat adjointe aux affaires africaines. L’Afrique est un des territoires clés de la "guerre à la terreur" et le fournisseur potentiel de 25% du pétrole américain en 2015. L’équipe de Susan Rice examine la possibilité de monter une entité spéciale chargée, si M. Obama vient au pouvoir, de coordonner l’aide américaine aux pays en développement. Une telle entité lui permettrait d’être perçu comme un grand défenseur du développement.
mercredi 8 octobre 2008
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